Vulkangruppe – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Fri, 09 Jan 2026 19:19:31 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Berlin (Allemagne) : L’arrêt des centrales électriques à combustible fossile est un travail manuel https://attaque.noblogs.org/post/2026/01/08/berlin-allemagne-larret-des-centrales-electriques-a-combustible-fossile-est-un-travail-manuel/ Thu, 08 Jan 2026 17:15:36 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61816 Continuer la lecture ]]> knack.news / dimanche 4 janvier 2026

L’arrêt des centrales électriques à combustible fossile est un travail manuel. Courage. Des vœux militants pour le Nouvel an.

DES VŒUX POUR LE NOUVEL AN 2026. COURAGE !

Nous ne pouvons plus nous permettre les riches.
Nous pouvons entamer la fin du mode de vie impérial.
Nous pouvons arrêter la surexploitation de la terre.

La terre est épuisée, vidée, brûlée, maltraitée, incendiée, violée, détruite par la cupidité d’énergie. Des régions entières sont rendues inhabitables par la chaleur. Elles brûlent, tout simplement. Ou alors, des habitats disparaissent sous les flot, lors d’inondations, ou en raison du niveau de la mer qui monte.

L’arrêt des centrales électriques à combustible fossile est un travail manuel. Courage.
Nous savons que nous devons interrompre cette destruction. Nous savons que nous ne sommes pas seul.es. Ne renoncez pas à l’espoir en un monde où c’est la vie qui a sa place et non la cupidité d’argent, de pouvoir et de destruction.

Cette nuit, nous avons saboté avec succès la centrale électrique à gaz, dans le quartier berlinois de Lichterfelde. Il y a eu des coupures de courant dans les quartiers riches de Wannsee, Zehlendorf et Nikolassee. Le but de l’action n’étaient pas les coupures de courant, mais le secteur des énergies fossiles. Nous nous excusons auprès des personnes moins riches du sud-ouest de Berlin. Pour les nombreux propriétaires de villas dans ces quartiers, notre compassion est limitée. Nous expliquons pourquoi dans notre contribution ci-dessous.
Notre action d’intérêt général a du sens d’un point de vue social. Dans notre texte relatif à l’action, nous avons aussi pris position de manière plus détaillée là-dessus.

L’attaque contre la centrale électrique à gaz est un acte de légitime défense et de solidarité internationale avec tou.tes celles/ceux qui protègent la terre et la vie. Les infrastructures qui servent à l’« attaque technologique » et qui favorisent la destruction de la terre peuvent être sabotées. La production d’énergie fossile peut être arrêtée. Les métropoles-smart city, ce que Berlin devrait devenir, peuvent être évitées. Avec l’entreprise Stromnetz Berlin, c’est un composant de cette vision catastrophique d’une smart city qui a été touché.

Pour nous, il est évident que nous avons exclu à tout moment le risque de mettre en danger des vies humaines.
Notre déclaration détaillée est jointe à cette information.

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DES VŒUX POUR LE NOUVEL AN 2026. COURAGE !

Cupidité de pouvoir, cupidité d’énergie, cupidité de destruction

La terre est épuisée, vidée, brûlée, maltraitée, incendiée, violée, détruite par la cupidité d’énergie. Des régions entières sont rendues inhabitables par la chaleur. Elles brûlent tout simplement. Ou alors, des habitats disparaissent sous les flot, lors d’inondations, ou en raison du niveau de la mer qui monte. Ainsi, plusieurs milliers d’habitant.es de Tuvalu, dans le Pacifique, cherchent déjà un refuge en Australie.
L’année dernière, la concentration de CO² dans l’atmosphère est montée à 423,9 parties de dioxyde de carbone par million. Une valeur qui surpasse toutes les précédentes. Dans le même temps, les climatologues s’accordent à dire que les gigantesques courants océaniques transatlantiques seront tôt ou tard endigués, en raison du réchauffement climatique. Cet effondrement des courants marins, qui ont apporté jusqu’ici un climat doux au nord, n’est qu’une partie de la catastrophe qui nous attend.

Mais la soif d’énergie est insatiable et elle se fraye un chemin à travers la croûte terrestre et notre vie, entre autres, pour nourrir l’intelligence artificielle, qui ensuite produit des stéréotypes, des absurdités et qui nous confond, nous désoriente et/ou nous manipule. Pendant que le langage, l’expression et la vivacité sont de plus en plus réduits, mutilés et limités par chaque nouvel « apprentissage » de l’IA avec les données précédentes.
Nous alimentons avec nos données les « nuages » appelés clouds, qui ne sont rien d’autre que des centres de calcul et des serveurs gigantesques et énergivores. Qui, en plus, boivent aussi notre eau potable et excrètent des nombres, nous bombardent sur nos écrans avec beaucoup de spam inutile, prétendument important, jusqu’à ce que nous ayons désappris à regarder notre voisin.ne dans les yeux. Devenu.es dépendant.es de ces petits appareils, nous sommes toujours prêt.es à envoyer un émoji et à nourrir le « grand frère », dont l’algorithme enregistre nos écarts par rapport à la norme et répond à nos recherches avant même que nous ayons fini de formuler nos pensées. Au lieu de bavarder en direct avec nos ami.es, nous sommes assis.es, pendant que les flux de données nous dévorent et nous noient dans les appareils. Nous servons notre propre surveillance et elle est totale. Les entreprises de la technologie sont entre les mains d’hommes qui ont le pouvoir que nous leur donnons. Nous bouffons les images colorées que les machines nous présentent filtrées et nous mourons de faim devant nos écrans, de solitude et d’aliénation. Nous devenons des zombies qui se piétinent les un.es les autres dans la circulation routière. Nous sommes prisonnier.es dans un système numérique qui nous retire de plus en plus notre droit à l’existence, si nous ne nous soumettons pas aux règles du jeu et si nous ne transférons pas notre vie sur les réseaux sociaux, les chats, les réalités artificielles. Nous ne pouvons pas recevoir d’argent, nous ne pouvons rien réserver ou acheter en espèces. Sans accès au monde numérique, nous sommes de plus en plus exclu.es, nous perdons le contact avec ce qui semble être la normalité. Nous avons peur de ce qui nous arrive et nous nous enfouissons encore plus profondément derrière les écrans, au lieu d’éteindre les appareils et de reprendre le pouvoir à ceux qui nous traquent, nous suivent, nous observent et nous manipulent. Nous nous rendons aveugles à la connaissance qu’Edward Snowden à diffusé au risque de sa vie. Nous nous rendons sourd.es aux cris muets des indigènes, des paysan.nes, qui voient brûler sous leurs yeux les fondements de la vie sur la planète. Au contraire, avec chaque publication nous alimentons le feu qui nous encercle et qui, chaque année, fait grimper les températures à un nouveau record. Un jour, nous mourrons simplement de soif et de faim, assis.es devant des écrans lumineux ou des appareils morts. Il n’est plus si difficile d’imaginer cela.

Nous ne disons pas que nous connaissons la porte de sortie. Mais nous savons que nous devons mettre fin à cette destruction. Le hédonisme ne peut plus nous capturer, une fois que nous avons senti la sueur de la peur qui se répand, quand il n’y a plus de porte de sortie. Plus d’avant, plus de retour en arrière. Seul l’effroi de voir où nous, en tant qu’humanité, en sommes arrivé.es. Quand la question nous sera posée : Qu’as-tu fait, au juste, pour empêcher ce qui nous arrive ? Tu l’a pourtant vu venir, nous demanderont les survivants, les générations futures. Ne nous parle pas, s’il te plaît, de partis politiques. Ne nous parle pas d’alternatives brunes en costumes à rayures et tailleurs. Ni, non plus, des Verts ou de la gauche. Ne nous parle pas de l’économie, dont le libre marché réglera bientôt le problème. L’économie et la politique dealent tous les jours avec la mort. Avec des dictatures et des bouchers. Les préoccupations sont proches de zéro, par exemple quand il s’agit de satisfaire la soif d’énergie. La Russie continue de livrer du gaz à l’Europe, via Nord Stream 1. Et les États-Unis veulent le pétrole du Venezuela. C’est pourquoi il y a maintenant des attaques militaires. Et la production de gaz de schiste est extrêmement polluante. Déjà lors de l’extraction, on compte une perte de méthane de 6 à 10%, ce qui réchauffe encore plus l’atmosphère.
Le 95 % du gaz brûlé en Allemagne est importé. Les sommets sur le climat ne donnent lieu qu’à des déclarations tactiques, faites du bout des lèvres, car les pays producteurs de pétrole n’ont aucun intérêt dans la protection du climat, seulement dans l’argent. Parce que les pays développés orientent leur politique vers l’argent et la croissance, les lobbyistes en Europe se voient offrir l’abandon des voitures thermiques.
La ministre allemande de l’Économie, Katharina Reiche, a par exemple été secrétaire d’État au ministère fédéral des Transports, lobbyiste auprès de l’Association des entreprises municipales (VKM) et directrice de Westenergie, une filiale d’E.ON. La ministre d’E.ON, Reiche, se présente comme une partisane de l’hydrogène, mais elle mise surtout sur le gaz naturel. Elle devrait donc lancer des appels d’offres pour d’autres centrales électriques à gaz, d’une puissance de 10 gigawatts, qui devraient être raccordées au réseau d’ici 2031, ce qui correspondra à environ 25 nouvelles centrales. Vingt milliards d’euros sont prévus pour ces nouvelles centrales électriques à gaz.
Reiche préféreraient de toute façon reporter la neutralité carbone de l’Allemagne de 2045 à 2050.

