Hamilton – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Sun, 10 Apr 2022 19:22:20 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Hamilton (Canada) : Des filiales de RBC attaquées https://attaque.noblogs.org/post/2022/04/10/hamilton-canada-des-filiales-de-rbc-attaquees/ Sun, 10 Apr 2022 18:57:04 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=49264 Continuer la lecture ]]> North Shore / samedi 9 avril 2022

Des filiales de RBC attaquées parce que cette banque finance le gazoduc

Nous avons perdu le compte des filiales de la Royal Bank of Canada qui ont été la cible d’attaques et de perturbations, cette semaine, dans le sud de l’Ontario et du Québec (nous pensons qu’elle sont plus d’une dizaine). Dans les villes auto-nommées Toronto, Hamilton, Montréal… des ami.e.s aussi dans des endroits si petits qu’Orillia [ville de 33000 habitant.e.s, à quelques 130 km au nord de Toronto ; NdAtt.] et si éloignés que Nanaimo [ville de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, sur la côte pacifique ; NdAtt.]. Ces actions répondent au besoin de prendre pour cible les investisseurs du projet de gazoduc Coastal Gaslink – qui est actuellement en retard grâce à l’attaque directe qui a eu lieu en février et aux campagnes, couronnées de succès, qui ont été menées jusqu’à présent par le clan Gidimt’en pour bloquer le projet – mais qui est toujours en cours de construction à un rythme rapide sur le territoire non cédé de la population Wet’suwet’en.

La RBC est l’un de ses plus importants partenaires financières et, pendant la semaine dernière et les mois précédents, elle a fait l’objet de tactiques de pression allant de l’action directe contre ses filiales, à la pression exercée sur les élites/ses clients pour qu’ils retirent leur argent des comptes de la RBC, à la perturbation de l’assemblée générale annuelle de la RBC, à Toronto. Le message est clair : la Royal Bank of Canada doit se retirer immédiatement des investissements dans le CGL.

A Hamilton, d’où nous écrivons, des filiales de la banque ont été vandalisées, ont eu leurs serrures collées et les distributeurs automatiques de billets endommagés. Nous avons choisi ces méthodes pour interférer directement avec les opérations de la banque, lui faire du tort financièrement et au niveau de son image auprès du grand public, ainsi que pour contribuer à la propagation d’actions anonymes facilement reproductibles.

RBC était la cible centrale cette semaine, mais elle n’est pas la seule à être complice de ce perojet. Nous pouvons également porter notre attention sur d’autres grandes banques, sur TC Energy, sur de nombreux entrepreneurs et promoteurs liés au projet, sur la Gendarmerie Royale du Canada et l’État qui s’auto-nomme Canada.

Cela ne fera qu’empirer. CGL et ses alliés financiers, comme la RBC, prolongent la situation en poursuivant leurs projets d’exploitation et leurs attaques violentes sur le territoire Wet’suwet’en. Le Wedzin Kwa [un des territoires habités par la population Wet’suwet’ene, dans la province canadienne de Colombie-Britannique ; NdAtt.] reste sous la menace imminente d’être détruit pour effectuer des forages. Les anciens, les matriarches, les soutiens, les camarades et les défenseur.euse.s de la terre font face à des agressions quotidiennes. Nous devons tou.te.s nous préparer à plus, à répondre avec plus d’audace, à faire plus de dégâts. S’ils insistent, alors nous insisterons en retour, mais plus fort. Avec seulement un peu de planification et de courage, nous pouvons agir de manière à nourrir nos esprits et à maintenir en vie la lutte. Restez en sécurité – et nous avons hâte de voir votre travail, quelque part, dans les jours à venir.

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Hamilton (Canada) : Le contreplaqué enlevé à la mairie https://attaque.noblogs.org/post/2022/01/29/hamilton-canada-le-contreplaque-enleve-a-la-mairie/ Sat, 29 Jan 2022 20:02:43 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=47931 Continuer la lecture ]]> North-Shore / mercredi 26 janvier 2022

Salut, c’est les anarchistes. Nous avons vu dans le journal que les autorités municipales ont installé des panneaux de contreplaqué pour empêcher les sans abri de rester au chaud à côté des bouches d’aération, à l’arrière de l’hôtel de ville. Nous – comme chaque personne qui a un cœur – avons trouvé cela absolument ignoble. Le directeur des Services généraux, Rom D’Angelo, affirme que c’est une question de « sécurité » pour le personnel de l’hôtel de ville. Et la sécurité des personnes qui essaient de ne pas mourir de froid ? Il n’en a pas parlé.

Du coup nous sommes sorti.e.s rapidement, on a appelé quelques ami.e.s, et on est allé.e.s voir si c’était facile à démonter. Il s’avère que c’est très facile. Tout ce dont vous avez besoin, c’est une visseuse avec un embout Phillips (la petite étoile). Il a fallu environ 4 minutes pour retirer toutes les vis du contreplaqué et une ou deux personnes pour emporter chaque planche. Avec un groupe plus nombreux, vous pourriez assez rapidement démonter le cadre métallique, afin que les personnes qui cherchent à rester au chaud n’aient pas à se faufiler à travers.

D’Angelo dit qu’ils vont payer une société d’ingénierie pour rediriger l’air chaud loin du trottoir. Nous nous demandons : combien de lits d’hôtel pourraient-ils être payés avec cet argent ? Je suppose que nous avons atteint un stade de dégénérescence humaine où les riches se sentent autorisés à s’accaparer même l’air qu’ils ont déjà fini de respirer. Il dit que le contreplaqué restera en place jusqu’à ce qu’ils « résolvent » le problème de trouver une source de chaleur gratuite pour les personnes sans abri.

S’ils le remettent en place demain, vous devriez aller l’enlever, vous aussi.
A chaque fois, jusqu’à ce qu’ils décident d’arrêter d’être des monstres.

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Hamilton (Canada) : RBC attaquée car elle finance le gazoduc CGL https://attaque.noblogs.org/post/2021/12/27/hamilton-canada-rbc-attaquee-car-elle-finance-le-gazoduc-cgl/ Mon, 27 Dec 2021 21:10:55 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=47319 Continuer la lecture ]]> North-Shore / dimanche 26 décembre 2021

Il y a beaucoup de choses négatives à dire sur le Père Noël et, en tant qu’anarchistes, nous ne sommes pas de grand.e.s admirateur.trice.s du bonhomme barbu ; mais nous ne pouvons qu’apprécier son jeu de se faufiler partout, un truc génial. Du coup, certain.e.s d’entre nous ont célébré cette année en se faufilant à leur tour.


Tard dans la nuit de Noël 2021, on a répondu à l’appel à attaquer les banques et les sources de financement du gazoduc Coastal GasLink, qui est imposé au peuple Wet’suwet’en. Les banques – comme la Royal Bank of Canada – sont des cibles très faciles, puisqu’elles ont de nombreuses filiales dans les villes où nous vivons et celles-ci sont relativement peu surveillées la nuit. Une filiale de Hamilton, sur Upper James, a été l’une de ces filiales bancaires qui ont été visitées et redécorées.

Nous avons passé la porte extérieure du sas de la banque et nous avons rempli de colle les fentes pour cartes de leurs trois distributeurs de billet. Après, nous avons bloqué avec de la superglue la serrure de la porte qui donne accès à la banque. En sortant, nous avons laissé un message sur les vitres, de façon que tout le monde le voit : « PAS DE GAZODUC SUR LES TERRES VOLÉES ». Ça a été une action très facile et reproductible, que nous encourageons d’autres personnes aussi à mener. Il est possible que les attaques continuelles contre des banques comme la RBC commencent à grignoter les profits qu’elles tirent du gazoduc (si nous leur faisons perdre assez d’argent) et les convainquent de retirer leur soutien financier à ce projet. Et, si ce n’est pas le cas, il s’agit d’un vrai, cathartique « fuck you » contre les institutions qui détruisent tout ce qui est bon dans ce monde.

Alors que nous entrons dans cette période liminale entre Noël et le Nouvel An, des jours parmi les plus sombres de l’année, nous sommes sommé.e.s de faire le point sur ce qui compte encore pour nous et sur ce que nous espérons porter dans nos vies pendant le prochain voyage autour du soleil. Alors que nous entrons dans ce qui pourrait être un autre hiver de Covid, nous encourageons tou.te.s nos compas à regarder dans la partie la plus chaude de leurs cœurs, là où nous tou.te.s, encore, voulons que les prisons et les banques brûlent et que nos ami.e.s nous tiennent par les mains, en dansant autour des flammes.
Tant que nous gardons ces étincelles vivantes dans nos yeux, tout est encore possible.

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Hamilton (Canada) : Fuck les flics du Covid ! https://attaque.noblogs.org/post/2021/04/29/hamilton-canada-fuck-les-flics-du-covid/ Thu, 29 Apr 2021 17:17:17 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=42577 Continuer la lecture ]]> North-Shore Counter-Info / samedi 17 avril 2021

Comme des millions d’autres personnes en Ontario [la province canadienne où se trouve Hamilton ; NdAtt.], je me suis réveillé.e ce matin dans un monde où la police avait reçu le droit de vous retenir à tout moment, de vous interroger, d’exiger des informations sans aucune raison et de donner des ordres qui doivent être suivis. Dans la pratique, beaucoup de ces choses ont déjà lieu, mais le fait que ce qui normalement est un abus soit officiellement reconnu est un choc énorme.

Le gouvernement prétend que c’est pour essayer d’arrêter la propagation du Covid. Ils interdisent à nous tou.te.s de nous asseoir dehors, dans un parc, avec des ami.e.s, même en gardant nos distances, alors que les usines et les prisons continuent de fonctionner à plein régime, car ils font passer les profits avant les relations humaines. Donner à la police un pouvoir accru pour faire appliquer ce genre de règles, c’est juste incroyablement malsain.

J’étais assez énervé.e, alors j’ai fait un tas d’affiches et je les ai collées dans mon quartier, dans East Hamilton. Est-ce qu’elles auraient été meilleures si j’avais pris plus de temps ? Bien sûr. Aurais-je dû mettre « Le Covid existe vraiment » ou quelque chose comme ça, de façon que ce soit plus clair que je ne suis pas un.e anti-masque ou un.e conspirationniste ? Probablement. Mais je dirais qu’il est plus important d’agir, de rendre visible une opposition à ces mesures autoritaires, de façon à ne pas nous sentir tou.te.s effrayé.e.s et seul.e.s.

En tant qu’anarchiste, je crois dans le fait de m’informer, de discuter avec les personnes autour de moi et de trouver nos propres pratiques pour faire face au Covid, des pratiques qui reflètent nos propres valeurs et priorités. Comme avec toute autre loi, même lorsque les choses que nous considérons appropriées sont illégales, cela signifie simplement que nous devons faire un peu plus d’efforts pour trouver les moyens de les faire. Je m’oppose au droit que l’État aurait de nous dicter nos pratiques et nos priorités, et surtout à sa possibilité de les faire respecter par la répression, même si je peux choisir d’adopter des pratiques similaires à celles qu’il suggère.
Certains anarchistes ont fait circuler des textes qui imitent le discours de l’extrême-droite, s’inquiétant de la liberté d’expression de politiciens conservateurs dissidents ou du droit des réactionnaires religieux à se rassembler, ou qui minimisent l’épidémie de Covid. D’autres sont devenus impossibles à distinguer des libéraux et essayent de faire taire les critiques de leurs compas en prétendant que nous essayons de tuer leurs grands-parents ou des trucs comme-ça. Nous pouvons faire mieux.
C’est vrai qu’en ce moment la situation est effrayante. La pression sociale à suivre n’importe quelle connerie autoritaire est très forte, mais coller ces affiches tout.e seul.e en plein milieu de la journée, le week-end, a été une bonne expérience pour parler de ça avec mes voisin.e.s. Nous ne sommes jamais si seul.e.s que nous le pensons.

