Budapest – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Sat, 22 Aug 2026 16:31:34 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Prison de Budapest (Hongrie) : Maja agressé.e par des surveillants et soumis.e à une procédure disciplinaire https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/22/prison-de-budapest-hongrie-maja-agresse-e-par-des-surveillants-et-soumis-e-a-une-procedure-disciplinaire/ Sat, 22 Aug 2026 16:29:07 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63648 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / mardi 11 août 2026

Université de Munich, le 4/2/2026

Depuis fin juin, la direction et les fonctionnaires de la prison de Budapest, où Maja est détenu.e, essayent d’empêcher Maja de porter des vêtements dits féminins. Les harcèlements se sont intensifiés le 17 juillet 2026, lorsque plusieurs fonctionnaires ont écrasé et légèrement blessé Maja, dans sa cellule de prison. L’établissement [pénitentiaire] a ensuite engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de Maja, car Maja aurait prétendument agressé les fonctionnaires. La procédure est en cours. Maja risque d’être exclu.e des activités récréatives et de vie en commun pendant trois mois et donc de se trouver à nouveau dans un isolement complet.

Depuis mai 2026, Maja portait le plus souvent, en détention, des jupes et des robes reçues dans des colis de vêtements envoyés par sa famille. Fin juin 2026, il y a eu un entretien avec la direction de la prison, au cours duquel la demande de Maja de participer à la promenade collective a été rejetée sans aucune justification. À cette occasion, le chef de la sécurité a communiqué oralement à Maja que le port de vêtements féminins serait interdit.

Maja a continué à porter des jupes, des robes et d’autres vêtements prétendument féminins. Certains fonctionnaires ont essayé de l’en empêcher, d’autres non. À la fin, Maja s’est imposé.e et, pendant un petit peu de temps, a pu s’habiller selon son libre choix.

Ensuite, l’établissement a commencé à profiter des visites (de la famille, de l’avocat, de parlementaires et du pasteur) pour harceler Maja : Maja devait porter des leggings sous sa robe, qui arrivait aux genoux, ou alors mettre la robe dans un pantalon ; lors d’un parloir, un fonctionnaire a pris une photo de Maja ; les fonctionnaires cherchaient querelle à Maja et prétendaient que le port de vêtements féminins serait interdit dans une taule pour hommes. Le 13 juillet 2026, un haut fonctionnaire a lui aussi déclaré à Maja que les vêtements féminins seraient interdits. Maja n’a jamais reçu de justification écrite ou juridique à ce sujet.

Puis, le 17 juillet 2026, un commando de cinq fonctionnaires, dont le chef de la sécurité et un fonctionnaire masqué, est entré dans la cellule de Maja. Ils voulaient fouiller la cellule à la recherche d’objets interdits. Maja a exigé le règlement intérieur en langue allemande, ainsi qu’un appel téléphonique à son avocat et au consulat. Les fonctionnaires ont refusé tout cela. En ce moment, Maja portait une culotte et un débardeur et devait s’habiller un peu. Maja a mis une robe. Les agents ont sommé Maja de porter autre chose. Maja a refusé. Après cinq minutes de dispute, ils ont menacé de recourir à des mesures coercitives. Maja en a demandé la justification juridique, en vain. Sur un signe du chef de service, l’agent cagoulé a plaqué Maja au sol, plusieurs fonctionnaires se sont agenouillés sur Maja, lui ont pressé la tête contre le sol et lui ont mis les menottes.

Maja a été traîné.e de force dans une salle de soins. À partir de ce moment, le directeur de l’établissement était aussi présent. La médecin a constaté une lèvre fendue et des douleurs sur le côté gauche du front. Pour cet examen, Maja a été déshabillé.e sous la contrainte. La robe a été prise et à sa place Maja a reçu un polo. Quant aux blessures, plus tard Maja a constaté elle/lui-même : une lèvre fendue, une contusion à l’oreille, des douleurs au côté gauche de la mâchoire et à la tempe gauche et des forts maux de tête.

Après cette agression, les fonctionnaires ont retiré de la cellule de Maja tous les vêtements féminins, ou ce qu’ils considèrent comme tels, et les ont emmenés au dépôt. Un fonctionnaire a ensuite informé Maja qu’une procédure disciplinaire allait être engagée à son encontre, car Maja aurait agressé les fonctionnaires. Par la suite, un commando de six personnes, armées de mitraillettes, a conduit Maja, avec des menottes, une ceinture de contention et des entraves aux pieds, à l’hôpital municipal, où on lui a effectué une radiographie de la tête.

Dans le cadre de la procédure disciplinaire, deux audiences ont eu lieu, le 30 juillet et le 4 août 2026, au cours desquelles les cinq fonctionnaires et Maja ont été interrogé.es. L’établissement a décidé d’exclure Maja des activités récréatives et de vie en commun pendant trois mois. Les avocats de Maja ont présenté un recours contre cette décision, ce qui a un effet suspensif.

En tant que comité de solidarité avec Maja, nous considérons ces événements comme une nouvelle escalade dans le conflit que Maja mène pour son autodétermination. Maja, une personne non-binaire, est détenu.e dans un système carcéral qui insiste pour imposer sa norme binaire quant au genre. À cause de sa résistance quotidienne et de plus en plus directe à ces normes dominantes, Maja est confronté.e à des fortes violences psychologiques et désormais aussi physiques. Cet incident montre une fois de plus que Maja n’aurait jamais dû être extradé.e vers la Hongrie. L’Allemagne doit en assumer la responsabilité. Au contraire, le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade ne font que de promesses creuses et brillent par leur silence et leur absence.

À ce sujet, Maja écrit : « Je veux en parler, car ils n’arrêtent pas de nous traiter avec condescendance, avec des règles, des interdictions et des consignes, au besoin avec la force, comme aujourd’hui. Nous pouvons nous respecter ou nous devons nous battre pour cela ». Et plus loin : « Je savais que cela arriverait. J’ai profité de chaque jour où j’ai trouvé la confiance nécessaire pour être bienveillant.e et honnête envers moi-même. Beaucoup de regards dédaigneux, de commentaires stupides, des cris, d’indifférence – tout cela parce que je portais ce qui me plaît ».

Nous sommes aux côtés de Maja, dans sa lutte pour son autodétermination et dans sa résistance contre les normes de genre et contre la taule. Montrez votre solidarité avec Maja. Protestons contre la procédure disciplinaire et la menace d’une exclusion de trois mois de toutes les activités récréatives et de vie en commun.

Comité de solidarité avec Maja
le 11 août 2026

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Budapest (Hongrie)  : Ce n’est pas le dernier mot https://attaque.noblogs.org/post/2026/02/09/budapest-hongrie-ce-nest-pas-le-dernier-mot/ Mon, 09 Feb 2026 17:40:53 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62049 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / mercredi 4 février 2026

Ce n’est pas le dernier mot – Discours de Maja pour la fin du procès

Tribunal de Budapest, le 4 février 2026

Cher.es gens, très distingués membres de la Cour,

moi aussi, je voudrais partager quelques mots, avant que cette procédure pénale ne touche provisoirement à sa fin. Juste une prémisse de fond : je n’ai jamais remis en question le principe et la légalité d’une procédure pénale, ni je ne l’ai fait pour un État qui est l’État de droit de tout le monde. Non, j’ai simplement mis en garde contre les injustices et les dangers que ce procès comporte, ici en Hongrie. Je n’aurais pas agi différemment en Allemagne. Une démocratie doit permettre une telle opposition à l’autoritarisme et à la répression. Chaque jugement qui sera prononcé ici devra être mesuré aussi en fonction du si et comment mes propos et mon comportement seront punis. Au cours des derniers mois, cependant, l’impression s’est renforcée que l’État hongrois ne tolère justement pas des telles formes d’opposition. Les manifestations et les rassemblements sont interdits et le soutien solidaire lors de ce procès est rendu difficile. On met en place un climat de menaces, pour que les gens aient peur d’être traité.es, ici, comme des terroristes. La protestation et la solidarité, qu’elles viennent de nos propres parents ou de personnes inconnues, sont-elles vraiment ce qui menace notre société ? Avez-vous peur de moi, peur de mon papa quand il prend le micro, ou d’une amie qui crie un slogan ?

Vingt-cinq mois de détention préventive sont derrière moi. Après les six premiers mois de détention en Allemagne, j’ai été extradé.e ici, de manière illégale. J’ai demandé au Tribunal constitutionnel fédéral d’empêcher cette extradition et le plus haut tribunal d’Allemagne a effectivement statué, dans une ordonnance urgente, ainsi que dans une décision définitive ultérieure, que l’ordre d’extradition était illégal et anticonstitutionnel, car les personnes queer sont marginalisées par l’État hongrois. Oui, nous avons été effacé.es de la Constitution, notre parole et notre discours sont criminalisés, notre existence doit devenir invisible. Moi aussi, qui, échappé.e aux contraintes binaires des genres, me suis trouvé.e en tant que Maja. Mais l’ordonnance urgente du Tribunal constitutionnel fédéral est arrivée trop tard. La police judiciaire de Saxe m’a enlevé.e, dans une opération éclair nocturne, m’a expulsé.e d’Allemagne et m’a jeté.e dans cet isolement.

L’emprisonnement individuel prolongé avec moins de deux heures de contact humain significatif par jour ou l’isolement sont considérés comme une torture blanche. Je les supporte depuis dix-huit mois. La justification est grotesque. D’abord, on a dit que tous les autres devaient être protégés de moi, car je serais brutal.e et dangereux.se. Après un an, soudainement, on a prétendu vouloir me protéger de la haine des autres envers les personnes queer. L’isolement s’accompagne de mesures quotidiennes coercitives et humiliantes et d’une disposition de sécurité distincte, dont la justification est encore aujourd’hui classifiée. L’emprisonnement individuel prolongé, la privation de sommeil, l’humiliation, la violence – ce sont toutes des pratiques pour extorquer des aveux. Mettez une fois votre plante d’intérieur que vous aimez bien dans la cave et vous comprendrez alors ce qui nous arrive, à nous, les prisonnier.es.

Je connais cette salle d’audience depuis maintenant un an. Pendant seize jours d’audience, je suis resté assis.e, menotté.e, sur le banc en bois derrière moi, et j’ai écouté attentivement la manière dont ma vie était négociée, dans ce procès. Je me suis tu.e par rapport aux accusations. Tout cela n’a duré qu’un peu plus de deux semaines d’audiences. Mais quand je regarde dans le miroir, j’ai l’impression que cela a duré des années. Lors de ma première tentative de trouver un « dernier mot » pour cette procédure, j’ai décrit mon « moi » actuel comme une « fleur fanée »*. Car, pour survivre, un être humain a besoin aussi de la lumière du soleil, mais surtout de proximité, de sentiment de sécurité et de communauté. Mais tout cela nous est refusé, à nous, les reclus.es de la société.

Monsieur le procureur, dans mon cas, cela n’a pas fonctionné. Oui, même si aujourd’hui je tremble, si je suis en proie à l’agitation et aux cauchemars, si, après des jours de solitude, je suis abandonné.e par toute émotion, même si cela me serre la gorge de voir à quel point d’autres personnes doivent souffrir de ces procès politiques – il m’est resté néanmoins un sourire amical, ainsi qu’une morale, une morale universelle. Et quand mon souffle se coupe dans la cellule, je lève les yeux vers la bande de ciel où j’ai vu des oies sauvages, en automne, et je m’accroche à la conviction que la solidarité résiste à la violence.

Après un an et demi de détention, j’ai dénoncé, avec ma grève de la faim, toutes les violations des droits humains que nous, les reclus.es, subissons. J’ai laissé ma vie se balancer au bord de l’abîme pour inciter à agir ceux qui portent la responsabilité. Certes, c’était aussi une expression de désespoir. Certes, la période de jeune était aussi un temps silencieux et sans paroles. Mais, avant tout, ma grève de la faim était une expression d’espoir, d’un tendre espoir, aussi tendre que la petite fleur que j’avais plantée dans les fissures du mur entre la fenêtre et le grillage. Ma grève de la faim était l’expression de mon désir de vivre et de créer. C’était un cri d’amour qui a trouvé un écho, à des milliers de reprises, et c’était une accusation contre ceux qui, en taule, me refusent des relations, une éducation et du travail.

La petite fleur ne fleurit plus. Des mois d’angoisse et d’attente, des saisons entières, se sont écoulés. Des personnes que j’aime sont mortes. La tristesse attend, pendant que je lutte contre la solitude et espère rentrer chez moi. Et je rentrerai en tant que sujet agissant. Vous ne pourrez jamais me réduire à un objet qu’on peut gérer. Car chaque jour je fais l’expérience de la solidarité chaleureuse de nombreuses personnes et je trouve parmi elles des modèles qui me donnent du courage. Elles me montrent que nous avons notre propre choix, aussi douloureux soit-il. Et elles me montrent aussi qu’une existence commune plus juste et plus pacifique est possible. Non, je ne suis pas naïf.ve. Je vois la force pour cela dans l’éclat et la lueur de vos yeux. Je suis tellement reconnaissant.e pour tous vos bras, qui se serrent fermement autour moi, quand il fait sombre et froid.

Oui, j’exige la liberté et je la désire ardemment. Je me permets de lutter pour ma liberté et pour la liberté de tout le monde. Pour cela, je n’ai pas besoin du pouvoir d’emprisonner ou de relâcher des vies. Pour cela, je n’ai pas besoin de juger les autres de manière définitive. C’est ce que la procureur aimerait bien faire. Pour moi, la liberté est quelque chose d’autre. Elle s’épanouit dans la conviction que nous pouvons créer ensemble quelque chose de plus juste que les prisons, les camps et les centres de rétention, que nous pouvons créer quelque chose de plus pacifique que les menottes, les armes et les divisions blindées. Pour moi, cela signifie chercher ce qui peut rester pour celles/ceux qui viendront après nous, préserver ce qui a déjà été acquis en termes de libertés et faire naître de chaque doute un nouveau pari. Et je parle avec espoir, car il y a tant de personnes qui n’obéissent pas au mépris, qui n’en ressentent ni le droit ni le devoir.

