Berlin – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Tue, 25 Aug 2026 16:29:22 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Allemagne : Sur les perquisitions effectuées à Berlin le 12 août https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/25/allemagne-sur-les-perquisitions-effectuees-a-berlin-le-12-aout/ Tue, 25 Aug 2026 16:17:09 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63653 Continuer la lecture ]]> Renversé / samedi 22 août 2026

Le mercredi 12 août, dès 6 heures du matin, trois perquisitions ont été menées à Berlin et dans ses environs : dans les quartiers de Neukölln et de Kreuzberg, ainsi que dans la région de Brandenbourg.

L’enquête porte sur un braquage de banque commis en 2013 dans la ville allemande d’Aix-la-Chapelle (Aachen). Ce braquage est lié au vol de la Paxbank d’Aix-la-Chapelle en 2014, pour lequel plusieurs anarchistes ont été inculpés en 2017 et Lisa a été condamnée [voir ici ; NdAtt.]. À l’époque déjà, le parquet avait tenté d’établir un lien entre le braquage de 2014 et celui de 2013, mais l’enquête n’avait pas réussi à apporter de preuves permettant d’étayer ces faits.

Le 24 juillet dernier, une personne a été arrêtée en Espagne puis extradée vers Aix-la-Chapelle. Elle se trouve actuellement en détention provisoire. Elle est accusée d’avoir participé à un braquage de banque survenu en 2013.

Le mandat de perquisition visait Lisa, en tant que prévenue, ainsi que sa compagnonne et colocataire, en tant que témoin. Les enquêteurs recherchaient des supports de stockage de données et des documents manuscrits. Cette mesure a concerné les colocataires de la prévenue : les parties communes et les caves des appartements ont été perquisitionnées, ainsi qu’un lieu où, d’après les données de localisation de son téléphone portable, Lisa se serait rendue à plusieurs reprises.

La perquisition a été menée par l’Office régional d’enquête criminelle (LKA) de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et le LKA de Berlin ; la procureure elle-même, mme Breuer, du tribunal régional d’Aix-la-Chapelle, qui avait déjà, à l’époque du procès de 2017, agi avec fermeté contre les camarades, était également présente. Un chien renifleur a en outre été utilisé. Les perquisitions ont duré entre 6 et 7 heures.

Lisa a été conduite au commissariat, où les formalités d’identification (photos et empreintes digitales) ont été effectuées, puis elle a été remise en liberté. Des photos spécifiques ont été prises dans le cadre d’un rapport anthropométrique d’identification. Dans l’ensemble, toutes les personnes qui se trouvaient dans les appartements vont bien.

Merci pour votre solidarité et votre soutien. Et, comme toujours : ne vous perdez pas en hypothèses, ça n’aide personne.

Solidarité avec les personnes concernées et avec l’accusé qui se trouve actuellement en détention !

Avec force, calme, amour et colère.

 

Texte original en allemand : https://de.indymedia.org/node/858128

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Allemagne : Sur la vague de perquisitions du 24 mars https://attaque.noblogs.org/post/2026/03/30/allemagne-sur-la-vague-de-perquisitions-du-24-mars/ Mon, 30 Mar 2026 16:40:53 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62460 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / jeudi 26 mars 2026

Sur la vague de perquisitions du 24 mars, à Berlin et ailleurs

Mardi 24 mars, plusieurs perquisitions ont eu lieu simultanément à Berlin, Hambourg, Düsseldorf et Kyritz (dans le Brandebourg). Entre 5h45 et 6h du matin, les flics sont entrés dans de nombreux appartements privés ainsi que dans la bibliothèque anarchiste Kalabl!k, dans le quartier berlinois de Kreuzberg, dans l’Infoladen Scherer8, dans le quartier de Wedding et dans le Späti L5, dans le quartier de Neukölln. Les flics ont aussi fouillé des voitures et des vélos.

Les mandats indiquent qu’une organisation criminelle, composée d’au moins quatre personnes, aurait été constituée en 2025, dans le but de commettre un « sabotage anticonstitutionnel [avec une finalité subversive] », c’est-à-dire l’incendie d’un pylône, le 9 septembre 2025, qui a entraîné une panne de courant dans le parc technologique d’Adlershof. Les mandats ont été émis à des dates différentes, de la fin de l’année dernière à il y a une semaine. Les perquisitions ont été effectuées chez les quatre personnes mises en cause, chez certains membres de leurs familles, à Hambourg et Düsseldorf, et chez des « témoins ». Les mandats n’expliquent ni pourquoi ces quatre personnes sont accusées, ni quel est le lien présumé entre elles.

La procédure standard a été une destruction exagérée, en cassant les portes d’entrée, les serrures, les fenêtres. Les flics ont pris des vêtements, des appareils électroniques et des routeurs, ainsi que tout ce qui était écrit à la main, des brochures et des livres. Ils cherchaient spécifiquement des matériaux écologistes, anti-tech, antimilitaristes et internationalistes. Dans la plupart des cas, des chiens entraînés à détecter les disques durs ont été utilisés.

Quelque chose à noter, dans le contexte berlinois, est que les flics ont pris des téléphones, des ordinateurs et des disques durs appartenant à des membres de la famille.

Après la fin des perquisitions, les accusé.es ont été emmené.es en garde à vue, ils/elles ont été soumis.es à la prise de leurs photos et empreintes digitales et leur ADN a aussi été prélevé. L’une des personnes mises en cause a été brutalement tabassée et étranglée par les flics, parce qu’elle a refusé de donner ses empreintes digitales. Ensuite, ils/elles ont tou.tes été confronté.es à un chien de pistage, dans une procédure très louche.

Dès 6 heures, des équipes des médias étaient présentes sur de nombreux lieux de perquisition, ainsi ils ont pu faire des gros titres et des photos impressionnantes. Le site d’infos fasciste Nius a été informée lui aussi à l’avance par les flics et a ils ont filmé la manière dont les flics sont entrés dans la bibliothèque anarchiste Kalabal!k.

Des journalistes ont aussi publié des fausses informations stupides et les ont copiées les uns des autres, en affirmant par exemple que Manuel, un anarchiste qui a été incarcéré pendant sept mois, l’année dernière à Munich, ferait aussi partie des accusé.es. Cela est une connerie et montre encore une fois à quel point il est important d’éviter de répandre des mensonges et des ragots dans les médias.

Ce qui s’est passé hier montre clairement que, en faisant des perquisitions dans autant de lieux que possible, les flics veulent mettre la pression, se faire une idée des relations interpersonnelles et recueillir des données. En commentant la procédure, le chef du « syndicat » de police GdP est même revenu aux origines de l’actuelle police allemande, en paraphrasant Goebbels quand il a dit que « l’extrémisme de gauche est un cancer qui ronge la société, en mettant en danger la démocratie (…) ».

Les perquisitions ont été un coup dur pour les personnes touchées et leur proches, mais grâce à l’énorme solidarité dont tant de gens ont fait preuve, nos idées restent inébranlables.

Continuer le combat, c’est faire preuve de solidarité !

Et, comme toujours, on la ferme.

Long live Anarchy!

(plus d’infos sur la perquisition sur l’infokiosque et projet d’habitation Scherer 8 ici)

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Allemagne : Vague massive de répression contre le mouvement éco-anarchiste https://attaque.noblogs.org/post/2026/03/25/allemagne-vague-massive-de-repression-contre-le-mouvement-eco-anarchiste/ Wed, 25 Mar 2026 17:25:40 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62416 Continuer la lecture ]]> Bure bure bure / mardi 24 mars 2026

Comme le rapportent à l’unisson divers médias bourgeois, 18 perquisitions ont eu lieu ce matin tôt dans tout le pays. Elles ont concerné des logements privés et des lieux anarchistes. Berlin a été le théâtre de la plupart de ces perquisitions, avec 15 opérations. D’autres perquisitions ont eu lieu à Hambourg, Düsseldorf et Kyritz (Brandebourg).

Selon les autorités, l’opération visait quatre personnes prétendument identifiées issues de la scène anarchiste. Aucune arrestation n’a été effectuée à ce jour dans ce cadre. Ces perquisitions font suite à un acte de sabotage commis à la fin de l’année dernière contre le parc technologique Berlin-Adlershof. Cette action faisait notamment référence à la participation du groupe Vinci/Eurovia au projet CIGEO à Bure et a causé environ 70 millions d’euros de dégâts matériels. (lien)

Nous souhaitons beaucoup de courage et tout le meilleur aux personnes concernées, et aux flics ce qu’ils méritent !

ACABisous

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Berlin (Allemagne) : L’arrêt des centrales électriques à combustible fossile est un travail manuel https://attaque.noblogs.org/post/2026/01/08/berlin-allemagne-larret-des-centrales-electriques-a-combustible-fossile-est-un-travail-manuel/ Thu, 08 Jan 2026 17:15:36 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61816 Continuer la lecture ]]> knack.news / dimanche 4 janvier 2026

L’arrêt des centrales électriques à combustible fossile est un travail manuel. Courage. Des vœux militants pour le Nouvel an.

DES VŒUX POUR LE NOUVEL AN 2026. COURAGE !

Nous ne pouvons plus nous permettre les riches.
Nous pouvons entamer la fin du mode de vie impérial.
Nous pouvons arrêter la surexploitation de la terre.

La terre est épuisée, vidée, brûlée, maltraitée, incendiée, violée, détruite par la cupidité d’énergie. Des régions entières sont rendues inhabitables par la chaleur. Elles brûlent, tout simplement. Ou alors, des habitats disparaissent sous les flot, lors d’inondations, ou en raison du niveau de la mer qui monte.

L’arrêt des centrales électriques à combustible fossile est un travail manuel. Courage.
Nous savons que nous devons interrompre cette destruction. Nous savons que nous ne sommes pas seul.es. Ne renoncez pas à l’espoir en un monde où c’est la vie qui a sa place et non la cupidité d’argent, de pouvoir et de destruction.

Cette nuit, nous avons saboté avec succès la centrale électrique à gaz, dans le quartier berlinois de Lichterfelde. Il y a eu des coupures de courant dans les quartiers riches de Wannsee, Zehlendorf et Nikolassee. Le but de l’action n’étaient pas les coupures de courant, mais le secteur des énergies fossiles. Nous nous excusons auprès des personnes moins riches du sud-ouest de Berlin. Pour les nombreux propriétaires de villas dans ces quartiers, notre compassion est limitée. Nous expliquons pourquoi dans notre contribution ci-dessous.
Notre action d’intérêt général a du sens d’un point de vue social. Dans notre texte relatif à l’action, nous avons aussi pris position de manière plus détaillée là-dessus.

L’attaque contre la centrale électrique à gaz est un acte de légitime défense et de solidarité internationale avec tou.tes celles/ceux qui protègent la terre et la vie. Les infrastructures qui servent à l’« attaque technologique » et qui favorisent la destruction de la terre peuvent être sabotées. La production d’énergie fossile peut être arrêtée. Les métropoles-smart city, ce que Berlin devrait devenir, peuvent être évitées. Avec l’entreprise Stromnetz Berlin, c’est un composant de cette vision catastrophique d’une smart city qui a été touché.

Pour nous, il est évident que nous avons exclu à tout moment le risque de mettre en danger des vies humaines.
Notre déclaration détaillée est jointe à cette information.

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DES VŒUX POUR LE NOUVEL AN 2026. COURAGE !

Cupidité de pouvoir, cupidité d’énergie, cupidité de destruction

La terre est épuisée, vidée, brûlée, maltraitée, incendiée, violée, détruite par la cupidité d’énergie. Des régions entières sont rendues inhabitables par la chaleur. Elles brûlent tout simplement. Ou alors, des habitats disparaissent sous les flot, lors d’inondations, ou en raison du niveau de la mer qui monte. Ainsi, plusieurs milliers d’habitant.es de Tuvalu, dans le Pacifique, cherchent déjà un refuge en Australie.
L’année dernière, la concentration de CO² dans l’atmosphère est montée à 423,9 parties de dioxyde de carbone par million. Une valeur qui surpasse toutes les précédentes. Dans le même temps, les climatologues s’accordent à dire que les gigantesques courants océaniques transatlantiques seront tôt ou tard endigués, en raison du réchauffement climatique. Cet effondrement des courants marins, qui ont apporté jusqu’ici un climat doux au nord, n’est qu’une partie de la catastrophe qui nous attend.

Mais la soif d’énergie est insatiable et elle se fraye un chemin à travers la croûte terrestre et notre vie, entre autres, pour nourrir l’intelligence artificielle, qui ensuite produit des stéréotypes, des absurdités et qui nous confond, nous désoriente et/ou nous manipule. Pendant que le langage, l’expression et la vivacité sont de plus en plus réduits, mutilés et limités par chaque nouvel « apprentissage » de l’IA avec les données précédentes.
Nous alimentons avec nos données les « nuages » appelés clouds, qui ne sont rien d’autre que des centres de calcul et des serveurs gigantesques et énergivores. Qui, en plus, boivent aussi notre eau potable et excrètent des nombres, nous bombardent sur nos écrans avec beaucoup de spam inutile, prétendument important, jusqu’à ce que nous ayons désappris à regarder notre voisin.ne dans les yeux. Devenu.es dépendant.es de ces petits appareils, nous sommes toujours prêt.es à envoyer un émoji et à nourrir le « grand frère », dont l’algorithme enregistre nos écarts par rapport à la norme et répond à nos recherches avant même que nous ayons fini de formuler nos pensées. Au lieu de bavarder en direct avec nos ami.es, nous sommes assis.es, pendant que les flux de données nous dévorent et nous noient dans les appareils. Nous servons notre propre surveillance et elle est totale. Les entreprises de la technologie sont entre les mains d’hommes qui ont le pouvoir que nous leur donnons. Nous bouffons les images colorées que les machines nous présentent filtrées et nous mourons de faim devant nos écrans, de solitude et d’aliénation. Nous devenons des zombies qui se piétinent les un.es les autres dans la circulation routière. Nous sommes prisonnier.es dans un système numérique qui nous retire de plus en plus notre droit à l’existence, si nous ne nous soumettons pas aux règles du jeu et si nous ne transférons pas notre vie sur les réseaux sociaux, les chats, les réalités artificielles. Nous ne pouvons pas recevoir d’argent, nous ne pouvons rien réserver ou acheter en espèces. Sans accès au monde numérique, nous sommes de plus en plus exclu.es, nous perdons le contact avec ce qui semble être la normalité. Nous avons peur de ce qui nous arrive et nous nous enfouissons encore plus profondément derrière les écrans, au lieu d’éteindre les appareils et de reprendre le pouvoir à ceux qui nous traquent, nous suivent, nous observent et nous manipulent. Nous nous rendons aveugles à la connaissance qu’Edward Snowden à diffusé au risque de sa vie. Nous nous rendons sourd.es aux cris muets des indigènes, des paysan.nes, qui voient brûler sous leurs yeux les fondements de la vie sur la planète. Au contraire, avec chaque publication nous alimentons le feu qui nous encercle et qui, chaque année, fait grimper les températures à un nouveau record. Un jour, nous mourrons simplement de soif et de faim, assis.es devant des écrans lumineux ou des appareils morts. Il n’est plus si difficile d’imaginer cela.

Nous ne disons pas que nous connaissons la porte de sortie. Mais nous savons que nous devons mettre fin à cette destruction. Le hédonisme ne peut plus nous capturer, une fois que nous avons senti la sueur de la peur qui se répand, quand il n’y a plus de porte de sortie. Plus d’avant, plus de retour en arrière. Seul l’effroi de voir où nous, en tant qu’humanité, en sommes arrivé.es. Quand la question nous sera posée : Qu’as-tu fait, au juste, pour empêcher ce qui nous arrive ? Tu l’a pourtant vu venir, nous demanderont les survivants, les générations futures. Ne nous parle pas, s’il te plaît, de partis politiques. Ne nous parle pas d’alternatives brunes en costumes à rayures et tailleurs. Ni, non plus, des Verts ou de la gauche. Ne nous parle pas de l’économie, dont le libre marché réglera bientôt le problème. L’économie et la politique dealent tous les jours avec la mort. Avec des dictatures et des bouchers. Les préoccupations sont proches de zéro, par exemple quand il s’agit de satisfaire la soif d’énergie. La Russie continue de livrer du gaz à l’Europe, via Nord Stream 1. Et les États-Unis veulent le pétrole du Venezuela. C’est pourquoi il y a maintenant des attaques militaires. Et la production de gaz de schiste est extrêmement polluante. Déjà lors de l’extraction, on compte une perte de méthane de 6 à 10%, ce qui réchauffe encore plus l’atmosphère.
Le 95 % du gaz brûlé en Allemagne est importé. Les sommets sur le climat ne donnent lieu qu’à des déclarations tactiques, faites du bout des lèvres, car les pays producteurs de pétrole n’ont aucun intérêt dans la protection du climat, seulement dans l’argent. Parce que les pays développés orientent leur politique vers l’argent et la croissance, les lobbyistes en Europe se voient offrir l’abandon des voitures thermiques.
La ministre allemande de l’Économie, Katharina Reiche, a par exemple été secrétaire d’État au ministère fédéral des Transports, lobbyiste auprès de l’Association des entreprises municipales (VKM) et directrice de Westenergie, une filiale d’E.ON. La ministre d’E.ON, Reiche, se présente comme une partisane de l’hydrogène, mais elle mise surtout sur le gaz naturel. Elle devrait donc lancer des appels d’offres pour d’autres centrales électriques à gaz, d’une puissance de 10 gigawatts, qui devraient être raccordées au réseau d’ici 2031, ce qui correspondra à environ 25 nouvelles centrales. Vingt milliards d’euros sont prévus pour ces nouvelles centrales électriques à gaz.
Reiche préféreraient de toute façon reporter la neutralité carbone de l’Allemagne de 2045 à 2050.

Les principaux responsables de la destruction du climat par l’être humain ne sont pas celles/ceux qui en souffrent le plus, qui en paient le prix avec leur santé et leur vie. Les peuples du Sud paient déjà le prix le plus élevé. Les pays du Nord global, et bientôt aussi la Chine, entre autres, décident de la vie de tout le monde. La Chine, en tant que dictature communiste, raciste et patriarcale, peut, avec les « terres rares », faire pression sur les pays qui ne suivent pas sa ligne et ainsi, petit à petit, intégrer des pays, des cultures et des systèmes politiques dans le cocon de la nouvelle puissance dictatoriale mondiale. Plus de 85 % des « terres rares » raffinées dans le monde proviennent de Chine. Et ce sont les riches qui sont un problème. Ce sont les super-riches qui mettent le feu au monde. À l’est, à l’ouest, au sud et au nord. 60 % des investissements des super-riches dans le monde vont dans le secteur du le gaz et du pétrole. Et environ 300 super-riches émettent plus de CO² que les 110 pays les plus pauvres du monde. Ces criminels le savent. Ça leur est égal. Leur cupidité d’encore plus de richesses et de pouvoir fixe la norme que tous suivent. Ils préparent leur propre « sauvetage » sur des îles retirées ou dans l’espace, une fois qu’ils auront brûlé cette terre. Il y a quelques années, nous aurions encore ri de ces cinglés misogynes, mais ils prennent cela très au sérieux. Zuckerberg veut plus d’« énergie masculine ». Musk « produit » des enfants à la chaîne, pour que son clan survive.
Parmi les responsables, personne ne résout le « problème ». Et, surtout, le problème fondamental ne sera pas résolu au niveau régional. Au contraire – le monde entier s’arme pour la dernière grande bataille pour les ressources, l’eau, la nourriture et l’accès à des régions stratégiquement importantes, afin d’éviter ou du moins de retarder autant que possible l’issue fatale de sa propre sphère de pouvoir. Afin de pouvoir proposer aussi longtemps que possible une participation à sa population. Afin que nous, dans le Nord global, pris.es dans un monde de consommation et un mode de vie impérial, collaborions et confirmions le pouvoir, avec ses conceptions de plus en plus autoritaires. Car il ne s’agit plus de liberté pour tou.tes, mais seulement de sécurité pour quelques-un.es. La promesse de sécurité est un droit exclusif de ceux qui peuvent l’imposer. Nous faisons payer notre mode de vie impérial aux perdant.es, à ceux/celles qui sont trop faibles pour se défendre contre « nous ».

Avec notre action militante, nous rejetons les offres à participer à un monde brûlé. C’est pourquoi nous avons mené l’action contre la centrale électrique à gaz de Lichterfelde.
De cette manière, nous n’empêchons pas notre propre implication dans un mode de vie impérial, aux frais d’autres vies, mais nous envoyons un signal. Une fois de plus, comme le font de nombreuses personnes et groupes dans différents endroits du monde. Comme certains groupes, tel par exemple les Vulkangruppen [groupes Volcan], le font constamment ici aussi, depuis 2011.
Nous savons que ces mots n’atteignent pas beaucoup de gens – elles/ils sont tellement éloigné.es de l’idée d’un monde et d’une vie en commun qui ne reposent pas sur la destruction, que ces mots les atteignent aussi peu que la misère du monde quotidiennement diffusée en haute définition sur les écrans. Nous pouvons énumérer des kilomètres de faits et ne pas être entendu.es.
Nous ne sommes pas les premier.es et nous ne serons pas les dernier.es à essayer malgré tout d’atteindre les gens avec des mots. Nous ne sommes pas les premier.es ni les dernier.es à passer au sabotage, car nous jouons la carte du temps. En même temps, nous et d’autres utilisons le temps gagné pour inverser le processus de destruction de toutes les formes de vie. On nous traite d’écoterroristes, alors que nous respectons la vie. On nous appelle irresponsables, alors que nous assumons la responsabilités de mettre fin à ce mode de vie impérial et destructeur.
Notre action d’intérêt général a du sens d’un point de vue social. Nous essayons ainsi d’interrompre l’exploitation de la terre, d’empêcher les morts liées au CO² et d’arrêter les maladies liées à la catastrophe climatique. Nous essayions ainsi de mettre un terme à l’extinction des espèces et de rendre le monde à nouveau plus digne d’être habité, par tou.tes. Ceux qui nous appellent « écoterroristes » sont eux-mêmes les vrais écoterroristes et ils formulent cela dans le sens d’intérêts égoïstes et de calculs de pouvoir.
Nous voyons les inconscient.es se croire intelligent.es et croire que le changement climatique, ce sont des fake news. Croire que l’empathie, c’est du wokisme et n’avoir en tête que des pensées pour leur propres avantages, sans se rendre compte de la façon dont les choses qui les entourent sont liées entre elles. Nous voyons derrière cette résistance croissante aux faits un système de ceux qui investissent dans la destruction de la terre. Ils sont les mêmes qui ont dans leurs mains le pouvoir sur les grandes entreprises technologiques, ce qui leur permet d’élever une espèce humaine qui applaudit quand des gens se noient, meurent de soif ou de faim ou crèvent d’autres manières, dans la tentative d’atteindre l’Europe ou les États-Unis. Ces chauvins de la prospérité et ces adhérents à des partis, manipulés, soutiennent Trump, Modi, Milei, Netanyahou, Merz, Weidel, Poutine, Höcke, Orban, Vans [probablement Vance ; NdAtt.], Xi et tous les autres, dans leur « défense » de la liberté. La liberté de décider qui doit mourir et qui non. Qui a accès à la richesse et qui non. Ainsi, chaque réfugié.e mort.e pendant sa fuite a son/sa correspondant.e ici, dans un état de profonde dépression. Chaque personne qui meurt de faim nous rend plus gros.ses et plus malades, ici.
Nous, gens du Nord global, des métropoles riches, ne tirons aucun profit de la misère d’autres personnes. La richesse matérielle n’est pas une richesse au sens d’une idée, qui peut se réjouir de la vie de tou.tes.
Si seulement, dans chaque pays, une petite partie de la population disait : « Ça suffit, maintenant. Plus avec nous, pas en mon nom. Aucun être humain ne doit plus mourir à cause de nous. » Si nous refusons de fonctionner et de jouer le jeu, si nous devenons le sable dans la machine que nous avons nous-mêmes jusqu’ici alimentée, alors quelque chose se met en mouvement, alors nous pouvons développer la force nécessaire pour arrêter les causes, une bonne fois pour toutes.
Nous avons donc besoin d’une Internationale du refus d’un progrès qui ne se fonde que sur la destruction, le meurtre et le pillage. Nous appelons, désespéré.es, en colère et déterminé.es à la fois, et nous nous joignons aux appels des autres : sabotez l’infrastructure des énergies fossiles, les réseaux électriques, l’exploitation de la terre, les data centres, l’industrie des puces électroniques et leurs fournisseurs, détruisez les conditions préalables à l’industrie automobile et à l’industrie de l’armement, au transport aérien, aux villas, aux yachts, aux vaisseaux spatiaux et aux terrains de golf. Détruisez les locaux de la police, qui est le garant des rapports de propriété patriarcaux, car la terre appartient à elle-même et à tous les êtres vivants et non pas aux êtres humains, ou plutôt seulement aux hommes, ou plutôt seulement aux plus riches d’entre eux. Cet appel de désespoir est aussi un tocsin, un cri d’espoir et il n’a pas de limite territoriale, il est global. Nous parlons d’une Internationale qui ne se réclame pas d’un patriarche, ni de la galerie de têtes que les communistes vénèrent, mais qui part de conditions différentes. Qui soit comprise en Chine, en Europe, aux États-Unis, en Inde et au Pakistan, dans tous les coins du monde couverts par Starlink, dans chaque pays où le drone meurtrier cherche sa cible et a donc besoin d’électricité. Dans chaque pays où, sans énergie, les forces belligérantes sont aveugles et les gens peuvent quitter les champs de bataille sans que personne ne puisse plus donner l’ordre de les tuer. Où les bourses ne fonctionnent plus et où les Bitcoins ne peuvent plus être récupérés.
Nous le disons encore une fois, nous avons quelques idées, mais aucune réponse définitive sur le chemin. Mais sur l’objectif, si. Chaque contribution compte. Mais tout essayer, dans la mesure de nos possibilités, pour mettre fin à ce mode de vie impérial, ne peut pas être une erreur. Le progrès de la destruction est fait par l’être humain, nous pouvons aussi l’arrêter. Dans les pas de la résistance, dans les échos des langues et des cultures les plus différentes, dans ce que d’autres nous envoient, nous nous trouverons et nous nous reconnaîtrons. Il s’agit de la terre. Il s’agit de la vie. Il s’agit de lutter contre des hommes immatures et stupides, aux leviers du pouvoir, qui se comportent comme s’ils actionnaient une une pelleteuse-jouet.

Il n’y a pas de temps pour la frustration quant à la résistance au changement climatique d’origine humaine et le nombre croissent de personnes qui nient ce changement. Nous devons tirer des leçons de nos défaites, non pas en allant dans des partis ou nous renfermant dans le privé ou en nous adaptant à l’effondrement, mais en établissant des faits. Éteindre une centrale électrique à gaz est l’un de ces faits, mais il peut s’agir aussi d’occupations de terres, de places et de forêts, de la destruction de terrains de golf et d’aéroports des riches. Il faut de l’imagination et aussi notre détermination.

Switch off la cupidité d’énergie, switch off la gestion numérique de la vie, switch off le progrès de la destruction.

Aujourd’hui, nous avons attaqué la centrale électrique de cogénération, à gaz et à turbines à vapeur, de Licherfelde. La centrale produit une puissance électrique totale de 300 MW à partir de gaz naturel. La cible étaient les lignes électriques à haute tension, afin de causer des dommages importants à l’entreprise. Nous avons mis le feu à la passerelle des câbles, qui n’est pas répertoriée publiquement et qui traverse le canal de Teltow depuis la centrale électrique de Lichterfelde, du côté des espaces verts. En plus, nous avons court-circuité les faisceaux de câbles brûlés, avec des barres d’acier qui se trouvaient là.
Dès que la panne de livraison sera constatée, l’entreprise d’énergie devra acheter de l’électricité en temps réel sur le marché libre, pour respecter les obligations contractuelles qu’elle a contractées, pour la livraison d’électricité. Nous ne pensons pas avoir déconnecté de cette manière 100 000 foyers du réseau [comme disent les journaux ; NdAtt.], mais seulement du réseau de cette centrale électrique. Le réseau énergétique, qui dispose de plusieurs systèmes de sécurité, reconnectera rapidement les foyers, via d’autres voies de distribution d’énergie d’un réseau électrique largement ramifié. L’achat à court terme d’énergie aux prix du marché est peut-être plus cher qu’au moment où l’entreprise d’énergie a acheté l’électricité à la Bourse de l’électricité de Leipzig (EEX). Pour éviter de payer des pénalités aux différents consommateurs d’énergie, comme prévu au contrat, ils n’ont pas d’autre choix. Nous avons court-circuité plus de vingt lignes de 110 kV, sans que les conduites du chauffage urbain soient impliquées. Mais nous ne pouvons pas exclure un effets sur le réseau de chauffage urbain.
Notre action se différencie dans la pratique de celle d’Adlershof, le 9 septembre 2025, contre le centre technologique. Il s’agissait là d’une ligne d’alimentation, en négligeait la protection redondante. La situation était similaire dans le cas du groupe Vulkangruppe Tesla ausschalten [Groupe Volcan éteindre Tesla] qui a coupé du réseau l’usine Tesla, en détruisant une ligne d’alimentation [le 5 mars 2024, à Grüneheide, près de Berlin ; NdAtt.], en touchant environ 5 000 foyers privés. Dans notre cas, ce n’est pas une infrastructure comme le parc technologique ou la Gigafactory qui est débranchée, de sorte que cette infrastructure rentre dans le black-out, mais la centrale électrique, avec sa vaste ramification de câbles, qui est débranchée du réseau électrique. Elle produit encore de l’électricité, mais ne peut plus l’injecter dans le réseau et du coup ne peut plus la livrer. La possibilité d’approvisionner les foyers privés par d’autres centrales électriques est toutefois maintenue et c’est aussi ce qui est envisagé par les autorités et les géants de l’énergie. Cependant, il n’est pas exclu que notre action puisse avoir des répercussions plus importantes sur certains transformateurs.
Nous n’avons pas interrompu l’approvisionnement en chauffage urbain (puissance thermique de 690 MW).

Les foyers individuels ne sont pas la cible de l’action. La cible de l’action est infliger un coup dur à l’industrie du gaz et à la cupidité d’énergie.
Si des pannes prolongées ont lieu dans des foyers privés, nous voulons par la présente préciser qu’ils ne sont pas la cible de l’attaque. Et cet effet n’était ni envisagé, ni calculé par nous. Nous avons à tout moment exclu la mise en danger de vies humaines.
Puisque nous n’avons pas la certitude à 100% des réactions en chaîne, qui ne relèvent pas de notre responsabilité, que notre arrêt de la centrale à gaz pourrait avoir, nous adressons la demande suivante aux foyers éventuellement touchés : sonnez chez vos voisin.es. En cas de panne d’électricité, pensez à aider les personnes âgées ou dans le besoin. Prenez soin de vous-même et des autres, en apportant un soutien solidaire. Informez-vous les un.es des autres.