(Je met ici un PDF de mes affiches, au cas où vous seriez plus nul.le.s en que moi en mise en page. Mais il est facile de faire les vôtres, avec des logiciels gratuits comme Gimp et LibreOffice Draw. La colle avec de la farine, se fait avec trois ou quatre parts d’eau chaude pour une part de farine ; ajoutez doucement l’eau à la farine, en remuant, puis ajoutez-y une bonne dose de sucre).

Solidarité avec les gens de Montréal qui se sont battu.e.s contre le couvre-feu là-bas!

Gardez vos collectifs et vos groupes d’affinité soudés et maintenez toujours une bonne distanciation sociale avec l’État !

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Hamilton (Canada) – Leur projet doit être abandonné : dégradations du nouveau gazoduc d’Enbridge https://attaque.noblogs.org/post/2020/06/14/hamilton-canada-leur-projet-doit-etre-abandonne-degradations-du-nouveau-gazoduc-denbridge/ Sun, 14 Jun 2020 19:02:52 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=36252 Continuer la lecture ]]> North-Shore / vendredi 12 juin 2020

Lorsque une lune d’un jaune intense s’est levée, nous nous sommes enfoncé.e.s dans le marécage, au-delà des douces odeurs de lilas, de verdure et de terre. Bercé.e.s par le clair de lune et par la lumière de nos frontales se reflétant, dans l’obscurité environnante, sur les piquets clairs qui délimitent le nouveau projet de gazoduc d’Enbridge [grande entreprise canadienne spécialisée dans le transport de pétrole par oléoduc ; NdAtt.], à Flamborough. Un par un, nous avons enlevé près de 10 kilomètres de piquets, les jetant sur le côté pour qu’ils soient réabsorbes par la broussaille.

Des fougères hautes jusqu’aux épaules, des coléoptères géants, des coyotes hurlants et des grenouilles chantantes n’étaient que quelques-unes des merveilles que le marais avait à nous offrir, ce soir-là.

Séparé.e.s en petites équipes et armé.e.s de lampes frontales et de chaussures de randonnée, nous avons parcouru presque toute la longueur du gazoduc en projet, dans le but de faire perdre du temps et de l’argent à Enbridge et d’envoyer un message : Nous allons résister à la construction de ce gazoduc. Il ne sera pas construit.

Le tracé du gazoduc proposé par Enbridge s’étend entre Valens Road et l’est de la route 6, entre Safari Road et la rue Concession 8, au cœur du marais de Beverly, désigné comme zone humide provinciale de classe 1 et secteur significatif sur le plan environnemental. Leur projet est le gazoduc le plus court et le plus destructeur de ce qu’on appelle le sud de l’Ontario. Étant donné qu’il devrait traverser trois bassins versants, il faudra couper, drainer et détruire une bande de forêt et de marécage de 28 mètres de large, et creuser, avec pelleteuses et explosifs, une tranchée de 2,5 mètres.

En plus des impacts à u niveau local et des risques graves, cette nouvelle ligne est destinée à servir de solution de contournement aux moratoires qu’il y a aux États-Unis sur la fracturation hydraulique pour extraire du gaz de schiste. Les conséquences de la fracturation sont si importantes qu’il a été récemment déterminé que le gaz de schiste peut être autant ou plus destructeur pour notre environnement et notre atmosphère que la combustion du charbon. La fracturation hydraulique comporte l’injection d’eau à haute pression, de sable et de produits chimiques brevetés, pour fissurer la terre et libérer du gaz. Il a été démontré que ce processus perturbe les écosystèmes, provoque des tremblements de terre, détruit le substrat rocheux et empoisonne les eaux souterraines et de surface.

Le choix de résister à ce gazoduc est facile, même si les randonnées nocturnes dans des endroits sauvages ne le sont pas ; ce fut un plaisir de visiter cet endroit sauvage et semi-sauvage, sous le clair de lune. Tout le monde s’en est sorti sain et sauf, de bonne humeur, et après avoir retiré les piquets sur environ le 70 % du chantier.
Covids-19 ou pas, la résistance contre les pipelines à travers l’île de la Tortue [le nom donné au continent américain dans certaines des langues autochtones ; NdAtt.] est toujours nécessaire.

Les projets de pipelines sur l’île de la Tortue mettent en danger la vie des gens, des animaux et des oiseaux, et même celle des belles fougères hautes jusqu’aux épaules. La lutte pour la justice raciale nous a montré que nous pouvons – et que nous sommes prêt.e.s à – prendre des risques lorsque des vies sont en jeu. Il le faut.

Alors que l’État encourage les entreprises à construire et à achever leurs pipelines pendant qu’il nous garde confiné.e.s, alors que les entreprises continuent à construire des infrastructures et à porter des centaines de personnes et des virus potentiels dans des communautés indigènes isolées, alors que les fonctionnaires mettent en place une législation qui expropriera les terres des populations indigènes, ne respectera pas la souveraineté de la terre et enverra les défenseur.seuse.s de la terres en prison, nous devons résister.

Il est temps de passer de nouveau de la gestion de la crise du Covid-19 à la construction et à l’accroissement de la résistance. En particulier, les pipelines offrent de nombreuses possibilités de s’engager dans une résistance qui peut frapper même à distance : les entreprises, les sous-traitants, les équipements, les bureaux d’expertises – et bien sûr, les infrastructures de l’État.
En solidarité avec celles/ceux qui brûlent les équipements des pipelines et les postes de police,

Les bêtes de Beverly

 

Vers le milieu du XIXe siècle, une grande partie de la région autour du marais de Beverly et le marais lui-même ont été exploités et drainés pour en faire des terres agricoles. Le début de la destruction, de la part des humains, de cette région a changé l’habitat pour toujours, en poussant toute sorte de vie sauvage, y compris les ours noirs, à quitter la région. Vers 1910, après des décennies sans que les habitants n’aient plus vu aucun ours ni de signes d’ours, un ours est mystérieusement réapparu, rôdant dans le marais et les terres agricoles adjacentes. Cet ours – connu sous le nom de « Bête de Beverly » – a échappé aux chasseurs jusqu’à ce que soit décidée une chasse collective avec des hommes et des chiens, pour nettoyer le marais. L’histoire de sa mort n’a jamais été racontée.

Nous sommes les échos de cette bête, chassée et tuée par des petits hommes peureux. Par ceux qui n’ont pas su honorer et accueillir comme il fallait l’ours : comme une indication de la façon dont la terre devrait être : sauvage et libre.

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Clermont-Ferrand : Solidarité avec les queers de Hamilton https://attaque.noblogs.org/post/2019/07/20/clermont-ferrand-solidarite-avec-les-queers-de-hamilton/ Sat, 20 Jul 2019 15:38:16 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=27529 Continuer la lecture ]]> North-Shore.info / lundi 8 juillet 2019

Dans cette ville pourrie de Clermont-Ferrand (au centre de la France), deux Prides (deux, oui deux…) étaient organisées samedi dernier [6 juillet]. Nous sommes donc allées aux deux, pour informer sur les queers d’Hamilton embastillé-es. A la première (la plus « militante »), on a
diffé le tract, on a eu quelques discussions, et puis on est parti, refusant de manifester avec les flics et la presse (qui nous a demandé l’info, qu’on a refusé de leur donner).

Puis nous sommes allé-es à la seconde, qui ressemblait plus à une fête, sans flics ou journalistes visibles. Après seulement quelques minutes, un RG est venu nous demander le tract. On a refusé de lui donner, il nous a donc menacé de GAV. On s’est barré.

On dit dans le tract que :

« Pour nous, LGBTQ n’est pas une communauté, qui nierait les individu-es la composant. C’est tout au plus une identité, qui comme toutes les autres est à questionner.
Stonewall n’était pas une manifestation déclarée et pacifiée. Stonewall était une émeute. Un moment où des personnes ont riposté aux agressions policières, sans préavis. Quelques jours qui ont mis à mal la paix sociale. Nous ne pouvons pas nous réjouir que la commémoration des émeutes de Stonewall soit devenue le lieu de toutes les récupérations politiques et capitalistes. Nous ne nous réjouissons pas non plus qu’il soit aujourd’hui tendance d’être « LGBTfriendly ». Si nous sommes solidaires des « queers de Hamilton », c’est parce que cette société, sa morale et ses normes nous étouffent. Parce que les attaquer nous parle. Et que la répression qui s’abat sur elleux provoque chez nous tristesse et rage.

Pour l’auto-défense, en dehors et face à toute autorité.
Liberté pour Cedar, pour les queers d’Hamilton et pour tous-tes. »

Incapables d’attendre les individu-e-s enfermé.e.s.
Amour, rage et beurre de cacahuètes.

 

Pour télécharger le tract en PDF.

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Hamilton (Canada) : Cedar sort de taule https://attaque.noblogs.org/post/2019/07/19/hamilton-canada-cedar-sort-de-taule/ Fri, 19 Jul 2019 13:13:11 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=27500 Continuer la lecture ]]> extrait d’AMWEnglish / mardi 16 juillet 2019

Cedar Hopperton, compagnon.ne anarchiste, est sorti.e, après avoir fait presque un mois de taule parce qu’accusé.e de ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire. Cela à la suite d’une prise de parole pendant laquelle ielle disait que la police ne fait pas partie de la communauté queer et ille a applaudi celles/ceux qui on fait face aux fascistes à la Pride.

Malgré le fait que Cedar n’était pas à la Pride, ielle a passé des semaine en prison, une évidente rétorsion à son encontre de la part de la police de Hamilton, pour avoir exprimé ses convictions anarchistes. Après son incarcération, Cedar a fait une grève de la faim, et les communautés queer et anarchistes de Hamilton se sont mobilisée en solidarité avec ielle. […]

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Hamilton (Canada) : Encore des queers arrêté.e.s – et de la solidarité un peu partout https://attaque.noblogs.org/post/2019/07/01/hhamilton-canada-encore-des-queers-arrete-e-s-et-de-la-solidarite-un-peu-partout/ Mon, 01 Jul 2019 08:20:19 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=27186 Continuer la lecture ]]> Hamilton (Canada) : Encore des queers arrêté.e.s

North-Shore.info / vendredi 28 juin 2019

A Minneapolis, USA

Le jour du 50ème anniversaire de l’émeute de Stonewell [le 28 juin 1969, lors de l’énième descente des flics dans le bar Stonewall Inn, les personnes présentes, en majorité gays, lesbiennes et trans, s’en prennent aux bleus, déclenchant deux jours d’émeutes dans le quartier de Greenwich Village, à New York; NdAtt.], et lors de la Journée d’action en soutien des défenseurs.euses du Pride de Hamilton, la police de la ville a arrêté deux personnes de plus. Deux personnes de plus arrêtées pour répondu à la queerphobie et à la transphobie, à la misogynie et au suprémacisme blanc. Cela porte le nombre total des arrestations à cinq. Cinq queers qui ont été.e.s prises pour cible, harcelé.e.s et arrêté.e.s C’est plus qu’assez. Montrez votre amour et votre rage – venez ce soir à 20h30 à Gore Park pour la manifestation We Make Us Safe: Drop the Charges! Free Cedar! [Nous nous défendons : abandon des charges ! Liberté pour Cedar !] Parce qu’aujourd’hui plus que jamais c’est claire que la police et les politiciens ne nous défendent pas, et qu’on doit montrer à Hamilton un peu de fierté queer résistante.