Ce procès, comme ceux de Munich, de Düsseldorf et de Dresde**, est un procès politique. Ici, l’État prétend être menacé, être victime de violence. Nous savons tous quel jugement le Premier ministre de ce pays souhaite. Le procureur m’a proposé quatorze ans de prison en échange d’aveux et je risque jusqu’à vingt-quatre ans de prison. Cette peine vise à étayer leur récit d’une mouvance antifa meurtrière, qui s’adonne à la chasse aux êtres humains. Et je connais les craintes que cette peine soit utilisée, abusivement, pour me bannir de la société pendant la moitié d’une vie (ou toute ?), afin de dissuader tout le monde. Malgré cela, l’acte d’accusation m’a incité à rédiger une déclaration et à expliquer comment l’antifascisme est la base de mon action et la condition préalable à ma revendication de justice universelle. L’antifascisme est l’autodéfense nécessaire des sociétés démocratiques contre le totalitarisme, l’autoritarisme, l’extermination et le mépris. Non seulement dans l’accusation, mais aussi au-delà du procès, l’enseignement émancipateur et antifasciste, tel qu’il nous est resté après la guerre, le fascisme et le colonialisme, a été présenté à plusieurs reprises comme du terrorisme. Rien en moi ne désire la violence. Il n’y a en moi aucun désir de blesser ou de tuer ; oui : ma raison s’y oppose. Je ne veux être ni un.e tyran ni un.e héros. Dans la première ébauche de mes derniers mots, j’ai écrit que je voulais rester un enfant-fleur, parcourir les jardins humains avec tendresse, toujours attentif.ve, curieux.se et bienveillant.e. Je sais que je l’étais et que je le suis, je me fais chaque jour la promesse de le rester, je n’oublie jamais le désir de le faire ensemble.

Je pense cependant que cela seul ne me permet pas de comprendre les dimensions politiques de ces procès. Elles dépassent largement mon expérience personnelle. Je me demande ce que cela signifie, quand des manifestations pacifiques sont interdites, au contraire des manifestations des fascistes qui nous jettent des excréments, quand l’on est censuré.es et diffamé.es, quand la notion fondamentale de défense de la démocratie finit sur la liste des organisations terroristes, quand nous sommes ainsi désigné.es, tou.tes, des ennemi.es de l’État, quand des banques ferment les comptes d’organisations de solidarité***, quand l’aide juridique est criminalisé, quand la dignité humaine ne revient qu’à certaines personnes, quand la société civile est déclarée ennemie par les représentants de l’État. Nous ne savons pas où cela s’arrêtera. Nous ne pouvons que promettre de ne jamais arrêter de protéger et de défendre la vie.

Dans ma première ébauche, je voulais écrire sur trois fleurs séchées, symboles de l’amour, de l’amitié et de la diversité. Ce sont trois petites fleurs délicates, que j’ai reçues pressées dans une carte verte et que j’ai tenues dans mes mains à plusieurs reprises, au cours des vingt-cinq derniers mois. Je suis déterminé.e à préserver tout cela et à rendre en retour tout ce que je le peux. Grâce à vous, je comprends qu’il vaut la peine de résister, qu’il vaut la peine d’espérer et je me sens en sécurité quand je suis à vos côtés, là où c’est nécessaire, là où il ne reste plus aucune hésitation. Et je sais qu’il existe un endroit, magnifique et vivant comme une prairie de fleurs sauvages, il existe un endroit au-delà des cachots et loin de toute violence, où toi et moi pouvons être des êtres humains parmi d’autres êtres humains.

Merci de votre attention et merci d’avoir été si nombreux.ses à mes côtés pendant ces deux années, ces seize jours, que ce soit de près ou de loin. Je vous aime, una promessa rimane ancora, ci faremo vivi! [une promesse reste encore, on donnera des nouvelles !]

 

Notes d’Attaque :

À l’issue de ce procès, Maja a été condamné.e à huit ans de prison. Gabriele à sept ans. Il est actuellement libre, en Italie, car la Cour d’appel de Milan a refusé d’autoriser son extradition. Anna, qui se trouve actuellement en Allemagne, a, elle, été condamnée à deux ans avec sursis.

* probable référence à sa déclaration à l’audience préliminaire du 21 février 2025
** Il s’agit, pour Munich, du procès contre Hanna (terminé avec sa condamnation à cinq ans). Quant à Düsseldorf, c’est le procès en cours contre six camarades, pour les mêmes attaques contre des néonazis que Maja, à Budapest en 2023. Pour plus d’infos, voir ici. À Dresde se déroule, par contre, le deuxième procès dit « Antifa Ost », contre sept autres camarades, pour des agressions contre des néonazis, en Saxe et Thuringe, entre 2018 et 2020. Ces deux affaires répressives (et les nombreux procès qui en découlent) sont reliées par le fait que certain.es camarades, comme par exemple Tobias et Johann, sont inculpé.es dans les deux.
*** Par exemple, à la mi-novembre 2025, la banque GLS a fermé de son propre chef le compte de l’Anarchist Black Cross Dresden et d’autres banques ont refusé de leur ouvrir un nouveau compte. L’ABC de Dresde a déjà été classée comme organisation extrémiste par le gouvernement de Saxe, pour son soutien aux anarchistes qui se battent en Ukraine contre l’invasion russe. Plus d’infos (en allemand) ici

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Budapest (Hongrie) : La sentence pour Maja devrait tomber le 22 janvier prochain https://attaque.noblogs.org/post/2025/10/31/budapest-hongrie-la-sentence-pour-maja-devrait-tomber-le-22-janvier-prochain/ Fri, 31 Oct 2025 17:38:20 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61076 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committe / mardi 21 octobre 2025

Dernier jour, pour cette année, du procès contre Maja – La sentence tombera le 22 janvier

Communiqué de presse du 8 octobre 2025

Encore une fois, une demande d’assignation aux arrestations domiciliaires a été rejetée. À cet effet, le juge a repris les arguments du procureur. Les manifestations de sympathie et les protestations prouveraient justement l’appartenance de Maja à l’« organisation antifasciste ». La grève de la faim aurait montré que Maja ne reconnaissait pas la justice hongroise. Cela, et la gravité des délits reprochés, créerait un risque remarquable de fuite et le risque de la commission d’autres délits.
Le père de Maja, Wolfram Jarosch, dit à ce propos : « Ici, la présomption d’innocence est balayée. Le Premier ministre Orbán fait ouvertement pression pour que Maja soit sévèrement puni.e. Cela n’a plus rien à voir avec une procédure conforme à un État de droit. Au lieu de cela, nous voyons en Hongrie une suppression systématique des droits fondamentaux. Ainsi, mon enfant est à l’isolement depuis quinze mois, sans raison. Cette torture psychologique a été prolongée encore une fois, par le refus d’une assignation aux arrestations domiciliaires. »

Comme aux États-Unis, aussi en Hongrie « l’Antifa » a été déclaré organisation terroriste. À cet effet, le groupe « Antifa Ost / Hammerbande »* a été explicitement enregistré dans la liste des organisations terroristes. Le Premier ministre Orbán a déclaré à ce propos : « L’Antifa est bel et bien une organisation terroriste, elle est arrivée aussi en Hongrie, a tabassé des personnes pacifiques dans la rue, en laissant même certaines à moitié mortes ».
Apparemment, on doit créer des justification pour une transformation autoritaire de l’État. Pour contrecarrer ce danger, le Parlement européen a confirmé hier l’immunité pour Peter Magyar, Klara Dobrev et Ilaria Salis**. Le procès d’Ilaria Salis, qui avait été joint à celui de Maja, est maintenant suspendu.

Aujourd’hui, il y a eu une confrontation, dans le procès contre Maja. Le célèbre néonazi hongrois Lázló Dudog et sa copine ont comparu en tant que victimes, mais leurs déclarations divergent nettement de celles d’un témoin. Avec son groupe Divízió 88 (« 88 » signifie « Heil Hitler »), dans leur chanson Todesfabrik [usine de la mort], Dudog avait qualifié « les enfants carbonisés et les putes juives torturées » de « magnifiques ».

Encore une fois, le témoignage du nazi était en contradiction avec celui du témoin qui a vu l’attaque contre Dudog du début à la fin. Le témoin a déclaré que Dudog portait bel et bien un symbole de la division SS Totenkopf sur son bonnet. Selon son récit, l’altercation ressemblait plus à une brève bagarre entre supporteurs de football qu’à une attaque coordonnée. La déposition de Dudog et de sa copine restent donc discutables.

Les prochaines audiences du procès ont été fixées pour les 14, 16, 19 et 22 janvier 2026. La sentence devrait tomber le 22 janvier. Nous demandons aux politiques allemands de s’investir immédiatement pour le retour de Maja, avant que cent autres jours s’écoulent, pour elle/lui, à l’isolement dans des conditions contraire aux droits humains.

Comité de solidarité avec Maja

 

Notes d’Attaque :
* il s’agit du nom donné par les flics (et largement repris par la presse) au supposé groupe de camarades antifascistes qui aurait mené des attaques contre des néonazis, en Allemagne, entre 2018 et 2020, et qui, toujours selon eux, aurait aussi organisé la réponse dans la rue à la commémoration nazie « Jour de l’honneur », à Budapest, en février 2023.
** Les deux premiers sont des politicien.nes hongrois.es et député.es européen.nes, opposant.es à Orbán, sous procès en Hongrie. Ilaria Salis, antifasciste italienne, accusée d’avoir participé au tabassage de quelques nazis à Budapest, à l’occasion de leur « Jour de l’honneur », a passé quinze mois en prison et quelques semaines aux arrestations domiciliaires, en Hongrie. Elle a été libérée après son élection au Parlement européen, dans la liste d’une coalition de petits partis de gauche et écologistes italiens.

 

Sur le site du Budapest Antifascist Solidarity Committe on trouve aussi quelques informations sur les nazis qui sont finis à l’hôpital après leur « Jour de l’honneur ». Voilà à quoi ressemble Dudog :



Et, largement relayée par les médias, une photo prises après (les) coup(s).

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Allemagne et Hongrie : Des mises-à-jour sur les procès pour l’affaire des antifas de Budapest https://attaque.noblogs.org/post/2025/09/28/allemagne-et-hongrie-des-mises-a-jour-sur-les-proces-pour-laffaire-des-antifas-de-budapest/ Sun, 28 Sep 2025 16:31:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60789 Continuer la lecture ]]> Anarchist Black Cross Dresden / samedi 27 septembre 2025

Des mises-à-jour sur les procès pour l’affaire de Budapest : des antifascistes devant les tribunaux

Maja
Maja se trouve toujours en isolement en Hongrie. Au début de l’année, les avocat.es de Maja ont essayé de transformer sa détention en arrestations domiciliaires, mais la décision a été reportée par les tribunaux hongrois. Le 20 juin, le tribunal a finalement pris une décision sur la demande d’arrestations domiciliaires, mais l’a rejetée. Pour protester contre des conditions de détention inhumaines, qui perdurent, Maja a fait une grève de la faim. De nombreuses manifestations et actions en solidarité avec Maja ont alors eu lieu dans toute l’Allemagne. Avec des envois de cartes postales, on a mis la pression sur des politiciens allemands et hongrois, pour qu’ils s’engagent en faveur de Maja et la/e fassent revenir en Allemagne.

Après quarante jours de grève de la faim, l’état de santé de Maja s’est tellement dégradé qu’il/elle a dû être transféré.e dans un hôpital pénitentiaire et arrêter sa grève de la faim.
À l’heure actuelle, son procès se poursuit, à Budapest. Les prochains journées de procès sont le 29 septembre, le 2 et le 8 octobre, à chaque fois à 9h00 au Tribunal d’État de Budapest.

Hanna
Hanna est toujours incarcérée à Munich [voir ici pour son arrestation ; NdAtt.]. Le procès à son encontre s’est terminé hier, le 26 septembre 2025, avec une condamnation à cinq ans de prison. Le procureur avait requis une peine de neuf ans de prison, pour « tentative de meurtre » et appartenance à une organisation criminelle au titre de l’article 129 du code pénal. La défense avait plaidé l’acquittement.

Zaid
Zaid a été relâché sous conditions et a pu retourner chez sa famille à Nuremberg, mais il doit se présenter à la police trois fois par semaine. De cette façon, on voudrait l’empêcher de s’enfuir, bien qu’il se soit volontairement livré aux autorités en janvier [voir ici ; NdAtt.].
Puisque Zaid n’a pas la nationalité allemande, il reste le seul accusé dans l’affaire des antifas Budapest à être toujours menacé d’extradition vers la Hongrie et donc, potentiellement, à la suite, d’une expulsion vers la Syrie.

Lina
La défense de Lina a fait appel et l’audience a eu lieu le 6 février devant la Cour fédérale de justice, à Karlsruhe. Malheureusement, sa peine de cinq ans et trois mois* n’a pas été modifiée. En ce moment, Lina se trouve de nouveau en prison.

Six nouveaux.lles accusé.es
Le 6 juillet, le procureur général fédéral de Düsseldorf a mis en état d’accusation six autres antifascistes : Paula, Emmi, Clara, Luca, Nele et Moritz [voir ici ; NdAtt.].
Les chefs d’inculpation sont, entre autres, « tentative de meurtre » et « appartenance à une organisation criminelle », au titre de l’article 129. Nous voyons la décision de les mettre en état d’accusation à Düsseldorf comme une décision politique très claire, pour rendre plus difficile le soutien aux accusé.es par les ami.es et les familles, ainsi que le travail de solidarité, qui, jusqu’à présent, a été coordonné principalement depuis l’Allemagne de l’Est. La plupart des accusé.es viennent d’Allemagne de l’Est. C’est là qui se trouvent leurs familles, leurs ami.es, leurs réseaux politiques ; le centre de leur vie est là. D’abord, la plupart d’entre elles/ils ont également été incarcéré.es dans des prisons ouest-allemandes ; maintenant, tout le procès doit encore se tenir au Tribunal supérieur de Düsseldorf. Cela est visiblement une tentative de briser notre solidarité avec les accusé.es et de rendre l’accompagnement solidaire pendant le procès très difficile et coûteux. Le trajet de six heures entre l’Allemagne de l’Est et Düsseldorf représente une charge insoutenable pour les ami.es et les familles.
Non seulement le lieu du procès, mais aussi les chefs d’accusation sont clairement marqués par une motivation politique qui ne s’inscrit que trop bien dans une tendance plus large, que l’on peut observer depuis bien avant les dernières élections législatives : l’antifascisme est réduit à un délit ; le procès des six accusé.es et l’accusation de meurtre doivent créer dans l’opinion publique une image de l’antifascisme aussi sanglante et dangereuse que possible – une escalade clairement motivée politiquement, de la part du procureur fédéral. Cela apparaît clairement si nous nous rappelons que le mandat d’arrêt initial contre les accusé.s n’était pas établi pour tentative de meurtre.

Notre réponse à cette escalade politique ciblée et à la délégitimation du nécessaire antifascisme ne peut être que la solidarité. Participez à des actions, écrivez des lettres à nos camarades emprisonné.es, donnez de l’argent pour les frais de justice des accusé.es et les frais de déplacement des personnes qui les soutiennent.

Nous ne nous laisserons pas que l’État allemand nous dissuade d’être solidaires avec nos ami.es et camarades !
L’antifascisme est et reste nécessaire et notre solidarité avec nos courageux.ses camarades reste intacte.

