Ontario – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Wed, 23 Nov 2022 14:13:20 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Est de l’Ontario (Canada) : Sabotage ferroviaire solidaire https://attaque.noblogs.org/post/2022/11/23/est-de-lontario-canada-sabotage-ferroviaire-solidaire/ Wed, 23 Nov 2022 18:02:22 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=50440 Continuer la lecture ]]> North-Shore Counter-Info / jeudi 10 novembre 2022

Aux premières heures du 5 novembre, des groupes d’anarchistes ont agi en solidarité avec l’appel à l’action de la militante Wet’suwet’en Sleydo, en soutien de la bataille en cours de cette population pour protéger la Yintah, leur territoire, et contrer les forages [pour le gazoduc Coastal GasLink ; NdT].

Des lignes de chemin de fer ont été sabotées à différents endroits, dans une perturbation du « business-as-usual » le long des artères principales du système de transport de marchandises. Elles continueront à être sabotées à des endroits aléatoires, longtemps dans l’avenir, à chaque coin de ligne ferroviaire, à travers tout le dos de la Tortue [référence au nom autochtone du continent nord-américain : l’île de la Tortue ; NdT].

D’autres personnes sont invitées à prendre ce chemin, comment, où et quand elles peuvent – prenez des pinces coupantes ou des câbles en cuivre. Prenez un.e ami.e ou allez-y seul.e. Profitez des oiseaux, du vent, du silence.

Le ciel de nuit baille et les étoiles et la lune nous regardent travailler dans la nuit. Elles jettent leur regard sur nous, de près et de loin, comme elles le font aussi sur les eaux scintillantes du Wedzin Kwa [dans le territoire Wet’suwet’en, dans la province de Colombie-Britannique ; NdT]. Les forages commencent et pendant que nous pleurons l’eau, les saumons et nos cher.es qui sont mort.es, notre rage commence à s’enflammer, comme une mèche allumée.

Coastal GasLink, Banque royale du Canada, Kkkanada – vous n’êtes pas en sécurité et vous avez allumé quelque chose qui ne mourra jamais.

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Ontario (Canada) : Sabotages ferroviaires en solidarité avec les Wet’suwet’en https://attaque.noblogs.org/post/2021/12/05/ontario-canada-sabotages-ferroviaires-en-solidarite-avec-les-wetsuweten/ Sun, 05 Dec 2021 21:14:23 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=46843 Continuer la lecture ]]> North-Shore / samedi 27 novembre 2021

Il n’y plus rien à dire.
Dehors la Gendarmerie royale du Canada
CoastalGasLink hors de la Yintah [les terres de la population Wet’suwet’en ; NdAtt.].
Défendons la population Wedzin Kwa.

C’est un acte de génocide. Un génocide actif.
Une invasion armée de la part de l’État colonial.
Il n’y a plus rien à dire : ils n’écoutent pas les mots.
Il faut donc agir, c’est ce que nous avons fait.

Un soir d’il n’y a pas longtemps, des allié.e.s/complices sont sorti.e.s la nuit pour reprendre là où d’autres se sont peut-être arrêté.e.s, au printemps 2020 : cibler les infrastructures ferroviaires.


En utilisant différentes méthodes (détaillées ci-dessous pour votre connaissance, votre éducation et votre plaisir !), nous avons perturbé la circulation ferroviaire dans tout le sud de l’ainsi-dit Ontario, pendant toute la nuit, en frappant presque une douzaine d’endroits différents sur les lignes des chemins de fer du CN et du CP [Canadian National et Canadian Pacific, les deux plus grandes compagnies ferroviaires canadiennes ; NdAtt.].
Nous l’avons fait par solidarité, de tout notre cœur, avec les Wet’suwet’en qui défendent leur Yintah de la destruction et nous avons alimenté nos actions avec la rage justifiée que nous ressentons envers la Gendarmerie royale du Canada et l’État, qui envahissent une fois de plus leur territoire au nom d’une société privée.

Le chemin de fer a été le signe avant-coureur de la colonisation et du génocide des peuples indigènes à travers l’ainsi-dit Canada et il est aussi un moyen, difficile pour eux à défendre, pour s’en prendre à l’économie kkkanadienne, du coup nous trouvons que c’est une cible idéale pour des personnes qui ne peuvent pas être là-bas aux côtés des défenseur.euse.s des terres Wet’suwet’en.

Alors que certaines équipes ont opté pour la méthode du fil de cuivre, d’autres ont trouvé leur inspiration dans d’autres façon de cibler les circuits ferroviaires – y compris en sectionnant les circuits à basse tension des voies et en incendiant des guérites de signalisation ferroviaire.

Chacune des méthodes utilisées a déclenché le système de signalisation automatique de blocage, via son réglage de sécurité de « voie occupée » – ce qui signifie que tout le trafic ferroviaire sur la voie en question s’arrête jusqu’à ce qu’elle soit vérifiée et, dans certains cas, réparée. Cela signifie aussi que ces perturbations étaient moins dangereuses que n’importe lequel des trois raids injustifiés de la GRC militarisée contre le peuple Wet’suwet’en.

Nous encourageons d’autres personnes à se joindre à nous dans l’action. Utilisez vos mots pour inspirer d’autres personnes à l’action – non pas pour mendier un changement auprès d’organes gouvernementaux complices d’un génocide actif.

Arrêtons-le. C’est tout ce qu’il reste à faire.
Ne jamais céder
Ne jamais se rendre.
Brûlons tout jusqu’au fondements, s’il le faut.

 

Comme promis, une note explicative

Depuis longtemps, les rebelles ciblent les infrastructures ferroviaires en utilisant la méthode du câble en cuivre. Cela consiste à relier solidement deux rails parallèles avec un câble en cuivre conducteur d’électricité. Cette méthode est censée simuler le court-circuit qui se produit lorsque les essieux d’un train entrent dans un tronçon de voie ferrée. Le câble peut être fixé aux champignons [la partie en haut, où courent les roues des trains ; NdAtt.] des rails ou aux éclisses, après qu’ils ont été nettoyés [de la rouille ; NdAtt.], mais mieux encore aux câble de jonction des éclisses. Cette dernière méthode nécessite un câble de cuivre de petit calibre et offre la connexion la plus sûre.