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San Francisco (USA) : Action en solidarité avec Cedar

North-shore.info / dimanche 30 juin 2019

On a collé les serrures de l’entreprise gentrificatrice Manny’s et tracé un A cerclé et « Liberté pour Cedar ». Manny’s est dirigé par un cadre du Parti Démocrate qui a travaillé comme conseiller LGBT auprès de l’administration Obama, ainsi que comme principal collecteur de fonds pour la campagne de Hillary Clinton dans la Silicon Valley. Son café est une tentative flagrante et sinistre de reconvertir les sentiments révolutionnaires dans du théâtre électoral de merde. Cet aspirant politicien est littéralement en train de vendre des livres de Frantz Fanon et James Baldwin tout en hébergeant des lectures du rapport Mueller [du nom du procureur spécial qui enquête sur le financement russe à la campagne électorale de trump; NdAtt.]. Il a eu le culot, dans un article sur le café, de comparer sa vulgaire auto-promotion aux émeutes de la Compton Cafeteria [émeute qui a eu lieu en août 1966, à San Francisco, quand des personnes LGBT ont affronté la police; NdAtt.] et du Stonewall Inn. Il fantasme de son entreprise comme d’un centre social pour #TheResistance dans un quartier qui a subi des vagues brutales d’expulsions locatives et dont la longue histoire de résistance réelle est menacée d’être effacée. Plusieurs des serrures que nous avons collées étaient celles des portes empêchant les sans-abris de dormir dans les alcôves de l’entreprise. Nous espérons que ce petit geste mette en lumière l’hypocrisie de son « engagement civique ».

Cette attaque est une contribution à l’effort de basse intensité pour faire chier Manny’s, qui a inclus des rassemblements, des collages et l’expropriation de livres. Il y a un boycott de l’espace qui continue, mais il est clair qu’il faut agir davantage.

C’est facile d’attaquer !
Libérté pour Cedar !
Allez !

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Une banderole en solidarité avec Cedar, sur la fougueuse Rigaerstrasse, Berlin, le jeudi 27 juin :

A Toronto, des anarchistes se sont baladé.e.S dans les rues avec des banderoles et ont diffé des tracts. Des affiches ont été collées sur un bus de la compagnie GO bus, qui assure la liaison entre Toronto et Hamiton.

Devant l’église baptiste

Sur le bus

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Hamilton (Canada) : Sur l’irruption homophobe à la Pride, la réponse et la répression https://attaque.noblogs.org/post/2019/06/26/hamilton-canada-sur-lirruption-homophobe-a-la-pride-la-reponse-et-la-repression/ Wed, 26 Jun 2019 15:01:36 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=27094 Continuer la lecture ]]> Les homophobes se font chasser de la Pride

Note d’Attaque : le 15 juin se tenait, dans un parc de la ville de Hamiton, au Canada, le Pride. Tout le monde craignait une agression de la part de militants homophobes, comme cela a été la cas lors d’autres Pride, par exemple les villes de Dunville ou de Toronto, ainsi que l’année dernière à Hamiton. Les jours précédents la Pride, les organisateur.e.s ont donc demandé la protection de la police, tandis que des queers se sont organisé.e.s par elleux-mêmes pour se défendre et défendre l’événement. Une grande banderole noire de neuf mètres de large et presque trois de haut, le “Black Hole”, a été prévu pour “cacher” les homophobes avec leurs pancartes. Ça a tourné à la bagarre générale (beaucoup de personnes venues pour la Pride se sont jetées dans la mêlée aux côtés des queers qui s’étaient organisé.e.s contre les réactionnaires, venus, eux, avec protections et objets pouvant servir d’armes) et au final les homophobes ont été chassé du parc.

Quelques extraits d’un compte-rendu

North-Shore.info / mercredi 19 juin 2019

15 juin 2019 : à 14 h, le groupe d’homophobes et de nationalistes blancs qui avaient agressé la Pride a été escorté hors du parc par un groupe de flics, arrivés à la fin de la fête, et par une foule bruyante de queers railleux.ses. Leur visite à la Hamilton Pride 2019 a duré un peu moins d’une heure et a été caractérisée par le comportement les plus conflictuel que nous ayons jamais vus de la part de ces personnes.
Au moment où ils ont quitté le parc, il leur manquait plusieurs de leurs panneaux de trois mètres et demi, deux caméras Go-pro et des protections. Quelques-uns saignaient et se sont probablement réveillés le lendemain avec des yeux au beurre noir et des bleus, mais il semble qu’ils n’aient subi aucune blessure grave. Malheureusement, de notre côté nous ne pouvons pas en dire autant. […]

Le comité organisateur de la Pride n’avait aucun plan pour s’occuper des homophobes. Le comité organisateur de la Pride espérait simplement que les flics s’occuperaient de la situation, et quand cela ne s’est pas produit, ielles ont été trop lâches pour reconnaître ce qui s’était vraiment passé : que plus de 70 queers et allié.e.s ont mis leurs corps en jeu pour affronter les ennemis et, après avoir subi de multiples blessures graves et fait entendre nos voix, les ont démoralisés et les ont repoussés au point qu’ils ont décidé de partir, ce que ces homophobes font rarement.

L’histoire de la Pride 2019 n’est pas celle d’une célébration ordonnée et colorée grâce à la capacité des organisateurs. C’est une histoire d’homophobie brutale et de courage qui inspire l’admiration de la part de la communauté queer. […]

Et si au lieu d’être devant la Pride et de cracher leurs bêtises, [les réacs] étaient obligés de regarder un mur noir pendant toute la journée ?
Alors, on en a construit un. Un « Black Hole » pour faire disparaître les homophobes. Une bannière noire de quatre mètres de large et presque trois de haut, renforcée par sept morceaux de bois. Dans les jours précédents, nous avons renforcé la bannière, parlé des niveaux d’inconfort de ce que chacun.e aurait toléré et nous nous sommes entraîné.e.s à bouger en groupe. Le jour de la Pride, nous avons formé un pink block avec des t-shirt en cagoule, et dès que nous avons appris que les réacs étaient arrivés, nous avons traversé le parc avec notre bannière et rencontré des dizaines d’autres participants à la Pride qui était allé.es à leur rencontre. On a déroulé le “Black Hole” et nous nous sommes placés directement entre les homophobes et la célébration de la Pride. La foule a explosé en applaudissements, parce que ces trous du cul avaient été temporairement effacés. Alors que plusieurs personnes ont affronté directement les réactionnaires quand ils essayaient de nous contourner, notre groupe est resté concentré sur le fait de les bloquer en dehors du festival et de les contenir et garder hors de vue. Nous étions fermes, même insistant.e.s s’ils essayaient de s’approcher trop près, mais, délibérément, nous n’avons pas tapé. Nous voulions voir comment cette tactique marchait. Chacun.e d’entre nous avait convenu que nous n’allions pas chercher la bagarre, mais que nous étions prêt.e.s s’ils en commençaient une.
Ce qui s’est passé pendant l’heure qui a suivi, ce fut un bordel absolu caractérisé par une violence brutale, par de la détermination et de la solidarité spontanée. Une par une, les personnes qui faisaient partie de notre groupe d’affinité initial se sont retrouvées de l’autre côté de la banderole, pour se faire soigner des blessures graves. Quelques-un.e.s d’entre nous ont été frappé.e.s au visage par un maniaque casqué, nommé Christopher Vanderweide, un suprémaciste blanc de Kitchener, Ontario. Un.e membre de notre groupe s’est fait frapper au sol et a reçu un coup de pied à la tête de la part de John Mark Moretti (alias Ylli Radovicka) – un sale type de Toronto qui fait part d’un groupe radical de prédicateurs de rue appelé Servanthoods. […]
En fin de compte, notre tactique d’essayer de tenir le mur noir tout en nous protégeant dans ce combat s’est avérée inefficace pour notre groupe du pink bloc et beaucoup d’entre nous ont dû choisir entre lâcher la bannière ou se battre avec une seule main.
Mais en fin de compte, cela n’a pas d’importance.
Ce qui est important, c’est que lorsque j’ai dû m’éloigner du combat avec une cascade de sang tombant de mon visage, j’ai regardé en arrière et j’ai vu le mur noir toujours debout, tenu par un groupe de personnes, dont certaines que je ne connaissais même pas. Des gens qui comprenaient la valeur de ce que nous essayions de faire, et qui se sont mises en jeu lorsque nous ne pouvions plus tenir.
Le Black Hole est resté intact et debout jusqu’à ce que les homophobes quittent le parc.
Ce qui est important, c’est qu’au lieu de s’asseoir et de demander à la police de nous sauver, un énorme groupe de personnes s’est rassemblé et a posé clairement que la Pride n’est pas un lieu sûr pour les prédicateurs homophobes.
Cette sensation que j’ai ressentie en levant les yeux vers la bannière qui se tenait encore debout a dépassé toute douleur ou peur que j’avais ressentie ce jour-là ou dans les jours suivants. Cette sensation me rend complètement insensible au fait que la police me recherche ou pas, moi ou l’un.e de mes ami.e.s. Ça fait que je n’ai pas peur de ce que les homophobes planifient pour l’année prochaine.
Je vais aller de l’avant et appeler ce sentiment PRIDE [fierté]. Je suis fier.e de ma communauté queer, fier.e de ma communauté anarchiste, peut-être même fier.e de Hamilton dans son ensemble. Nous savons comment prendre soin les uns des autres et nous défendre, même si nous n’avons pas souvent l’occasion de le faire.

