Prison de Terni – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Wed, 05 Aug 2026 16:52:24 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Italie – Opération répressive du 16 juin : La détention de Pietro confirmée https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/05/italie-operation-repressive-du-16-juin-la-detention-de-pietro-confirmee/ Wed, 05 Aug 2026 16:52:24 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63521 Continuer la lecture ]]> Piccoli fuochi vagabondi / vendredi 24 juillet 2026

Le juge des libertés et de la détention, appelé à s’exprimer le 23 juillet, a confirmé la détention de Pietro, arrêté dans le cadre de l’opération anti-anarchiste du 16 juin dernier [voir ici ; NdAtt.].
Nous sommes resté.es sans voix.

Alors que toutes les autres personnes arrêtées ont déjà été relâchées, par le JLD de Rome, celui de Bologne (responsable géographiquement) a décidé de garder notre compagnon enfermé !

Nous rappelons que Pietro avait été arrêté avec le chef d’inculpation de « terrorisme de la parole » (art. 270 quinquies, troisième paragraphe, du Code pénal), une infraction crée avec l’avant-dernière loi-cadre sur la sécurité, à cause de quelques brochures saisies pendant la perquisition.

Toni, emprisonné avec le même chef d’inculpation, a été libéré de prison il y a quelques jours [voir ici ; NdAtt.], par le JLD de Rome. Au contraire, Pietro reste encore enfermé, en régime Haute sécurité, à la prison de Terni.

Maintenant, les avocats vont faire recours en Cassation et entre-temps, quand on aura les motivations de cette décision, ils adresseront aussi une requête au juge d’instruction, pour qu’il modifie cette mesure. Mais, dès tout de suite, il faut continuer à lui exprimer notre proximité et notre solidarité !

Écrivons-lui et restons attentif.ves aux prochaines mobilisations.

Pietro Rosetti
C.C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Solidaires de la Romagne

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Italie : Réflexions de Juan Sorroche https://attaque.noblogs.org/post/2024/06/06/italie-reflexions-de-juan-sorroche/ Thu, 06 Jun 2024 18:39:23 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=55752 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / dimanche 2 juin 2024

RÉFLEXION SUR LE CONTEXTE GÉNÉRAL DES CAUSES DE LA LUTTE.
À PROPOS DE MES CONDAMNATIONS ET DES CHARGES DES PROCÈS ET DU LIEN ENTRE LES PRATIQUES D’ACTION DE LUTTE RÉVOLUTIONNAIRE NON-SYSTÉMIQUES ET “MON” SENS DE LA VISION ANARCHISTE

“(…) La réalité est précisément cette chose complexe qui ne peut être réduite aux conclusions d’un procès. Cela sera toujours arbitraire et sera basé non pas sur la preuve mais sur la force, non pas sur la logique mais sur la domination. Un raisonnement difficile ? Peut-être, mais un raisonnement qui, une fois fait, ne s’oublie jamais”.

[Publié sous le titre Noterelle su Sacco e Vanzetti. In margine a un convegno di studi, in “Anarchismo” n° 63, juillet 1989, pp. 36/40]

Alfredo Maria Bonanno, A mano armata, Pensiero e azione, Anarchismo Editions.

En souvenir, un salut chaleureux et à bientôt camarade Alfredo !

NOTE :

Afin de faciliter la rédaction du texte, j’ai choisi d’utiliser principalement le masculin comme désinence de genre. Conscient de l’importance de rejeter et de s’opposer aux préjugés sexistes (quels qu’ils soient), je compte sur la compréhension de ceux qui me liront pour que personne ne se sente discriminé.

Prémisse :

Bonjour à tous, camarades

Je suis Juan Sorroche, prisonnier anarchiste arrêté le 22 mai 2019, et j’écris depuis la section AS2 [1] de la prison de Terni où je suis détenu depuis cinq ans.

Après ma lourde condamnation le 26 janvier 2024 à Rome dans le procès de cassation pour l’action contre la Lega Nord, parti qui a fait et fait toujours partie du gouvernement de l’État italien, un parti fortement raciste, misogyne et xénophobe, en tant que prisonnier anarchiste je voudrais clarifier aux camarades, aux révolutionnaires, aux exclus et aux opprimés le nœud des causes de la lutte pour laquelle je suis ici en prison aujourd’hui en tant que prisonnier anarchiste.

En première instance, bien que le procureur ait abandonné l’accusation de “massacre politique” (art.285 code pénal), j’ai été condamné à 28 ans de prison plus trois ans de mise à l’épreuve. En appel, après l’avoir réduite presque de moitié, ils m’ont condamné à 14 ans et 7 mois. La Cour de cassation, il y a quelques jours, m’a condamné définitivement à 14 ans et 7 mois, une peine significative et exemplaire pour l’attentat.

En premier lieu, je tiens à dire que je suis entré en prison en ayant déjà accumulé environ 8 ans pour mes parcours de luttes en Italie, c’est pourquoi j’ai fui en cavale en 2016 pour continuer à vivre-lutter. De ces 8 ans, 4 ans sont pour le “grand procès NO TAV” [2] devenu définitif. Puis les 4 autres années sont des procès divers liés aux luttes anti-prison et anti-CPR (sorte de CRA Centre de Retention Administrative), anti-fascistes et anti-démocratiques, aux luttes contre les technologies, les OGM, “environnementalistes”, auxquels j’ai participé en essayant toujours d’inclure l’aspect anti-étatique et anti-capitaliste de l’anarchisme dans le Trentin comme dans diverses situations italiennes. Cela incluait la vallée de Susa, une route que j’avais empruntée les années précédentes dans la lutte NO TAV contre l’un des projets du capital et de l’État et le tentacule dévastateur du train à grande vitesse. J’ai été arrêté parmi beaucoup d’autres pour les journées de lutte et les affrontements violents du 3 juillet 2011. Lors du procès et pendant mon emprisonnement à l’époque, j’ai revendiquée par une déclaration personnelle ces journées de lutte et les voies de l’opposition au TGV et plus généralement l’aspect anti-étatique et anticapitaliste. J’ai refusé la défense dans le “grand procès NOTAV”, me positionnant de manière anti-juridique en essayant de me battre aussi en tribunal en refusant le procès, estimant que je n’avais pas à me “défendre” dans ce théâtre judiciaire, et pour cela j’ai été condamné à 4 ans et 6 mois. Et j’assume ces décisions la tête haute.

En mai 2019, après 2 ans et demi de cavale j’ai été arrêté avec un autre camarade. Il était accusé, avec une autre camarade, de complicité de fuite, et puis le camarade a été condamné pour complicité à un an et demi, une peine aussi importante et exemplaire que toutes celles vues depuis des années, et qui nous a prévenus de la nouvelle teneur des procès à venir.

Lorsque j’ai été arrêté, j’ai progressivement pris connaissance d’une série d’enquêtes et de procès dans lesquels j’étais accusé de plusieurs attentats à la bombe (avec intention terroriste) en Italie :

– les engins au siège de la Lega Nord à Trévise pour l’attentat du 12/08/2018, concernant les deux engins explosifs, l’un explosé et l’autre plein de clous découvert par les démineurs sous forme de piège pour attirer les membres du bâtiment et les forces de l’ordre ; ces deux engins ont été placés au siège de la Lega Nord à Trévise et ont été revendiqués avec l’affirmation : ” frappons-les chez eux!!!! : (…) pour attaquer de manière spécifique le racisme et l’exploitation. Frapper l’État, le capital et ses responsables. L’action directe permet de comprendre pourquoi et comment.

Pour une solidarité internationaliste, rebelle et Anarchiste !

Solidarité avec tou-te-s les prisonnier-e-s (…). Et à tou-te-s les rebelles reclu-se-s dans les prisons du monde entier !

Cellule Haris Hatzimihelakis/Internationale Noire 1881/2018″.

– la bombe au tribunal de surveillance de Trente en 2014. Condamné en premier instance à 3 ans et 2 mois, puis acquitté en appel, bientôt en cassation. Révendiqué anonymement : en solidarité et pour donner une voix aux prisonniers qui luttent avec dignité dans toutes les prisons et aux camarades anarchistes qui étaient en isolement dans l’AS2 en Italie et d’autres prisonniers anarchistes dans le monde entier.

– En ce qui concerne le dispositif contre le POL GAI (école de police) revendiqué par la cellule H, je cite quelques esquisses de la revendication publiée :

“(…) en tant que cellule H (C.A.A.) proche de l’Internationale Noire et nous nous joignons à l’appel à l’action pour un DECEMBRE NOIR.

Nous avons attaqué l’un des bras armés de l’État. Des flics de toute l’Italie et d’autres États sont formés dans cette “école”. C’est un petit signal contre la guerre.

Nous sommes solidaires de toutes les personnes qui luttent contre tous les États et le capital.

Nos pensées vont aux nombreux camarades réprimés, emprisonnés, torturés ou assassinés dans le présent et dans le passé.

En solidarité avec tous les prisonniers qui luttent”. Ceci dans le cadre de la campagne lancée par les prisonniers anarchistes en Grèce pour un Décembre Noir, un appel international dans le contexte de l’anarchisme d’action en 2015.

Un procès que j’entamerai prochainement.

À ce jour, j’ai accumulé 23 ans de prison.

Des actions que je partage car pour moi elles font partie de l’histoire de notre mouvement de lutte dans l’anarchisme d’action révolutionnaire non-systémique et de la lutte pour la liberté de tous les opprimés dans le monde. Au-delà de ma responsabilité ou non dans ces faits. Et je suis déterminé à aller de l’avant dans mon être anarchiste pour vivre-lutter dans le cadre de mes possibilités limitées en tant que prisonnier.

– Causes générales de la lutte et le lien entre les pratiques d’actions de lutte révolutionnaire non-systémiques –

“(…) notre éthique n’a rien à voir avec la morale de cette société fondée sur la domination. Mais nous ne pouvons pas laisser nos ennemis parler en notre nom et donc, en fait, parler pour nous. Nous devons plutôt entraver, miner, subvertir le récit du pouvoir, en nous efforçant de le renverser en un discours qui nous soit propre et qui ne perde jamais de vue ce qui nous est cher”.

La solidarité et son fantôme, “les jours et les nuits”

“C’est toujours le présent qui porte un regard transformateur sur le passé. Le passé n’est pas immobile dans un coffre-fort, il est toujours là à la disposition des nouvelles générations, et cela a été dit par un grand intellectuel juif qui était Walter Benjamin, ce sont les luttes du présent qui réactivent les étincelles d’espoir du passé, parce que le passé, dans ses tentatives d’émancipation, d’égalité, d’utopie, est resté inachevé, mais cet inachevé n’est pas enterré pour toujours, il peut être réactivé aujourd’hui. (…)”.

le passé inachevé et le courage nécessaire (extrait d’un discours prononcé sur une place de Trente en février 2024 en solidarité avec le peuple palestinien)

Je considère qu’il est nécessaire de prendre position et de clarifier le sens des causes de la lutte dans l’anarchisme et qui m’ont amené ici en prison pour essayer de renverser la description des autorités et de la transformer en notre propre discours de lutte, étant donné les nombreuses fois où il a été interprété et falsifié par le pouvoir d’État avec tant de rôles dogmatiques qui m’ont été imposés en forçant et en encadrant des rôles, des hiérarchies et des idéologies que je n’ai jamais assumés. Tout comme la signification du partage des pratiques d’action de lutte révolutionnaire dont on m’accuse encore aujourd’hui, et pour lesquelles j’ai déjà été condamné à une peine exemplaire.