La centrale électrique de cogénération était une filiale à 100 % du groupe énergétique étatique suédois Vattenfall AB, qui, avec un chiffre d’affaires annuel de 7,6 milliards d’euros, était le quatrième plus grand groupe énergétique, après E.ON, RWE et EnBW.
À partir de 2021, la centrale électrique a été « remunicipalisée » et appartient désormais à la ville de Berlin. Ainsi, la centrale électrique sera aussi partiellement démantelée et adaptée à d’autres fonctions. Cela semble bon seulement à première vue.

Stromnetz Berlin GmbH [entreprise publique, propriétaire et exploitant du réseau électrique de la ville de Berlin ; NdAtt.] effectue actuellement d’importants investissements dans l’extension de l’infrastructure du réseau berlinois, afin de répondre aux exigences croissantes de la prétendue transition énergétique. Pour cela, la société mère de Stromnetz Berlin, BEN (Berliner Energie und Netzholding GmbH), reçoit 380 millions de la Banque européenne d’investissement – « pour préparer la transition énergétique en cours ». La « transition énergétique » est un écran de fumée qui dissimule le fait qu’il s’agit d’une énergie sans transition et sans discussions. L’essentiel, c’est l’énergie, durable ou non. Ainsi, Stromnetz Berlin veut doubler ses capacités, d’ici début 2030. L’objectif est un réseau électrique « moderne » et numérisé. Concrètement, cela signifie des centaines de milliers de mètres de nouveaux câbles électriques et de composants du réseau, ainsi que plus de services numériques. On peut penser que cela n’est pas fait par altruisme. À première vue, il s’agit de la sécurité de l’approvisionnement de la ville, mais en y regardant de plus près, il s’agit d’une folie de croissance dans une course à la concurrence imposée par le gouvernement. Le champ de bataille sont la ville et nos conditions de vie. La ville est une marchandise. La compétitivité avec d’autres grandes villes doit favoriser l’installation de plus de start-ups, de plus d’entreprises de recherche et de production d’armement, de prestataires de services numériques et d’entreprises technologiques, qui consomment plus d’électricité que les millions de Berlinois.es à titre privé. Il s’agit aussi d’une mobilité électrique qui, naturellement, n’a pas pour objectif la promotion des transports en commun, mais encore plus de ferraille qui roule dans les rues, avec des batteries au lithium, encore plus de systèmes dominés par l’IA, qui crachent des véhicules à conduite autonome, appartenant à des particulier.es. Cela se fera dans le cadre du « développement de l’infrastructure », qui coûtera à la ville-Land 3 milliards d’euros de plus, d’ici 2029, alors que l’A100 s’enfonce de plus en plus dans la ville. Pour le renouvellement du réseau électrique seront effectués des investissements jusqu’à 770 millions d’euros.

Tout cela semble plus qu’ennuyeux, mais est d’une grande importance pour nous, en tant qu’habitant.es de Berlin et du Brandebourg, car c’est notre vie, notre pays, notre eau, notre avenir qui sont en jeu ici. Pour Giffey [Franziska Giffey, maire de Berlin de 2021 à 2023 ; NdAtt.], partisane du libéralisme économique du SPD, le développement des capacités du réseau et de nouvelles lignes électriques sont une condition centrale pour faire de Berlin un lieu d’investissements. Ces destructeurs d’un avenir digne d’être vécu, partisans du libéralisme économique, conçoivent la ville en termes de chiffres, de sommes d’argent, de taux de croissance et de course à la concurrence avec d’autres villes. Les être humains ne sont pas pris en compte, ou seulement en tant que quantités, à faible revenu ou à revenu élevé. Il faut gérer et limiter, d’une manière ou d’une autre, la première – y compris au moyen de mesures policières et répressives, et clôturer ainsi un parc à Kreuzberg [référence à la lutte contre l’installation de grillages autour du Görlitzer Park et à sa fermeture nocturne ; NdAtt.]. Et on flatte l’autre partie, car son argent stimule la consommation. Pour cette partie, la ville est rendue smart et jolie. Berlin est une marque et elle est commercialisée en tant que telle.
Pour Giffay, le développement du réseau électrique correspond à la numérisation rapide de la vie quotidienne, comme s’il s’agissait d’une force naturelle qui s’abat sur nous. Comme si ce n’étaient pas les grandes entreprises de la technologie et les techno-fascistes qui décident de l’adoption de l’IA, qui, selon le ministère fédéral de l’Économie, doublera d’ici 2030 la consommation mondiale d’électricité. Comme si ce n’étaient pas les politiciens et les partisans du libéralisme économique qui décident qu’on ne peut plus payer en liquide dans les bus de la BVG [Berliner Verkehrsbetriebe, la compagnie des transports en commun de l’agglomération de Berlin ; NdAtt.] et que les gens sont obligés de payer de manière numérique, le suivi étant ainsi immédiatement garanti, dans une ville rebelle, où il existe une tradition de mouvements militants qu’il s’agit de contrôler. Comme si ce n’était pas la classe politique qui décide de mettre entre les mains de la police et des services secrets le logiciel de surveillance Palantir, dont le fondateur est un fasciste des États-Unis et dont le logiciel prévoit un réseau numérique pour la surveillance des gens. Giffay fait la promotion de l’extension du réseau avec « nos » entreprises et de l’électrification croissante de la mobilité : « Par amour pour Berlin, le réseau électrique le plus moderne, pour la capitale climatiquement neutre ». Et, habituée à désamorcer les critiques, Stromnetz Berlin a intégré comme cache-misère des « conseils citoyens », qui participent de manière ridicules à des futilités, mais qui n’ont rien à dire sur l’orientation des décisions en matière de politique énergétique et sur la conception de la ville. Après que Vattenfall et la ville ont été obligés, en raison d’une large initiative citoyenne, de lancer une « remunicipalisation », une étatisation du réseau électrique, et de mettre en place BEN comme propriétaire, ils continuent le business as usual et l’absurdité continue sans faiblir. La vision est claire : smart city – Stromnetz Berlin s’exprime ainsi : « Berlin est en voie de devenir l’une des principales métropoles smart city. Ce processus de transformation a déjà commencé dans tous les domaines de la vie urbaine. » Et : « les infrastructures intelligentes, et en particulier le smart grid (réseau électrique intelligent), en constitueront le fondement – en tant que système d’exploitation en réseau, il deviendra l’épine dorsale et le catalyseur de la transition énergétique. » Au delà du fait que nous considérons le terme « transition énergétique » comme de la poudre aux yeux et que nous le remplacerions par « attaque technologique contre les relations interhumaines », nous sommes d’accord là-dessus.
Les attaques concrètes contre le parc technologique d’Adlershof, contre la Gigafactory de Tesla, contre l’infrastructure de la centrale électrique à charbon Reuter, de Vattenfall, et contre le nœud de communication de Vodafone à Adlershof sont des références pour notre action, tout comme les nombreuses actions militantes qui mettent l’accent sur la destruction de notre terre. Même si ces actes de sabotage entraînent des pertes financières importantes, ils ne peuvent pas, à eux seuls (!), forcer un changement d’orientation politique. Mais ils montrent un chemin et une direction que nous recommandons pour toutes les métropoles. Paralysez les infrastructures qui servent à « l’attaque technologique » et qui favorisent la destruction de la Terre. Le consensus à la participation au projet d’un mode de vie impérial peut être retiré. Un mouvement social de masse contre la destruction mondiale des moyens d’existence et contre toutes les guerres et les pillages des ressources va de pair avec la capacité de saboter les réseaux électriques et les veines de l’énergie.
L’attaque contre la centrale électrique à gaz est un acte de solidarité internationale avec tou.tes celles/ceux qui protègent la terre et la vie. Notre résistance est multiple et, souvent, dans le brouillard de la désinformation, des différentes approches culturelles, des diversités linguistiques, nous avons encore besoin de trop de temps pour reconnaître les points communs. Mais nous sommes convaincu.es que, dans l’obscurité, la lumière n’est pas lointaine. Si nous plaçons cette action dans le contexte d’une résistance mondiale, que ce soit aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie, en Chine ou en Russie, en Europe ou en Australie, qui s’oppose à toutes les formes de domination, d’autorité et de destruction de la terre, nous sommes convaincu.es que nous serons entendu.es, que ces contributions seront traduites, que des contributions traduites nous parviendront, que sur les sentiers tortueux de la résistance a lieu une communication subversive, qui nous permet de nous reconnaître les un.es les autres. Et d’intervenir. Et cela, si possible, sans verser de sang, mais déterminé.es à couper le jus aux dominants.

Nous ne pouvons plus nous permettre les riches.
Nous pouvons entamer la fin du mode de vie impérial.
Nous pouvons arrêter la surexploitation de la terre.

Liberté pour tou.tes les antifas, les militant.es pour le climat et tou.tes les autres récalcitrant.es.

Vulkangruppe : Den Herrschenden den Saft abdrehen
[Groupe Volcan : Couper le jus aux dominants]

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Couper le jus aux dominants – Mise au point

knack.news / mardi 6 janvier 2026

Nous vous écrivons à nouveau, parce que, après notre première déclaration, beaucoup de choses ont été délibérément mal interprétées ou déformées.
Tout d’abord :
Notre action n’a pas été dirigée contre des personnes, mais contre une infrastructure qui détruit chaque jour des êtres humains, l’environnement et l’avenir. L’approvisionnement énergétique n’est pas un processus technique neutre, mais un instrument de domination politique. Qui exploite des grandes installations de combustibles fossiles s’engage activement pour la destruction du climat, pour des guerres pour les ressources et pour l’inégalité sociale.
En même temps, nous voyons la situation des gens sur place. Aucun.e d’entre nous ignore que la coupure de courant représente un vrai fardeau pour beaucoup de monde – en particulier pour les personnes âgées, les malades, les enfants et tou.tes celles/ceux qui se trouvent déjà en marge de cette société. Ces difficultés ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un système qui centralise les approvisionnements essentiels, les organise en vue du profit et les rend délibérément vulnérables. Ce ne sont pas ceux/celles qui attaquent qui ont créé cette dépendance, mais ceux qui la maintiennent depuis des décennies.
Ceux qui parlent, soudainement, aujourd’hui, d’« irresponsabilité », sont les mêmes acteurs qui mettent dans le compte, tous les jours, des black-out, des catastrophes environnementales et le froid social – seulement de manière plus lente, plus discrète et plus exploitable médiatiquement.
Quant aux insinuations qui circulent à propos d’une prétendue action de type false flag, d’un pays étranger, nous disons clairement :
Ces spéculations ne sont rien d’autre que la tentative de cacher leur propre impuissance. Le fait que des gens, ici sur place, soient en mesure d’attaquer des infrastructures ne cadre pas avec le récit sécuritaire de la classe politique et des autorités. Ainsi, un ennemi extérieur est construit. C’est pratique, cela décharge [des responsabilités] et déplace le débat.
Nos motivations ne sont ni secrètes, ni nouvelles. Elles se nourrissent de longues années d’expérience avec un discours creux sur le climat, d’une politique d’actes symboliques et d’un approvisionnement énergétique fondé sur la destruction. Qui prétend maintenant que derrière chaque forme de sabotage doit nécessairement y avoir un service secret étranger refuse la réalité des conflits sociaux internes.
Nous ne nous laisserons pas impressionner par l’indignation morale qui se manifeste seulement quand la propriété est touchée.
La véritable violence est structurelle. Elle agit chaque jour. Elle reste généralement invisible.
Notre intervention est une rupture avec cette normalité.
Qu’elle soit comprise ou non, ne dépend pas de nous.

Vulkangruppe
[Groupe Volcan]

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Berlin (Allemagne) : Manif sauvage antifasciste, le 15 novembre https://attaque.noblogs.org/post/2025/11/20/berlin-allemagne-manif-sauvage-antifasciste-le-15-novembre/ Thu, 20 Nov 2025 17:47:12 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61417 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / lundi 17 novembre 2025

Manifestation sauvage pour les antifascistes emprisonné.es

Samedi soir, nous avons pris la rue, dans la Kastanienallee, dans le quartier de Prenzlauer Berg [un secteur connu pour ses bars et ses lieux de spectacle à la mode ; NdAtt.], pour exprimer notre colère.

Malgré le mauvais temps, nous étions nombreux.ses à défiler dans les rues, de manière bruyante et combative. Beaucoup de feux d’artifice, de tracts et d’autres actions ont marqué l’apparition vigoureuse de cette manifestation sauvage.

Des telles actions sont plus importantes que jamais, en raison de la criminalisation croissante, au niveau mondial.

Trop d’antifascistes, comme Hanna, Maja, Nanuk et beaucoup d’autres, sont déjà en prison, à cause de leur attitude cohérente, alors que la terreur d’extrême droite s’intensifie dans les rues. L’absurde classification du [prétendu groupe] « Antifa Ost » comme organisation terroriste, aux États-Unis, doit être considérée comme une nouvelle escalade de la part de la classe dirigeante. Encore un pas dans la fascisation mondiale des États capitalistes.

Prenez exemple sur les camarades : faites plus de manifestations sauvages, organisez-vous et montrez votre présence dans nos rues !

Aucune confiance dans l’État !
L’antifascisme n’est pas un crime !
Liberté pour tou.tes les prisonnier.es !

Autonome Antifas Berlin

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Allemagne : Un regard derrière les murs https://attaque.noblogs.org/post/2025/11/18/allemagne-un-regard-derriere-les-murs/ Tue, 18 Nov 2025 18:04:06 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61399 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Committee / vendredi 7 novembre 2025

Censure de la poste, procédure disciplinaire, travail à la cantine – Un regard derrière les murs.
Des informations actualisées (au mois de septembre 2025) sur les conditions d’enfermement des antifascistes en détention préventive.

Depuis six à huit mois, les antifascistes qui, en début d’année, se sont rendu.es aux autorités chargées des enquêtes [voir ici ; NdAtt.], après que celles-ci les aient cherché.es en vain pendant près de deux ans, se trouvent en détention préventive. Depuis, des rassemblements solidaires ont régulièrement lieu devant différentes établissements pénitentiaires en Allemagne, des lettres arrivent de partout et, de temps en temps, des fusées multicolores explosent dans la nuit – une courte frayeur pour les fonctionnaires, un grand sourire pour les nôtres. Maintenant, les débuts des procès approchent, aux tribunaux supérieurs de Dresde et de Düsseldorf. Le choix de ce dernier endroit implique le transfert de Paula, Nele, Emmi, Moritz et Clara vers des établissements pénitentiaires de la Ruhr, ce qui, à l’intérieur, arrache les détenu.es à leurs routines, à leurs cellules à peine meublées et à leurs cercles sociaux, et, à l’extérieur, rallonge la durée du trajet pour les familles et les ami.es en visite, jusqu’à huit heures (aller simple !).

Nous avons demandé aux prisonnier.es et à leurs groupes de soutien de décrire leurs conditions actuelles, en détention préventive. La taule fonctionne si bien en tant que système parce qu’elle représente une boîte noire qui, d’une part, isole les personnes détenues de leur monde extérieur et, d’autre part, ne permet pas aux personnes à l’extérieur de savoir exactement ce qui se passe à l’intérieur. Avant tout, malgré toute la merde, l’absurdité, l’impuissance et la violence que les prisonnier.es antifascistes subissent quotidiennement en détention, il faut mentionner le fait qu’un réseau de solidarité si grand et une protection financière si étendue constituent une exception absolue, dans le système carcéral allemand. La plupart des personnes détenues en Allemagne ont beaucoup moins souvent l’occasion de ressentir un tel soutien extérieur, d’être informées de toutes les demandes et astuces possibles en taule, elles sont victimes de plus de racisme et/ou portent avec elles leurs propres expériences de violence, qu’il est impossible de traiter en taule. Afin de rendre cette boîte noire/taule un peu plus transparente, de dessiner une image plus précise de la vie quotidienne en prison – avec toues ses différences selon les personnes, les établissements ou les Länder – nous avons rassemblé ci-dessous des récits des conditions de détention de Nele, Emmi, Morit, Lucas et aussi de Nanuk. Merci aux groupes de soutien des détenu.es, aux avocat.es solidaires, aux familles et aux ami.es pour leur travail inlassable !

Luca

Luca est, depuis fin janvier 2025, en détention préventive à la Maison d’arrêt de Bielefeld-Brackwede. Depuis le printemps, elle travaille dans la cantine du personnel, où elle est responsable des desserts. Cela l’aide beaucoup à organiser sa vie quotidienne et à développer une routine à peu près agréable. Cependant, il y a quelques abus, à la MA.

La gestion des parloirs, du courrier et des journaux est particulièrement pénible pour Luca. Sur ces points, des règles spéciales valent pour Luca, qui ne valent pas pour toutes les autres prisonnières. Dans son cas, toute communication avec le monde extérieur passe par le service de sécurité et le responsable de la sécurité de la prison. Seulement quand celui-ci est présent – ce qui est malheureusement rarement le cas – les dates des parloirs peuvent être fixées ou alors les parloirs ou les rendez-vous pour les appels téléphoniques déjà fixés peuvent être annulés. De même, les lettres, les journaux et les revues ne lui sont transmis que s’ils ont été lus auparavant par le service de sécurité. Le service de sécurité ne manque pas de contrôler le contenu interdit du quotidien Neues Deutschland. Ce qui pourrait y être de dangereux, reste obscur. C’est pourquoi Luca reçoit généralement des lettres une fois par semaine et les journaux aussi de manière totalement irrégulière. La manie de contrôle de la Maison d’arrêt se manifeste donc notamment par le fait que les journaux et toutes les lettres de Luca, qui ont déjà été contrôlés auparavant par le tribunal, sont aussi relus encore une fois à la MA. Les derniers restes de sphère privée dans la prison lui sont ainsi retirés, car le responsable de la sécurité sait tout ce qu’elle écrit et qu’on lui écrit.

Ce qui est particulièrement désagréable pour toutes les prisonnières femmes, c’est qu’il y a une différence de traitement avec les prisonniers hommes. Ceux-ci ont beaucoup plus de temps libre et d’offres de formation et peuvent, par exemple, jouer au foot à l’extérieur, dans la cour, et ils ont dehors une table de ping-pong, un panier de basket, un terrain de volley. Jusqu’ici, les détenues se sont vues refuser tout cela, bien qu’elles se soient battues pour l’avoir. Luca et les autres sont autorisées à jouer au football seulement dans une petite salle, une fois par semaine, lors des séances collectives de sport, et elles ont le droit d’utiliser seulement la petite salle de sport.

Sinon, pour tou.tes les prisonnier.es, vaut la règle que l’ouverture de la salle des services a lieu uniquement une fois par semaine et, dans certains cas, elle est même complètement supprimée. Elles peuvent également utiliser une cuisine commune. Si celle-ci n’est pas laissée dans l’état souhaité, une punition collective est infligée à tout le monde et la cuisine est fermée jusqu’à nouvel ordre. De plus, il faut des demandes écrites pour les plus simples des démarches quotidiennes et parfois elles doivent être renouvelées tous les jours, car il n’est jamais clair si une demande a été reçue et quand elle sera traitée. Cela peut durer des semaines, avant qu’une réponse n’arrive, ou parfois elle n’arrive jamais. Cet arbitraire dans le traitement des demandes fait partie du système de domination de la prison.

Nele

Depuis janvier 2025, Nele est incarcérée dans la Maison d’arrêt de Chemnitz. Elle est globalement stable et supporte bien sa détention. Les conditions à la MA de Chemnitz sont relativement bonnes, par rapport à d’autres établissements pénitentiaires. Ainsi, elle peut faire régulièrement du sport, dont de la musculation, des sports d’endurance et de l’aérobic. De plus, toutes les deux semaines elle a une art-thérapie (de la gravure sur linoléum) de deux heures, qu’elle trouve très positive. Elle suit une formation d’un an comme menuisier, qui peut être reconnue en modules, et travaille six à sept heures par jour. De plus, elle a trois à quatre heures de « porte [de la cellule] ouverte » par jour et peut cuisiner et manger avec d’autres prisonnières. En outre, elle a une heure par jour de promenade.

La cellule de Nele est assez sombre, ce qui est très désagréable pour elle, car elle écrit et dessine beaucoup. Elle a une vue qui donne directement sur un mur, au lieu de donner sur un environnement plus éloigné ou sur des arbres, etc. Un déménagement dans une cellule plus lumineuse n’a pas encore été autorisé. Elle a une télévision, une radio et quelques livres ou CD commandés à l’extérieur.

Nele a quatre heures de parloir par mois (avec trois personnes maximum) et quatre appels téléphoniques de trente minutes chacun. Les salles de visite sont agréables, lumineuses et pas trop petites ; un agent du LKA [la PJ de chaque Land allemand, ici de Saxe ; NdAtt.] est présent, mais pas le personnel de la prison. Les câlins ne sont pas un problème.

Les soins de santé fonctionnent seulement en partie. Ils peuvent parfois être lents et ça prend beaucoup de temps pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste ou pour avoir une thérapie appropriée.

Emmi

Entre-temps, Emmi a été transférée sans préavis à la maison d’arrêt de Dinslaken. Vous trouverez ici le texte de son groupe de solidarité. Ci-dessous le récit de la période qu’elle a passé à la prison de Luckau–Duben.

Avant tout : Emmi va toujours très bien, elle est positive malgré les circonstances difficiles, est toujours de bonne humeur lors des parloirs et, surtout, le dernier rassemblement devant la prison lui a fait beaucoup de bien !

Depuis qu’elle s’est livrée, en mars 2025, Emmi est détenue à la Maison d’arrêt de Luckau-Duben. Les conditions générales de sa détention n’ont pas changé (voir la première mise à jour, d’avril 2025). Elle ne peut toujours pas commencer de formation et l’établissement pénitentiaire lui a jusqu’à présent refusé de suivre des études. Une petite lueur d’espoir : la MA semble pouvoir autoriser un enseignement à distance, analogique. Il reste à voir si cette promesse sera tenue. En fait, Emmi a une heure et demie de « porte [de la cellule] ouverte » et une heure de promenade dans la cour par jour et, faute de formation, d’études ou de travail, elle doit passer le reste du temps seule dans sa cellule.

Elle reçoit beaucoup de courrier et écrit beaucoup de lettres, ce qui lui a permis de voir que l’attitude et le comportement des employés de la MA à son encontre ont changé. Des lettres avec des prétendus « contenus extrémistes » (le logo antifa, des slogans « Free Emmi », etc.) lui étaient constamment refusés ou retirés. À ce propos, elle a remarqué que d’autres contenus politiques, comme par exemple le tatouage d’une croix gammée d’une codétenue ou des symboles de droite sur les murs de la MA ne semblent plus déranger personne.

Depuis que la responsabilité de la surveillance de son courrier a changé, la MA a aussi reconnu que le blocage des contenus politiques est illégal. Beaucoup de lettres qui lui avaient été retenues lui ont été remises à posteriori.

Emmi a quelques amies à la cour de promenade, avec lesquelles elle aime passer du temps, mais elle parle souvent, aussi, de la forte rotation au sein de la petite section féminine de la Maison d’arrêt.

Actuellement, Emmi a sur le dos une procédure disciplinaire, parce qu’elle voulait se renseigner sur la liste des achats possibles dans une prison du Land Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Pour cela, elle a rédigé une lettre pour une autre détenue (avec des contacts là-bas), qui parle mal l’allemand. Cela a été interprété comme un contournement du contrôle postal. De plus, elle aurait prêté son shampooing à une codétenue. Cette punition signifie pour elle la suppression de toutes les activités sociales (sport, porte ouverte, culte, la promenade avec d’autres, etc.). En outre, le culte et les activités sportives sont supprimés jusqu’à la fin de l’année, à cause du manque de personnel. Malgré cet harcèlement massif, Emmi ne se laisse pas abattre !

Avec le procès à venir, Emmi sera transférée dans une MA en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Il reste à savoir si un transfert améliorera ou détériorera encore plus les conditions de détention d’Emmi.

Moritz

Depuis qu’il s’est livré, en janvier 2025, Moritz est détenu dans l’Établissement pénitentiaire pour mineurs de Regis-Breitingen, en Saxe. Au début, il ne lui était pas possible d’y suivre une formation. Seulement en avril, Moritz a pu commencer sa formation dans le domaine de la logistique.

Il participe à des cours d’art-thérapie et de relaxation et a lancé un club de ping-pong et de volley-ball. Moritz a deux ou trois heures de « porte [de la cellule] ouverte » et une heure de promenade par jour.

Lors des rassemblements de solidarité, sa promenade est reportée par l’EPM. L’ensemble du courrier de Moritz n’arrive pas en original, mais lui est remis par le personnel sous forme de copie – y compris les photos et les timbres. Ceux-ci doivent donc être envoyés seulement sous forme de code QR. Moritz ne reçoit plus ses journaux de la part de l’EPM, au motif qu’il doit les payer lui-même.

Ses heures de parloir sont de quatre fois deux heures par mois et ses heures de téléphone de six fois trente minutes par mois. La possibilité d’effectuer les parloirs comme prévu dépend aussi du LKA de Saxe, dont un agent est présent dans la pièce à chaque parloir et qui écoute chaque appel – en mai, en raison d’un manque de personnel, Moritz a pu faire moins de parloirs et d’appels. L’agent du LKA est quelques fois arrivé avec plus d’une heure de retard ou a déplacé de son initiative le moment les appels.

Les soins de santé ne fonctionnent pas non plus, à Regis-Breitingen, et les prises en charge médicales sont souvent insuffisantes. Ainsi, Moritz a été accusé d’avoir pris des drogues, alors qu’il avait une forte fièvre et qu’ils n’ont pas pris au sérieux le fait qu’il soit malade. Moritz s’est également plaint de conditions d’hygiène parfois insuffisantes – notamment de la présence d’insectes dans la nourriture.

Moritz sera transféré avant le début du procès à Düsseldorf, en 2026. Il sera transféré dans le seul Établissement pénitentiaire pour mineurs de la région – à Hainsberg. Pour s’y rendre depuis Leipzig, sa famille et ses proches ont besoin de huit heures et demie de train.

Nanuk

Le 21 octobre 2024, Nanuk a été arrêté à Berlin par des enquêteurs du LKA de Saxe [voir ici ; NdAtt.].

Les premières vingt-quatre heures après son arrestation, Nanuk a dû les passer avec menottes et chaînes aux pieds. Jusqu’au début de décembre, il a été soumis à des mesures de sécurité élevées, qui ont progressivement été assouplies. Dans la procédure de l’établissement pénitentiaire, cela s’exprime par un système de points stigmatisants affichés sur la porte des cellules, ainsi il a entre autres un point vert, pour « potentiellement violent ». Pour que même le dernier des matons comprenne, la porte de la cellule a été en outre munie des avis « ouvrir à deux » et « remettre de main en main ». Les conséquences de ces nombreux points et panneaux sont considérables. Très concrètement, cela signifiait vingt-deux heures d’enfermement par jour, deux heures de promenade en commun, mais pas de « porte [de la cellule] ouverte ».

Nanuk a le droit de faire deux parloirs par mois, avec trois personnes au maximum, pendant une heure. Les visites sont surveillées par le LKA et par le personnel de la Maison d’arrêt. Un appel téléphonique hebdomadaire régulier avec la famille est aussi surveillé par le LKA.

Depuis fin septembre, Nanuk est autorisé à travailler dans l’atelier de reliure de livres de la MA de Moabit. C’était le souhait de Nanuk, d’avoir un travail pendant sa détention, mais le service de sécurité de la MA l’a longtemps empêché.

Pour Nanuk, le travail a d’abord signifié le transfert vers une autre section et, après presque un an de détention préventive, aussi ce qui est parfois la chose la plus importante : le régime « porte [de la cellule] ouverte ». Après onze mois enfermé en cellule vingt-deux heures par jour, cela représente pour lui une amélioration de sa situation de détention. Pendant les mois d’été, beaucoup d’activités de temps libre ont été supprimées à cause des vacances et du manque de personnel et les séances de sport dans la cour ont eu lieu de manière très irrégulière.

Nanuk continue de faire des récits très positifs de sa détention à Moabit. La solidarité entre les détenus est très grande, le temps de la promenade est utilisé pour s’entraider avec les demandes et les absurdités bureaucratiques. Ce qui se passe depuis le début de sa détention est que chaque demande doit être faite plusieurs fois, parce que la plupart sont « perdues » ou ignorées et seulement un insistance constante permet qu’elles soient traitées. Les lettres de Nanuk parlent beaucoup de l’harcèlement quotidien auquel les prisonniers sont soumis, il raconte aussi d’automutilations ou de tentatives de suicide et d’incendies dans l’établissement pénitentiaire. Les moments passés ensemble [lors des parloirs] sont utilisés pour échanger et se soutenir mutuellement. Depuis que le tribunal supérieur de Dresde a assumé la compétence de cette affaire, les choses vont beaucoup mieux avec le courrier. Le contrôle du courrier dure environ deux semaines.

Cela n’est pas encore confirmé, mais il est très probable que Nanuk soit transféré en Saxe peu avant le procès ; des déplacements journaliers depuis et vers Berlin au moins une fois par semaine ont été jugés impraticables. Le transfert, dont la date n’est pas encore connue, représente pour Nanuk une situation de détention complètement nouvelle. Une nouvelle taule veut dire de nouvelles opportunités et de nouveaux amis, mais pour la famille et les autres visiteur.es, cela signifie beaucoup d’efforts pour le voir.

Cependant, il se réjouit que le procès commence enfin et que quelque chose soit fait, après un an d’attente.

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Allemagne : Quand il n’y pas d’intérêt pour le dialogue https://attaque.noblogs.org/post/2025/11/06/allemagne-quand-il-ny-pas-dinteret-pour-le-dialogue/ Thu, 06 Nov 2025 17:41:40 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61291 Continuer la lecture ]]> Anarchist Black Cross Belarus / mardi 28 octobre 2025

Quand il n’y pas d’intérêt pour le dialogue – L’ABC Bélarus exclue une fois de plus de la foire du livre de Berlin

Il y a un an et demi, nous avons publié un long texte intitulé « Quand l’idéologie fait obstacle à la solidarité », sur la manière dont certains groupes anarchistes de différents pays d’Europe occidentale manipulent les faits pour exclure les anarchistes d’Europe de l’Est des discussions sur la guerre en Ukraine.

