affaire de Prairieland – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Fri, 24 Jul 2026 16:19:40 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 USA : « No Way Home » https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/24/usa-no-way-home/ Fri, 24 Jul 2026 16:15:44 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63435 Continuer la lecture ]]> La Grappe / mercredi 22 juillet 2026 [on a corrigé quelques coquilles – Attaque]

« No Way Home » : la réponse d’un ancien détenu anarchiste à Fire Ant Movement Defense

Traduction d’un article paru sur Crimethinc, dont la portée semble aller au delà de l’affaire en question et propose un texte témoignage d’intérêt sur les balances.

Nous avons choisi de traduire ce texte initialement publié par Crimethinc même si nous n’avons pas forcément de traduction relative aux événements qui précédent son écriture (voir en anglais pour le contexte, le texte de Fire Ant Defense Movement [1] et l’affaire Prairieland [2]) en effet au delà d’une affaire précise, cette lettre d’Eric King nous semble éclairante sur les conduites à tenir dans nos milieux, et pour mettre sur la table une question qui est toujours trop peu évoquée chez nous avant que le problème apparaisse concrètement. Les balances ça n’arrive pas qu’aux autres, et des groupes sont déjà tombés prés de chez vous à cause de balances, qui elles sont restées libres. Nous proposons ce texte pour que la question se pose dans vos discussions avant d’en avoir besoin.

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En réponse au communiqué que nous avons publié de la part du Fire Ant Movement Defense, nous avons reçu cette contribution de la part d’Eric King, un anarchiste et ancien prisonnier politique qui à passé presque une décennie derrière les barreaux [voir ici ; NdAtt.].

Donner sans consentements des informations à la police, procureurs ou autres personnes qui font partie de l’industrie de la justice est une des choses les plus dommageable que peux faire une personne car elle expose des gens au danger d’une vaste structure qui existe dans le but d’infliger systématiquement des violences.

Ceux qui ont produits des aveux incriminant d’autres gens ne doivent plus jamais être considérés de confiance à propos d’informations qui pourraient faire courir des risques à quelqu’un. Et à cause du fait qu’il n’est pas possible de savoir quelles informations font partie de cette catégorie, cela veut donc dire qu’il faut les garder en dehors d’une grandes parties des espaces et des relations.

Questionné par la police ou les juges, la seule décision éthique est le refus d’incriminer les autres. Quand tout le monde fait ça, les dommages que peut commettre l’état sont limités. Ceux qui pensent à donner des infos sur d’autres doivent comprendre qu’en faisant ainsi ils passent un point de non retour.
De la même façon, aucun accusé ne devrait être obligé de dépendre d’un comité de défense qui défend également quelqu’un qui l’a dénoncé.

Dans le même temps nous devons faire confiance aux accusés non-coopérants pour décider quel est la meilleure façon de les défendre et comment gérer ceux qui ont témoigné contre eux. Les agences fédérales essaie d’utiliser les affaires Prairieland pour criminaliser et diviser toutes celleux qui résistent. La répression d’état est faite pour infliger des dommages autant en termes d’impacts immédiats qu’en créant des fragilités a long termes.

La polémique sur les décision du comité de soutient dans l’affaire Prairieland ne dois pas décourager les gens dans le soutient aux accusés non-coopératifs. S’il vous plaît donnez aux caisses de soutient, écrivez [aux prisonnier.es] et communiquez au sujet de leur situation difficile.

Ce qui suit est la contribution d’Eric King :


No Way Home

J’écris ceci en réponse au récent communiqué du Fire Ant Movement Defense – « Manufactured Betrayal », pas comme une confrontation mais dans l’idée d’ouvrir un dialogue et de clarifier les valeurs que nous défendons. Ce n’est pas une attaque. Je partages mon point de vue basé sur mes expériences personnelles. Je ne suis pas expert ou arbitre en révolution, je suis simplement quelqu’un qui fut directement impacté par une petite merde à la langue pendue et qui ai vu des gens qu’il aime subir la même chose.

La prison est vraiment un endroit horrible. C’est un endroit ou les gens peuvent mourir, brutalement. C’est un endroit qui vous impose la violence à chaque secondes de la journée. C’est un endroit qui active votre réaction combat/fuite jusqu’au point ou elle est n’est jamais que combat. C’est un endroit qui vous change, dans votre façon de voir le monde, comment vous gérez le stress, etc. La prison vous fait faire des choses que vous ne pouvez oublier et avec lesquelles vous devez vivre. Elle prends le cœur de vos familles et les écrase encore et encore, tout les jours, ils s’inquiètent de savoir si vous allez bien, si vous êtes toujours là. Je suis libre depuis 2 ans et demi et je repense encore aux conditions dans les lesquelles j’ai était forcé de vivres et aux traumas qui vivent encore en moi à ce jour.

