Prison de Budapest – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Sat, 22 Aug 2026 16:31:34 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Prison de Budapest (Hongrie) : Maja agressé.e par des surveillants et soumis.e à une procédure disciplinaire https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/22/prison-de-budapest-hongrie-maja-agresse-e-par-des-surveillants-et-soumis-e-a-une-procedure-disciplinaire/ Sat, 22 Aug 2026 16:29:07 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63648 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / mardi 11 août 2026

Université de Munich, le 4/2/2026

Depuis fin juin, la direction et les fonctionnaires de la prison de Budapest, où Maja est détenu.e, essayent d’empêcher Maja de porter des vêtements dits féminins. Les harcèlements se sont intensifiés le 17 juillet 2026, lorsque plusieurs fonctionnaires ont écrasé et légèrement blessé Maja, dans sa cellule de prison. L’établissement [pénitentiaire] a ensuite engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de Maja, car Maja aurait prétendument agressé les fonctionnaires. La procédure est en cours. Maja risque d’être exclu.e des activités récréatives et de vie en commun pendant trois mois et donc de se trouver à nouveau dans un isolement complet.

Depuis mai 2026, Maja portait le plus souvent, en détention, des jupes et des robes reçues dans des colis de vêtements envoyés par sa famille. Fin juin 2026, il y a eu un entretien avec la direction de la prison, au cours duquel la demande de Maja de participer à la promenade collective a été rejetée sans aucune justification. À cette occasion, le chef de la sécurité a communiqué oralement à Maja que le port de vêtements féminins serait interdit.

Maja a continué à porter des jupes, des robes et d’autres vêtements prétendument féminins. Certains fonctionnaires ont essayé de l’en empêcher, d’autres non. À la fin, Maja s’est imposé.e et, pendant un petit peu de temps, a pu s’habiller selon son libre choix.

Ensuite, l’établissement a commencé à profiter des visites (de la famille, de l’avocat, de parlementaires et du pasteur) pour harceler Maja : Maja devait porter des leggings sous sa robe, qui arrivait aux genoux, ou alors mettre la robe dans un pantalon ; lors d’un parloir, un fonctionnaire a pris une photo de Maja ; les fonctionnaires cherchaient querelle à Maja et prétendaient que le port de vêtements féminins serait interdit dans une taule pour hommes. Le 13 juillet 2026, un haut fonctionnaire a lui aussi déclaré à Maja que les vêtements féminins seraient interdits. Maja n’a jamais reçu de justification écrite ou juridique à ce sujet.

Puis, le 17 juillet 2026, un commando de cinq fonctionnaires, dont le chef de la sécurité et un fonctionnaire masqué, est entré dans la cellule de Maja. Ils voulaient fouiller la cellule à la recherche d’objets interdits. Maja a exigé le règlement intérieur en langue allemande, ainsi qu’un appel téléphonique à son avocat et au consulat. Les fonctionnaires ont refusé tout cela. En ce moment, Maja portait une culotte et un débardeur et devait s’habiller un peu. Maja a mis une robe. Les agents ont sommé Maja de porter autre chose. Maja a refusé. Après cinq minutes de dispute, ils ont menacé de recourir à des mesures coercitives. Maja en a demandé la justification juridique, en vain. Sur un signe du chef de service, l’agent cagoulé a plaqué Maja au sol, plusieurs fonctionnaires se sont agenouillés sur Maja, lui ont pressé la tête contre le sol et lui ont mis les menottes.

Maja a été traîné.e de force dans une salle de soins. À partir de ce moment, le directeur de l’établissement était aussi présent. La médecin a constaté une lèvre fendue et des douleurs sur le côté gauche du front. Pour cet examen, Maja a été déshabillé.e sous la contrainte. La robe a été prise et à sa place Maja a reçu un polo. Quant aux blessures, plus tard Maja a constaté elle/lui-même : une lèvre fendue, une contusion à l’oreille, des douleurs au côté gauche de la mâchoire et à la tempe gauche et des forts maux de tête.