 

* Note d’Attaque : Lina a été condamnée pour blessures graves et association de malfaiteurs, dans le premier procès pour l’affaire Antifa Ost, avec deux autres camarades qui ont reçu des peines plus courtes. Sept autres antifascistes inculpé.es dans la même affaire attendent encore leur procès (qui devrait normalement s’ouvrir en novembre à Dresde). Selon les enquêteurs allemands, la même « association de malfaiteurs » aurait perpétré des agressions de néonazis en Allemagne de l’Est et à Budapest, lors du « Jour de l’Honneur » de février 2023. Tobias aussi est inculpé dans les deux affaires.

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Prison de Budapest (Hongrie) : Une fouille à nu violente et longue de trois heures pour Maja T. https://attaque.noblogs.org/post/2025/09/28/prison-de-budapest-hongrie-une-fouille-a-nu-violente-et-longue-de-trois-heures-pour-maja-t/ Sun, 28 Sep 2025 16:29:29 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60785 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Commitee / vendredi 26 septembre 2025

Communiqué de presse du 26 septembre 2025

Vendredi dernier, Maja T. a été à nouveau transféré.e, de l’hôpital pénitentiaire, où il/elle se trouvait à cause de son état de santé pendant et après sa grève de la faim, à la prison de Budapest. Le procès de Maja s’est poursuivi dans cette ville, le lundi 22 septembre 2025. Cependant, Maja doit toujours faire face aux conséquences, pour sa santé, de sa grève de la faim et a été jusqu’ici sous traitement à l’hôpital de la prison. Entre autres choses, une IRM a été effectuée, avec laquelle les médecins ont constaté des micro-hémorragies dans son cerveau. Celles-ci sont probablement une conséquence de la grève de la faim. On ne sait pas si et dans quelle mesure son traitement médical se poursuit dans la prison de Budapest.

Depuis vendredi dernier, Maja se trouve dans la même cellule que l’année dernière et, jusqu’à présent, aucune amélioration de ses conditions de détention n’a été constatée. Comme avant, dans la cellule il n’y a pas de lumière naturelle directe et l’isolement est permanent. Toutes les visites sont étroitement surveillées et ensuite il y a des contrôles intimes. Des conditions qui sont connues et qui ont été la raison pour laquelle Maja a décidé, le 5 juin 2025, de mener une grève de la faim [voir ici ; NdAtt.].

Après une visite de sa famille, le mardi 23 septembre 2025, Maja a refusé de se soumettre à l’habituelle fouille à nu, dégradante, et a refusé de retirer ses sous-vêtements. En conséquence, elle/il a été menotté.e et mis.e à nu de force par le personnel pénitentiaire. Cela a duré environ trois heures. Et ce n’était pas tout : suite au refus de Maja de se déshabiller complètement, la prison a engagé une procédure disciplinaire à son encontre. On ne sait pas encore quelles effets aura cette procédure disciplinaire.

Ce n’est pas la première fois que Maja a été témoin de la violence du personnel pénitentiaire à l’encontre des détenus. Elle/il a constamment signalé des bruits de coups et de cris venant des espaces environnants. Cependant, l’incident de mardi dernier est une nouvelle escalade et ne fait que confirmer, une fois de plus et de manière grave, les conditions inhumaines auxquelles Maja est soumis.e en Hongrie. À ce propos, le père de Maja déclare : « Depuis plus d’un an, Maja souffre, dans des conditions de détention inhumaines, en Hongrie. La manière dont les fonctionnaires hongrois ont menotté et dévêtu de force Maja est contraire à toute dignité humaine et aux normes internationales ».

Ceci est un appel urgent aux responsables politiques, en particulier au ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, pour qu’ils s’engagent par voie diplomatique pour le retour de Maja et pour qu’ils fassent suivre leurs déclarations publiques sur leurs efforts supposés par des actes concrets !

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Budapest (Hongrie) : L’état de santé de Maja s’empire https://attaque.noblogs.org/post/2025/07/06/budapest-hongrie-letat-de-sante-de-maja-sempire/ Sun, 06 Jul 2025 16:22:47 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59907 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / samedi 5 juillet 2025

Les médecins de la prison hongroise évoquent la possibilité d’un traitement forcé – L’état de santé de Maja s’empire

La mairie de Fribourg-en-Brisgau, le 24 juin

Des nouvelles inquiétantes nous parviennent de l’hôpital de la prison hongroise, sans que nous puissions les vérifier ni les préciser.

Aujourd’hui, le 5 juillet 2025, dans un appel téléphonique avec sa famille, Maja les a informé.es sur l’avis donné par les médecins de l’hôpital de la prison, où Maja est actuellement détenu.e et soigné.e :
– maintenant, Maja pèse seulement 65 kg et a donc perdu environ 13 kg.
– Le foie et les reins ne sont plus en très bon état.
– Les taux de fer, de phosphore, de vitamine K (importante pour la coagulation du sang) et d’hormones sont bas.
– Le taux de bilirubine (un pigment issu de la dégradation de l’hémoglobine, qui est éliminé par le foie/la vésicule biliaire) est élevé.
– Il y a des œdèmes au niveau du pied.
– Des tressaillements des yeux ont été observés.

Les médecins traitantes ont également déclaré qu’ils ne se sentaient pas obligés de respecter les dispositions de Maja, en tant que patient.e, et son refus d’un traitement forcé. Si l’état de santé de Maja s’empirait, ils agiraient sans tenir compte de la volonté déclarée de Maja.

Cette attitude contredit clairement les lignes directrices éthiques que l’Association médicale mondiale a explicitement formulées dans la déclaration de Malte. Un traitement forcé contre la volonté du/de la patient.e constituerait également un délit, en Allemagne.

Par conséquent, nous exigeons à nouveau et avec une grande urgence :
– Maja doit pouvoir parler de manière confidentielle, c’est-à-dire en tête-à-tête, en allemand ou à l’aide d’un.e interprète, avec un.e médecin indépendant.e et être examiné.e par ce.tte médecin. Cela est important pour que Maja puisse comprendre et classer correctement les constats médicaux.
– Le ministère des Affaire étrangères [d’Allemagne] doit intervenir immédiatement, non seulement par l’intermédiaire de l’ambassade, mais aussi au plus haut niveau.

Il y a le risque d’un drame, qui peut encore être évité. Pour ce faire, il n’y a pas besoin de droits spéciaux ou de privilèges, mais seulement du respect des règles valables au niveau international et aussi formellement souscrites par la Hongrie, ainsi que de l’observation des droits fondamentaux et des droits humains. Et il faut un ministre des Affaires étrangères [d’Allemagne] qui défende enfin activement les principes constitutionnels de l’Allemagne et de l’Europe et, avec eux, la dignité de Maja.

Iéna, le 5 juillet 2025

Comité de solidarité pour la grève de la faim de Maja

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Zurich (Suisse) : Free Maja! https://attaque.noblogs.org/post/2025/07/05/zurich-suisse-free-maja/ Sat, 05 Jul 2025 16:49:54 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59890 Continuer la lecture ]]> Barrikade / mardi 1er juillet 2025

En solidarité avec l’antifasciste Maja, nous avons défoncé l’entrée du consulat honoraire de la République fédérale d’Allemagne, à Zurich.

Après son extradition illégale d’Allemagne vers la Hongrie, Maja se trouve maintenant en grève de la faim, depuis le 5 juin 2025. Cela pour lutter contre les conditions de détention inhumaines en taule et contre la menace d’extradition d’autres antifascistes inculpé.es dans l’affaire « des antifas de Budapest ».

La grève de la faim est un moyen qui a une longue tradition chez les révolutionnaires en prison, pour améliorer les conditions de détention et mener une lutte autodéterminée en taule. Nous avons beaucoup de respect pour tou.tes les combattant.es qui prennent cette décision pleine de force.

Les agressions contre les femmes et les personnes queer ne se limitent pas à la Hongrie et à l’Allemagne, mais sont l’expression, partout dans le monde, d’un climat réactionnaire qui émerge dans la crise capitaliste. Cela fait de la lutte antifasciste militante une nécessité. Nous nous solidarisons avec Maja et tou.tes les antifascistes inculpé.es. De Budapest à Zurich, dans le monde entier.

Free Maja et tou.tes les antifas.
Amour et force à ceux/celles qui sont en cavale et en prison.
Nous sommes avec vous.

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Budapest (Hongrie) : L’assignation à résidence refusée à Maja https://attaque.noblogs.org/post/2025/06/23/budapest-hongrie-lassignation-a-residence-refusee-a-maja/ Mon, 23 Jun 2025 16:58:57 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59800 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / dimanche 22 juin 2025

Refus d’assignation à résidence – Un état des lieux de la part du comité de solidarité

Lors de l’audience du 20 juin 2025 du procès de Maja, au tribunal de Budapest, le juge a rejeté la demande d’assignation à résidence de Maja, en raison d’un supposé risque de fuite. À notre avis, celle-ci est une décision qui a des lourdes conséquences politiques.

1) Le juge hongrois a empêché une solution politique. Avec l’assignation à résidence de Maja, les trois parties – Maja, la Hongrie et l’Allemagne – auraient pu mettre fin à cette affaire en sauvant les apparences : Maja, même si elle/il n’avait pas obtenu d’être renvoyé.e en Allemagne, aurait quand même eu une amélioration considérablement sa propre situation et aurait pu ainsi mettre fin à sa grève de la faim. La Hongrie aurait toujours eu Maja sur place, en son pouvoir, et aurait pu continuer ce procès-spectacle, avec Maja en tant que figurant.e, mais aurait empêché une nouvelle escalade de la grève de la faim. L’Allemagne aurait pu se débarrasser du problème politique posé par cette grève de la faim, éviter, à l’intérieur, l’escalade du scandale judiciaire à cause de l’extradition de Maja, et n’aurait pas été obligée de chercher un conflit diplomatique avec la Hongrie en ce moment critique. Cette solution politique, telle qu’elle a fonctionné dans le cas d’Ilaria Salis, n’est pas devenue réalité.

2) Étant donné qu’il n’est plus question d’une assignation à résidence en Hongrie, la seule solution envisageable est la satisfaction de la requête avec laquelle Maja a commencé sa grève de la faim – son renvoi en Allemagne.

3) Le rejet de la demande d’assignation à résidence montre aussi qu’il n’y a pas eu de pression diplomatique sur la Hongrie de la part de l’Allemagne ou qu’elle n’a pas été suffisante. Cela nous montre, à son tour, que la pression du mouvement de solidarité sur le gouvernement allemand doit être considérablement accrue.

En outre, nous devons tenir compte du fait que Maja est en grève de la faim depuis deux semaines et demie. Aujourd’hui, c’est le 18ème jour de sa grève de la faim. Nous devons supposer que Maja passera bientôt de la phase de dégradation à la phase critique de la grève de la faim. Après la phase de dégradation, dans laquelle le corps affamé passe en régime d’économie et dégrade muscles et graisses, dans la phase critique les organes arrivent à leurs limites, ce qui entraîne de plus en plus de dysfonctionnements. Avec le début de la phase critique, qui peut survenir à tout moment, chaque jour supplémentaire de grève de la faim peut entraîner des dommages à long terme, et même irréparables, pour la santé.

Dans ce contexte, en tant que comité de solidarité pour la grève de la faim de Maja, nous appelons à augmenter le niveau d’action, après la fin des journées d’action actuellement en cours. Nous appelons à toutes les formes de protestation pacifique [pourquoi se limiter à ça ? NdAtt.], afin d’augmenter la pression sur les responsables en Allemagne.

Nous demandons à tout le monde de ne pas mettre en avant une appartenance à une quelque organisation, lors des appels et de la conception d’actions pour Maja. Il doit y avoir le moins d’obstacles possibles à la participation aux actions de gens de tout l’éventail de la gauche et aussi de la société civile.

En plus, nous invitons tout le monde à venir à Iéna, le 28 juin 2025. Nous allons faire une manifestation, à l’occasion de l’anniversaire de l’extradition illégale de Maja vers la Hongrie [voir ici ; NdAtt.]. Elle commencera à 17 heures, au Holzmarkt, à Iéna.

Maja est fermement déterminé.e à poursuivre sa grève de la faim. Maja l’a déclaré au tribunal le 20 juin 2025, après le rejet de sa demande d’assignation à résidence.

Iéna, 22 juin 2025, 18ème jour de grève de la faim.

Comité de solidarité pour la grève de la faim de Maja

 

 

Note d’Attaque : le graffiti dans l’image a été réalisé à Berne, en Suisse. Il dit « Maja, reste fort.e »

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Prison de Budapest (Hongrie) : Des allègements des conditions de détention de Maja https://attaque.noblogs.org/post/2025/06/18/prison-de-budapest-hongrie-des-allegements-des-conditions-de-detention-de-maja/ Wed, 18 Jun 2025 16:49:19 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59765 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / mardi 17 juin 2025

L’établissement pénitentiaire accorde à Maja des allègement de ses conditions de détention – L’Allemagne continue de se dérober à toute responsabilité

Brême, 6 juin (« Malgré la taule et la faim, reste fort.e, Maja »)

Depuis le début de la grève de la faim, Maja a perdu environ sept kilos. La perte de poids ralentit depuis quelques jours. Le ventre de Maja est devenu très maigre, les yeux émaciés. Malgré la chaleur qu’il y a à Budapest, Maja a froid et porte donc un pull. À présent, Maja se sent très faible et épuisé.e et sa capacité de concentration diminue. Ces symptômes physiques sont attendus et habituels, dans la phase actuelle de la grève de la faim.

Après presque deux semaines de grève de la faim, la direction de l’établissement pénitentiaire semble bouger. Le dimanche 15 juin 2025, pour la première fois depuis son incarcération à Budapest il y a un an, Maja fait eu une heure de promenade avec quatre autres détenus. Le lendemain, Maja a de nouveau fait la promenade avec ces quatre détenus. Sur d’autres points aussi, l’établissement où se trouve Maja semble faire des concessions : les visites devraient être autorisées le week-end, on a parlé d’un téléviseur. De plus, l’établissement pénitentiaire a demandé à Maja des suggestions pour un programme de réinsertion. Jusqu’ici, nous ne savons pas encore de quoi il s’agit.

Ces concessions de l’établissement pénitentiaire montrent probablement que, avec sa grève de la faim, Maja a pu gagner des premières améliorations. Nous pouvons, avec prudence, considérer cela comme une victoire de la lutte de Maja et de notre solidarité ! Cependant, il n’y a pas eu de communication de l’établissement avec Maja ou l’avocat de Maja, ni de garanties écrites sur la durée de ces améliorations de ses conditions de détention. De plus, la requête liée à de grève de la faim de Maja est encore loin d’être satisfaite. Dans sa déclaration de début de grève de la faim, Maja a clairement indiqué exiger son renvoi en Allemagne.