Depuis lors, malheureusement, la situation a empiré et la popularité des vieilles perspectives antimilitaristes et pacifistes n’a fait que croître, au sein du mouvement anarchiste d’Europe occidentale. Ce mois-ci, nous avons reçu un autre refus, de Berlin, concernant notre participation à la foire du livre anarchiste, dont les organisateur.trices ont souligné qu’elles/ils n’avaient aucun lien avec le groupe organisateur de l’édition de l’année dernière.

Par souci de transparence : nous étions bien conscient.es de la forte probabilité d’un refus, avant de soumettre notre candidature pour cette foire du livre. D’un côté, nous avons été agréablement surpris.ses que le refus ne soit pas arrivé sous la forme d’une seule phrase impolie, comme la dernière fois, mais avec des arguments détaillés. Cependant, les arguments présentés dans la lettre nous ont encore plus déconcerté.es que les tentatives de nous accuser de soutenir la guerre, ce qui avaient fait les organisateur.trices de la foire du livre anarchiste de l’année dernière.

« Nous avons terminé ici, nos pouvoirs s’arrêtent ici… »

Les organisateur.trices ont cité « le manque de confiance envers le collectif ABC [Bélarus], en raison de nombreuses, précédentes violations d’accords avec d’autres collectifs » comme étant la raison principale de leur refus, bien qu’ils/elles aient aussi mentionné le fait qu’elles/ils considèrent « inacceptable de donner de la place à des positions appelant à rejoindre l’armée de l’État, lors d’une foire anarchiste ».

En particulier, les organisateur.trices ont mentionné deux cas précédents de violations d’accords :
– lors d’une présentation à Brême, nous aurions violé l’accord avec les organisateur.trices de « ne pas faire l’éloge de la participation à la guerre/faire l’apologie du service militaire » [1]. De plus, nous l’aurions fait non seulement verbalement, mais aussi en apportant une table de presse qui violait ces accords.
– Les mêmes matériaux ont été mis sur notre table pendant une présentation à Berlin, même s’ils ne faisaient pas « partie du sujet de la présentation » [1]. Nous avons aussi été accusé.es d’avoir commencé la présentation avec trois heures de retard et un.e des membres de notre groupe a été tout le temps au téléphone avec quelqu’un.e.

Nous avons pris ces commentaires très au sérieux et avons demandé plus de détails, que le groupe organisateur n’a pas été en mesure de nous fournir. Dans une conversation privée avec l’un.e des organisateur.trices de cet événement, nous n’avons pas non plus été en mesure de clarifier les détails des accusations.

Nous avons aussi contacté les organisateur.trices de l’événement de Brême, qui ont confirmé que nous n’avions absolument aucun accord concernant la censure du contenu de la présentation et qu’elles/ils n’avaient aucune récrimination à notre encontre. Ils/elles n’ont pas non plus interdit de mettre certains documents sur la table. Nous avons contacté une personne qui faisait partie du groupe organisateur [de la présentation] de Berlin et on nous a dit aussi que les organisateur.trices n’avaient aucune récrimination concernant notre table de presse.

Nous avons transmis toutes ces informations aux organisateur.trices de la foire du livre de Berlin. Quelques semaines plus tard, nous avons reçu une réponse dans laquelle leur position avait changé. Maintenant, les anarchistes de Berlin n’insistent plus sur la rupture d’un accord, mais écrivent simplement que la différence de nos points de vue sur la guerre en Ukraine est si profonde qu’elles/ils ne voient pas la possibilité d’un dialogue constructif avec nous, à la foire. De plus, dans leur nouvelle lettre, ils/elles ont écrit que « nous ne voyons aucun avantage, pour nous ou pour vous, dans une présentation ou une table de presse où l’adhésion à l’armée de l’État et le service dans l’armée peuvent être justifiés ».

L’une des caractéristiques importantes du régime biélorusse est l’extrême formalisation de la répression. Il est très rare que des détentions et des arrestations aient lieu en dehors du cadre des lois en vigueur. Même si des personnes sont condamnées à vingt ans pour des affaires complètement montées de toutes pièces, il y aura toujours un procès, une présentation de preuves et des dizaines de jours d’audiences à huis clos. Souvent, la vie politique dans le pays est limitée elle aussi par de telles procédures formelles. Vous n’êtes pas emprisonné.e parce que vous vous opposez au régime, mais pour des « actions qui violent l’ordre public ».

Jusqu’en 2020, toute manifestation publique était interdite avec des motivations fallacieuses et personne signalait dans la lettre de refus les opinions politiques erronées des organisateur.trices d’une manifestation ou d’un rassemblement. À la place, le régime faisait référence à la loi sur les événements de masse, qui interdisait par exemple les rassemblements près des stations de métro. En même temps, le mur de la bureaucratie était impénétrable et toutes les tentatives de remettre en question les formules stupides des fonctionnaires se heurtaient à des portes fermées.

Dans une telle situation, nous nous sommes habitué.es à ce que l’État utilise des raisons formelles et non politiques pour exclure ses opposants politiques. Ce à quoi nous ne nous attendions pas était une répétition de cette approche au sein du mouvement anarchiste. Mais c’est exactement ce sur quoi nous sommes tombé.es lorsque nous avons soumis notre candidature à Berlin.

Pourquoi ce moment nous a-t-il rappelé le Bélarus ? Très probablement à cause du sentiment d’impuissance absolue dans la communication et de l’absence de toute volonté de clarifier la situation de la part de ceux/celles que encore hier nous aurions pu considérer comme des compas. On dirait qu’on travaille avec des bureaucrates qui ne s’intéressent pas aux faits réels.

Le problème de la manipulation des faits pour exclure des groupes/des personnes

Dans notre déclaration d’il il y a un an et demi, nous avons déjà écrit que, dans la situation autour de la guerre en Ukraine, la réalité objective est sacrifiée au nom d’un colosse antimilitariste aux pieds d’argile. La présentation à Berlin nous a une fois de plus convaincu.es que, souvent, les faits sont simplement inventés afin de discréditer les opposant.es.

Nous ne sommes donc pas dans une situation d’égalité, où nous pourrions débattre de différents opinions politiques sur la situation au Bélarus, en Ukraine ou même en Allemagne. À la place, nous sommes contraint.es de nous justifier, en affirmant que nous n’avons jamais violé aucun accord. Nous sommes obligé.es d’écrire un texte expliquant qu’un.e militant.e de l’ABC Bélarus était en retard à une présentation à Berlin à cause de l’infrastructure délabrée des transports, en Allemagne (que les Allemand.es eux/elles-mêmes connaissent très bien). Nous sommes contraint.es de justifier le fait qu’un.e militant.e de notre équipe a appris la mort d’un.e camarade en Ukraine juste avant la présentation et a dû organiser en urgence le transport de la famille de ce.tte camarade depuis l’Allemagne vers son pays.

La situation actuelle nous a rappelé un essai de Dina Naeri, qui a quitté l’Afghanistan lorsqu’elle était enfant et a obtenu l’asile aux États-Unis. Dans son texte, elle décrit comment, pour être accepté.es dans la société occidentale, les réfugié.es doivent être éternellement reconnaissant.es pour le privilège d’être là où elles/ils sont. De plus, les réfugié.es sont obligé.es d’exprimer constamment cette gratitude à ceux/celles qui les entourent et ne doivent en aucun cas entrer en conflit avec les locaux.les. Il n’y a rien de pire qu’un.e réfugié.e ingrat.e. De manière similaire, dans le milieu anarchiste, nous devons être extrêmement reconnaissant.es pour l’opportunité de parler à Berlin et faire tout notre possible pour montrer notre gratitude, d’une manière ou d’une autre, à chacun.e des organisateur.trices de la présentation. Et en aucun cas nous ne devons exprimer des opinions problématiques qui mettraient mal à l’aise les anarchistes occidentaux.ales…

La volonté d’exclure des organisations anarchistes d’événements publics sur la base de tels « faits » montre une partie du mouvement anarchiste de Berlin sous un jour moins que favorable. Pourquoi des incidents fabriqués de toutes pièces suffisent-ils, pour elles/eux, pour exclure une organisation anarchiste d’Europe de l’Est qui est engagée depuis seize ans dans du travail de solidarité ? Il est ironique que les anarchistes et les gauchistes occidentaux.ales prennent souvent la propagande russe pour argent comptant sans essayer de la comprendre en profondeur.

En conséquence, nous sommes contraint.es de passer du temps à essayer de prouver notre innocence, en réponse à des accusations fabriquées de toutes pièces. Notre tâche ne devrait pas être d’essayer de réfuter de telles déclarations basées sur des faits non vérifiés. Le groupe organisateur aurait pu les vérifier lui-même, en écrivant quelques lettres, au lieu de filer ce travail à notre collectif, qui a assez d’autres tâches dans le travail de solidarité anti-répression.

En réalité, nous sommes exclu.es précisément parce que des gens nous considèrent comme des « militaristes », qui soutiennent la machine militaire de l’Ukraine et qui font l’éloge de l’armée de l’État.

Tel est le prix de la solidarité avec le peuple ukrainien dans sa lutte contre l’invasion russe. Peu importe à quel point nous sommes critiques de l’État ukrainien et des Forces armées de l’Ukraine. Peu importe combien d’efforts nous avons déployés par le passé pour lutter contre le militarisme biélorusse. Une fois de plus, rien de tout cela n’a d’importance, parce que quelqu’un.e a dit à quelqu’un.e d’autre que l’ABC Bélarus soutient le gouvernement ukrainien.

Souvent, nous ne pouvons même pas répondre à ces accusations, parce qu’elles sont soulevées à huis clos et ceux/celles qui crient le plus fort pour le boycott de l’ABC [Bélarus] restent silencieux.ses à ce propos en public. Et ici nous pouvons noter la lâcheté d’une certaine partie du mouvement anarchiste allemand, qui utilise des mensonges et des incitations pour essayer d’exclure des personnes qui ne partagent pas des opinions politiques.

Ce n’est pas notre guerre ?

Au cours des dernières années de discussions en Europe occidentale, nous sommes convaincu.es qu’une partie importante du mouvement anarchiste là-bas croit profondément, sur la base d’analyses politiques dépassées, que la guerre en Ukraine n’est pas sa guerre. Nous voyons la manière dont ces personnes ont choisi de s’asseoir confortablement dans les derniers rangs de l’histoire et d’attendre simplement de voir comment la situation en Europe de l’Est va se développer, sans leur participation. Dans le cas d’une montée en puissance politique de l’extrême droite dans nos pays, il leur sera toujours possible de dire : « Eh bien, nous vous l’avions dit » et, en cas de scénarios alternatifs, de prétendre que c’était le plan depuis le début.

Et peut-être que, quelque part, on peut sympathiser avec la position selon laquelle « ce n’est pas notre guerre ». Après tout, pour le/la résident.e moyen.ne des empires occidentaux, cette guerre concerne des personnes qu’elles/ils n’ont jamais vues. Des endroits où ils/elles ne sont jamais allé.es et très probablement n’iront jamais. Contrairement à toutes les déclarations publiques, dans l’esprit de nombreux.ses anarchistes et gauchistes du soi-disant Premier monde, la frontière de la civilisation se trouve encore quelque part en Europe de l’Est et, selon votre degré d’adhésion aux analyses occidentales, elle peut commencer en Pologne, au Bélarus ou en Ukraine. « Ce n’est pas notre guerre » signifie que les Ukrainien.nes ne sont toujours pas vu.es comme une partie de ce mythique « nous » européen. « Ce n’est pas notre guerre » signifie que nous devons essayer chaque jour de prouver que nous sommes dignes d’être égaux.ales aux anarchistes d’Allemagne ou d’autres pays « développés ». C’est précisément pourquoi les mythes sur l’ABC [Bélarus] comme étant une organisation qui viole les accords, propage de la propagande de guerre et est incapable de dialoguer prennent si facilement racine dans l’esprit de nombreux.ses militant.es occidentaux.les. Dans leur esprit, nous sommes toujours les mêmes barbares qui n’ont pas appris la manière civilisée d’interagir politiquement, nous continuons à enfreindre les règles au sein la communauté anarchiste et la seule issue est d’exclure ces barbares et d’assurer le triomphe de la pensée occidentale, lors d’événements tels que la foire du livre anarchiste à Berlin.

Mais, heureusement, il y a assez de personnes dans le monde qui ont surmonté la xénophobie et l’arrogance des empires. Des personnes qui déploient chaque jour un effort énorme pour soutenir le mouvement anarchiste au Bélarus et dans la diaspora. Pendant ce temps, nous avons trouvé un grand nombre de compas, en Occident, qui sont passionné.es et qui sont engagé.es dans le travail de solidarité depuis de nombreuses années. Et oui, nous croyons que souvent ces personnes ne reçoivent pas assez d’attention, à cause d’anarchistes comme les organisateur.trices de la foire du livre de Berlin citée ci-dessus. À la place d’exemples positifs d’organisation, de coopération et de victoires, nous sommes contraint.es, une fois de plus, de parler des échecs de cette même solidarité. De parler de la lutte pour l’égalité au sein de la communauté anarchiste. De mensonges qui deviennent partie du mouvement et qui peuvent même être inscrits dans l’histoire comme des faits.

Malgré cela, nous tenons à remercier les centaines de personnes qui ont organisé nos événements à travers l’Europe. Les milliers qui ont fait des dons pour soutenir les prisonnier.es anarchistes biélorusses. Les dizaines qui soutiennent l’Anarchist Black Cross Bélarus sur une base mensuelle. Vous êtes l’une des raisons pour lesquelles nous croyons que la solidarité fonctionne et que, quelque part devant nous, une société juste nous attend, si nous poussons un peu plus fort.

 

[1] Citations issues d’une lettre qui nous a été envoyée par les organisateur.s

Vous pouvez envoyer une lettre de protestation ou condamner publiquement l’approche de la foire du livre anarchiste de Berlin sur vos propres canaux. Au moment d’écrire ces lignes, nous savons que la foire du livre a aussi refusé que Solidarity Collectives, d’Ukraine [voir ici leur déclaration ; NdAtt.], participe.

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Prison de Moabit (Allemagne) : Une brève mise à jour sur la situation de Nanuk https://attaque.noblogs.org/post/2025/11/02/prison-de-moabit-allemagne-une-breve-mise-a-jour-sur-la-situation-de-nanuk/ Sun, 02 Nov 2025 17:52:56 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61266 Continuer la lecture ]]> Freiheit für Nanuk / jeudi 30 octobre 2025

Une brève mise à jour sur la situation carcérale de Nanuk et le début du procès

Le début du procès approche et nous voulions faire une brève mise à jour.

Nanuk continue d’aller bien. Depuis fin septembre, il est autorisé à travailler dans l’atelier de reliure de livres de la maison d’arrêt de Moabit. C’était le souhait de Nanuk d’avoir un travail pendant sa détention. Dès le début, il voulait travailler, mais cela lui a toujours été refusé. Le service de sécurité de la prison a empêché cela et les choses ont bougé seulement après qu’il ait insisté pour avoir un refus par écrit.

Pour Nanuk, le travail a tout d’abord signifié le transfert vers une autre section et, après presque un an de détention provisoire, aussi ce qui est parfois la chose la plus important : le régime « porte [de la cellule] ouverte ». Son quotidien est donc le suivant : le matin, le travail dans l’atelier de reliure de livres, l’après-midi des activités de temps libre et la « porte ouverte ». Après onze mois enfermé en cellule pendant 22 heures par jour, cela représente pour lui une amélioration de sa situation de détention. Pendant les mois d’été, beaucoup d’activités de temps libre ont été supprimées à cause des vacances et du manque de personnel et les séances de sport dans la cour ont eu lieu de manière très irrégulière.

Cela n’est pas encore clair, mais nous pensons fortement que Nanuk sera transféré en Saxe juste avant le procès. Des transferts de et vers Berlin au moins une fois par semaine ont été jugés irréalisables. Le transfert, dont la date n’est pas encore connue, représente une situation de détention complètement nouvelle pour Nanuk. Une nouvelle taule signifie de nouvelles possibilités et de nouveaux amis, mais pour la famille et les autres visiteur.euses, cela signifie des trajet aller-retour de plusieurs heures, ce qui représente un effort considérable.
Cependant, il se réjouit que le procès commence enfin et que quelque chose soit fait, après un an d’attente [voir ici ; NdAtt.].

Nanuk continue de faire des récits très positifs de sa détention à Moabit. La solidarité entre les détenus est très grande, le temps de la promenade est utilisée pour s’entraider avec les demandes et les absurdités bureaucratiques. Ce qui se passe depuis le début de sa détention, c’est que chaque demande doit être faite plusieurs fois, parce que la plupart sont « perdues », sont ignorées et seulement une insistance constante permet qu’elles soient traitées. Les lettres de Nanuk parlent beaucoup de l’harcèlement quotidien auquel les prisonniers sont soumis, elles parlent aussi des automutilations ou des tentatives de suicide et d’incendie dans l’établissement pénitentiaire.

Les moments passés ensemble [lors des parloirs] sont utilisés pour échanger et se renforcer mutuellement. Depuis que le Tribunal supérieur de Dresde a assumé la compétence pour cette affaire, les choses vont beaucoup mieux avec le courrier. Le contrôle du courrier dure environ deux semaines.

Le 25 novembre, commencera devant le Tribunal supérieur de Dresde le procès contre sept antifascistes, dont Nanuk. Le tribunal a initialement fixé des audiences jusqu’en avril 2027. Ainsi, ami.es et camarades, venez le 25 novembre au rassemblement devant le Tribunal supérieur de Dresde, mais n’oubliez pas que ce n’est que le début.
Il s’agit d’un marathon, pas d’un sprint.
La solidarité est notre arme la plus puissante.

Nous partagerons ici, dès que possible, plus d’informations sur le déroulent du procès.

Votre,
Groupe de solidarité avec Nanuk

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Berlin (Allemagne) : Manif sauvage « Free all Antifas » https://attaque.noblogs.org/post/2025/10/01/berlin-allemagne-manif-sauvage-free-all-antifas/ Wed, 01 Oct 2025 16:26:50 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60811 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / mardi 30 septembre 2025

Le vendredi 26 septembre, l’antifasciste nurembergeoise Hanna a été condamnée à cinq ans de prison*, dans un procès basé uniquement sur ses idées.
Et pour cette raison, le dimanche 28 septembre nous sommes descendu.es dans la rue, de manière incontrôlée et conséquente, dans le quartier Friedrichshain, à Berlin.

Nous n’acceptons pas cela sans réagir et nous ne resterons certainement pas en silence pendant que ces ordures enferment dans leurs taules, pendant des années, nos camarades et nos ami.es.

Nos pensées vont non seulement à Hanna, mais aussi à Maja en Hongrie, à tou.tes les antifas emprisonné.es et nos cœurs sont indissolublement unis, dans la rue et en prison.

Nous appelons tout le monde à faire preuve de créativité : que ce soit en faisant des dégâts, encore plus de manifestations sauvages, des photo de solidarité ou en écrivant des lettres.

La solidarité est une arme. Utilisons-la.

Ne laissons pas l’impuissance nous paralyser.

Beaucoup de force à Hanna et Maja, tenez bon !
Courage et force à tou.tes les accusé.es et aux antifascistes en clandestinité.

Ensemble contre leur répression.
FREE ALL ANTIFAS!

Autonomes de Berlin

* Note d’Attaque : pour blessures graves et appartenance à une association de malfaiteurs (l’accusation de tentative de meurtre, portée par le parquet, n’ayant pas été retenue), dans le cadre de l’affaire des « antifas de Budapest ».

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Berlin (Allemagne) : La Cour d’appel peinturlurée https://attaque.noblogs.org/post/2025/09/17/berlin-allemagne-la-cour-dappel-peinturluree/ Wed, 17 Sep 2025 16:20:03 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60671 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / vendredi 12 septembre 2025

La Cour d’appel de Berlin peinturlurée – Journée d’action pour Maja, le 13 septembre

Dans la nuit du 11 au 12 septembre, à l’occasion de la journée d’action pour Maja, le 13 septembre, nous avons peinturluré avec de la peinture rouge la Cour d’appel de Berlin.

La Cour d’appel de Berlin est responsable du fait que Maja à été livré.e aux autorités hongroises, dans une opération de disparition forcée digne de l’époque nazie, et du fait que depuis elle/il est détenu.e là bas à l’isolement et dans de conditions de torture. En outre, ce tribunal est actuellement chargé de statuer sur l’extradition de Zaid vers la Hongrie.

À une époque où l’État allemand se prépare pour une troisième guerre mondiale, s’armant tant vers l’extérieur comme vers l’intérieur, survient aussi un durcissement de la répression contre les antifascistes et les opposant.es à la guerre. Que ce soit dans les procès pour l’affaire des antifas de Budapest, maintenant suspendu, dans les procès qui va arriver pour la manifestation du jour X à Leipzig [en solidarité avec les antifas condamné.es dans l’affaire Antifa Ost ; NdAtt.] ou encore la répression récente, avec une nasse durée onze heures, lors du camp « Désarmemer Rheinmetall » à Cologne.

En tant que mouvement révolutionnaire, nous devons montrer encore plus clairement, dans les temps qui viennent, que nous luttons côte à côte contre la répression. Ne nous laissons pas intimider, mais luttons encore plus résolument contre ce système malade ! Et montrons aussi, en ce jour d’action, que nous ne laissons pas Maja seul.e et que nous continuons à lutter pour sa liberté !

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Prison de Moabit (Allemagne) : Pour une société libérée et aussi sans taules https://attaque.noblogs.org/post/2025/08/14/prison-de-moabit-allemagne-pour-une-societe-liberee-et-aussi-sans-taules/ Thu, 14 Aug 2025 16:29:03 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60253 Continuer la lecture ]]> Freiheit für Nanuk / lundi 4 août 2025

L’intervention de Nanuk pour la manifestation en souvenir de Ferhat Mayouf*.

Prison de Moabit, le 31 décembre 2024

Depuis maintenant plus de 250 jours, je me trouve à la maison d’arrêt de Moabit [à Berlin – pour son arrestation, voir ici ; NdAtt.] et, après neuf mois de détention préventive, le début de mon procès n’est toujours pas en vue.

L’accusation est, actuellement, de coups et blessures graves, contre des néonazis militants, ainsi que de soutien à une association de malfaiteurs. Un autre procès « Antifa Ost » doit se tenir à Dresde, sous les lumières des médias, contre moi-même et six autres antifascistes accusé.es.

En taule, j’ai été soumis dès le début à des conditions de sécurité renforcées, ce qui, ces derniers mois, m’a empêché de participer aux activités sportives ou collectives. L’accès aux consultations médicales aussi était rendu plus difficile. Entre-temps, une partie des restrictions a été assouplie, ce qui facilite surtout le travail des matons, mais comme-ça je peux aussi participer au sport ou à des groupes de temps libre. Bien que j’aie le droit d’aller en promenade avec d’autres prisonniers, j’ai toujours l’interdiction de faire la sortie quotidienne aux salles de service, où les prisonniers prennent leur douche, utilisent les frigos ou tout simplement passent ensemble l’heure et demie de temps libre. La raison est que je suis un extrémiste, indépendamment du fait que, pour les personnes en détention préventive, vaut la présomption d’innocence. Des membres de l’ainsi-dit État islamique, qui ont été condamnés à de longues peines de prison, aussi pour des actes de violence commis pendant leur détention, ne sont que partiellement concernés par ces mesures de sécurité. Ils sont autorisés à travailler et peuvent aller aux salles de service.

Le traitement de mon courrier est aussi, toujours, un problème. Ainsi, le courrier disparaît et il s’entasse pendant des mois dans les bureaux de la prison, il est contrôlé par le procureur seulement des semaines plus tard ou il ne m’est tout simplement pas remis.

Pendant les mois de ma détention, j’ai dû assister à l’arbitraire et à la discrimination, de la part de certains matons. Aussi merdique que soit la situation générale en prison, je suis très privilégié, ici à la maison d’arrêt, en tant qu’homme blanc cisgenre avec une biographie allemande.
Les prisonniers sans la nationalité allemande, sans connaissance suffisante de la langue allemande, en crise psychologique, ainsi que les personnes avec des expériences de vie traumatisantes ou souffrant d’addictions représentent plus de la moitié des détenus de la maison d’arrêt. Beaucoup de détenus ont des cicatrices sur leurs bras, à cause d’automutilations, qui sont souvent les témoins muets de leurs parcours de vie parsemés de traumatismes.

Ces détenus sociaux sont souvent victimes d’agressions de la part des matons, qui vont des insultes, du fait de les ignorer et de les priver de leurs droits, jusqu’à une violence physique massive. La taule est une situation psychologique exceptionnelle pour tou.tes les prisonnier.es, coupés de tous leurs liens sociaux familiers, comme la famille et les ami.es, seul.es pendant des heures dans une cellule de huit mètres carrés, avec l’incertitude, la peur et la colère.

Pour certains des prisonniers, la prison est si pénible qu’ils frappent pendant des heures contre les portes de leurs cellules, crient sans cesse ou se blessent. Ils n’ont pas leur place dans une maison d’arrêt, sans aide psychiatrique, et pourtant ils sont simplement enfermés avec tous les autres détenus. Cela ne fait que les traumatiser à nouveau et affecter psychologiquement les autres. Le manque de personnel, en ce qui concerne les assistant.es sociaux.les, les psychologues et les matons, aggrave aussi cette situation, en taule. Lorsqu’ils ont à faire à des prisonniers avec des crises psychologiques, les matons semblent souvent dépassés.

Pendant ma détention, il y a eu plusieurs cas de tentative de suicide ou de menace de le faire. Une cellule a aussi brûlé et, malheureusement, il y a eu aussi un suicide.
Par désespoir, un prisonnier s’est mis un couteau sous la gorge, lorsque nous étions ensemble dans la cour de promenade. Il a menacé de se suicider devant les matons, avant qu’ils ne le maîtrisent à dix contre un.

Dans la nuit du 10 juin 2025, nous avons été réveillés par un prisonnier qui criait de la fenêtre de sa cellule. Il avait découvert une cellule en feu, dans le bâtiment en face. Ensemble, nous avons essayé d’alerter les matons, en criant, en frappant contre les portes des cellules et en actionnant les alarmes d’urgence dans les cellules, mais sans réaction de leur part.

Pendant ce temps, un prisonnier était au téléphone avec sa famille à l’extérieur de la taule, qui a immédiatement informé les pompiers, car pendant plus de quinze minutes il n’y avait pas eu de réactions, de la part des matons, à nos appels à l’aide. Après vingt minutes, les pompiers et les ambulances sont arrivés. Entre-temps, les flammes sortaient de la fenêtre de la cellule, brisée par la chaleur. La deuxième pièce de la cellule collective a elle aussi pris feu. D’après ce que j’ai pu en savoir, les deux prisonniers ont été rapidement sortis de leur cellule double par les matons. Par précaution, d’autres prisonniers ont été évacués des cellules voisines, pendant l’incendie. Il n’y aurait pas eu de blessés graves et les matons ont réagi rapidement, heureusement. De tels incidents se produisent régulièrement dans les prisons et pas seulement dans des États autoritaires comme la Russie, la Turquie ou la Hongrie. Là, les situations d’arbitraire et de violence auxquelles sont soumis.es les prisonnier.es sont bien pires. Ainsi, l’antifasciste Maja a entamé une grève de la faim, en juin, pour obtenir de meilleures conditions de détention et un transfert vers l’Allemagne. Ici à Berlin, aussi, Andreas Krebs a refusé toute nourriture pendant plus de trente jour, dans la maison d’arrêt de Tegel, pour attirer l’attention sur ses conditions de détention.

Alors que des personnes sont emprisonnées parce qu’elles n’ont pas de passeport allemand, parce que, par nécessité, elles commettent de petits vols ou n’ont tout simplement pas d’argent pour des billets de train, des escrocs qui ont volé de milliards, comme dans les affaires « CumEx » et « Wirecard », reçoivent des peines avec sursis ou des dispenses d’exécution de la peine. Ce système judiciaire punit donc la pauvreté, et nous, en tant que société, devons trouver une réponse large et solidaire pour résoudre les problèmes sociaux, au lieu de criminaliser les personnes qui sont poussées aux marges de la société. Et même en taule, il y a de la place pour la solidarité réciproque, qui est beaucoup plus forte et répandue que je ne l’aurais pensé avant de l’avoir vécue moi-même. Cela m’a donné beaucoup de force et de courage, ici en taule.

Pour une société libérée et aussi sans taules
Take care,

Nanuk

 

Note d’Attaque : fin juin 2020, Ferhat Mayouf, un Algérien de 36 ans, a été arrêté pour vol et placé en détention préventive à la prison de Moabit, parce que clandestin. Il a été tabassé par des matons et a essayé de se suicider. En conséquence, il a été placé à l’isolement. Le 23 juillet 2020, un incendie s’est déclaré dans sa cellule. Ferhat a appelé à l’aide, mais les matons n’ont pas ouvert la porte avant l’arrivée des pompiers. Entre-temps, Ferhat est mort étouffé par les fumées. Le 23 juillet dernier, comme tous les ans depuis, une manifestation est allée devant Moabit, pour se souvenir de lui et des autres personnes mortes de prison (voir l’appel ici).

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Berlin (Allemagne) : Des salutations étincelantes pour Nanuk https://attaque.noblogs.org/post/2025/07/18/berlin-allemagne-des-salutations-etincelantes-pour-nanuk/ Fri, 18 Jul 2025 16:45:15 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60054 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / vendredi 18 juillet 2025

Dans la nuit du 17 au 18 juillet, nous avons été devant la taule de Moabit et nous avons tiré un petit feu d’artifice en solidarité avec notre compagnon Nanuk [pour son arrestation, voir ici ; NdAtt.].

Pour nous, il est clair que nous ne laisserons pas nos ami.es seul.es dans des cachots ! L’État allemand veut poursuivre et punir systématiquement l’antifasciste militant, il n’hésite même pas à livrer Maja, avec une opération de disparition forcée digne de l’époque nazie, au régime hongrois d’Orbán, qui méprise les droits humains. Nous n’accepterons plus cela sans réagir ! La nuit nous appartient et nous saurons aussi en profiter ! Que ce soit dans l’affaire « Antifa Ost » ou dans celui « des antifas de Budapest », liberté pour tou.tes les antifascistes ! Bonne chance à tou.tes celles/ceux qui se soustraient à la répression !