Après cette agression, les fonctionnaires ont retiré de la cellule de Maja tous les vêtements féminins, ou ce qu’ils considèrent comme tels, et les ont emmenés au dépôt. Un fonctionnaire a ensuite informé Maja qu’une procédure disciplinaire allait être engagée à son encontre, car Maja aurait agressé les fonctionnaires. Par la suite, un commando de six personnes, armées de mitraillettes, a conduit Maja, avec des menottes, une ceinture de contention et des entraves aux pieds, à l’hôpital municipal, où on lui a effectué une radiographie de la tête.

Dans le cadre de la procédure disciplinaire, deux audiences ont eu lieu, le 30 juillet et le 4 août 2026, au cours desquelles les cinq fonctionnaires et Maja ont été interrogé.es. L’établissement a décidé d’exclure Maja des activités récréatives et de vie en commun pendant trois mois. Les avocats de Maja ont présenté un recours contre cette décision, ce qui a un effet suspensif.

En tant que comité de solidarité avec Maja, nous considérons ces événements comme une nouvelle escalade dans le conflit que Maja mène pour son autodétermination. Maja, une personne non-binaire, est détenu.e dans un système carcéral qui insiste pour imposer sa norme binaire quant au genre. À cause de sa résistance quotidienne et de plus en plus directe à ces normes dominantes, Maja est confronté.e à des fortes violences psychologiques et désormais aussi physiques. Cet incident montre une fois de plus que Maja n’aurait jamais dû être extradé.e vers la Hongrie. L’Allemagne doit en assumer la responsabilité. Au contraire, le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade ne font que de promesses creuses et brillent par leur silence et leur absence.

À ce sujet, Maja écrit : « Je veux en parler, car ils n’arrêtent pas de nous traiter avec condescendance, avec des règles, des interdictions et des consignes, au besoin avec la force, comme aujourd’hui. Nous pouvons nous respecter ou nous devons nous battre pour cela ». Et plus loin : « Je savais que cela arriverait. J’ai profité de chaque jour où j’ai trouvé la confiance nécessaire pour être bienveillant.e et honnête envers moi-même. Beaucoup de regards dédaigneux, de commentaires stupides, des cris, d’indifférence – tout cela parce que je portais ce qui me plaît ».

Nous sommes aux côtés de Maja, dans sa lutte pour son autodétermination et dans sa résistance contre les normes de genre et contre la taule. Montrez votre solidarité avec Maja. Protestons contre la procédure disciplinaire et la menace d’une exclusion de trois mois de toutes les activités récréatives et de vie en commun.

Comité de solidarité avec Maja
le 11 août 2026

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Allemagne et Hongrie : Des mises-à-jour sur les procès pour l’affaire des antifas de Budapest https://attaque.noblogs.org/post/2025/09/28/allemagne-et-hongrie-des-mises-a-jour-sur-les-proces-pour-laffaire-des-antifas-de-budapest/ Sun, 28 Sep 2025 16:31:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60789 Continuer la lecture ]]> Anarchist Black Cross Dresden / samedi 27 septembre 2025

Des mises-à-jour sur les procès pour l’affaire de Budapest : des antifascistes devant les tribunaux

Maja
Maja se trouve toujours en isolement en Hongrie. Au début de l’année, les avocat.es de Maja ont essayé de transformer sa détention en arrestations domiciliaires, mais la décision a été reportée par les tribunaux hongrois. Le 20 juin, le tribunal a finalement pris une décision sur la demande d’arrestations domiciliaires, mais l’a rejetée. Pour protester contre des conditions de détention inhumaines, qui perdurent, Maja a fait une grève de la faim. De nombreuses manifestations et actions en solidarité avec Maja ont alors eu lieu dans toute l’Allemagne. Avec des envois de cartes postales, on a mis la pression sur des politiciens allemands et hongrois, pour qu’ils s’engagent en faveur de Maja et la/e fassent revenir en Allemagne.