Mais il y a de nombreux éléments des voies ferrées et du protocole ferroviaire qui peuvent être pris pour cible.

Les câbles des éclisses

Sur les voies ferrées modernes, les rails sont soudés ensemble à leurs extrémités et assurés les uns aux autres par des éclisses et des boulons, pour former les blocs voulus. Ces blocs sont surveillés par différents capteurs, afin de détecter des interruptions des fréquences électriques, qui dans certains cas déclenchent des signaux. La soudure des extrémités interfère parfois avec leur conductivité électrique et on ajoute donc des câbles, dans le but d’améliorer le passage du courant. Si le courant est interrompu par une mauvaise conductivité, le bloc se met par défaut en position « occupé ».

On peut trouver les câble à de nombreux joints des rails, sous la forme d’un seul câble reliant les rails à la partie supérieure de l’éclisse ou de deux câbles qui sortent de chaque côté de l’éclisse. Couper un ou plusieurs de ces câbles, à divers points de jonction, interfère avec le circuit et met le bloc de signalisation dans l’état « occupé ». Pour cela il n’y pas besoin de se procurer du câble en cuivre – il suffit d’avoir une bonne paire de ciseaux ou un petit coupe-boulons.

Guérites de signalisation

Les guérites de signalisation transmettent les informations recueillies par différents éléments du circuit de voie aux conducteurs des trains et aux centrales de contrôle du trafic. On les trouve souvent aux croisements de voies et parfois entre les sections, en fonction de l’équipement de détection installé sur ce tronçon particulier. Elles sont souvent grises ou couleur acier et ressemblent à de petites cabanes […], avec des câbles électriques qui en sortent, dans des protections en plastique ou en métal.

Une interférence sur ces relais de signalisation est immédiatement détectée et déclenche l’arrêt des voies. [le texte poursuit en décrivant les guérites canadiennes, qui apparemment sont plus sécurisées que celles de la SNCF, et la façon d’ y accéder – les images utilises ici sont des guérites de la SNCF ; NdAtt.]

Exploitation du protocole ferroviaire
[ne sachant pas si le protocole de la SNCF est semblable à celui des chemins de fer canadiens, on préfère ne pas traduire ce paragraphe ; on ajoute seulement qu’il y a d’autres éléments des chemins de fer qui peuvent être pris pour cible sans mettre en danger les passagers des trains et le personnel SNCF, comme les câbles de signalisation qui courent à côté des voies, différents armoires électriques, les sous-stations électriques qui alimentent les trains, etc. – pour d’autres idées on pourra voir aussi cet autre texte ; NdAtt.]

Même si ces perturbations ne sont pas permanentes, elles ralentissent, arrêtent et perturbent la circulation ferroviaires et constituent un moyen supplémentaire de mener des perturbations ferroviaires.

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Hamilton (Canada) : Fuck les flics du Covid ! https://attaque.noblogs.org/post/2021/04/29/hamilton-canada-fuck-les-flics-du-covid/ Thu, 29 Apr 2021 17:17:17 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=42577 Continuer la lecture ]]> North-Shore Counter-Info / samedi 17 avril 2021

Comme des millions d’autres personnes en Ontario [la province canadienne où se trouve Hamilton ; NdAtt.], je me suis réveillé.e ce matin dans un monde où la police avait reçu le droit de vous retenir à tout moment, de vous interroger, d’exiger des informations sans aucune raison et de donner des ordres qui doivent être suivis. Dans la pratique, beaucoup de ces choses ont déjà lieu, mais le fait que ce qui normalement est un abus soit officiellement reconnu est un choc énorme.

Le gouvernement prétend que c’est pour essayer d’arrêter la propagation du Covid. Ils interdisent à nous tou.te.s de nous asseoir dehors, dans un parc, avec des ami.e.s, même en gardant nos distances, alors que les usines et les prisons continuent de fonctionner à plein régime, car ils font passer les profits avant les relations humaines. Donner à la police un pouvoir accru pour faire appliquer ce genre de règles, c’est juste incroyablement malsain.

J’étais assez énervé.e, alors j’ai fait un tas d’affiches et je les ai collées dans mon quartier, dans East Hamilton. Est-ce qu’elles auraient été meilleures si j’avais pris plus de temps ? Bien sûr. Aurais-je dû mettre « Le Covid existe vraiment » ou quelque chose comme ça, de façon que ce soit plus clair que je ne suis pas un.e anti-masque ou un.e conspirationniste ? Probablement. Mais je dirais qu’il est plus important d’agir, de rendre visible une opposition à ces mesures autoritaires, de façon à ne pas nous sentir tou.te.s effrayé.e.s et seul.e.s.

En tant qu’anarchiste, je crois dans le fait de m’informer, de discuter avec les personnes autour de moi et de trouver nos propres pratiques pour faire face au Covid, des pratiques qui reflètent nos propres valeurs et priorités. Comme avec toute autre loi, même lorsque les choses que nous considérons appropriées sont illégales, cela signifie simplement que nous devons faire un peu plus d’efforts pour trouver les moyens de les faire. Je m’oppose au droit que l’État aurait de nous dicter nos pratiques et nos priorités, et surtout à sa possibilité de les faire respecter par la répression, même si je peux choisir d’adopter des pratiques similaires à celles qu’il suggère.
Certains anarchistes ont fait circuler des textes qui imitent le discours de l’extrême-droite, s’inquiétant de la liberté d’expression de politiciens conservateurs dissidents ou du droit des réactionnaires religieux à se rassembler, ou qui minimisent l’épidémie de Covid. D’autres sont devenus impossibles à distinguer des libéraux et essayent de faire taire les critiques de leurs compas en prétendant que nous essayons de tuer leurs grands-parents ou des trucs comme-ça. Nous pouvons faire mieux.
C’est vrai qu’en ce moment la situation est effrayante. La pression sociale à suivre n’importe quelle connerie autoritaire est très forte, mais coller ces affiches tout.e seul.e en plein milieu de la journée, le week-end, a été une bonne expérience pour parler de ça avec mes voisin.e.s. Nous ne sommes jamais si seul.e.s que nous le pensons.