Je ne regrette pas d’être un individualiste anarchiste, au contraire, j’en suis fier. Et cela, je le répète, que je sois responsable ou non de ces faits, je continue à partager les actions de la lutte anarchiste contre le capital et tous les états racistes, impérialistes et colonialistes comme l’Italie, ou l’Espagne où je suis né. Je ferai un discours sur les causes générales de “ma” lutte dans l’anarchisme en Italie. Une lutte qui est aussi pour la liberté de tous les opprimés, dont je fais partie. Parce que l’anarchisme d’action et l’anarchisme de « project insurrectionnel » est le mouvement-galaxie dans lequel je suis depuis 25 ans. Dans l’anarchisme d’action, nous avons, que nous le voulions ou non, “politiquement” – socialement nos propres espaces, temps et méthodes créés au cours des années et des années avec notre lutte, la lutte de 150 ans d’histoire anarchiste, ainsi que ses différentes perspectives. J’ai toujours fait attention, j’ai “étudié” en tant qu’autodidacte, ce n’est qu’en prison, à l’âge de 46 ans, que j’ai obtenu mon diplôme de collège, et je dois dire que depuis que j’ai commencé à lire, il y a vingt ans, avec le temps, je me suis rendu compte que je l’ai fait, au début, instinctivement, comme un instrument de prise de conscience de l’homme en révolte ; c’est dire l’importance dans l’anarchisme des théories, des livres, de nos revues, comme instruments de relations et de connaissances expérimentales qui accompagnent la perspective afin de savoir comment diriger l’action.

Je crois qu’il est fondamental de comprendre les méthodologies des expériences passées de l’anarchisme et des expériences révolutionnaires ou des luttes de tous les temps contre toutes les formes d’autorité.

C’est pourquoi, outre ma curiosité naturelle pour toutes les choses de l’univers, j’essaie toujours d’être attentif en reliant les racines fondamentales de notre passée de lutte dans l’anarchisme. Ce qui a toujours été, il faut le dire, une lutte parmi les parias des parias, le lumpen ouvrier, et ce qui est pour moi l’essence de l’anarchisme révolutionnaire non systémique et hérétique. Je crois que les méthodologies de révolte et révolutionnaires du passé sont essentielles à connaître, comme nos racines, afin de grandir et de nous développer dans la praxis aujourd’hui, dans le présent, d’essayer de les faire évoluer continuellement pour le meilleur ainsi que d’essayer à nouveau avec nos possibilités dans l’anarchisme libertaire, une lutte qui est, toujours, contre tout oppresseur autoritaire.

L’État et la répression nous signalent souvent directement, lorsqu’ils nous condamnent de manière exemplaire, que ces actions et en général les actions d’attaque avec leurs causes de lutte restent qualitativement émoussées si elles ne sont pas accompagnées d’une projection et de perspectives libertaires dans la lutte aux côtés des exploités et des forces réelles conséquentes qui doivent être créées.

Mais ce n’est pas toujours lutter côte à côte avec les exploités au sens traditionnel, c’est-à-dire dans le même espace-temps, ce n’est pas seulement se regrouper en s’homogénéisant dans un seul front, mais c’est aussi savoir créer soi-même la lutte avec nos espaces-temps, et dans nos espaces-temps, et aussi savoir respecter les autres espaces-temps dans leurs différentes diversités d’opprimés en lutte contre tous les autoritarismes.

Ce dont nous devons être conscients, c’est que les différentes luttes sont déjà intrinsèquement liées aux différentes luttes anti-autoritaires, qu’elles sont interconnectées à nos besoins communs d’opprimés, d’exclus, et que nous devons apprendre à regarder avec d’autres lentilles, qui ne sont pas les mêmes que celles de cette civilisation. Une vision de conscience claire parce que l’interconnexion réside dans la nature même d’être opprimés et exclus.

Mais attention, je n’oublie pas mes contradictions et mes imperfections. N’oublions pas nos contradictions liées à nos privilèges d’hommes hétérosexuels occidentaux, blancs et cis : l’hétérosexualité n’est pas une faute en soi, mais elle l’est quand c’est la seule voie imposée par l’éducation étatique dès l’enfance qui nous impose ce binaire à sens unique sans nous laisser le libre choix. Tout cela est imposé par la structure familiale, patriarcale, chrétienne, ici en Occident. Et je crois que c’est le premier maillon de la chaîne des privilèges et des oppressions, la base qui maintient la civilisation hiérarchique-étatique en Occident.

Tout comme nous ne devons pas oublier nos oppressions diverses et variées, de genre, de racialisation, de lieu de naissance et de la classe sociale qui en découle. Dans l’économie capitaliste, prêtons une attention particulière à l’intrinsèque travail non-salarié esclavagiste et autoritaire dans la famille, imposés pendant des siècles aux femmes ou à d’autres individualités qui ne correspondent pas aux normes de la société. Ces derniers, en général femmes, plus encore si elles sont immigrées, lesbiennes, trans, ainsi que les homosexuels etc. etc.

Ces personnes devraient être observées, acceptées, confrontées et traitées comme telles dans nos diverses oppressions et privilèges. Je dis “devraient” car il s’agit d’une autocritique, du peu d’attention et de soin que j’ai accordé et que j’accorde encore à ce sujet.

Il est donc urgent de savoir comment créer la non-dualité de la lutte, c’est-à-dire savoir comment créer de soi-même lutte intrinsèquement au soin solidaire de sensibilité, qui est courage et un autre type de paradigme de concevoir la lutte et la sensibilité et la force.

C’est ce que j’appelle conceptuellement :

Mes deux piliers fondamentaux de l’anarchisme qui sont les deux dragons de l’anarchie.

Il s’agit d’une image figurative pour simplifier et essayer de communiquer et d’expliquer des concepts très complexes de la lutte et qui représentent pour moi l’intérieur-extérieur de l’individualité avec l’intérieur-extérieur du collectif dans la lutte anarchiste.

– Le premier dragon a deux visages et est comme le yin et le yang.

Le yin est la destruction fondamentale de cette colonne portante que sont nos privilèges, enracinés en nous, différents et divers.

Le yang est l’aspect créatif et doit être accompagné par la création continue de nous-mêmes avec l’auto-éducation qui est le développement du Moi individuel en l’accompagnant vers l’Être anarchique comme ouverture à la cosmo-vision à l’autre, et à tout ce qui nous entoure en général ; nous, en tant qu’individualité, en sommes une partie inséparable.

Il s’agit donc d’une prise de conscience claire, d’une tension permanente vers la libération. C’est une révolution interne de l’être, et pour moi personnellement, c’est la libération en tant que pratique d’auto-éducation mystico-spirituelle continue.

– L’autre dragon est l’organisation individuelle et collective de l’attaque externe de la structure systémique et oppressive et qui produit les différentes morales sociales et matérielles en tant qu’organisation sociale et destruction de cette civilisation autoritaire et donc la lutte conséquente pour s’organiser pour l’attaque de tout pouvoir hiérarchique et autoritaire.

Ces deux dragons généraux sont en même temps yin-yang et doivent toujours marcher main dans la main avec leur parcours organique d’ensemble dans la perspective d’une libération totale.

Je crois que ce chemin avec les deux dragons est un chemin constant dans toute notre vie de relations de l’ensemble et doit être constamment équilibré et rééquilibré. Il s’agit d’une perspective articulée et organique, de sorte que si nous en isolons ou en supprimons une partie, cette partie est destinée à dépérir parce qu’elle vit une vie aliénée et une vie illusoire, puisqu’elle ne reçoit pas la sève du reste de la plante, c’est-à-dire de tous ces autres facteurs fondamentaux du vivre-lutter.

Et c’est pourquoi j’ai souvent remarqué que, dans la répression d’État, l’État veut manifestement effacer le contexte social et “politique”, couper la sève et naturaliser dans les opprimés qui luttent l’isolement et la fragmentation en nous aliénant. Nous dépolitiser, nous dénaturaliser du contexte social naturel des actions, des luttes, et des parcours des camarades en nous aliénant de nos propres contextes et donc en nous déconnectant conceptuellement aussi des luttes des opprimés dont nous faisons naturellement partie.

Et qu’il est juste de ne pas oublier que ces actions ne sont pas des discours mais des expressions concrètes de pratiques de solidarité de l’anarchisme pour tous les opprimés, les derniers.

L’État est conscient qu’il y a toujours eu cette possibilité incontrôlable de contagion. Il frappe donc en réprimant les rebelles et les révolutionnaires pour prévenir et minimiser ces possibilités incontrôlables.

Sachant, l’État, qu’aujourd’hui en Italie nous n’avons pas de forces révolutionnaires matérielles réelles contre un État infiniment plus puissant. Mais il sait que les objectifs, les nôtres, sont idéologiquement justes, parce qu’ils essaient de créer cette possibilité incontrôlable et contagieuse. Mais les possibilités incontrôlables doivent être créées en attaquant et en combattant concrètement à la racine la violence systémique exercée depuis des siècles et des siècles par les États racistes-colonialistes et capitalistes.

Dans les faits, la direction est la bonne.

Mais nous devons aussi être sincères avec nous-mêmes et conscients que la volonté, les passions de cœur, les idéologies utopiques sont nécessaires et fondamentales. Mais fondamentales et manquantes sont les créations méthodologiques et matérielles, les préparations de praxis des forces objectives et qualitatives réelles, en tant que minorité révolutionnaire anarchiste, pour pouvoir donner une impulsion aux luttes libertaires, être conscients que ces différents aspects sont inséparables les uns des autres. Et c’est la nécessité d’imbriquer l’ensemble des pratiques de lutte, tracts, journaux, occupations, guérilla urbaine et partisane, ainsi que de continuer à affiner les capacités d’analyse et matérielles. C’est ainsi qu’il faut encore et toujours lutter et lutter pour que la disproportion soit renversée par la gymnastique révolutionnaire.

En outre, la propagande de la praxis montre et avertit, dit à tous les opprimés que le temps d’agir est maintenant. Et que la tâche de chaque individualité est de se battre et se battre pour éradiquer précisément ce que nous avons sous les yeux aujourd’hui : les massacres, les génocides des opprimés aux mains du capitalisme et de tout État qui est raciste, impérialiste et colonialiste par nature.

C’est pourquoi, aujourd’hui, la solidarité ne peut qu’aller à la résistance des Palestiniens opprimés qui résistent au colonialisme occidental par la guérilla armée depuis 75 ans.

Car depuis le 7 octobre jusqu’à aujourd’hui, 30 000 personnes ont été tuées sous les bombes en Palestine, dont une majorité de civils, de nombreux enfants massacrés. Sans parler du génocide perpétré par l’Etat israélo-sioniste depuis 75 ans. Avec la complicité du colonialisme capitaliste des États-Unis et des États d’Europe occidentale comme l’Italie. Il s’agit là de racisme d’État systémique.

Tout comme les massacres systémiques constants, intrinsèquement naturalisés à nos yeux, que nous voyons tous les jours en Méditerranée. Ou en Libye avec les grands camps de concentration, comme sur l’île de Lesbos en Grèce, ou en Italie, en France, en Angleterre, en Espagne, et ce pour l’exploitation esclavagiste capitaliste de la main-d’œuvre immigrée dans les campagnes comme dans toutes les villes de l’Occident et dans l’ensemble du monde globalisé capitaliste.

Il s’agit des mêmes corps militaires qui m’ont arrêté, qui me retiennent prisonnier et qui servent à consolider cet État-raciste pour maintenir inchangé leur pouvoir d’exploiteurs. Ils veulent effacer d’un seul coup les niveaux très élevés de racisme social qui existaient lorsque ces actions révolutionnaires ont été menées, comme nous le voyons aujourd’hui en Italie et dans le monde entier, et que tous les États et le capitalisme ont fomenté pendant des décennies. Comme c’est le cas aujourd’hui dans toute la société italienne en la faisant passer pour quelque chose qui est dépourvu de violence, une simple opinion… les États et le capitalisme ont toujours voulu passer sous silence ces questions fondamentales et fomenter la fragmentation, l’isolement, l’aliénation avec l’outil très utile de la guerre et du racisme qu’est la lutte entre nous pauvres et opprimés : diviser pour mieux régner.