Les principaux responsables de la destruction du climat par l’être humain ne sont pas celles/ceux qui en souffrent le plus, qui en paient le prix avec leur santé et leur vie. Les peuples du Sud paient déjà le prix le plus élevé. Les pays du Nord global, et bientôt aussi la Chine, entre autres, décident de la vie de tout le monde. La Chine, en tant que dictature communiste, raciste et patriarcale, peut, avec les « terres rares », faire pression sur les pays qui ne suivent pas sa ligne et ainsi, petit à petit, intégrer des pays, des cultures et des systèmes politiques dans le cocon de la nouvelle puissance dictatoriale mondiale. Plus de 85 % des « terres rares » raffinées dans le monde proviennent de Chine. Et ce sont les riches qui sont un problème. Ce sont les super-riches qui mettent le feu au monde. À l’est, à l’ouest, au sud et au nord. 60 % des investissements des super-riches dans le monde vont dans le secteur du le gaz et du pétrole. Et environ 300 super-riches émettent plus de CO² que les 110 pays les plus pauvres du monde. Ces criminels le savent. Ça leur est égal. Leur cupidité d’encore plus de richesses et de pouvoir fixe la norme que tous suivent. Ils préparent leur propre « sauvetage » sur des îles retirées ou dans l’espace, une fois qu’ils auront brûlé cette terre. Il y a quelques années, nous aurions encore ri de ces cinglés misogynes, mais ils prennent cela très au sérieux. Zuckerberg veut plus d’« énergie masculine ». Musk « produit » des enfants à la chaîne, pour que son clan survive.
Parmi les responsables, personne ne résout le « problème ». Et, surtout, le problème fondamental ne sera pas résolu au niveau régional. Au contraire – le monde entier s’arme pour la dernière grande bataille pour les ressources, l’eau, la nourriture et l’accès à des régions stratégiquement importantes, afin d’éviter ou du moins de retarder autant que possible l’issue fatale de sa propre sphère de pouvoir. Afin de pouvoir proposer aussi longtemps que possible une participation à sa population. Afin que nous, dans le Nord global, pris.es dans un monde de consommation et un mode de vie impérial, collaborions et confirmions le pouvoir, avec ses conceptions de plus en plus autoritaires. Car il ne s’agit plus de liberté pour tou.tes, mais seulement de sécurité pour quelques-un.es. La promesse de sécurité est un droit exclusif de ceux qui peuvent l’imposer. Nous faisons payer notre mode de vie impérial aux perdant.es, à ceux/celles qui sont trop faibles pour se défendre contre « nous ».

Avec notre action militante, nous rejetons les offres à participer à un monde brûlé. C’est pourquoi nous avons mené l’action contre la centrale électrique à gaz de Lichterfelde.
De cette manière, nous n’empêchons pas notre propre implication dans un mode de vie impérial, aux frais d’autres vies, mais nous envoyons un signal. Une fois de plus, comme le font de nombreuses personnes et groupes dans différents endroits du monde. Comme certains groupes, tel par exemple les Vulkangruppen [groupes Volcan], le font constamment ici aussi, depuis 2011.
Nous savons que ces mots n’atteignent pas beaucoup de gens – elles/ils sont tellement éloigné.es de l’idée d’un monde et d’une vie en commun qui ne reposent pas sur la destruction, que ces mots les atteignent aussi peu que la misère du monde quotidiennement diffusée en haute définition sur les écrans. Nous pouvons énumérer des kilomètres de faits et ne pas être entendu.es.
Nous ne sommes pas les premier.es et nous ne serons pas les dernier.es à essayer malgré tout d’atteindre les gens avec des mots. Nous ne sommes pas les premier.es ni les dernier.es à passer au sabotage, car nous jouons la carte du temps. En même temps, nous et d’autres utilisons le temps gagné pour inverser le processus de destruction de toutes les formes de vie. On nous traite d’écoterroristes, alors que nous respectons la vie. On nous appelle irresponsables, alors que nous assumons la responsabilités de mettre fin à ce mode de vie impérial et destructeur.
Notre action d’intérêt général a du sens d’un point de vue social. Nous essayons ainsi d’interrompre l’exploitation de la terre, d’empêcher les morts liées au CO² et d’arrêter les maladies liées à la catastrophe climatique. Nous essayions ainsi de mettre un terme à l’extinction des espèces et de rendre le monde à nouveau plus digne d’être habité, par tou.tes. Ceux qui nous appellent « écoterroristes » sont eux-mêmes les vrais écoterroristes et ils formulent cela dans le sens d’intérêts égoïstes et de calculs de pouvoir.
Nous voyons les inconscient.es se croire intelligent.es et croire que le changement climatique, ce sont des fake news. Croire que l’empathie, c’est du wokisme et n’avoir en tête que des pensées pour leur propres avantages, sans se rendre compte de la façon dont les choses qui les entourent sont liées entre elles. Nous voyons derrière cette résistance croissante aux faits un système de ceux qui investissent dans la destruction de la terre. Ils sont les mêmes qui ont dans leurs mains le pouvoir sur les grandes entreprises technologiques, ce qui leur permet d’élever une espèce humaine qui applaudit quand des gens se noient, meurent de soif ou de faim ou crèvent d’autres manières, dans la tentative d’atteindre l’Europe ou les États-Unis. Ces chauvins de la prospérité et ces adhérents à des partis, manipulés, soutiennent Trump, Modi, Milei, Netanyahou, Merz, Weidel, Poutine, Höcke, Orban, Vans [probablement Vance ; NdAtt.], Xi et tous les autres, dans leur « défense » de la liberté. La liberté de décider qui doit mourir et qui non. Qui a accès à la richesse et qui non. Ainsi, chaque réfugié.e mort.e pendant sa fuite a son/sa correspondant.e ici, dans un état de profonde dépression. Chaque personne qui meurt de faim nous rend plus gros.ses et plus malades, ici.
Nous, gens du Nord global, des métropoles riches, ne tirons aucun profit de la misère d’autres personnes. La richesse matérielle n’est pas une richesse au sens d’une idée, qui peut se réjouir de la vie de tou.tes.
Si seulement, dans chaque pays, une petite partie de la population disait : « Ça suffit, maintenant. Plus avec nous, pas en mon nom. Aucun être humain ne doit plus mourir à cause de nous. » Si nous refusons de fonctionner et de jouer le jeu, si nous devenons le sable dans la machine que nous avons nous-mêmes jusqu’ici alimentée, alors quelque chose se met en mouvement, alors nous pouvons développer la force nécessaire pour arrêter les causes, une bonne fois pour toutes.
Nous avons donc besoin d’une Internationale du refus d’un progrès qui ne se fonde que sur la destruction, le meurtre et le pillage. Nous appelons, désespéré.es, en colère et déterminé.es à la fois, et nous nous joignons aux appels des autres : sabotez l’infrastructure des énergies fossiles, les réseaux électriques, l’exploitation de la terre, les data centres, l’industrie des puces électroniques et leurs fournisseurs, détruisez les conditions préalables à l’industrie automobile et à l’industrie de l’armement, au transport aérien, aux villas, aux yachts, aux vaisseaux spatiaux et aux terrains de golf. Détruisez les locaux de la police, qui est le garant des rapports de propriété patriarcaux, car la terre appartient à elle-même et à tous les êtres vivants et non pas aux êtres humains, ou plutôt seulement aux hommes, ou plutôt seulement aux plus riches d’entre eux. Cet appel de désespoir est aussi un tocsin, un cri d’espoir et il n’a pas de limite territoriale, il est global. Nous parlons d’une Internationale qui ne se réclame pas d’un patriarche, ni de la galerie de têtes que les communistes vénèrent, mais qui part de conditions différentes. Qui soit comprise en Chine, en Europe, aux États-Unis, en Inde et au Pakistan, dans tous les coins du monde couverts par Starlink, dans chaque pays où le drone meurtrier cherche sa cible et a donc besoin d’électricité. Dans chaque pays où, sans énergie, les forces belligérantes sont aveugles et les gens peuvent quitter les champs de bataille sans que personne ne puisse plus donner l’ordre de les tuer. Où les bourses ne fonctionnent plus et où les Bitcoins ne peuvent plus être récupérés.
Nous le disons encore une fois, nous avons quelques idées, mais aucune réponse définitive sur le chemin. Mais sur l’objectif, si. Chaque contribution compte. Mais tout essayer, dans la mesure de nos possibilités, pour mettre fin à ce mode de vie impérial, ne peut pas être une erreur. Le progrès de la destruction est fait par l’être humain, nous pouvons aussi l’arrêter. Dans les pas de la résistance, dans les échos des langues et des cultures les plus différentes, dans ce que d’autres nous envoient, nous nous trouverons et nous nous reconnaîtrons. Il s’agit de la terre. Il s’agit de la vie. Il s’agit de lutter contre des hommes immatures et stupides, aux leviers du pouvoir, qui se comportent comme s’ils actionnaient une une pelleteuse-jouet.