Autonomes Berlin

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Berlin (Allemagne) : Une voiture de l’entreprise Stölting incendiée https://attaque.noblogs.org/post/2025/06/15/berlin-allemagne-une-voiture-de-lentreprise-stolting-incendiee/ Sun, 15 Jun 2025 16:33:49 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59731 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / samedi 14 juin 2025

Solidarité avec Maja et tou.tes les prisonnier.es – Une voiture de l’entreprise Stölting incendiée

Dans la nuit du 12 au 13 juin, une voiture de l’entreprise Stölting est partie en fumée.

Le groupe Stölting est une entreprise de services et il se présente, entre autres, comme une alternative externe pour la gestion, la restauration, les soins médicaux et la prise en charge dans les taules ; il propose la prise en charge de certains domaines ou même la direction et la gestion d’établissements pénitentiaires dans leur ensemble.

Par le passé, le groupe Stölting a également été associé à des pratiques antisyndicales – des travailleur.euses se sont vu offrir des primes en argent pour qu’ils/elles quittent le syndicat.

Avec les différents rôles qu’ils jouent en prison, ils soutiennent un système qui se fonde sur la punition des personnes qui ne s’intègrent pas dans la logique d’exploitation capitaliste et ils essayent de les briser par l’isolement.
Les taules sont l’un des nombreux outils répressifs de l’État, pour empêcher des actions de résistance et intimider les personnes qui exercent une contre-violence.

Actuellement, en Allemagne, il y a plus de compas en taule qu’au cours des trente dernières années. L’État agit avec beaucoup de fermeté contre tou.tes celles/ceux qui remettent en question son monopole de la violence.
Le mouvement antifasciste est actuellement au centre des enquêtes, mais les anarchistes M. et N., de Munich, ainsi que Daniela Klette [ancienne militante de la RAF, arrêtée en février 2024 et actuellement sous procès ; NdAtt.] sont aussi en détention préventive.

En Grèce, les anarchistes Marianna, Dimitra, Dimitris et Nikos se trouvent en ce moment en détention préventive, après l’explosion qui s’est produite le 31 octobre 2024 dans un appartement, à Athènes, et qui a coûté la vie au combattant anarchiste Kyriakos Xymitiris.
On leur reproche d’être membres d’une association terroriste et, comme c’est souvent le cas, le simple fait d’être en relation est puni, dans le but de satisfaire l’appétit des autorités chargées de l’enquête, qui veulent toujours plus de suspect.es.

En Hongrie, Maja a entamé une grève de la faim le 5 juin 2025 [voir ici ; NdAtt.], pour protester contre l’isolement et les conditions de détention et pour obtenir son assignation à résidence ou son retour en Allemagne.
La grève de la faim, pour des prisonnier.es, est souvent le dernier moyen à disposition pour résister. Ils/elles risquent ainsi leur santé et même leur vie et utilisent leur corps comme une dernière arme contre le système répressif.

Tou.tes ceux/celles qui sont en taule, qui résistent et qui se battent méritent notre solidarité – tabasser des nazis, faire sauter des prisons, brûler des bagnoles de flics sont toutes des parties d’une pratique de résistance qui ne peut continuer à vivre que grâce au soutien dans la rue et à la défense de nos idées par tous les moyens.

Contre une société de prisons – Liberté pour tou.tes les prisonnier.es !

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Berlin (Allemagne) : Paralyser les beaux quartiers. Que mille volcans fassent pleuvoir des gravats et de la cendre https://attaque.noblogs.org/post/2025/05/15/berlin-allemagne-paralyser-les-beaux-quartiers-que-mille-volcans-fassent-pleuvoir-des-gravats-et-de-la-cendre/ Thu, 15 May 2025 16:12:53 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59293 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / mercredi 30 avril 2025

Nous ne pouvons plus nous permettre ces riches.
Paralyser les beaux quartiers. Que mille volcans fassent pleuvoir des gravats et de la cendre.

Follow the money, pour trouver la piste des crimes et des criminels. D’abord une petite promenade militante nocturne, dans le quartier de Grunewald, et ensuite un incendie :

C’est une chose bien connue, par beaucoup de monde, que nous ne pouvons plus nous permettre les riches, qui, souvent, sont aussi les puissants.
C’est aussi une chose connue qu’ils nous laisseront, à nous et à nos enfants, une terre ravagée.
Qu’ils montrent chaque jour qu’ils s’en fichent, par exemple lorsqu’ils émettent plus de 16 milliards de tonnes de CO2 par an, rien qu’avec leurs jets privés.
C’est aussi une chose bien connue que les riches aiment monter les un.es contre les autres les dépossédé.es de ce monde.
Ils attisent la population avec passeport allemand contre les ainsi-dit.es migrant.es (avec ou sans passeport allemand). Ils attisent la haine contre les personnes réfugiées, comme si leurs raisons de fuir étaient banales. Les raisons de leur fuite, et donc la fuite elle-même, sont considérées comme un crime et les gens comme des criminels, surtout si la couleur de leur peau n’est pas le « blanc ». Ce n’est pas le mode de vie impérial qui est considéré comme un problème, qui conduit directement ou par un enchaînement de différentes circonstances aux raisons de ces fuites, mais les personnes qui fuient.

Ces gens vivent aussi dans le quartier auquel aujourd’hui nous avons coupé le jus. Car on ne peut pas en venir à bout avec des appels, un travail de persuasion ou des simples informations.

Nous faisons nôtres les mots et les analyses des groupes Volcan [Vulkangruppen] précédents : cette forme de vie impériale, organisée au détriment d’autres personnes, est la base d’une consommation aberrante, d’une croissance économique constante avec des taux de profit en hausse et des raisons de fuir les régions exploitées. Sans la destruction des bases de vie dans d’autres pays, cette folie de la consommation des ressources ne serait pas possible.
La cupidité et la recherche de plus de pouvoir, de profit, d’argent et de biens caractérisent la mentalité des riches. Et des millions de personnes, y compris beaucoup de dépossédé.es, courent derrière ce « veau d’or ». Seulement pour obtenir, peut-être, un petit morceau du gâteau. Le pillage de la nature, les guerres, la destruction du climat et les génocides – tout est inclus dans le coût de la course pour encore plus de richesse. Alors que les puissants transforment (veulent transformer) chaque pas, chaque seconde de notre temps, chaque pensée, chaque sentiment et chaque clic de notre vie en marchandise, pour avoir encore plus d’accès à chaque individu et pouvoir nous contrôler, ils jouent avec la vie de milliards de personnes.
Une raison suffisante pour faire cracher du feu à un petit volcan, dans une « zone résidentielle exclusive » à Grunewald et Schmargendorf [deux quartiers limitrophes, très huppés, de l’ouest de Berlin ; NdAtt.].

Aujourd’hui, nous avons grillé un transformateur électrique qui alimente le secteur des rues Clayallee et Pücklerstraße. Et nous avons livré aux flammes une antenne relais utilisée par différents opérateurs de téléphonie mobile (comme Vodafone, entre autres) et par la police, sur la Clayallee.

En fait, nous voulions juste faire un petit tour dans Grunewald. Mais alors, voilà, nous nous sommes rendu.es compte que nous nous trouvions soudainement au cœur de l’actualité mondiale et nous avons vu à quel point tout est interconnecté. La dimension internationale a besoin de quelques mots et de quelques liens, pour rendre justice à cet endroit.
C’est justement pour cette considération qu’il n’est pas possible d’être concis.es à propos de cette exploration du secteur. Nous voulons mettre en lumière autant que possible ce que nous pouvons voir d’un premier coup d’œil dans le rayon de l’éclat de notre feu. Étonné.es par le nombre de protagonistes du potentiel de destruction et par le nombre de responsables des raisons de fuite décrites ci-dessus, qui se sont retranchés sur une si petite surface, notre explication de l’éruption volcanique est un peu plus longue.

Nous ne sommes que les précurseur.euses d’une génération d’enragé.es. Qui laisse mourir de faim d’autres personnes, tout en faisant des bonnes affaires avec, et se retranche dans des quartiers de villas, ne doit pas s’étonner si un jour il finit « grillé.e » sur une assiette de soupe populaire, à Wedding [quartier pauvre du centre-nord de Berlin ; NdAtt.] ou ailleurs, sous le slogan Eat the rich.
Si nous devions donc simplement « mettre tous les riches dans un sac et leur taper dessus » pour nous débarrasser de leur domination, nous ne serions en aucun cas au mauvais endroit, à Grunewald. Néanmoins, la réintroduction de la guillotine a déjà été suffisamment testée et, comme on le sait, elle a été rejetée dans la pratique révolutionnaire ultérieur. Elle est seulement devenue un nouveau moyen aux mains des structures de pouvoir et de terreur. Une nouvelle tête pousse à l’Hydre dès que l’ancienne roule. De cette manière, nous ne nous débarrassons pas des riches et de leur mode de vie destructeur.
Jusqu’à présent, de nouveaux maîtres ont rapidement émergé – seules les drapeaux et les uniformes ont changé et les méthodes pour réprimer les révoltes ont été réajustées. Les bourses, l’argent, la police, les prisons, l’armée, l’injustice et l’oppression sont restés.

Nous préférons nous en prendre à leurs ressources, les déranger dans leurs lieux de reproduction, nous occuper d’eux de manière privée et personnelle et les chasser de leurs villas. Georg Büchner a raison de manière intemporelle : « Paix aux chaumières – guerre aux palais ».

Nous pouvons et nous devrions leur livrer le Premier mai à domicile, devant leurs portes, et, par le biais du sabotage, rendre plus inconfortables leurs lieux de reproduction. Nous pouvons, sans devoir faire un pas sur leurs terrains, nous introduire dans leurs espaces de vie, où ils comptent en pensée leurs dollars, euros, roubles, bitcoins ou leurs onces d’or. Nous pouvons au moins leur gâcher un peu le plaisir de ce qu’ils possèdent.

Les propriétés, clôturées et sécurisées par des caméras, ont été construites grâce à du travail volé. Leur luxe a toujours été lié à un grand tribut de sang et il l’est encore aujourd’hui.
Le mode de vie impérial ne sera amené que brièvement à quelques frisson, par notre intervention militante d’aujourd’hui. Mais chaque goutte creuse la pierre.

Et nous pouvons disparaître, non vu.es, dans l’obscurité de la nuit, dans la forêt, avec les sangliers, en trébuchant parfois sur un sans-abri dans sa tente.

Ils se sentent à l’abri de la « foule », qui, depuis le soulèvement anarchiste pour les droits des travailleur.euses, le 1er mai 1886, sur la place Haymarket, à Chicago, a toujours provoqué des révoltes, des soulèvements et des luttes militantes. Que l’orateur de Haymarket, rédacteur en chef et éditeur d’un grand journal ouvrier anarchiste, August Spies, soit cité ici pour souligner son actualité : « Le temps viendra où notre silence sera plus fort que les voix que vous étranglez aujourd’hui ». Ce furent les derniers mots qu’il prononça, avant d’être pendu suite à des fausses accusations. Impressionné par la brutalité de la police lors des manifestations et des grèves, par les fraudes électorales et leur légitimation par des juges corrompus, August Spies s’était, auparavant, de plus en plus détourné de la voie légale des sociaux-démocrates, pour se tourner vers des développements révolutionnaires anarchistes. Il est devenu le porte-parole de l’aile social-révolutionnaire du mouvement ouvrier aux États-Unis et, à la fin, à la suite des combats autour du Premier mai, il a été exécuté par pendaison, en novembre 1887, aux cotés des anarchistes George Engel, Albert Parsons et Adolph Fischer. De ces luttes anarchistes est issu le Premier mai en tant que journée de lutte des travailleur.euses. Nous ne sommes pas du tout satisfait.es du fait que le Premier mai ne soit plus, aujourd’hui, une journée de lutte des dépossédé.es, mais qu’il ait été « incorporé » en tant que jour férié, dans les « démocraties », par ces piliers de l’État qui sont les syndicats. De même, beaucoup de groupes communistes autoritaires, avec une vision sélective de l’histoire, ne font que guetter la prochaine occasion de créer un État qui contraindrait les dépossédé.es dans les prochaines usines « rouges ».
Un jour, l’intervention militante des dépossédé.es et d’une foule en colère libérera les possédants du fardeau de leur possessions et ils/elles ne se laisseront impressionner ni par les soi-disant démocrates ni par les forces dictatoriales. Car, en fin de compte, il est évident qu’on ne peut pas « posséder » la terre, ni tous les êtres vivants qui l’habitent et donc les êtres humains non plus. Même si les riches ne veulent pas reconnaître cette simple vérité.
Aujourd’hui, ils ont quand-même dû regarder dans les yeux la vérité, c’est-à-dire qu’ils sont vulnérables. Parce que l’antenne-relais brûlée ne diffuse plus, du moins aujourd’hui, les informations boursières depuis les États-Unis, ni les derniers rapports du front russe, ni les derniers rapports de guerre venant du monde entier, avec les conséquentes, magnifiques opportunités de voir monter les indices DAX [indice boursier allemand, équivalent au CAC 40 français ; NdAtt.] des entreprises d’armements, dans lesquelles on a bien placé son fric, ni les dernières nouveautés du monde de la mode et de la richesse, ni non plus les aboiements continuels de X et Cie. Les voix des, et pour les, possédants ont été momentanément réduites au silence. Le silence des dépossédé.es deviendra de plus en plus fort. Et, aujourd’hui, ce silence bruyant doit aussi rappeler August et les anarchistes assassinés avec lui, ainsi que l’origine du Premier mai.

Nous nous tournons maintenant vers la promenade dans le « quartier des animaux sauvages » [un secteur du quartier Schmargendorf, limitrophe de la forêt urbaine de Grunewald, où les rues portent les noms d’animaux sauvages ; NdAtt.] en elle-même et vers la question de savoir quels bipèdes ont été effrayés à cette occasion. Dans le quartier des villas et des ambassades, les rues sont nommées en souvenir d’animaux dont les images sont plus faciles à trouver sur un smartphone que celles des habitants actuels, derrière leurs clôtures avec surveillance smart. Celle qui suit est une liste de quelques riches et de quelques ambassades, comme dans un roman policier où tout est lié. Les noms sont interchangeables, comme les pays.

Momentanément déconnectés, sans électricité ni réseau, derrière les clôtures se retranchent, par exemple, des oligarques russes, comme l’ami de Poutine Arkady Rotenberg (ça s’écrit aussi Arkadi ou Arkadij). Sa fortune est estimée à environ 2,5 milliards de dollars américains. Personne ne croit qu’il ait acquis sa fortune à la sueur de son front. On parle, comme pour tous les autres, d’une fortune volée au travail des autres. Étant un ami de Poutine, l’une de ses entreprises a fourni des tuyaux pour construire le gazoduc Nord Stream 2. Pour le gaz que son ami Poutine fournissait à l’Allemagne et que l’économie allemande achetait volontiers et pour pas cher, pour avoir ainsi un avantage dans la compétition internationale. Alors que Poutine a su utiliser ces revenus pour son agression contre l’Ukraine. Une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties, jusqu’à il y a trois ans. Aujourd’hui, l’Allemagne se procure son énergie chez d’autres dictatures.
Pour la construction, par Rotenberg, d’un pont de 19 kilomètres vers la péninsule ukrainienne de Crimée, son ami Poutine lui a plus tard personnellement décerné la distinction « Héros du travail ». Certes, Rotenberg est soumis à des sanctions et en principe il ne devrait pas avoir de droit de céder ses biens immobiliers situés en Allemagne, mais il a dissimulé ses propriétés par le biais de sociétés à Chypre. Qui s’en soucie ? Il a donc fait certifier l’accord de vente par un notaire du Kurfürstendamm [les « Champs-Élysées allemands » ; NdAtt.], auquel il a graissé la patte et qui l’a aidé à contourner les sanctions.

Jurij Bukin, un manager de longue date de l’empire économique des Rotenberg, a lui aussi une villa dans ce quartier. Le député de la Douma Boris Paikin, qui est touché par les sanctions de l’UE et qui a autrefois travaillé dans une filiale de Gazprom, possède également, selon les médias, une villa et des appartements dans ce quartier. Et dans le Wildentensteig [« montée des canards sauvages »] se trouve également la villa d’Irina Wirganskaja (la fille de Gorbatchev). En 2020, elle a fait l’acquisition d’un terrain pour 4,8 millions d’euros.

Une autre villa dans le quartier des animaux de la forêt, depuis laquelle l’ancien ambassadeur russe Vladimir Kotenjow, futur chef de la filiale allemande de Gazprom, a tiré ses ficelles et où il a organisé des fêtes exclusives, appartient, selon les médias, à un homme d’affaires de Saint-Pétersbourg. Dans cette propriété, située sur le Goldfinkweg [« chemin du chardonneret jaune »], à Berlin, où Kotenjow aurait vécu en tant que locataire, des appartements sont actuellement proposés à la location pour des loyers allant jusqu’à 13 000 euros par mois. Ainsi, nous pouvons bavarder éternellement sur les imbrications existantes dans le quartier des animaux de la forêt et nous demander qui, au sein de la politique et de l’administration allemandes, couvre ces relations. En fait, c’est très simple : le marché immobilier de Berlin est un marécage pour l’argent sale, qui peut y être « lavé » efficacement. À Berlin, les loyers augmentent plus que dans toute autre grande ville allemande. Et cela est dans l’intérêt des propriétaires, qu’il s’agisse d’acquisitions légales ou illégales de biens immobiliers. Prenons l’exemple du « quartier des animaux sauvages ». La société L&B Immobiliya, par exemple, situé sur la Frankfurter Allee, y a volontiers installé des magasins pour riches, entre autres d’Europe de l’Est, tels que ceux mentionnés ci-dessus. Plus de 30 000 clients ont ainsi blanchi leur argent et l’ont placé de façon rentable. On achète, on vend et on achète à nouveau, sur le marché des maisons et des appartements, au détriment des pauvres. Le rendement augmente et chaque vente met dans les poches des riches de l’argent qui est pris à des personnes déjà pauvres, par des hausses des loyers. Heureusement, il y aura bientôt d’autres réductions des allocations pour les chômeur.euses, du coup encore plus d’appartements seront libres ; seulement, sous les ponts et dans la forêt de Grunewald, ça sera encore plus bondé. Selon les rapports des médias, des riches Russes auraient par le passé investi approximativement entre 20 et 50 milliards d’euros en Allemagne – au moyen d’entreprises nébuleuses et des sociétés écrans dans des paradis fiscaux.
Une personne qui a autant d’argent n’a aucun intérêt à ce que l’on sache ce qui lui appartient précisément et où elle habite. Ce n’est pas un hasard si le marché immobilier est géré de manière opaque en ce qui concerne les véritables propriétaires de maisons, d’immeubles d’habitations et de rues entières. On peut, par des moyens simples, déclarer comme propriétaires, dans le registre foncier, des entreprises, ce qui rend invisible le propriétaire derrière. Pas étonnant que, dans le « quartier des animaux sauvages », une maison sur deux n’ait pas de de sonnette : les administrateurs d’entreprises, exploiteurs et destructeurs, veulent agir de manière anonyme. Nous ne devons pas les trouver. Ils ont tellement peur – même de nous.
D’ailleurs : pas loin de là où se trouvent les oligarques russes, il y a aussi les oligarques ukrainiens. Pendant que les intérêts de deux États et de leurs puissants sont réglés sur le champ de bataille, et que le sang coule, Juri Rodin peut tranquillement se frotter les mains, avec sa participation aux affaires immobilières sur le Luchsweg [« chemin du lynx »]. Le rendement, pour l’actionnaire principal de la RI-Bank est bon, comme prévu. En 2021, une entreprise lettone, dans laquelle Rodin avait des participations, a vendu des terrains sur le Luchsweg pour plus de 26 millions d’euros. Quatre ans plus tôt, cette entreprise avait acheté ces terrains pour 7,5 millions. Avec quelques variantes, de telles transactions sont effectuées avec des bâtiments situés dans tous les quartiers de Berlin. De plus en plus d’appartements en propriété – de moins en moins de possibilités de location, des rénovations et des modernisations à prix élevé, donc toute la litanie bien connue qui correspond aux intérêts du capital, frappent de plus en plus durement la partie la plus démunie de la population. Le tissu social de la ville est détruit par l’expulsion, généralement silencieuse, des dépossédé.es. Et aucun sénat [le gouvernement de la ville-État de Berlin ; NdAtt.] n’y changera rien à l’avenir. Soit dit en passant : cela montre aussi l’utilité des élections. Sans expropriations révolutionnaires par la « foule », ainsi qu’une redistribution équitable, rien ne changera non plus. Pillage des chaînes de supermarchés, destruction des villas – that’s it.
Ce mépris structurel pour l’être humain a trouvé aujourd’hui une faible réponse, en dérangeant aussi les connexions internet des différentes sociétés immobilières allemandes et internationales qui, dans le voisinage, poursuivent discrètement, et pas qu’un peu, leur travail destructeur, en tout cas celles que nous avons pu identifier.
Le propriétaire le plus récent, d’ailleurs un « promoteur immobilier » de Berlin, veut maintenant construire des « appartements haut de gamme » sur le Luchsweg. Une bonne affaire à 17 000 euros le mètre carré. Avec le prix de ce seul mètre carré, de nombreuses personnes pourraient vivre toute une année.
Mais nous ne voulons pas vous ennuyer avec d’autres détails, que vous connaissez déjà, sous une forme ou une autre, car nous ne sommes pas encore à la fin de notre visite militante du secteur.
Parlons donc des ambassades à Schmargendorf.
Les accords sur les migrations avec les pays de l’UE ou même seulement avec l’Allemagne ont une grande importance, dans le but de cimenter encore plus la forteresse-UE. Les partis veulent expulser toujours plus et toujours plus vite. Pour cela, le gouvernement concerné dépend également de la coopération des pays d’origine et de transit. Aussi des dictatures.
Dans le Fohlenweg, à portée de vue de nos deux incendies, nous rencontrons l’ambassade irakienne. Depuis 2023, il existe avec l’Irak un ainsi-dit « accord sur les migrations », pour pouvoir expulser plus de demandeur.euses d’asile. Pourtant, les services de l’État y sont « toujours responsables de nombreuses violations des droits humains », dit même un rapport confidentiel du ministère des Affaires étrangères. Les droits et libertés fondamentales inscrits dans la Constitution ne seraient par ailleurs « pas pleinement garantis ». Selon ce rapport, la torture pour obtenir des aveux, les arrestations arbitraires et les enlèvements par les forces de sécurité irakiennes sont répandus. De plus, les milices armées représentent une menace pour la population. De même, « des nombreux enfants et adolescent.es sont gravement touché.es par des actes de violence contre eux/elles-mêmes ou contre des membres de leurs familles ». Les minorités religieuses, comme les Yézidis, souffrent, selon le rapport, d’une « discrimination de fait considérable ». Le gouvernement irakien ne peut donc « pas assurer la protection des minorités ».
Néanmoins : les deux parties veulent pouvoir échanger des données biométriques, si l’identité [d’un.e migrant.e] n’est pas claire. Des employé.es de l’ambassade irakienne ont eu des entretiens avec des ressortissant.es potentiel.les de leur pays, afin d’en déterminer l’identité. Raison suffisante pour éteindre la lumière à l’ambassadeur irakien et à ses fonctionnaires.
L’ambassadeur marocain habite lui aussi dans une résidence à Schmargendorf. C’est chose bien connue qu’il ne vit pas, comme beaucoup de personnes réfugiées des pays d’Afrique, dans des baraques, des tentes ou sous des bâches en plastique, dans des verges en Espagne, où ils/elles sont maintenu.es comme des esclaves. Il ne vit pas non plus dans un foyer, dans la rue, ni ne travaille dans des conditions misérables pour augmenter le capital de ses maîtres, généralement blancs. Il ne sera pas non plus traqué par des nazis ou arrêté par les flics des stups. Pendant que, chez lui, c’est seulement la réfrigération de ses boissons qui est tombée en panne, des réfugié.es qui souhaitent simplement venir à la frontière de l’UE et la traverser meurent de soif dans le Sahara. Beaucoup de monde échoue dans cette traversée à cause de l’ainsi-dit « accord sur les migrations » avec le Maroc. À Melilla, comme dernier obstacle, une forteresse barbare sépare l’Afrique de l’Europe.
Le ministère de l’Intérieur du [précédent] gouvernement fédéral allemand a déjà exploré avec succès les « possibilités et intérêts d’un partenariat approfondi dans le domaine des migrations » avec le Maroc. En plus, la coopération policière déjà existante a été étendue à des enquêtes dans des « procédures complexes contre des passeurs ». Les fonds pour le développement, les dispositifs techniques de lutte contre les migrant.es et les flatteries diplomatiques servent, dans le cas du Maroc, pour régler les migrations. Les facilitations à l’obtention de visas pour la force de travail qualifiée sont la seule et unique porte qui doit rester ouverte – si « le marché » en a besoin. La police fédérale collabore étroitement, chaque jour, avec la police des frontières marocaine, pour empêcher l’accès à l’UE aux personnes africaines fuyant la pauvreté, non désirées, pendant qu’à Berlin l’eau goutte du frigo de l’ambassadeur. On ajoute, pour plus d’exhaustivité, que le Sahara occidental a été annexé par le Maroc et que ses habitant.es mènent une lutte anticoloniale contre le Maroc. Naturellement, l’Allemagne se tait à ce propos, en échange de l’accord sur les migrations. Au cours des dix dernières années, l’Allemagne a aussi fourni au Maroc des équipements militaires d’une valeur de plus de 200 millions d’euros : des radars au sol, des drones, des pièces de munitions pour canons et des systèmes de communication. La défense de la forteresse-UE contre les réfugié.es, l’occupation du Sahara occidental et la répression militaire de ses habitant.es ne sont pas des thèmes sans rapport. Et, dans le Sahara occidental occupé, les intérêts allemands sont défendus ; par exemple le vol avec violence des matières premières et la production d’énergie. Ainsi, une main lave l’autre.
Dans la Pücklerstrasse, nous rencontrons une autre résidence. Le drapeau suédois flotte fièrement devant l’entrée. Le drapeau de ce pays de l’UE, dont les riches achètent ici des nombreux appartements, en tant qu’investissement, ce qui aggrave la pénurie de logements. L’État et des entreprises comme Northvolt n’ont aucun problème à réclamer des terres qui ne leur ont jamais appartenu et à détruire les moyens de subsistance des autochtones Samis. La ligne de Botnie septentrionale, une ligne ferroviaire à grande vitesse qui doit transporter essentiellement des matières premières, coupera, selon les projets actuels, des terres sur lesquelles les Samis ont leurs pâturages pour les rennes. La Suède et le capital veulent se connecter plus rapidement au marché mondial et approvisionner en lithium et en fer trois gigafactories de batteries. Des projets futurs d’exploitation minière et forestière devraient également bénéficier de ce gigantesque projet d’infrastructure. La manière de vivre impériale se tourne aussi vers l’intérieur de l’UE, non seulement vers l’accès à des pays lointains et à leurs ressources. Les objections des quinze communautés de village samis ont de l’importance pour nous. C’est pourquoi nous avons aussi éteint brièvement la lumière et la connexion au réseau de l’ambassade de Suède. Hands off Sápmi! – sinon, cela peut très vite devenir très cher.
Nous vous épargnons ici un traité sur l’ambassade éthiopienne, sur le Goldfinkweg, sur l’ambassade libanaise, sur la Spechtstraße [« rue du pic »], sur l’ambassade du Qatar ou sur l’ambassade d’Oman sur la Clayallee – l’une pire que l’autre !
Nous vous épargnons aussi un traité sur la villa de fonction du Président fédéral.
Toutes les institutions dont nous avons parlé et celles mentionnés se trouvent dans un rayon de 300 mètres des lieux des incendies et l’ambassade d’Israël est située à moins de deux kilomètres. Nous voulons encore dire quelques mots à son sujet. L’ambassadeur d’Israël, au nom du gouvernement israélien d’extrême droite, a récemment exercé des pressions sur la commémoration de la libération de Buchenwald et de Dora-Mittelbau, pour en exclure le philosophe germano-israélien Omri Boehm. Parce que celui-ci prend explicitement position pour l’égalité des droits entre Juif.ves et Arabes. Son approche, « comprendre l’histoire – apprendre pour l’avenir », est une épine dans le pied pour les Juifs d’extrême droite. L’État allemand, ou plutôt sa classe politique, n’a rien « compris de l’histoire », quand il livre des armes qui constituent les munitions d’un génocide, en justifiant cela aussi avec la raison d’État allemande. Avec ces armes, l’armée israélienne mène actuellement des exécutions extra-légales, en toute impunité, à Gaza. On souligne la phrase suivante, du discours censuré d’Omri Boehm : « « Plus jamais ça » n’est valable que dans sa forme universelle et c’est seulement alors qu’il peut rendre justice à sa formulation particulière ». Il s’agit d’une justice qui concerne et inclut tous les êtres humains. Nous espérons vraiment que aussi l’ambassade d’Israël ait pu tirer quelque chose de notre petite note de protestation.
Et nous nous souvenons, dans ce contexte, du secouriste Rifaat Radwan, torturé et exécuté par l’armée israélienne, le 23 mars, et ensuite enterré, avec quatorze autres secouristes et pompiers exécutés, par des excavatrices de l’armée israélienne, pour dissimuler ce crime contre le droit international. Les enregistrements du portable de Rifaat Radwan et l’autopsie des victimes ne laissent aucun doute quant à la torture et à l’exécution délibérées.
Et nous nous souvenons du militant Odai Al-Rubai, qui, avec un millier d’autres personnes, avait manifesté contre le Hamas, le 25 mars, et qui a été torturé et exécuté par le Hamas, à Gaza. Il a été torturé pendant six heures avant d’être assassiné.
Ces deux crimes ont eu lieu à deux jours de distance. Nous méprisons leurs lâches assassins. Nous admirons le courage de Rifaat Radwan et d’Odai Al-Rubai, qui ont risqué leurs vies pour sauver des vies. Ne le oublions pas. « « Plus jamais ça » n’est valable que dans sa forme universelle ».