Le matin du 16 juin 2025, le consulat allemand a rendu visite à Maja. Ils se sont renseignés sur son état de santé et ont demandé ce qu’il fallait faire pour que Maja mette fin à sa grève de la faim.

Il n’est pas encore clair si les audiences du procès de Maja auront lieu comme prévu les 18 et 20 juin 2025 et si Maja y sera de nouveau amené.e, malgré la grève de la faim en cours. Lors de l’audience du 12 juin 2025, le procureur et le juge ont nié le fait que Maja soit en grève de la faim et ont essayé de faire en sorte que l’audience ait lieu comme prévu, jusqu’à ce qu’ils doivent l’interrompre après quatre heures, à cause de l’épuisement de Maja. Ils ne se sont pas écartés de cette ligne, du moins jusqu’à présent.

Jusqu’ici, il n’y a eu aucune déclaration publique à propos la grève de la faim de Maja, de la part du gouvernement allemand et du ministère des Affaires étrangères. Dernièrement, le ministère des Affaires étrangères a seulement déclaré au journal taz que le renvoi de Maja [en Allemagne] relève de la compétence des tribunaux hongrois. Il se décharge donc de toute responsabilité.

Notre prudente évaluation est que l’établissement pénitentiaire réagit à la grève de la faim avec certaines améliorations du régime de détention, tandis que le juge nie la grève de la faim et que l’État allemand ne fait aucun effort public pour ramener Maja. Par conséquent, Maja est déterminé.e à poursuivre la grève de la faim et à continuer à lutter pour son renvoi en Allemagne.

Par conséquent, nous sommes encore plus appelé.es à soutenir sa grève de la faim et à faire pression sur les autorités allemandes et hongroises. Participez aux journées d’action internationales pour Maja, qui commencent le vendredi 20 juin 2025 !

17 juin 2025, treizième jour de grève de la faim.

Comité de solidarité pour la grève de la faim de Maja

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Budapest (Hongrie) : Déclaration de grève de la faim de Maja https://attaque.noblogs.org/post/2025/06/05/budapest-hongrie-declaration-de-greve-de-la-faim-de-maja/ Thu, 05 Jun 2025 16:22:30 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59571 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / jeudi 5 juin 2025

Mon nom est Maja. Il y a presque un an, j’ai été extradée de manière irrégulière vers la Hongrie. Depuis lors, je suis emprisonnée ici dans des conditions inhumaines d’isolement prolongé. Hier, le 4 juin 2025, la décision sur ma demande de placement en résidence surveillée devait être prise. Cette décision a été reportée. Les dernières demandes de placement en résidence surveillée ont été rejetées. Je ne suis plus disposée à rester dans cette situation intolérable et à attendre les décisions d’une justice qui, au cours des derniers mois, n’a cessé de violer systématiquement mes droits. En conséquence, je commence aujourd’hui, le 5 juin 2025, une grève de la faim. Je demande à être renvoyée en Allemagne, à pouvoir retrouver ma famille et à participer au procès en Hongrie depuis chez moi.

Je ne peux plus supporter les conditions de détention en Hongrie. Ma cellule a été placée sous vidéosurveillance permanente pendant plus de trois mois. J’ai dû porter des menottes en permanence à l’extérieur de ma cellule pendant plus de sept mois, parfois même à l’intérieur, que ce soit pour faire des courses, téléphoner via Skype ou recevoir une visite. Les gardiens de prison effectuent un contrôle visuel dans ma cellule une fois par heure, même la nuit, et allument toujours la lumière. Je dois subir des contrôles intimes qui m’obligent à me déshabiller complètement.. Les visites avaient lieu dans des pièces séparées, où j’étais séparée de ma famille, de mes avocats et de mes représentants officiels par une vitre. Lors des contrôles de cellule, les gardiens laissaient derrière eux un chaos complet. Les conditions de construction empêchent une exposition suffisante à la lumière du jour. La cour minuscule est en béton et recouverte d’un grillage. La température de l’eau de la douche ne peut pas être réglée. Ma cellule est constamment infestée de punaises de lit et de cafards. Il n’y a pas d’approvisionnement suffisant en nourriture équilibrée et fraîche.

Je suis également soumise à un isolement prolongé. Pendant près de six mois, aucun contact avec d’autres détenus n’a été possible. Aujourd’hui encore, je vois ou entends d’autres personnes moins d’une heure par jour. Cette privation durable de contact humain est destinée à provoquer des dommages psychologiques et physiques. C’est pourquoi les normes pénitentiaires européennes du Conseil de l’Europe prévoient au moins deux heures de contact humain significatif par jour. L’isolement prolongé — l’enfermement d’un détenu pendant au moins 22 heures par jour durant plus de 15 jours — est considéré comme un traitement inhumain ou une forme de torture selon les Règles Nelson Mandela des Nations unies. Ici, en Hongrie, je suis enterrée vivante dans une cellule de prison, et cette détention provisoire peut durer jusqu’à trois ans.

Pour ces raisons, je n’aurais jamais dû être extradé vers la Hongrie. La tribunal régional supérieur de Berlin et la commission spéciale « Linx » du l’office régional de police judiciaire de Saxe ont planifié cette extradition, contournant en toute intention mes avocats et la Cour constitutionnelle fédérale allemande. Le 28 juin 2024, quelques heures après mon extradition éclair, la Cour constitutionnelle fédérale a décidé que je ne pouvais pas être extradé pour le moment. Le 6 février 2025, elle a décidé que mon extradition était illégale. Depuis, aucun des responsables été tenu responsable de leurs actions. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de réparation pour moi.

Par ma grève de la faim, je veux aussi attirer l’attention sur le fait qu’aucune autre personne ne devrait être extradée vers la Hongrie. Actuellement, c’est surtout Zaid, de Nuremberg, qui a besoin de cette attention, car il est sérieusement menacé d’extradition vers la Hongrie. Je me déclare solidaire de toutes les personnes antifascistes poursuivies dans le cadre de la procédure de Budapest.

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Budapest (Hongrie) : Déclaration de Maja à son procès https://attaque.noblogs.org/post/2025/03/01/budapest-hongrie-declaration-de-maja-a-son-proces/ Sat, 01 Mar 2025 17:13:53 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=58518 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / vendredi 21 février 2025

Déclaration de Maja à son procès, faite à Budapest le 21 février

Aujourd’hui, le vendredi 21 février 2025, au tribunal de Budapest, a eu lieu l’audience préliminaire pour Maja. Maja s’est vu.e proposer un marché : 14 ans de prison en échange d’un aveu de culpabilité. Maja a refusé ce marché et, à la place, a lu une déclaration combative à la cour :

Oui, j’ai quelque chose à dire ; je voudrais parler à ceux qui représentent l’État hongrois et ses citoyen.nes et qui peuvent juger en leur nom. Mais aussi à toutes les personnes qui m’écoutent. Je sais que je ne suis pas seul.e ici aujourd’hui et ressentir cela me remplit d’une profonde gratitude. Je ne suis pas non plus le/la seul.e inculpé.e dans ce procès, la répression fait preuve d’une continuité oppressante. Mais ce que je lis aujourd’hui ne vaut que pour moi, tout le reste me semblerait prétentieux. Une chose est sûre : je ne serais pas ici aujourd’hui si je ne savais pas qu’il y a de nombreux cœurs enflammés par l’empathie et la solidarité.

Ainsi, je me retrouve ici, attaché.e avec des chaînes et accusé.e dans un pays pour lequel je n’existe pas en tant que personne non-binaire, en tant que Maja. C’est un État qui exclue et sépare ouvertement les personnes en raison de leur sexualité ou de leur genre ; je suis accusé.e par un État européen parce que je suis antifasciste. Malgré cela, j’ai décidé de parler, car aujourd’hui je suis ici parce que, il y a huit mois, j’ai été enlevé.e et extradé.e ici avec un acte en violation de la loi – par un pays dont la constitution promettait de respecter et de protéger ma dignité, mais dont les organes, supposés au service d’un État de droit, ont ignoré la plus haute juridiction allemande, en connaissance de cause de l’illégalité de leurs agissements et de la menace qui pèse sur moi ici. Ils m’ont amené.e dans un pays dont les convictions quant aux de droits de l’homme et aux principes démocratiques disparaissent même sur le papier, et où celles/ceux qui qui osent défendre l’autodétermination de chaque être humain et osent promettre « Plus jamais de fascisme » finissent aux oubliettes. Je sais que je suis ici parce que ma naissance renfermait une promesse, à partir de laquelle j’ai grandi : c’est la promesse de devenir un être humain. Je n’a jamais grandi seul.e, jamais complètement libre, privilégié.e et pourtant plein.e de souffrances, toujours à la recherche de la façon dont nous pourrions réaliser cette promesse, que plus jamais n’arrive ce qu’aucun diable ne pourrait réaliser. Seul l’être humain en était et en est capable, ainsi il crée encore aujourd’hui des structures étatiques totalitaires, oppressives et exterminatrices, poussé par la haine et la jalousie, fuyant devant l’imperfection. L’être humain a crée la Shoah et plus de cruautés que le ciel ne nous offre d’étoiles, mais en même temps il n’a jamais perdu l’espoir d’un demain de paix.

Je suis accusé.e par le parquet, qui dit reconnaître à l’intérieur de moi une haine enflammée, pendant qu’ils considèrent comme une minorité à protéger ceux qui glorifient les auteurs et les crimes de l’Holocauste. Il est donc indispensable de préciser que le parquet affirme que j’ai agressé physiquement des gens venues dans cette ville, il y a deux ans, pour participer à ce que l’on appelle le « Jour de l’honneur ». Il s’agit de quelques jours de manifestations, de marches et de concerts qui servent de rendez-vous international à l’extrême droite, légitimés et promus par des acteurs étatiques. Des gens s’y rassemblent pour marcher, pleins de fierté et avec une admiration explicite, sur les chemins que les fascistes allemands et hongrois ont empruntés autrefois pour fuir leur responsabilité d’assassins. Ils font la fête à des concerts de groupes profondément racistes et antisémites, qui appellent à la haine et à la violence, et donnent ainsi de l’argent à des réseaux terroristes de droite comme Blood and Honour. Et maintenant, nous nous sommes réuni.es ici aujourd’hui pour préparer un procès dans lequel j’ai déjà été condamné.e, dans lequel la détention préventive est déjà l’exécution d’une peine, alors que je suis confronté.e depuis huit mois à des conditions de détention qui violent les garanties données par la Hongrie. Ni les European Prison Rules ni les Nelson Mandela Rules des Nations unies ne sont respectées. En effet, je suis confronté.e à un isolement continu de longue durée, c’est-à-dire concrètement à moins de 30 minutes de contact humain par jour – depuis plus de 200 jours. Il s’agit d’une détention préventive dans laquelle je n’ai pas le droit d’étudier ni de travailler, dans laquelle on ne m’a pas donné suffisamment de livres, ni le vitamines nécessaires, ni de visites médicales en temps voulu, dans laquelle la lumière du jour en quantité suffisante et la nourriture saine manquent. J’ai été extradé.e vers une prison qui impose des mesures de sûreté humiliantes et dégradantes, pour lesquelles à ce jour il n’y a aucune justification ni explication. On doit se taire sur simple demande et j’ai dû porter des menottes même dans ma cellule, lors de visites officielles ou d’appels via Skype. Entre-temps, j’ai été forcé.e par plusieurs dizaines de personnes à me déshabiller nu.e devant elles et je n’osais pas me changer d’habits dans ma cellule, de honte, car une caméra y est restée accrochée, illégalement, pendant trois mois. Encore aujourd’hui restent les punaises de lit et les cafards, ainsi que la lumière allumée lors des contrôles horaires, qui me prive de sommeil la nuit. Un sommeil dans lequel je rêve de prendre enfin ma famille dans mes bras, des personnes à côté desquelles je n’ai pas le droit de faire mon deuil et que je ne peux voire que deux heures par mois, derrière des panneaux en plexiglas. Je suis ici aujourd’hui et je porte déjà en moi des séquelles psychiques et physiques. Ma vue diminue et mon corps s’affaiblit, alors que la prison me force à parler tout.e seul.e, en m’interdisant d’avoir suffisamment de contacts avec les autres détenus, à cause de mon identité queer. Il s’agit uniquement et seulement de me punir et de me briser dans mon être vivant. Ce n’est pas seulement la justice hongroise qui en est responsable, mais aussi, contrairement à ce qu’ils prétendent, chaque cour qui a prolongé ma détention préventive. La dernière fois, ils l’ont fait pour les deux ans et demi à venir ou alors jusqu’à la fin de ce procès.

Le fait que je sois assis.e seul.e sur le banc des accusés, aujourd’hui, a des raisons, car la justice hongroise a désormais perdu toute crédibilité et d’autres tribunaux européens refusent de coopérer. C’est exactement comma ça. Ce procès contre moi aurait dû avoir lieu lui aussi en Allemagne, avec ceux de tous les autres qui sont accusé.es là-bas, là où j’aurais pu me défendre et me préparer. J’attends que tout cela se termine enfin, qu’on me permette de me préparer au procès sur un pied d’égalité, que je ne sois pas privé.e de toute possibilité de développement personnel et que je ne sois plus puni.e avec une détention à l’isolement inhumaine, qui me laisse des dommages à long terme et qui me prive déjà de mes forces. Non seulement mes conditions de détention sont une punition, qui doit être condamnée, mais il y a aussi le fait qu’objectivement il ne subsiste aucun risque de fuite ou de récidive. Avant mon arrestation, je n’était pas à connaissance du mandat d’arrêt émis un mois plus tôt par les autorités allemandes ou hongroises et je n’ai jamais laissé entendre que je voudrais me soustraire à un quelconque procès.

Je tiens à préciser que je dois me défendre contre des prétendus éléments de preuves que je n’ai pas eu le droit de voir. À ce jour, il me manque encore le dossier complet, je dois me défendre contre un acte d’accusation dont les documents ne m’ont pas été traduits et que j’ai reçu en grande partie seulement en hongrois. Devrais-je me préparer, alors que mes avocat.es sont constamment renvoyé.es, à l’entrée de la prison, des avocat.es qui n’ont pas eu le droit de me montrer les actes du dossier, et maintenant vous attendez de moi que je m’exprime sur un acte d’accusation qui n’est que pure hypothèse ?! Dans lequel je ne peux pas trouver un seul mot qui esquisse ma vie, ma personnalité et qui s’appuie sur des faits ni, encore moins, qui expliquerait d’où sort l’affirmation selon laquelle je ferais partie d’une organisation criminelle. Vous attendez sérieusement de moi que je fasse miennes ces affirmations, que je les avoue et que je me laisse enfermer derrière des barreaux pour la durée de ma jeunesse à peine commencée ? Pendant quatorze ans, dans des prisons de haute sécurité, sans possibilité de libération conditionnelle, seulement pour vous épargner de montrer votre faiblesse, alors que vos théorèmes fragiles s’effondrent par manque de crédibilité. Chères procureures, soyez honnêtes, vous espérez que l’isolement me brise et que vous puissiez ainsi m’imposer une sentence sans procès.