Tout cela, nous, Occidentaux, devrons l’étudier, le connaître, parce que nous sommes complices de l’Occident avec ses mouvements coloniaux européens, porteurs de l’inspiration du concept d’extermination et d’élimination des peuples indigènes dans le monde, mes ancêtres espagnols, où je suis né, en savent quelque chose, et nous devrions avoir honte de ce qu’est l’État espagnol.

C’est pourquoi nous devons utiliser les privilèges que nous avons acquis par le génocide et le sang des peuples indigènes exterminés au fil des siècles pour tenter de lutter et lutter contre nos États occidentaux, avec force, contre les idéologies racistes, filles de tous les États, du capitalisme, de l’impérialisme et de tous nos mouvements coloniaux qui ont des racines profondes dans l’Europe occidentale et étatique.

C’est pourquoi, hier comme aujourd’hui, nous devons lutter contre le nettoyage ethnique des opprimés en Palestine en luttant contre nos États occidentaux, ainsi nous luttons contre l’État colonialiste d’Israël dont l’idéologie est le sionisme, qui est intrinsèquement raciste.

Et donc :

“Nous ne pouvons pas parler aujourd’hui de ce qui se passe en Israël et en Palestine sans parler du sionisme, et ce n’est pas un hasard si Israël et ses partisans ont déployé tant d’efforts, dans ce pays comme dans d’autres, pour assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme, de sorte que vous serez réduits au silence. Néanmoins, c’est la seule manière correcte de représenter cette histoire”.

Mais attention, car cette histoire est aussi celle de la lutte et de la résistance des Palestiniens opprimés, et elle doit avant tout être la nôtre, celle des exclus qui luttent dans le monde entier.

“C’est pourquoi nous devons aller aux racines des violences qui découlent d’idéologies précises, d’idéologies racistes, et qui découlent des États-nations occidentaux, du capitalisme, d’où découle également l’idéologie sioniste, à la base de laquelle se trouve l’élimination des indigènes”.

Voici le nœud, le cœur, les causes de la lutte pour laquelle je suis en prison aujourd’hui.

La lutte pour la destruction de tout État, du capitalisme, avec son cortège de guerres, de génocides, de racismes, de sexismes, de patriarcats, d’apartheid, de toutes les prisons, de toutes les cages et de toutes les frontières, ainsi que de toutes les hiérarchies et de tous les autoritarismes, de toutes les couleurs et de tous les types. C’est-à-dire pour l’Anarchie.

Le lien spécifique du prisonnier anarchiste pour essayer de contribuer et de formuler des analyses et des méthodologies en lutte avec la relation des causes de la lutte générale.

“A ce jour, la guerre contre l’ennemi intérieur s’est irrémédiablement superposée à la guerre contre l’ennemi extérieur, dans un même mouvement pour l’accumulation de domination politique, économique et culturelle qui se fait principalement au détriment des populations et des opposants.

Dans ce contexte, la fusion des parquets anti-mafia et anti-terroriste (2015) a généré une machine surpuissante qui se nourrit d’elle-même avec toujours plus d’enquêtes et de moyens à sa disposition pour surveiller de plus en plus de personnes ou faire croire qu’elle le fait, dans le but d’installer la peur et de faire le vide autour de ceux qui sont les plus directement ciblés.

Contre toute distinction entre coupables et innocents, pur arbitraire de l’inquisition démocratique, soutenir les raisons de la révolte et les identités attaquées relève de l’autodéfense collective. Les instruments répressifs de plus en plus durs utilisés à l’encontre de certaines catégories de personnes sont appelés à se développer. L’extension du régime 41bis, l’histoire récente de l’instrument répressif du 270 (association subversive), l’inculpation de Zac [3] pour 270 quinquies (auto-formation), le paquet sécurité, le décret Caivano [4], l’extension de la surveillance et de l’emprisonnement à tous les niveaux, en sont des exemples. Dans ce sillage, les syndicats autogérés sont accusés d’association de malfaiteurs, la lutte des chômeurs organisés devient de l’extorsion, les affrontements de rue sont sanctionnés par la circonstance aggravante camorristique, les publications ou banderoles sont censurées avec l’accusation d’incitation au crime ou d’apologie du terrorisme. Même l’extension des mesures préventives [5] et du dispositif de “surveillance spéciale” – historiquement utilisées pour punir les pauvres, les brigands et les antifascistes – est l’une des nombreuses conséquences de la fusion des appareils antimafia et antiterroristes et de la nécessité de mettre sur un pied d’égalité l’arsenal de guerre contre la criminalité organisée (médiatique, juridique, linguistique) et les dissidents […].

Ce système est historiquement l’expression d’une culture de la suspicion profondément enracinée et de la tendance, depuis la colonisation du Sud de l’Italie, à transformer la question sociale, les idéaux et les luttes en problèmes judiciaro-criminels”.

– Naples, extrait d’un texte diffusé lors de la grève générale du 23 février –

– Surveillance sociale et surveillance spéciale –

Ainsi, comme l’ont parfaitement analysé les camarades napolitains, je crois que c’est le cas de ma condamnation spécifique pour la Ligue du Nord. Il en va de même pour le “nouveau” procès que je suis sur le point de subir pour 280 (attentat terroriste) à Brescia.

Ainsi, ces procès et ces condamnations ne nous affectent pas seulement en tant qu’individus spécifiques, mais surtout en tant que dynamique tactique et stratégique de l’État italien, complice des guerres coloniales en général et spécifiquement de celle d’Israël en ce moment de l’histoire, avec la patrouille stratégique du navire de guerre dans la mer Rouge et la vente massive d’armes à Israël pour le défendre, ainsi que la complicité dans la répression et l’emprisonnement, sur ordre d’Israël en Italie, de trois Palestiniens avec l’utilisation du 270. L’un d’entre eux est enfermé dans cette section de l’AS2 à Terni. Je leur adresse toute ma solidarité.

C’est dans ce cadre que rentrent ces instruments de répression générale avec les ordres pas si voilés de la puissante machine de la Direction Nationale Anti-Terrorisme Anti-Mafia avec des sentences exemplaires en ce moment historique pour l’ennemi de l’intérieur.

Et en particulier pour les bombes au siège de la Ligue du Nord à Trévise. Avec une disproportion de la peine par rapport aux faits et au crime, une peine sans précédent dans les dernières décennies de l’histoire du mouvement anarchiste, avec l’augmentation de la répression et le changement d’interprétation des lois existantes. Comme la loi sur les “massacres politiques”. Comme, pour la première fois, le massacre a été retenu dans la condamnation d’Anna Beniamino et d’Alfredo Cospito, compagnons anarchistes. Je leur adresse toute ma solidarité et mon estime. Disproportionné est un euphémisme.

Il en est de même pour le nouveau procès de la bombe contre le POL GAI (école de police) avec l’adresse et les ordres de la D.N.A.A. pas si voilée derrière la magistrature de Brescia. Un procès qui s’ouvrira prochainement.

Mais je ne veux pas m’attarder uniquement sur le plan de l’analyse technique des procès, cela sera fait, s’ils le voudront, par d’autres camarades et mieux que moi, ou de la répression comme guigne. Je voudrais plutôt faire ressortir le contexte de lutte de cette action spécifiquement à POL GAI dont je suis accusé. Au-delà de ma responsabilité ou non dans ces faits.

Contexte de cette action, qui pourtant est une méthode utilisée dans l’anarchisme depuis longtemps, et qui dans ce cas précis était la campagne de Décembre Noir lancée par des prisonniers anarchistes en Grèce et avec une réponse internationaliste dans tout le monde de l’anarchisme d’action en 2015.

Et que je voudrais rappeler qui avait :

‘En tant que fil conducteur de l’anarchisme et de l’action directe et avait été en mesure d’unir des camarades de Grèce, d’Italie, de Colombie, d’Espagne, de Suisse, de Hollande, du Royaume-Uni, d’Allemagne, du Mexique, du Chili, d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Canada, des États-Unis, de l’Uruguay, d’Australie, du Pérou, de l’Équateur et de Belgique à travers de nombreuses actions à multiples facettes. Textes de camarades emprisonnés, actions de contre-information et de propagande, banderoles dans les ailes des prisons, manifs militantes et affrontements avec la police, incendies, bombes et vandalisme contre des cibles ennemies, initiatives dans les squats et les centres sociaux, publication d’ouvrages anarchistes décrivant des expériences insurrectionnelles et d’action directe, manuels et analyses théoriques de différentes visions, tous ont contribué à leur manière unique à un front polymorphe de lutte organisée de manière informelle qui internationalise les expériences et passe à l’attaque.

Nikos Romanos, “I attack, therefore I am”.

Et c’est en fait le contexte réel qui a été une contribution de l’anarchisme d’action vivant et qualitatif. Au-delà de ce que dira et dit le pouvoir judiciaire de Brescia, qui veut seulement décontextualiser et dépolitiser cet ensemble d’actions de lutte légales et illégales et qui n’ont aucune importance hiérarchique pour ceux qui ont contribué à l’appel de Décembre noir et que l’action à POL GAI à Brescia en fait partie. C’est ainsi.

Tout comme on veut décontextualiser et dépolitiser mon anarchisme, étant donné les nombreuses fois où la magistrature l’a interprété et falsifié dans les différentes enquêtes et instances judiciaires, comme la “nouvelle” enquête et le procès de Brescia, avec les nombreux rôles dogmatiques qu’elle m’a attribués, parce que, premièrement, je ne suis pas un anarcho-insurrectionnaliste, comme ils le répètent constamment, et je rejette cette figure et ce concept parce qu’ils sont imposés par les différents parquets dans différents procès comme faisant partie d’une catégorie à généraliser et à unifier à volonté pour mieux orienter les enquêtes de la magistrature et de la D.D.N.A.A. Je suis un anarchiste individualiste, et ce ne seront certainement pas les parquets à me catégoriser dans une étiquette stigmatisée pour leur propre bénéfice.

Et c’est ce qu’ils ont fait encore et encore, en interprétant à leur plaisir les différents numéros de la revue apériodique “Beznachalie” qu’ils ont pris comme preuve, ils font cela en continuation, en interprétant et en déformant les textes.

Il s’agit d’ailleurs d’un apériodique public, et non clandestin, occulte ou louche, comme ils veulent le faire croire pour créer un climat de suspicion, et que j’ai toujours revendiqué avec fierté comme faisant partie de mes propres idées et comme un moyen de propagande libre et autoproduit. C’est ainsi que j’ai écrit publiquement dans l’apériodique n° 9, partageant frontalement la méthode et la campagne de Décembre Noir en 2016.

Un appel qui est toujours une méthode-outil valide, une méthode qualitative, et qui fait partie de l’ensemble du mouvement d’action anarchiste.

Précisément, il s’agit d’une méthode d’articulation de tous ceux du mouvement Anarchiste qui la partagent, pas un label ou un acronyme, comme la magistrature et la D.N.A.A. veulent le faire passer, en m’adossant des rôles et des hiérarchies dogmatiques jamais partagées.

Ces réflexions partent toujours de l’autocritique. Je veux ainsi dire clairement et fermement ce que je pense et ce dont je suis convaincu, mais, honnêtement, je ne suis pas intéressé à affirmer nécessairement mes propres raisons.

Mais je crois qu’en lançant des discussions, des propositions et des appels, spécifiques ou généraux et qui devraient déboucher sur des actions multiformes, il s’agit de discussions, de propositions et d’appels vivants, et il est important d’en discuter entre camarades. Il faut donc se rappeler que tous les camarades qui se reconnaissent sont du même bord, donc pas des ennemis, sinon à quoi bon discuter ou faire des choses ensemble ?