Nous terminons notre promenade par une « approche » de l’ambassade des États-Unis, sur la Finkenstraße [« rue des pinsons »]. La résidence de l’ambassadeur des États-Unis, située de l’autre côté de la rue par rapport au quartier des animaux sauvages, à seulement 200 mètres de l’antenne-relais en feu, a probablement été largement épargnée par notre panne de courant, mais le réseau ! La connexion avec Donald « Dump [déchetterie, en anglais ; NdAtt.] » a dû être ralentie ou complètement interrompue.
Avec d’autres hommes et femmes pro-fascistes, ils travaillent à la transformation du système en une oligarchie autocratique. Il y aurait assez de raisons pour rendre la vie difficile aux représentant.es des États-Unis et à leurs diplomates. Des personnes sont expulsées vers la mort et la torture.
Une Green card ne protège pas non plus, si la personne concernée s’engage par exemple pour les droits des Palestinien.nes. Celui/celle qui espère que les élections, dans quatre ans, apportent un changement aux États-Unis, n’a pas compris le coup d’État administratif actuel. Il n’y aura plus d’élections libres, dignes de ce nom et non manipulées : les États-Unis sont sur la voie de la (techno-)autocratie.
Nous pourrions peut-être décider de frapper directement dans ses biens aussi cette nouvelle forme de dictature, avec ses accords mortels et ses PDG qui deviennent des décideurs, en remplaçant la forme d’État que les USA ont eu jusqu’ici. La coupure de la connexion de l’ambassadeur avec ses donneurs d’ordres aux États-Unis n’est pas d’une importance digne de ce nom, même si nous nous en réjouissons.
Précisément : Follow the money. « Elend [misérable] » Musk a injecté plus de 250 millions de dollars dans la campagne électorale du président « Dump ». Il détruit un État que lui est ses semblables réclament pour eux-mêmes. Ils détruisent l’ancien système et volent en même temps les données des différentes administrations états-uniennes, pour porter les gens sous leur contrôle et faire avancer de manière rentable leur domination numérique.
À l’exemple de Tesla ; ici en Allemagne, il ne s’agit plus seulement de l’eau volée dans la région de Grünheide et dans le Brandebourg. Et il ne s’agit plus seulement des conditions de travail chez Tesla, qui équivalent, pour les travailleur.euses, à une privations de leurs droits. Il ne s’agit plus seulement de destruction du climat et de surexploitation, pour arracher des « trésors » des sols de nombreux pays. Il ne s’agit plus d’arrêter des projets particuliers. Il s’agit de la somme de tous ces crimes. Et, en plus, de saboter l’« agression technologique », le projet de numérisation totale, qui prend des contours toujours plus clairs dans sa brutalité.
Tesla est terminée. Actuellement, Tesla est attaquée pratiquement tous les jours, au niveau international. #TeslaTakeDown et les attaques militantes entraînent des pertes de bénéfices de plus de 70%. (Si vous êtes propriétaire d’une Tesla et que vous lisez ceci, vendez-la, tant qu’elle peut vous rapporter encore un peu d’argent et qu’elle n’a pas brûlé. Ou bien, incendiez-la vous-mêmes et encaissez le montant de l’assurance. En ce faisant, ne vous laissez pas filmer par votre propre voiture.)
L’action du Vulkangruppe Tesla [ab]schalten [« groupe Volcan – éteindre Tesla », qui a incendié un pylône électrique près de la gigafactory de Grünheide, le 5 mars 2024, la mettant à l’arrêt pendant plusieurs jours ; NdAtt.] nous a mis devant les yeux la vulnérabilité de l’économie. Leur pouvoir sera brisé par la destruction des grands groupes économiques. L’usine de Grünheide doit disparaître et elle disparaîtra. Le poison patriarcal du type « Elend » Musk est vulnérable, le dommages financiers sont tangibles pour eux. Nous ne devrions pas nous égarer dans des actions contre l’État. Il n’est qu’un instrument de l’économie. Les chaînes d’approvisionnement doivent être détruites. Nous pouvons atteindre directement l’économie.
L’antifascisme militant peut élargir son champ d’attaque et brûler le capital qui soutient et finance l’AfD. Le coup d’État mondial de la droite (Poutine, Trump, Erdogan, Orban, Milei, Bukele, Nétanyahou, etc.) va de pair avec la destruction des concessions gagnées avec les luttes passées, dont les anarchistes morts suite aux faits de Haymarket square sont un exemple emblématique. Si autrefois c’était la journée de dix heures et des conditions de travail brutales qui prenaient possession des corps, aujourd’hui ce sont les grands entreprises du secteur de la technologie, qui veulent nous faire courir toujours plus vite, prisonnier.es sur le tapis roulant de l’économie. Nous sommes optimisé.es pour rester enchaîné.es à nos smartphones et au glissement vers le numérique d’activités auparavant analogiques. Nous allons ainsi, sciemment, vers une nouvelle forme d’exploitation du travail, qui nous transfère dans une nouvelle forme de possession de l’être humain, entre les mains des entreprises. L’« agression technologique », qui nous enlève l’air, modifie chaque relation humaine, chaque travail, chaque comportement social et les technicise. La vie et même la mort nous échappent des mains. Si autrefois les patrons de l’industrie lourde ont construit Hitler pour leurs intérêts, aujourd’hui ce sont les géants du secteur de la technologie qui ouvrent la voie au « techno-fascisme » et qui soutiennent quelqu’un comme Donald « Dump ». Des nom ? Les hommes les plus riches du monde : « Elend » Musk, plus de 300 milliards, Jeff Bezos, 193 milliards, Mark Zuckerberg, 180 milliards, Larry Ellison, 163 milliards, ainsi que d’autres ardents fascistes comme Peter Thiel. Des hommes unis dans la lutte contre tou.tes celles/ceux qui ne sont pas comme eux.

Les grandes entreprises du secteur de la technologie, qui veulent remplacer l’État américain par une administration pilotée par l’IA et marquer ainsi le début d’une nouvelle ère de domination, peuvent être attaquées ici aussi. La domination des êtres humains par la technologie marque le début d’une nouvelle totalité, qui ne reculera devant rien. La collecte des données, le contrôle et la manipulation sont les conditions préalables à la normalisation, à la sélection et à l’élimination, comme l’a souligné le Vulkangruppe « NetzHerrschaft zerreißen » [« groupe Volcan – déchirer la domination du réseau », qui a incendié, en mars 2018, des câbles électriques alimentant différentes institutions étatiques, dont l’armée, ainsi que l’aéroport de Tegel ; NdAtt.]. https://de.indymedia.org/node/19680

Notre modeste action ne peut déployer son potentiel qu’au sein de la somme de nombreuses interventions mondiales ayant pour but d’arrêter et d’inverser cette évolution. La liste des lieux que nous avons identifiés montre clairement une chose : la réponse à toutes ces injustices incommensurables, derrière lesquelles se cachent des acteurs dont nous n’avons mis en lumière qu’une petite partie, découverte par hasard, doit entraîner une pratique qui agit à la racine. Au niveau local et international.
Des salutations aux gens de la promenade dans Grunewald ! Nous pourrions encore amener quelques personnes pour leur missile pour Mars. Eat the rich!

Des salutations solidaires aussi à Hambourg, à la manifestation anarchiste du Premier mai « Conquérir des utopies, défendre la vie ». Et à celle « Super-riches ? Supermerde ! »

Liberté pour Maja, Clara, Hanna, Johann, Lina, Luca, Moritz, Nanuk, Nele, Paul, Paula, Tobi, Zaid, Gino, Gabri, Ilaria et tou.tes les autres antifas et anarchistes.

Exproprier les riches – Abolir la propriété
Switch-Off the system of destruction – Pour la vie
Le sabotage en tant que grève
Saboter le mode de vie impérial – Interrompre les chaînes d’approvisionnement.
Ouvrir les frontières – Pour la liberté de mouvement

Vulkangruppe Friede den Hütten…
[Groupe Volcan « Paix aux chaumières… »]

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Prison de Moabit (Allemagne) : Deux lettres de Nanuk https://attaque.noblogs.org/post/2025/04/15/prison-de-moabit-allemagne-deux-lettres-de-nanuk/ Tue, 15 Apr 2025 17:43:17 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59040 Continuer la lecture ]]> Cent jours en taule

Freiheit füt Nanuk! / samedi 8 mars 2025

Depuis plus de cent jours, Nanuk se trouve dans une cellule individuelle à la maison d’arrêt de Berlin-Moabit.
Nanuk a été arrêté à Berlin le 21 octobre 2024, après que, pendant plus de deux ans, les autorités n’ont pas réussi à le trouver.

Le cas de Nanuk permet de bien observer comment le système fermé « taule » offre une marge de manœuvre pour le harcèlement et l’action arbitraire des matons, des fonctionnaires publics et du procureur général.
Les mesures de sécurité élevées imposées à Nanuk et dont nous avons parlé dans les mises à jour précédentes ont été progressivement assouplies, à partir de début décembre 2024.
Mais, encore, une grande marge de pouvoir arbitraire est laissée à l’administration et au bon vouloir des matons, qui décident en fin de compte si sa participation, autorisée, aux activités de loisirs aura effectivement lieu ou pas.
Le problème avec le courrier continue, pendant l’enfermement de Nanuk : la réception et l’envoi du courrier sont toujours bloqués. Nanuk a reçu la dernière fois quelques lettres et cartes postales le 10 janvier 2022, puis il a fallu deux mois pour que d’autres lui arrivent. Il a fallu attendre la mi-décembre pour que Nanuk reçoive une première correspondance – les lettres et les cartes postales de la période allant du 22 octobre au 16 novembre 2024 sont encore portée disparues. Aussi, jusqu’ici très peu de lettres écrites par Nanuk nous sont parvenues.

Nous publions ici la lettre de Nanuk pour ses cent jours en taule.

Nous envoyons beaucoup de force à tou.tes les prisonnier.es et les personnes en cavale.
Jusqu’à ce que tout le monde soit libre.

Groupe de solidarité avec Nanuk

 

Aujourd’hui, je suis ici depuis cent jour, dans une taule de ce système de merde. J’éprouve des difficultés à formuler mes pensées, tout ce qui est exprimé ouvertement intéresse le LKA [la police judiciaire de chaque Land allemand ; NdAtt.], la prison et le parquet et est épluché avec attention.
Toute déclaration faite devant des travailleurs sociaux, des matons, chaque conversation entre prisonniers – ceux qui font quelques tours ensemble dans la cour de promenade ou simplement se tiennent l’un à côté de l’autre – qui s’assoit à côté de qui à l’église, en échangeant quelques mots – en prison tout est observé de près et enregistré. Tout cela laisse un sentiment d’insécurité et de peur chez de nombreux prisonniers, car tout cet espionnage conduit aussi à de la répression : les prisonniers sont transférés dans d’autres sections de la prison, n’ont plus le droit de participer à des activités collectives ou d’avoir un travail dans la prison. Tout cela pour contrôler ou interdire chaque contact social. De plus, pour moi : les visites de ma famille et d’amis nécessitent une autorisation judiciaire et sont strictement surveillées. Les parloirs sont deux par mois, d’une heure chacun. Les conversations sont enregistrées par un ou deux policiers du LKA, en général le policiers se placent directement un demi mètre derrière moi. En plus de cette situation de surveillance, très désagréable pour ma mère, il est déjà arrivé une fois que le policier ne se soit pas présenté au rendez-vous prévu et que ma mère ait été rejetée et renvoyée à la maison. Les contacts par la poste sont aussi contrôlés et censurés, d’autre part une partie du courrier qui était arrivé ici à la prison en octobre et novembre est toujours introuvable.

Les visites de l’avocate aussi sont signalées par la prison au parquet, avec « quand et pendant combien de temps ». Je dois ouvrir le courrier que je reçois de mon avocate en présence d’un maton. L’accès aux contacts avec mon avocate et aussi le courrier que j’échange avec elle sont ainsi contrôlés. Bien qu’il n’y ait pas de contrôle du contenu, dans les faits il s’agit d’un contrôle. Même le courrier pour ma défense, que j’ai envoyé à mon avocate depuis la prison, n’a pas été livré depuis dix semaines. Du courrier pour la défense, qui m’était destiné, a été livré à d’autres prisonniers. Ma vie quotidienne a lieu sous ces mécanismes de contrôle omniprésents et s’y ajoutent toutes les consignes de sécurité qui m’ont été imposées. Celles-ci sont motivées par le fait que je pourrais, par mes capacités, mettre en danger l’ordre dans la prison. Tous les assouplissements de ces dernières semaines, comme le retrait de la disposition « à remettre de main en main » (à partir de maintenant, j’ai aussi le droit d’aller à l’église ou au parloir avocat sans escorte), celle « ouverture de la cellule par deux fonctionnaires », ainsi que le « point vert – violent », sont autant de simplifications pour les matons et le fonctionnement de la maison d’arrêt. Je continue à ne pas avoir de contacts avec les autres prisonniers, ni aucune information sur ceux-ci. Souvent, les matons me demandent pourquoi je n’ai pas de contacts, puisque je vais à la promenade avec ces mêmes prisonniers. La raison est probablement un ordre du Ministère de la justice du Land, qui me concerne en tant qu’« extrémiste ». Beaucoup des choses qui règlent le fonctionnement quotidien de la maison d’arrêt relèvent de la bureaucratie, voire de la mauvaise volonté systématique ou de l’incapacité. Un exemple est la réception de livres de ma part. Cela a commencé fin octobre, lorsque j’ai déposé une demande à la maison d’arrêt, pour obtenir quatre romans. Celle-ci a été rejetée, avec la mention que chaque livre devait être approuvé par le tribunal. À l’instigation de mon avocate, la décision du juge a été rendue en novembre et, le 3 décembre, la maison d’arrêt a m’a aussi autorisé à recevoir des livres achetés par correspondance. Cette autorisation du 3 décembre m’a été communiquée le 29 décembre. Ensuite, la réception du paquet a été refusée à deux reprises à la porte de la maison d’arrêt et je les ai reçus le 15 janvier, après une nouvelle demande de « remise des livres ». Même des colis pour lesquels une autorisation a été délivrée ne sont souvent pas acceptés par les réceptionnistes du courrier de la maison d’arrêt et ils sont donc renvoyés.
Il en va de même pour le LKA : une fois, ils ne se sont pas présentés pour surveiller un parloir. Mais aussi, dans mon cas, le LKA ne peut pas explicitement écouter un appel téléphonique, ce qui est le cas pour d’autres détenus. Le 19 décembre, il y a eu l’autorisation du tribunal pour que je puisse téléphoner à ma mère et à ma grand-mère, pour Noël. Ensuite, il a été possible de fixer un rendez-vous avec le LKA pour la surveillance d’un parloir, le 14 janvier, mais deux heures avant, ce même 14 janvier, le parloir a été annulé directement par le LKA, an raison de manquements techniques.

Malgré toute cette merde et la tristesse quotidienne de deux heures de cour et 22 heures enfermé dans la cellule, je ne m’ennuie pas et je continue à me réjouir de chaque nouveau jour. Ce qui m’embête un peu, c’est que depuis trois mois je n’ai pas pu voir directement le soleil. La fenêtre de ma cellule est du côté opposé au soleil et la cour ne reçoit pas non plus de soleil le matin.
Entre-temps, je peux participer à l’activité sportive, une heure par semaine. Malheureusement, celle-ci n’a lieu que de manière irrégulière, quatre fois au cours des huit dernières semaines.
La seule activité collective qui m’a été autorisée jusqu’à présent est la chorale de l’église. Mais, à cause des mesures d’austérité imposées par le Ministère de la justice du Land, depuis le mois de janvier celle-ci n’a plus de financement. De plus, une fois un maton m’a empêché d’y participer de son propre chef, en disant : « Je vous ai désinscrit, car vous aviez déjà un parloir, aujourd’hui ». Jusqu’à présent, je ne peux donc participer que de manière irrégulière à cela aussi.
J’apprécie beaucoup la promenade et je passe tout le temps possible dans la cour, par tous les temps. Nous y jouons beaucoup au ping-pong. Je partage souvent des articles de journaux avec d’autres détenus ou parfois je lis des textes à voix haute. Souvent, il s’agit de sujets liés à la prison : les coupes du budget de la Justice, des lettres d’Andreas Krebs à l’administration de la Justice, le scandale des tortures à la maison d’arrêt de Gablingen/Aachen et les salutations à tou.tes les prisonnier.es de la maison d’arrêt de Moabit, lors de la manif anticarcérale du Nouvel An. Toutes les choses intéressantes qu’il y a dans les journaux. Il y a souvent une grande solidarité entre les détenus. Les nouveaux détenus reçoivent souvent un paquet de nourriture, les prisonniers sans ressources se voient offrir du tabac et quand certains n’ont pas de vêtements, on leur en donne.

Malgré mon attitude très optimiste, le contact avec ma famille et mes amis me manque ; même de simples étreintes physiques ne sont possibles que pendant quelques secondes, les jours de parloir. Pas d’échanges, pas de soleil, pas d’étreintes physiques, au bout de cent jours, cela fait quelque chose sur la psyché d’une personne. Mais tout cela, c’est plutôt une façon de « me plaindre » à un haut niveau, car je suis déjà assez privilégié, ici en prison. D’une part, je peux m’exprimer par la parole et par l’écrit, vis-à-vis des surveillants. Pour beaucoup de monde, ici, ce n’est pas possible, du coup je remplis souvent des demandes pour d’autres détenus, je lis et synthétise des courriers judiciaires et j’ai même déposé une plainte de toute notre unité, auprès de la sous-direction de l’établissement. À cela s’ajoutent des avocats dévoués et un milieu politique et social qui me soutient beaucoup, ce qui est aussi invoqué comme raison pour mon risque d’évasion (mille bisous, je vous aime pour cela). Et aussi une mère forte, qui ne se laisse pas intimider. Tout cela n’est pas donné à tous les prisonniers, ici en taule.
Rappelez-vous donc, toujours, que la taule n’est pas un trou dans lequel rien ne se passe et rien n’est possible. Même si cela prend deux ou trois mois, continuez à m’écrire, faites-moi continuer à participer, en tant que personne politique, à des processus et à des discussions.
Restons tou.tes dans un contact solidaire !

Take care,

Nanuk

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Une lettre de Nanuk sur l’audience du JLD et le courrier

Freiheit füt Nanuk! / dimanche 30 mars 2025

Le 3 mars, notre ami et camarade Nanuk a eu l’audience de contrôle de la détention [correspondant à une audience auprès du Juge des libertés et de la détention, en France ; NdAtt.], auprès de la Cour fédérale, à Karlsruhe. Nous documentons ici quelques lignes d’une lettre de Nanuk dans laquelle il parle de l’audience de contrôle de la détention, de son point de vue.

 

Bonjour à vous tou.tes, gens formidables !

Ici, à la maison d’arrêt de Moabit, une semaine très mouvementée se termine lentement, pour moi. Lundi j’avais l’audience de contrôle de la détention, à la Cour fédérale. Pour cela, on est venu me chercher dans ma cellule à 6h30 du matin pour m’emmener à Karlsruhe avec des menottes aux mains et aux pieds. Pendant le trajet de sept heures et demie, je n’ai pas eu la possibilité de faire une pause pour aller aux toilettes. Dans la cellule du fourgon cellulaire, d’environ 1m², la clim’ était si froide que je suis arrivé à la Cour fédérale, à Karlsruhe, congelé et sans avoir mangé pendant 19 heures. Cela s’explique en partie par le fait que la maison d’arrêt a été informée seulement juste avant mon transfert. Mais c’est ainsi que j’ai pu profiter d’une pizza fraîche aux frais de la Cour fédérale :).

Après presque quatre heures, l’audience s’est terminée, sans qu’il y ait eu un résultat final.

Un grand merci, du cœur, à toutes les personnes formidables qui sont restées pendant tout ce temps devant la Cour fédérale, en solidarité, et qui m’ont soutenu à l’arrivée et au départ.

Mais cette semaine, il s’est passé quelque chose d’encore plus extraordinaire : j’ai enfin reçu votre courrier. En trois jours, on m’a amené une centaine de cartes, de lettres, de photos et d’images. Beaucoup d’ami.es, de camarades et de personnes inconnues m’ont écrit et en lisant tout ce courrier, j’ai aussi versé quelques larmes de joie et d’émotion. La semaine prochaine, je vais passer beaucoup de temps à répondre à toutes les lettres qui ont une adresse d’expéditeur.e. Même si je suis un peu sceptique sur le si et quand ma réponse vous arrivera. Un grand, grand merci à vous tou.tes pour les nombreuses lignes chaleureuses et les images multicolores qui sont arrivées, de manière si inespérée, dans mon quotidien gris. Même si tout le courrier d’octobre et de novembre continue à être porté disparu, tout comme certaines lettres des autres mois. Le sentiment de recevoir enfin du courrier, de savoir que l’on n’est pas oublié et qu’il y a des personnes solidaires en dehors de la taule est indescriptible. S’il vous plaît, continuez à être si assidu.es dans l’écriture de lettres à tou.tes les antifas emprisonné.es et les prisonnier.es politiques, peu importe si vous les connaissez personnellement ou pas. Partagez vos pensées avec elles/eux, impliquez-les dans vos discussions ou simplement envoyez-leur de saluts rapides à travers les murs de la taule.

Tout comme nos luttes sont justes, l’action solidaire est notre attitude politique.

Salutations sincères,

Nanuk

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Berlin (Allemagne) : Du feu pour les techno-fascistes ! https://attaque.noblogs.org/post/2025/02/26/berlin-allemagne-du-feu-pour-les-techno-fascistes/ Wed, 26 Feb 2025 17:23:28 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=58508 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / mardi 25 février 2025

Du feu pour les techno-fascistes ! Fight Strabag! Fight Tesla! Fight DB!

À cause de l’extension de la Gigafactory de Tesla, cinquante hectares supplémentaires de forêt vont être défrichés, à Grünheide, près de Berlin. Cette forêt doit céder la place à une gare de fret de la Deutsche Bahn [la SNCF allemande ; NdAtt.], pour transporter de millions de Tesla. Qui construit la gare de fret de DB-Tesla ? Entre autres, Strabag.

Par conséquent, dans la nuit du 24 au 25 février 2025, nous avons attaqué Strabag. Maintenant, deux de leurs grues sont inutilisables, dans le quartier berlinois de Marzahn. Nous avons pu ouvrir leurs armoires de commande et y mettre le feu. Par la même occasion, nous avons posé deux autres engins incendiaires dans les puits de câbles d’une ligne ferroviaire de fret. Le but était de provoquer des perturbations dans la signalisation, plus précisément des retards dans le transport de fret, en particulier vers les cimenteries voisines, appartenant à CEMEX et à Heidelberg Materials.

Strabag, plus précisément Züblin [une filiale de la première ; NdAtt.], est connue dans le monde entier pour la construction de prisons, d’autoroutes, de mines, de parcs éoliens et de barrages. Maintenant, Strabag, avec d’autres entreprises, collabore avec Tesla. Aucune entreprise ne représente autant le nouveau fascisme technocratique que Tesla. Trump-Musk-Weidel [Alice Weidel, dirigeante de l’Afd, principal parti allemand d’extrême droite ; NdAtt.] sont l’alliance des techno-fascistes qui donne un visage au nouveau totalitarisme patriarcal et colonial. Quant aux manigances de la DB, il n’y a plus grand-chose à dire, il suffit de regarder le « Train Maya » [par exemple ici ; NdAtt.].

Qu’il s’agisse de Starlink, du soutien à l’AfD, de la colonisation de Mars, de la logistique militaire dans des guerres, de la vidéosurveillance dans les rues, du greenwashing, de la destruction de la nature ou de la propagande fasciste et patriarcale : nous détestons Tesla et Musk !

Attaquons-les partout !

Beaucoup de monde pensait qu’ils/elles rendraient un service à l’antifascisme, en faisant une croix contre l’AfD, fin février. Néanmoins on ne fait pas une croix contre quelque chose, mais pour quelque chose, à savoir pour l’État et la normalité capitaliste.

Au lieu de cela, combattons la normalité, les techno-fascistes et Tesla, dans la rue. Celui qui conduit une Tesla est comme Trump-Musk-Weidel. Celui qui conduit une Tesla soutient, au moins indirectement, Starlink, l’AfD, la colonisation de Mars, la logistique militaire dans des guerres, la vidéosurveillance dans les rues, le greenwashing, la destruction de la nature et la propagande fasciste et patriarcale. Par conséquent : achevons Tesla.

Salutations solidaires aux occupant.es de la foret Sündi [censée être défrichée pour permettre l’extension de la mine à ciel ouvert, près de Hambach ; NdAtt.] !
Liberté et bonheur pour Maja, Hanna, Nanuk, Johann, Gino, Nele, Paul, Luca, Zaid, Paula, Tobi, Clara, Moritz et Daniela !
Salutations enflammées à Marianna !
Amour et force pour toutes les personnes en clandestinité et en fuite.
Détruisons les taules et les géants de la tech.
Liberté pour tou.tes !

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Berlin (Allemagne) : Manifestation sauvage en souvenir de Kyriakos Xymitiris https://attaque.noblogs.org/post/2025/02/17/berlin-allemagne-manifestation-sauvage-en-souvenir-de-kyriakos-xymitiris/ Mon, 17 Feb 2025 17:14:55 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=58414 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / samedi 8 février 2025

Berlin, novembre 2024

Le 31 octobre, notre compagnon anarchiste Kyriakos Xymitiris a été tué et notre compagnonne anarchiste Marianna M. a été grièvement blessée, lors d’une explosion dans un appartement à Athènes. Elle a été transportée à l’hôpital Evangelismos, où elle a été soignée sous la surveillance constante de la police, puis transférée à la prison de Korydallos, en détention préventive. Suite à ce qui est arrivé ce jour-là, notre compagnonne anarchiste Dimitra Z., nos compagnons Dimitris et Nikos R., ainsi qu’une autre personne, ont été arrêté.es aussi et emprisonné.es dans le cadre de la même affaire.

Depuis, la tristesse et la rage sont présentes dans nos vies. La tristesse d’avoir perdu un compagnon qui s’était engagé jusqu’au bout et par tous les moyens dans la lutte ; la rage parce que c’est ce système capitaliste, raciste et patriarcal qui l’a tué. Kyriakos a choisi de ne pas fermer les yeux sur les intérêts économiques et politiques de quelques-uns, qui nous condamnent à une vie de misère, par la vente des maisons à des fonds vautours, la précarité du travail, les féminicides, les frontières et les guerres. Dans la ville de Berlin, Kyriakos s’était engagé pendant des années dans la défense des espaces libérés et contre la gentrification, dans la lutte internationaliste, dans l’abolition des prisons, ainsi que dans toutes les luttes sociales et de classe.

Sa passion et ses convictions en un monde nouveau, libéré de l’oppression, laissent un grand vide chez ceux/celles qui étaient autour de lui, ainsi que dans la lutte elle-même. Cependant, son empreinte, à travers ses paroles et ses actions, nous encourage à maintenir vivant le fil de l’insurrection, en prolongeant ainsi la vision de la révolution sociale présente dans nos cœurs et nos esprits. Une action révolutionnaire qui entend la lutte armée comme un moyen décisif, dans l’équilibre des pouvoirs, en faveur de celles/ceux qui sont en bas, qui essaye et réussit à rendre à l’État une partie de la violence qu’il nous impose chaque jour.

Par la défense de sa mémoire, nous entendons aussi être aux côtés de tou.tes celles/ceux qui ont donné leur vie ou/et qui ont été emprisonné.es pour avoir lutté contre l’injustice, l’inégalité et l’exploitation.

Pour toutes ces raisons et en répondant à l’appel des compas grec.ques d’Athènes pour les jours 7 et 8 février, nous voulons faire face à ceux qui tentent de pervertir cette mémoire. Ainsi qu’exprimer notre solidarité avec les compas emprisonné.es dans la même affaire. Pour cette raison, nous avons décidé de faire une courte manifestation sauvage à Friedrichshain, où nous avons partagé ensemble de nombreux moments collectifs de bonheur et de rage. Des obstacles ont été mis en travers des routes, des tags en mémoire de Kyriakos ont été tracés. Par la suite, dans la Rigaerstrasse, les forces d’occupation qui arrivaient ont été affrontées à coups de pierres.

Ce quartier de Berlin, comme d’autres métropoles dans le monde, a fait face à un énorme processus de gentrification. Ces dernières années, alors que des espaces collectifs ont été expulsés pour être transformés en restaurants et magasins pour bobos, les personnes à faibles ressources sont déplacées vers la périphérie, les Airbnb augmentent alors que les loyers deviennent intolérables et que les politiques d’utilisation de l’espace public sont de plus en plus répressives.

Nous, comme Kyriakos, ne pouvons pas détourner les yeux de ce processus qui détruit la ville et les différentes communautés qui y vivent. Nous, personnes qui croyons en un monde meilleur, voulons sortir de cette précarité où ceux/celles qui ne se conforment pas à la norme sont condamné.es. Pour cette raison, alors que beaucoup d’autres protestations et réponses ont lieu dans différentes villes, nous voulons nous y opposer et continuer le chemin que nous avons déjà parcouru avec notre ami et compagnon Kyriakos. Ce chemin qui lui a coûté la vie. Lui dans nos esprits, ses idées dans nos cœurs. Ensemble, en reprenant les rues de Berlin et d’Athènes. Les cœurs des révolutionnaires brûlent à jamais !

Liberté pour nos compas Marianna M., Dimitra Z, Dimitris et Nikos R. !
Kyriakos présent !

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Berlin/Grünheide (Allemagne) : La ligne ferroviaire et une antenne-relais sabotées https://attaque.noblogs.org/post/2025/02/13/berlin-grunheide-allemagne-la-ligne-ferroviaire-et-une-antenne-relais-sabotees/ Thu, 13 Feb 2025 17:24:19 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=58380 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / mercredi 12 février 2025

Il y a exactement un an, la forêt de Grünheide a été occupée, pour empêcher l’extension de la Gigafactory de Tesla. Après presque neuf mois d’existence, l’occupation a finalement été expulsée en novembre dernier, sous le prétexte, cousu de fil blanc, d’une enquête pour possession d’armes. Juste après, sur ordre de la Deutsche Bahn [la SNCF allemande ; NdAtt.], qui doit construire des voies ferrées et une gare de fret pour l’extension de la Gigafactory. les pelleteuses sont arrivées et ont tracé une tranchée de dévastation dans la forêt. Entre-temps, contre la volonté de la population de Grünheide, Tesla a obtenu l’autorisation d’agrandir l’usine et un nouveau contrat pour l’eau, qui permet à l’entreprise de déverser encore plus de déchets toxiques dans les eaux usées.

En quelques mots : tout va bien pour les techno-fascistes et le fan de l’AfD, Elon Musk.

Mais nous ne resterons pas à regarder ces évolutions sans rien faire. La lutte contre Tesla a déjà donné lieu à de nombreux moments merveilleux de résistance et elle a montré que, par la combinaison de méthodes différentes, même l’une des entreprises les plus puissantes du monde peut être mise à genoux, au moins de façon temporaire. Nous voulons continuer sur cette voie.