Puisque les réacs sont si profondément obsédés par le fait de filmer chaque minute de leur vie pathétique afin de devenir des célébrités sur Youtube, nous avons largement assez de documentation vidéo sur les événements. Des bagarres enregistrées sous plusieurs angles, le bruit brutal d’un casque contre un os enregistré par plusieurs micros. Nous savons ce qui s’est passé. La Pride a été impitoyablement attaquée par un groupe d’hommes homophobes, des gens qui s’étaient dotées de protections et d’armes et qui étaient prêts à frapper les homosexuels qui croisent leur chemin. Nous leur avons tenu tête, nous nous sommes défendu.e.s et nous avons saboté leurs efforts pour passer la journée dans le parc. Quand – après presque une heure d’échauffourées – la police a décidé d’intervenir, il n’y avait plus rien à faire. Les homophobes savaient qu’ils ne pourraient plus tenir longtemps et ils ont apprécié l’escorte policière les accompagnant hors du parc. […]

La communauté queer a trop souvent orienté ses énergies vers des solutions étatiques. Davantage de lois contre les crimes haineux et plus de policiers ne sont pas la solution. Des queers qui veillent les uns sur les autres et qui se renforcent/prennent de l’assurance [building empowerment] sont la solution et l’ont toujours été. Si la police avait été à la Pride cette année, nous n’aurions jamais pu expulser ces réacs du parc. Les flics auraient formé une ligne entre nous et eux, protégé leur « droit à la liberté d’expression » et arrêté tous les queers qui auraient essayer de les chasser. Nous n’aurions jamais été en mesure d’arracher leurs panneaux, d’écraser leurs caméras ou de les repousser de plus de douze mètres de l’endroit où ils ont tenté de protester. En fait, la première chose que la police a faite en arrivant sur les lieux a été de nous forcer à enlever nos masques roses, ce qui nous aurait exposés à l’extrême droite et menacé notre sécurité (certains de nos amis ont déjà été victimes d’une grande violence).
Plus de flics à Pride signifiera toujours une situation plus dangereuse pour nous. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous arrêter à ce que la suite de cette affaire se résume à essayer de « demander des comptes à la police » ou à demander des arrestations ou une protection. La police n’est pas responsables de nous et ils ne sont pas là pour nous protéger. Nous ne devrions jamais préconiser qu’ils aient plus de ressources ou d’autorité. Jamais. Nous n’avons pas besoin que la police fasse quelque chose. Nous avons fait quelque chose. […]”

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La répression frappe les queers : Cedar arreté.e

Note d’Attaque : Suite à l’autodéfense des queers à la Pride, la police de Hamilton a commencé son travail répressif. Pas contre les homophobes, bien entendu, mais contre le milieu anarchiste/queer de la ville. Cedar a été arrêté.e. Ce compagnon.ne était récemment sorti.e de taule, en liberté conditionnelle, suite à la répression qui a suivi l’émeute de Locke Street,

Quelques extraits du communiqué de The Tower, centre social anarchiste de Hamilton :

North-Shore.info / lundi 24 juin 2019

[…] Mais voici les faits : Cedar Hopperton n’était pas à la Hamilton Pride. Ielle n’étaient pas masqué.e, ielle n’était pas là à tenir un panneau et ielle n’a pas été impliqué.e dans les affrontements. Ielle n’était pas là du tout. Ielle n’étaient pas près de Gage Park ce jour-là. Au lieu de cela, ielle est resté.e à la maison et a offert son soutien à celleux qui ont quitté le parc ensanglanté.e.s, battu.e.s et secoué.e.s. Comme les journaux l’ont rapporté, ielle a fait des déclarations en soutien de celleux qui ont défendu la Pride, lors d’une réunion du comité LGBTQ, quelques jours après. Debout sur un piédestal à l’hôtel de ville, Cedar a maintenu que la police ne fait pas et ne devra jamais faire partie de la communauté queer et ielle a applaudi celleux qui, à la Pride, se sont défendu.e.s par elleux-mêmes face à l’agression. L’arrestation de Cedar est une représailles claire et calculée pour ces déclarations, ainsi qu’une tentative de brouiller les cartes en assimilant ce qui s’est passé à la Pride à ce qui s’est passé à Locke Street l’année dernière. […]

Malgré le fait qu’ielle n’étaient pas à Pride, Cedar pourrait passer des semaines en prison en attendant une audience de libération conditionnelle afin de faire valoir sa cause. Pour accélérer ce processus et faire pression sur la police de Hamilton, Cedar a commencé une grève de la faim. Pour l’instant, nous n’avons pas d’autres détails, mais nous savons que depuis son arrestation samedi matin [le 22 juin; NdAtt.], Cedar n’a rien mangé. Il faut se mobiliser autour de cette affaire, aider à relayer les infos et s’assurer que le cas de Cedar ne se perde pas dans le flux hebdomadaire des nouvelles.
Pour être clair, il ne s’agit pas de l' »innocence » de Cedar en soi. Nous savons que le mot « criminel » n’est utilisé que pour dévaloriser les actions ou l’humanité de quelqu’un.e, et nous ne croyons pas qu’enfreindre une loi rend quelqu’un bon ou mauvais. Nous publions cette déclaration parce que nous estimons qu’il est important de le dire publiquement : l’affirmation que Cedar a été impliqué.e dans les événements de la Hamilton Pride est catégoriquement fausse et non fondée. En même temps, cela ne veut pas dire que d’autres queers qui pourraient être arrêté.e.s devraient être soutenu.e.s sur la base de leur innocence. Ce que les gens ont fait ce jour-là à Pride, c’était de la légitime défense et ils ne méritent pas d’être arrêté.e.s. Nous devons en vouloir à la police d’avoir faussement accusé Cedar ET d’avoir pris pour cible celleux qui étaient là et qui ont essayé de protéger notre communauté.
La police l’a dit à plusieurs reprises aux médias, ils n’ont pas fini. Presque certainement, ils arrêteront d’autres personnes qui ont participé à la défense de Pride, avec ou sans preuves. […]

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Canada, affaire de Locke Street : Cedar transféré.e https://attaque.noblogs.org/post/2018/12/31/canada-affaire-de-locke-street-cedar-transfere-e/ Mon, 31 Dec 2018 10:32:14 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=23390 Continuer la lecture ]]> Hamilton Anarchist Support / jeudi 27 décembre 2018

Cedar a été transféré.e de la prison de Barton, dans la ville de Hamilton, à la prison pour femmes de Vanier, dans la ville de Milton, où ille purgera sa peine. Pendant qu’ille se trouve là bas, ille aimerait recevoir des lettres (tant de la part d’ami.e.s que d’inconnu.e.s !).
Les lettres peuvent être envoyées à cette adresse :

Peter “Cedar” Hopperton
Vanier Centre for Women
655 Martin Street
Milton, Ontario
L9T 5E6
Canada


Ille serait heureux.se de recevoir du courrier et est intéressé.e à correspondre avec du monde; ille apprécierait aussi des photocopies de choses à lire (nouvelles, articles, fanzines, livres, etc.) – il faut juste contrôler qu’il n’y a pas d’agrafes. On peut aussi lui faire parvenir des livres si ceux-ci sont envoyés directement par l’éditeur.

En ce moment ille est plutôt intéressé.e par des livres sur l’histoire de l’Europe de l’Est et du Moyen Orient, l’histoire des mouvements sociaux/des révoltes et tout ce qui touche à l’anarchisme – théorie, analyse, compte-rendus, textes, entretiens, etc. Ille est aussi intéressé par l’étude de la langue italienne et tout livre qui pourrait l’aider en cela. Les textes peuvent être en anglais ou français, ou en arabe si accompagnés d’une traduction anglaise.

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Hamilton (Canada) – On ne regrette toujours pas : sur le plaider-coupables dans l’affaire de Locke Street https://attaque.noblogs.org/post/2018/12/03/on-ne-regrette-toujours-pas-sur-le-plaider-coupables-dans-laffaire-de-locke-street/ Mon, 03 Dec 2018 09:26:00 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=22788 Continuer la lecture ]]> North-Shore.info / vendredi 30 novembre 2018

Le quoi et le pourquoi

Le 29 novembre 2018, celles/ceux qui faisaient face à des accusations par rapport à la soi-disant « émeute de Locke Street » ont accepté un plaider-coupable non coopératif. L’accord ne mentionne ni implique en aucune manière qui que ce soit d’autre que le groupe de personnes qui ont plaidé coupables et a été accepté collectivement par toutes les personnes impliquées. Depuis le début, ça a été une priorité pour nous d’affronter cette situation d’une manière qui allait à l’encontre de la tendance du système légal à individualiser et opposer les personnes les unes aux autres. On a mis l’accent sur l’aspect collectif et ouvert – en négociant cette solution on a tenu compte du bien-être de tout le groupe, tout comme des luttes dont nous faisons partie. Il n’a jamais été question d’un individu seul, ni seulement des inculpé.e.s.

En ce qui concerne la particularité de notre plaidoyer, une personne a été condamnée à un an de prison : il/elle est en taule maintenant et devrait purger 5-6 mois ; une autre personne recevra une condamnation plus courte dont la sentence tombera courant de la nouvelle année ; une troisième personne a reçu une sentence de 9 mois avec sursis, ce qui veut dire qu’elle est en arrestation domiciliaire, avec un couvre-feu. Pour le côté un petit peu meilleur de l’accord du plaider-coupable, deux personnes ont eu des sentences d’acquittement sous condition et trois autres ont vu leurs accusations retirées en échange de la signature d’un engagement à avoir un comportement conforme à la loi. Cela signifie que 5 de nous 8 s’en sortent sans inscription dans leur casier judiciaire. Toutes les sentences incluent aussi une période de probation et un certain nombre de TIG.

Pour celles/ceux qui se demandent pourquoi on a choisi le plaider-coupable au lieu d’aller à un procès, il y a un certain nombre de raisons diverses. La nature de la répression étatique est telle qu’il n’y a jamais de victoires pures, nettes. Quand vous avez affaire avec elle, vous êtes dans une positions dans laquelle toutes les chemins possibles pour vous sont mauvais – chacun pour des raisons différentes. Dans ce contexte où il n’y a pas de bonnes options, il s’agit d’essayer de choisir la moins pire, et pour nous cela était de choisir un accord de plaider-coupable.

Il n’y a pas à chercher de la justice dans le système judiciaire, tout comme il n’y a pas de corrélation innée entre légalité et justice. Les tribunaux sont ancrés et fondamentaux pour le colonialisme de peuplement qui constitue le Canada ; ils soutiennent un système de suprémacisme blanc ici aussi tout comme ils le font, de manière plus éclatante, au sud de la frontière [qui sépare le Canada des États-Unis ; NdAtt.]. Les tribunaux fournissent un vernis de respectabilité et d’« équité » tout en détournant l’attention de la pure violence de l’État, comme la police de Hamilton qui a tué de nombreuse personnes au cours de cette seule année, ou les innombrables morts et incalculables souffrances dans la prison de Barton. Aux côtés de la prison et de la police, les tribunaux sont un instrument essentiel utilisé par la classe dominante afin de faire respecter l’inégalité et plus en général pour maintenir leur pouvoir : les tribunaux sont gérés par et pour les riches, travaillant pour les protéger, eux et leur propriété. Pour une action comme cette manifestation [celle qui s’est déroulée sur Locke Street, à Hamilton le 3 mars 2018 ; NdAtt.], qui prend clairement comme cible les riches, quelle attente d’une issue positive aurions-nous pu avoir, pour nous engager dans un combat contre le système judiciaire ? Nous sommes leur ennemis et ils nous haïssent autant que nous les haïssons, et en plus ils s’énervent particulièrement quand quelqu’un.e défonce leurs Audis.

Cela ne nous a jamais intéressé d’évoquer les droits démocratiques ou les concepts de culpabilité ou d’innocence, afin de surfer sur la violence de l’État. Nous refusons de nous placer sur ce plan et ne voulons participer à quoi que ce soit qui soutienne le cadre qui crée et perpétue des divisions comme celle entre le criminel et le citoyen respectueux des lois, le bon activiste et le méchant, celui/celle qui proteste pacifiquement et le violent, etc. – cela sert les intérêts du pouvoir et ne fait que nous affaiblir.

Même si nous jouions à ce jeu dans un procès et nous « gagnions », il y aurait un prix. Le procès durerait des années et pendant ce temps cette affaire continuerait à générer du stress pour les personnes et leurs relations en plus d’être une énorme perte de temps et de ressources. Le procès lui-même serait déjà une punition, avec des restrictions de liberté (comme les arrestations domiciliaires, l’interdiction de se rencontrer et de venir en ville) et l’immense poids financier de trouver des dizaines de milliers de dollars pour les frais d’avocats. Cela serait probablement pire que ce que nous obtenons avec cet accord. Des telles pressions sont complètement normales et y font face presque toutes les personnes qui ont affaire avec un tribunal. L’idée que vous auriez un quelque « droit à un procès » est une foutaise : le système judiciaire est une machine à plaider coupable et nous n’en sommes pas immun.e.s.