Il n’y a pas de temps pour la frustration quant à la résistance au changement climatique d’origine humaine et le nombre croissent de personnes qui nient ce changement. Nous devons tirer des leçons de nos défaites, non pas en allant dans des partis ou nous renfermant dans le privé ou en nous adaptant à l’effondrement, mais en établissant des faits. Éteindre une centrale électrique à gaz est l’un de ces faits, mais il peut s’agir aussi d’occupations de terres, de places et de forêts, de la destruction de terrains de golf et d’aéroports des riches. Il faut de l’imagination et aussi notre détermination.

Switch off la cupidité d’énergie, switch off la gestion numérique de la vie, switch off le progrès de la destruction.

Aujourd’hui, nous avons attaqué la centrale électrique de cogénération, à gaz et à turbines à vapeur, de Licherfelde. La centrale produit une puissance électrique totale de 300 MW à partir de gaz naturel. La cible étaient les lignes électriques à haute tension, afin de causer des dommages importants à l’entreprise. Nous avons mis le feu à la passerelle des câbles, qui n’est pas répertoriée publiquement et qui traverse le canal de Teltow depuis la centrale électrique de Lichterfelde, du côté des espaces verts. En plus, nous avons court-circuité les faisceaux de câbles brûlés, avec des barres d’acier qui se trouvaient là.
Dès que la panne de livraison sera constatée, l’entreprise d’énergie devra acheter de l’électricité en temps réel sur le marché libre, pour respecter les obligations contractuelles qu’elle a contractées, pour la livraison d’électricité. Nous ne pensons pas avoir déconnecté de cette manière 100 000 foyers du réseau [comme disent les journaux ; NdAtt.], mais seulement du réseau de cette centrale électrique. Le réseau énergétique, qui dispose de plusieurs systèmes de sécurité, reconnectera rapidement les foyers, via d’autres voies de distribution d’énergie d’un réseau électrique largement ramifié. L’achat à court terme d’énergie aux prix du marché est peut-être plus cher qu’au moment où l’entreprise d’énergie a acheté l’électricité à la Bourse de l’électricité de Leipzig (EEX). Pour éviter de payer des pénalités aux différents consommateurs d’énergie, comme prévu au contrat, ils n’ont pas d’autre choix. Nous avons court-circuité plus de vingt lignes de 110 kV, sans que les conduites du chauffage urbain soient impliquées. Mais nous ne pouvons pas exclure un effets sur le réseau de chauffage urbain.
Notre action se différencie dans la pratique de celle d’Adlershof, le 9 septembre 2025, contre le centre technologique. Il s’agissait là d’une ligne d’alimentation, en négligeait la protection redondante. La situation était similaire dans le cas du groupe Vulkangruppe Tesla ausschalten [Groupe Volcan éteindre Tesla] qui a coupé du réseau l’usine Tesla, en détruisant une ligne d’alimentation [le 5 mars 2024, à Grüneheide, près de Berlin ; NdAtt.], en touchant environ 5 000 foyers privés. Dans notre cas, ce n’est pas une infrastructure comme le parc technologique ou la Gigafactory qui est débranchée, de sorte que cette infrastructure rentre dans le black-out, mais la centrale électrique, avec sa vaste ramification de câbles, qui est débranchée du réseau électrique. Elle produit encore de l’électricité, mais ne peut plus l’injecter dans le réseau et du coup ne peut plus la livrer. La possibilité d’approvisionner les foyers privés par d’autres centrales électriques est toutefois maintenue et c’est aussi ce qui est envisagé par les autorités et les géants de l’énergie. Cependant, il n’est pas exclu que notre action puisse avoir des répercussions plus importantes sur certains transformateurs.
Nous n’avons pas interrompu l’approvisionnement en chauffage urbain (puissance thermique de 690 MW).

Les foyers individuels ne sont pas la cible de l’action. La cible de l’action est infliger un coup dur à l’industrie du gaz et à la cupidité d’énergie.
Si des pannes prolongées ont lieu dans des foyers privés, nous voulons par la présente préciser qu’ils ne sont pas la cible de l’attaque. Et cet effet n’était ni envisagé, ni calculé par nous. Nous avons à tout moment exclu la mise en danger de vies humaines.
Puisque nous n’avons pas la certitude à 100% des réactions en chaîne, qui ne relèvent pas de notre responsabilité, que notre arrêt de la centrale à gaz pourrait avoir, nous adressons la demande suivante aux foyers éventuellement touchés : sonnez chez vos voisin.es. En cas de panne d’électricité, pensez à aider les personnes âgées ou dans le besoin. Prenez soin de vous-même et des autres, en apportant un soutien solidaire. Informez-vous les un.es des autres.

La centrale électrique de cogénération était une filiale à 100 % du groupe énergétique étatique suédois Vattenfall AB, qui, avec un chiffre d’affaires annuel de 7,6 milliards d’euros, était le quatrième plus grand groupe énergétique, après E.ON, RWE et EnBW.
À partir de 2021, la centrale électrique a été « remunicipalisée » et appartient désormais à la ville de Berlin. Ainsi, la centrale électrique sera aussi partiellement démantelée et adaptée à d’autres fonctions. Cela semble bon seulement à première vue.

Stromnetz Berlin GmbH [entreprise publique, propriétaire et exploitant du réseau électrique de la ville de Berlin ; NdAtt.] effectue actuellement d’importants investissements dans l’extension de l’infrastructure du réseau berlinois, afin de répondre aux exigences croissantes de la prétendue transition énergétique. Pour cela, la société mère de Stromnetz Berlin, BEN (Berliner Energie und Netzholding GmbH), reçoit 380 millions de la Banque européenne d’investissement – « pour préparer la transition énergétique en cours ». La « transition énergétique » est un écran de fumée qui dissimule le fait qu’il s’agit d’une énergie sans transition et sans discussions. L’essentiel, c’est l’énergie, durable ou non. Ainsi, Stromnetz Berlin veut doubler ses capacités, d’ici début 2030. L’objectif est un réseau électrique « moderne » et numérisé. Concrètement, cela signifie des centaines de milliers de mètres de nouveaux câbles électriques et de composants du réseau, ainsi que plus de services numériques. On peut penser que cela n’est pas fait par altruisme. À première vue, il s’agit de la sécurité de l’approvisionnement de la ville, mais en y regardant de plus près, il s’agit d’une folie de croissance dans une course à la concurrence imposée par le gouvernement. Le champ de bataille sont la ville et nos conditions de vie. La ville est une marchandise. La compétitivité avec d’autres grandes villes doit favoriser l’installation de plus de start-ups, de plus d’entreprises de recherche et de production d’armement, de prestataires de services numériques et d’entreprises technologiques, qui consomment plus d’électricité que les millions de Berlinois.es à titre privé. Il s’agit aussi d’une mobilité électrique qui, naturellement, n’a pas pour objectif la promotion des transports en commun, mais encore plus de ferraille qui roule dans les rues, avec des batteries au lithium, encore plus de systèmes dominés par l’IA, qui crachent des véhicules à conduite autonome, appartenant à des particulier.es. Cela se fera dans le cadre du « développement de l’infrastructure », qui coûtera à la ville-Land 3 milliards d’euros de plus, d’ici 2029, alors que l’A100 s’enfonce de plus en plus dans la ville. Pour le renouvellement du réseau électrique seront effectués des investissements jusqu’à 770 millions d’euros.