(Je met ici un PDF de mes affiches, au cas où vous seriez plus nul.le.s en que moi en mise en page. Mais il est facile de faire les vôtres, avec des logiciels gratuits comme Gimp et LibreOffice Draw. La colle avec de la farine, se fait avec trois ou quatre parts d’eau chaude pour une part de farine ; ajoutez doucement l’eau à la farine, en remuant, puis ajoutez-y une bonne dose de sucre).

Solidarité avec les gens de Montréal qui se sont battu.e.s contre le couvre-feu là-bas!

Gardez vos collectifs et vos groupes d’affinité soudés et maintenez toujours une bonne distanciation sociale avec l’État !

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Ontario (Canada) : Renseignements sur la surveillance policière https://attaque.noblogs.org/post/2020/09/08/ontario-canada-renseignements-sur-la-surveillance-policiere/ Tue, 08 Sep 2020 06:49:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=37762 Continuer la lecture ]]> Renseignements sur la surveillance policière contre le mouvement de solidarité avec les Wet’suwet’en

Montréal Contre-Information / vendredi 4 septembre 2020

North Shore Contre-Info a reçu des documents juridiques pas encore rendus publics avec des renseignements sur de récentes enquêtes ciblant des anarchistes dans le sud de l’Ontario pour leurs activités en solidarité avec les Wet’suwet’en en 2019 et 2020. Ces renseignements confirment des pratiques de surveillance qu’on savaient possibles, mais qui ne sont pas d’habitude prises au sérieux. Ces pratiques incluent une collaboration avec des grosses entreprises de la tech, des dispositifs de localisation et de longues périodes de surveillance active.

Nous encourageons les militant·e·s de lire ceci avec attention. Nous ne publions pas davantage de précisions sur le contexte afin de protéger l’identité des sources.

Nous pouvons confirmer le suivant :

  • La police a demandé et a obtenu un mandat 492.1(1) pour suivre les déplacements d’un individu à l’aide d’un dispositif de surveillance attaché à sa voiture.
    – Le juge a délivré le mandat en 24 heures
    – Le mandat permet qu’un dispositif soit en place pendant 60 jours, ou jusqu’à une année si la cible est liée au crime organisé ou au terrorisme (rappelons que les anarchistes en Ontario sont souvent traité·e·s ainsi)
  • Google s’est conformé à plusieurs mandats et a donné à la police locale en Ontario les métadonnées de comptes gmail en trois jours après réception de la demande.
    – Les métadonnées comportent les comptes liés, les informations de récupération et les informations de création de compte, entre autres
    – La police locale n’a même pas essayé d’obtenir les informations des comptes Riseup qui figuraient également dans leurs notes
  • Les fournisseurs d’accès Internet (FAI) gardent un journal de vos adresses IP même s’ils disent qu’ils ne le font pas. La police a réussi à obtenir des mandats pour ces journaux.
    – La police a pu accéder à ces infos dans les deux semaines après leur demande
    – Ces informations sont utiles pour confirmer les infos obtenues d’autres entreprises internet, en permettant par exemple de faire le lien entre un adresse courriel et un point d’accès à internet
    – Le FAI a dit à la police qu’il allait avertir son client de cette divulgation d’information mais il ne l’a jamais fait
  • Certain·e·s individu·e·s impliqué·e·s dans le mouvement de solidarité avec les Wet’suwet’en étaient l’objet d’une surveillance 24 heures sur 24 pendant une période qui a duré d’au moins fin février à début mars.
    – Les unités de surveillance mobiles étaient composées de 4-6 flics qui surveillaient la résidence de leurs cibles et suivaient leurs déplacements
    – Ils ont rédigé des listes d’associés qui comportaient des noms de personnes avec qui leur cible étaient en contact
    – Il est arrivé que les flics entraient dans un magasin que la cible a fréquenté pour demander de voir la vidéosurveillance et les reçus de caisse
    – Leurs rapports étaient combinés avec des rapports sur les renseignements disponibles sur les réseaux sociaux avant d’être envoyés à la division de renseignements et à l’unité des crimes haineux locales
    – Il n’y a pas de raison de croire que cette surveillance se limite à ce que ces documents confirment. Il est probable qu’elle a duré plus longtemps et a ciblé davantage de gens
  • La police s’est appuyé sur la présence d’un individu dans des manifestations publiques pour obtenir un mandat pour fouiller son portable. La référence la plus ancienne à sa présence dans des manifs date d’il y a sept ans
    – Nous ignorons si la police a pu accéder aux données du portable. Il était chiffré avec le logiciel de chiffrement de disque Android de base. Par le passé, ils n’ont pas réussi à entrer dans des portables chiffrés ainsi (lors de l’affaire Locke Street par exemple) mais dernièrement la police a dépensé des dizaines de milliers de dollars sur des logiciels de décryptage

Nous ne sommes en rien des experts sur la surveillance ou la contre-surveillance, mais nous suggérons les mesures suivantes :

  • D’une certaine façon, que la police ait besoin de se servir de pratiques de surveillance intensives indique que la culture de la sécurité marche. Les gens ne se balancent ou ne s’affichent pas eux même sur les réseaux sociaux et s’organisent de manière sécuritaire.
  • Évitez d’utiliser les services d’entreprises comme Facebook et Google, qui vous sont hostiles aussi bien qu’à vos projets. Au moins un·e anarchiste en Ontario risque la prison à cause de la collaboration de Google avec la police, tout comme d’innombrables autres au sud de la frontière.
  • Il n’est pas possible d’être certain.e de repérer et d’éviter la surveillance physique. Pendant des périodes d’haute tension, tenons pour acquis qu’on nous suit sauf quand nous prenons des mesures actives pour l’empêcher.
  • Nous avons très peu d’expérience avec les dispositifs de localisation sur des véhicules. Maintenant que nous savons pour certain que cela arrive ici, on pourrait essayer d’éviter de se servir de voitures liées à des radicaux·ales connu·e·s pour des actions et les préparations
    – Consulter https://earsandeyes.noblogs.org pour des exemples de quoi ont l’air ces machins et comment ils ont été utilisés contre des anarchistes
  • Pour les données des FAI, renseignez-vous sur la politique de confidentialité de votre FAI. Pensez à changer à une compagnie qui garde un minimum de journaux
    – L’État oblige aux FAI de garder des journaux d’adresses IP associés à leurs clients, mais le FAI dont il est question ici ne les garde que pendant 30 jours après la dernière utilisation de l’adresse
  • Assurez-vous de chiffrer votre portable et de l’éteindre si vous risquez l’arrestation. Utilisez des applis de messagerie sécurisées et des réglages qui effacent automatiquement vos messages pour minimiser le risque s’il tombe entre les mauvaises mains.
  • Tout cela peut faire peur, mais rappelons-nous que le but de discuter de la répression est de pouvoir agir de manière efficace malgré elle. Consultez le texte Confidence Courage Connection Trust pour un guide pratique à la culture de la sécurité