JE crois que lorsqu’il a été décidé d’avoir des discussions, des propositions et des appels, il serait très opportun et conseillé de nous dire clairement ce que nous voulons obtenir de ces discussions, propositions et appels, et les raisons pour lesquelles nous prenons en charge l’articulation de manière informelle dans l’anarchisme d’action. Tout comme je crois aussi que pour commencer les discussions et les propositions, il serait bon d’être clair en perspective, ce qui signifie simplement penser d’abord aux différentes problèmes que nous pouvons trouver, ou à beaucoup d’autres choses qui pourraient être utiles, ou sur quoi et quelles actions nous ne sommes pas d’accord.

Ou pourquoi : “si les camarades ne devaient être défendus que dans les limites du mouvement anarchiste international, en ne faisant de la propagande que sur les motivations des anarchistes et en n’acceptant que les forces étrangères désireuses de rester dans les limites de ces motivations” (Alfredo Maria Bonanno).

Je pense qu’il faut d’abord procéder ainsi par souci de logique, et que l’on évitera bien d’autres problèmes inutiles. Ensuite, je crois qu’en dehors de ce que souligne Bonanno, qui pour moi est bien en général, pour les camarades anarchistes et en particulier si l’on n’est pas d’accord avec les actions ou les propositions d’actions qui ont conduit les camarades en prison. Cependant, si l’on est politiquement d’accord avec les luttes et les actions dont ils sont accusés, je crois que l’on devrait rappeler les causes pour lesquelles les camarades sont en prison ; certainement si l’on est d’accord. En outre, je crois que c’est nous, anarchistes, qui devons tenir fermement notre boussole et nos projets anarchistes de praxis et le gouvernail droit de l’action directe et de la rupture contre toute autorité et ne pas nous laisser porter par les différentes vagues. Ceci étant clair, il est évident que les réformistes joueront les réformistes et que le monde de la presse et du show-business fera de nous un spectacle sensationnel et grossier, et nous occultera probablement de manière spectaculaire, même lorsque nous serons sur toutes les télévisions du monde ; c’est cela le spectacle, c’est cela la fiction, c’est cela l’illusion. Mais est-ce que nous, anarchistes, devrions nous soucier de cela ? Pas si notre projectualité anarchiste et révolutionnaire nous est claire et que nous la poursuivons, parce que les forces réelles sont tout à fait différentes. Sinon, comment pensons-nous nous situer dans une révolte plus large ou dans une insurrection et dans la révolution ?

Il faudrait donc s’interroger et s’interroger sur ces propositions, mais d’abord entre camarades :

“si les anarchistes font tout ce qu’ils peuvent pour élargir leur propagande, pour impliquer le peuple, pour se faire entendre du plus grand nombre, comment alors, lorsque l’occasion se présente, ne pas accepter la collaboration de forces politiques et intellectuelles dont on sait très bien où elles veulent aller ?

Comment sortir du dilemme ? De façon simple, en partant toujours de la thèse que pour nous le fait technique est secondaire, et que si des camarades sont accusés, emprisonnés et dans certaines occasions, même exécutés, cela arrive seulement et parce qu’ils sont anarchistes, indépendamment du fait objectif qui constitue élément de débat du procès mais qui pour nous, révolutionnaires, n’a qu’un intérêt marginal. Nous ne devons jamais perdre ce point comme élément central de la campagne de défense politique” (Bonanno).

Mais en même temps, nous devons avoir notre autonomie au sein de l’anarchisme pour ne pas subordonner nos perceptions à une structure centralisée. En assumant les propositions et les appels, comme méthode et donc aussi comme l’espace-temps, c’est ainsi que nous soutenons tout ce qui est développement d’initiatives individuelles et de divers collectifs et groupes, afin que la créativité individuelle et collective des camarades puisse se développer de manière inventive et informelle. Ce faisant, on n’est pas soumis à une quelconque volonté d’une tendance politique. Et la tentative de créer des bases, en tant que camarades, avec une coexistence saine entre les diversités de l’anarchisme d’action et d’essayer d’avoir un approfondissement entre les différentes perspectives dans l’anarchisme. En s’efforçant et en reconnaissant la contribution sincère de toutes les différentes visions de la lutte. Tel devrait être pour moi l’objectif.

Aux camarades, je dis que c’est une méthode d’articulation qui aurait l’intention de créer des relations de lutte pour être capable de reproduire des outils méthodologiques de manière réfléchie et de suivre les luttes de manière constante et assidue. Et n’abandonnez pas les chemins et les situations auxquels même d’immenses vendettas sont promises en paroles, et je dis en paroles par expérience parce que ces promesses, vendettas et chemins tombent presque tous dans le vide après le moment d’excitation momentanée, et lorsqu’une certaine période de temps s’écoule, alors malheureusement viennent d’autres promesses et appels momentanés de “mode” et d’excitation. Et le chemin précédent tombe dans le silence absolu avec ses promesses et ses vengeances. Et attention, je fais mon autocritique. Et nous suivons continuellement, de-ci de-là, les luttes du moment d’urgence, sans véritable continuité.

Je pense qu’il suffirait d’avoir l’intelligence d’inclure celles qui ont commencé et de les relier par un fil conducteur aux causes générales de la lutte et aux luttes de nécessité qui viennent s’ajouter dans l’instant, pour éviter une déperdition d’énergie et aussi pour la perspective et la continuité. Comme c’est le cas, par exemple, avec le silence assourdissant depuis quelques mois en ce qui concerne le parcours et la question de la rétrogradation d’Alfredo du 41bis, contre le 41bis et l’abolition de la prison à vie, parce qu’il y a une autre nouvelle urgence. Et attention, je ne dis pas que ces nouvelles urgences ne sont pas à suivre, ou qu’il n’est pas bon de s’engager, au contraire. Mais… je crois que nous devrions rechercher de manière réfléchie les bons outils méthodologiques, tels que les méthodes utilisées dans les luttes mentionnées, afin que ces caractéristiques puissent émerger lorsque nous décidons de toutes les campagnes d’action autonome. Et il serait bon que cela ne soit plus basé sur les urgences des grèves de la faim des prisonniers, mais sur les luttes et les questions qui sont nées et ont été décidées collectivement pour utiliser ces méthodes. De cette façon, nous aurions la possibilité de les développer en suivant nos propres rythmes et non les rythmes de l’urgence et donc des circonstances et le rythme que nous donne l’État, et ainsi essayer d’intensifier le conflit avec un fil conducteur et une perspective.

Cela c’est pour moi d’essayer en pratique de lancer des perspectives d’action dans le concret, ouvertes et multiformes pour tous les anarchistes d’action et les opprimés qui veulent lutter, d’essayer de s’articuler et de s’organiser de manière informelle avec d’autres anarchistes et non-anarchistes.

Je crois que laisser l’espace ouvert aux actions multiformes et à toutes ces différentes individualités anarchistes devrait empêcher qu’ils deviennent la “propriété privée” d’une tendance anarchiste spécifique, ou une pratique anarchiste spécifique exclusive de telle ou telle tendance. Au contraire, elles devraient devenir des méthodologies et des outils pour tous les camarades qui veulent transformer l’anarchisme d’action en une véritable contre-action contre le système.

Et ces méthodes ont été utilisées dans la grève d’Alfredo, pour la fermeture de la section de l’AS2 à L’Aquila [6], ou pour l’appel à un Décembre Noir. Cet outil méthodologique était en fait un lien de communication entre les différentes pratiques anarchistes locales et internationalistes. C’est cela qu’il faut analyser et savoir réutiliser… toutes les pratiques : analyser-essayer-savoir-reutiliser en fonction de leurs qualités et de leur utilité. De plus, on a réussi à l’étendre à des composants non anarchistes. Et cela, de mon point de vue, c’est positif.

Pour moi, il s’agit donc de créer ces outils méthodologiques relationnels. Et en pratique, dans les luttes mentionnées, il y a eu, à chaque fois différemment, la coexistence créative de camarades d’origines et de conceptions idéologiques différentes et donc, en fait, le dépassement dialectique des tendances. Comme le dépassement de l’enlisement dans la seule théorie et de l’impasse sclérosante de la course constante derrière les émergences. Mais, camarades, nous devons en fait essayer de surmonter et de créer des dynamiques différentes et inverses à la “culture” et à l’environnement qu’il y a dans l’anarchisme, comme l’enracinement de ghettos et de différentes paroisses idéologiques avec l’environnement raréfié, parce que rien de positif ne sort de cette façon. Telle est ma volonté. Et je crois que ce devrait être la volonté des camarades qui veulent lutter dans l’action anarchiste en tant que minorité anarchiste et révolutionnaire non systémique, qui ne veulent pas s’enfermer dans le dogmatisme, et qui essaient de changer et de créer un nouveau paradigme à partir de la base.

Tout comme je crois qu’il est important de changer l’approche de la destruction de la distinction entre légal et illégal en tant que conception hiérarchique de ce que l’on fait ou de ce que les autres font. De manière à ne pas juger ou protéger a posteriori telle ou telle forme d’action. Et donc la réalisation pratique d’une perception naissante pour que les hiérarchies des moyens de lutte soient éliminées, mais par la praxis, l’action, dans la diversité de l’anarchisme. Pour que chaque individualité puisse être dans la diversité, une partie de la totalité de l’anarchisme d’action. Et non la polarisation continue de l’anarchisme d’action.

J’aime cet outil méthodologique parce que, en plus d’être utile et qualitatif, dans la pratique il a des caractéristiques d’ouverture et d’inclusion, il n’est pas pour une tendance exclusive de l’anarchisme, qu’elle soit nouvelle ou ancienne, au contraire, il le laisse ouvert à ceux qui ont choisi d’assumer la complexité de tels appels et propositions afin que chacun puisse agir selon les conditions qu’il veut et de la façon dont chaque individualité et collectivité choisit de le faire. Pour moi, c’est cela l’informalité. Pour moi, c’est la base de l’horizontalité de l’anarchisme. Et cela n’est pas synonyme de ne pas avoir de discussions animées ou de ne pas critiquer de manière constructive, même de manière virulente. Il faut aussi être conscient qu’on ne peut pas tout homogénéiser, il faut aussi choisir avec qui, pourquoi et comment : “parce qu’un mouvement, même révolutionnaire, a ses propres besoins de développement, certaines divergences d’opinion, certaines réserves légitimes, qui ne peuvent pas être mises de côté d’un seul coup” (A.M.B.).

Et nous savons comment le faire, comme nous l’avons expérimenté dans diverses luttes spécifiques, ou générales comme l’était l’appel d’Alfredo. Pour L’Aquila, pour la fermeture de la section de l’AS2 et pour Décembre noir.

Bien que dans la diversité des contextes et des objectifs spécifiques, c’est la même méthode qui a été utilisée en Grèce, celle d’une poignée de prisonniers soutenus par une assemblée de camarades qui a conduit à l’abolition des prisons spéciales, à la réduction de la loi contre la « dissimulation du visage »” lors des manif et à la loi sur l’ADN. Ce n’est pas rien. Pourtant, certains camarades n’ont pas manqué de souligner les limites, toujours présentes aujourd’hui, de cette méthode. Je crois qu’il faut affiner la méthode : pas les limites. Et sortir de l’urgence habituelle, et être capable de reproduire différents outils méthodologiques de manière réfléchie.

Je crois que c’est encore une bonne direction méthodologique à articuler, et nous l’avons fait plus d’une fois de manière pragmatique dans une coexistence créative de camarades avec des origines et des positions idéologiques différentes et avec des conceptions différentes de l’anarchisme de praxis. Et le résultat, dans le positif comme dans le négatif, qu’on le veuille ou non, est le résultat de tous ces anarchistes qui ont voulu lutter ensemble dans la diversité pour créer cela. Mais attention, ce sont les forces réelles que nous avons pu créer et mettre en œuvre, ni plus ni moins. Et je crois que c’est à partir d’elles qu’il faut repartir, les analyser, les affiner, et enfin les reproduire méthodologiquement pour les augmenter qualitativement.