Le communiqué de Fire Ant au sujet de Meagan Morris* sonne comme une insulte à toutes les personnes qui ont jamais était impactées par le système carcéral. Ce texte provoquait de la confusion, était enrageant et douloureux. Fire Ant à fait du bon travail auprès des prisonniers, c’est pourquoi ce communiqué a ajouté à ma propre confusion et m’a fait mal aussi profondément.

Je ne comprendrais jamais, et je ne veux jamais comprendre le besoin d’être un défenseur des poucaves. Que Meagan Morris ait des regrets, ou que qui que ce soit qui collabore avec les flics exprime des regrets ne signifie rien face aux vies qu’elle a aidé à détruire. Le fait que Meagan ait finalement choisi de se rétracter ne veux rien dire. Elle a donné à l’état les munitions à utiliser contre nous, pas seulement les prisonniers de Prairieland, mais nous tous. Dans chaque affaire contre des gauchistes dans le futur, l’état pourra utiliser ses mots pour décrire nos amis, nos camarades comme des terroristes violent. Elle fait le travail de l’état à sa place. Elle à donné des informations à l’état pendant des HEURES. Qu’est ce qu’on branle ?

Comme l’as dit Fire Ant, beaucoup de nouveaux radicaux vont rejoindre la lutte après l’horrible répression d’état dont nous sommes témoins. Et les conversations que nous sommes en train d’avoir sont celles que nous devons avoir — mais il faut les avoir AVANT.

Quel risques sommes-nous prêt à prendre ? Quelles sont les pires conséquences possibles, même si vous vous croyez safe et peu importe la légalité des risques pris sur le moment ? Que feriez-vous si vous vous faites arrêter ? Qui sont les plus vulnérables ? Qui sont les plus prêts ?
Ce sont des conversations qu’il faut avoir. Mais jamais nous ne devons planifier de réintégrer les poucaves dans nos communautés, jamais on ne doit s’aventurer à les comprendre, jamais on ne doit justifier et dire qu’ils ont payé le prix et que leurs remords suffisent.
Honnêtement, nique ça.

En tant qu’abolitionniste, je ne veux pas voir les poucaves ou n’importe qui d’autres en prison. Je veux pas qu’elles soit blessées, harcelées, attaquée en ligne, ou ce genre de merde. Je n’ai pas le temps pour ça. Mais je ne comprendrais jamais l’idée qu’il faudrait les autoriser à réintégrer les communautés radicales. Pour quelles raisons on prendrais des risques pour la sécurité de QUI QUE CE SOIT juste pour apaiser la trahison et la culpabilité de quelqu’un d’autre ? Quel est le but ? C’est la ligne à laquelle je me tiens. Si mon meilleur ami devient ami avec une poucave parce que la poucave s’est excusée, je ne parlerais plus jamais à cet ami.

Créer des espaces de réintégration ça veux dire cracher aux visages de chaque détenu et aussi de sa famille. Ça veut dire regarder en face des gens qui ont dédié leurs VIES ENTIÈRES au mouvement et leur dire « Je sais que quelqu’un.e à égoïstement détruit ta vie et trahi tout ses engagements, mais iel s’en veut ».

Demandez-vous si Kuwasi Balagoon [3] serait OK avec cet état d’esprit ? Ou Emma Goldman [4] ou autre ? Nous vivons dans une époques ou les gens établis et bien vu dans le mouvement créent un espaces pour les traîtres. Ceux qui balancent sont des flics. Ce sont des gardiens de prisons. Des juges et des procureurs. Ils ont pris les vies d’autres dans leurs mains et les ont réduits en pièces. Ils n’y a pas de place dans les mouvements et les orgas que j’aime pour des gens comme ça. C’est inconcevable. Est ce que Fire Ant Defense Movement pourrais regarder dans les yeux ma famille et leur dire que la personne qui a aidé à ce que je sois torturé, agressé sexuellement et hospitalisé a assez souffert ? Que ce n’est pas juste pour eux d’être exclus pour ma sécurité et celle des autres ? Que les émotions sont plus importantes que les brutalité qu’ils ont permis sur nous tous ?