Tôt ce matin, nous avons interrompu la ligne ferroviaire par laquelle des milliers d’ouvrier.es de Tesla sont transporté.es chaque jour de la capitale à Grünheide, ainsi que du pétrole et du gaz de l’est vers l’ouest, et mis le feu à une antenne-relais à proximité immédiate du puits des câbles du chemin de fer. Ce sabotage est dirigé contre Deutsche Bahn et Tesla, les deux principaux responsables de l’expulsion et du défrichage de la forêt, ainsi que contre l’infrastructure qui constitue l’épine dorsale de la domination numérique et du contrôle.

Nous sommes conscient.es que les atteintes à la nature provoquées par ces entreprises à Grüneheide ne sont qu’une partie insignifiante de la destruction que le complexe technologique-industriel, et la production de véhicules électriques qui en dépend, provoquent dans le monde entier. L’accaparement des terres, la prédation, la pollution de l’environnement et l’exploitation brutale de la force de travail humaine accompagnent toujours l’extraction des matières premières et les infrastructures de transport que celle-ci nécessite. Les minéraux tels que le lithium, le cobalt, le cuivre, etc., qui sont nécessaires en quantités énormes, pour fabriquer des batteries pour voitures et d’autres technologies clefs de la transition énergétique, qui nous font croire que le développement durable est possible, ne sont cependant disponibles qu’en quantité limitée et leur accès est disputé. Même chose pour les produits high-tech tels que les puces électroniques, qui sont intégrées dans tous les appareils technologiques imaginables et ne sont produites que par une poignée d’entreprises dans le monde. Les tensions géopolitiques qui en résultent pourraient bientôt transformer les guerres commerciales actuelles en vrais conflits armés. La transformation « verte » tant vantée, qui suit imperturbablement le mantra capitaliste du « plus vite, plus haut, plus loin », non seulement attise le réchauffement climatique et les catastrophes qui y sont liées, mais, en combinaison avec d’autres facteurs, a aussi le potentiel de conduire à nouveau l’humanité au bord de l’abîme d’une guerre globale. Cependant, elle risque de devenir aussi permanente que les crises capitalistes elles-mêmes. Les techno-fascistes comme Elon Musk profitent de ces développements et, de manière étonnante, servent de charnière idéologique entre la foule raciste dans la rue, l’extrême droite dans les parlements et les élites économiques progressistes qui adorèrent la technologie comme une panacée pour sauver la civilisation. Face à la guerre et à la crise, le (néo)fascisme et le capital se donnent à nouveau la main et forment une alliance dangereuse qui rappelle les périodes les plus sombres de l’histoire.

Deutsche Bahn et Tesla/SpaceX font partie des nombreuses entreprises qui profitent à la fois de la catastrophe écologique et d’un scénario de guerre imminent. D’une part, parce que le récit d’une « économie verte » reste tenace malgré tout et sert pour booster leurs affaires, avec sa prétendue durabilité. D’autre part, parce que ces deux entreprises, à cause de leurs infrastructures et de leurs applications technologiques, jouent un rôle important dans la logistique de guerre des États de l’OTAN, qui ne cessent de faire tourner la roue de l’escalade, dans le bras de fer mondial, pour défendre la suprématie occidentale et pouvoir poursuivre sans encombre l’asservissement colonial du Sud global. Y compris par la guerre, si nécessaire.

Pas avec nous – Pas de repos pour les profiteurs de la guerre et de l’écocide !

Salutations aux antifascistes incendiaires de Tesla aux États-Unis et à Dresde !

Amour et force pour les prisonnier.es et ceux/celles qui sont en cavale !

 

D’ailleurs, aussi d’autres entreprises, qui ont participé à l’expulsion en louant des engins de construction ou qui s’enrichissent avec l’extension de la Gigafactory, seront sûrement heureuses de recevoir de la visite :

• Matthäis Bauunternehmen GmbH & Co
• STRABAG
• Boels
• HKL Baumaschinen

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Berlin (Allemagne) : Une attaque avec de la peinture contre une conférence fasciste https://attaque.noblogs.org/post/2025/02/06/berlin-allemagne-une-attaque-avec-de-la-peinture-contre-une-conference-fasciste/ Thu, 06 Feb 2025 17:46:47 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=58217 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / lundi 3 février 2025

Une attaque avec de la peinture contre une conférence fasciste de la CDU, de Frontex et de la police

Dans la nuit du 3 février, nous avons barbouillé la brasserie Alter Krug, dans le quartier de Dahlem, à Berlin, avec de la peinture et les tags « FRONTEX KILLS »  et « ACAT ». Ce soir, les fascistes de la Junge Union [l’organisation de jeunesse de la CDU (Christlich Demokratische Union, Union chrétienne-démocrate) et de sa déclinaison bavaroise, la CSU ; NdAtt.], de Frontex et de la police se réunissent ici pour une conférence qui a pour but de discuter de plans racistes anti-migration. Nous devons nous opposer fermement à la fascisation et mettre en pratique la solidarité avec les réfugié.es !

À l’Alter Krug, il devrait y avoir aussi le vice-président de Frontex, l’organisation européenne qui est directement responsable de milliers de mort.es en Méditerranée et aux frontières extérieures de l’Europe. Les personnes migrantes sont repoussées illégalement et, avec le soutien de l’UE, elles sont emprisonnées, torturées et tuées.

Parmi les invités, il y a aussi Manuel Ostermann, le président adjoint du syndicat de la police fédérale, contre lequel Amnesty International a déposé un recours administratif. Il fait des déclarations comme « la droite n’est d’ailleurs en rien répréhensible », demande l’emploi de chiens policiers sans muselière contre les manifestant.es solidaires avec la Palestine et prône des déportations de masse.

Nous devons nous exprimer contre les politiques fascistes, peu importe où et par qui elles sont portées. Le scandale n’est pas seulement que des partis supposés « démocratiques » collaborent avec l’AfD [le principal parti d’extrême droite allemand – fin janvier, pour la première fois, la CDU a proposé au parlement fédéral une motion avec l’appui de l’AfD ; NdAtt.]. Le scandale, c’est aussi la politique anti-immigration, l’abolition de facto du droit d’asile qui est mise en œuvre depuis des années, avec le règlement Dublin et d’autres. Partout dans le monde, des crises, des guerres, des génocides et des catastrophes climatiques s’aggravent, les gens n’arrêteront pas de migrer et c’est leur bon droit. Montrons notre solidarité avec tou.tes les migrant.es !

Dans l’article du Tagesspiegel qui vient d’être publié (hXXps://www.tagesspiegel.de/berlin/vandalismus-attacken-gegen-cdu-in-berlin-christdemokraten-erneut-im-fokus-von-anfeindungen-13136266.html ), on voit une fois de plus que les ainsi-dits Chrétiens-démocrates et Verts font plus de bruit pour un peu de peinture sur le mur d’une maison que pour la véritable violence, dont ils sont responsables. Cette transfiguration des rapports de force est une perfide. Négocier l’abolition des droits humains n’a rien à voir avec la démocratie. La protestation créative contre tout cela est légitime et nécessaire!

Nous exigeons un monde sans frontières et avec des voies de migration sûres ! Nous exigeons des gérant.es de l’Alten Krug qu’ils/elles ne laissent pas cet événement avoir lieu. Aucune place pour les idéologies fascistes ! Le droit d’asile est et reste non négociable.

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Berlin (Allemagne) : Une flamme pour Kyriakos Xymitiris https://attaque.noblogs.org/post/2025/01/03/berlin-allemagne-une-flamme-pour-kyriakos-xymitiris/ Fri, 03 Jan 2025 17:13:37 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57863 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / jeudi 2 janvier 2025

Le 31 décembre, une minute avant minuit, nous avons allumé une flamme au nom de l’anarchiste Kyriakos Xymitiris. Pour honorer la mémoire du compagnon tombé, nous avons élevé une barricade de pneus à Kreuzberg, dans un quartier occupé par la police. Sur le Bethaniendamm, juste derrière une unité antiémeute, les yeux fixés sur leurs nuques, prêt.es à défendre l’action, nous avons mis le feu et laissé dans la rue un slogan pour Kyriakos. Les flics étaient tellement distraits par les feux d’artifice qu’ils n’ont même pas remarqué notre présence et nous avons pu disparaître sans entrer en contact.

Les journées internationales d’action* et la commémoration d’un combattant qui a consacré sa vie à la lutte ont été la force motrice de notre action. De même que personne ne sera laissé.e seul.e aux mains de l’État, pareillement nous n’oublierons personne, parmi celles/ceux qui s’ajoutent à la liste des combattant.es mort.es pour la cause de la liberté et de l’égalité.

Honneur à l’anarchiste Kyriakos Xymitiris.

En mémoire de Georg von Rauch**, dont l’esprit est présent dans les luttes, à Kreuzberg.

 

Notes d’Attaque :
* voir ici.
** Compagnon qui a pris part à la guérilla urbaine, à Berlin, entre la fin des années 60 et le tout début des années 70, notamment au sein du groupe anarchiste/marxiste-tiersmondiste Tupamaros West-Berlin. Il a été tué pendant un échange de tirs avec la police, le 4 décembre 1971, alors qu’il était en cavale, après s’être évadé de prison à l’occasion d’un procès.

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Allemagne : Des salutations de Nanuk, de la prison de Moabit https://attaque.noblogs.org/post/2024/12/27/allemagne-des-salutations-de-nanuk-de-la-prison-de-moabit/ Fri, 27 Dec 2024 17:49:13 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57801 Continuer la lecture ]]> Freiheit für Nanuk / samedi 21 décembre 2024

Des salutations de Nanuk, de la prison de Moabit, des nouvelles de sa situation en prison et des mises à jour

Appel à un rassemblement devant la prison de Moabit, à la Saint-Silvestre

Le 21 décembre 2024, cela fait exactement deux mois depuis l’arrestation de Nanuk. Depuis le 23 octobre, il est en détention provisoire à la prison de Berlin-Moabit.

Nanuk a dû passer les premières 24 heures après son arrestation avec les menottes aux mains et aux pieds. Les blessures au genou et au poignet qu’il a subies lors de son arrestation s’améliorent lentement. Mais, compte tenu des circonstances, il va bien. Nanuk remercie pour le soutien et la solidarité à son encontre.

En prison, des mesures de sécurité strictes ont été imposées à Nanuk, jusqu’au début du mois de décembre et elles n’ont été assouplies que lentement. Selon la procédure de l’établissement, cela s’exprime par un système de points stigmatisants, affichés sur la porte de la cellule, du coup il a, entre autres, un point vert, pour « potentiellement violent ». En plus, pour que même le dernier des surveillants comprenne, la porte de la cellule a été munie de la directive « ouvrir à deux » et « remettre de main en main ». Les conséquences de ces nombreux points et panneaux sont considérables. Très concrètement, cela signifie 22 heures par jour enfermé, 2 heures de promenade en commun, sans explications. Mais il a reçu dès le début du soutien de ses codétenus, avec qui il a de très bons rapports.

Jusqu’à récemment, la participation à toute activité sportive ou de loisirs lui était interdite. Entre-temps, il y a eu les premiers assouplissements et on lui a accordé une heure supplémentaire de sport. « Mais l’ennui ne vient pas, je lis et j’écris la moitié de la journée ».

La possibilité d’autodétermination n’existe pas en prison : pour tout ce dont on a besoin ou que l’on veut faire, il faut faire des demandes (des formulaires) et il faut qu’elles soient approuvées. Et tout cela prend beaucoup de temps, parfois des semaines, avant qu’une demande soit traitée et seulement si l’on demande encore et encore. Ceux qui ne connaissent pas l’allemand sont perdus dans ce système.

Par exemple, jusqu’à aujourd’hui, Nanuk n’a pas pu recevoir un seul livre de l’extérieur, malgré les nombreuses demandes qu’il a formulées. Il peut quand même emprunter des livres à la bibliothèque. Même chose, il a dû attendre des semaines pour recevoir les journaux, quotidiens et hebdomadaires, auxquels il est abonné, ce qui n’est pas très régulier. Même si tout prend du temps et une vie autonome a une autre gueule, « le plus souvent, j’attends avec impatience les expériences du lendemain », écrit-il.

À ce jour, Nanuk n’a toujours pas reçu de courrier privé : pas une seule carte postale ni une seule lettre de l’extérieur ne lui sont parvenues. Il s’est avéré que la prison de Moabit n’a pas transmis le courrier au Parquet fédéral pour la censure postale obligatoire. Cependant, les premières lettres envoyées par Nanuk sont arrivées après environ six semaines. Même en ce qui concerne les visites, il est clair que la prison et le LKA [la police judiciaire de chacun des Länder allemands – ici celle de Saxe ; NdAtt.] exercent et exploitent leur pouvoir de toute manière possible, pour compliquer la vie des prisonniers.

À savoir, la mère de Nanuk a été autorisée à lui rendre visite quelques fois, mais un parloir n’a pas pu avoir lieu car la prison avait « oublié » d’en informer le LKA – qui est chargé de surveiller les visites. Et, à ce jour, seulement une partie des autorisations de visite demandées a été accordée. Une demande a été rejetée pour « risque de dissimulation de preuves ». Nanuk est accusé d’actes qui ont déjà été jugés dans le premier procès Antifa Ost, ce qui fait que le « risque de dissimulation de preuves » ne semble pas être une raison très évidente. C’est une pratique bien ancrée que la justice empêche les parloirs de personnes considérées comme « d’ultragauche ». Il est plus qu’évident qu’il s’agit d’une stratégie pour éloigner les prisonniers politiques de leur entourage politique.

Les enquêtes sur l’entourage de Nanuk montrent clairement les mécanismes de répression et les efforts déployés par les autorités chargées de l’enquête. On sait qu’en mai 2023 une personne a reçu à son domicile la visite d’agents du BKA [la police judiciaire fédérale ; NdAtt.]. Il s’agissait là d’une information qui serait liée à la cession d’un véhicule. Le but du BKA était d’obtenir des informations et des renseignements sur le lieu de résidence de Nanuk. Ces efforts se sont intensifiés un an plus tard, c’est-à-dire en mai 2024. La personne concernée a fait l’objet d’une enquête, qui s’est concrétisée par la surveillance des ses télécommunications et une nouvelle citation à comparaître devant le Parquet fédéral. Le refus de témoigner de cette personne lui a valu une amende.

Ces dernières semaines, plusieurs notifications ont été envoyées, indiquant que des personnes de l’entourage de Nanuk avaient fait l’objet de mesures de surveillance. Au moins cinq personnes ont été informées qu’elles avaient fait l’objet de mesures de surveillance de leurs télécommunications et d’observations, au cours de la dernière année : écoutes téléphoniques, surveillance des émails et des connexions à Internet, filatures quotidiennes, écoutes de conversations en dehors du domicile et « accompagnement » pendant les vacances.

Il ressort également d’un PV que l’Office fédéral de protection de la constitution [les renseignements intérieurs allemands, correspondant à la DGSI française ; NdAtt.] s’est chargé d’une partie de la surveillance de l’entourage de Nanuk. La durée et l’ampleur de ces mesures ne sont pas connues et ne le seront probablement jamais.

Apprendre que ses conversations téléphoniques ont été interceptées, que l’on a été observé.es dans sa vie quotidienne rend furieux.ses et indigné.es. Mais pourquoi cela suscite-t-il de tels sentiments ? Nous n’avons rien d’autre à attendre de la part de l’État. Tout comme Nanuk est accusé d’avoir vécu sa position politique et antifasciste, son entourage l’est aussi. Ceux/celles qui sont concerné.es sont des camarades qui ne se sont pas laissé.es intimider par la répression qu’elles/ils attendaient, dont le « crime » est de partager des portions de vie et des luttes avec Nanuk et qui continuent de maintenir sur pieds la lutte politique.

Ce ne sont pas nos camarades qui sont à blâmer pour les filatures et les emmerdements que la répression porte avec soi, mais seulement l’État et sa folie de persécution contre les antifascistes.

Que ce soit derrière les murs de la prison ou à l’extérieur, la lutte continue.

L’antifascisme n’est pas un crime.
Liberté pour tous les antifascistes. Bonheur et force pour celles/ceux qui sont en cavale.

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Berlin (Allemagne) : Une voiture de l’armée endommagée https://attaque.noblogs.org/post/2024/12/08/berlin-allemagne-une-voiture-de-larmee-endommagee/ Sun, 08 Dec 2024 15:01:21 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57574 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / mercredi 4 décembre 2024

La nuit dernière, une voiture avec la plaque d’immatriculation militaire et des sérigraphies de l’armée allemande a été garée sur le quai Maybach, à la hauteur du pont Hobrecht. Quelque chose d’inhabituel à voir. Le matin, elle a dû être remorquée, avec de la peinture neuve, les vitres cassées et les pneus crevés. C’était un trajet privé ? Tous les dix ans, les fonctionnaires fédéraux l’oublient : il ne faut pas se garer à Neukölln [quartier populaire du centre-sud de Berlin – le lien renvoie à un cas semblable, il y a une douzaine d’années ; NdAtt.]…

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Berlin (Allemagne) : Switch off l’industrie du béton https://attaque.noblogs.org/post/2024/12/04/berlin-allemagne-switch-off-lindustrie-du-beton/ Wed, 04 Dec 2024 17:21:55 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57543 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / lundi 2 décembre 2024

Les flammes ont à nouveau éclairé les nuits sombres et froides de Berlin. Des machines et des véhicules appartenant aux géants du béton Cemex et Heidelberg Materials, au matin du 2 décembre il ne restait plus que des cendres. Ce n’est pas la première fois que ces entreprises font l’objet d’attaques bien méritées. Déjà au cours de l’hiver 2023/24, plusieurs camions et un convoyeur de Cemex ont été complètement détruits par le feu et plusieurs camions de la société Heidelberg Materials, qui étaient utilisés pour transporter du béton pour l’autoroute A100, ont été incendiés. Les deux textes de revendication ont expliqué la responsabilité de ces sociétés dans des projets de destruction de la nature et de colonisation. Maintenant, un nouveau coup est porté à l’industrie du béton. Il n’est pas nécessaire d’expliquer pourquoi ces deux sociétés sont à nouveau devenues des cibles. Nous entendons cette action comme la continuation d’une série d’attaques contre les géants du béton, à travers le monde, comme une offensive contre les responsables de l’écocide qui est déjà une réalité dans beaucoup de territoires. Ces sociétés participent activement aux politiques néocoloniales et profitent de la guerre, de l’exploitation et du génocide dans les pays où elles sont présentes.

Le béton joue un rôle important dans le monde d’aujourd’hui. D’innombrables métropoles ont été construites, qui ressemblent à des cages pour les gens, où l’on ne respire que du gaz d’échappement et de la misère. Elles sont des lieux d’aliénation, où il n’est plus possible de voir la beauté impressionnante de la nature sauvage et où des tours sans visage cachent la lumière du soleil, alors que l’idiotie humaine essaie de gratter le ciel en construisant des bâtiments toujours plus hauts. Mais ils oublient qu’il y aura toujours une petite plante qui trouvera une fissure dans le béton, pour y enfoncer ses racines et pousser. Cette couleur, dans le gris triste, est la preuve vivante que la nature sauvage peut résister au béton écrasant. Tout comme, pour notre bonheur et leur malheur, il y a partout des gens qui veulent détruire leur monde de béton. Cela nous inspire et nous apporte le sourire sur nos visages, chaque fois que nous entendons que, ailleurs, des entreprises qui ravagent la terre sont confrontées à la colère et au feu.

Ou comme les compas de la Célula insurreccional por el Maipo. Nueva Subversión [Cellule insurrectionnelle pour le Maipo. Nouvelle subversion] l’on écrit, depuis le Chili : « Que cet incendie soit une accolade aux compas qui ont porté des coups dans d’autres territoires du monde. […] en sachant que l’attaque doit être immédiate et partout où se trouvent les installations et les moyens des responsables de la dévastation, en contribuant au dialogue par l’action directe et conflictuelle, sans aucune forme d’espoir dans des processus institutionnels ou des institutions salvatrices. »

Que la chaleur du feu réchauffe les cœurs de Marianna, Dimitra, Dimitris et Nikos, enfermé.es dans la prison de Korydallos, à Athènes.

En souvenir révolutionnaire du compagnon Kyriakos et de tou.tes celles/ceux qui sont mort.es au combat.

Liberté et bonheur pour Nanuk, Maja, Hanna et tou.tes les autres qui sont enfermées dans les taules, ainsi que pour tou.tes ceux/celles qui sont en clandestinité dans les immensités du nulle-part.

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Le rapport des pompiers

extrait d’un commentaire au texte précédent

Lieu : Alt-Hohenschönhausen et Marzahn [deux quartiers du nord-est de Berlin ; NdAtt.]

Pendant la nuit, les pompiers de Berlin ont été en œuvre dans deux endroits.

On nous a signalé plusieurs camions en feu, sur des sites industriels, sur la Gehrenseestraße (à Alt-Hohenschönhausen) et sur le Pyramidenring (à Marzahn). […]

Au total, huit camions ont brûlé sur la Gehrenseestraße et neuf sur le Pyramidenring.

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Allemagne : Des mises à jour sur l’arrestation et la situation actuelle de l’antifasciste Nanuk https://attaque.noblogs.org/post/2024/11/27/allemagne-des-mises-a-jour-sur-larrestation-et-la-situation-actuelle-de-lantifasciste-nanuk/ Wed, 27 Nov 2024 17:31:46 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57517 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / dimanche 24 novembre 2024

Nanuk a été arrêté à Berlin dans l’après-midi du 21 octobre 2024, alors qu’il se déplaçait à vélo, par des agents de la police judiciaire fédérale [BKA] et de la police judiciaire de Saxe [LKA Sachsen]. De Berlin, il a d’abord été amené à la Cour fédérale [BGH] de Karlsruhe, où, le 22 octobre, il a été présenté à une juge d’instruction, qui a ordonné son placement en détention préventive. De Karlsruhe, il a été ramené à Berlin, où il se trouve en détention préventive, depuis le 23 octobre, à la Maison d’arrêt de Moabit. Suite à son arrestation, des perquisitions ont été effectuées dans son appartement, à Berlin, ainsi que dans un autre.

Lors des deux transferts, il a été transporté par la route, des déplacements efficaces en hélicoptère lui ayant été épargnés. L’accueil de la presse à Karlsruhe, que l’on a vue lors d’autres procédures de l’affaire « Antifa Ost », n’a pas eu lieu non plus, mais juste après son arrestation et avant les déclarations officielles à la presse, des articles tapageurs ont été publiés dans les journaux à sensation et les réseaux sociaux de droite habituels. Encore une fois, comme c’est désormais l’habitude dans l’affaire « Antifa Ost », des informations sur son arrestation avaient été transmises à la presse.

Même Nancy Fraeser [ministre fédérale de l’Intérieur ; NdAtt.] n’a pas hésité à se réjouir de l’arrestation : « L’État de droit a un long souffle dans la lutte contre les dangereux extrémistes de gauche. Personne ne peut se sentir en sécurité dans la clandestinité. Un important succès de l’enquête, entre autres, du BKA. » Selon la théorie pour laquelle les extrêmes se rejoindraient, tout.e antifasciste qui ne reste pas à disposition des services de sécurité doit être considéré.e comme « dangereux.se ».

La réalité est bien différente de ces ovations médiatiques. Le mandat d’arrêt de la Cour fédérale accuse Nanuk seulement du soutien à une « organisation de malfaiteurs », dans le cadre de l’affaire « Antifa Ost », entre 2018 et 2020, et d’avoir participé à une attaque contre la brasserie néonazi Bulls Eye, à Eisenach, en 2019. Et ces accusations, pourtant très marginales, reposent presque exclusivement sur les déclarations du traître Johannes Domhöver, témoin-clef dans le premier procès « Antifa Est ».

En plus, il y a une autre procédure pour les incidents du Nouvel an 2018/2019, quand la succursale de la Cour fédérale et une fraternité de droite ont été attaquées, à Leipzig. À l’heure actuelle, ce qui lui est reproché dans ce cas n’est pas clair.

Bien que pour l’instant Nanuk soit encore enfermé 22 heures par jour, à la maison d’arrêt de Moabit, il se porte bien, compte tenu des circonstances. Il reçoit régulièrement la visite de son avocate, il a une radio, une télévision et a accès à deux journaux qui arrivent gratuitement en taule, ainsi qu’aux magasins courants, comme le Spiegel, qu’il peut acheter à la cantine. D’autres livres et revues qu’il voudrait avoir et qui ont été commandés pour lui ne lui ont pas encore été remis. De même, il n’a pas encore reçu de courrier, bien que beaucoup de gens lui aient déjà écrit. Avant de lui être remis, tout le courrier est lu par les procureurs et ceux-ci ne sont visiblement pas pressés de lui permettre de communiquer avec le monde extérieur.

Mais cela ne doit empêcher personne de continuer à écrire des lettres et des cartes postales à Nanuk. Les murs gris de sa cellule attendent d’être décorés avec des cartes postales.

Les signes de solidarité sont très importants et il y en a déjà eu quelques-uns, depuis son arrestation. Il y a eu un feu d’artifice devant la prison et, le 2 novembre 2024, une manifestation anticarcérale.

Nanuk se réjouit de toute forme de solidarité.
Soyez créatif.ves. La solidarité est notre arme.

Nous nous attendons à ce que la procédure s’étende sur une longue période – la solidarité avec Nanuk et le soutien pour les frais de justice resteront donc importants aussi pendant l’année 2025. Comme dans le cas de tou.tes les autres antifascistes criminalisé.es.

Vous trouverez d’autres nouvelles et actions solidaires sur le blog : https://freenanuk.noblogs.org/
Les lettres pour Nanuk peuvent être envoyées à cette adresse émail : solipost-nanuk@riseup.net

Le compte pour le soutien est :
Rote Hilfe e.V.
GLS-Bank
IBAN: DE55 4306 0967 4007 2383 17
BIC: GENODEM1GLS
Finalité/mot-clé : Eisbaer

Liberté pour Nanuk ! Liberté et bonheur pour tou.tes les antifas !

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Berlin (Allemagne) : Encore une arrestation dans l’affaire Antifa-Ost. Solidarité avec Nanuk https://attaque.noblogs.org/post/2024/10/26/berlin-allemagne-encore-une-arrestation-dans-laffaire-antifa-ost-solidarite-avec-nanuk/ Sat, 26 Oct 2024 16:07:05 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57165 Continuer la lecture ]]> Soli Antifa Ost / mercredi 23 octobre 2024

Le lundi 21 octobre 2024, notre ami et camarade Nanuk a été arrêté à Berlin, par des enquêteurs de la police judiciaire [LKA] de Saxe.

Ils s’en sont suivies des perquisitions dans deux appartements, dans les quartiers berlinois de Kreuzberg et de Mitte, et Nanuk a été présenté à un juge des libertés, à Karlsruhe, qui a mis en exécution le mandat d’arrêt.

La pression qui est mise et la volonté de persécution des autorités répressives dans l’affaire Antifa Ost, tout comme dans l’affaire des antifas de Budapest, sont motivées politiquement et dirigées par la plus haute autorité judiciaire du pays.

Comme dans le cas de Nanuk, dans les deux affaires, plusieurs inculpé.es sont et seront recherché.es à travers toute l’Europe.

Nanuk, lui, est accusé d’avoir soutenu la prétendue association de nature criminelle au centre de l’affaire Antifa Ost, d’avoir agressé des nazis et d’avoir été impliqué dans l’attaque de l’antenne locale de la Cour fédérale, à Leipzig, dans la nuit du Nouvel an 2019.

En ce qui concerne l’attaque contre la Cour fédérale à Leipzig, l’enquête a d’abord été ouverte en vertu de l’article 129a (formation et/ou appartenance à une association de nature terroriste). En juin de cette année, cette procédure a été abandonnée et les infractions d’incendie criminel, de dégradations matérielles et d’atteinte grave à l’ordre public ont été transférées au parquet de Leipzig.

Cependant, le parqueté fédéral continue d’enquêter sur lui et sur d’autres personnes et tisse une toile d’indices fantaisistes, une technique qui leur a déjà assuré le succès dans le cas des quatre accusé.es de Dresde [l’affaire Antifa Ost ; NdAtt.].

Ils considèrent que le monopole de la violence par l’État est en danger et essayent, à travers la théorie selon laquelle les extrêmes se rejoindraient, d’assimiler nos camarades aux nazis qui ont été attaqués. L’autogestion de la justice ne serait donc pas nécessaire, puisque l’État agit et les nazis qui ont été tabassés ont été traînés devant les tribunaux, d’abord en tant que témoins, ensuite en tant qu’inculpés.

Les autorités chargées de l’enquête, au centre desquelles on trouve le tristement célèbre SOKO LinX [service chargé de la répression de ce qu’ils appellent le « milieu extrémiste de gauche » ; NdAtt.] de la police judiciaire de Saxe, ne reculent devant aucun moyen pour imposer leurs mesures et garantir ainsi l’existence de leur service. La recherche de résultats, qui est derrière la fondation, pour des raisons politiques, du SOKO, a conduit à une répression massive contre des camarades, dans toute l’Allemagne, et la vague répressive n’en finit pas.

Les enquêtes concernant des structure organisationnelles, les mesures opérationnelles, les avis de recherche publiques et bien d’autres moyens encore font partie du répertoire qui est utilisé contre les antifascistes et les anti-autoritaires ; des gens peuvent se soustraire aux autorités seulement, et pas toujours, en se cachant.

Malgré cette incessante chasse aux sorcières, de nombreux.ses camarades sont encore en liberté et elles/ils jouissent de notre entière solidarité.

Nous envoyons de la force à tou.tes ceux/celles qui ont pu se soustraire aux autorités, à tou.tes celles/ceux qui sont derrière les barreaux et à ceux/celle que l’État essaye de réprimer parce qu’elles/ils continuent à se battre pour nos idées.

Nous sommes solidaires avec tou.tes ceux/celles qui sont en cavale et/ou victimes de la répression !

Liberté pour Nanuk, liberté pour tou.tes les prisonnier.es !

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Berlin (Allemagne) : Acquittement au procès « Wir Haben eine Verabredung » ! https://attaque.noblogs.org/post/2024/07/17/berlin-allemagne-acquittement-au-proces-wir-haben-eine-verabredung/ Wed, 17 Jul 2024 18:57:26 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=56282 Continuer la lecture ]]> Paris-Luttes.info / mercredi 17 juillet 2024

Le 15 juillet se tenait le dernier jour du procès dans l’affaire « Wir Haben eine Verabredung ». Selon l’accusation, durant la nuit du 16 février 2023, les prévenu-es auraient voulu incendier les câbles de l’entreprise ferroviaire allemande. Le parquet a plaidé l’acquittement à la fin de sa plaidoirie, par manque de preuves. Les avocat-es ont aussi plaidé pour l’acquittement, que le juge, après 15 minutes de réflexion, a prononcé !