Je dois préciser que je suis emprisonné.e depuis quatorze mois, arraché.e à ma vie antérieure depuis le 11 décembre 2023, privé.e de la possibilité de commencer mes études et de continuer mon travail, arraché.e à ma famille, privé.e de la possibilité de les soutenir et de participer à une société à laquelle je veux contribuer. Privé.e du besoin de m’épanouir et de me réaliser en tant qu’être humain. J’ai été privé.e de tout cela, dans le but de me briser en tant qu’être humain politique. Mais il me reste encore les paroles que j’écris et que je dis, tant que j’existe et que je pense, je ne me laisserai pas faire.

J’ai donc écrit moi aussi un acte d’accusation, qui raconte ce que j’ai vécu pendant l’année écoulée, cela m’a aidé à supporter les blessures et il se retrouve en partie dans ce que j’expose ici. Je tais ses détails oppressant, car aujourd’hui et dans ce procès, il s’agit de beaucoup plus que de moi seul.e. Il s’agit de la question de la société dans laquelle nous voulons vivre et si nous pouvons accepter les agissements de l’État, quand ils sont en contradiction avec nos valeurs morales. Je ne suis pas chez moi dans ce pays et je n’ai pas fini d’en apprendre la langue. Mais je sais ce qu’il fait à ses citoyen.nes, j’ai entendu comment il traite chaque personne qui lui est livrée sans défense. Oui, j’ai entendu des cris et des coups venant d’autres cellules, les gémissements et les pleurs, la colère et le désespoir qui, avec le temps, perdent toute mélodie humaine. J’ai vu des regards perdus et effrayés, entendu des mots méprisants qui apparaissent quand des personnes créent des systèmes et des lieux où elles essayent de ôter le libre arbitre à l’autre, de façon à créer du pouvoir sur autrui et le remplir avec des paroles de jugement et des actes de punition. J’ai vu des prisons en Allemagne et en Hongrie et je voudrais dire que les gens y sont privés de leur dignité, qu’ils/elles surveillent ou qu’elles/ils y soient surveillé.es. Je ne peux pas me permettre de juger les gens que j’y ai rencontrés, mais je sais simplement que la société y échoue.

Conscient.e de cela, je ne peux pas nier les moments où je suis assis.e au bureau de ma cellule et où il me semble impossible de garder avec moi la beauté du monde, mon esprit suit simplement la souffrance des autres prisonniers, interrompu par le martèlement de ses propres blessures.

On fuit l’impuissance, on se perd dans le sentiment de faiblesse, arraché.e à son propre corps, arraché.e à son passé et à son lendemain ; puis je vois simplement ce qui me semble inatteignable, mais c’est à partir de là que germe pour moi l’humanité, le legs de chercher quelque chose en commun l’un.e avec l’autre, sans condamner l’être humain pour sa façon d’être, son corps et ses capacités, la tentative de créer ensemble quelque chose de précieux, sans exploiter ni opprimer l’autre, d’avoir la capacité de se pardonner les un.es les autres sans se taire les choses et, enfin, d’admirer la façon dont, de toute cette confiance, germe un lendemain de paix à venir.

Mais les larmes de douleur disparaissent, après, quand je lis vos lettres, quand le journal me parle du monde et j’apprends qu’il y a des personnes qui préservent leurs utopies. Der personnes qui n’ont pas abandonné les évidences et les valeurs morales, qui sont prêtes à les défendre et à les créer, qui ne peuvent pas détourner le regarder de là où quelqu’un commet des actes de cruauté, qui cherchent l’imperfection humaine, qui ne les paralyse ni les aigrit, mis au contraire elles/ils vivent dans une tentative de créativité et de solidarité, en cherchant un moyen de sortir de la violence charriée par le pouvoir, la cupidité et la suffisance. J’admire chaque aspect de la vie quotidienne qui essaye de comprendre la complexité de notre monde et d’agir là où cela semble possible.

Je veux partager mon chemin avec celles/ceux qui doutent sans troquer leur morale et leur tendresse contre des promesses trompeuses de bonheur individuel. J’ai de l’estime pour tou.tes ceux/celles qui essaient de concevoir l’humanité comme une seule et de l’accomplir, sans perdre de vue le caractère unique de chaque être humain, ayant germé de ce qu’il/elle a vécu. Ce n’est pas un être parfait – non, nous échouons, nous ne pouvons échapper ni à nous-mêmes ni au monde. Mais nous avons la possibilité d’agir, nous pouvons apprendre à faire confiance aux autres et à nous-mêmes, nous sommes capables de grandir au-delà de nous-mêmes si nous essayons de comprendre, de concevoir et de décider à partir de l’impulsion de l’empathie. Nous avons la possibilité d’aider là où ça chauffe, là où il n’y a pas de protections et où les gens fuient, nous pouvons partager et rester là où la douleur, la souffrance est plus grande, en sachant toujours que nous ne sommes pas seul.es.

Même maintenant, je ne peux pas empêcher que mes yeux me fassent de plus en plus mal et se ferment à cause de la fatigue et que mes sens faiblissent. Mais même avec les paupières fermées, on ne peut pas échapper à la guerre, à la faim, à la destruction de l’environnement et à une répartition injuste, qui continuent à créer des faits douloureux. Une guerre d’agression fait toujours rage en Europe, il est impossible d’ignorer que le fascisme et sa suite prennent à nouveau racine, que ce soit sur un continent apparemment lointain ou dans le jardin d’à côté. Les aspirations totalitaires et le blocage autoritaire, dans nos sociétés, l’exclusion et l’isolement connaissent une renaissance. Je me demande : que se passera-t-il si tout le monde ne sauve que soi-même ? Échapperons-nous ainsi à l’impuissance collective ? Où nous laisserons-nous emporter par la peur et le désespoir ? J’ai fait moi-même l’expérience, ces dernières semaines, de la façon dont ceux-ci arrivent à paralyser l’esprit et le corps, de la façon dont ils me poussaient à abandonner l’espoir et à me détourner de la vie. Mais alors, à l’endroit où aucun rayon de soleil ne tombe depuis des mois, j’ai vu germer une plante délicate et j’ai su que l’hiver allait s’apaiser. Pour votre défense, j’ai dû admettre que – même si cet endroit est un enfer sur terre – les fleurs peuvent s’y épanouir, que ce soit dans des fissures des mur ou dans mon esprit. Il ne faut pas grand-chose, juste croire avant tout que le courage et la confiance en soi créent des grandes choses à partir d’un petit rien, car c’est de là que naissent la résilience et l’attente de jours meilleurs, c’est à partir de là que nous apprenons que chaque action détermine ce qui fleurira dans notre jardin au printemps. Souvent, je ne sais pas comment, je sais simplement qu’oser est nécessaire et si nous sommes honnêtes nous savons que c’est possible : on rencontre des personnes inconnues qui sont en tout point comme nous-mêmes.

Aujourd’hui, je vois quelques-uns de vos visages, j’ai lu quelques-uns de mes rêves, j’ai eu le droit de partager des moments de ma vie, j’ai ressenti de la solidarité, je vous admire et j’envie la façon dont vous soutenez une personne qui résiste, vous dépassez, avec vos mots et vos pensées, des frontières rouillées en fer froid et vous vous déployez dans un ensemble aimant, queer, dans l’auto-affirmation féministe, dans une empathie sans frontières et dans toutes les luttes émancipatrices, pour la justice entre tous les êtres humains.

Maintenant, mes mots arriveront bientôt à leur conclusion, pour aujourd’hui ; si nécessaire je refuserai de prendre la parole à nouveau, surtout si l’on continue à me garder en chaînes, à m’enfermer et à essayer de briser ma dignité par la violence. Car oui, il s’agit aujourd’hui comme avant de la question d’un procès digne d’un État de droit, de la question de savoir pourquoi il est permis que je subisse ces conditions de détention et que l’on essaye de me punir de cette manière humiliante et blessante. Mais ce n’est pas en mon pouvoir de changer cela. Les autorités allemandes m’ont extradé.e et n’ont pas respecté leur plus haute juridiction, la Hongrie viole les garanties données et le droit européen, montrant une fois de plus à quel point elle s’éloigne des valeurs supposément démocratiques. Il ne me reste plus qu’à le signaler, qu’à le refuser et à appeler tout le monde à le faire aussi. Je sais que je ne suis pas la/le seul.e à vivre tout cela et ainsi j’espère que mes mots parviendront aussi à tou.tes celles/ceux qui se soulèvent contre l’extrémisme de droite, le fascisme, le patriarcat, l’exploitation de la nature et de l’être humain, contre la violence et la répression structurelles et racistes, qui créent des alternatives et par là poursuivent et défendent l’émancipation, le fait d’être queer ainsi qu’une vie digne pour tout le monde, et que pour cela sont poursuivi.es et enfermé.es. Ils/elles tou.tes doivent savoir que je suis avec elles/eux avec mes mots et mes pensées, qu’ils/elles puissent bientôt être libres.

Mer derniers mots sont pour ma famille, mes ami.es, mes compas, mes avocat.es et toutes les personnes qui se tiennent à nos côtés. Vous me montrez que les utopies d’un monde meilleur ne sont pas si lointaines, vous me remplissez de force de vivre, vous faites que mon cœur continue à battre et vous me donnez toujours encore la conscience du fait que je ne disparaîtrai pas ici. Je sais que la gratitude me pousse à me battre, pour pouvoir vous rendre tout ça, un jour. Je vous aime sacrément.

Et à tou.tes les autres, je voudrais exprimer ma sincère gratitude d’avoir pris le temps de m’écouter.

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Prison de Budapest (Hongrie) : Une tentative de parler https://attaque.noblogs.org/post/2025/02/12/prison-de-budapest-hongrie-une-tentative-de-parler/ Wed, 12 Feb 2025 17:21:11 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=58357 Continuer la lecture ]]> Indymedia Lille  / mardi 11 février 2025
[nous avons ajouté la traduction du quatrième paragraphe, qui manquait]

Ceci est la traduction d’une lettre de la camarade Maja, incarcérée en Hongrie. Malgré une décision contraire de la cour constitutionelle, Maja avait été extradée pour Budapest il y a plus d’un an [en fait, elle a été arreêtée à Berlin en décembre 2023 et extradée en juillet 2024 ; NdAtt.] par l’État allemand.

Elle fait partie des nombreuses personnes poursuivies par le Régime de Orban pour avoir menée des actions antifascistes contre le jour de l’honneur en février 2023.
Liberté pour toustes les antifas !

 

Une tentative de parler – Maja à propos de l’acte d’accusation

Chers ami·es, compagnonn·es, camarades, famille et soutiens,

J’ai décidé de vous écrire et d’écrire à toustes celeux qui sont intéress·ées par un mot de ma part. Aujourd’hui, nous sommes le 30 décembre 2024. Je pensais qu’aujourd’hui, après six mois, un examen de ma détention aurait lieu. Celui-ci devait réunir le parquet, mon avocat et moi-même devant un tribunal hongrois afin de débattre de la nécessité (ou non) de me placer en détention provisoire. Cela fait bientôt 13 mois que j’ai été arrêté à Berlin et, quelques jours après mon premier « anniversaire » de détention, le parquet hongrois a dû envoyer son acte d’accusation contre moi au tribunal compétent, sans juger nécessaire de m’en informer. Il y décrit les faits reprochés, énumère ses « preuves » et dresse, en gros, un portrait spécifique de moi et des co-accusés. Cette image nous décrit comme un groupe de voyous brutaux, poussés par la haine, qui se promènent dans les rues en poursuivant les gens au hasard. Le ministère public m’accuse d’être un danger pour la société et conclut qu’il faut me condamner à 14 ans de prison ferme, sans possibilité de libération conditionnelle. A condition que je plaide coupable dans tous les points d’accusation. Dans la foulée, elle demande que je reste en détention provisoire, au moins jusqu’au premier jugement. Le tribunal compétent dispose maintenant d’un délai confortable de trois ans pour ce faire et n’est en aucun cas obligé de se dépêcher. Il y a quelques jours, mon avocat a reçu cet acte d’accusation, ainsi que la décision d’un tribunal qui, en notre absence, a décidé de m’incarcérer pour une durée indéterminée. L’examen de la détention proprement dite a donc été annulé et il ne nous reste que la possibilité de faire appel par écrit auprès de la prochaine instance.

Je suis assise là, je ne peux que secouer la tête, regarder avec stupéfaction, rire et me mettre en colère, alors que le sentiment d’impuissance et d’anxiété commence à me couper l’herbe sous le pied. Ce ne sont pas les accusations absurdes et contraires à la réalité formulées par le ministère public ou ses exigences destructrices. C’est plutôt la manière dont ils s’arrogent le droit de me voler ma vie. Par l’absurde, je me console en pensant que c’était à prévoir. Que même si la Hongrie se pare du grand mot « État de droit », ce n’est qu’un label, un parmi tant d’autres. Ici, peu de gens ont des droits, du moins pas tous les mêmes. C’est l’Etat qui détient le pouvoir et le droit doit servir ses acteurs plus que la « justice ». Cette manœuvre tout à fait « légale » du ministère public me montre qu’ils ne voulaient pas prendre le risque qu’un juge entende un mot de ma part. Le risque serait trop grand que l’isolement, conçu en dessous de la dignité humaine, prenne fin.

Maintenant que je n’ai plus le droit de parler au tribunal, j’ai décidé de le faire ici, ce qui aurait dû être fait depuis longtemps. Je tiens à m’excuser pour le fait que cela m’ait semblé aussi rare que possible, car tant de personnes ont déjà vu la nécessité et ont courageusement pris la parole, parlé, écrit, planifié et organisé, manifesté, fait des dons et réchauffé des mains tremblantes, se sont tenues les unes les autres au cours des deux dernières années. Par tant de voies différentes, votre solidarité m’a atteint ces dernières années et m’a enrichi de force, de courage et de confiance. Il me semble une fois de plus que je n’ai que trop rarement mis des mots sur la Gratitude que je ressens pour cela. Grâce à vous, les utopies restent colorées, tenues dans des mains tendres dont la volonté ne se brise pas. Je veux que vous sachiez que cela fonctionne, chaque mot, chaque pensée, chaque combat politique dont j’entends parler et qui ose ne pas se taire, se rebelle toujours au lieu de s’échouer dans la mer du bien-être.