Ce texte est signé par des membres du collectif North Shore

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Hamilton (Canada) – Leur projet doit être abandonné : dégradations du nouveau gazoduc d’Enbridge https://attaque.noblogs.org/post/2020/06/14/hamilton-canada-leur-projet-doit-etre-abandonne-degradations-du-nouveau-gazoduc-denbridge/ Sun, 14 Jun 2020 19:02:52 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=36252 Continuer la lecture ]]> North-Shore / vendredi 12 juin 2020

Lorsque une lune d’un jaune intense s’est levée, nous nous sommes enfoncé.e.s dans le marécage, au-delà des douces odeurs de lilas, de verdure et de terre. Bercé.e.s par le clair de lune et par la lumière de nos frontales se reflétant, dans l’obscurité environnante, sur les piquets clairs qui délimitent le nouveau projet de gazoduc d’Enbridge [grande entreprise canadienne spécialisée dans le transport de pétrole par oléoduc ; NdAtt.], à Flamborough. Un par un, nous avons enlevé près de 10 kilomètres de piquets, les jetant sur le côté pour qu’ils soient réabsorbes par la broussaille.

Des fougères hautes jusqu’aux épaules, des coléoptères géants, des coyotes hurlants et des grenouilles chantantes n’étaient que quelques-unes des merveilles que le marais avait à nous offrir, ce soir-là.

Séparé.e.s en petites équipes et armé.e.s de lampes frontales et de chaussures de randonnée, nous avons parcouru presque toute la longueur du gazoduc en projet, dans le but de faire perdre du temps et de l’argent à Enbridge et d’envoyer un message : Nous allons résister à la construction de ce gazoduc. Il ne sera pas construit.

Le tracé du gazoduc proposé par Enbridge s’étend entre Valens Road et l’est de la route 6, entre Safari Road et la rue Concession 8, au cœur du marais de Beverly, désigné comme zone humide provinciale de classe 1 et secteur significatif sur le plan environnemental. Leur projet est le gazoduc le plus court et le plus destructeur de ce qu’on appelle le sud de l’Ontario. Étant donné qu’il devrait traverser trois bassins versants, il faudra couper, drainer et détruire une bande de forêt et de marécage de 28 mètres de large, et creuser, avec pelleteuses et explosifs, une tranchée de 2,5 mètres.

En plus des impacts à u niveau local et des risques graves, cette nouvelle ligne est destinée à servir de solution de contournement aux moratoires qu’il y a aux États-Unis sur la fracturation hydraulique pour extraire du gaz de schiste. Les conséquences de la fracturation sont si importantes qu’il a été récemment déterminé que le gaz de schiste peut être autant ou plus destructeur pour notre environnement et notre atmosphère que la combustion du charbon. La fracturation hydraulique comporte l’injection d’eau à haute pression, de sable et de produits chimiques brevetés, pour fissurer la terre et libérer du gaz. Il a été démontré que ce processus perturbe les écosystèmes, provoque des tremblements de terre, détruit le substrat rocheux et empoisonne les eaux souterraines et de surface.

Le choix de résister à ce gazoduc est facile, même si les randonnées nocturnes dans des endroits sauvages ne le sont pas ; ce fut un plaisir de visiter cet endroit sauvage et semi-sauvage, sous le clair de lune. Tout le monde s’en est sorti sain et sauf, de bonne humeur, et après avoir retiré les piquets sur environ le 70 % du chantier.
Covids-19 ou pas, la résistance contre les pipelines à travers l’île de la Tortue [le nom donné au continent américain dans certaines des langues autochtones ; NdAtt.] est toujours nécessaire.

Les projets de pipelines sur l’île de la Tortue mettent en danger la vie des gens, des animaux et des oiseaux, et même celle des belles fougères hautes jusqu’aux épaules. La lutte pour la justice raciale nous a montré que nous pouvons – et que nous sommes prêt.e.s à – prendre des risques lorsque des vies sont en jeu. Il le faut.

Alors que l’État encourage les entreprises à construire et à achever leurs pipelines pendant qu’il nous garde confiné.e.s, alors que les entreprises continuent à construire des infrastructures et à porter des centaines de personnes et des virus potentiels dans des communautés indigènes isolées, alors que les fonctionnaires mettent en place une législation qui expropriera les terres des populations indigènes, ne respectera pas la souveraineté de la terre et enverra les défenseur.seuse.s de la terres en prison, nous devons résister.

Il est temps de passer de nouveau de la gestion de la crise du Covid-19 à la construction et à l’accroissement de la résistance. En particulier, les pipelines offrent de nombreuses possibilités de s’engager dans une résistance qui peut frapper même à distance : les entreprises, les sous-traitants, les équipements, les bureaux d’expertises – et bien sûr, les infrastructures de l’État.
En solidarité avec celles/ceux qui brûlent les équipements des pipelines et les postes de police,

Les bêtes de Beverly

 

Vers le milieu du XIXe siècle, une grande partie de la région autour du marais de Beverly et le marais lui-même ont été exploités et drainés pour en faire des terres agricoles. Le début de la destruction, de la part des humains, de cette région a changé l’habitat pour toujours, en poussant toute sorte de vie sauvage, y compris les ours noirs, à quitter la région. Vers 1910, après des décennies sans que les habitants n’aient plus vu aucun ours ni de signes d’ours, un ours est mystérieusement réapparu, rôdant dans le marais et les terres agricoles adjacentes. Cet ours – connu sous le nom de « Bête de Beverly » – a échappé aux chasseurs jusqu’à ce que soit décidée une chasse collective avec des hommes et des chiens, pour nettoyer le marais. L’histoire de sa mort n’a jamais été racontée.