En tant que prisonnier :

“Dans les heures interminables de la dimension morte et désolée de la prison, nous essayons souvent d’analyser les données qui concernent les réalités extérieures, malgré le peu de stimuli qui nous parviennent. Observer, analyser, utiliser et surveiller les événements qui se déroulent dans une dimension spatio-temporelle parallèle est une condition qui ne doit pas être traitée de manière circonscrite, mais plutôt avec des efforts constants pour se connecter avec des camarades hors des murs qui mènent leurs propres luttes contre l’autorité”.

Nikos Romanos, “J’attaque donc je suis”

C’est pourquoi, en tant que prisonnier anarchiste, avec mes limites, je continue à lutter – vivre par la pensée et l’action. En étant conscient que mes analyses et mes observations sont toujours filtrées par le trou de la serrure de la cellule de prison et qu’elles peuvent facilement être induites en erreur par les limitations imposées par l’isolement carcéral.

Mais cela ne veut pas dire que nous cessons d’essayer de faire des analyses ou de nous efforcer de nous connecter à nos camarades et aux différentes luttes. Mais sans une continuité d’échange réciproque, d’approfondissement entre l’extérieur-intérieur et l’intérieur-extérieur, les débats relationnels de fait stagnent et les camarades restent en dehors des chemins et des discussions, et les liens et les connexions avec les camarades intérieur-extérieur et extérieur-intérieur ne parviennent pas à contribuer et à formuler des méthodologies. Je crois que ces outils méthodologiques de connexion avec les camarades sont nécessaires.

Solidarité avec les prisonniers palestiniens emprisonnés par les États bellicistes d’Israël et la complicité de l’Italie.

Solidarité avec la résistance des Palestiniens opprimés qui résistent au colonialisme d’Israël et de l’Occident par la guérilla armée depuis 75 ans.

Solidarité avec ceux qui luttent contre le racisme, le colonialisme, l’apartheid et la guerre qui commence ici.

Solidarité avec les antifascistes en Hongrie.

Solidarité avec mes camarades jugés pour la manif au Brenner.

Solidarité avec nos camarades Monica Caballero, Francisco Solar et Marcelo Villarroel.

Solidarité avec Juan Aliste, Joaquin Garcia et Juan Flores.

Solidarité avec les camarades emprisonnés au Chili, en Grèce, en Russie, en Biélorussie et en Ukraine, solidarité révolutionnaire !

Solidarité avec les prisonniers Mapuche !

Déclassification d’Alfredo Cospito du 41bis

Solidarité avec Alfredo et Anna.

Contre le 41bis qui anéantit les prisonniers enfermés.

Solidarité internationale avec les prisonniers de la lutte sociale dans le monde entier.

“Nous devons lutter et lutter pour que la disproportion soit écrasée”

pour la propagation des pratiques de solidarité révolutionnaire !

Et, quelle que soit la voie empruntée, toujours avec le cœur et pour l’anarchie !

18/03/2024
Prison de Terni AS2
Juan Sorroche

 

1 Alta Sicurezza, Haute Sécurité, régime spécial de détention pour les détenus considérés particulièrement dangereux, il y a des différentes groupes selon le type de crime : mafia, drogue, terrorisme. L’Alta Sicurezza est quand même un régime moins restrictif du 41 bis. [NdT]

2 Procès à 53 camarades pour les deux journées de révolte contre le TAV en Val di Susa du 27 juin et 3 juillet 2011. [NdT]

3 Camarade de Naples accusé d’avoir attaqué le Consulat grec en 2021, dans le contexte de la campagne de solidarité avec le prisonnier révolutionnaire Dimitris Koufontinas, à l’époque en grève de la faim. Après un an de prison an AS2 à Terni, il est aux arrestations domiciliaires depuis mars 2024. [NdT]

4 Loi du décembre 2023 qui a durci la répression à l’envers des mineurs. [NdT]

5 Les “misure di prevenzione“, parmi lesquelles la plus grave est la surveillance spéciale, sont des mesures restrictives de la liberté personnelle octroyées sur la seule base de la dangerosité sociale. [NdT]

6 En 2019 dans la prison de L’Aquila une section de AS2 féminine a été ouverte pour trois camarades anarchistes et une prisonnière musulmane. Etant donné que dans la même prison il y a une section de 41 bis, les conditions de détention étaient plus dures que dans d’autres section de AS2. Les camarades ont entamé une grève de la faim qui est durée plus d’un moi, suivies par des camarades reclus dans d’autres prisons et, à l’extérieur, les camarades ont fait plusieurs actions contre cette nouvelle section de AS2 qui a été enfin fermée. [NdT]

 

Mise à jour du 24 septembre : cliquer pour télécharger ce texte mis en page.

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Italie : Zac aux arrestations domiciliaires ! https://attaque.noblogs.org/post/2024/03/13/italie-zac-aux-arrestations-domiciliaires/ Wed, 13 Mar 2024 20:03:49 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54761 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / mardi 12 mars 2024

Un an après son arrestations, ce matin, pendant une audience du procès de Zac, le collège de la Cour d’assises de Naples a donné un avis favorable à la requête d’être transféré aux arrestations domiciliaires, présentée il y a quelques jours par son avocat.

Il a pu rentrer chez lui par ses moyens et il pourra voir ses colocs et les personnes qui le soutiennent.

 

Note d’Attaque : en plus du procès en cours pour un incendie criminel contre le consulat grec en 2021 (pendant la campagne de solidarité avec le prisonnier révolutionnaire Dimitris Koufontinas), Zac risque d’être soumis à une mesure de surveillance spéciale pendant deux ans et demi à partir de quand il sera libéré. L’appel de cette décision administrative a été fixé pour le 7 mai.

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Prison de Terni (Italie) : Des mot de solidarité des prisonniers anarchistes https://attaque.noblogs.org/post/2023/08/28/prison-de-terni-italie-des-mot-de-solidarite-des-prisonniers-anarchistes/ Mon, 28 Aug 2023 19:16:15 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=51890 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / samedi 26 août 2023

Des mots de solidarité de la part des prisonniers anarchistes dans la section Haute sécurité 2 de Terni, en réponse aux mots des prisonnier.es anarchistes et subversif.ves en lutte dans les prisons chiliennes

 

« Ta lutte est notre lutte, chaque geste contre ce monde porte ton empreinte…
parce que nous sommes une seule meute, qui n’oublie jamais les siens et les siennes,
peut importe où nous nous trouvons »
lettre ouverte de Marcelo Villarroel, 14 septembre 2019

– Solidarité internationaliste pour la fin de la condamnation et pour la libération du camarade Marcelo Villarroel Sepulveda, arrêté en Argentine en 2008, après qu’il ait passé presque 16 ans en prison. En même temps que l’anniversaire des 50 ans du coup d’État militaire de Pinochet au Chili, voulu et crée par l’impérialisme nord-américain, comme aujourd’hui en Ukraine, le compagnon est condamné par la justice militaire, legs de Pinochet. Aujourd’hui ils appliquent cette aberration juridique, qui coexiste confortablement avec la démocratie du consensus de l’État chilien, gouverné aujourd’hui par la gauche de Boric. Démocratie et fascisme réactionnaire sont les deux faces d’une même pièce, des instruments de l’État impérialiste.

– Solidarité face au début du procès contre les compagnons Mónica Caballero et Francisco Solar, la vengeance de la domination étatique ne s’arrête pas, contre ceux qui passent à l’offensive, en attaquant son intouchabilité et son impunité.
– Solidarité avec le camarade Juan Aliste Vega, lui aussi condamné par la justice militaire de Pinochet, et avec le compagnon Joaquin Garcia Chancks.
– Solidarité pour le déclassement du 41-bis de l’anarchiste Alfredo Cospito. Contre le 41-bis, tout le monde dehors, et pour l’abolition de la peine de réclusion à perpétuité.
– Solidarité avec la compagnonne Anna Beniamino et avec Alfredo Cospito, condamnés, dans un procès politique, avec l’accusation exceptionnelle de l’article 285 du code pénal, massacre contre la sûreté de l’État, communément appelé massacre politique ; c’est la première fois que cet article est utilisé de cette manière, en Italie : un massacre sans massacre, contre l’ennemi interne. L’article 285 du code pénal, massacre contre la sûreté de l’État, n’a même pas été appliqué pour les massacres qui ont été commis dans ce pays : piazza Fontana, la gare de Bologne, piazza della Loggia, à partir des années 70, dans l’ainsi-dite stratégie de la tension, des massacres accomplis par l’État italien, mais, comme le coup d’État de Pinochet, voulus et crées par l’impérialisme nord-américain, dans sa lutte pour garder le monde sous sa houlette.

Ici en Italie, les anciens instruments de contre-insurrection sont aiguisés, en réutilisant des chefs d’inculpation et des dispositifs développés par le Royaume d’Italie, comme les délits d’« ordre public » qui ont ouvert la voie à tout cela, comme celui de « dévastation et pillage », avec des décennies de prison pour avoir participé à des manifestations avec des affrontements ; ou la « surveillance spéciale », pas besoin de délits pour finir enfermés chez soi ; tout comme les délits utilisés à tout va, comme l’art. 414, provocation aux crimes et aux délits, qui comprend la presse clandestine, les discours tenus en public, les tracts etc. ; et l’art. 280 du code pénal, « attentat terroriste » ou encore, justement le « massacre politique » dont on a déjà parlé.
Mais il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui plus que jamais cela est lié au cadre du développement capitaliste mondial, à la guerre impérialiste et à la guerre préventive contre ses ennemis internes, peu importe s’ils ont été construits à dessein ou pas. Faute de quoi, la machine reste sans chair pour les régimes de détention spéciaux et pour le régime en général.
Lancer un appel pour lutter spécifiquement pour la libération de Marcelo et la fin de la condamnation de la justice militaire chilienne et pour essayer d’attirer l’attention sur les différentes condamnations exemplaires de nombre de compagnons, à niveau international ou local, utilisées comme avertissement vers ceux qui luttent, c’est le fil qui nous relie à la lutte contre l’avalanche de mesures répressives, au niveau mondial.
C’est pourquoi nous faisons appel à la solidarité des personnes affines, à travers le monde, avec leur créativité comme seul limite.
Que cela soit clair, nous n’avons aucune confiance dans les institutions, mais cela ne signifie pas que nous n’utilisons pas l’instrument des requêtes partielles pour améliorer nos conditions, en tant que prisonniers, ou pour la libération de certains d’entre nous.
La radicalité de nos luttes doit être garantie aussi dans le cas de requêtes partielles, comme le déclassement d’Alfredo, pour que l’on ne perde jamais de vue les objectifs que nous pouvons et devons nous donner avec les raisons sociales de notre action anarchiste. La radicalité de l’action, de la propagande, de l’agitation, en utilisant toujours comme boussole et comme poids sur la balance notre éthique antagoniste anarchiste, avec ses contradictions, et en refusant complètement toute manœuvre qui puisse arriver de la domination et que nous ne trouvons pas claire selon nos principes. Voici quelques anticorps pour réaffirmer que notre lutte est pour la destruction de l’autorité. De manière à ne pas être assimilés au réformisme, compatible avec l’autorité.
Unir nos forces, pour soutenir à chaque fois des instances partielles, en incluent un regard de perspective et de critique du système de la domination étatique-capitaliste. Nous pensons que cela soit une bonne manière pour retrouver et découvrir nos capacités dans le conflit. Nous ne pensons pas que la prison soit le cœur de la lutte, les raisons qui, en tant qu’anarchistes, nous y ont portés, par contre, si.
Il faut éviter de disperser les énergies durement rassemblées, mais poursuivre les chemins qu’on a entamé et élargir les espaces de notre action. Conscients que, si l’on pratique la solidarité comme méthode, aussi pour des objectifs partiels, comme celui de la libération de nos compagnons, ces luttes peuvent nous permettre de faire des sauts qualitatifs, nous pousser toujours un peu plus loin, en mettant en avant notre éthique. Le refus de tout compromis, comme cela a été fait pour la lutte d’Alfredo, pour celle d’Anna dans l’AS2 de L’Aquila, pour Giannis dans les prisons grecques, etc.
Pour nous permettre de faire quelques pas vers la destruction de toutes les cages.