Vous et vos compas avez ma solidarité, mes pensées vont à vous et à tou.tes les prisonnier.es politiques qui, à travers le monde, sont engagé.es pour une société émancipatrice. Je partage en pensée votre douleur, votre rage contre les États et leur violence, ainsi que l’espoir de vivre dans une société qui ose encore changer en mieux, qui se détourne de la guerre, de la violence, de l’oppression et de l’exploitation. J’ai du respect pour chaque personne qui ose opposer de la résistance, dans les grandes ou dans les petites choses, au patriarcat, aux envies autoritaires, aux agissements des communautés nationales et à l’enrichissement déchaîné

Même si la Hongrie continue à m’emprisonner dans la simple volonté de me juger, de me punir et de me dissuader, tandis que le gouvernement fédéral hoche timidement la tête en tenant la main d’Orban, même si l’isolement me broie la tête, que le manque de soleil me fait pâlir et que la nostalgie d’une conversation familière et d’une seule étreinte m’arrache au sommeil la nuit, je reste là, je reste à vos côtés. Osons toujours ne pas nous taire, même si les mois et les années menacent parfois d’anéantir tout espoir et toute confiance en nos propres forces. Nous ne pouvons pas nous décourager, ce serait fatal. Trop de choses sont en jeu, trop de choses ont déjà dérapé par rapport à ce qui a été conquis et appris autrefois. Si mon petit mot vous a encouragé, peut-être avec un sourire familier, un regard encourageant et attentionné que vous offrez à quelqu’un, il ne me reste plus qu’à vous remercier de l’avoir lu et écouté. A presto mi faro vivo !

Avec des pensées solidaires, Maja

 

[source originale : Budapest Antifascist Solidarity Committee]

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Budapest (Hongrie) : Le parquet demande quatorze ans de prison pour Maja https://attaque.noblogs.org/post/2025/01/15/budapest-hongrie-le-parquet-demande-quatorze-ans-de-prison-pour-maja/ Wed, 15 Jan 2025 17:15:01 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57931 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / lundi 13 janvier 2025

Mise en accusation de Maja : le parquet demande quatorze ans de prison

Après que nous ayons longtemps ignoré ce qui allait se passer pour Maja, il y a maintenant une nouvelle effrayante. Le parquet de Budapest a clos son enquête sur Maja et l’a mis.e en état d’accusation : ils requièrent quatorze ans d’emprisonnement, dans des conditions de détention particulièrement sévères. Il s’agit, comme déjà dans le cas de Tobi, condamné dans la même affaire, d’une sorte de deal, un « compromis » en échange d’un aveu. Maja peut accepter cette accusation et, en faisant des aveux, recevoir directement une peine de quatorze ans de prison. En cas de refus de sa part, Maja sera jugée à Budapest et dans ce cas il faudra s’attendre à ce que le parquet exige une peine de prison nettement plus lourde.

Nous sommes horrifié.es, carrément stupéfié.es par la peine requise et par la démarche de la Justice hongroise. Des telles propositions de deal sont là pour exercer une forte pression sur les inculpé.es et, au final, pour les briser. À un refus du deal, suivra une situation d’incertitude supplémentaire, un long procès qui durera des années, la poursuite de sa détention à l’isolement et la possibilité d’une peine encore plus lourde. Dès le début, il était clair que, en Hongrie, Maja et les autres accusé.es ne pouvaient pas s’attendre à un procès juste, indépendant et conforme à un État de droit. Avec une perspective de quatorze et peut-être de plus de vingt ans, nous ne pouvons que secouer la tête, stupéfié.es. À titre de comparaison : en Allemagne, quinze ans est la durée qu’on purge pour une condamnation à perpétuité. Quatorze ans sont plus de la moitié de l’age actuelle de Maja.

Le signal envoyé ainsi aux antifascistes qui sont en cavale [parce que recherché.es dans cette affaire ; NdAtt.] est clair : les répercussions sont catastrophiques. Le fait que l’élite politique allemande se défile et ignore cette situation ainsi que la démarche de la Justice continuent à les pousser dans l’illégalité, car une telle procédure et une telle peine sont non seulement disproportionnées, mais aussi complètement intolérables.

Nous sommes stupéfié.es et furieux.ses que, même maintenant, l’élite politique allemande ne fasse rien pour ordonner le retour de Maja en Allemagne.

Nous envoyons de l’amour et de la force à ceux/celles qui sont en cavale et en prison. Ramenons Maja ! Nous n’aurons pas de repos avant de t’avoir récupéré.e !

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Hongrie/Allemagne : Un texte de salutation de le part de Maja https://attaque.noblogs.org/post/2024/11/09/hongrie-allemagne-un-texte-de-salutation-de-le-part-de-maja/ Sat, 09 Nov 2024 20:07:05 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57320 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / mardi 1er octobre 2024

Un texte de salutation de le part de Maja, à l’occasion de la manifestation du 28 septembre, à Jena

Je veux être honnêt.e avec vous : j’oscille entre le désespoir et la gaieté extrême, entre le chagrin et la colère, enchaîné.e par les craintes, les doutes et les désirs. Je me balance tout en haut, je tombe tout bas, je suis euphorique et ensuite de nouveau proche du désespoir, de grandes pensées succèdent à une acceptation mesquine. Cette acceptation, associée à l’impuissance, m’a rongé.e de plus en plus, au cours des derniers mois ; d’abord la prison en Allemagne, la discrimination systématique autour de moi, la répression constante, les histoires de vies qui s’enfoncent sans pitié, parce que très peu de prisonnier.es possèdent un réseau assez fort pour tout prendre en charge. Il est d’autant plus important de comprendre la prison comme un lieu où on est avec d’autres, mais on m’a enlevé cela aussi.

Ensuite est venu le trajet en hélicoptère, pendant la nuit, et un premier jour dans l’inconnu, au début j’étais choqué.e, horrifié.e par la brutalité et les conditions misérables qui règnent ici, maintenant je ne le suis plus que rarement, la force me manque. L’isolement, seul.e pendant presque 24 heures par jour, une caméra qui enregistre tous mes mouvements. Tous les jours enchaîné.e et fouillé.e de la tête aux pieds, des fonctionnaires qui ne font que nous gérer, le manque de contact avec les gens, la liste est longue… C’est un poison qui se répand lentement dans le corps, il le paralyse, il dit qu’il n’y a pas d’alternative à l’acception, à la participation à cette procédure déshumanisante de répression et d’emprisonnement. Il sème des doutes, des doutes qui sont presque devenus si grands, en moi, que je ne voulais pas commencer à écrire ces lignes. Je me disais que cela ne servait à rien, que je n’avais pas la force de dire ce qu’il fallait, pour arriver à quelque chose dont, souvent, l’idée précise me manque. L’espoir apporte-t-il de la confiance ? Ou simplement de la compassion et de la solidarité ? Je ne veux pas faire des prêches, ni mendier, ni surtout me vautrer dans la souffrance. Je voudrais tout de même dire quelque chose, ce n’est pas le moment de me taire. Eh bien, je voudrais dire sincèrement : « merci », trouver les mots, comme vous le faites, vous, pour que je ne me laisse pas abattre.

Je veux aussi me débarrasser de cela, je vais rester critique et vigilant.e, solidaire et toujours avec un cœur plein de confiance, malgré l’obscurité. Je n’ai pas besoin de vous l’expliquer : trois semaines se sont écoulées depuis les élections régionales [en Saxe, en Thuringe et plus tard dans le Brandebourg, qui ont vu une forte avancée de l’extrême droite ; NdAtt.], trois semaines depuis Solingen [tuerie au couteau, perpétrée par un islamiste ; NdAtt.], des semaines de chagrin, de colère et d’impuissance permanente, car nous avons tou.tes vécu cette merde assez longtemps, nous avons tou.tes dû voir la façon dont l’indicible devient dicible, dont les mots sont suivis d’actes violents et qui excluent, la façon dont une politique qui a peur d’une société libre déroule le tapis rouge à ses ennemis. Le poison insidieux, l’acceptation.
C’est probablement ce qui m’a poussé.e à tenir ce discours : l’orgueil, l’admiration pour toutes ces personnes qui ne permettent pas tout cela, mais qui, au contraire, chaque jour, rendent visible une société queer, inclusive, antifasciste, féministe, critique, antiraciste, ouverte et solidaire, dans les grandes et les petites choses. Quand le ciel s’assombrit, regardons-nous les un.es les autres : comment l’humanité pourraient-elle se limiter à cela ?
Je voudrais vous encourager à dire et à montrer combien de force réside en vous et combien de choses vous accomplissez chaque jour, à grande ou à petite échelle. Malgré le poison de la société, de la répression autoritaire jusqu’au populisme le plus fou, vous vous unissez, restez fermes et faites plus que crier des mots creux. Votre solidarité arrive à son but, soyez-en sûr.es, soyez motivé.es et continuez à lutter, vous parviendrez à changer les choses.

Oui, mon extradition n’a pas pu être empêchée, bien que les autorités sachent parfaitement à quel point la situation est inhumaine, ici, à quel point, en Hongrie, l’État de droit a disparu et à quel point, dans ce pays, les directives de l’UE ne valent rien. C’était un calcul aveugle, aveugle seulement pour les victimes qu’il provoque, ils voulaient briser et épuiser des gens, les procédures de l’État de droit sont depuis longtemps une épine dans le pied du LKA [la police judiciaire, ici celle du Land de Saxe ; NdAtt.] et de ses procureurs.
Le nombre de personnes qui refusent d’accepter tout cela me donne de l’espoir et j’en ai besoin, tout comme de confiance et de courage, c’est à nous tou.tes de faire en sorte qu’une telle extradition ne se reproduise pas, il faut que nous tou.tes gardons les yeux ouverts pour que ce qui nous paraît trop souvent évident ne s’éteigne pas. Il est déprimant de devoir toujours défendre ce qui a été acquis de haute lutte, ce qui était autrefois un consensus démocratique, des rouleaux compresseurs des réactionnaires, cela me décourage et me fait souvent secouer la tête, horrifié.e. Quand j’entends des gens tourner le dos à la Thuringe et se croire supérieurs, j’ai une envie désespérée de demander : « Mais pourquoi, au fait ? ». Mais je peux difficilement les blâmer, surtout ceux/celles qui sont quotidiennement exposé.es à la haine et aux campagnes de dénigrement, ou celles/ceux qui manquent de soutien pratique. Ce que les derniers mois en prison m’ont montré est que la survie dans le faux est possible, voire nécessaire, pour prendre conscience du besoin intérieur de changement et de justice. Il n’y a vraiment qu’une fine ligne entre les beaux mots et l’acceptation sans courage. Souvent, le chemin entre les deux m’a semblé plein de brouillard, impraticable, mais oser quand même, c’est ce qui fait la force.
Et, par cela, je veux revenir à la raison pour laquelle j’ai choisi d’écrire ces lignes ; cela peut sembler pathétique, mais il a toujours été pour moi source de force, de faire ces pas difficiles sans avoir à craindre d’être seul.e. Cela m’a toujours incité.e à ne jamais emprunter un chemin insensible, sans amour, dont le sol est gorgé de mépris. C’est vous qui, ces derniers mois, m’avez ôté la peur et m’avez silencieusement exhorté.e à ne pas accepter, peu importe à quel point certains jours semblent désespérés.
N’arrêtons pas de contredire ceux qui nous combattent avec un tel acharnement, qui essaient de nous ridiculiser, de nous dénigrer et de nous enlever au cours de la nuit. Ils savent qu’ils commettent une injustice, leur dureté est donc un symptôme de peur. Au lieu de cela, faisons preuve de force par l’amitié, le soutien et la joie, toujours avec une porte ouverte pour celles/ceux qui osent s’interroger de manière critique.
Je reste avec des pensées solidaires,

Maja

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Budapest (Hongrie) : Des informations sur la situation actuelle de Maja dans les prisons hongroises https://attaque.noblogs.org/post/2024/07/11/budapest-hongrie-des-informations-sur-la-situation-actuelle-de-maja-dans-les-prisons-hongroises/ Thu, 11 Jul 2024 14:33:22 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=56184 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / lundi 8 juillet 2024

Manif solidaire à Leipzig, le 3 juillet

Depuis le vendredi 28 juin, Maja se trouve dans une prison de Budapest. Au début, Maja était dans la même prison où se trouvait Ilaria et elle a raconté de conditions de détention horribles. Mercredi dernier (le 3 juillet), le père de Maja a pu rendre visite à son enfant. Le parloir était limité à 15 minutes et a il dû avoir lieu avec un vitre de séparation, à l’aide d’un interphone. De plus, il était autorisé à déposer des affaires pour Maja : une serviette était trop grande et a dû être coupée en deux, aucun liquide n’a pu être remis et les rouleaux de papier toilette étaient limités à quatre. Apparemment, la prison aurait fourni à Maja un paquet avec des effets de première nécessité. Pendant la journée, Maja reçoit des livres en anglais et en allemand et il se peut qu’elle/il ait été autorisé.e à porter avec soi quelques livres de Dresde.

Pour l’instant, Maja est isolé.e de tous les autres détenues, elle/il est seul.e dans une cellule et n’a qu’une heure par jour de promenade, qu’elle fait seul.e aussi. De surcroît, la cellule est surveillée par caméra, 24 heures sur 24, et si, par exemple, Maja monte sur le lit pour fumer à la fenêtre, on lui ordonne immédiatement de descendre. Dans la prison, domine une ambiance militaire, Maja doit toujours faire correctement son lit. Quoi qu’il en soit, personne n’ose s’en prendre à Maja et une fois par jour une intervenante vient la visiter et Maja peut lui parler.

À l’avenir, seulement les membres de la famille proche, enregistrés, pourront venir aux parloirs, quatre personnes à la fois au maximum et pendant 60 minutes, deux fois par mois. À l’heure actuelle, seul le père peut envoyer des lettres à Maja, à partir d’une adresse, enregistrée, de Budapest. Clairement, comme celles d’Ilaria, les possibilités de communication de Maja seront aussi fortement limitées.

Maja est très heureux.se d’être informé.e de tout le soutien et de la solidarité, elle/il en est très reconnaissant.e et envoie ses salutations de tout son cœur.

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Budapest (Hongrie) : Tobi condamné à 22 mois de prison https://attaque.noblogs.org/post/2024/06/06/budapest-hongrie-tobi-condamne-a-22-mois-de-prison/ Thu, 06 Jun 2024 18:47:21 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=55791 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / mercredi 29 mai 2024

Six mois après le premier jour du procès contre trois antifas d’Allemagne et d’Italie, la peine pour Tobi a été fixée, en deuxième instance, à 22 mois de prison. En plus de Tobi, une autre camarade allemande est accusée de faire partie d’une association de malfaiteurs ayant pour but d’attaquer des nazis et Ilaria est accusée de participation à un crime et elle risque, dans le pire des cas, une période de détention à deux chiffres.