Tout cela semble plus qu’ennuyeux, mais est d’une grande importance pour nous, en tant qu’habitant.es de Berlin et du Brandebourg, car c’est notre vie, notre pays, notre eau, notre avenir qui sont en jeu ici. Pour Giffey [Franziska Giffey, maire de Berlin de 2021 à 2023 ; NdAtt.], partisane du libéralisme économique du SPD, le développement des capacités du réseau et de nouvelles lignes électriques sont une condition centrale pour faire de Berlin un lieu d’investissements. Ces destructeurs d’un avenir digne d’être vécu, partisans du libéralisme économique, conçoivent la ville en termes de chiffres, de sommes d’argent, de taux de croissance et de course à la concurrence avec d’autres villes. Les être humains ne sont pas pris en compte, ou seulement en tant que quantités, à faible revenu ou à revenu élevé. Il faut gérer et limiter, d’une manière ou d’une autre, la première – y compris au moyen de mesures policières et répressives, et clôturer ainsi un parc à Kreuzberg [référence à la lutte contre l’installation de grillages autour du Görlitzer Park et à sa fermeture nocturne ; NdAtt.]. Et on flatte l’autre partie, car son argent stimule la consommation. Pour cette partie, la ville est rendue smart et jolie. Berlin est une marque et elle est commercialisée en tant que telle.
Pour Giffay, le développement du réseau électrique correspond à la numérisation rapide de la vie quotidienne, comme s’il s’agissait d’une force naturelle qui s’abat sur nous. Comme si ce n’étaient pas les grandes entreprises de la technologie et les techno-fascistes qui décident de l’adoption de l’IA, qui, selon le ministère fédéral de l’Économie, doublera d’ici 2030 la consommation mondiale d’électricité. Comme si ce n’étaient pas les politiciens et les partisans du libéralisme économique qui décident qu’on ne peut plus payer en liquide dans les bus de la BVG [Berliner Verkehrsbetriebe, la compagnie des transports en commun de l’agglomération de Berlin ; NdAtt.] et que les gens sont obligés de payer de manière numérique, le suivi étant ainsi immédiatement garanti, dans une ville rebelle, où il existe une tradition de mouvements militants qu’il s’agit de contrôler. Comme si ce n’était pas la classe politique qui décide de mettre entre les mains de la police et des services secrets le logiciel de surveillance Palantir, dont le fondateur est un fasciste des États-Unis et dont le logiciel prévoit un réseau numérique pour la surveillance des gens. Giffay fait la promotion de l’extension du réseau avec « nos » entreprises et de l’électrification croissante de la mobilité : « Par amour pour Berlin, le réseau électrique le plus moderne, pour la capitale climatiquement neutre ». Et, habituée à désamorcer les critiques, Stromnetz Berlin a intégré comme cache-misère des « conseils citoyens », qui participent de manière ridicules à des futilités, mais qui n’ont rien à dire sur l’orientation des décisions en matière de politique énergétique et sur la conception de la ville. Après que Vattenfall et la ville ont été obligés, en raison d’une large initiative citoyenne, de lancer une « remunicipalisation », une étatisation du réseau électrique, et de mettre en place BEN comme propriétaire, ils continuent le business as usual et l’absurdité continue sans faiblir. La vision est claire : smart city – Stromnetz Berlin s’exprime ainsi : « Berlin est en voie de devenir l’une des principales métropoles smart city. Ce processus de transformation a déjà commencé dans tous les domaines de la vie urbaine. » Et : « les infrastructures intelligentes, et en particulier le smart grid (réseau électrique intelligent), en constitueront le fondement – en tant que système d’exploitation en réseau, il deviendra l’épine dorsale et le catalyseur de la transition énergétique. » Au delà du fait que nous considérons le terme « transition énergétique » comme de la poudre aux yeux et que nous le remplacerions par « attaque technologique contre les relations interhumaines », nous sommes d’accord là-dessus.
Les attaques concrètes contre le parc technologique d’Adlershof, contre la Gigafactory de Tesla, contre l’infrastructure de la centrale électrique à charbon Reuter, de Vattenfall, et contre le nœud de communication de Vodafone à Adlershof sont des références pour notre action, tout comme les nombreuses actions militantes qui mettent l’accent sur la destruction de notre terre. Même si ces actes de sabotage entraînent des pertes financières importantes, ils ne peuvent pas, à eux seuls (!), forcer un changement d’orientation politique. Mais ils montrent un chemin et une direction que nous recommandons pour toutes les métropoles. Paralysez les infrastructures qui servent à « l’attaque technologique » et qui favorisent la destruction de la Terre. Le consensus à la participation au projet d’un mode de vie impérial peut être retiré. Un mouvement social de masse contre la destruction mondiale des moyens d’existence et contre toutes les guerres et les pillages des ressources va de pair avec la capacité de saboter les réseaux électriques et les veines de l’énergie.
L’attaque contre la centrale électrique à gaz est un acte de solidarité internationale avec tou.tes celles/ceux qui protègent la terre et la vie. Notre résistance est multiple et, souvent, dans le brouillard de la désinformation, des différentes approches culturelles, des diversités linguistiques, nous avons encore besoin de trop de temps pour reconnaître les points communs. Mais nous sommes convaincu.es que, dans l’obscurité, la lumière n’est pas lointaine. Si nous plaçons cette action dans le contexte d’une résistance mondiale, que ce soit aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie, en Chine ou en Russie, en Europe ou en Australie, qui s’oppose à toutes les formes de domination, d’autorité et de destruction de la terre, nous sommes convaincu.es que nous serons entendu.es, que ces contributions seront traduites, que des contributions traduites nous parviendront, que sur les sentiers tortueux de la résistance a lieu une communication subversive, qui nous permet de nous reconnaître les un.es les autres. Et d’intervenir. Et cela, si possible, sans verser de sang, mais déterminé.es à couper le jus aux dominants.

Nous ne pouvons plus nous permettre les riches.
Nous pouvons entamer la fin du mode de vie impérial.
Nous pouvons arrêter la surexploitation de la terre.

Liberté pour tou.tes les antifas, les militant.es pour le climat et tou.tes les autres récalcitrant.es.

Vulkangruppe : Den Herrschenden den Saft abdrehen
[Groupe Volcan : Couper le jus aux dominants]

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Couper le jus aux dominants – Mise au point

knack.news / mardi 6 janvier 2026

Nous vous écrivons à nouveau, parce que, après notre première déclaration, beaucoup de choses ont été délibérément mal interprétées ou déformées.
Tout d’abord :
Notre action n’a pas été dirigée contre des personnes, mais contre une infrastructure qui détruit chaque jour des êtres humains, l’environnement et l’avenir. L’approvisionnement énergétique n’est pas un processus technique neutre, mais un instrument de domination politique. Qui exploite des grandes installations de combustibles fossiles s’engage activement pour la destruction du climat, pour des guerres pour les ressources et pour l’inégalité sociale.
En même temps, nous voyons la situation des gens sur place. Aucun.e d’entre nous ignore que la coupure de courant représente un vrai fardeau pour beaucoup de monde – en particulier pour les personnes âgées, les malades, les enfants et tou.tes celles/ceux qui se trouvent déjà en marge de cette société. Ces difficultés ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un système qui centralise les approvisionnements essentiels, les organise en vue du profit et les rend délibérément vulnérables. Ce ne sont pas ceux/celles qui attaquent qui ont créé cette dépendance, mais ceux qui la maintiennent depuis des décennies.
Ceux qui parlent, soudainement, aujourd’hui, d’« irresponsabilité », sont les mêmes acteurs qui mettent dans le compte, tous les jours, des black-out, des catastrophes environnementales et le froid social – seulement de manière plus lente, plus discrète et plus exploitable médiatiquement.
Quant aux insinuations qui circulent à propos d’une prétendue action de type false flag, d’un pays étranger, nous disons clairement :
Ces spéculations ne sont rien d’autre que la tentative de cacher leur propre impuissance. Le fait que des gens, ici sur place, soient en mesure d’attaquer des infrastructures ne cadre pas avec le récit sécuritaire de la classe politique et des autorités. Ainsi, un ennemi extérieur est construit. C’est pratique, cela décharge [des responsabilités] et déplace le débat.
Nos motivations ne sont ni secrètes, ni nouvelles. Elles se nourrissent de longues années d’expérience avec un discours creux sur le climat, d’une politique d’actes symboliques et d’un approvisionnement énergétique fondé sur la destruction. Qui prétend maintenant que derrière chaque forme de sabotage doit nécessairement y avoir un service secret étranger refuse la réalité des conflits sociaux internes.
Nous ne nous laisserons pas impressionner par l’indignation morale qui se manifeste seulement quand la propriété est touchée.
La véritable violence est structurelle. Elle agit chaque jour. Elle reste généralement invisible.
Notre intervention est une rupture avec cette normalité.
Qu’elle soit comprise ou non, ne dépend pas de nous.