Voici la déclaration que les deux accusé-es ont lue ensemble après les plaidoiries finales des avocat-es :

« Nous avons été arrêté-es il y a 17 mois. Pendant un jour et demi, avons été séparé-es dans le centre de détention de Tempelhofer Damm et avons été présenté-es à un magistrat. Nous avons ensuite dû nous présenter au poste environ 85 fois et griffonner notre signature sur un bout de papier pour prouver que nous n’allions pas nous soustraire à la procédure. Notre ADN a été prélevé, et recherché dans des bases de données. Pendant un total de 15 jours, nous avons été observé-es par des contrôleurs dans notre vie quotidienne, avec nos ami-es et compagnon-nes, et les entrées de nos maisons ont été filmées. Depuis quelques jours, nous sommes assis-es devant ce tribunal, où notre culpabilité est jugée.

Nous n’avons rien dit au moment de l’arrestation, et nous ne dirons rien aujourd’hui, sur les raisons pour lesquelles nous étions à l’endroit où nous avons été arrêté-es. Cet « espace vide » ne fait que souligner ce qui est également devenu clair au tribunal ces derniers jours : la police et la justice tâtonnent dans l’obscurité. La recherche de notre ADN dans les bases de données ne vous a rien donné. Vos observations ne semblent pas avoir abouti à des conclusions pertinentes. Il ne vous reste plus qu’une histoire sordide pour vous conformer à votre propre volonté de persécuter, et pour être en mesure de présenter les « succès » nécessaires.
L’ordre politique n’exige pas d’intégrité morale, mais seulement le respect des lois.

Le manque de motivation avec lequel l’enquête et l’audience principale ont été menées par l’instruction – presque à la limite du refus de travailler – que ce soit par incompétence ou par arrogance ; ainsi que l’étalage risible des « compétences » en matière criminelle de certains agents de la police fédérale, pourraient presque cacher le fait que nous sommes ici devant un exemple de justice de classe.

Quand nous parlons de justice de classe, nous pensons que nous sommes tout de même ici dans une position plutôt privilégiée. Mais en même temps, nous n’oublions pas de quel droit il s’agit ici.

Nous n’oublions pas les innombrables locataires qui sont condamné-es au sans-abrisme par les tribunaux allemands. Ni les milliers de personnes incarcérées dans les prisons allemandes, dont le seul crime est leur pauvreté ou leur origine.

Nous n’oublions pas que chaque auteur de violence en uniforme, et même le dernier membre du NSU [1] peut quitter une salle d’audience le sourire aux lèvres, alors que dans le même temps l’abolition de facto du droit d’asile maintient les continuités coloniales, et que les personnes ayant subi des violences sexuelles et racistes ne peuvent s’attendre qu’à de nouvelles violences face aux tribunaux allemands.

Nous n’oublions pas comment, dans ce soi-disant tournant historique, les lois et les autorités allemandes permettent la militarisation la plus massive de l’allemagne depuis la Réunification, et comment les entreprises d’armement allemandes profitent continuellement du génocide et de la guerre dans le monde entier.

Et nous n’oublierons jamais que ce sont des gens portant l’uniforme de la justice qui, à quelques mètres d’ici, ont laissé brûler Ferhat Mayouf dans une cellule de prison [2].

Ce procès n’est qu’une des nombreuses tentatives actuelles pour persécuter les individu.es et structures anarchistes et antifascistes ; les forcer à abandonner sous la pression de l’État, les occuper par la répression et la menace de punitions allant du désagréable au très sévère. Le soi-disant Centre modéré démocratique tente d’éliminer les éléments perturbateurs qui révèlent au grand jour son système (de valeurs) oppressif et non libre. Non pas pour la justice, mais pour garder leur conscience tranquille.

Cependant, on peut observer partout en Europe à quel point ce centre bourgeois est toujours proche d’avoir une sympathie assumée pour le renforcement du fascisme.

L’Histoire a prouvé que nos réponses à ces questions ne peuvent pas être fondées sur le droit civil et, par conséquent, il n’y a pas lieu d’en dire plus dans ce bâtiment.

Au lieu de cela, nous souhaitons terminer avec quelques mots sur la solidarité :

À aucun moment nous n’avons eu à endurer cette audience seul-es. Pour nous, cette solidarité est une expression de la puissance et de la beauté des idées révolutionnaires.

Le soutien que nous avons reçu dans cette salle, et qui nous a accompagné-es et soutenu-es pendant un an et demi n’est malheureusement pas toujours une évidence. En particulier, nous voulons remercier celleux qui nous ont accueilli-es devant le centre de détention après notre arrestation, celleux qui nous ont soutenu-es sans relâche pendant tous ces mois et ces personnes inconnues dont les salutations, de près ou de loin, ont rempli nos cœurs de joie.

Last but not least, merci à nos avocat-es, sur le soutien et l’engagement desquel-les nous avons toujours pu compter.

Quel que soit le verdict qui nous sera rendu ici, nous sommes certain-es que le besoin d’un monde de dignité, de liberté, d’autodétermination et de justice ne pourra pas être négocié dans une salle d’audience. Et nous quitterons cette salle avec la certitude que ni la sécurité de l’État, ni le ministère public, ni ce tribunal n’ont la moindre idée de ce que nous pensons, voulons ou faisons vraiment. Et cela, malgré toutes les adversités, reste un sentiment très satisfaisant. »

Source

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Berlin (Allemagne) : Une foreuse de Bauer AG incendiée, en raison de sa participation à THE LINE https://attaque.noblogs.org/post/2024/07/13/berlin-allemagne-une-foreuse-de-bauer-ag-incendiee-en-raison-de-sa-participation-a-the-line/ Sat, 13 Jul 2024 12:15:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=56233 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / vendredi 12 juillet 2024

Bauer AG est une entreprise de génie civil hautement spécialisée, qui se rend complice de la destruction de biotopes et de l’expulsion de leurs habitant.es, en participant à des projets d’infrastructures et de constructions gigantesques, dans le monde entier.

« Ce que nous faisons aujourd’hui détermine ce à quoi ressemblera le monde de demain »

Cette phrase inoffensive du patron de Bauer AG* signifie une menace sérieuse pour tout ce qui existe et qui ne correspond pas à l’idée occidentale du progrès, ou qui une veut pas s’y soumettre. Car là où s’étendent les tant vantées conquêtes de la civilisation, s’invite aussi, toujours, une mentalité coloniale qui veut quantifier tout le vivant en fonction de son utilité et qui est obsédée par la volonté de dominer et de contrôler le sauvage et l’imprévisible. Mais cela ne reste pas toujours sans réponse. Récemment, l’opposition continuelle de la Première Nation Wet’suwet’en au gazoduc Coastal GasLink, au Canada, qui, encore une fois, traverse leur territoire, a attiré l’attention sur la participation de l’entreprise Bauer à ce crime. Mais Bauer ne veut rien savoir de tout cela. On écrit la responsabilité et le développement durable sur sa bannière et on se flatte de réduire l’impact environnemental et l’empreinte carbone grâce à des solutions innovantes et à la numérisation.

Mais quand le prince héritier saoudien brandit ses dollars et appelle, au nom de la transition énergétique, on accourt vite. Il s’agit du cauchemar devenu réalité d’une Smart City dystopique appelée THE LINE, ainsi que du très convoité hydrogène vert et des taxis volants pilotés par l’IA. THE LINE est un gigantesque projet d’urbanisation, visant à construire une nouvelle ville futuriste qui, une fois complétée, s’étendra de la mer Rouge vers l’intérieur des terres, sur 170 km, et qui, avec une largeur de 200 mètres et une hauteur de 500 mètres, est prévue pour neuf millions d’habitant.es. Vantée comme la première ville neutre en CO2, ce projet attire des entreprises et des investisseurs internationaux et veut être à l’avant-garde de l’urbanisme de l’avenir. Smart, connecté, respectueux de l’environnement. Tout à fait compatible avec l’esprit du temps occidental. En outre, la Smart City doit favoriser l’hydrogène, une source d’énergie importante pour la transition énergétique. Une série de grosse entreprises européennes ont déjà décroché des commandes importantes pour THE LINE, dont ThyssenKrupp, Volocopter, Bauer AG, Veolia, Siemens Energy, Keller Grundbau GmbH, Kühne+Nagel, Trewi, Navia et FCC. Bauer AG est responsable de la réalisation des forages profonds, avec un contrat de 240 millions d’euros. Avec une telle somme, il est facile d’ignorer que, sur ce chantier, la plupart des travailleur.euses migrant.es sont brutalement exploité.es.
Pour la réalisation de ce projet, le gouvernement saoudien a également déplacé de force des milliers d’indigènes Howeitat, qui vivent sur place depuis des siècles. Qui résiste est arrêté.e, torturé.e ou assassiné.e. La transition énergétique dans tout sons splendeur. Même les innovations technologiques tant acclamées ne sont plus aussi séduisantes, si l’on considère que pour cela on met en place des systèmes de surveillance numérique, afin de trouver les dissident.es politiques et de permettre un contrôle social étendu. Dans le même temps, des quantités absurdes de ressources sont utilisées pour réaliser cette folie et il faut s’attendre à ce que cette Smart City monstrueuse, longue de 170 km, entrave massivement les mouvements migratoires habituels des animaux et déséquilibre la flore et la faune locales.

En fin de compte, THE LINE est, sur toute la ligne, une catastrophe écologique totale et une tragédie humaine. La seule chose positive à ce sujet est peut-être que, avec de tels exemples, les mensonges de la transition énergétique se dévoilent d’elles-mêmes. Au final, il ne s’agit de rien de moins que de remodeler l’exploitation industrielle et technologique pour satisfaire le besoin constant de croissance économique et de maximisation du profit. Feu et flamme pour tous ceux qui y participent et s’y enrichissent !

C’est pourquoi, dans la nuit du 12 juillet, nous avons mis le feu aux câbles hydrauliques d’une foreuse de la société Bauer, sur un chantier de la Köpenickerstraße, à Berlin-Mitte.

Pour en savoir plus [en allemand].

* Note d’Attaque : il s’agir en réalité d’une citation de Marie von Ebner-Eschenbach.

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Berlin (Allemagne) : Une attaque contre la militarisation et le spectacle https://attaque.noblogs.org/post/2024/07/07/berlin-allemagne-une-attaque-contre-la-militarisation-et-le-spectacle/ Sun, 07 Jul 2024 16:05:14 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=56158 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / dimanche 7 juillet 2024

Berlin : Attaque contre la militarisation et le spectacle / Attaque de deux antennes-relais

Hier, des antennes-relais ont été incendiées, à deux endroits différents de Berlin.

Cette action est une contribution à la lutte contre la technologie, la militarisation et la domination.

Ces dernières années, nous nous sommes habitué.es à être entouré.es de plus en plus d’antennes, qui deviennent partie de notre environnement. Ces antennes et le réseau de téléphonie mobile sont nécessaires pour permettre la numérisation de nos vies, pour réaliser la Smart City et pour perfectionner la technologie (militaire) et le contrôle social en général.

Actuellement, nous voyons à quel point la technologie joue un rôle fondamental dans toutes les guerres et à quel point son développement avance, pour tuer « plus précisément », grâce à l’intelligence artificielle, aux algorithmes et aux données collectées sur Internet, qui sont analysées à l’aide de la haute technologie.

En même temps, la technologie maintient débout la société du spectacle, ce qui est particulièrement visible ces jours-ci, avec Championnat d’Europe masculin de football, pendant que des milliers de personnes brandissent fièrement le drapeau de leur pays et que le nationalisme et le machisme se développent partout. Pendant qu’ici on fait diversion avec les médias de masse et « du pain et des jeux » et que des choix politiques sont faits, en même temps l’Allemagne annonce un « changement d’époque » militaire et la Forteresse Europe se militarise sans cesse. Les médias de masse divertissent le peuple du foot et les guerres et la destruction de l’environnement se poursuivent et plus de personnes que jamais sont contraintes de quitter leurs maisons. Les gens doivent oublier que, pour que le spectacle continue simplement ainsi, il est nécessaire que d’autres payent pour tout ça et meurent en migrant, dans des mines ou dans des guerres.

Pour ces raisons et bien d’autres encore, nous considérons nécessaire d’attaquer le progrès technologique et de déstabiliser et interrompre le spectacle. Parce que, si on est attentif.ve et on cherche le bon moment et le bon endroit, la domination est vulnérable. Un peu de temps, de volonté et de feu feront le reste.

Nous envoyons des salutations enflammées à Benni, accusé d’avoir lancé des cocktails Molotov sur les flics, lors de la manifestation suite au jugement du procès Antifa Ost.

Des salutations enflammées à Maja, qui est accusé.e d’attaques contre les nazis et qui vient d’être extradé.e à Budapest.

Des salutations vont aussi à Hanna, menacée elle aussi d’extradition.

Des salutations enflammées aux compas de Berlin qui sont accusé.es d’entente en vue de commettre un délit et des salutations enflammées à tou.tes celles/ceux qui luttent pour la liberté, à l’intérieur et à l’extérieur des prisons.

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Berlin (Allemagne) : Attaque contre des machines de forage de l’entreprise Bauer https://attaque.noblogs.org/post/2024/05/07/berlin-allemagne-attaque-contre-des-machines-de-forage-de-lentreprise-bauer/ Tue, 07 May 2024 18:36:59 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=55508 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / lundi 6 mai 2024

Attaque contre des machines de forage de l’entreprise Bauer et contre l’infrastructure extractiviste ! Solidarité avec le combat anticolonial des Wet’suwet’en !

Dans le monde entier, d’innombrables communautés autochtones luttent contre des projets et des infrastructures extractivistes comme les projets miniers, la fracturation hydraulique, la déforestation ou les pipelines. Dans le territoire occupé par l’État canadien, par exemple, un énorme projet de gazoduc est en cours de construction : le gazoduc Coastal GasLink, qui doit transporter du gaz extrait par fracturation hydraulique. Non seulement ce projet détruit des régions entières, mais il menace aussi le mode de vie autochtone des Wet’suwet’en. Le pipeline doit être construit sur leur territoire tribal et doit traverser la rivière Wedzin Kwa, qui est essentielle au mode de vie des Wet’suwet’en, car source d’eau et de poisson. C’est pourquoi depuis longtemps les Wet’suwet s’opposent à ce projet avec une résistance acharnée et défendent leur pays. Leur résistance se heurte à une forte répression, mais elle bénéficie également de beaucoup de solidarité.

Nous voulons montrer que la lutte contre la colonisation et donc l’industrialisation et l’extractivisme destructeur ne connaît pas de frontières. C’est pourquoi nous avons attaqué une entreprise qui est en première ligne dans la destruction des territoires des peuples autochtones et qui en profite : la société Bauer fournit les machines de forage nécessaires au gazoduc Coastal GasLink. C’est pourquoi, le 6 mai, nous avons attaqué par le feu deux de ses énormes machines de forage, sur un chantier à Berlin. Pour ce faire, nous avons mis des engins incendiaires, de l’essence et un pneu sur les câbles.

Le pipeline Coastal GasLink n’est qu’un des nombreux projets extractivistes sur des terres des peuples autochtones volées, au Canada et dans le monde. Qu’il s’agisse de pétrole, de gaz, de charbon, d’or, de lithium ou d’hydroélectricité et d’énergie éolienne (celles-ci devraient désormais servir aussi pour produire de l’hydrogène « vert » au Canada, ce qui intéresse beaucoup l’Allemagne), tous ces projets industriels font partie d’un système colonial qui détruit la planète et élimine les modes de vie autochtones.

Nous sommes solidaires des luttes des Wet’suwet’en contre le projet colonial du gazoduc Coastal GasLink.
Que ce soit au Canada, au Chili, au Pérou, dans la forêt de Hambach ou dans le nord du Portugal : luttons contre les projets extractivistes destructeurs et relions nos luttes !
Switch off the system of destruction and colonisation!

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Berlin (Allemagne) : Hey Jeff, tu les vois, les nuages de fumée ? https://attaque.noblogs.org/post/2024/05/02/berlin-allemagne-hey-jeff-tu-les-vois-les-nuages-de-fumee/ Thu, 02 May 2024 16:31:36 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=55405 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / mercredi 1er mai 2024

Dans la nuit du 30 [plus probablement du 20 ; NdAtt.] au 21 avril 2024, à l’aide de six dispositifs incendiaires, nous avons mis hors service par le feu seize camionnettes d’Amazon, sur un parking de cette entreprise, sur la Thyssenstraße, à Berlin.

Le 1er mai est connu pour être la Journée internationale de lutte de la classe ouvrière. Notre barbecue à base d’essence doit inciter à la lutte contre l’oppression des êtres humains et de la nature et attiser la confrontation inévitable entre les exploité.es et les dominants.

Ralf Kleber, ancien directeur d’Amazon Allemagne :
« Le verglas nous embête bien plus que les appels au conflit social de ver.di [le plus important syndicat allemand des services ; NdAtt.] ».

Une perte de pouvoir ou même une socialisation des grandes entreprises du secteur technologique et des acteur économiques mondiaux, comme Amazon, Tesla, Apple, Facebook ou Google sont impensables et ils ne peuvent pas être une perspective pour les exploité.es. Nous considérons que la réforme ou une conception « socialement plus acceptable » de ces entreprises n’ont aucun sens, puisque leur pouvoir est trop grand et les idées et les conceptions de l’humanité qui leur sont inhérentes sont diamétralement opposée à notre conception de la liberté. Nous considérons comme dangereux pour la vie la volonté de faire lumière sur chaque pensée de l’être humain, sur chaque relation sociale et sur chaque petite étape des processus de travail, ainsi que le fait de de vouloir les contrôler. Si même ces petits fragments de la vie doivent être réglés et adaptés à une condition extérieure donnée, la domination violente se présente en forme pure ! Ce sont souvent des hommes blancs mégalomanes qui essaient de façonner et d’exploiter la terre entière selon leurs idées patriarcales. Cela est ensuite appelé progrès, bien que ces patriarches essaient en fait de diriger la société toute entière vers leurs visions d’un avenir autoritaire et abstrus ! Jeff, Elon, Mark, Bill et consorts, soyez assurés que vous n’aurez pas de paix !

La domination, la surveillance et l’exploitation des êtres humains s’organisent davantage par le biais des grandes entreprises. On peut difficilement se passer de leurs réseaux numériques, de leurs algorithmes et de leurs technologie et désormais ils pénètrent tous les domaines de nos vies. Ils influencent notre vie, notre quotidien, nos sentiments, notre pensée, notre façon de communiquer et nos relations sociales. L’agression technologique vise ainsi, également, tout ce qui jusqu’ici s’est opposé à l’exploitation capitaliste. Une dystopie qui tend vers son propre achèvement : des quantités infinies de données sont collectées, sélectionnées, évaluées et analysées, à tel point qu’on peut garantir un aperçu sans faille, en temps réel, des processus sociaux et collectifs. Ceux-ci doivent être contrôlés afin de prévoir les développements et les (ir-)régularités. Des petits changements et des secousses sur un marché économique fragile peuvent avoir des répercussion sur sa suprématie dans la course ver le plus grand profit.

Amazon Web Services (AWS) représente symboliquement le lien entre les organes de répression étatiques et le capital. Rien d’étonnant à ce que AWS se spécialise aussi dans l’armement. Par exemple, AWS offrira un nouveau type de centre de données, avec lequel on pourra avoir un avantage militaire partout dans le monde. L’ainsi dit AWS – Modular Data Center (AWS – MDC), qui, en substance, est un système de centre de données modulaire, emballé dans un conteneur maritime. De cette manière, on a la possibilité d’accéder à de nombreux services basés sur le cloud d’Amazon et il peut facilement être agrandi avec d’autres modules (toujours dans des conteneurs maritimes). Il peut être déployé partout, ce qui offre un avantage militaire. Comme on pouvait s’y attendre, Amazon limite la disponibilité de l’AWS – MDC aux clients du gouvernement américain qui sont éligibles à la Joint Warfighting Cloud Capability (JWCC). Dans ce cas, c’est le Département de la défense des États-Unis, qui sera en mesure d’obtenir des capacités et des services de cloud computing directement auprès de fournisseurs commerciaux de services de cloud computing (y compris Mircosoft, Google, Oracle, etc.), à la vitesse nécessaire et à tous les niveaux, du quartier général au niveau tactique.

La lutte contre l’exploitation des êtres humains et de la nature est une lutte contre les guerres des dominants, leurs armées, leur industrie des armements ! Pour la révolution sociale !

Il y a une infinité de raisons et de possibilités pour attaquer des sociétés comme Amazon et Tesla. C’est pourquoi nous nous réjouissons en avance d’une semaine passionnante d’actions contre Tesla.

Allô Jeff ! Est-ce que ton ego est aussi grand que l’Amazon Tower ? Est-ce que de là-haut tu vois les fumées ?

Elon, ton ego GIGAntesque ne pourra pas protéger tes chariots !

Nous salutations vont à à tou.tes celles/ceux qui ont pris la rue hier soir dans le cadre de la manifestation Take back the night, à tou.tes les anarchistes en captivité, aux compas affecté.es par le procès « Nous avons un rendez-vous » et à tou.tes les combattant.es qui sont actuellement en cavale.

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Berlin (Allemagne) : Appel solidaire pour le procès de deux compas, accusé.es de conspiration https://attaque.noblogs.org/post/2024/03/30/berlin-allemagne-appel-solidaire-pour-le-proces-de-deux-compas-accuse-es-de-conspiration/ Sat, 30 Mar 2024 20:17:59 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54932 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / mardi 26 mars 2024

Il y a plus d’un an, le 16 février 2023, deux compas ont été arrêté.es, au milieu de la nuit, dans le quartier berlinois d’Adlershof. Accusé.es d’« entente en vue de commettre un délit » (plus précisément : un incendie), leur procès commencera le 27 mai 2024, au tribunal du district de Tiergarten.
Selon l’acte d’accusation, des câbles de la Deutsche Bahn [la SNCF allemande ; NdAtt.] devaient être incendiés, cette nuit-là – une construction des services de sécurité de l’État, vendue comme une certitude par le Parquet, afin de pouvoir accuser nos compas de conspiration. Pour nous, ce n’est pas le point, ce n’est pas pertinent de savoir si oui ou non cette accusation est plausible, compte tenu des circonstances de l’arrestation, ou si c’est du n’importe-quoi ; nous ne participerons donc pas aux spéculations. L’arrestation des compas n’a pas été la conséquence d’une action directe, mais les enquêteurs ont construit un acte potentiel et son objectif. L’article du code pénal sur la « conspiration/entente en vue de… »* résout les problèmes des autorités répressives quand elles tâtonnent dans le noir et en même temps leur permet de mettre en place des mesures dissuasives. Cette accusation laisse au tribunal une marge de manœuvre pour poursuivre les méthodes et l’association de celles/ceux qui luttent contre l’État, sans que rien de concrète ne se soit produit. Mais cela ne nous empêche pas de dire que les différents méthodes de résistance, qui vont du fait de prendre soin les un.es des autres jusqu’au sabotage, ont toujours été des outils utilisés par les exploité.es et les opprimé.es.

Les procès et les prisons sont des instruments de la justice bourgeoise, qui sépare les personnes entre coupables et innocent.es. La punition, la peur et le monopole étatique de la violence doivent contraindre tout le monde à s’adapter à la misère patriarcale et coloniale du système capitaliste. Celui/celle qui l’a fait, qui accepte les clôtures aux frontières, les murs, les règles et les normes et qui participe au maintient de ce système, était ou devient, dans ce sens, innocent. Mais celle/celui qui n’est pas capable ou qui refuse de l’accepter, qui agit de manière autodéterminée, qui cherche d’autres voies et qui attaque, sera toujours coupable aux yeux de la loi.
Nous défendons la possibilité et la nécessité de l’action directe en tant qu’outil des luttes révolutionnaires. Dans la répression qui frappe nos deux compas, nous voyons encore une tentative de menacer celles/ceux qui font exactement cela. Que ce soit la répression brutale des protestations contre le sommet du G20 [à Hambourg, en juillet 2017 ; NdAtt.], la persécution de l’antifascisme militant, la complète dépolitisation de l’ancienne guérilla urbaine ou l’énorme répression des luttes anti-coloniales : pendant qu’une vaste militarisation de la société accompagne l’intensification de la violence organisée de l’État, à l’intérieur et à l’étranger, le pouvoir doit priver de légitimité toute idée d’une possible contre-violence auto-organisée.
Nous n’acceptons donc pas la ligne de démarcation, imposée d’en haut, entre coupables et innocent.es. Nous traçons cette ligne entre ceux/celles qui s’enrichissent et celles/ceux qui exproprient et mettent en commun ce que de toute façon n’appartient pas aux grandes entreprises et aux banques. Entre ceux/celles qui construisent des murs et celles/ceux qui les franchissent. Entre les assassin.es en uniforme et celles/ceux qui règlent leurs conflits entre eux/elles.

Entre celles/ceux qui désirent la liberté et ceux/celles qui les en privent.

Il est évident que les jolis mots ne correspondent pas toujours à la réalité. Mais que le doute, l’insécurité, l’isolement, ainsi que l’exploitation et l’oppression qui nous frappent de manières différentes nous éloignent les un.es des autres. Mais c’est précisément dans notre diversité, avec tout ce qui nous définit et nous rend spéciaux.les, que nous pouvons – dans le respect mutuel – nous connaître, nous retrouver et oser nous entendre. Ensuite, nous pouvons partager nos peurs, trouver des analyses, des suggestions et des solutions à nos problèmes, tou.tes ensemble, au lieu de le faire en tant que combattant.es solitaires. Nous voulons fonder nos relations sur des valeurs comme l’honnêteté, l’entraide, la passion et la confiance et trouver le sens de notre existence non pas en tant que rouages du mécanisme du pouvoir et du profit, mais le chercher dans la lutte pour un bouleversement social nécessaire.

Ces combats ont toujours été nécessaires et le resteront. Nous considérons donc de notre responsabilité, et une forme de solidarité, de ne pas nous laisser intimider par les arrestations et les enquêtes. La meilleure réponse est de se défendre les un.es les autres et de continuer à défendre et à propager, en mots en actes, l’idée d’un autre monde, jusqu’à ce que tou.tes soient libres !

Nous vous invitons à suivre le processus de manière solidaire et à soutenir les compas aussi au tribunal. Venez avec nous à l’ouverture du procès, le 27 mai 2024, au tribunal de Moabit !

Évidemment, nous avons un rendez-vous pour saboter la guerre.
Évidemment, nous avons un rendez-vous pour combattre la normalité patriarcale.
Évidemment, nous avons un rendez-vous pour arrêter l’exploitation de la terre et de ses êtres vivants.
Évidemment, nous avons un rendez-vous pour lutter pour la liberté de tout le monde…

Force, liberté et bonheur pour tou.tes les personnes persécuté.es et emprisonné.es, en fuite et en taule !

 

Les dates provisoires du procès sont :

27.05. – 14h00
06.06. – 09h15
13.06. – 09h15
01.07. – 09h15
04.07. – 09h15
08.07. – 09h15
11.07. – 09:h15

Nous publions les mises à jour et les modifications sur le site http://verabredet.noblogs.org

 

Note d’Attaque : il devrait s’agir de l’art. 30, alinéa 2, du code pénal allemand, qui punit la tentative d’une infraction, quand elle est planifiée par un groupe de personnes. Dans ce sens, juridique, le mot allemand Verabredung peut être rapproché de celui anglais conspiracy (la formulation utilisée dans le code pénal français est « entente établie en vue de… », par exemple dans l’art. 450).
Dans le langage courant, Verabredung signifie simplement « rendez-vous » (Wir haben eine Verabredug veut donc dire « Nous avons un rendez-vous »), d’où les jeux de mots sur cette affaire répressive.

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Berlin (Allemagne) : Du feu pour Tesla https://attaque.noblogs.org/post/2024/02/09/berlin-allemagne-du-feu-pour-tesla/ Fri, 09 Feb 2024 19:47:07 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54327 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / vendredi 8 février 2024

Deux Tesla ont été incendiées dans le quartier de Rummelsburg, le 7 février, et deux bornes de recharge pour Tesla le 8 février, sur la Vulkanstraße [les deux endroits se trouvent dans l’arrondissement de Lichtenberg, dans l’est de Berlin ; NdAtt.].
Nous pensons que Tesla est un objectif idéal pour nos attaques.

Puisque :
– Plusieurs armées utilisent Starlink, le système de satellites de Tesla, dans leurs guerres. Aussi Israël à Gaza. Aussi en Ukraine. L’infrastructure Starlink de Tesla est un acteur militaire important et les attaques contre Tesla peuvent être un signal, partout : contre toute guerre !
– Tesla est un symbole du « capitalisme vert ». Mais elle est tout sauf verte : les batteries au lithium viennent des mines toxiques au Chili et dévorent aussi d’autres métaux rares, ce qui signifie misère et destruction pour leurs zones d’extraction. Le « capitalisme vert » est synonyme de colonialisme et d’accaparement des terres.
– Tesla veut continuer à développer sa gigafactory à Grünheide, près de Berlin. Nous voulons nous y opposer ! Nous ne voulons pas d’autres Tesla dans les rues ! La gigafactory est connue pour ses conditions d’exploitations extrêmes. De surcroît, cette usine pollue les nappes phréatiques et consomme, pour ses produits, d’énormes quantités d’une ressource déjà assez rare.
– Tesla militarise nos rues. Ses voitures sont équipées de caméras à haute résolution. Quand elles sont en mode « Sentinelle », elles filment tout et tout le monde. Faites en sorte d’être impossibles à reconnaître lors de vos actions.
– Elon Musk est un connard !

Par conséquent :
Dégonfler les pneus des grosses voitures ? Super.
Encore mieux : mettre le feu à la Tesla toute entière !
Un paire d’allume-feu et le printemps peut commencer !

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Berlin (Allemagne) : Attaque de voitures du Syndicat de la police https://attaque.noblogs.org/post/2024/02/07/berlin-allemagne-attaque-de-voitures-du-syndicat-de-la-police/ Wed, 07 Feb 2024 20:12:02 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54311 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / mardi 6 février 2024

La GdP (Gewerkschaft der Polizei, Syndicat de la police) est le plus important syndicat de police allemand. Elle a plus de 200 000 membres dans toute l’Allemagne et fait partie du DGB [Deutscher Gewerkschaftsbund, la Confédération allemande des syndicats, proche du Parti social-démocrate ; NdAtt.]. Plus qu’un syndicat, la GdP est une lobby qui œuvre en faveur des intérêts des flics allemands.