Tobi, comme Ilaria, est en détention préventive depuis près de seize mois, dans des conditions inhumaines.

Lors d’une procédure préliminaire, le premier jour du procès, Tobi a accepté le chef d’inculpation, sachant qu’aucun procès équitable ne lui serait assuré. Ensuite, il y a eu un désaccord entre le tribunal, le procureur et son avocat défenseur à propos de la durée de la peine pour Tobi. Au tribunal, une peine de trois ans de prison a été prononcée, contre laquelle l’avocat de Tobi a fait appel. Le procureur, en revanche, a exigé une peine plus élevée. Le jugement d’aujourd’hui est donc, de facto, bien en deçà de ce qu’on pouvait craindre. Comme Tobi a déjà purgé plus des deux tiers de sa peine, lors d’une longue détention préventive, il y a une chance qu’il puisse demander une libération conditionnelle. La décision appartient à un autre tribunal hongrois. À l’heure actuelle, nous ne savons pas quand elle sera prise.

Dans l’exposé des motivations de la condamnation, de la part de la juge, ressortent aujourd’hui encore la volonté de persécution des autorités hongroises et le caractère politique de cette procédure. En substance, elle y dit qu’aucune activité allant dans le sens d’une association de malfaiteurs ne peut être prouvée, à l’encontre de Tobi, en Hongrie. Le jugement se fonde donc uniquement sur les conclusions de l’enquête allemande de l’affaire Antifa Ost. L’objectif est la répression des antifas.

Nous sommes soulagé.es que, de cette façon, la libération prochaine de Tobi de la prison hongroise devienne probable. Ilaria aussi peut souffler un peu, car elle a récemment obtenu un aménagement de sa détention préventive, à condition de rester aux arrestations domiciliaires en Hongrie, jusqu’au verdict. Dans le cas de son élection au Parlement européen, pour lequel Ilaria s’est candidatée [elle est tête de liste dans l’une des cinq circonscriptions italiennes, pour la coalition AVS, formée par deux petits partis d’extrême gauche/écologistes… NdAtt.] pour cette raison, il y aurait même la possibilité pour elle de se soustraire au procès en cours. Néanmoins, à Budapest le procès-spectacle de droite continue. Les deux camarades inculpées avaient opté, contrairement à Tobi, pour une procédure avec examen des preuves. On ne peut pas encore prévoir quand le procès finira. Le troisième jour du procès, le tribunal a annoncé son intention de rendre son jugement en septembre ou en octobre, mais il reste à savoir si ce délai sera respecté.

Pendant ce temps, Maja est toujours en détention préventive à Dresde et attend le verdict de la cour d’appel de Berlin. Maja, étant une personne non binaire, s’attend à être livré.e à un système judiciaire étatique hostile. Tout comme Hanna, arrêtée au début du mois de mai, les camarades en clandestinité sont menacé.es d’un procès pour l’affaire des antifas de Budapest, en Hongrie, et de persécutions ultérieures en Allemagne.

Pour cette rauison : nous sommes ensemble. Personne n’est libre jusqu’à ce que tout le monde soit libre ! Free all Antifas!

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Budapest (Hongrie) – Procès des antifas : compte-rendu de la première audience https://attaque.noblogs.org/post/2024/02/04/budapest-hongrie-proces-des-antifas-compte-rendu-de-la-premiere-audience/ Sun, 04 Feb 2024 20:08:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54278 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Commitee / samedi 3 février 2024

Leipzig, début janvier : « Vous pouvez briser nos portes, mais jamais nos volontés »

Lundi 29 janvier a eu lieu la première audience du procès contre les antifascistes arrêtés à Budapest le 11 février 2023.
Comme prévu par la loi hongroise, au cours de l’audience le parquet a présenté ses requêtes de condamnation. Pour Ilaria, sous enquête pour deux agressions, avec les circonstances aggravantes d’avoir agi tout en étant à connaissance de l’existence d’une organisation criminelle et d’avoir commis un acte possiblement mortel, face à une peine maximale possible de 16 ans, le parquet a demandé une condamnation à 11 ans.
Pour Tobias et l’autre camarade allemande, accusés de faire partie d’une association de malfaiteurs, face à une peine maximale de 5 ans, le parquet a demandé des condamnations à 3 ans et 6 mois.

Selon le droit hongrois, au début du procès les inculpés doivent choisir : soit se déclarer innocents et affronter un procès normal, soit reconnaître sa propre culpabilité. Dans ce dernier cas, la peine maximale que l’inculpé peut encourir est celle demandée à cette occasion par le parquet.
Ilaria s’est déclarée innocente et, à la demande du juge d’indiquer des éléments à sa décharge, elle a fait remarquer qu’elle ne pouvait pas se défendre parce qu’on ne lui a jamais fait parvenir le dossier judiciaire traduit et elle n’a pas non plus eu accès aux vidéos et aux photos présentés par le parquet comme preuves pour la mettre en état d’accusation.
La camarade allemande, qui se trouve actuellement en Allemagne, soumise à un contrôle judiciaire, s’est déclarée innocente. Son avocat a demandé que son contrôle judiciaire soit levé, ce qui a été refusé.

Tobias a choisi de se déclarer coupable, tout en contestant la peine demandée par le parquet, c’est-à-dire trois ans et six mois à purger dans une prison de sécurité maximale. Après s’être retiré pendant quelques minutes pour évaluer la situation de Tobias, le juge a émis à son encontre une condamnation à trois ans, à purger pour les deux tiers dans une prison de sécurité maximale, en plus d’une interdiction de revenir en Hongrie pendant cinq ans après avoir purgé sa peine. Le parquet, qui considère cette condamnation comme trop légère, a fait appel de la sentence.
A ce point, le parcours judiciaire de Tobias se sépare de celui des autres inculpées et l’audience en appel pour lui aura lieu en octobre.

Il est important de souligner que, malgré l’admission par Tobias de l’existence d’une association de malfaiteurs, il y a encore de la place pour la défense des deux autres inculpées.
Pendant l’audience, les avocats défenseurs ont dit qu’ils appelleront à la barre plusieurs témoins, dont le médecin qui a rédigé les certificats médicaux des personnes agressées, dans le but de démontrer l’absence de danger de mort, et l’expert en anthropométrie consulté par le parquet, dont l’expertise est considérée par la défense comme insuffisante.
La prochaine audience pour Ilaria et la camarade allemande a été fixée pour le 24 mai.

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Mise à jour du 9 février 2024

Début du procès à Budapest

Budapest Antifascist Solidarity Commitee / jeudi 8 février 2024

Prise de position du groupe de soutien de Leipzig

Le procès de trois antifascistes a commencé le 29 janvier, devant le tribunal de la ville de Budapest. Ils/elles sont accusé.es d’avoir participé à des affrontements dans le contexte du « Jour de l’honneur ».

A l’occasion de l’audience préliminaire de ce jour, la « possibilité » a été donnée aux inculpé.es d’accepter les chefs d’inculpation et d’obtenir ainsi une procédure accélérée.

Cela a été accepté par une personne.

Nous avons déjà abordé à plusieurs reprises les conditions de détention inhumaines dans les taules hongroises. Les récits de la camarade italienne nous laissent entrevoir à quel point la situation doit être terrible aussi pour l’autre détenu. En dehors de cela, on arrive, après des mois d’impuissance, à obtenir un peu de capacité d’action politique. Nous pouvons donc comprendre humainement cette décision.

Néanmoins, nous ne voulons pas taire le fait que nous considérons ce choix comme erroné d’un point de vue politique. Les conséquences pour lui et pour les deux autres inculpées sont imprévisibles pour le moment et nous pensons que rentrer dans une coopération avec le parquet ne doit jamais être une option.

Le fait qu’il ait décidé de suivre cette voie témoigne d’autant plus de la manière dont l’appareil judiciaire hongrois travaille et essaye de nous briser.

Nous continuons à nous montrer solidaires des accusé.es et nous souhaitons également beaucoup de force sur leur chemin à tou.tes les antifas qui sont recherché.es. Où que vous soyez, nous sommes toujours avec vous !

FreeAllAntifas 

Complément : nous attirons ici l’attention sur le fait que l’accusé [qui a accepté de se déclarer culpable ; NdAtt.] ne s’est pas excusé de ses actions devant le tribunal, comme le prétend une partie des médias allemands ! Cette allégation a été reprise sans esprit critique des journaux hongrois !

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Affaire des « antifas de Budapest » : Appel solidaire – Ni prison ni extradition https://attaque.noblogs.org/post/2024/01/31/affaire-des-antifas-de-budapest-appel-solidaire-ni-prison-ni-extradition/ Wed, 31 Jan 2024 19:52:36 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54236 Budapest Antifascist Solidarity Commitee / mardi 30 janvier 2024



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Budapest (Hongrie) : Le procès des antifas est sur le point de commencer https://attaque.noblogs.org/post/2024/01/17/budapest-hongrie-le-proces-des-antifas-est-sur-le-point-de-commencer/ Wed, 17 Jan 2024 19:56:45 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54032 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Commitee / lundi 15 janvier 2024

Sauf imprévus, le procès contre trois personnes, dans le contexte des événements du  Jour de l’honneur 2023, devrait commencer le 29 janvier 2024, à Budapest.

Deux d’entre elles, Tobi et Ilaria, se trouvent toujours en détention préventive en Hongrie, dans de mauvaises conditions. Deux de ces trois camarades sont maintenant accusé.es de la préparation d’un acte délictueux et d’appartenance à une association de malfaiteurs. La troisième camarade, Ilaria, est accusée d’avoir participé à au moins un délit et d’appartenir à une association de malfaiteurs. Pour cela, le procureur exige actuellement une peine d’onze ans de prison – bien entendu, dans le cas qu’elle fasse des aveux le premier jour de procès, sinon elle risque jusqu’à 16 ans de prison.

Le chef d’inculpation originel de « violence contre un membre de la communauté » ne tenait visiblement plus débout dans cette affaire, parce qu’il s’agit d’un paragraphe de la loi hongroise sur la protection des minorités. Le procureur a certainement dû conclure que les nazis ne constituent pas une minorité digne de protection. Les autorités en charge de l’enquête construisent donc une prétendue organisation criminelle internationale qui est censée être derrière ces agressions.

En Hongrie, la procédure judiciaire a été caractérisées dès le début par une couverture médiatique qui présentait les nazis agressés comme des victimes innocentes et les antifascistes incarcéré.es et recherché.es comme des criminel.les brutaux.les. Cela n’est pas surprenant, car on sait que la plupart des grands quotidiens hongrois sont proches du gouvernement autoritaire de droite de Viktor Orban et de son parti, Fidesz, qui développe des tendances de plus en plus fascistes.

Le procès qui aura lieu à Budapest sera caractérisé par ce climat. En plus, il y a les conditions de la détention préventive et la distance de leurs environnements connus, de leurs familles et de leurs ami.es, ce qui ne rendra certainement pas les choses plus faciles pour les camarades inculpé.es. Dans ce contexte, le nécessaire accompagnement solidaire lors du procès se trouve lui aussi face à des défis.

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Allemagne : Ouverture de la procédure d’extradition pour l’antifasciste Maja https://attaque.noblogs.org/post/2024/01/17/allemagne-ouverture-de-la-procedure-dextradition-pour-lantifasciste-maja/ Wed, 17 Jan 2024 19:52:46 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54046 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Commitee / lundi 15 janvier 2024

Milan, 13 janvier. Manif en soldiarité.

Suite à plusieurs interventions antifascistes pendant la période du « Jour de l’honneur », en février 2023, une vague répressive de grande envergure est en cour, au niveau international, contre les milieux antifascistes ; elle se caractérise par d’innombrables descentes de police, mesures de surveillance, avis publics de recherche et mandats d’arrêt, exécutés ou pas encore. En décembre de l’année dernière, notre camarade Maja a été.e arrêté.e et depuis un mois il/elle se trouve en détention provisoire.

Maintenant, l’Hongrie a présenté une demande d’extradition aussi pour Maja, comme elle l’a déjà fait pour le camarade italien Gabri. Dans les prochaines semaines, la Cour d’appel de Berlin décidera si Maja sera extradé.e vers la Hongrie. Vers un pays qui est connu à travers toute l’Union européenne pour son ambiance socio-politique fascisante. Vers un pays dont le système judiciaire est notoirement corrompu et lié au monde politique. Vers un pays où Maja risque jusqu’à 24 ans de prison – loin de chez elle/lui et dans des conditions catastrophiques.

Ilaria, une prisonnière italienne détenue en Hongrie pour la même affaire, a récemment raconté, dans une lettre de 18 pages écrites de sa propre main, les conditions qu’elle doit supporter quotidiennement, depuis presque un an. Ses mots sont un témoignage actuel et impressionnant du fait que la Hongrie transgresse les normes européennes dans les prisons et qu’une extradition vers ce pays n’est pas acceptable, même dans une perspective libérale et humaniste !

Ce qui nous inquiète n’est pas seulement l’idée qu’un.e camarade pourrait passer du temps en détention préventive dans des conditions encore plus dégueulassasses qu’un Allemagne, mais aussi qu’en Hongrie la préventive peut être prolongée presque sans limites.

Un procès en Hongrie aurait lui aussi des conséquences majeures pour Maja. Le procès des personnes qui sont déjà détenues en Hongrie, à fin janvier, montrera quelles sont les chances de la défense auprès des tribunaux partiaux et corrompus de Budapest. Le traitement réservé aux prisonnier.es politiques par les surveillants de prison et les autorités est facile à imaginer, compte tenu du climat politique local.

Nous attendons une décision sur l’extradition dans les prochains semaines. Elle donnera également des indications pour ce qui concerne les autre 13 personnes que les autorités cherchent encore. Au cas où l’Allemagne décidera d’extrader Maja vers l’Hongrie, elle trahira non seulement les valeurs européennes », normalement considérées si importantes, mais elle expulsera aussi un.e frère/sœur, un.e amie.e, un.e fils/fille et un.e jeune antifasciste vers un pays lointain de l’environnement qui le soutient.

C’est la raison pour laquelle nous exigeons que Maja et Gabri ne soient pas extradé.es et appelons à protester contre la menace d’extradition et en solidarité avec les antifascistes poursuivi.es et emprisonné.es dans l’affaire de Budapest.