LIBERTÉ POUR MARCELO VILLARROEL !
SOLIDARITÉ AVEC NOS COMPAGNONS MÓNICA CABALLERO ET FRANCISCO SOLAR, EN VUE DE LEUR PROCÈS !
SOLIDARITÉ AVEC JUAN ALISTE, JOAQUIN GARCIA ET JUAN FLORES !
NOUS AVONS SUIVI AVEC ATTENTION LA SITUATION DES COMPAS EMPRISONNÉ.ES DANS LES PRISONS DE SANTIAGO 1 ET SAN MIGUEL, SOLIDARITÉ RÉVOLUTIONNAIRE !
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS MAPUCHE !
SOLIDARITÉ AVEC LES COMPAGNONS ALFREDO, ANNA, POLA, NIKOS, FOTIS, SPIROS, DIMITRIS, THANOS, TOMAS, TOBI, CLAUDIO, DAVYD, PASKA, DAVIDE, MAURO, STEFANO, RUPERT, ANDREA, GEROGES IBRAHIM ABDALLAH, MUMIA ABU-JAMAL, ERIC KING, RODRIGO LANZA, SOLIDARITÉ AVEC LES COMPAGNONS DE BEZMOTIVNY !
SOLIDARITÉ AVEC LES COMPAS EMPRISONNÉ.ES EN RUSSIE, EN BIÉLORUSSIE ET EN UKRAINE, AVEC LES PRISONNIERS DE TURIN QUI ONT CONTESTÉ LA VISITE DE NORDIO [le ministre de la Justice italien ; NdAtt.], APRÈS LA MORT DE DEUX PRISONNIÈRES.
POUR TOU.TES LES PRISONNIER.ES DE LA LUTTE SOCIALE, À TRAVERS LE MONDE !
UNE ACCOLADE SOLIDAIRE AU COMPAGNON BORIS ! ET AUX COMPAGNONS QUI SONT EN CAVALE !
NOUS SOMMES RAVI D’APPRENDRE DE LA LIBÉRATION DES COMPAS GABRIEL, GIANNIS, IVAN ET GREG !
EN SOUVENIR DE SEBASTIAN, PUNKY MAURI ET BAU !

Prison de Terni, AS2
Juan Sorroche et Marco Martino « Zac »
21 août 2023

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Italie : Contre le 41 bis, solidarité révolutionnaire avec l’anarchiste Alfredo Cospito https://attaque.noblogs.org/post/2022/05/08/italie-contre-le-41-bis-solidarite-revolutionnaire-avec-lanarchiste-alfredo-cospito/ Sun, 08 May 2022 19:32:32 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=49721 Continuer la lecture ]]> reçu par mail / samedi 7 mai 2022

Jeudi 5 mai, l’anarchiste emprisonné Alfredo Cospito a été informé qu’on lui avait imposé le régime de détention 41 bis. Actuellement, Alfredo est encore déténu dans la prison de Terni, dans la section préposée à ce régime de détention. Nous ne savons pas si cette destination est provisoire et si elle sera suivie par un transfert dans une autre prison ou pas. Le décret qui lui impose le 41 bis a été émis, comme la loi le prévoit, par la ministre de la Justice Marta Cartabia, déjà présidente de la Cour Constitutionnelle. On rappelle, très rapidement, que le régime de détention régit par l’article 41 bis est particulièrement dur et que, dans le but d’empêcher toute forme de communication, il prévoit l’isolement, l’interdiction de tout moment en commun entre détenus et de toute activité interne à la prison, le silence, la censure du courrier, une heure de parloir par mois, séparés par une vitre par un interphone et avec l’enregistrement des dialogues, dix minutes d’appels téléphoniques par mois avec une membre de la famille qui a reçu une autorisation et qui est obligé d’appeler à partir d’une caserne des Carabinieri. Les détenus ont l’interdiction de recevoir des journaux et des livres, la majorité du courrier est bloqué de manière préventive, à cause de ses contenus et en plus ils n’ont pas la possibilité d’acheter des journaux et ils ont des fortes limitation quant aux objets qu’ils peuvent garder dans leur cellule (il y a un nombre maximale de livres, d’habits, de nourriture, de papier et de stylos).

Ce n’est pas la première fois que ce régime de détention est appliqué à des révolutionnaires : en 2006, quatre prisonniers des Brigate Rosse ont été enfermés dans des telles structures (l’une d’entre eux, Diana Blefari, s’est suicidée en octobre 2009, peu après qu’on lui avait enlevé le 41 bis). Il s’agit là d’un précédent qui, malgré les mobilisations à ce sujet, n’a pas encore été effacé.

En ces premières heures de rage, nos devons nous arrêter sur deux points.
D’un côté, nous prenons acte de l’attaque personnelle, physique, contre un compagnon anarchiste qui, au cours de ces dernières dix ans d’emprisonnement, n’a jamais baissé sa tête : un compagnon qui a revendiqué la tête haute le fait d’avoir tiré dans les jambes du PDG d’Ansaldo Nucleare, l’ingénieur Adinolfi. Le fait que l’État n’a pas réussi à isoler Alfredo ni à faire taire sa contribution révolutionnaire, a été une épine dans le pied pour la magistrature et la police. Cela a mené, ces dernières années, à d’autres mesures répressives à son encontre, comme la censure de son courrier et la notification, en prison, d’un mandat d’arrestation pour l’opération Sibilla, le 11 novembre dernier ; une opération par laquelle les forces répressives ont essayé de faire disparaître un journal et des publications qui, au fil des années, ont publié les articles et les contributions de ce compagnon. Nous devons faire ressentir à Alfredo la solidarité d’un mouvent qui n’est pas dompté, qui ne l’a pas oublié, qui ne le laisse pas seul ; nous devons faire en sorte que cette solidarité rompe les interdits et brise l’isolement.
De l’autre côté, nous voyons là un précédent contre le mouvement anarchiste dans son ensemble. Il nous faut une mobilisation internationale efficace, qui fasse payer à l’État italien le prix de son choix. En d’autres termes, ce précédent ne doit pas passer.

Cependant, la lutte révolutionnaire est toujours un pas en avant par rapport à l’ambiguïté du droit et elle porte avec soi de la clarté. Cela est démontré par le actions menées contre la tentative de rapprochement vers le 41 bis, qui s’est manifestée en particulier en 2019, avec le transfert de la section AS2 [Haute sécurité 2, la section destinée aux prisonnier.e.s politiques dans les prisons italiennes ; NdAtt.] de la prison pour femmes de l’Aquila. Face à au rideau d’isolement que l’État veut faire tomber sur Alfredo, il faut réaffirmer la solidarité en tant que nécessité constante dans la communication entre révolutionnaires, un élément qui, ces dernières années, n’a pas fait défaut, au niveau international.
Être anarchistes est quelque chose de difficile, mais il ne nous intéresse pas de savoir si cela est considéré comme un délit ou pas. Ceux qui affament, exploitent, larguent des bombes sur des populations civiles sont les mêmes hommes et les mêmes femmes qui prennent soin de faire rentrer l’anarchisme dans les schémas du droit, en neutralisant ses tensions, en lui ôtant ses possibilités d’action concrète. Le transfert d’Alfredo est aussi un avertissement pour tous ceux qui pensent que celles octroyées par les patrons et les gouvernants ne sont pas des « libertés », un message pour ceux qui – en joignant la pensée et l’action – ont l’intention de détruire l’État et le capital.

Il nous faut une mobilisation capable de contre-attaquer. Nous ne pouvons pas et ne voulons pas passer sous silence les responsabilités politiques et personnelles de la ministre Marta Cartabia. Cette juriste, avec son décret, semble avoir décidé d’anticiper de vingt jours la sentence de la Cour de cassation pour la procès Scripta Manent, prévue pour le 25 mai, un procès dans lequel Alfredo a été condamné en appel à 20 ans de prison pour association subversive avec finalité de terrorisme et pour massacre avec finalité de terrorisme (sentence à laquelle il faut ajouter les neuf ans et demi du procès pour l’action contre Adinolfi). En Italie, le crime de « massacre » est prévu par le code pénal même en absence de morts et de blessés, sur la base du potentiel d’une attaque explosive. C’est justement le crime de massacre qui aurait pu être le moyen permettant de justifier l’imposition du 41 bis à Alfredo. L’anarchiste Anna Beniamino, dans ce même procès Scripta Manent, ainsi que l’anarchiste Juan Sorroche, dans un autre procès, sont accusés eux aussi de massacre. Cela démontre à quel point ce précédent est déjà, à l’heure actuelle, un possible porteur de conséquences pour d’autres compagnons.

La ministre Cartabia est largement considérée comme la possible prochaine présidente de la république, soutenue par ces coteries progressistes qui ont lancé la campagne pour qu’il y ait, enfin, une femme à la tête de l’État italien. On rappelle qu’en Italie le président de la république occupe aussi la fonction de plus haut dignitaire du système judiciaire et qu’il préside le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Nous n’allons pas nous plaindre ici des abus et des violations du droit de la part de ces bureaucrates qui le gèrent, mais nous ne pouvons pas nous passer d’observer que la ministre Cartabia a délibérément choisi d’imposer tout son poids politique – de juriste, de ministre, de possible futur chef de la magistrature – avec un décret qui, parmi les autres turpitudes, porte en soi aussi celle de cautionner la possible condamnation définitive d’Alfredo et de ses coïnculpés. Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons pas attendre une minute de plus. Nous appelons donc à une mobilisation internationale dans le signe de la continuité révolutionnaire, qui élargisse de plus en plus son champ d’action.

Contre le 41 bis, rompre l’isolement !
Si vous essayez de nous fermer la bouche, nous vous mordrons la main !
Contre la censure, persévérons dans la propagande anarchiste !
Solidarité révolutionnaire avec l’anarchiste Alfredo Cospito !

Anarchistes

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Prison de Terni (Italie) : La censure postale encore reconduite pour l’anarchiste Alfredo Cospito https://attaque.noblogs.org/post/2022/03/25/prison-de-terni-italie-la-censure-postale-encore-reconduite-pour-lanarchiste-alfredo-cospito/ Fri, 25 Mar 2022 20:34:47 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=48936 Continuer la lecture ]]> reçu par mail / jeudi 24 mars 2022

A la mi-mars, le compagnon anarchiste Alfredo Cospito (actuellement enfermé dans la section AS2 (Haute Sécurité 2) de la prison de Terni) a eu la reconduction de la censure de son courrier. La censure aura une durée de trois mois, du coup jusqu’en juin. Cette mesure lui avait été appliquée aussi de décembre 2021 à mars [et, avant, de septembre à décembre 2021 ; NdAtt.].

Nous rappelons que le compagnon, arrêté en septembre 2012, déjà condamné à 9 ans et 5 mois pour avoir blessé Roberto Adinolfi (PDG d’Ansaldo Nucleare), a été condamné à 20 ans dans le procès Scripta Manent, qui a eu lieu à Turin et dont l’audience devant la Cour de cassation aura lieu le 25 mai, à Rome. De plus, il a récemment fait l’objet d’un mandat d’arrestation suite à l’opération Sibilla, du 11 novembre dernier, parce qu’accusé d’incitation aux crimes et délits, avec la circonstance aggravante des finalités de terrorisme, concernant la publication du journal anarchiste Vetriolo. Par la suite, le mandat d’arrestation a été annulé par le Juge des liberté de Perugia, le 14 décembre, même si l’enquête reste ouverte.
Rompre l’isolement : solidarité révolutionnaire avec le anarchistes emprisonnés.