Après quarante jours de grève de la faim, l’état de santé de Maja s’est tellement dégradé qu’il/elle a dû être transféré.e dans un hôpital pénitentiaire et arrêter sa grève de la faim.
À l’heure actuelle, son procès se poursuit, à Budapest. Les prochains journées de procès sont le 29 septembre, le 2 et le 8 octobre, à chaque fois à 9h00 au Tribunal d’État de Budapest.

Hanna
Hanna est toujours incarcérée à Munich [voir ici pour son arrestation ; NdAtt.]. Le procès à son encontre s’est terminé hier, le 26 septembre 2025, avec une condamnation à cinq ans de prison. Le procureur avait requis une peine de neuf ans de prison, pour « tentative de meurtre » et appartenance à une organisation criminelle au titre de l’article 129 du code pénal. La défense avait plaidé l’acquittement.

Zaid
Zaid a été relâché sous conditions et a pu retourner chez sa famille à Nuremberg, mais il doit se présenter à la police trois fois par semaine. De cette façon, on voudrait l’empêcher de s’enfuir, bien qu’il se soit volontairement livré aux autorités en janvier [voir ici ; NdAtt.].
Puisque Zaid n’a pas la nationalité allemande, il reste le seul accusé dans l’affaire des antifas Budapest à être toujours menacé d’extradition vers la Hongrie et donc, potentiellement, à la suite, d’une expulsion vers la Syrie.

Lina
La défense de Lina a fait appel et l’audience a eu lieu le 6 février devant la Cour fédérale de justice, à Karlsruhe. Malheureusement, sa peine de cinq ans et trois mois* n’a pas été modifiée. En ce moment, Lina se trouve de nouveau en prison.

Six nouveaux.lles accusé.es
Le 6 juillet, le procureur général fédéral de Düsseldorf a mis en état d’accusation six autres antifascistes : Paula, Emmi, Clara, Luca, Nele et Moritz [voir ici ; NdAtt.].
Les chefs d’inculpation sont, entre autres, « tentative de meurtre » et « appartenance à une organisation criminelle », au titre de l’article 129. Nous voyons la décision de les mettre en état d’accusation à Düsseldorf comme une décision politique très claire, pour rendre plus difficile le soutien aux accusé.es par les ami.es et les familles, ainsi que le travail de solidarité, qui, jusqu’à présent, a été coordonné principalement depuis l’Allemagne de l’Est. La plupart des accusé.es viennent d’Allemagne de l’Est. C’est là qui se trouvent leurs familles, leurs ami.es, leurs réseaux politiques ; le centre de leur vie est là. D’abord, la plupart d’entre elles/ils ont également été incarcéré.es dans des prisons ouest-allemandes ; maintenant, tout le procès doit encore se tenir au Tribunal supérieur de Düsseldorf. Cela est visiblement une tentative de briser notre solidarité avec les accusé.es et de rendre l’accompagnement solidaire pendant le procès très difficile et coûteux. Le trajet de six heures entre l’Allemagne de l’Est et Düsseldorf représente une charge insoutenable pour les ami.es et les familles.
Non seulement le lieu du procès, mais aussi les chefs d’accusation sont clairement marqués par une motivation politique qui ne s’inscrit que trop bien dans une tendance plus large, que l’on peut observer depuis bien avant les dernières élections législatives : l’antifascisme est réduit à un délit ; le procès des six accusé.es et l’accusation de meurtre doivent créer dans l’opinion publique une image de l’antifascisme aussi sanglante et dangereuse que possible – une escalade clairement motivée politiquement, de la part du procureur fédéral. Cela apparaît clairement si nous nous rappelons que le mandat d’arrêt initial contre les accusé.s n’était pas établi pour tentative de meurtre.

Notre réponse à cette escalade politique ciblée et à la délégitimation du nécessaire antifascisme ne peut être que la solidarité. Participez à des actions, écrivez des lettres à nos camarades emprisonné.es, donnez de l’argent pour les frais de justice des accusé.es et les frais de déplacement des personnes qui les soutiennent.