 

Note d’Attaque : la répression et les tentatives de briser la solidarité par rapport à cette affaire (et à celle, liée, appelée Antifa Ost) continuent aussi en Allemagne. Le 10 janvier, juste après un parloir avec Maja, deux de ses proches ont vu leur domicile perquisitionné par la police judiciaire (LKA) du Land de Saxe. Pendant sept heures (de 20 heures à 3 heures du matin), « chaque page a été feuilletée, chaque pierre a été retournée ».

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Hongrie, Allemagne et Italie : Sur l’affaire des « antifas de Budapest » https://attaque.noblogs.org/post/2023/12/26/hongrie-allemagne-et-italie-sur-laffaire-des-antifas-de-budapest/ Tue, 26 Dec 2023 19:54:17 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=53748 Continuer la lecture ]]> Une nouvelle arrestation dans l’affaire des «  antifas de Budapest » et la menace d’extradition. Liberté pour Maja, liberté pour Gabri, liberté pour tou.tes les antifas !

Budapest Antifascist Solidarity Commitee / mardi 12 décembre 2023

Lundi 11 décembre, Maja, qui était visiblement recherché.e par les autorités, a été arrêté.e à Berlin par une unité d’intervention de la police. Cela a eu lieu dans le cadre des enquêtes sur différents affrontements contre des néonazis, pendant la période du « Jour de l’honneur » de 2023, à Budapest. Lors de son interpellation, Maja a été jeté.e par les agents de police à travers une porte vitrée, ce qui lui a causé plusieurs coupures et écorchures. Juste après l’arrestation, il y a eu plusieurs perquisitions domiciliaires chez des proches à elle/lui, à Iéna.

Un mandat d’arrêt national allemand et aussi un mandat d’arrêt européen, produit par l’Hongrie, avaient été émis contre Maja. Le lendemain, Maja a été présenté.e à un juge d’instruction du tribunal de Dresde. Le mandat d’arrêt allemand a été mis en exécution lors de l’audience de validation de l’arrestation et depuis Maja se trouve en détention préventive. Dans les semaines à venir, le tribunal décidera si le procès contre Maja aura lieu en Allemagne ou s’il y aura une extradition en faveur des autorités judiciaires hongroises. Une extradition vers l’Hongrie fasciste porterait non seulement à des peine de prison à deux chiffres et à des conditions de détention inhumaines, mais aussi à une incarcération loin de chez lui/elle, ce qui compliquerait son accompagnement solidaire lors du procès et de la détention.

Le même jour, à Milan, l’audience pour l’extradition de Gabriele [interpellé le 21 novembre par les Carabinieri, suite à un mandat d’arrêt européen émis par un juge hongrois ; NdAtt.] a été reporté une nouvelle fois. Le juge a décidé de poser des questions au gouvernement hongrois sur les conditions de détention et d’exiger de celui-ci des garanties quant au déroulement du procès et à l’indépendance de la justice. La prochaine audition à ce sujet aura lieu le 16 janvier.

Dans les prochaines semaines, il sera important de sensibiliser l’opinion publique, ici en Allemagne aussi, sur les conséquences d’une extradition vers l’Hongrie et de faire sentir à Gabriele et à Maja qu’ils/elle ne sont pas seul.es et que notre solidarité ne s’arrête pas devant les murs des prisons.

Liberté pour Maja, Gabriele, Tobi et Ilaria !

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5 décembre, journée de mobilisation contre l’extradition

extrait de Budapest Antifascist Solidarity Commitee / jeudi 30 novembre 2023

[…]
Dans la nuit du 20 au 21 novembre à Milan, notre camarade Gabriele a été visé par un mandat d’arrêt européen pour les événements survenus à Budapest en février 2023. Des milliers de néonazis s’étaient rassemblés dans la capitale hongroise pour commémorer le “jour de l’honneur” et certains d’entre eux avaient été attaqués.
Ilaria et Tobias sont en détention à Budapest depuis février, accusés d’avoir participé à ces actions, et Gabriele est actuellement assigné à résidence à Milan en attendant l’audience, fixée le 5 décembre, qui se prononcera sur son extradition en Hongrie.
Certain.e.s camarades allemand.e.s visé.e.s par d’autres mandats d’arrêt européens pour les mêmes faits sont en fuite depuis plusieurs mois.
Face à cette répression massive à l’encontre des camarades antifascistes qui dure depuis 10 mois, nous répondons par la solidarité! Qu’iels soient “innocent.e.s” ou “coupables”, nous serons toujours à leurs côtés!
NON À L’EXTRADITION!
Liberté pour Gabriele!
Liberté pour Ilaria et Tobias!
Solidarité avec tous les fugitifs!
Liberté pour tous, liberté pour toutes!

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Chronologie des faits

Budapest Antifascist Solidarity Commitee / liste en évolution constante

Vous trouverez ici une chronologie de ce qui s’est (supposément) passé depuis le 9 février 2023. Nous voulons signaler que ces informations sont tirées de sources en libre accès, en partie des médias hongrois ou de publications de droite. Ces informations, notamment celles au sujet des prétendues agressions et de leur déroulement, doivent donc être prises avec précaution.

 

9 février 2023

Selon ses déclarations, Tamás Lipták, membre de la Lègió Hungária, a été victime d’une tentative d’agression, près de la gare Nyugati, à Budapest.

Affrontements avec trois membres de Ruch Narodowy (un parti polonais d’extrême droite), sur la place Fővám, à Budapest.

La police hongroise constitue une équipe spéciale pour identifier les auteurs de l’ attaque.

10 février

Affrontements avec une personne, sur la place Gazdagréti, à Budapest.

Affrontements avec deux personnes, à Budapest. L’un des agressés est Laszlo Dudog, une des figures les plus connues du « rock de droite » hongrois et un important représentant du mouvement Blood and Honour en Hongrie.

En lien avec ces faits, Kristina D. est arrêtée par la police hongroise. Elle est l’une des plus proches collaboratrices d’Andras Jambor [député au parlement hongrois, pour les Verts ; NdAtt.] ; les seuls indices sont une veste, une écharpe et un post sur Facebook.

« Fête de bienvenue » de Blood and Honour pour le « Jour de l’honneur ». Y jouent les groupes Ewiger Sturm (CH) et Hundriver (HU).

11 février

Deux allemands qui revenaient d’un concert nazi sont attaqués, à Budapest. Selon les médias, l’un des agressés est membre du parti Neue Stärke, d’Erfurt. Il a donné lui-même un entretien sur cet incident à Lasse Richei, de Braunschweig, youtubeur nazi et membre d’un groupe néonazi.

Dans le cadre des commémorations du nazisme, des représentants de la presse sont menacés et deux personnes sont blessées.

La marche Ausbruch60, en souvenir des nazis allemands et hongrois [qui ont défendu la ville face à l’Armée rouge et ont tenté une percée (Ausbruch, en allemand) le 11 février 1945 ; NdAtt.], part de la place Kapisztran, dans le centre de Budapest.

À Budapest, six personnes sont interpellées par la police ; des mandats d’arrêt seront émis contre trois d’entre elles. Les personnes arrêtées sont accusées de « violence contre une communauté » et/ou de « constitution d’une association de malfaiteurs ».

Le soir, grand concert à Székesfehérvár, pas loin de Budapest. Il est organisé, entre autres, par Blood and Honour Hongrie. Les groupes qui jouent sont : Álarcband, Brigade Totenkopf, Hobbit, Vérvád et Kitörés

Agression de personnes de gauche, place Széll Kámán, à Budapest, de la part de membres présumés de Betyársereg (une confrérie d’extrême droite). Deux des agresseurs sont interpellés puis relâchés.

12 février

Trois des antifascistes arrêté.es la veille sont libéré.es dans l’après-midi.

13 février

Le quotidien allemand Bild rend compte pour la première fois des évènements en Hongrie.

14 février

Une personne arrêtée auparavant est libérée, car les accusations à son encontre n’ont pas été retenues.

15 février

La police hongroise publie des photos des personnes recherchées, ainsi que les noms complets de deux autres inculpé.es.

A Berlin, il y a deux perquisitions domiciliaires, en lien avec les faits de Budapest.

16 février

Le « bureau central sur l’extrémisme » du Land de Saxe, dépendant du parquet général de Dresde, ouvre une enquête contre sept personnes, accusées de coups et blessures dangereuses.

23 février

Les autorités hongroises publient la photo et le nom complet d’une autre personne mise en cause.

24 février

Kristina D. est libérée de sa détention préventive, par manque de preuves. Elle a coopéré avec les autorités, en leur donnant des renseignements sur son emploi du temps et sur son travail au sein de son parti [les Verts hongrois ; NdAtt.].

7 mars

De la réponse des autorités du Land de Saxe à une interrogation de l’AfD [Alternative für Deutschland, parti d’extrême droite allemand ; NdAtt.], il ressort que le parquet général du Land de Saxe est « en contact avec les autorités judiciaires hongroises » depuis le 7 mars. Selon des informations du quotidien Neues Deutschland, même des actes de la procédure judiciaire Antifa Ost  ont été transmis à ces dernières.

15 mars

Avec une opération de grande envergure, qui dure toute la journée, plusieurs perquisitions domiciliaires ont lieu à Iéna et à Leipzig.

En plus des perquisitions chez les inculpé.es, à partir de 16 heures environs a lieu également la perquisition de presque tout un immeuble de la Eichendorffstraße, à Leipzig, car la police pense qu’un inculpé recherché puisse s’y trouver. Plusieurs portes sont enfoncées par les forces spéciales.

31 mars

La police hongroise lance un avis public de recherche contre trois autres inculpé.es et à cet effet publie leurs photos et leurs noms. Des mandats d’arrêts hongrois sont émis contre ces trois personnes.

2 juin

Devant l’ambassade hongroise à Berlin, il y a un rassemblement en solidarité avec les antifas incarcéré.es et ceux/celles recherché.es.

5 juin

Le quotidien Bild lance, dans toute l’Allemagne, une chasse à l’homme contre sept personnes recherchées, avec leurs noms et leurs visages, en lançant ainsi, par la petite porte, un avis de recherche public, au service de la police.

7 juin

A Berlin, la police essaye d’obtenir des confidences sur ce qui s’est passé, en contactant des camarades.

14 juin

Audience de confirmation de la détention pour les deux antifascistes toujours détenu.es à Budapest. La détention préventive est confirmée pour les deux. La date de la prochaine audience de confirmation est le 14 août 2023.

début juillet

A Budapest, des membres de Betyársereg se rendent dans des bars et des brasseries fréquentés par des gens de gauche, pour « faire acte de présence » et intimider les personnes présentes.

6 juillet

Il y a une autre perquisition domiciliaire, à Berlin, en lien avec ce qui s’est passé. Une personne doit se rendre au poste de police en tant que témoin, mais peu après elle peut le quitter.

14 août

La détention préventive des deux antifas emprisonné.es à Budapest est prolongée encore une fois. La date de la prochaine audience de confirmation est le 14 novembre 2023.

23 août

Dans la Eichendorffstraße, à Leipzig, des personnes attentives découvrent une caméra cachée. La caméra filme l’entrée de l’immeuble d’habitation déjà perquisitionné en mars.

25 septembre

La police fédérale (BKA), en collaboration avec la police (LKA) du Land de Saxe et le parquet général fédéral, lance un avis de recherche, au niveau de toute l’Allemagne, contre un camarade, qui est déjà inculpé dans la procédure Antifa Ost. Le camarade est recherché avec sa photo et son nom affichés dans des gares, sur d’énormes écrans publicitaires, dans tous les grands journaux allemands et parfois même dans des notifications push envoyées sur des téléphones portables. Personne ne veut répondre à la petite question d’un député du parlement de Saxe, qui demande combien a coûté cette recherche du camarade. Plusieurs néonazis bien connus participent eux aussi à cette chasse à l’homme et offrent leur propre prime sur la tête du camarade, en plus des 10 000 euros [promis par la police et la justice ; NdAtt.]. L’avis de recherche a été précédé par une campagne médiatique coordonnée, de la part de WDR et NDR [chaînes audiovisuelles publiques qui diffusent dans les Länder septentrionaux et occidentaux ; NdAtt.], qui, la veille, ont annoncé que « 20 extrémistes de gauche » sont passé.es en clandestinité.

31 octobre

Plusieurs journaux, en Allemagne et en Hongrie, diffusent l’information que les autorités hongroises « ont sollicité un mandant d’arrêt international à l’encontre de 14 autres personnes, dont dix allemands, supposément impliquées dans ces faits ».

Le parquet général de Budapest inculpe Tobi, Ilaria [les deux camarades qui sont en préventive depuis le 11 février ; NdAtt.] et une autre personne, actuellement non détenue en Hongrie, mais qui a été libérée sous contrôle judiciaire.

2 novembre

La police hongroise publie les noms et les photos de cinq nouvelles personnes. Elle les cherche aussi par le biais d’un avis public de recherche.

3 novembre

Le journal Bild publie une nouvelle fois les visages et les noms complets de douze personnes. Parmi elles, il y a aussi quatre jeunes camarades qui n’avaient pas été recherché.es publiquement avant. Les photos avaient déjà été publiées par la police hongroise et diffusées entre autre par un compte X (ex-Twitter) d’extrême droite. D’autres médias aussi, comme Focus ou T-Online, diffusent en ligne les photos des nouvelles personnes recherchées.

21 novembre

Gabriele est arrêté à Milan par les Carabinieri. Depuis, il se trouve aux arrestations domiciliaires et attend l’audience d’extradition. Son arrestation fait suite à un mandat d’arrêt européen émis par l’Hongrie. Le camarade est accusé d’avoir participé aux affrontements avec les fascistes dans les jours aux alentours du « Jour de l’honneur » de février 2023, à Budapest. En plus de différentes accusations pour coups et blessures, ou de leur préparation, les autorités hongroises reprochent aux participant.es aussi l’appartenance à une « organisation » ou une « association de malfaiteurs ».

11 décembre

La deuxième audience, au cours de laquelle il devait être décidé de l’extradition de Gabri vers l’Hongrie, est reportée elle aussi. Le juge a décidé de poser des questions au gouvernement hongrois sur les conditions de détention et d’exiger de celui-ci des garanties quant au déroulement du procès et à l’indépendance de la justice. Prochaine audience : le 16 janvier 2024.

A Berlin, Maja, visiblement recherché.e par les autorités, a été arrêté.e par une unité d’intervention de la police, qui le/la jette à travers une porte vitrée.

12 décembre

Maja a été présenté.e à un juge d’instruction du tribunal de Dresde. Le mandat d’arrêt allemand a été mis en exécution lors de l’audience de validation de l’arrestation et depuis Maja se trouve en détention préventive dans la prison de Hammerweg, à Dresde.

Rassemblement solidaire à Kreuzberg (Berlin), le 24 décembre 2023

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