L’adresse pour écrire au compagnon :
Alfredo Cospito
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Note d’Attaque : on rappelle que Juan (Juan Sorroche) est lui aussi emprisonné à Terni.

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Prison de Terni (Italie) : La censure postale reconduite pour Alfredo https://attaque.noblogs.org/post/2022/01/10/prison-de-terni-italie-la-censure-postale-reconduite-pour-alfredo/ Mon, 10 Jan 2022 20:18:14 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=47540 Continuer la lecture ]]> reçu par mail / lundi 10 janvier 2022

Le compagnon anarchiste Alfredo Cospito s’est vu reconduire la mesure de censure sur son courrier.

Courant le mois de janvier 2022, la mesure de censure du courrier du compagnon anarchiste Alfredo Cospito a été reconduite. Alfredo est actuellement emprisonné suite à la condamnation à 20 ans dans le procès Scripta Manent. On rappelle que la censure lui avait été imposée aussi entre septembre et décembre 2021. Alfredo a récemment été visé par un mandat d’arrestation dans le contexte de l’opération Sibilla, du 11 novembre, parce qu’inculpé de « provocation aux crimes et délits », avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme, par rapport à la publication du journal anarchiste Vetriolo. L’ordonnance d’arrestation a été ensuite annulée, le 16 décembre, par le Juge des libertés de Perugia, même si l’enquête reste ouverte, contre tous les compagnons inculpés.

Solidarité révolutionnaire avec les anarchiste emprisonnés.

 

Pour lui écrire :
Alfredo Cospito
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Note d’Attaque : on rappelle que Juan (Juan Sorroche) est lui aussi emprisonné à Terni.

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Prison de Terni (Italie) : Un texte d’Alfredo Cospito sur l’opération Sibilla https://attaque.noblogs.org/post/2021/12/17/prison-de-terni-italie-un-texte-dalfredo-cospito-sur-loperation-sibilla/ Fri, 17 Dec 2021 20:22:38 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=47190 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / vendredi 17 novembre 2021

28 novembre 2021.
Je couche sur papier ces quelques lignes, dans l’espoir qu’elles arrivent à passer la censure. Avant tout, toute mon affection et toute ma solidarité vont aux compagnonnes et aux compagnons qui ont été impliqué.e.s dans cette énième mascarade répressive. En particulier à Michele, qui est aux arrestations domiciliaires, et à tou.te.s les autres compas de Vetriolo et des sites anarchistes Round Robin et Malacoda, qui ont été rendus inaccessibles [depuis l’Italie ; NdAtt.].

Ensuite, je renvoie à l’expéditeur la « solidarité » intéressée que des formations démocratiques et réformistes comme Potere al PopoloRifondazione Comunista et le Partito Comunista Italiano m’ont indirectement donnée, en exprimant leur solidarité avec les personnes sous enquête pour l’opération Sibilla. Je n’ai pas besoin de votre « solidarité », parce que je crache sur votre démocratie, comme je crache sur votre constitution. Je n’ai jamais aimé les pleurnicheries sur la liberté d’opinion, du coup je ne m’arrêterai pas sur le manque de respect pour la liberté de pensée. Ceci dit, je veux réaffirmer que j’ai été et nous avons été accusé.e.s non pas pour des mots ou pour des tags sur des murs, mais pour ce que nous sommes : des anarchistes cohérent.e.s.
Cette énième opération répressive frappe, entre autre, un journal anarchiste et révolutionnaire comme Vetriolo, qui, dans une époque chargée de révoltes (et donc d’occasions à ne pas manquer) et de confusion idéologique, a continué à attiser intrépidement la lutte de classe dans une optique anarchiste et insurrectionnelle. Pour finir, je veux être très clair sur un autre point : la théorie, si elle n’est pas accompagnée par la pratique, c’est de la merde, ou peu plus. Permettez-moi de dire, avec une pointe de fierté, que ma vie (comme la vie de tout anarchiste digne de ce nom) est caractérisée par la tentative de faire concorder la théorie et l’action.

J’ai une chose seule à dire aux serviteurs du Pouvoir : vous pouvez me garder en prison pour le restant de ma vie, mais résignez-vous, vous n’arriverez pas à m’enlever ma cohérence et mon respect pour moi-même, ni, encore moins, le plaisir et l’envie de vous combattre.

Toujours pour l’Anarchie,

Alfredo Cospito
prisonnier anarchiste

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Prison de Terni (Italie) : Censure postale pour Alfredo https://attaque.noblogs.org/post/2021/10/01/prison-de-terni-italie-censure-postale-pour-alfredo/ Fri, 01 Oct 2021 18:59:46 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=45473 Continuer la lecture ]]> Round Robin / jeudi 30 septembre 2021

Depuis un peu plus d’une semaine, le compagnon Alfredo a été soumis à la censure de son courrier, pour une durée de trois mois.

Plus de nouvelles à venir.

Pour lui écrire :
Alfredo Cospito
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

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Prison de Terni (Italie) : Quelques nouvelles de la situation d’Alfredo https://attaque.noblogs.org/post/2021/07/13/prison-de-terni-italie-quelques-nouvelles-de-la-situation-dalfredo/ Tue, 13 Jul 2021 20:07:01 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=43983 Continuer la lecture ]]> Malacoda / mardi 13 juillet 2021

Fin juin, nous avons appris qu’Alfredo avait été transféré à la prison de Terni, où il y a une section pour prisonniers révolutionnaires. Par contre, il est maintenu aujourd’hui encore dans la sections pour les « nouveaux arrivants », même si la période d’isolement imposée par le règlement sur la pandémie de Covid-19 est déjà terminée depuis plusieurs jours.

Nous ne savons pas pourquoi Alfredo est encore en isolement, nous ne connaissons pas les plans de l’Administration pénitentiaire et ils ne nous intéressent pas. Ce que nous savons, c’est que les provocations et les prétextes des matons ne pourront pas effacer les faits : l’existence, au cours des années, d’un anarchisme d’action ne peut pas être effacée par des condamnations judiciaires ou par les prétextes des matons.

L’histoire d’Alfredo, les pratiques dont il est accusé, voilà la contamination qu’ils craignent. Mais cette histoire, ces pratiques ne peuvent pas être placées à l’isolement, aucune cage ne les contiendra ; elles sont le patrimoine du mouvement révolutionnaire.

Au cours des prochains jours, si cette situation continue, nous verrons quelles formes de solidarité publique mettre en oeuvre.

On rappelle l’adresse pour lui écrire :
Alfredo Cospito
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Quelques compagnons d’Alfredo

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Italie : L’anarchiste Alfredo Cospito transféré dans la prison de Terni https://attaque.noblogs.org/post/2021/07/01/italie-lanarchiste-alfredo-cospito-transfere-dans-la-prison-de-terni/ Thu, 01 Jul 2021 20:15:07 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=43783 Continuer la lecture ]]> Malacoda / 1er juillet 2021

Le compagnon anarchiste Alfredo Cospito a été transféré de la section Haute Sécurité 2 de la prison de Ferrara à celle de la taule de Terni.

Voici sa nouvelle adresse :
Alfredo Cospito
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Le compagnon est en taule depuis le 14 septembre 2012, suite à l’opération répressive qui a porté à son arrestation et à celle d’un autre compagnon, car ils ont été accusés d’avoir tiré sur Roberto Adinolfi, directeur général d’Ansaldo Nucleare, et de l’avoir blessé, le 7 mai de la même année, à Gênes. L’action, revendiquée par la Cellule Olga de la Federazione Anarchica Informale – Fronte Rivoluzionario Internazionale a été aussi revendiquée individuellement par les deux compangons, lors de leur procès, à Gênes. Le compagnon était enfermé dans la section AS2 de la prison de Ferrara depuis 2013.

On rappelle aussi qu’Alfredo, en plus de la condamnation à 9 ans et 5 mois pour l’action contre Adinolfi, a été condamné à 20 ans lors de la première et de la deuxième instance du procès Scripta Manent, qui a eu lieu à Turin à partir de 2017, suite aux arrestations du 6 septembre 2016. Une vingtaine de compagnons ont été inculpés pendant le procès, qui touchait à l’activité de la FAI (ensuite FAI-FRI) en Italie, avec des accusations pour des actions qui ont eu lieu entre 2005 et 2016, ainsi qu’à cause de publications anarchistes et de sites internet administrés par des compagnons. Avec la sentence en appel du 24 novembre 2020, trois compagnons ont été condamnés pour association subversive avec finalité de terrorisme et subversion de l’ordre démocratique, ainsi que pour « provocation aux crimes et délites ». Parmi ces trois compagnons, Anna Beniamino et Alfredo Cospito ont été condamnés pour des actions (des attaques explosives et des colis piégés) réalisées entre 2005 et 2007. De plus, dix autres compagnons ont reçu différentes condamnations, toujours pour « provocation aux crimes et délites ».
Aujourd’hui, en plus d’Alfredo, Anna aussi est enfermée (dans la prison de Messina), car condamnée à 16 ans et 6 mois.

Oublier les prisonniers de la guerre sociale signifie oublier cette guerre elle-même : solidarité révolutionnaire avec les anarchistes emprisonnés.

Des anarchistes solidaires
1er juillet 2021

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Prison de Terni (Italie) : Communiqué de Juan sur la fin de sa grève de la faim https://attaque.noblogs.org/post/2021/05/17/prison-de-terni-italie-communique-de-juan-sur-la-fin-de-sa-greve-de-la-faim/ Mon, 17 May 2021 18:25:38 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=42900 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / dimanche 16 mai 2021

Depuis la prison de Terni, section AS2, fin de grève de la faim liquide, c’est-à-dire menée en ingérant des liquides

Je soussigné, Juan Sorroche, prisonnier anarchiste de la section AS2 de la prison de Terni, communique la fin de ma grève de la faim liquide, c’est à dire en continuant à ingérer des liquides (je m’excuse de ne pas l’avoir spécifié dans mon premier communiqué). Je l’ai commencé le 12 avril et terminé le 10 mai 2021, en solidarité avec les prisonnier.e.s de la lutte sociale au Chili et à travers le monde.

Je suis fier et heureux d’avoir participé à cette lutte collective et je salue avec affection tous les gestes solidaires et les individualités qui les ont effectués. Je pense qu’il fait continuer à créer et à propager cet esprit de cohésion et de complicité dans la lutte anti-autoritaire diversifiée, dans les prisons et dehors. Cette qualité est la beauté fondamentale de l’anarchisme qui agit et lutte.

C’est un fait qui est devenu concret dans la pratique, par plusieurs actes allant dans le même sens, avec leur essence anti-autoritaire, par l’entraide. La solidarité universelle dans la théorie/pratique de l’anarchisme insurrectionnaliste. Voilà la force qualitative à développer.

D’autre côté, je suis autocritique envers moi-même, ne voulant pas créer des mythes de super-guerrier, de l’héro dur à cuire et sans peur, je ne cache pas mes privilèges, mes faiblesses et mes peurs, je les accepte avec humilité et conscience. Mes potentialités réelles et mes limites. Cela me donne les moyens pour évoluer dans la détermination et la sensibilité dont a besoin la lutte/la vie.

Un salut solidaire à Beppe ! A Davide Delogu, je suis heureux qu’il soit sorti de l’isolement.

Aux côtés des prisonnier.e.s de la lutte sociale à travers le monde : Marcelo Villaroel et tou.te.s les prisonnier.e.s subversif.ve.s anarchistes, des révoltes au Chili et dans le monde, ainsi que celles/ceux de la libération Mapuche. Dans les rues ! Liberté pour tou.te.s !

Lutter et lutter encore, pour la propagation des pratiques de solidarité, peu importe le chemin que nous parcourons.
Toujours avec le cœur !
Pour l’anarchie !