Vulkangruppe
[Groupe Volcan]

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Berlin (Allemagne) : Paralyser les beaux quartiers. Que mille volcans fassent pleuvoir des gravats et de la cendre https://attaque.noblogs.org/post/2025/05/15/berlin-allemagne-paralyser-les-beaux-quartiers-que-mille-volcans-fassent-pleuvoir-des-gravats-et-de-la-cendre/ Thu, 15 May 2025 16:12:53 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59293 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / mercredi 30 avril 2025

Nous ne pouvons plus nous permettre ces riches.
Paralyser les beaux quartiers. Que mille volcans fassent pleuvoir des gravats et de la cendre.

Follow the money, pour trouver la piste des crimes et des criminels. D’abord une petite promenade militante nocturne, dans le quartier de Grunewald, et ensuite un incendie :

C’est une chose bien connue, par beaucoup de monde, que nous ne pouvons plus nous permettre les riches, qui, souvent, sont aussi les puissants.
C’est aussi une chose connue qu’ils nous laisseront, à nous et à nos enfants, une terre ravagée.
Qu’ils montrent chaque jour qu’ils s’en fichent, par exemple lorsqu’ils émettent plus de 16 milliards de tonnes de CO2 par an, rien qu’avec leurs jets privés.
C’est aussi une chose bien connue que les riches aiment monter les un.es contre les autres les dépossédé.es de ce monde.
Ils attisent la population avec passeport allemand contre les ainsi-dit.es migrant.es (avec ou sans passeport allemand). Ils attisent la haine contre les personnes réfugiées, comme si leurs raisons de fuir étaient banales. Les raisons de leur fuite, et donc la fuite elle-même, sont considérées comme un crime et les gens comme des criminels, surtout si la couleur de leur peau n’est pas le « blanc ». Ce n’est pas le mode de vie impérial qui est considéré comme un problème, qui conduit directement ou par un enchaînement de différentes circonstances aux raisons de ces fuites, mais les personnes qui fuient.

Ces gens vivent aussi dans le quartier auquel aujourd’hui nous avons coupé le jus. Car on ne peut pas en venir à bout avec des appels, un travail de persuasion ou des simples informations.

Nous faisons nôtres les mots et les analyses des groupes Volcan [Vulkangruppen] précédents : cette forme de vie impériale, organisée au détriment d’autres personnes, est la base d’une consommation aberrante, d’une croissance économique constante avec des taux de profit en hausse et des raisons de fuir les régions exploitées. Sans la destruction des bases de vie dans d’autres pays, cette folie de la consommation des ressources ne serait pas possible.
La cupidité et la recherche de plus de pouvoir, de profit, d’argent et de biens caractérisent la mentalité des riches. Et des millions de personnes, y compris beaucoup de dépossédé.es, courent derrière ce « veau d’or ». Seulement pour obtenir, peut-être, un petit morceau du gâteau. Le pillage de la nature, les guerres, la destruction du climat et les génocides – tout est inclus dans le coût de la course pour encore plus de richesse. Alors que les puissants transforment (veulent transformer) chaque pas, chaque seconde de notre temps, chaque pensée, chaque sentiment et chaque clic de notre vie en marchandise, pour avoir encore plus d’accès à chaque individu et pouvoir nous contrôler, ils jouent avec la vie de milliards de personnes.
Une raison suffisante pour faire cracher du feu à un petit volcan, dans une « zone résidentielle exclusive » à Grunewald et Schmargendorf [deux quartiers limitrophes, très huppés, de l’ouest de Berlin ; NdAtt.].

Aujourd’hui, nous avons grillé un transformateur électrique qui alimente le secteur des rues Clayallee et Pücklerstraße. Et nous avons livré aux flammes une antenne relais utilisée par différents opérateurs de téléphonie mobile (comme Vodafone, entre autres) et par la police, sur la Clayallee.

En fait, nous voulions juste faire un petit tour dans Grunewald. Mais alors, voilà, nous nous sommes rendu.es compte que nous nous trouvions soudainement au cœur de l’actualité mondiale et nous avons vu à quel point tout est interconnecté. La dimension internationale a besoin de quelques mots et de quelques liens, pour rendre justice à cet endroit.
C’est justement pour cette considération qu’il n’est pas possible d’être concis.es à propos de cette exploration du secteur. Nous voulons mettre en lumière autant que possible ce que nous pouvons voir d’un premier coup d’œil dans le rayon de l’éclat de notre feu. Étonné.es par le nombre de protagonistes du potentiel de destruction et par le nombre de responsables des raisons de fuite décrites ci-dessus, qui se sont retranchés sur une si petite surface, notre explication de l’éruption volcanique est un peu plus longue.

Nous ne sommes que les précurseur.euses d’une génération d’enragé.es. Qui laisse mourir de faim d’autres personnes, tout en faisant des bonnes affaires avec, et se retranche dans des quartiers de villas, ne doit pas s’étonner si un jour il finit « grillé.e » sur une assiette de soupe populaire, à Wedding [quartier pauvre du centre-nord de Berlin ; NdAtt.] ou ailleurs, sous le slogan Eat the rich.
Si nous devions donc simplement « mettre tous les riches dans un sac et leur taper dessus » pour nous débarrasser de leur domination, nous ne serions en aucun cas au mauvais endroit, à Grunewald. Néanmoins, la réintroduction de la guillotine a déjà été suffisamment testée et, comme on le sait, elle a été rejetée dans la pratique révolutionnaire ultérieur. Elle est seulement devenue un nouveau moyen aux mains des structures de pouvoir et de terreur. Une nouvelle tête pousse à l’Hydre dès que l’ancienne roule. De cette manière, nous ne nous débarrassons pas des riches et de leur mode de vie destructeur.
Jusqu’à présent, de nouveaux maîtres ont rapidement émergé – seules les drapeaux et les uniformes ont changé et les méthodes pour réprimer les révoltes ont été réajustées. Les bourses, l’argent, la police, les prisons, l’armée, l’injustice et l’oppression sont restés.

Nous préférons nous en prendre à leurs ressources, les déranger dans leurs lieux de reproduction, nous occuper d’eux de manière privée et personnelle et les chasser de leurs villas. Georg Büchner a raison de manière intemporelle : « Paix aux chaumières – guerre aux palais ».

Nous pouvons et nous devrions leur livrer le Premier mai à domicile, devant leurs portes, et, par le biais du sabotage, rendre plus inconfortables leurs lieux de reproduction. Nous pouvons, sans devoir faire un pas sur leurs terrains, nous introduire dans leurs espaces de vie, où ils comptent en pensée leurs dollars, euros, roubles, bitcoins ou leurs onces d’or. Nous pouvons au moins leur gâcher un peu le plaisir de ce qu’ils possèdent.

Les propriétés, clôturées et sécurisées par des caméras, ont été construites grâce à du travail volé. Leur luxe a toujours été lié à un grand tribut de sang et il l’est encore aujourd’hui.
Le mode de vie impérial ne sera amené que brièvement à quelques frisson, par notre intervention militante d’aujourd’hui. Mais chaque goutte creuse la pierre.

Et nous pouvons disparaître, non vu.es, dans l’obscurité de la nuit, dans la forêt, avec les sangliers, en trébuchant parfois sur un sans-abri dans sa tente.

Ils se sentent à l’abri de la « foule », qui, depuis le soulèvement anarchiste pour les droits des travailleur.euses, le 1er mai 1886, sur la place Haymarket, à Chicago, a toujours provoqué des révoltes, des soulèvements et des luttes militantes. Que l’orateur de Haymarket, rédacteur en chef et éditeur d’un grand journal ouvrier anarchiste, August Spies, soit cité ici pour souligner son actualité : « Le temps viendra où notre silence sera plus fort que les voix que vous étranglez aujourd’hui ». Ce furent les derniers mots qu’il prononça, avant d’être pendu suite à des fausses accusations. Impressionné par la brutalité de la police lors des manifestations et des grèves, par les fraudes électorales et leur légitimation par des juges corrompus, August Spies s’était, auparavant, de plus en plus détourné de la voie légale des sociaux-démocrates, pour se tourner vers des développements révolutionnaires anarchistes. Il est devenu le porte-parole de l’aile social-révolutionnaire du mouvement ouvrier aux États-Unis et, à la fin, à la suite des combats autour du Premier mai, il a été exécuté par pendaison, en novembre 1887, aux cotés des anarchistes George Engel, Albert Parsons et Adolph Fischer. De ces luttes anarchistes est issu le Premier mai en tant que journée de lutte des travailleur.euses. Nous ne sommes pas du tout satisfait.es du fait que le Premier mai ne soit plus, aujourd’hui, une journée de lutte des dépossédé.es, mais qu’il ait été « incorporé » en tant que jour férié, dans les « démocraties », par ces piliers de l’État qui sont les syndicats. De même, beaucoup de groupes communistes autoritaires, avec une vision sélective de l’histoire, ne font que guetter la prochaine occasion de créer un État qui contraindrait les dépossédé.es dans les prochaines usines « rouges ».
Un jour, l’intervention militante des dépossédé.es et d’une foule en colère libérera les possédants du fardeau de leur possessions et ils/elles ne se laisseront impressionner ni par les soi-disant démocrates ni par les forces dictatoriales. Car, en fin de compte, il est évident qu’on ne peut pas « posséder » la terre, ni tous les êtres vivants qui l’habitent et donc les êtres humains non plus. Même si les riches ne veulent pas reconnaître cette simple vérité.
Aujourd’hui, ils ont quand-même dû regarder dans les yeux la vérité, c’est-à-dire qu’ils sont vulnérables. Parce que l’antenne-relais brûlée ne diffuse plus, du moins aujourd’hui, les informations boursières depuis les États-Unis, ni les derniers rapports du front russe, ni les derniers rapports de guerre venant du monde entier, avec les conséquentes, magnifiques opportunités de voir monter les indices DAX [indice boursier allemand, équivalent au CAC 40 français ; NdAtt.] des entreprises d’armements, dans lesquelles on a bien placé son fric, ni les dernières nouveautés du monde de la mode et de la richesse, ni non plus les aboiements continuels de X et Cie. Les voix des, et pour les, possédants ont été momentanément réduites au silence. Le silence des dépossédé.es deviendra de plus en plus fort. Et, aujourd’hui, ce silence bruyant doit aussi rappeler August et les anarchistes assassinés avec lui, ainsi que l’origine du Premier mai.