De plus, nous étions très préoccupé.e.s par l’issue d’un procès qui aurait fait précédent, en influençant des affaires futures. Étant le premier groupe de personnes accusées sous la loi canadienne d’interdiction de dissimulation du visage de 2014, si nous avions été reconnu.e.s coupables des accusations portées contre nous, cela aurait défini le précédent sur lequel les sentences futures auraient été fondées. Les événements de Locke St. ont déclenché une réaction publique assez intense et une période de ce qu’on ne peut appeler autrement qu’hystérie (par exemple des articles de journaux parlant de la menace d’anarchistes qui se cachent dans les buissons, la mairie qui a déclaré que le A cerclé est un symbole de haine [l’interdisant, donc ; NdAtt.], des conférences de presse dramatiques à propos de la « chasse à l’homme » anarchiste, etc.). Au delà de tout cela, l’action a visé un secteur dans lequel vivent et vont dîner juges, avocats et leurs pairs. Inutile de le dire, nous aurions très probablement trouvé devant nous une cour assez hostile et, si condamné.e.s, les sentences auraient probablement été plus dures. Nous aurions de ce fait été impliqué.e.s dans la création d’un mauvais précédent qui aurait été appliqué à d’autres personnes et aurait impacté négativement les mouvement sociaux, les autres anarchistes et assimilé.e.s.

Résistance et répression

La répression peut arriver. Elle n’est pas une force immuable, comme le vent ou la pluie, mais tant qu’existera l’État, celles/ceux qui s’opposent aux actions des puissants feront face à sa violence. La question n’est pas « si », mais « quand », et nous pouvons dire que quand cela arrive ça surprend. À Hamilton, les personnes accusées sont impliquées dans des projets anarchistes publics et visibles, qui essayent de maintenir un antagonisme acharné contre l’exploitation et l’oppression dans cette ville. La gentrification en est une forme bien visible. Des tensions ont été construites – les anarchistes de la ville ont refusé de laisser la lutte de classe être menée de façon unilatérale et depuis des années des appels à la répression ont été lancés à notre encontre.

Nous refusons toute séparation entre idées et actions et nous soutenons toutes les activités qui ont eu lieu le week-end du 3 mars – le salon du livre, la manifestation, et plus – tous ces actes qui ont été criminalisés et ceux qui ne l’ont pas été. Bien que cela ne nous intéresse pas de faire des distinctions entre celles/ceux qui cassent des trucs de merde et ceux/celles qui ne le font pas, c’est important de remarquer que la casse n’était pas (et n’est presque jamais) simplement une action isolée. Ceux/celles parmi nous qui ont fait face aux accusations à Hamilton n’ont pas été pris.e.s pour cible avant tout pour avoir tout cassé, mais nous avons été ciblé.e.s plutôt parce que nous propageons de façon visible et constante les idées et pratiques anarchistes, idées et pratiques qui sont fondamentalement en contradiction avec la vision que la classe dominante et ses larbins ont de la ville.

On pourrait choisir d’être indigné.e.s par la criminalisation de la protestation et de l’organisation régulière d’activités (comme les diffs de tracts), mais cela reviendrait à dire que l’État se trompe à considérer des telles activités comme des menaces contre ses intérêts. Chaque groupe de lecture, repas public, rassemblement, manifestation, etc. fait partie de notre refus de voir nos vies gérées par des bureaucrates et des capitalistes, tout comme l’acte de balancer des pierres contre des vitrines. L’État attaquera toutes les facettes de la résistance qu’il pourra, et comme les pratiques de sécurité prises lors des actions sont souvent efficaces, la répression tend alors à se focaliser sur les activités menées de façon complètement publique.

Sur la réaction

Il y a déjà eu de nombreux textes à propos des réactions aux événements de Locke St., mais cela a été tellement hyperbolique que ça vaut la peine d’y revenir. Qu’est ce qui est remarqué dans cette ville et qu’est ce qui passe inaperçu ? Un texte d’avant les arrestations disait que l’expulsion d’une seule famille de son logement est bien pire que tout ce qui s’est passé sur Locke St. Cela peut simplement être mis de côté comme une dérive, mais ça vaut la peine de prendre en compte le fait que la propriété des investisseurs, des patrons et des propriétaires est constamment considérée comme plus importante que les besoins vitaux de la plupart des gens vivant à Hamilton. Pour chaque article qui parle d’expulsion des gens, et de façon équivoque, il y a d’une part une pile de brèves sur des crimes, présentant nos quartiers comme des problèmes à régler, et d’autre part une pile d’articles qui célèbrent les investissements.

Les formes de violence quotidienne menées par les riches, comme le loyer (et les expulsions) et le travail (précaire, mal payé) sont invisibles, tandis que les moments dans lesquels les personnes appartenant aux classes inférieurs répondent sont spectaculaires, présentés comme extraordinaires, demandant une dénonciation à laquelle nous sommes tou.te.s enjoints de participer.

Cela a crée à Hamilton une dynamique qui fait que l’extrême droite peut émerger ouvertement pour soutenir les affaires et essayer d’attaquer physiquement des « gauchistes » (ou tout ce qu’ils décident dans leur confusion d’appeler comme-ça) et dans lequel la Mairie peut essayer d’utiliser les cadres légaux particuliers à la criminalité organisée, au terrorisme et aux crimes haineux afin de s’en prendre aux anarchistes. L’ambivalence de l’ensemble de la ville envers une extrême droite qui essaye de se positionner en tant que défenseurs violents du statu quo est un inquiétant rappel de combien est passive et réactionnaire la politique dans la partie anglophone du Canada. Le cadre légal spécial dont on a parlé permet une répression ultérieure au-delà de ce que permettrait le code pénal normal et la tentative de la Mairie d’y avoir recours montre le danger d’une attitude étatique vis-à-vis d’idées qu’il appelle « extrêmes » (c’est-à-dire trop distantes du consensus de masse) en tant que crimes en elles-mêmes. Que ces antifascistes qui essayent d’avoir les autorités de leurs côtés dans leur bataille soient avertis : le monstre que vous participez à créer pourra venir un jour vous chercher vous… Heureusement, la tentative d’utiliser l’excuse des crimes haineux pour interdire le A cerclé dans l’espace public a échoué et la ville a été recouverte de tags anarchistes ; un rare rayon de soleil au cours de ces mois par ailleurs difficiles.

Ces expériences montrent l’importance de la créations de réseaux d’action et de solidarité qui ne reposent pas sur des amis des jours heureux, comme les soi-disant progressistes, ou sur le bon vouloir de ceux qui détiennent le pouvoir et leurs institutions. Si ce cycle de répression n’a pas réussi à écraser l’anarchisme à Hamilton, c’est parce que l’autonomie que nous avons construite pendant ces années nous a permis de surmonter la haine de ceux/celles qui ne veulent que manger dans des bistrots chic sans être dérangés et la violence répressive de celles/ceux qui veulent les représenter.

Rien ne s’arrête, tout continue

Les événements de Locke Street et la répression qui s’en est suivie n’ont rien changé par rapport à notre engagement de toujours et aucune des luttes que ces événements ont mis sous les feux des projecteurs ne s’est arrêtée. Nous n’avons toujours pas de larmes à verser pour les vitrines ou les voitures défoncées ; et les urbanistes, les investisseurs et leurs partisans ne méritent toujours rien d’autre que du mépris.

Comme ailleurs en ville, les « petites » boutiques de Locke Street sont la manifestation visible d’un processus plus large d’aménagement et d’investissements immobilier, de décisions d’aménagement urbain, de production culturelle bourgeoise, de maintien de l’ordre et de politique représentative qui est appelé gentrification. Les boutiques de Donuts et les appartements en copropriété provoquent les expulsions locatives et aggravent la misère. Ce qui rend Locke Street différent c’est la partie sud du quartier, où vivent certains des acteurs les plus actifs dans ce processus, ce qui en fait le « lieu de vie» des élites locales, plutôt qu’une « façade» comme les rues Barton ou King.

Notre opposition à la gentrification (et plus en général au capitalisme) n’est pas abstraite – elle ne peut pas l’être face à un processus concret avec des configurations spécifiques à travers la ville. La résistance à son encontre continuera d’être locale, qu’il s’agisse de la défense de certains quartiers comme étant destinés à celles/ceux qui y vivent (opposé.e.s à ceux/celles qui y investissent des fonds), ou qu’il s’agisse d’offensive pour rappeler à certaines personnes que leur recherche du gain a des conséquences réelles sur la vie des autres.

Soutien et remerciements

Aussi éprouvants qu’on été ces derniers mois, le soutien et la solidarité montrés par des gens ici sur place ou ailleurs ont été fondamentaux pour y faire face. Merci à tou.te.s celles/ceux qui ont permis jusqu’ici de défendre les personnes inculpées et de continuer à garder les dynamiques des projets et des luttes. Même si l’issue de ces accusations marque en quelque sorte une conclusion, il ne faut pas oublier les personnes qui continuent de faire face aux conséquences – n’oubliez pas d’aider ceux/celles qui sont en arrestation domiciliaire ou en liberté surveillée et certainement ne pas oublier celles/ceux qui seront enfermé.e.s. En particulier, Cedar qui est en taule à partir d’aujourd’hui et sera heureux.se de recevoir des lettres et des lectures. On peut lui écrire à la prison de Barton (165 Barton St. E, Hamilton, ON L8L 2W6) pendant les prochaines deux semaines, mais il/elle sera probablement transféré.e, du coup consultez https://hamiltonanarchistsupport.noblogs.org/ pour l’adresse mise à jour. N’oubliez pas que l’Administration pénitentiaire de l’Ontario ne permet pas l’envoi de livres (pourquoi, bordel?), du coup imprimez tout texte que vous voulez lui envoyer et assurez-vous qu’il n’y a pas d’agrafes ni autre chose que du papier et de l’encre.

Solidarité avec les inculpés du G20 et leurs soutiens et félicitation à ceux/celles qui ont gagné contre les accusations – nique les tribunaux, même quand on gagne. Solidarité avec celles/ceux sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes qui combattent la répression et la récupération jusqu’au bout. Nos pensées vont à celles/ceux qui défendent la terre, de l’est à l’ouest, à tou.te.s ceux/celles qui font face à la répression pour Standing Rock, les révoltés de la prison de Vaughn et tou.te.s celles/ceux qui prennent des risques pour résister aux multiples formes d’exploitation et d’oppression.

Contre les riches et le système qui leur permet de nous commander.

Deux anarchistes de Hamilton

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Pour écrire à Cedar (qui lit parfaitement le français) :

Peter (Cedar) Hopperton
Hamilton-Wentworth Detention Centre
165 Barton St East
Hamilton ON
L8L 2W6 – Canada

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Hamilton (Canada) : Un flic infiltré démasqué https://attaque.noblogs.org/post/2018/09/13/hamilton-canada-un-flic-infiltre-demasque/ Thu, 13 Sep 2018 13:17:21 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=21844 Continuer la lecture ]]> Sans Attendre Demain / samedi 8 septembre 2018

Il était présent – par intermittence – depuis près de deux ans, apparaissant pour la première fois à l’été 2016.
Il s’appelle « Shane ».
C’est à la fois son nom d’infiltré et son vrai nom. « Shane Bond », c’est ce qu’il nous a dit, ce « nous » étant les différents groupes et milieux d’Hamilton dans lesquels il a tenté de s’infiltrer.