Nous ne nous laisserons pas que l’État allemand nous dissuade d’être solidaires avec nos ami.es et camarades !
L’antifascisme est et reste nécessaire et notre solidarité avec nos courageux.ses camarades reste intacte.

 

* Note d’Attaque : Lina a été condamnée pour blessures graves et association de malfaiteurs, dans le premier procès pour l’affaire Antifa Ost, avec deux autres camarades qui ont reçu des peines plus courtes. Sept autres antifascistes inculpé.es dans la même affaire attendent encore leur procès (qui devrait normalement s’ouvrir en novembre à Dresde). Selon les enquêteurs allemands, la même « association de malfaiteurs » aurait perpétré des agressions de néonazis en Allemagne de l’Est et à Budapest, lors du « Jour de l’Honneur » de février 2023. Tobias aussi est inculpé dans les deux affaires.

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Prison de Budapest (Hongrie) : Une fouille à nu violente et longue de trois heures pour Maja T. https://attaque.noblogs.org/post/2025/09/28/prison-de-budapest-hongrie-une-fouille-a-nu-violente-et-longue-de-trois-heures-pour-maja-t/ Sun, 28 Sep 2025 16:29:29 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60785 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Commitee / vendredi 26 septembre 2025

Communiqué de presse du 26 septembre 2025

Vendredi dernier, Maja T. a été à nouveau transféré.e, de l’hôpital pénitentiaire, où il/elle se trouvait à cause de son état de santé pendant et après sa grève de la faim, à la prison de Budapest. Le procès de Maja s’est poursuivi dans cette ville, le lundi 22 septembre 2025. Cependant, Maja doit toujours faire face aux conséquences, pour sa santé, de sa grève de la faim et a été jusqu’ici sous traitement à l’hôpital de la prison. Entre autres choses, une IRM a été effectuée, avec laquelle les médecins ont constaté des micro-hémorragies dans son cerveau. Celles-ci sont probablement une conséquence de la grève de la faim. On ne sait pas si et dans quelle mesure son traitement médical se poursuit dans la prison de Budapest.

Depuis vendredi dernier, Maja se trouve dans la même cellule que l’année dernière et, jusqu’à présent, aucune amélioration de ses conditions de détention n’a été constatée. Comme avant, dans la cellule il n’y a pas de lumière naturelle directe et l’isolement est permanent. Toutes les visites sont étroitement surveillées et ensuite il y a des contrôles intimes. Des conditions qui sont connues et qui ont été la raison pour laquelle Maja a décidé, le 5 juin 2025, de mener une grève de la faim [voir ici ; NdAtt.].

Après une visite de sa famille, le mardi 23 septembre 2025, Maja a refusé de se soumettre à l’habituelle fouille à nu, dégradante, et a refusé de retirer ses sous-vêtements. En conséquence, elle/il a été menotté.e et mis.e à nu de force par le personnel pénitentiaire. Cela a duré environ trois heures. Et ce n’était pas tout : suite au refus de Maja de se déshabiller complètement, la prison a engagé une procédure disciplinaire à son encontre. On ne sait pas encore quelles effets aura cette procédure disciplinaire.

Ce n’est pas la première fois que Maja a été témoin de la violence du personnel pénitentiaire à l’encontre des détenus. Elle/il a constamment signalé des bruits de coups et de cris venant des espaces environnants. Cependant, l’incident de mardi dernier est une nouvelle escalade et ne fait que confirmer, une fois de plus et de manière grave, les conditions inhumaines auxquelles Maja est soumis.e en Hongrie. À ce propos, le père de Maja déclare : « Depuis plus d’un an, Maja souffre, dans des conditions de détention inhumaines, en Hongrie. La manière dont les fonctionnaires hongrois ont menotté et dévêtu de force Maja est contraire à toute dignité humaine et aux normes internationales ».

Ceci est un appel urgent aux responsables politiques, en particulier au ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, pour qu’ils s’engagent par voie diplomatique pour le retour de Maja et pour qu’ils fassent suivre leurs déclarations publiques sur leurs efforts supposés par des actes concrets !

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