Nous nous tournons maintenant vers la promenade dans le « quartier des animaux sauvages » [un secteur du quartier Schmargendorf, limitrophe de la forêt urbaine de Grunewald, où les rues portent les noms d’animaux sauvages ; NdAtt.] en elle-même et vers la question de savoir quels bipèdes ont été effrayés à cette occasion. Dans le quartier des villas et des ambassades, les rues sont nommées en souvenir d’animaux dont les images sont plus faciles à trouver sur un smartphone que celles des habitants actuels, derrière leurs clôtures avec surveillance smart. Celle qui suit est une liste de quelques riches et de quelques ambassades, comme dans un roman policier où tout est lié. Les noms sont interchangeables, comme les pays.

Momentanément déconnectés, sans électricité ni réseau, derrière les clôtures se retranchent, par exemple, des oligarques russes, comme l’ami de Poutine Arkady Rotenberg (ça s’écrit aussi Arkadi ou Arkadij). Sa fortune est estimée à environ 2,5 milliards de dollars américains. Personne ne croit qu’il ait acquis sa fortune à la sueur de son front. On parle, comme pour tous les autres, d’une fortune volée au travail des autres. Étant un ami de Poutine, l’une de ses entreprises a fourni des tuyaux pour construire le gazoduc Nord Stream 2. Pour le gaz que son ami Poutine fournissait à l’Allemagne et que l’économie allemande achetait volontiers et pour pas cher, pour avoir ainsi un avantage dans la compétition internationale. Alors que Poutine a su utiliser ces revenus pour son agression contre l’Ukraine. Une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties, jusqu’à il y a trois ans. Aujourd’hui, l’Allemagne se procure son énergie chez d’autres dictatures.
Pour la construction, par Rotenberg, d’un pont de 19 kilomètres vers la péninsule ukrainienne de Crimée, son ami Poutine lui a plus tard personnellement décerné la distinction « Héros du travail ». Certes, Rotenberg est soumis à des sanctions et en principe il ne devrait pas avoir de droit de céder ses biens immobiliers situés en Allemagne, mais il a dissimulé ses propriétés par le biais de sociétés à Chypre. Qui s’en soucie ? Il a donc fait certifier l’accord de vente par un notaire du Kurfürstendamm [les « Champs-Élysées allemands » ; NdAtt.], auquel il a graissé la patte et qui l’a aidé à contourner les sanctions.

Jurij Bukin, un manager de longue date de l’empire économique des Rotenberg, a lui aussi une villa dans ce quartier. Le député de la Douma Boris Paikin, qui est touché par les sanctions de l’UE et qui a autrefois travaillé dans une filiale de Gazprom, possède également, selon les médias, une villa et des appartements dans ce quartier. Et dans le Wildentensteig [« montée des canards sauvages »] se trouve également la villa d’Irina Wirganskaja (la fille de Gorbatchev). En 2020, elle a fait l’acquisition d’un terrain pour 4,8 millions d’euros.