Nous sommes les échos de cette bête, chassée et tuée par des petits hommes peureux. Par ceux qui n’ont pas su honorer et accueillir comme il fallait l’ours : comme une indication de la façon dont la terre devrait être : sauvage et libre.

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Posons une question différente https://attaque.noblogs.org/post/2020/03/23/posons-une-question-differente/ Mon, 23 Mar 2020 21:39:40 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=34016 Continuer la lecture ]]> Posons une question différente : Regagner son autonomie d’action pendant le virus

Montreal Contre-Information / lundi 23 mars 2020

La situation change d’heure en heure. Comme tout le monde, je le suis de près et je partage les nouvelles infos, je regarde nos vies changer chaque jour, je sombre dans l’incertitude. Il nous arrive d’avoir l’impression qu’il n’y a qu’une seule crise dont les faits sont objectifs et qui ne permettent qu’une seule voie: celle de la séparation, de l’enfermement, de la soumission, du contrôle. L’État et ses appendices deviennent donc les seuls acteurs légitimes et le récit des médias de masse, avec la peur qu’ils véhiculent, inonde notre capacité d’action autonome.

Certain·e·s anarchistes ont signalé l’existence de deux crises qui se déroulent en parallèle. La première c’est la pandémie qui se répand à toute allure, qui nuit gravement et provoque même la mort pour des milliers de personnes. L’autre, c’est la stratégie de gestion de crise de l’État. Il veut nous faire croire qu’il agit pour défendre la santé de tout le monde — il veut qu’on voit sa réponse à la crise comme objective et inévitable.

La gestion de crise permet à l’État de décider les conditions qui existera une fois la crise passée, ce qui lui permet de choisir les gagnants et les perdants, selon des critères prévisibles. Si on reconnaît l’inégalité comme partie intégrante de ces mesures soi-disant neutres, il faut aussi avouer que certain·e·s payeront un prix bien plus élevé pour ce que les puissants nomment le bien collectif. Je veux retrouver l’autonomie et la liberté d’action dans cette situation et pour ce faire il sera nécessaire d’échapper au récit qui nous est donné.

Lorsqu’on permet à l’État de contrôler le récit et les questions que l’on pose, on lui permet aussi de contrôler la réponse. Si on désir un résultat autre que ce que préparent les puissants, il sera nécessaire de poser une question différente.

Nous ne faisons pas confiance aux récits médiatiques sur bien des sujets et nous restons d’habitude conscient·e·s du pouvoir des puissants de façonner le récit pour rendre inévitable les actions qu’ils ont envie de prendre. Ici au Canada, l’exagération et les mensonges sur l’impact des blocages liées au mouvement #shutdowncanada ont préparé le terrain pour un retour violent au normal. Il est possible de comprendre l’importance d’un protocole pour limiter les infections tout en restant critique de la manière dont l’État s’en sert à ses propres fins. Même si on regarde la situation pour nous même et on arrive à accepter certaines recommandations que prône aussi l’État, il ne nous est pas nécessaire d’adopter son projet comme le notre. Il y a toute une différence entre suivre des ordres, et la pensée indépendante qui mène à des conclusions semblables.

Lorsqu’on porte vraiment notre propre projet, il nous est plus facile d’arriver à une analyse indépendante de la situation, d’examiner les diverses informations et suggestions pour nous même et de se demander ce qui est en accord avec nos buts et priorités. Par exemple, céder la possibilité de manifester quand grand nombre ont encore besoin de bosser dans le commerce du détail ne peut être qu’une mauvaise décision pour tout projet libérateur. Ou bien reconnaître la nécessité d’une grêve des loyers, tout en propageant une peur qui interdit toute manière de se retrouver entre voisin.e.s.

Abandonner les moyens de lutter tout en accommodant l’économie n’a rien en commun avec nos buts à nous mais découle du but de l’État qui veut gérer la crise tout en limitant les dégâts économiques et empêchant toute atteinte à sa légitimité. Ce n’est pas que l’État cherche à limiter la dissidence, c’est juste un sous-produit. Mais si nous avons un point de départ différent — cultiver l’autonomie au lieu de protéger l’économie — nous arriverons sans doute à un équilibre différent sur ce qui nous est acceptable.

Pour ma part, un point de départ c’est que mon projet en tant qu’anarchiste est de créer les conditions pour des vies libres et enrichissantes et non simplement des vies les plus longues possibles. Je veux écouter des conseils intelligents sans céder mon autonomie et je veux respecter l’autonomie des autres — au lieu d’un code moral à imposer, nos mesures pour le virus devrait se baser sur des accords et des limites, comme toute pratique de consentement. En discutant des mesures qu’on a choisi, on arrive à des accords et là où l’accord est impossible, nous établissons des limites auto-exécutoires qui n’ont pas besoin de coercition. Nous prenons en compte comment l’accès aux soins médicaux, la classe, la race, le genre, la géographie et bien sûr la santé interagissent avec en même temps le virus et la réponse de l’État et nous prenons cela comme une base pour notre solidarité.

Le récit de l’État insiste sur l’unité — l’idée qu’il est nécessaire de se rassembler comme société pour un bien singulier qui nous appartiendrait à tous et toutes. Les gens aiment le sentiment de faire partie d’un grand effort de groupe et aiment l’idée qu’ils puissent contribuer par leurs gestes individuels — le même genre de phénomène qui rend possible les mouvements sociaux contestataires permettant aussi à ces moments d’obéissance de masse. Notre rejet de ce récit peut donc commencer en se rappelant de l’opposition fondamentale entre les intérêts des riches et des puissants et les nôtres. Même dans une situation où ils pourraient tomber malade et mourir eux aussi (en différence avec la crise des opiacés ou l’épidémie du SIDA avant), leur réponse à la crise à peu de chance de satisfaire nos besoins et risque même une intensification de l’exploitation.

Le sujet présumé de la plus part des mesures tel que l’auto-isolement et l’éloignement social est de classe moyenne — ils imaginent une personne avec un emploi qu’elle peut facilement faire de chez elle ou bien qui a accès à des congé payée (ou dans le pire des cas, à des économies), une personne avec un chez-elle spacieux, une voiture personnelle, sans beaucoup de relations intimes et avec du fric à dépenser sur la garde d’enfants et le loisir. Tout le monde est exhorté à accepter un niveau d’inconfort, mais ceci augmente à force que nos vies diffèrent de cette idéale implicite, ce qui augmente l’inégalité du risque des pires conséquences du virus.