Shane était juste un type de plus lorsqu’il est arrivé. Pour être honnêtes, la plupart d’entre nous ne l’avait pas remarqué, du moins pas au début. Il n’y avait pas de questions intrusives ou tendancieuses. Il ne poussait pas à semer la discorde ni ne répandait des ragots. Il était calme, voire même ennuyeux.

Et en dépit du fait qu’il ait harcelé en permanence quelques meufs de notre milieu pour prendre une bière malgré le refus, en le voyant on ne s’imaginait pas qu’il soit flic, tout au plus misogyne, chose qui malheureusement est somme toute presque banale dans nos milieux.

A celles et ceux qui se sont investi-e-s ou ont prêté- attention, Shane s’est présenté comme peintre travaillant à vélo en temps partiel, avec un vélo « supercycle » merdique et un pantalon de peintre. Il avait un appartement au 20 Emerald Street North – un immeuble de logements pour personnes à faible revenu à Hamilton – meublé d’un canapé en cuir, de quelques photos et de quelques toiles. Shane avait une « petite amie » qui « travaillait dans une crèche privée » mais que personne n’a rencontré, et une amie à lui, une femme musclée venant « de Dundas » avec de longs cheveux châtains allant en-dessous de l’épaule, qui a participé à au moins un événement.

L’arrivée de Shane est intervenue après plusieurs années à s’organiser contre les projets de pipelines [1], ainsi qu’à intensifier la lutte contre la gentrification. C’est un fait qu’il a participé à des événements et des rencontres à l’espace « The Tower » [2], à de nombreuses réunions « d’Hamilton 350 » [3], à des événements contre les pipelines et à une multitude de manifs, notamment à un rassemblement antiraciste et à une manif de solidarité avec les personnes incarcérées à la prison de Barton [4].

Shane a surtout (mais pas complètement) échoué dans son taf.

Pendant tout ce temps passé ici il a essayé de créer des liens mais ça n’a pas marché. Il a fallu du temps pour entrer en contact avec les personnes qui interagissaient avec Shane, vérifier leurs histoires et écrire ce texte. Mais en y repensant, nous savons que Shane n’a pas grand chose de plus à offrir à ses supérieurs que n’importe quel observateur lambda. Il n’a pas réussi à s’infiltrer. La seule exception à ça était que, depuis près de deux ans, il a toujours été au bon endroit au bon moment. On a montré à Shane un tract d’appel à une une manifestation contre la gentrification de Locke street [4b] à laquelle il a assisté et il semble témoigner contre des personnes accusées d’y avoir pris part.

En fin de compte, Shane était le meilleur pour éviter les objectifs – ou du moins les nôtres. Nous avons eu du mal à trouver une photo de lui. […] [5].

Dans ses mots : le vécu de Shane.

Shane a dit aux gens qu’il était de Saskatoon et de Colombie-Britannique. IL semblait en savoir beaucoup sur ces deux endroits, y compris en donnant des détails sur le climat et la géographie. Il a affirmé qu’il était peintre à temps partiel et que parfois il venait aux événements « juste après le travail », habillé en pantalon de peintre. Son appartement était pour la plupart meublé, avait de l’art sur ses murs « peint par sa mère », et ce que nous avons compris comme étant des photographies personnelles. Il a dit qu’il appréciait le thé en feuille mais il avait toujours sur lui du thé à infusion merdique.

A un moment donné, pendant son opération d’infiltration, Shane est parti vivre environ 6 mois quelque part dans Hamilton. Qu’il soit, comme il nous l’a expliqué, allé du côté de chez sa mère en Colombie-Britannique, qui vient de mourir ou pour s’infiltrer dans un autre groupe, nous ne le savons pas, mais nous encourageons vivement les personnes qui s’organisent contre les pipelines et la gentrification à partager ces photos et leurs expériences qu’ils ont eu avec lui.

Ce que nous savons, c’est que Shane n’est pas le seul policier infiltré en activité sur Turtle Island; si vous êtes en train de vous organisez contre les pipelines ou autres, attendez-vous aussi à ce type d’infiltration et de surveillance. Nous savons qu’il peut être tentant de rejeter ou de rationaliser le contraire. Mais cela ne se produit pas uniquement aux États-Unis ou à l’étranger. Ce n’est pas juste en Colombie-Britannique. Et il ne s’agit pas uniquement de se préparer aux sommets. L ‘État met les moyens en œuvre contre les personnes qui s’organisent efficacement contre l’industrie et l’État.

Drapeaux

L’analyse politique de Shane faisait défaut et n’a jamais vraiment évolué malgré sa participation à des événements et des ateliers. Il essayait souvent de relayer des idées ou impressions en utilisant des termes courants ou ayant recours à l’argot mais hors contexte. Le résultat était des interactions abruptes et troublantes, comme une exclamation du genre « Je suis tellement content d’avoir trouvé quelqu’un qui déteste elle aussi les porcs ! ».

Il a également été vu plus d’une fois en train de tourner sur une zone et autour d’un groupe de gens et d’écouter leurs conversations., et lorsqu’il est rentré de son « voyage en Colombie-Britannique », Shane parvenait à reconnaître et à se souvenir parfaitement du nom des personnes, peu importe le fait qu’il ait déjà beaucoup discuté avec elle ou non.

Afternote

cemment, le « Mining Injustice Solidarity Network (MISN) » [6] a publié une excellente réflexion sur ses expériences avec un flic infiltré à Toronto. Elle s’attarde un peu plus longtemps sur la manière dont certains indicateurs peuvent ne pas suffire pour justifier l’expulsion d’une communauté, mais certainement une bonne raison pour mieux connaître quelqu’un. Ce qui est important, c’est aussi que nous parlons des moyens d’identifier et de confirmer le flic infiltré. Cela vaut la peine de le lire.

 

[Traduit de North-shore.info, 6th September 2018]

NdT :

[1] Pipeline signifie à la fois gazoduc et oléoduc. Il peut s’agir soit d’extraction de gaz, soit d’extraction de pétrole.

[2] Espace anarchiste qui a récemment été perquisitionné par les flics et attaqué par les fascistes à la suite d’une manif saccageuse contre l’embourgeoisement. Voir une liste d’articles ici.

[3] Campagne écologiste légaliste qui lutte contre les projets d’oléoducs et de gazoducs. Elle a pour slogan «  Comittee for real climate change action ».

[4] Prison dans laquelle était incarcéré-e en préventive le/la compagnon-ne Cedar, accusé-e d’avoir pris part aux destructions lors de la manif saccageuse sur Locke Street.

b. Il n’est pas dit clairement ici s’il s’agit de la manif du 3 mars 2018 sur Locke street. Si c’est le cas, la présence de ce flic a donc apporté un témoignage contre Cedar qui a été incarcéré-e en préventive pour cette affaire. Fin mai, d’autres personnes ont aussi été arrêtées pour cette même affaire à Hamilton et à Montréal.

[5] Le texte raconte néanmoins qu’ils ont trouvé la photo de l’infiltré en cherchant sur internet.

[6] « Réseau de solidarité contre l’injustice minière ». Groupe d’activistes basé à Toronto qui cherche à attirer l’attention sur les pratiques et négligences des compagnies minières canadiennes (qui à elles-seules concentrent 75% des activités minières dans le monde entier).

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Canada : Nouvelles arrestations à Hamilton et à Montréal pour l’émeute de Locke Street du 3 mars 2018 https://attaque.noblogs.org/post/2018/06/04/canada-nouvelles-arrestations-a-hamilton-et-a-montreal-pour-lemeute-de-locke-street-du-3-mars-2018/ Mon, 04 Jun 2018 11:48:08 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=18849 Continuer la lecture ]]> Traduit de l’anglais de Hamilton Anarchist Support par Sans Attendre Demain

[Cette deuxième vague répressive pour l’émeute de Locke Street (voir ici et ) intervient après l’arrestation et l’incarcération de Cedar. Il est sorti de prison mais fait l’objet de mesures coercitives de la part de la justice, NdSAD]

Nous écrivons ceci juste pour faire une mise-à-jour rapide sur la situation qui évolue très vite à Hamilton, territoires traditionnels des peuples Chonnonton, Anishinabeg, et Haudenosaunee. Depuis hier, 31 mai, trois autres personnes ont été arrêtées en lien avec la dénommée émeutes de Locke Street: l’une d’entre elles a été ramassée par le SPVM à Montréal et transférée en avion à Hamilton, où elle a été placée en GAV en attente d’une audience préliminaire. Les deux autres ont été arrêtées à Hamilton. L’une d’elles a déjà été libérée sous caution et une autre réapparaitra lundi. De plus, la police a libéré trois autres personnes contre lesquelles elle a porté des accusations et cherché à les arrêter. Les accusations portées contre les six personnes comprennent des « dommages à la propriété », « d’attroupement illégal masqué » et diverses accusations de « complot » et de « conseils en vue de commettre ces méfaits ».

En tant qu’anarchistes, nous voulons être clair sur le fait que nous nous opposons à tout acte de répression ciblant celles et ceux qui résiste à l’oppression et à l’exploitation. La police et les prisons ne font rien pour remédier aux injustices fondamentales de cette société et enfermer des gens dans des cages est une horrible chose à faire. Ces systèmes continuent à accorder une plus grande valeur à la propriété qu’aux corps des gens. Solidarité avec toutes les personnes accusées, indépendamment de leurs accusations, et nous appelons tout le monde à apporter leur soutien à ces six inculpées. C’est une multitude d’accusations et un lourd fardeau, autant sur le plan émotionnel que matériel. En ce moment, nous accordons la priorité sur les libérations sous caution, ce qui a coûté jusqu’à présent environ 2000 dollars par personne (parce que la justice, n’est-ce pas?). Nous avons horreur de réclamer une nouvelle fois de l’argent de manière si rapide, mais le contrecoup contre les anarchistes et leurs projets à Hamilton ne fait que se poursuivre et nous sommes plutôt sous pression. Si vous le pouvez, faites un don à https://fundraising.the-tower.ca et encouragez vos potes et compagnons à faire de même.

Nous continuerons à publier des mises-à-jour au fur et à mesure qu’elles apparaissent. Consultez aussi https://north-shore.info pour vous informer des événements et des mises-à-jour sur l’actualité locale.

Ceci dit, nous sommes un groupe assez déterminé et nous n’allons pas laisser tomber nos idées et projets face à ces attaques de l’Etat. Bien sûr, voir ses potes se faire arrêter est effrayant, mais regarder les gens se rassembler pour s’organiser et se défendre mutuellement et voir comment les accusés se tiennent avec courage et intégrité est un puissant rappel de notre force individuelle et collective.

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Canada : Lettre de Cedar sur les accusations de complot, la prison Barton et la solidarité https://attaque.noblogs.org/post/2018/05/30/canada-lettre-de-cedar-sur-les-accusations-de-complot-la-prison-barton-et-la-solidarite/ Wed, 30 May 2018 07:26:12 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=18798 Continuer la lecture ]]> Hamilton Anarchist Support / mardi 29 mai 2018

Ça fait maintenant deux semaines que je suis sortie de prison, juste le temps de remplacer l’ordi volé par les flics et de me mettre à réfléchir aux réflexions que j’aurais envie de partager publiquement. J’ai écrit une lettre pendant que j’étais à la prison Barton il y a environ un mois et j’ai essayé de la sortir par courrier, mais il paraît qu’elle n’a pas survécu aux attentions des censeurs, alors certaines choses dont je parlerai ici sont moins d’actualité qu’elles n’auraient pu l’être.