 

Pour lui écrire (il parle aussi espagnol) :
Juan Antonio Sorroche Fernandez
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

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Italie : Juan et Beppe arrêtent leurs grèves de la faim https://attaque.noblogs.org/post/2021/05/11/italie-juan-et-beppe-arretent-leurs-greves-de-la-faim/ Tue, 11 May 2021 19:17:39 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=42783 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / lundi 10 mai 2021

Après avoir été mis au courant de la fin de la grève de la faim des compas chilien.ne.s, Juan a arrêté sa grève de la faim.
Beppe aussi a interrompu la sienne.
Juan nous dit aussi que Davide Delogu a été enlevé de l’isolement et transféré parmi les détenus en régime de détention normal.

Pour leur écrire :

Juan Antonio Sorroche Fernandez
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)
(il parle aussi espagnol)

Giuseppe Bruna
C.C. di Bologna “Dozza”
Via del Gomito, 2
40127 – Bologna (Italie)

Davide Delogu
C. C. Nuovo Complesso
Contrada Cocari
89900 – Vibo Valentia (Italie)

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Prison de Terni (Italie) : Des nouvelles de Juan, en grève de la faim https://attaque.noblogs.org/post/2021/04/26/prison-de-terni-italie-des-nouvelles-de-juan-en-greve-de-la-faim/ Mon, 26 Apr 2021 18:58:38 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=42525 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / dimanche 25 avril 2021

Aujourd’hui, 23 avril, après 12 jour de grève de la faim, Juan nous informe qu’il va bien et il garde le moral. Il a perdu 3 kilos et chaque jour on lui surveille la tension la glycémie et le poids. Il n’a pas encore décidé jusqu’à quand il poursuivra sa grève de la faim.

Pour lui écrire (il parle aussi espagnol) :

Juan Antonio Sorroche Fernandez
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

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Prison de Terni (Italie) : Juan en grève de la faim https://attaque.noblogs.org/post/2021/04/18/prison-de-terni-italie-juan-en-greve-de-la-faim/ Sun, 18 Apr 2021 19:14:21 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=42392 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / jeudi 15 avril 2021

Depuis la prison de Terni, section AS2 [Haute sécurité 2 ; NdAtt.]

Grève de la faim :
– en solidarité avec les prisonniers de la guerre sociale de Santiago du Chili, qui sont en grève de la faim (en ingérant des liquides) depuis le 22 mars 2021 ;
– en solidarité avec tous les inculpés des révoltes de mars 2020 et avec les 5 détenus des prisons d’Ascoli/auparavant enfermés à Modena, qui ont eu le courage de déposer des déclarations de main-courante suite aux révoltes à la prison de Modena [et leur répression meurtrière ; NdAtt.] ;
– en solidarité avec l’anarchiste Davide Delogu, soumis au régime de l’art 14bis [un régime de « surveillance particulière » ; NdAtt.], pour demander qu’il soit sorti de l’isolement auquel il est soumis depuis longtemps ;
– en solidarité avec les détenu.e.s de la prison de Spini del Gardolo (Trente), où une autre détenue est morte ! Ambra, 28 ans, décédée à cause des carences « sanitaires » habituelles ;
– en solidarité avec les prisonniers en lutte dans le Centre de rétention de Via Corelli (à Milan) ;
– solidarité et courage Aux plus fragiles : pour tou.te.s les enfants et jeunes ignoré.e.s, annihilé.e.s, isolé.e.s et de plus en plus enfermé.e.s dans des cages physiques/« sanitaires »/technologiques/répressives.

Pour les papys et les mamies, traité.e.s comme des déchets à jeter et à sacrifier !

Moi, Juan Sorroche Fernandez, depuis la section AS2 de Terni, je communique :
le début d’une grève de la faim, jusqu’à quand je le jugerai nécessaire.
A partir du 12 avril, minuit.

La solidarité universelle est une vision entrelacée qui se projette au-delà de l’isolement carcéral ; « nous sommes moins seuls de ce qu’ils voudraient, nous continuons à être insubordonnés, libres, dignes… ». C’est pourquoi j’ai un cœur qui bat avec les prisonnier.e.s dignes qui luttent, dans cette situation mondiale, par des méthodes et des pratiques différentes, dans l’évolution symbiotique de leurs merveilleuses diversités, et qui marchent dans la résistance, longue et vivante, des exploités en lutte à travers le monde.

J’utiliserai mon corps comme un instrument, en repoussant les notions victimisantes qui me lient à ma condition de prisonnier, en essayant de rompre avec ce sujet passif et avec la vision utilitariste de la lutte, qui demanderait « qu’est ce que j’ai à y gagner ? ». Je vais plus loin et je me bat, simplement pour l’extension de la solidarité entre prisonnier.e.s en lutte à travers le monde !

Je pense que la solidarité est une vision qui nécessite un équilibre et, quand elle est mise en pratique, elle lie, comme par un procédé alchimique, l’universel avec le spécifique. Je ne peux donc pas ignorer les conditions qui sont les plus proches du contexte où je me trouve et que je subis. Cela ne rabaisse pas, au contraire il améliore la qualité de notre perspective, du coup ma pensée et ma solidarité vont aux différentes protestations qui, à des moments, dans des lieux et avec des modalités différentes, ont eu lieu dans les prisons italiennes. Je me situe au sein de ces protestations et ma solidarité va aux révoltés de mars 2020, qui ont été torturés et tués (14 prisonniers) par l’État, pour avoir défendu leur vie. Un événement que nous devons garder à l’esprit et qui s’ajoute à la gestion « criminelle » de l’épidémie de Covid-19. Les causes sont à chercher plus loin, jusqu’à englober toute la société étatique-capitaliste mondiale. Cette lutte contre l’État-capitaliste nuisible est la motivation principale de la lutte. Le combat anarchiste lutte contre l’imposition, dans tous les domaines, des différents règlements « sanitaires-militaires », qui sont en train d’annihiler les consciences/les corps/les cœurs/les esprits des individus. Par un constant terrorisme médiatique, en annulant toute pensée critique et radicale à propos de ce qui est concrètement en train de nous arriver. Nous sommes en présence d’une redéfinition des ordres géopolitiques et de gouvernementalité, gérés aussi par des multinationales du numérique, pharmaceutiques, technologiques. Une dictature sanitaire/technologique ! Je suis conscient de ma position d’extrême faiblesse, mais déterminé dans ma volonté ! Quelque chose qui nous a démontré par l’exemple le prisonnier Dimitris Koufondinas, en Grèce, auquel va ma solidarité, même en retard, mais toujours !

Aux côtés des prisonnier.e.s de la guerre sociale, partout dans le monde !
Liberté pour Marcelo Villaroel et tou.te.s les prisonnier.es subversif.ve.s, anarchistes, libertaires, de la révolte chilienne et de la libération mapuche ! Liberté pour tou.te.s !
Pour la propagation des pratiques de solidarité !

Une pensée pour la compagnonne Emilia Herrera « Bau »*, assassinée par les vigiles de propriétaires terriers comme Benetton !

« Il faut lutter et lutter encore, jusqu’à mettre terme à la disproportion »

Et, quel qu’il soit le chemin que nous prendrons, que ce soit avec le cœur !
Pour l’anarchie !

Juan

 

* Note d’Attaque : assassinée par des hommes de main d’un propriétaire foncier, à Panguipulli, au Chili.

 

Pour lui écrire :
Juan Antonio Sorroche Fernandez
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)
(il parle aussi espagnol)

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Prison de Terni (Italie) : Protestation en solidarité avec les anarchistes Beppe et Davide https://attaque.noblogs.org/post/2020/09/30/prison-de-terni-italie-protestation-en-solidarite-avec-les-anarchistes-beppe-et-davide/ Wed, 30 Sep 2020 18:58:00 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=38291 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / lundi 28 septembre 2020

Début d’une grève de la gamelle de la durée de deux semaines, du 19 octobre au 1er novembre

Nous assistons à une attaque sur plusieurs front, de la part de l’État, contre les pratiques de solidarité.
Celles/ceux qui manifestent leur solidarité aux prisonniers et prisonnières en lutte sont pris.e.s pour cible.
Celles/ceux qui, à l’intérieur des prisons, répondent aux provocations des matons et reçoivent de la solidarité pour les luttes qu’ils/elles mènent, sont pris.e.s pour cible.
Celles/ceux qui ont participé aux révoltes et aux protestations des derniers mois, marquées en Italie par 14 morts, sont pris.e.s pour cible, avec des représailles qui vont des passages à tabac et des sanctions disciplinaires à des procès, avec des accusations qui vont, dans certains cas, jusqu’à « dévastation et pillage ».

Pendant la situation d’urgence due au coronavirus et pendant les révoltes, l’État nous a enterré.e.s un peu plus encore, nous les détenu.e.s, dans des cercueils faits en béton armé et acier, en nous traitant comme des rats dans un bateau qui coule et en nous isolant complètement du monde, coupant tous les rares liens qui nous gardaient en contact avec l’extérieur. Les conditions de vie dans les taules italiennes et le feu qui couve constamment sous les cendres, en plus de ce qui se passait, ont fait que la situation est devenue insupportable pour des nombreuses personnes. Sans les révoltes des personnes enfermées, aujourd’hui nous serions probablement tou.te.s complètement isolé.e.s à l’intérieur des taules, sans possibilité de contacts avec nos proches, avec les personnes que nous aimons, même pas avec nos avocat.e.s.

En tant qu’anarchistes, nous n’oublions pas la responsabilité de l’État et de la société capitaliste : le mode de vie consumériste est la cause principale de cette pandémie, qui a exacerbé l’isolement social, le racisme, le patriarcat tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons, tout comme l’exploitation effrénée, la pollution et l’empoisonnement qui continuent à compromettre la possibilité d’une vie digne pour l’ensemble de cette planète.

Pour toutes ces raisons, nous réaffirmons notre solidarité envers celles/ceux qui se révoltent et qui luttent, tant dans les prisons que dans le monde entier, et envers toutes les individualités anarchistes sous enquête, prisonnières, celles frappées par des mesures restrictives de leur liberté et celles en cavale, notamment en ce moment, quand nous devons faire face à des nombreux procès pour terrorisme, qui sont la logique conséquence de la lutte anarchiste, menée avec passion et détermination.

Pour toutes ces raisons, nous, anarchistes enfermés dans la section AS2 [Haute sécurité 2 ; NdAtt.] de la prison de Terni, faisons savoir que nous commencerons une grève de la gamelle [la nourriture de la prison ; NdAtt.] de la durée de deux semaines, du 19 octobre au 1er novembre, pour exprimer notre solidarité avec l’anarchiste Beppe, enfermé par punition dans la section pour « détenus protégés » [là où il y a, pour la plupart, des violeurs, des balances et des prisonniers qui ont choisi de collaborer avec la Justice ; NdAtt.] de la prison de Pavie, en exigeant qu’il soit transféré, ainsi qu’avec l’anarchiste Davide Delogu, enfermé dans la prison de Caltagirone et soumis au régime 14bis de la loi sur le système pénitentiaire [un régime punitif, dit de « surveillance spéciale », visant à mater les prisonnier.e.s qui dérangent matons et Administration pénitentiaire  ; NdAtt.] à cause de son attitude hostile à la domestication de la prison, en exigeant qu’il soit sorti de l’isolement et qu’on lui enlève le régime de détention vexatoire auquel il est depuis longtemps soumis.

Pour la défense et la propagation des pratiques de solidarité !
Pour l’anarchie !

Prison de Terni, section AS2
septembre 2020

(lettre envoyée le 23/09/2020)

 

Pour écrire aux compas :

Juan Antonio Sorroche Fernandez
Nico Aurigemma
Casa Circondariale di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Giuseppe Bruna
C. C. di Pavia
Via Vigentina, 85
27100 – Pavia (Italie)

Davide Delogu
Contrada Noce S. Nicola Agro’
95041 – Caltagirone (Italie)

 

Mise à jour du 18 octobre : ce texte mis en page comme affiche (source : Il Rovescio)

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