En réponse à cette inégalité on voit circuler de nombreux appels pour des formes de redistribution étatique, telles que l’expansion de l’assurance emploi, des prêts ou des reports de paiement. La plus part de ces mesures se résument à de nouvelles formes de dette pour des gens déjà en difficulté, ce qui fait écho de la crise financière de 2008, où tout le monde a partagé les pertes des riches tandis que les pauvres ont été laissés pour compte.

Je n’ai aucun intérêt à donner des conseils à l’État et je ne suis pas parmi celleux qui voit en ce moment un point de bascule vers des mesures socialistes. La question centrale à mon avis, c’est si on veut ou non que l’État ait le pouvoir de tout arrêter, peu importe ce qu’on pense des raisons invoqués.

Le blocages #shutdowncanada étaient jugées inacceptables, bien qu’ils ne causaient pas une fraction des dégâts que ce qu’a pu faire l’État, à peine une semaine plus tard. C’est clair que le problème n’est pas le niveau de perturbation, mais qui est l’acteur légitime. De la même manière, le gouvernement de l’Ontario ne cessait de répéter à quel point la grève des enseignant·e·s et leurs quelques journées d’actions auraient été un fardeau inacceptable pour les familles, juste avant d’ordonner la fermeture des écoles pendant trois semaines. Encore une fois, le problème c’est que c’était des travailleurs·euses et non un gouvernement ou un patron. La fermeture des frontières à des gens mais non à des biens intensifie le projet nationaliste déjà en marche partout dans le monde et la nature économique de ces mesures à l’apparence morale deviendra évidente après le pic du virus et quand les appels deviendront plutôt “acheter, pour l’économie”.

L’État rend légitime ses actions en les positionnant comme la simple mise-en-pratique des recommandations expertes et de nombreux gauchistes répètent cette même logique dans leurs appels pour la gestion directe de la crise par des experts. Tous les deux prônent la technocratie et le règne des experts. On a vu de ça dans certains pays européens, où des experts économiques étaient nommés chef d’État pour mettre en place des plans d’austérité “neutres’ et “objectifs”. On trouve souvent à gauche des appels à céder notre autonomie pour se fier à des experts, surtout dans le mouvement contre les changements climatique, et aucune surprise de les retrouver pour le virus.

Ce n’est pas que je ne veux pas l’avis d’experts ou qu’il existe des individus avec une connaissance profonde de leur domaine — c’est que je trouve que la manière de présenter un problème anticipe déjà la solution. La réponse au virus en Chine nous montre de quoi la technocratie et l’autoritarisme sont capables. Le virus ralenti et les postes de contrôle, les couvre-feu, les technologies de reconnaissance faciale et la mobilisation de main d’oeuvre peuvent servir à d’autres fins. Si on ne veut pas cette réponse, il faut savoir poser une question différente.

Les écrans ont déjà réussi à enfermer énormément la vie sociale et cette crise ne fait qu’accélérer ce processus — que peut-on faire pour lutter contre l’aliénation en ce moment? Que peut-on faire pour répondre à la panique de masse que répandent les médias, ainsi qu’à l’anxiété et la solitude qui viennent avec?

Comment répandre la possibilité d’agir? Les projets d’entraide et de santé autonomes sont une bonne idée, mais peut-on passer à l’offensive? Peut-on entraver la capacité des puissants de décider quelles vies valent la peine de sauver? Peut-on aller au-delà du soutien pour s’attaquer aux rapports de propriété? Aller vers le pillage ou l’expropriation, ou même extorquer les patrons au lieu de mendier pour un peu de congé maladie?

Que fait-on pour préparer à esquiver les couvre-feu ou des restrictions de déplacements, même à traverser des frontières bouclées, si on décide que c’est approprié? Cela comprendra d’établir nos propres standards pour la sécurité et la nécessité et de ne pas accepter bêtement celles de l’État.

Que peut-on faire pour avancer nos engagements anarchistes? En particulier, notre haine de la prison dans toutes ses formes me parait pertinente. Que peut-on faire pour cibler les taules en ce moment? Et les frontières? Et si la police s’en mêlent pour appuyer les mesures de l’État, comment faire pour délégitimer et limiter leur pouvoir?

Le pouvoir se reconfigure autour de nous — comment cibler ses nouveaux points de concentration? Quels intérêts cherchent à “gagner” au virus et comment les miner (pensons aux opportunités d’investissement, mais aussi aux nouvelles lois et l’expansion de pouvoirs autoritaires). Quelles infrastructures de contrôle se renforcent? Qui sont les profiteurs et comment les atteindre? Comment préparer pour ce qui viendra après et se préparer pour le moment de possibilité qui pourrait exister entre le pire du virus et un retour à la normalité économique?

Développer notre propre récit de ce qui se passe, ainsi que des buts et priorités qui nous sont propres, n’est pas mince affaire. Il sera nécessaire d’échanger des textes, experimenter en action et communiquer sur les résultats. Il nous sera nécessaire d’élargir notre idée d’intérieur-extérieur pour avoir suffisamment de gens avec qui s’organiser. Il sera nécessaire de continuer d’agir dans l’espace publique et refuser de se replier sur l’internet. Avec les mesures pour combattre le virus, la peur intense et la pression de se conformer chez nombreuses personnes qui seraient autrement nos alliées rend difficile la tâche de discuter de la crise autrement. Mais si on veut vraiment défier la capacité des puissants de façonner la réponse au virus selon leurs intérêts, il faut commencer par regagner l’habilité de poser nos propres questions.

Les conditions sont différentes partout, mais les États se regardent et se prennent en exemple, alors il nous ferait bien de regarder les anarchistes ailleurs pour voir comment illes font face à des conditions qui seront bientôt les nôtres. Alors je vous laisse avec cette citation d’anarchistes en France, où le confinement obligatoire est en place depuis une semaine, maintenu par la force armée de la police:

Alors oui, on va éviter les activités trop collectives, les réunions superflues, on va maintenir des distances de sécurité, mais on niquera votre confinement, déjouera autant que possible vos contrôles, hors de question qu’on cautionne la restriction de nos libertés et la répression ! A tou.te.s les pauvres, les marginaux et les révolté.e.s, soyons solidaires et entre-aidons nous pour maintenir les activités nécessaires à notre survie, éviter les arrestations et les amandes et continuer à nous exprimer politiquement. [on pourra lire ce texte par exemple ici ; NdAtt.]