Premièrement, je vous remercie pour tous vos gestes de soutien et de solidarité. Pas facile de faire face à des accusations et à l’incarcération, mais ça fait toute une différence lorsque tu sais qu’il y a des gens derrière toi qui comprennent que ces attaques perpétrées par l’État s’inscrivent dans un contexte plus large de luttes pour la liberté et l’autonomie. En tant qu’anarchistes, nous faisons partie d’une longue tradition de courage face à la répression. Quand j’ai peur ou que je me sens triste, je pense au sourire édenté de Bakounine en Sibérie ou à l’inclinaison défiante du menton de Louise Michel devant ses juges, ou bien aux autres , innombrables, qui ont toujours refusé de céder leurs idées ou leur intégrité devant la violence de l’État.

Je ne vais pas entrer dans les détails de ce dont on m’accuse. Je dirai seulement que je m’en tiens à chaque mot que nous avons écrit dans la communiqué de The Tower début mars (disponible en français ici, mais il faut descendre un peu pour le trouver). Cependant, je trouve utile de parler un peu de l’accusation la plus importante à laquelle je fais face, « Comploter un attroupement illégal masqué ».
Ce crime a été inventé par le gouvernement Harper, en 2013 suite à une initiative parlementaire de Blake Richards, député de Wild Rose. Il paraît que je serais la première personne accusée sous cette loi. L’infraction d’attroupement illégal masqué est une escalade majeure dans l’arsenal légal ciblant ceux et celles qui participent à des manifestations. Désormais, la loi criminalise non seulement des individus pour leurs actes, mais aussi tout un groupe pour les actes de chaque personne considérée comme faisant partie de ce groupe.
Il existait déjà d’autres lois sur les masques, surtout concernant le port de masque lors de la commission d’un délit, et elles sont tout autant de la grosse merde (solidarité aux deux personne accusées sous cette loi lors d’une manif antifasciste à Québec à l’automne dernier et à P, accusé de déguisement dans un dessein criminel à Toronto). Mais cette nouvelle loi va encore plus loin et permet au procureur d’aller chercher jusqu’à dix ans fermes d’emprisonnement pour le port d’un masque dans un « attroupement illégal », lequel est défini comme une manifestation qui « fait craindre, pour des motifs raisonnables » la commission d’un délit.
Grosso modo, c’est ça l’argument dont l’État américain s’est servi contre les premiers défendeurs dans l’affaire du J20, cet hiver. Suite à une arrestation de masse à l’inauguration de Trump, 200 personnes faisaient face à des accusations pour avoir porté des masques et s’être réunis-es dans le même endroit, à la même heure. Heureusement, ce premier groupe a été innocenté et l’État a ensuite abandonné les accusations contre 129 autres personnes. Le juge était d’avis que le fait d’être présent à une manifestation et de porter un masque ne rend pas responsable des actions d’autres personnes masquées.
L’accusation d’« attroupement illégal masqué » est déjà assez large , mais si on y ajoute « complot »,elle devient carrément floue et d’autant plus dangereuse. Avec cette accusation étrange, l’État cherche à rendre criminels, de manière rétroactive, des actes qui seraient autrement légaux (comme organiser une manif, ce que j’ai aidé à faire au moins 80 fois à Hamilton) si la manif a éventuellement été déclarée illégale.
Je ne veux pas trop m’attarder sur la loi, car je ne cherche pas à susciter une indignation quelconque contre ce nouvel excès de la part de la police et du procureur. Ces institutions vont bien évidemment se servir de toutes les armes qui sont à leur disposition pour s’en prendre aux anarchistes et à tous ceux et toutes celles qui menacent leur pouvoir de contrôler nos vies. Or, je trouve qu’il est tout de même important de regarder aux outils particuliers dont ils se servent pour pouvoir mieux se défendre. On développe ainsi une analyse qui pourrait être utile à d’autres personnes se trouvant ciblées de la même manière. En identifiant l’étrangeté de ces accusations, ce n’est pas du tout mon désir de créer une séparation entre les « bons-nes » manifestants-es, qui n’ont rien fait du tout, et les « mauvais-es », qui agissent de manière offensive dans la rue. Ces accusations de complot sont une arme spécifique de l’État, mais je m’opposerai également à toute forme de répression, peu importe le prétexte.
La répression contre les anarchistes à Hamilton n’a pas commencé avec la perquisition de notre maison. Pendant tout le mois précédant, nous avons eu l’immense plaisir d’assister au spectacle dégueulasse d’une coordination entre les commerçants, la police, et l’extrême droite, travaillant tous de concert pour s’attaquer aux anarchistes et à ceux et celles qui résistent contre la gentrification dans la ville. Après le bris de quelques vitres, les commerçants locaux se sont mis à proclamer leur statut de victime et à appeler à des représailles. Les mêmes groupes d’extrême droite qui ont organisé des rassemblements anti-migrants en ville se sont alors mobilisés pour soutenir les commerçants, un soutien que ces derniers n’ont pas refusé. Et face à la pression d’agir, la police est descendue avec des accusations bizarres. Il y a de bons textes (celui-ci et celui-là, tous les deux en anglais) qui circulent à propos de cette coordination entre le business, les fachos et la flicaille en défense une vision de la ville selon laquelle rien n’est plus important que la propriété des riches. J’ai hâte de voir ces conversations se poursuivre dans les mois et les années à venir.
J’ai dû passer environ 40 jours dans la prison Barton, car on avait refusé de me libérer sous caution – la seule chose exceptionnelle dans cette expérience c’est qu’on me l’ait accordé plus tard. Environ les deux tiers des personnes incarcérées en Ontario le sont en attente de leur procès (ce qui prend d’habitude environ un an).À Barton, tout le monde se trouve dans cette situation, car les prisonniers et les prisonnières sont transférés-es ailleurs une fois condamnés-es. Les prisonniers et prisonnières de Barton ont suivi de près l’enquête sur les nombreuses personnes mortes entre les murs de cette prison  ils et elles ont réagi aux histoires de gens qu’ils et elles connaissaient et ont partagé la tristesse des familles qui témoignaient. Vues depuis l’intérieur des murs, les présuppositions et les conclusions de l’enquête la rendent irrémédiablement déficiente, car elle ignore une vérité fondamentale : ceux et celles qui meurent en prison meurent parce qu’ils sont en prison.
La cause de la mort, au niveau physique, pourrait bien être un surdose de drogue, mais on ne peut pas se limiter à constater la présence de drogues, sans considérer que dans une cage construite pour une seule personne, il y en a trois d’enfermées,dépouillées de leur dignité et de toute sécurité. Peut-on penser à séparer la drogue du désespoir et des traumatismes, du fait que pour assister à nos audiences au tribunal, il faut subir des agressions sexuelles à répétition aux mains des gardiens (qu’ils nomment fouilles à nu) ? Et face à ces morts, la réponse des gardiens est de réclamer davantage de pouvoir sur le corps des détenus-es. Ainsi, en plus des deux fouilles à nu et de la palpation, on se fait maintenant aussi radiographier le bassin.
Ces actes violents sont des violations intenses qui contribuent à la dépression, qui nous font perdre notre motivation à assister au tribunal et à participer à notre défense, et qui ne font pratiquement rien pour empêcher les morts. Que ces formes de violences soient devenues si banales parmi les gardiens ne nous permet pas de les accepter au nom de la « justice ». Peut-on vraiment faire une séparation entre toute la violence de la prison Barton et les fois où des gens meurent entre ses murs ? Comme si on pouvait simplement ignorer les horreurs qui n’arrêtent pas le battement d’un coeur…
La prison cause beaucoup plus de problèmes qu’elle n’en résout et nous serions mieux sans elle. Contre la prison et le monde qui en a besoin et solidarité à tous les prisonniers et à toutes les prisonnières, surtout à Barton.
La justice avance lentement et il faut que nous attendions au moins un an avant que l’État ne doive présenter ses arguments. Entre temps, je suis assignée à résidence et banni de Hamilton, interdite « d’assister ou d’organiser toute manifestation ou rassemblement ». Mais rien ne cesse et rien ne change, toutes les luttes que nous partageons continueront. Je remercie ceux et celles qui savent que face à la répression, on n’assure pas de sécurité en prenant ses distances, mais en s’impliquant davantage – montrez de la solidarité, soutenez les gens ciblés, continuez d’organiser et de mettre en avant vos idées, gardez les projets en vie et trouvez des manières de faire avancer les choses

Je veux exprimer ma solidarité avec les défendeurs-euses restants-es du J20*, accusés-es d’avoir agi en opposition à l’inauguration de Trump et à l’institution de la présidence. Un procès pour quatre d’entre eux et elles est en cours et deux autres procès vont commencer dans les prochaines semaines. Accusés-es d’avoir organisé la manif, d’y avoir participé, ou d’actes concrets dans la rue, ils et elles méritent tout notre soutien et toute notre solidarité.

Solidarité aussi à tous ceux et toutes celles, sur le territoire français, qui défendent la ZAD de NDDL comme zone libre de toute autorité, ainsi qu’avec les anarchistes arrêtés-es en mars, à Limoges et Ambert. Une pensée également pour Krem et les autres emprisonnés pour la même affaire.

Le 11 juin arrive bientôt, jour de solidarité avec les prisonniers et prisonnières anarchistes purgeant des peines de longue. Consultez https://june11.noblogs.org* pour une liste de prisonniers et de prisonnières, ainsi que pour trouver un événement près de chez vous.

Comme je ne crois pas que les idées ou les actes aient besoin d’être signées d’un nom pour avoir de la valeur, je ne vais pas publier d’autres lettres, à moins que quelque chose ne change. Si vous désirez des mises à jour sur cette affaire et sur d’autres ayant lieu dans la région, vous pouvez visiter le site web de Hamilton Anarchist Support*.

Liberté pour tous et pour toutes
-cedar

*Ces trois sites ne sont malheureusement qu’en anglais

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Hamilton (Canada) : Cedar est sorti de taule ! https://attaque.noblogs.org/post/2018/05/16/hamilton-canada-cedar-est-sorti-de-taule/ Wed, 16 May 2018 21:51:25 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=18553 Continuer la lecture ]]> Hamilton Anarchist Support / mardi 15 mai 2018

Cedar n’est plus physiquement dans les mains de l’État. Malheureusement, il/elle devra par le futur respecter les conditions de sa libération sous caution, décidées hier par le tribunal, comme le fait de rester loin de Hamilton, pas participer à aucun cortège ou manifestation et surtout rester aux arrestations domiciliaires.

Guelph, Ontario, 28 avril

Le combat est loin d’être terminé. Même si Cedar n’est plus en taule, il/elle devra tenir pendant un temps indéterminé, à ces conditions, en attente du procès, ce qui signifie qu’il/elle nécessitera encore de notre inébranlable soutien.

Un compte-rendu plus long sortira prochainement, ainsi qu’une nouvelle adresse pour écrire à Cedar !