Une autre villa dans le quartier des animaux de la forêt, depuis laquelle l’ancien ambassadeur russe Vladimir Kotenjow, futur chef de la filiale allemande de Gazprom, a tiré ses ficelles et où il a organisé des fêtes exclusives, appartient, selon les médias, à un homme d’affaires de Saint-Pétersbourg. Dans cette propriété, située sur le Goldfinkweg [« chemin du chardonneret jaune »], à Berlin, où Kotenjow aurait vécu en tant que locataire, des appartements sont actuellement proposés à la location pour des loyers allant jusqu’à 13 000 euros par mois. Ainsi, nous pouvons bavarder éternellement sur les imbrications existantes dans le quartier des animaux de la forêt et nous demander qui, au sein de la politique et de l’administration allemandes, couvre ces relations. En fait, c’est très simple : le marché immobilier de Berlin est un marécage pour l’argent sale, qui peut y être « lavé » efficacement. À Berlin, les loyers augmentent plus que dans toute autre grande ville allemande. Et cela est dans l’intérêt des propriétaires, qu’il s’agisse d’acquisitions légales ou illégales de biens immobiliers. Prenons l’exemple du « quartier des animaux sauvages ». La société L&B Immobiliya, par exemple, situé sur la Frankfurter Allee, y a volontiers installé des magasins pour riches, entre autres d’Europe de l’Est, tels que ceux mentionnés ci-dessus. Plus de 30 000 clients ont ainsi blanchi leur argent et l’ont placé de façon rentable. On achète, on vend et on achète à nouveau, sur le marché des maisons et des appartements, au détriment des pauvres. Le rendement augmente et chaque vente met dans les poches des riches de l’argent qui est pris à des personnes déjà pauvres, par des hausses des loyers. Heureusement, il y aura bientôt d’autres réductions des allocations pour les chômeur.euses, du coup encore plus d’appartements seront libres ; seulement, sous les ponts et dans la forêt de Grunewald, ça sera encore plus bondé. Selon les rapports des médias, des riches Russes auraient par le passé investi approximativement entre 20 et 50 milliards d’euros en Allemagne – au moyen d’entreprises nébuleuses et des sociétés écrans dans des paradis fiscaux.
Une personne qui a autant d’argent n’a aucun intérêt à ce que l’on sache ce qui lui appartient précisément et où elle habite. Ce n’est pas un hasard si le marché immobilier est géré de manière opaque en ce qui concerne les véritables propriétaires de maisons, d’immeubles d’habitations et de rues entières. On peut, par des moyens simples, déclarer comme propriétaires, dans le registre foncier, des entreprises, ce qui rend invisible le propriétaire derrière. Pas étonnant que, dans le « quartier des animaux sauvages », une maison sur deux n’ait pas de de sonnette : les administrateurs d’entreprises, exploiteurs et destructeurs, veulent agir de manière anonyme. Nous ne devons pas les trouver. Ils ont tellement peur – même de nous.
D’ailleurs : pas loin de là où se trouvent les oligarques russes, il y a aussi les oligarques ukrainiens. Pendant que les intérêts de deux États et de leurs puissants sont réglés sur le champ de bataille, et que le sang coule, Juri Rodin peut tranquillement se frotter les mains, avec sa participation aux affaires immobilières sur le Luchsweg [« chemin du lynx »]. Le rendement, pour l’actionnaire principal de la RI-Bank est bon, comme prévu. En 2021, une entreprise lettone, dans laquelle Rodin avait des participations, a vendu des terrains sur le Luchsweg pour plus de 26 millions d’euros. Quatre ans plus tôt, cette entreprise avait acheté ces terrains pour 7,5 millions. Avec quelques variantes, de telles transactions sont effectuées avec des bâtiments situés dans tous les quartiers de Berlin. De plus en plus d’appartements en propriété – de moins en moins de possibilités de location, des rénovations et des modernisations à prix élevé, donc toute la litanie bien connue qui correspond aux intérêts du capital, frappent de plus en plus durement la partie la plus démunie de la population. Le tissu social de la ville est détruit par l’expulsion, généralement silencieuse, des dépossédé.es. Et aucun sénat [le gouvernement de la ville-État de Berlin ; NdAtt.] n’y changera rien à l’avenir. Soit dit en passant : cela montre aussi l’utilité des élections. Sans expropriations révolutionnaires par la « foule », ainsi qu’une redistribution équitable, rien ne changera non plus. Pillage des chaînes de supermarchés, destruction des villas – that’s it.
Ce mépris structurel pour l’être humain a trouvé aujourd’hui une faible réponse, en dérangeant aussi les connexions internet des différentes sociétés immobilières allemandes et internationales qui, dans le voisinage, poursuivent discrètement, et pas qu’un peu, leur travail destructeur, en tout cas celles que nous avons pu identifier.
Le propriétaire le plus récent, d’ailleurs un « promoteur immobilier » de Berlin, veut maintenant construire des « appartements haut de gamme » sur le Luchsweg. Une bonne affaire à 17 000 euros le mètre carré. Avec le prix de ce seul mètre carré, de nombreuses personnes pourraient vivre toute une année.
Mais nous ne voulons pas vous ennuyer avec d’autres détails, que vous connaissez déjà, sous une forme ou une autre, car nous ne sommes pas encore à la fin de notre visite militante du secteur.
Parlons donc des ambassades à Schmargendorf.
Les accords sur les migrations avec les pays de l’UE ou même seulement avec l’Allemagne ont une grande importance, dans le but de cimenter encore plus la forteresse-UE. Les partis veulent expulser toujours plus et toujours plus vite. Pour cela, le gouvernement concerné dépend également de la coopération des pays d’origine et de transit. Aussi des dictatures.
Dans le Fohlenweg, à portée de vue de nos deux incendies, nous rencontrons l’ambassade irakienne. Depuis 2023, il existe avec l’Irak un ainsi-dit « accord sur les migrations », pour pouvoir expulser plus de demandeur.euses d’asile. Pourtant, les services de l’État y sont « toujours responsables de nombreuses violations des droits humains », dit même un rapport confidentiel du ministère des Affaires étrangères. Les droits et libertés fondamentales inscrits dans la Constitution ne seraient par ailleurs « pas pleinement garantis ». Selon ce rapport, la torture pour obtenir des aveux, les arrestations arbitraires et les enlèvements par les forces de sécurité irakiennes sont répandus. De plus, les milices armées représentent une menace pour la population. De même, « des nombreux enfants et adolescent.es sont gravement touché.es par des actes de violence contre eux/elles-mêmes ou contre des membres de leurs familles ». Les minorités religieuses, comme les Yézidis, souffrent, selon le rapport, d’une « discrimination de fait considérable ». Le gouvernement irakien ne peut donc « pas assurer la protection des minorités ».
Néanmoins : les deux parties veulent pouvoir échanger des données biométriques, si l’identité [d’un.e migrant.e] n’est pas claire. Des employé.es de l’ambassade irakienne ont eu des entretiens avec des ressortissant.es potentiel.les de leur pays, afin d’en déterminer l’identité. Raison suffisante pour éteindre la lumière à l’ambassadeur irakien et à ses fonctionnaires.
L’ambassadeur marocain habite lui aussi dans une résidence à Schmargendorf. C’est chose bien connue qu’il ne vit pas, comme beaucoup de personnes réfugiées des pays d’Afrique, dans des baraques, des tentes ou sous des bâches en plastique, dans des verges en Espagne, où ils/elles sont maintenu.es comme des esclaves. Il ne vit pas non plus dans un foyer, dans la rue, ni ne travaille dans des conditions misérables pour augmenter le capital de ses maîtres, généralement blancs. Il ne sera pas non plus traqué par des nazis ou arrêté par les flics des stups. Pendant que, chez lui, c’est seulement la réfrigération de ses boissons qui est tombée en panne, des réfugié.es qui souhaitent simplement venir à la frontière de l’UE et la traverser meurent de soif dans le Sahara. Beaucoup de monde échoue dans cette traversée à cause de l’ainsi-dit « accord sur les migrations » avec le Maroc. À Melilla, comme dernier obstacle, une forteresse barbare sépare l’Afrique de l’Europe.
Le ministère de l’Intérieur du [précédent] gouvernement fédéral allemand a déjà exploré avec succès les « possibilités et intérêts d’un partenariat approfondi dans le domaine des migrations » avec le Maroc. En plus, la coopération policière déjà existante a été étendue à des enquêtes dans des « procédures complexes contre des passeurs ». Les fonds pour le développement, les dispositifs techniques de lutte contre les migrant.es et les flatteries diplomatiques servent, dans le cas du Maroc, pour régler les migrations. Les facilitations à l’obtention de visas pour la force de travail qualifiée sont la seule et unique porte qui doit rester ouverte – si « le marché » en a besoin. La police fédérale collabore étroitement, chaque jour, avec la police des frontières marocaine, pour empêcher l’accès à l’UE aux personnes africaines fuyant la pauvreté, non désirées, pendant qu’à Berlin l’eau goutte du frigo de l’ambassadeur. On ajoute, pour plus d’exhaustivité, que le Sahara occidental a été annexé par le Maroc et que ses habitant.es mènent une lutte anticoloniale contre le Maroc. Naturellement, l’Allemagne se tait à ce propos, en échange de l’accord sur les migrations. Au cours des dix dernières années, l’Allemagne a aussi fourni au Maroc des équipements militaires d’une valeur de plus de 200 millions d’euros : des radars au sol, des drones, des pièces de munitions pour canons et des systèmes de communication. La défense de la forteresse-UE contre les réfugié.es, l’occupation du Sahara occidental et la répression militaire de ses habitant.es ne sont pas des thèmes sans rapport. Et, dans le Sahara occidental occupé, les intérêts allemands sont défendus ; par exemple le vol avec violence des matières premières et la production d’énergie. Ainsi, une main lave l’autre.
Dans la Pücklerstrasse, nous rencontrons une autre résidence. Le drapeau suédois flotte fièrement devant l’entrée. Le drapeau de ce pays de l’UE, dont les riches achètent ici des nombreux appartements, en tant qu’investissement, ce qui aggrave la pénurie de logements. L’État et des entreprises comme Northvolt n’ont aucun problème à réclamer des terres qui ne leur ont jamais appartenu et à détruire les moyens de subsistance des autochtones Samis. La ligne de Botnie septentrionale, une ligne ferroviaire à grande vitesse qui doit transporter essentiellement des matières premières, coupera, selon les projets actuels, des terres sur lesquelles les Samis ont leurs pâturages pour les rennes. La Suède et le capital veulent se connecter plus rapidement au marché mondial et approvisionner en lithium et en fer trois gigafactories de batteries. Des projets futurs d’exploitation minière et forestière devraient également bénéficier de ce gigantesque projet d’infrastructure. La manière de vivre impériale se tourne aussi vers l’intérieur de l’UE, non seulement vers l’accès à des pays lointains et à leurs ressources. Les objections des quinze communautés de village samis ont de l’importance pour nous. C’est pourquoi nous avons aussi éteint brièvement la lumière et la connexion au réseau de l’ambassade de Suède. Hands off Sápmi! – sinon, cela peut très vite devenir très cher.
Nous vous épargnons ici un traité sur l’ambassade éthiopienne, sur le Goldfinkweg, sur l’ambassade libanaise, sur la Spechtstraße [« rue du pic »], sur l’ambassade du Qatar ou sur l’ambassade d’Oman sur la Clayallee – l’une pire que l’autre !
Nous vous épargnons aussi un traité sur la villa de fonction du Président fédéral.
Toutes les institutions dont nous avons parlé et celles mentionnés se trouvent dans un rayon de 300 mètres des lieux des incendies et l’ambassade d’Israël est située à moins de deux kilomètres. Nous voulons encore dire quelques mots à son sujet. L’ambassadeur d’Israël, au nom du gouvernement israélien d’extrême droite, a récemment exercé des pressions sur la commémoration de la libération de Buchenwald et de Dora-Mittelbau, pour en exclure le philosophe germano-israélien Omri Boehm. Parce que celui-ci prend explicitement position pour l’égalité des droits entre Juif.ves et Arabes. Son approche, « comprendre l’histoire – apprendre pour l’avenir », est une épine dans le pied pour les Juifs d’extrême droite. L’État allemand, ou plutôt sa classe politique, n’a rien « compris de l’histoire », quand il livre des armes qui constituent les munitions d’un génocide, en justifiant cela aussi avec la raison d’État allemande. Avec ces armes, l’armée israélienne mène actuellement des exécutions extra-légales, en toute impunité, à Gaza. On souligne la phrase suivante, du discours censuré d’Omri Boehm : « « Plus jamais ça » n’est valable que dans sa forme universelle et c’est seulement alors qu’il peut rendre justice à sa formulation particulière ». Il s’agit d’une justice qui concerne et inclut tous les êtres humains. Nous espérons vraiment que aussi l’ambassade d’Israël ait pu tirer quelque chose de notre petite note de protestation.
Et nous nous souvenons, dans ce contexte, du secouriste Rifaat Radwan, torturé et exécuté par l’armée israélienne, le 23 mars, et ensuite enterré, avec quatorze autres secouristes et pompiers exécutés, par des excavatrices de l’armée israélienne, pour dissimuler ce crime contre le droit international. Les enregistrements du portable de Rifaat Radwan et l’autopsie des victimes ne laissent aucun doute quant à la torture et à l’exécution délibérées.
Et nous nous souvenons du militant Odai Al-Rubai, qui, avec un millier d’autres personnes, avait manifesté contre le Hamas, le 25 mars, et qui a été torturé et exécuté par le Hamas, à Gaza. Il a été torturé pendant six heures avant d’être assassiné.
Ces deux crimes ont eu lieu à deux jours de distance. Nous méprisons leurs lâches assassins. Nous admirons le courage de Rifaat Radwan et d’Odai Al-Rubai, qui ont risqué leurs vies pour sauver des vies. Ne le oublions pas. « « Plus jamais ça » n’est valable que dans sa forme universelle ».