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Sud de l’Ontario (Canada) : Trois sabotages de chemins de fer, en solidarité avec les défenseur.euse.s de la terre https://attaque.noblogs.org/post/2020/03/08/sud-de-lontario-canada-trois-sabotages-de-chemins-de-fer-en-solidarite-avec-les-defenseur-euse-s-de-la-terre/ Sun, 08 Mar 2020 08:24:12 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=33706 Continuer la lecture ]]> North-Shore / samedi 7 mars 2020

Il nous semble intéressant de partager le fait que nous avons réussi à arrêter (ne serait-ce que pour quelques heures) plusieurs lignes de chemin de fer dans le sud de l’Ontario, en utilisant la vieille technique du câble en cuivre. Nous l’avons fait à trois reprises, en ciblant une jonction à Milton, puis sur les lignes qui relient Kitchener-Waterloo à Toronto et à Burlington. En utilisant des cartes pour suivre le trajet des lignes, nous nous sommes amusé.e.s à trouver les endroits où agir avec le plus d’impact. Nous avons appris davantage sur la façon de procéder en suivant certains des autres post d’information et riches en inspiration, ici sur North-Shore.

Ce sont été des moyens rapides, efficaces et joyeux de contribuer aux efforts le la campagne Shut Down Canada [appel aux sabotages et aux blocages des chemins de fer canadiens, en solidarité avec la population Wet’suwet’en dont le territoire, dans l’ouest du pays, est menacé par un projet de grand oléoduc ; NdAtt.]. Les sabotages clandestins sont des tactiques importantes à populariser et à rendre courantes, pour de nombreuses raisons :

– la répression prend facilement le dessus sur la protestation publique ;

– il faut très peu de temps pour saboter une ligne avec un câble en cuivre (une fois sur place, peut-être 15 minutes, ou un peu plus si la connexion n’est pas idéale au début) ;

– on peut le faire seul.e ou avec une seule autre personne de confiance. Ce fait à lui seul rend le risque vraiment très faible ;

– les posts sur les réseaux sociaux et le remplissage d’une carte Google maps [des actions ; NdAtt.] ne sont pas le but final de la solidarité des personnes issues de la colonisation européenne. L’objectif est de s’aligner sur les défenseur.euse.s de la terre, dans des actions stratégiques et qui ramènent la peur dans les cœurs d’industries immensément puissantes auxquelles elles/ils sont confronté.e.s ;

– riposter de cette façon nous fait bien au cœur.

Vers des belles et nombreuses possibilités !

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Canada – Solidarité avec les Wet’suwet’en : Les voies ferrées sabotées à répétition en Ontario https://attaque.noblogs.org/post/2020/01/25/canada-solidarite-avec-les-wetsuweten-les-voies-ferrees-sabotees-a-repetition-en-ontario/ Sat, 25 Jan 2020 10:02:48 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=32535 Continuer la lecture ]]> extrait de Montreal Counterinformation / vendredi 24 janvier 2020

Burlintgon, 23 janvier 2020 – Gardez votre feu vif : sabotage d’un chemin de fer

La nuit dernière, nous avons fait un sabotage au niveau d’un goulot d’étranglement de la voie ferrée à Burlington. Ce lieu a été choisi car c’est là que les lignes de Detroit et de Buffalo se rejoignent pour aller vers Toronto et Montréal. Nous avons entendu dire que c’est le carrefour de ce genre le plus fréquenté au Canada. Cette action a été faite en solidarité avec les Wet’suwet’en [population autochtone vivant dans l’actuelle Colombie-Britannique ; depuis des années les Wet’suwet’en s’opposent à la construction d’un oléoduc, le Coastal GasLink, sur territoire où ils/elles vivent – on remarquera que le soutien à leur lutte contre la dévastation de l’environnement menée par le capitalisme peut se passer d’arguments nationalistes ou d’appels à des traditions soi-disantes ancestrales ; NdAtt.] qui luttent en première ligne contre l’État canadien et les entreprises qu’il soutient, suite à un appel au sabotage de chemins de fer.

Pour ce faire, nous avons identifié un poste de signalisation et mis le feu à son alimentation électrique pour détruire les câbles qui l’alimentaient. En espérant que cela leur prendra un certain temps pour réparer et que la ligne restera fermée le plus longtemps possible.

Nous avons fait cela pour montrer aux personnes qui luttent sur le front qu’elles ne sont pas seules, et que d’autres sont prêtes à faire des gestes forts de solidarité si la GRC [Gendarmerie royale du Canada ; NdAtt.] agit contre elles. Nous avons choisi ce moment tendu des négociations qui ont commencé aujourd’hui pour nourrir le feu sur les premières lignes.

Continuons à bloquer les rails, la solidarité est un outil puissant qui nous permet à toutes et tous de construire notre autonomie. La GRC, hors du territoire Wet’suwet’en et partout ailleurs

Toronto, 14 janvier 2020 : Explorations sur les perturbations ferroviaires en solidarité avec les Wet’suwet’en

Ce week-end à Toronto, inspiré.e.s par les actions des défenseurs de la terre Wet’suwet’en ainsi que par un récent appel à la perturbation des chemins de fer, certain.e.s anarchistes ont pris les rails pour contribuer à l’élan des manifestations, des blocages et des actes de sabotage ayant eu lieu sur l’île de la Tortue [le continent américain ; NdAtt.].

Nous avons hésité à rédiger cet article car, en raison de notre manque d’expérience et de l’endroit choisi, nous ne pouvons pas être absolument certain.e.s que notre tentative de sabotage ait réussi. Mais finalement, nous avons voulu partager notre message de solidarité et notre engagement dans cette lutte, ainsi que nos propres réflexions et connaissances acquises lors de cette première tentative.