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Hamilton (Canada) : Des nouvelles de Cedar https://attaque.noblogs.org/post/2018/04/29/hamilton-canada-des-nouvelles-de-cedar/ Sun, 29 Apr 2018 08:24:49 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=18185 Continuer la lecture ]]> Indymedia Nantes / samedi 28 avril 2018

Quelques nouvelles de Cedar, toujours maintenu-e en cage à Hamilton, Canada, accusé-e d’être l@ chef et l’organisateur-trice de la manif sauvage à Locke Street.
Résumé des nouvelles publiées sur https://hamiltonanarchistsupport.noblogs.org

Cedar est maintenant enfermé-e depuis 3 semaines, en attendant le procès. Ille a été transféré-e dans l’aile masculine de la prison, mais toujours en ségrégation. Ce qui signifie rester 23h par jour, sans aucun contact humain, sauf le harcèlement occasionnel des matons. Une heure par jour, la porte s’ouvre et ille doit se grouiller pour se doucher, se raser, et tenter de passer quelques coups de fil. Parce que les prisonniers peuvent seulement faire des appels collectifs, les factures pour un « prisonnier moyen » peuvent dépasser les 100 dollars, en plus du mal de tête crée par le fait que les portables ne peuvent recevoir d’appels collectifs. Cependant, ses compagnon-nes ont pu rester relativement bien en contact avec Cedar, et ont pu lui envoyer beaucoup d’amour et de soutien de partout dans le monde.

La semaine dernière la prison était vérouillée parce qu’un maton avait eprdu une paure de ciseaux. Ce qui siginifie qu’aucun-e prisonnier-e ne pouvait sortir de sa cellule. 120 heures durant, Cedar est resté assis dans sa cellule complétement coupé-e du monde extérieur, incapable de même s’assurer que son nouvel avocat serait présent lors du prochain interogatoire au tribunal. Malgré ça, ille reste en pleine forme, a déja reçu une demi-douzaine de lettres d’ami-es, a lu un bouquin sur l’histoire du Moyen-Orient, et ille reçoit autant de visites que le permet la prison. Bien que, on a vécu ça des tonnes de fois, l’administration peut annuler des visites sans explication et sans prévenir, et donc des ami-es ou des membres de la famille de Cedar ou des ami-es qui ont voyagé pour le voir n’ont plus qu’à passer leur colère et leur tristesse ensemble dans la salle d’attente. Au cas où tu as pas encore deviné : la prison est clairement une institution abominable et inexcusable. Cedar se prépare pour la révision de sa caution avec un nouvel avocat. Ce sera sa dernière chance d’affirmer devant le juge qu’ille doit être libéré-e sous caution, et pas laissé-e pourrir en prison jusqu’à la fin de l’année. On espère qu’une révision de sa caution aura lieu d’ici quelques mois, à temps pour que Cedar puisse attraper un peu de fleurs du printemps qu’ille aime temps. En attendant, ille continuera d’aller régulièrement aux entretiens de routine toutes les deux semaines environ, où il sera embarqué-e hors de sa cellule, emmené-e au palais de justice, menotté-e et mené-e devant un-e juge pour 3 minutes de bavardage bureaucratique. Chaque fois qu’ille marchera hors du plais de justice, ille pourra voir les visages des personnes qu’ille aime, leur tapoter le coeur et sourir, puis forcé-e de rester silencieux-euse tandis que des crétins jouent avec sa vie. Chaque jour qui passe avec Cedar en prison, notre rage envers ce régime brutal ne fait que croitre. La police, les tribunaux et les prisons sont des componsantes nécessaires d’un monde basé sur la hiérarchie et la domination. Un monde que nous rejetons, et un monde contre lequel on restera debout jusqu’à ce que la dernière brique de la dernière prison tombe. Loin d’être paralysé-es par la peur par le niveau de criminalisation à laquelle notre communauté doit faire face, nous essayons de trouver des moyens d’organiser du soutien, de construire nos reseaux, et de continuer à nous battre pour un monde sans prisons.

*****

Pour lui écrire (ille lis et écrit parfaitement le français) :

Peter (Cedar) Hopperton
Hamilton-Wentworth Detention Centre
165 Barton St East
Hamilton ON
L8L 2W6 – Canada

Les lettres avec agrafes, autocollants ou parfums risquent d’être refusées par la taule.

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Kingston (Canada) : Tags pour Cedar https://attaque.noblogs.org/post/2018/04/19/kingston-canada-tags-pour-cedar/ Thu, 19 Apr 2018 17:15:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=18000 Continuer la lecture ]]> Northshore / samedi 14 avril 2018

La nuit dernière, nous avons posé un tag disant Free Ced(A)r sur la Montreal Street à Kingston [dans l’État de l’Ontario, au Canada; NdAtt.].


Cela nous a paru approprié, pour partager notre message, d’utiliser les volets métalliques de l’Elm Café. Ces volets ont été installés l’année dernière, suite à de nombreux actes de vandalisme non revendiqués contre les boutiques produits de la gentrification, ce qui avait provoqué l’indignation parmi les yuppis locaux, ainsi que parmi certains « progressistes », qui ont couru au secours des petits commerces, considérés comme « sacrés ».

Nous espérons que ce petit geste encourage les résidents locaux curieux à réfléchir sur la situation, et qu’il donne le sourire ax anarchistes d’Hamilton qui ces temps-ci font face à la répression.

– des anarchistes

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Pour écrire à Cedar https://attaque.noblogs.org/post/2018/04/16/pour-ecrire-a-cedar/ Mon, 16 Apr 2018 20:28:52 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=17849 Continuer la lecture ]]> Hamilton Anarchist Support / mi-avril 2018

NdAtt. : Cedar a été arrêté.e le 6 avril, accusé.e pour la balade émeutière qui a traversé le centre-ville de Hamilton (au Canada) le 3 mars. Il/elle passera en procès le 24 avril.

Son adresse en taule :

Peter (Cedar) Hopperton
Hamilton-Wentworth Detention Centre
165 Barton St East
Hamilton ON
L8L 2W6 – Canada

Les lettres avec agrafes, autocollants ou parfums risquent d’être refusées par la taule.

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Hamilton (Canada) : Solidarité avec Cedar ! https://attaque.noblogs.org/post/2018/04/12/hamilton-canada-solidarite-avec-cedar/ Thu, 12 Apr 2018 07:41:18 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=17716 Continuer la lecture ]]> Sans Attendre Demain / mercredi 11 avril 2018

Nous apprenons par la presse que le.a compagnon.ne Cedar, arrêté.e par les flics le 6 avril pour la balade saccageuse dans la Locke Street début mars, s’est vu refuser sa demande de libération sous caution, lors de sa comparution devant le juge ce mardi 10 avril. De nombreuses personnes étaient présentes en soutien. Il/elle est actuellement incarcéré.e en préventive jusqu’à la date de son procès qui aura lieu le 24 avril.

Les enquêteurs partent du principe que cette balade contre l’embourgeoisement était étroitement liée à la foire du livre anarchiste d’Hamilton qui se tenait durant ce même week-end dans le lycée Westdale et dans les locaux de The Tower, espace anarchiste à Cannon Street East. Pour rappel, il est inculpé pour « complots & association de malfaiteurs ».

Le 6 avril, il/elle avait été arrêté.e par les flics à son domicile et directement incarcéré.e à la prison de Barton Street.

En 2011, Cedar avait déjà été condamné.e pour des dégradations dans le cadre du sommet du G20 à Toronto en 2010.

*****

Ci-dessous, le communiqué de The Tower, centre social anarchiste d’Hamilton, à titre informatif :

Tôt vendredi matin, la police d’Hamilton a fait irruption dans une maison de certaines personnes impliquées dans l’organisation de la foire du livre anarchiste. La porte a été fracturée et une grenade flash jetée à l’intérieur et un escadron du SWAT est entré : avec leurs fusils d’assaut pointés en notre direction, l’escadron SWAT a fait sortir les personnes présentes de leur lit, dont certaines étaient nues et, à une exception près, à leur mettre les menottes. Trois personnes ont été retenues et une autre arrêtée. Cedar, un membre du collectif The Tower et notre ami précieux, a été arrêté et emmené et se trouve actuellement en détention.

Les personnes qui n’ont pas été arrêtées ont été contraintes d’attendre dehors pendant près de cinq heures, pendant que les flics « fouillaient » la maison. Comme les fascistes qui ont attaqué The Tower le mois dernier, les flics ont complètement saccagé l’espace et même retourné les étagères. Tous les trois étages de la maison ont été mis sens dessus dessous et beaucoup de choses ont été endommagées, notamment une collection de cartes postales féministes encadrées qui ont été déchirées en mille morceaux et jetées dans les toilettes de la salle de bain. Les flics sont des porcs misogynes, purement et simplement, sans exception. De nombreux objets ont été saisis, notamment tous les appareils électroniques (téléphones, ordinateurs, caméras, disques dur externes, etc…), livres, affiches, zines, et un assortiment assez aléatoire de documents (articles de revues universitaires, traductions de textes d’un projet de livre, notes manuscrites, programmes d’événements, brochures…).

En ce qui concerne l’arrestation, Cedar fait face à des accusations de « complots » en lien avec la soit-disant « émeute de la Locke Street ». Nous n’avons aucune envie de nous engager dans la politique de l’innocence. Le concept d’innocence et son versant qu’est la criminalité (entendre « culpabilité ») obscurcissent plus qu’ils illuminent – personne n’est innocent et les plus « criminels » parmi nous sont à la tête de l’économie et du gouvernement. Au-delà de cela, ces notions perpétuent la logique d’un système juridique colonial enraciné dans la « suprématie blanche ». Ceci dit, il convient de noter que les accusations de complot sont connues pour être douteuses et fragiles, qu’elles sont depuis bien longtemps utilisées comme outil de persécution politique. Cela correspond à un acte de désespoir destiné à ratisser large et à effrayer les gens.

De telles accusations ne sont pas matière à s’engager dans une activité particulière, mais plutôt d’encourager éventuellement une activité particulière.

The Tower est un projet ouvertement anarchiste qui depuis sa création a promu les idéaux d’entraide et de solidarité, d’égalité et d’autonomie des individus, ainsi que l’action directe, la guerre de classe et la riposte. Notre projet a toujours inclus *à la fois* les jardins et les émeutes. Nous voulons voir les gens construire de belles alternatives de libération de la même manière que nous voulons les voir attaquer les structures de domination. Rien ne changera à ce sujet, et malgré les défis actuels, notre projet continuera à impulser ces idées. Nous n’avons toujours pas de larmes pour Locke Street et nous continuons de soutenir sans réserve les activités qui ont eu lieu le mois dernier. Ce sont des actions comme celles-ci qui peuvent stimuler des conversations que personne ne cherche à avoir (dans ce cas, l’intensification de la gentrification à travers la ville) et nous voyons cela comme positif. 

Comme tout se passe vite, il est important que les gens se rappellent qu’il n’est jamais acceptable de coopérer avec les flics – ne leur parlez pas et ne partagez aucune information avec eux (quelle soit vu comme ). Il ne s’agit pas d’être en accord ou en désaccord avec des tactiques particulières, mais de refuser de prendre des mesures qui facilitent la violence et la répression de l’État. En dehors des discussions sur la Locke street, les médias locaux ont été dominés par des histoires de corruption policière, de mauvaise conduite, de brutalité et, plus récemment, de meurtre. Il y a moins d’une semaine, la police de Hamilton a abattu Quinn MacDougall, un jeune homme de 19 ans non armé qui avait appelé le 911 en détresse pour demander de l’aide. Les flics ne sont pas et ne seront jamais nos alliés. Nous gagnons en sécurité et en force en restant ensemble et en gardant le silence.

[Traduit de Northshore par Sans Attendre Demain, 10 avril 2018]

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