Son agenda politique est obtus et borné comme on peut l’attendre d’une association de policiers : plus d’argent, plus d’armes, plus de possibilités d’utiliser la force. Leur représentants donnent assidûment des interviews, participent à des congrès comme le Congrès européen de la police et la Conférence allemande sur la sécurité et ils ont l’oreille de ministres et hauts fonctionnaires dans tout le pays. Souvent avec succès.
Par exemple, la GdP s’est engagée avec succès pour l’introduction des bodycams, de la reconnaissance faciale, pour l’utilisation massive des sprays au poivre, de la torture par vomitifs (on rappelle ici que c’est Olaf Scholz [l’actuel chancelier fédéral ; NdAtt.] qui a introduit l’utilisation des vomitifs, quand il était ministre de l’Intérieur du Land de Hambourg, en contribuant ainsi à la mort d’Achidi John, en 2001), du paragraphe 114 du code pénal [qui punit les actes de violence sur les agents des forces de l’ordre et les militaires ; NdAtt.] et du rituel agrandissement annuel de l’apparat policier.

Le fait que la police de Berlin ait depuis longtemps un bilan de deux milliards d’euros et que, avec presque 19 000 flics, elle ait la plus haute densité de flics d’Europe (705 employés de police pour 100 000 habitant.es – presque un.e Berlinois.e sur cent est un flic !), n’empêche pas la GdP de se mettre en scène en tant que victime à chaque fois qu’un coup de feu retentit.

Une fois encore, la Saint-Sylvestre l’a montré plus que clairement : 4 500 flics en action, venus de toute l’Allemagne, des bodycams, des chiens renifleurs, des hélicoptères et plus de 100 « entretiens préventifs avec des personnes potentiellement dangereuses », comme des suspect.es des piscines, des partisan.es des migrant.es et des antifas et des participant.es à des manifs suite aux événements au Proche orient.

Derrière la façade technocratique et factuelle, la GdP utilise les méthodes de démagogie de droite que l’on peut attendre de l’armada de voyous racistes, imprégnée de structures nazies, qu’elle représente.
Dans ses publications, elle utilise la logique d’un démagogue de droite, dans laquelle les pauvres et les migrant.es ne représentent rien d’autre qu’un risque pour la sécurité. Qu’on se rappelle par exemple que, pendant des années, la GdP a soutenu juridiquement et financièrement les assassins d’Oury Jalloh. Non seulement elle a constamment défendu le récit, entre-temps réfuté par des expertises, selon lequel Oury Jalloh a lui-même mis le feu, alors qu’il était attaché sur un matelas ignifuge. Lors du procès du chef de service du poste de police, elle a aussi pris en charge les frais de procédure, ainsi que l’amende, ridicule pour un homicide involontaire, de 10 800 euros.

Dans le passé récent aussi, elle a montré clairement quelles conséquences mortelles les plus pauvres d’une société devraient craindre si le monde politique répondait aux exigences des lobbies de la police, comme la GdP.
Déjà pour la neuvième fois au cours des cinq dernières années, un demandeur d’asile, de 26 ans, a perdu la vie à cause de l’utilisation d’un taser, dans ce qu’on appelle un centre de premier accueil.
Depuis des années, la GdP s’engage de manière forte pour l’utilisation généralisée des ainsi dits « appareils à impulsion électriques à distance ». Leur demande d’équiper chaque véhicule de patrouille, à Berlin, d’un taser, a trouvé une oreille attentive l’année dernière, quand 1,4 millions d’euros du « Fond interne pour l’infrastructure de la ville en croissance et fond spécial pour le développement durable » ont été débloqués pour l’achat de 250 tasers. Les conséquences mortelles de cet achat seront encore plus claires dans les années à venir, avec la possible détérioration des conditions de vie et de logement, puisque ce sont précisément ces personnes qui sont touchées par la violence meurtrière de la police : celles qui perdent leur logement et qui sont confrontées à des crises financières, auxquelles sont souvent liées des situations psychologiques exceptionnelles.

Il nous semble donc évident de devoir tenir la GdP pour responsable de sa politique. Par conséquent, dans la nuit du 4 au 5 février, nous avons tagué deux voitures de la GdP avec des slogans, fracassé leurs vitres et vidé un extincteur à leur intérieur.

En hostilité absolue avec votre lobby de droite,
contre votre activité de relations publiques ouvertement de droite et raciste,
contre votre soutien pratique aux assassins,
contre vos demandes de plus d’armes pour les flics,
Tout le monde déteste la police.

Auteur.e

« Le racisme tue »

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Berlin (Allemagne) : Des informations sur l’action contre une voiture du corps diplomatique grec https://attaque.noblogs.org/post/2024/02/06/berlin-allemagne-des-informations-sur-laction-contre-une-voiture-du-corps-diplomatique-grec/ Tue, 06 Feb 2024 19:53:36 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54302 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / mardi 6 février 2024

Le 30 janvier, nous avons déposé un engin incendiaire sous une voiture avec la plaque d’immatriculation de la représentation diplomatique de la Grèce en Allemagne. L’action a eu lieu dans le faubourg de Rosenthal, à Berlin.

L’action n’était pas dirigée contre une personne en particulier, mais contre les relations entre deux États racistes et assassins et leurs responsables. Une voiture diplomatique en feu est, une fois de plus, le vecteur des messages internationaux entre les opprimé.es et en même temps un avertissement pour ceux qui veulent dominer le monde…

…que nous n’avons pas oublié le meurtre, par les garde-côtes grecs et par Frontex, de centaines de personnes devant la côte de Pýlos*, en juin de l’année dernière.
…que nous n’avons pas oublié les actes de violence racistes et meurtrières de la police contre des jeunes Roms, en Grèce.
…que nous ne restons pas sans rien faire, face à la persécution des anarchistes et des individus qui combattent le pouvoir et l’exploitation.

Même en 2024, à une époque où l’indifférence face aux massacres quotidiens a largement progressé, nous, les anarchistes, continuons à tendre la main aux migrant.es. Nous voulons rappeler une fois de plus que les migrations massives trouvent leur origine dans ce système et que ceux qui essayent de les contrôler sont les mêmes qui vivent de notre force de travail et de nos ressources. Les milliers de meurtres aux frontières sont les meurtres de nos frères et sœurs. Les victimes des pogroms et des assassinats à venir, dans cette Union européenne toujours plus ouvertement raciste vivent parmi nous, côte à côte avec nous.

En souvenir d’Oury Jalloh, qui a été attaché, tout en présentant des fractures, et brûlé vif dans une cellule de garde à vue, le 7 janvier d’il y a 19 ans.

Signé : Anarchistes

P.-S : pour la libération immédiate de Nikos Maziotis et en solidarité avec Pola Roupa !

 

* Note d’Attaque : dans la nuit du 13 au 14 juin 2023, un bateau avec quelques 750 migrant.es a chaviré, sous les yeux des garde-côtes, et plusieurs centaines de personnes sont mortes.

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Berlin (Allemagne) : Rummelsburger Buch – Une pelleteuse incendiée ! https://attaque.noblogs.org/post/2024/02/06/berlin-allemagne-rummelsburger-buch-une-pelleteuse-incendiee/ Tue, 06 Feb 2024 19:49:39 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54300 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / mardi 6 février 2024

La Rummelsburger Buch [« crique de Rummelsburg », là où la rivière Spree s’élargit jusqu’à former un petit lac, dans l’est de Berlin ; NdAtt.] : là où avant il y avait un terrain occupé par des sans-abris, un hôtel de luxe avec un énorme aquarium marin doit maintenant sortir de terre. Ce qui a commencé en 2021, avec l’expulsion du camp des sans-abris, finit avec la construction d’un nouveau quartier résidentiel pour la classe supérieure. Pendant que le maître d’ouvrage cherche encore une entreprise pour construire l’hôtel, pendant que le sénat du Land de Berlin et les politiciens locaux parlent autorisations, délais et bureaucratie habituelle, nous suivons notre chemin pour les mettre hors d’état de nuire.

En quelques mots : il suffit d’un litre et demi d’essence et d’un dispositif simple pour allumer l’incendie comme prévu.

Une salutation complice aux « oiseaux enragés » de Düsseldorf.
Pour la liberté de tou.tes les compas anarchistes qui se trouvent dans les oubliettes du capitalisme à cause de leurs idées et de leurs actes.
Pour plus d’actions révolutionnaires et de sabotages !
« Switch-Off », ici et partout – dans la nuit du 26 janvier 2024.

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Berlin (Allemagne) : Attaque en solidarité avec les personnes emprisonnées et recherchées dans l’affaire des « antifas de Budapest » https://attaque.noblogs.org/post/2024/01/29/berlin-allemagne-attaque-en-solidarite-avec-les-personnes-emprisonnees-et-recherchees-dans-laffaire-des-antifas-de-budapest/ Mon, 29 Jan 2024 20:14:55 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54216 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / lundi 29 janvier 2024

Tout près de la Museuminsel – l’endroit où l’on fait passer pour un héritage culturel les trésors volés par l’Allemagne – la nuit du 26 janvier, nous avons rendu visite au Collegium Hungaricum (CHB). Nous avons tagué « #sanshonneur » sur le bâtiment et brisé des nombreuses vitres.
Le CHB fait partie du réseau des instituts culturels hongrois, avec le but de favoriser les échanges entre l’Allemagne et la Hongrie. La propriété située sur la Dorotheenstraße, dans le quartier berlinois de Mitte, a été cédée à l’Hongrie en tant que donation. On se demandera pourquoi nous avons cassé les vitres d’une institution scientifique.

Le Collegium Hungaricum n’est pas un lieu pour séminaires ou un espace culturel quelconque, mais on y tient des conférences sur les politiques de sécurité, dans le but de définir les objectifs de l’Allemagne et donc aussi de l’Europe, en ce qui concerne la fermeture systématique des frontières extérieures. Par exemple, en 2015 il y a eu un congrès sur la sécurité informatique, avec le ministère de l’Intérieur et le politicien des Verts Konstantin von Notz, expert en expulsions.

La Deutsch-Ungarische Gesellschaft [Société germano-hongroise, DUG], une association nationaliste qui est étroitement liée au Haus des Deutschen Ostens [Maison de l’Est allemand], une association, tout aussi nationaliste, de personnes expulsées [après la Seconde guerre mondiale ; NdAtt.] y a organisé différentes manifestations.

En octobre dernier, Gergely Gulyás, ministre-chef du cabinet du Premier ministre hongrois, a assisté à un événement au CHB, sur invitation de la DUG. Il a été question, comme on pouvait s’y attendre, de la politique migratoire de l’Allemagne et de l’Europe.
En plus de la discussion sur une approche plus dure à l’encontre des demandeur.euses d’asile et sur une fermeture plus stricte des frontières européennes, il a été question du discours raciste, que l’on trouve ici aussi, sur l’« antisémitisme importé » et de la prétendue menace que les migrant.es représentent pour l’Europe. Il n’est pas étonnant si les médias invités était Junge Freiheit [hebdomadaire d’extrême droite ; NdAtt.] et Tichys Einblick [mensuel et site internet d’extrême droite ; NdAtt.]. Selon Junge Freiheit, c’est le président de la DUG, Gerhard Papke, qui a inauguré la soirée. Il a dit, à propos de Budapest : « Là bas, il n’y a pas de cris assassins « Allahu akbar ! » dans les rues. Les Hongrois ne laissent pas entrer des telles personnes. Ils sont plus judicieux ! ».

L’État hongrois est une force motrice et un partenaire important quand il s’agit d’accélérer les meurtres aux frontières de l’UE et la fermeture de ces dernières et il mène depuis longtemps une campagne raciste contre les Sintis et les Roms dans son propre pays. En comparaison avec le reste de l’Europe, des manifestations faisant ouvertement l’apologie du nazisme, comme l’annuel « Jour de l’honneur », y sont particulièrement acceptées et favorisées par l’État.

Notre solidarité, que nous exprimons par l’attaque, va aux antifascistes emprisonné.es au cours de la dernière année pour cette raison et aux personnes recherchées dans ce contexte.

Dans cette situation de chasse aux sorcières internationale, d’intimidations de la part des autorités répressives et d’extraditions probablement imminentes, nous ne pouvons pas rester à regarder en silence, mais nous devons nous impliquer activement dans ce qui se passe. Il ne suffit pas d’attaquer les nazis et leurs structures : les groupes de réflexion de droite et ceux qui travaillent à faire accepter médiatiquement la prétendue supériorité de la culture européenne sont des cibles légitimes.

Le procès à Budapest commence le 29 janvier – montrons aux inculpé.es qu’ils/elles ne sont pas seul.es et montrons à la justice allemande et à l’État hongrois que nous ne resterons pas sans rien faire !

Liberté et bonheur pour Maja (arrêté.e le 11 décembre à Berlin), Gabriele (aux arrestations domiciliaires à Milan depuis le 21 novembre) Tobi et Ilaria (qui sont en détention préventive à Budapest depuis un an) !

Antifa

Le texte dans l’image :
« Le ministre-chef du cabinet du Premier ministre hongrois à Berlin, auprès de la DUG.
Gergely Gulyás, ministre-chef du cabinet du Premier ministre du gouvernement hongrois a assisté, le 19 octobre 2023, à la conférence de la DUG « Fondements et objectifs de la politique du gouvernement hongrois », au CHB. Voici deux reportages de la revue d’opinion Tichys Einblick et de l’hebdomadaire Junge Freiheit. »

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Berlin (Allemagne) : Switch Off the System of Destruction >> Un chantier de l’A100 attaqué ! https://attaque.noblogs.org/post/2024/01/19/berlin-allemagne-switch-off-the-system-of-destruction-un-chantier-de-la100-attaque/ Fri, 19 Jan 2024 20:14:02 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54091 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / vendredi 19 janvier 2024

Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2024, à l’aide d’engins incendiaires à retardement, nous avons paralysé deux excavatrices, sur le 16ème secteur (Kiefholzstraße – Treptow) des travaux de l’autoroute urbaine berlinoise A100. A long terme, de nombreuses piqûres d’anguille comme celle-ci peuvent amener le système à sa chute. C’est aussi une réponse joyeuse à l’appel Switch Off, qui trouve désormais un écho actif aussi au niveau international.

Le sabotage est un instrument direct pour arrêter les projets des puissants. L’un de leurs gigantesques méga-projets est la poursuite de la construction de l’« autoroute 100 », dans Berlin. Nous pensons qu’il y a besoin d’une variété de méthodes différentes, qui ne se limitent pas seulement à une résistance symbolique. Pour détourner cette tranchée de béton du beau milieu de Berlin, il est vain de faire appel à la politique dominante, à ses instances et à la raison démocratique. Transformons notre rage en courage et attaquons ses profiteurs, ses responsables et leurs véhicules de chantier. Par nos idées et nos actions, nous voulons nous rapprocher, pas à pas, d’une société où la destruction de la nature par le capitalisme, ses excroissances militaires et technologiques, ainsi que l’oppression de l’humain par l’humain appartiendront enfin au passé.

Pendant qu’ici à Berlin quelques initiatives et cercles luttent, chacune à sa manière, contre l’extension de l’A100, cette semaine à Hanovre le campement de protestation Tümpeltown et l’occupation de la forêt de Leinemasch ont été expulsés et déboisés par les larbins habituels de l’État… là aussi, des centaines de millions d’euros doivent être injectés dans la construction de routes, dans les prochaines années. Notre sabotage doit être une salutation enflammée à Hanovre !

Contre leurs méga-projets, contre leur monde !
Pour l’anarchie !

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Berlin (Allemagne) : Incendie d’un véhicule des flics https://attaque.noblogs.org/post/2024/01/19/berlin-allemagne-incendie-dun-vehicule-des-flics/ Fri, 19 Jan 2024 20:06:58 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54070 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / jeudi 18 janvier 2024

Dans la nuit du 17 au 18 janvier, à l’occasion du procès pour la manifestation de Rondenbarg*, nous avons décidé de mettre le feu à une camionnette de la police.

Nous passons à l’offensive et n’attendons pas le jugement de l’appareil répressif, parce que nous pensons que l’audience qui a lieu aujourd’hui et les autres 24 qui sont prévues par la suite sont une raison suffisante pour porter la colère dans la rue.

Ce procès n’est pas seulement une attaque contre la liberté de manifester, mais aussi une attaque de plus contre la résistance anticapitaliste et antifasciste. Apparemment, il n’a pas suffit que le pouvoir exécutif réprime violemment les protestations de ces jours-là et 80 militant.es ont été inculpé.es par la suite.

Malheureusement, nous n’avons pas pu prendre en photo pour vous le véhicule en flammes, mais peut-être que vous aurez encore la chance de voir la camionnette brûlée entre les Arcaden [un gros centre commercial ; NdAtt.] et la gare RER de Spandau ;)

Nous appelons à une manifestation combative, le 20 janvier, à Hambourg !

P.-S. Notre texte est un peu court, mais vous avez des nombreuses possibilités de vous informer sur ce procès :
https://rondenbarg-prozess.rote-hilfe.de/ (recueil de plusieurs articles sur le procès pour la manif de Rondenbarg)

#hh1801 #hh2001 sur Twitter

 

* Note d’Attaque : en juillet 2017, il y a eu des grosses manifestations émeutières contre le sommet du G20, qui se tenait à Hambourg.
Environs 80 personnes sont mises en cause pour les affrontements du 7 juillet, sur la rue Rondenbarg. Deux procès ont déjà eu lieu (en février 2018 et décembre 2020).
Six manifestant.es passent à procès à partir du 18 janvier 2024 (et des audiences sont prévues jusqu’en août). Une manifestation solidaire est appelée pour le 20 janvier prochain, à Hambourg.

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Allemagne : Ouverture de la procédure d’extradition pour l’antifasciste Maja https://attaque.noblogs.org/post/2024/01/17/allemagne-ouverture-de-la-procedure-dextradition-pour-lantifasciste-maja/ Wed, 17 Jan 2024 19:52:46 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=54046 Continuer la lecture ]]> Budapest Antifascist Solidarity Commitee / lundi 15 janvier 2024

Milan, 13 janvier. Manif en soldiarité.

Suite à plusieurs interventions antifascistes pendant la période du « Jour de l’honneur », en février 2023, une vague répressive de grande envergure est en cour, au niveau international, contre les milieux antifascistes ; elle se caractérise par d’innombrables descentes de police, mesures de surveillance, avis publics de recherche et mandats d’arrêt, exécutés ou pas encore. En décembre de l’année dernière, notre camarade Maja a été.e arrêté.e et depuis un mois il/elle se trouve en détention provisoire.

Maintenant, l’Hongrie a présenté une demande d’extradition aussi pour Maja, comme elle l’a déjà fait pour le camarade italien Gabri. Dans les prochaines semaines, la Cour d’appel de Berlin décidera si Maja sera extradé.e vers la Hongrie. Vers un pays qui est connu à travers toute l’Union européenne pour son ambiance socio-politique fascisante. Vers un pays dont le système judiciaire est notoirement corrompu et lié au monde politique. Vers un pays où Maja risque jusqu’à 24 ans de prison – loin de chez elle/lui et dans des conditions catastrophiques.

Ilaria, une prisonnière italienne détenue en Hongrie pour la même affaire, a récemment raconté, dans une lettre de 18 pages écrites de sa propre main, les conditions qu’elle doit supporter quotidiennement, depuis presque un an. Ses mots sont un témoignage actuel et impressionnant du fait que la Hongrie transgresse les normes européennes dans les prisons et qu’une extradition vers ce pays n’est pas acceptable, même dans une perspective libérale et humaniste !

Ce qui nous inquiète n’est pas seulement l’idée qu’un.e camarade pourrait passer du temps en détention préventive dans des conditions encore plus dégueulassasses qu’un Allemagne, mais aussi qu’en Hongrie la préventive peut être prolongée presque sans limites.

Un procès en Hongrie aurait lui aussi des conséquences majeures pour Maja. Le procès des personnes qui sont déjà détenues en Hongrie, à fin janvier, montrera quelles sont les chances de la défense auprès des tribunaux partiaux et corrompus de Budapest. Le traitement réservé aux prisonnier.es politiques par les surveillants de prison et les autorités est facile à imaginer, compte tenu du climat politique local.

Nous attendons une décision sur l’extradition dans les prochains semaines. Elle donnera également des indications pour ce qui concerne les autre 13 personnes que les autorités cherchent encore. Au cas où l’Allemagne décidera d’extrader Maja vers l’Hongrie, elle trahira non seulement les valeurs européennes », normalement considérées si importantes, mais elle expulsera aussi un.e frère/sœur, un.e amie.e, un.e fils/fille et un.e jeune antifasciste vers un pays lointain de l’environnement qui le soutient.

C’est la raison pour laquelle nous exigeons que Maja et Gabri ne soient pas extradé.es et appelons à protester contre la menace d’extradition et en solidarité avec les antifascistes poursuivi.es et emprisonné.es dans l’affaire de Budapest.

 

Note d’Attaque : la répression et les tentatives de briser la solidarité par rapport à cette affaire (et à celle, liée, appelée Antifa Ost) continuent aussi en Allemagne. Le 10 janvier, juste après un parloir avec Maja, deux de ses proches ont vu leur domicile perquisitionné par la police judiciaire (LKA) du Land de Saxe. Pendant sept heures (de 20 heures à 3 heures du matin), « chaque page a été feuilletée, chaque pierre a été retournée ».

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Berlin (Allemagne) : Contre la destruction de l’environnement, l’oppression et la guerre https://attaque.noblogs.org/post/2024/01/08/berlin-allemagne-contre-la-destruction-de-lenvironnement-loppression-et-la-guerre/ Mon, 08 Jan 2024 20:04:27 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=53952 Continuer la lecture ]]> Kontrapolis / vendredi 29 décembre 2023

Contre la destruction de l’environnement, l’oppression et la guerre – Du feu pour l’usine à béton de CEMEX

Inspiré.es par une série d’actions et de sabotages contre « le monde du béton », en France (2), en Belgique et en Suisse, aux premières heures du 27 décembre, nous avons rendu visite à l’usine à béton de CEMEX, sur le Schleusenufer, dans le quartier berlinois de Kreuzberg, et là-bas, avec le feu, nous avons retiré de la circulation plusieurs camions toupie et mis à l’arrêt le convoyeur, ainsi qu’un local technique.

Un champion parmi les destructeurs du climat

Le désert de béton et d’asphalte s’étend toujours plus. Rien qu’en Allemagne, ce sont 30 hectares de sol vivant qui sont ensevelis chaque jour sous le matériel de construction le plus demandé. Des routes, des places, des centres commerciaux, des complexes industriels et des maisons ; des parties énormes de la surface de la terre sont déjà cimentées et chaque année des projets d’infrastructures comme des barrages, des autoroutes, des ponts, des aéroports, etc. dévorent plusieurs milliards de tonnes de béton en plus.

Tout cela n’est pas sans conséquences. Le béton est considéré comme le destructeur du climat par excellence. Presque 10% du dioxyde de carbone que ce système rejette actuellement dans l’air provient de l’industrie du ciment. C’est presque trois fois celui émis par le trafic aérien. En même temps, la production de béton consomme d’énormes quantités de ressources. Le sable, en particulier, indispensable à sa production, est déjà rare aujourd’hui, c’est pourquoi partout dans le monde des littoraux et parfois des îles entières sont creusés. Avec des effets dévastateurs sur les écosystèmes environnants. De même, l’imperméabilisation des sols a des conséquences catastrophiques. Les espaces urbains se réchauffent toujours plus, alors que l’eau de pluie ne peut plus s’infiltrer dans la terre. Les nappes phréatiques ne se remplissent plus comme avant, ce qui, à long terme, entraînera une pénurie d’eau dans des nombreux endroits, ou l’a déjà fait. Les résultats sont d’une part l’aridité et la sécheresse, alors qu’ailleurs des fortes pluies, de plus en plus fréquentes, portent à des inondations et à l’érosion des sols. Bien pire encore, avec chaque mètre carré de béton en plus, des habitats et des sources de nourriture sont détruits. La perte de surfaces naturelles et le manque de végétation portent à une diminution de la biodiversité, ce qui a une influence sur des nombreuses populations d’animaux et de plantes et aura comme conséquence l’extinction de certaines espèces.

Dommage, le béton ne brûle pas

Le béton est devenu le symbole de toute une époque. Une époque où le capitalisme fête son expansion jusqu’aux derniers recoins de la planète et a coulé cette victoire dans le béton, sous forme de constructions monumentales dans les centres de pouvoir des métropoles. Par un réseau grandissant de routes, qui a d’abord ouvert la voie à l’exploitation et à l’utilisation des êtres humains et de la nature, le monstre du nom « civilisation » a bouffé le monde entier.

Mais, depuis toujours, il y a aussi de la résistance. Dans le sud du globe, où jusqu’à présent les répercussions du changement climatique se font sentir plus clairement et où la domination occidentale trouve son prolongement néocoloniale par l’exploitation des ressources et de la main-d’œuvre, il y a d’innombrables foyers de conflit. Des révoltes qui sont déclenchées par des menaces à l’existence, où des gens s’opposent par tous les moyens possibles à la destruction. Paradoxalement, de nos jours les origines de ces conflits sont souvent liées à l’ouverture de nouveaux marchés des technologies prétendument « vertes » et à la voracité en matières premières qui les accompagne. Si nous prenons pour cible ici les responsables de cette misère, nous le faisons aux côtés de tou.tes ceux/celles qui n’ont aucun autre choix. Car, pour beaucoup de monde, les seules alternatives à la résistance sont la fuite ou la mort.

C’est pourquoi il semble presque cynique que certaines parties du mouvement en défense du climat, dans ce pays, se distinguent surtout par leurs requêtes bien respectueuses au monde politique, celui qui nous a mis dans le pétrin et ne montre aucun intérêt à renoncer à ses privilèges. Ces activistes tombent dans le piège de vouloir plaire aux conceptions morales bourgeoises, avec leur profession de foi mensongère de renoncement à la violence. Cela n’a pas toujours été comme ça. Par exemple, pendant le mouvement anti-nucléaire des centaines de pylônes électriques ont été sciés, partout à travers l’Allemagne de l’Ouest, et les transports Castor [le combustible nucléaire usagé des centrales allemandes, qui a été portés à La Hague pour y être retraité et vitrifié, est ensuite baladé à nouveau à travers le continent, jusqu’à Gorleben, son lieux de stockage « définitif » ; NdAtt.] ont toujours été accompagnés par des sabotages de masse des infrastructures ferroviaires. Les protestations contre la nouvelle piste de décollage ouest de l’aéroport de Francfort-sur-le-Main ou contre l’usine de retraitement des déchets nucléaires de Wackersdorf [deux importantes mobilisation écologistes des années 80 ; la première a été vaincue, tandis que la deuxième a atteint son but ; NdAtt.] étaient régulièrement accompagnées par des émeutes auxquelles participaient des milliers de personnes. Alors pourquoi maintenant, quand ils sont plus nécessaire que jamais, ces conflits sont-ils si conformistes et malléables ? Si nous voulons arrêter durablement la destruction de la terre par la machine industrielle, on ne pourra pas éviter la confrontation avec cette société qui est issue d’une exploitation impitoyable et a succombé à la foi aveugle dans le progrès. Dommage que le béton ne brûle pas.

Le sale business de l’or gris

Avec l’attaque à l’entreprise CEMEX, nous avons touché l’un des plus gros producteur de béton du monde. CEMEX Deutschland AG est rattachée à sa société mère CEMEX S.A.B. de C.V., dont le siège est à Mexique et qui dispose, dans le monde, de 64 cimenteries, de 1348 usines de béton prêt à l’emploi, de 246 carrières, de 269 centres de distribution et de 68 terminaux maritimes. L’entreprise participe à des projets d’infrastructures et de grandes constructions dans plus de 50 pays. C’est le cas de l’extension controversée de l’autoroute urbaine A100, à Berlin. Une tombe à 560 millions d’euros, que le gouvernement nous a refilé. CEMEX, avec la production et la livraison de 170 000 m³ de béton, est l’un des grands profiteurs de ce monstre, qui va maintenant ouvrir une tranchée au beau milieu de la ville et qui recrachera bientôt une avalanche de voitures près du parc de Treptow.

En plus de l’habituelle destruction de l’environnement, qui fait partie des activités quotidiennes de ce secteur industriel, CEMEX a une autre histoire à présenter, particulièrement sanglante, qui concerne le Proche Orient ; nous voulons la mentionner maintenant, alors qu’une guerre dévastatrice fait à nouveau rage à Gaza. En 2005, CEMEX a absorbé l’entreprise israélienne Readymix Industries, qui a fourni le béton pour le mur israélien et a participé à la construction de check-points militaires en Cisjordanie, comme ceux de Hawara et d’Azun-Atma. CEMEX gagne de l’argent avec la construction de colonies illégales et d’avant-postes en Cisjordanie et elle y exploite des cimenteries à Mevo Horon, Atarot et Mishor Edomim, ainsi qu’à Katzerin, sur le plateau du Golan. De cette façon, l’entreprise devient un larbin et un allié de la politique d’extrême droite de Netanyahou et de ses partisan.es clérical-fascistes dans les colonies de peuplement. Ces structures servent principalement un objectif : rendre impossible aux Palestinien.nes une existence digne dans cette région, par le biais de l’harcèlement, de la répression, de la violence et des expulsions, des choses que, dans les pires des cas, ils/elles payent de leur vie. Rien ne peut justifier la souffrance indescriptible que cette politique entraîne.

Cependant, nous nous garderons de vouloir comprendre cette guerre au Proche Orient selon un simple schéma en noir et blanc, entre le Bien et le Mal. Nous sommes dégoûté.es aussi bien par les bombardements atroces de l’armée israélienne contre la population civile de Gaza que par les massacres du Hamas. Même si cette lutte et le nombre des victimes sont très inégaux, il est affreux de vouloir faire les comptes pour comparer la souffrance des un.es avec la souffrance des autres. Au lieu de brandir « la seule opinion » correcte ou le seul drapeau qui serait exempt de contradictions, nous tournons notre regard vers ceux/celles qui tirent des profits économiques de cette politique de guerre et qui s’enrichissent avec le militarisme et l’oppression raciste. C’est aussi pour cela que nous avons attaqué CEMEX. Et nous le faisons avec la plus forte empathie pour la souffrance et la douleur des gens qui doivent vivre dans une guerre permanente et la militarisation croissante de cette région. Toujours du côté de ceux/celles qui combattent pour la liberté de tout le monde, partout. Au-delà de l’État, de la nation et de la religion, de leur frontières et armées meurtrières.

SWITCH OFF!

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