Nous terminons notre promenade par une « approche » de l’ambassade des États-Unis, sur la Finkenstraße [« rue des pinsons »]. La résidence de l’ambassadeur des États-Unis, située de l’autre côté de la rue par rapport au quartier des animaux sauvages, à seulement 200 mètres de l’antenne-relais en feu, a probablement été largement épargnée par notre panne de courant, mais le réseau ! La connexion avec Donald « Dump [déchetterie, en anglais ; NdAtt.] » a dû être ralentie ou complètement interrompue.
Avec d’autres hommes et femmes pro-fascistes, ils travaillent à la transformation du système en une oligarchie autocratique. Il y aurait assez de raisons pour rendre la vie difficile aux représentant.es des États-Unis et à leurs diplomates. Des personnes sont expulsées vers la mort et la torture.
Une Green card ne protège pas non plus, si la personne concernée s’engage par exemple pour les droits des Palestinien.nes. Celui/celle qui espère que les élections, dans quatre ans, apportent un changement aux États-Unis, n’a pas compris le coup d’État administratif actuel. Il n’y aura plus d’élections libres, dignes de ce nom et non manipulées : les États-Unis sont sur la voie de la (techno-)autocratie.
Nous pourrions peut-être décider de frapper directement dans ses biens aussi cette nouvelle forme de dictature, avec ses accords mortels et ses PDG qui deviennent des décideurs, en remplaçant la forme d’État que les USA ont eu jusqu’ici. La coupure de la connexion de l’ambassadeur avec ses donneurs d’ordres aux États-Unis n’est pas d’une importance digne de ce nom, même si nous nous en réjouissons.
Précisément : Follow the money. « Elend [misérable] » Musk a injecté plus de 250 millions de dollars dans la campagne électorale du président « Dump ». Il détruit un État que lui est ses semblables réclament pour eux-mêmes. Ils détruisent l’ancien système et volent en même temps les données des différentes administrations états-uniennes, pour porter les gens sous leur contrôle et faire avancer de manière rentable leur domination numérique.
À l’exemple de Tesla ; ici en Allemagne, il ne s’agit plus seulement de l’eau volée dans la région de Grünheide et dans le Brandebourg. Et il ne s’agit plus seulement des conditions de travail chez Tesla, qui équivalent, pour les travailleur.euses, à une privations de leurs droits. Il ne s’agit plus seulement de destruction du climat et de surexploitation, pour arracher des « trésors » des sols de nombreux pays. Il ne s’agit plus d’arrêter des projets particuliers. Il s’agit de la somme de tous ces crimes. Et, en plus, de saboter l’« agression technologique », le projet de numérisation totale, qui prend des contours toujours plus clairs dans sa brutalité.
Tesla est terminée. Actuellement, Tesla est attaquée pratiquement tous les jours, au niveau international. #TeslaTakeDown et les attaques militantes entraînent des pertes de bénéfices de plus de 70%. (Si vous êtes propriétaire d’une Tesla et que vous lisez ceci, vendez-la, tant qu’elle peut vous rapporter encore un peu d’argent et qu’elle n’a pas brûlé. Ou bien, incendiez-la vous-mêmes et encaissez le montant de l’assurance. En ce faisant, ne vous laissez pas filmer par votre propre voiture.)
L’action du Vulkangruppe Tesla [ab]schalten [« groupe Volcan – éteindre Tesla », qui a incendié un pylône électrique près de la gigafactory de Grünheide, le 5 mars 2024, la mettant à l’arrêt pendant plusieurs jours ; NdAtt.] nous a mis devant les yeux la vulnérabilité de l’économie. Leur pouvoir sera brisé par la destruction des grands groupes économiques. L’usine de Grünheide doit disparaître et elle disparaîtra. Le poison patriarcal du type « Elend » Musk est vulnérable, le dommages financiers sont tangibles pour eux. Nous ne devrions pas nous égarer dans des actions contre l’État. Il n’est qu’un instrument de l’économie. Les chaînes d’approvisionnement doivent être détruites. Nous pouvons atteindre directement l’économie.
L’antifascisme militant peut élargir son champ d’attaque et brûler le capital qui soutient et finance l’AfD. Le coup d’État mondial de la droite (Poutine, Trump, Erdogan, Orban, Milei, Bukele, Nétanyahou, etc.) va de pair avec la destruction des concessions gagnées avec les luttes passées, dont les anarchistes morts suite aux faits de Haymarket square sont un exemple emblématique. Si autrefois c’était la journée de dix heures et des conditions de travail brutales qui prenaient possession des corps, aujourd’hui ce sont les grands entreprises du secteur de la technologie, qui veulent nous faire courir toujours plus vite, prisonnier.es sur le tapis roulant de l’économie. Nous sommes optimisé.es pour rester enchaîné.es à nos smartphones et au glissement vers le numérique d’activités auparavant analogiques. Nous allons ainsi, sciemment, vers une nouvelle forme d’exploitation du travail, qui nous transfère dans une nouvelle forme de possession de l’être humain, entre les mains des entreprises. L’« agression technologique », qui nous enlève l’air, modifie chaque relation humaine, chaque travail, chaque comportement social et les technicise. La vie et même la mort nous échappent des mains. Si autrefois les patrons de l’industrie lourde ont construit Hitler pour leurs intérêts, aujourd’hui ce sont les géants du secteur de la technologie qui ouvrent la voie au « techno-fascisme » et qui soutiennent quelqu’un comme Donald « Dump ». Des nom ? Les hommes les plus riches du monde : « Elend » Musk, plus de 300 milliards, Jeff Bezos, 193 milliards, Mark Zuckerberg, 180 milliards, Larry Ellison, 163 milliards, ainsi que d’autres ardents fascistes comme Peter Thiel. Des hommes unis dans la lutte contre tou.tes celles/ceux qui ne sont pas comme eux.

Les grandes entreprises du secteur de la technologie, qui veulent remplacer l’État américain par une administration pilotée par l’IA et marquer ainsi le début d’une nouvelle ère de domination, peuvent être attaquées ici aussi. La domination des êtres humains par la technologie marque le début d’une nouvelle totalité, qui ne reculera devant rien. La collecte des données, le contrôle et la manipulation sont les conditions préalables à la normalisation, à la sélection et à l’élimination, comme l’a souligné le Vulkangruppe « NetzHerrschaft zerreißen » [« groupe Volcan – déchirer la domination du réseau », qui a incendié, en mars 2018, des câbles électriques alimentant différentes institutions étatiques, dont l’armée, ainsi que l’aéroport de Tegel ; NdAtt.]. https://de.indymedia.org/node/19680

Notre modeste action ne peut déployer son potentiel qu’au sein de la somme de nombreuses interventions mondiales ayant pour but d’arrêter et d’inverser cette évolution. La liste des lieux que nous avons identifiés montre clairement une chose : la réponse à toutes ces injustices incommensurables, derrière lesquelles se cachent des acteurs dont nous n’avons mis en lumière qu’une petite partie, découverte par hasard, doit entraîner une pratique qui agit à la racine. Au niveau local et international.
Des salutations aux gens de la promenade dans Grunewald ! Nous pourrions encore amener quelques personnes pour leur missile pour Mars. Eat the rich!

Des salutations solidaires aussi à Hambourg, à la manifestation anarchiste du Premier mai « Conquérir des utopies, défendre la vie ». Et à celle « Super-riches ? Supermerde ! »

Liberté pour Maja, Clara, Hanna, Johann, Lina, Luca, Moritz, Nanuk, Nele, Paul, Paula, Tobi, Zaid, Gino, Gabri, Ilaria et tou.tes les autres antifas et anarchistes.

Exproprier les riches – Abolir la propriété
Switch-Off the system of destruction – Pour la vie
Le sabotage en tant que grève
Saboter le mode de vie impérial – Interrompre les chaînes d’approvisionnement.
Ouvrir les frontières – Pour la liberté de mouvement

Vulkangruppe Friede den Hütten…
[Groupe Volcan « Paix aux chaumières… »]

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