Les articles publiés précédemment sur ce site constituent un excellent point de départ pour apprendre à exécuter ce type de mission. Nous avons choisi un site à proximité d’un nœud ferroviaire et avons utilisé du fil de cuivre pour imiter la présence d’un train sur les rails, ce qui bloquerait (avec un peu de chance !) tout trafic ferroviaire jusqu’à ce que la perturbation soit éliminée. Comme nous n’avions pas de câbles de raccordement, qui assurent une connexion plus fiable, nous avons rapidement frotté nos points de jonction avec de la laine d’acier pour nous assurer qu’aucune rouille n’entravait la connexion.

Tel que mentionné dans les articles précédents, et ça s’est avéré juste dans notre cas, il peut falloir un certain temps avant de trouver un endroit où les éclisses (qui sont un endroit idéal pour se connecter) s’alignent sur les deux rails. La prochaine fois, nous chercherons probablement d’autres endroits où quitter la voie ferrée en toute sécurité, ce qui nous donnera des options plus proches de là où nous nous sommes retrouvé.e.s, au lieu de devoir revenir en arrière jusqu’à l’endroit où nous étions entré.e.s.

Un peu plus tard, en quittant les lieux, nous avons vu un camion avec les phares allumés au bord de la voie ferrée. Il est difficile de dire s’il était stationné ou s’il se dirigeait vers le site de la perturbation, mais il est bon de savoir qu’il était là.

Enfin, il aurait été bon de savoir avec certitude si l’action a réellement fonctionné. Si une connexion est établie avec succès, les barrières des passages à niveau à proximité vont s’abaisser, et il aurait donc été utile de viser un endroit proche d’une telle barrière. Sinon, on aurait pu placer un guetteur ou une guetteuse à une certaine distance du site de l’action, pour garder un œil sur un passage à niveau, ou sur toute autre activité indiquant le succès de l’action.

En conclusion, nous disons : Faites attention et lancez-vous ! Les yeux sur la ligne de front, les pieds dans la rue et… sur les voies ferrées !

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Hamilton (Canada) : Des nouvelles de Cedar https://attaque.noblogs.org/post/2018/04/29/hamilton-canada-des-nouvelles-de-cedar/ Sun, 29 Apr 2018 08:24:49 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=18185 Continuer la lecture ]]> Indymedia Nantes / samedi 28 avril 2018

Quelques nouvelles de Cedar, toujours maintenu-e en cage à Hamilton, Canada, accusé-e d’être l@ chef et l’organisateur-trice de la manif sauvage à Locke Street.
Résumé des nouvelles publiées sur https://hamiltonanarchistsupport.noblogs.org

Cedar est maintenant enfermé-e depuis 3 semaines, en attendant le procès. Ille a été transféré-e dans l’aile masculine de la prison, mais toujours en ségrégation. Ce qui signifie rester 23h par jour, sans aucun contact humain, sauf le harcèlement occasionnel des matons. Une heure par jour, la porte s’ouvre et ille doit se grouiller pour se doucher, se raser, et tenter de passer quelques coups de fil. Parce que les prisonniers peuvent seulement faire des appels collectifs, les factures pour un « prisonnier moyen » peuvent dépasser les 100 dollars, en plus du mal de tête crée par le fait que les portables ne peuvent recevoir d’appels collectifs. Cependant, ses compagnon-nes ont pu rester relativement bien en contact avec Cedar, et ont pu lui envoyer beaucoup d’amour et de soutien de partout dans le monde.

La semaine dernière la prison était vérouillée parce qu’un maton avait eprdu une paure de ciseaux. Ce qui siginifie qu’aucun-e prisonnier-e ne pouvait sortir de sa cellule. 120 heures durant, Cedar est resté assis dans sa cellule complétement coupé-e du monde extérieur, incapable de même s’assurer que son nouvel avocat serait présent lors du prochain interogatoire au tribunal. Malgré ça, ille reste en pleine forme, a déja reçu une demi-douzaine de lettres d’ami-es, a lu un bouquin sur l’histoire du Moyen-Orient, et ille reçoit autant de visites que le permet la prison. Bien que, on a vécu ça des tonnes de fois, l’administration peut annuler des visites sans explication et sans prévenir, et donc des ami-es ou des membres de la famille de Cedar ou des ami-es qui ont voyagé pour le voir n’ont plus qu’à passer leur colère et leur tristesse ensemble dans la salle d’attente. Au cas où tu as pas encore deviné : la prison est clairement une institution abominable et inexcusable. Cedar se prépare pour la révision de sa caution avec un nouvel avocat. Ce sera sa dernière chance d’affirmer devant le juge qu’ille doit être libéré-e sous caution, et pas laissé-e pourrir en prison jusqu’à la fin de l’année. On espère qu’une révision de sa caution aura lieu d’ici quelques mois, à temps pour que Cedar puisse attraper un peu de fleurs du printemps qu’ille aime temps. En attendant, ille continuera d’aller régulièrement aux entretiens de routine toutes les deux semaines environ, où il sera embarqué-e hors de sa cellule, emmené-e au palais de justice, menotté-e et mené-e devant un-e juge pour 3 minutes de bavardage bureaucratique. Chaque fois qu’ille marchera hors du plais de justice, ille pourra voir les visages des personnes qu’ille aime, leur tapoter le coeur et sourir, puis forcé-e de rester silencieux-euse tandis que des crétins jouent avec sa vie. Chaque jour qui passe avec Cedar en prison, notre rage envers ce régime brutal ne fait que croitre. La police, les tribunaux et les prisons sont des componsantes nécessaires d’un monde basé sur la hiérarchie et la domination. Un monde que nous rejetons, et un monde contre lequel on restera debout jusqu’à ce que la dernière brique de la dernière prison tombe. Loin d’être paralysé-es par la peur par le niveau de criminalisation à laquelle notre communauté doit faire face, nous essayons de trouver des moyens d’organiser du soutien, de construire nos reseaux, et de continuer à nous battre pour un monde sans prisons.

*****

Pour lui écrire (ille lis et écrit parfaitement le français) :

Peter (Cedar) Hopperton
Hamilton-Wentworth Detention Centre
165 Barton St East
Hamilton ON
L8L 2W6 – Canada

Les lettres avec agrafes, autocollants ou parfums risquent d’être refusées par la taule.

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