Imaginez que le FBI ait lu le communiqué (nous devons présumer qu’ils les ont littéralement tous lus), seraient-ils heureux de nous voir considérer le retour des collabos au bercail ? Ils seraient ravis. 1). Ils saurais déjà que ceux qui ont parlé sont vulnérables à la pression et pourrais recommencer mais aussi 2). Ils pourraient facilement voir ça comme une porte ouverte en continue, sans aucune peur des conséquences. Comment cela doit être plus facile de convaincre quelqu’un de « faire le bon choix », quand ils peuvent prouver aux gens qu’il n’y a pas de conséquences durables à leur trahison. La confiance au sein du mouvement s’érodera aussi complémentent. Comment imaginer que je pourrais faire confiance à un camarade qui a une ligne aussi molle sur un truc si dangereux ? Ce sont des questions de vie ou de mort. Ce n’est pas un petit débat idéologiques, c’est mettre l’ensemble de la communauté en péril. Les portes du retour, même après la plus petites des collaborations, doivent rester fermées et les gens doivent le savoir. C’est le strict minimum qui doit arriver à ceux qui aident la police à détruire nos vies et maintenir le statu quo fasciste.

Je ne comprends pas le chemin de pensée derrière votre communiqué. Le « pourquoi de tout ça » ne fait pas sens pour moi. Ça ne fait même pas deux mois depuis les condamnations de Prairieland et on a déjà des déclarations de soutiens pour les poucaves ? Les gens peuvent avoir leurs propres pensées et vivre leur vie et j’ai le droit de ne pas être en accord avec. Cependant ça m’a presque triggé de voir les gens qui ont dit au flics ou je me cachais et de m’imaginer qu’un camarade que j’aimais et en qui j’avais confiance me demanderait de redevenir ami avec la taupe. Les cicatrices sur ma tête, le sang dans ma bouche, la douleurs dans mon cœur ne laisseront jamais cela advenir. Car j’ai de l’empathie pour ceux dont la vie à était ruiné par les balances, je ne serais jamais ami avec une balance. Balancer c’est décider que la vie de vos camarades vaut moins que la votre.

Ce sont mes idées. J’espère que je les transmette avec respect. Mais je suis blessé. J’ai envie de crier « C’EST QUOI CE MONDE ? » Certains de mes amis les plus proches et des gens que j’admire et soutient se sont fait balancer, et j’espère que je ne verrais ou n’entendrais plus parler de leurs poucaves à nouveau. À mon avis, il ne doit pas y avoir d’espace pour ça. C’est une trahison de tout ce en quoi je crois de leurs donner un centimètre quand ils ont arrachés des décennies.

Amour et respect à tout.es celleux qui supportent les prisonnier.es.
Je te couvre le dos si tu couvre le mien.

Jusqu’à la Libération.

EK

 

 

Voir en ligne [l’original en anglais ; NdAtt.] : No Way Home

 

Notes [du/de la traducteur.e] :
[1] https://en.crimethinc.com/2026/07/07/manufactured-betrayal-a-statement-from-fire-ant-movement-defense-on-solidarity-and-betrayal-in-the-prairieland-trials
[2] https://en.crimethinc.com/2026/02/13/la-route-vers-prairieland-la-repression-contre-les-militantes-anti-ice-au-texas-reflete-une-tendance-a-lintensification-de-la-repressionn [Note d’Attaque : on trouvera d’autres informations, en français, sur cette affaire ici].
[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Kuwasi_Balagoon
[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma_Goldman

* Note d’Attaque : on trouvera des informations sur cette personne ici.

 

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Forth Worth (USA) : L’antiterrorisme américain déclenché contre des miliant-es anti-ICE https://attaque.noblogs.org/post/2026/06/25/forth-worth-usa-lantiterrorisme-americain-declenche-contre-des-miliant-es-anti-ice/ Thu, 25 Jun 2026 16:17:01 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63246 Continuer la lecture ]]> Rebellyon.info / jeudi 25 juin 2026 

Mardi 23 juin, huit militant-es mobilisé-es contre la police de l’immigration américaine (ICE) et son plan de déportation massif enclenché en 2025 viennent d’être condamné-es jusqu’à 100 ans de prison pour une mobilisation devant un centre de rétention.

Le 4 juillet 2025 avait lieu une manifestation de soutien aux prisonnier-es migrant-es du centre de détention de Prairieland à Alvarado au Texas. L’objectif est d’allumer des feux d’artifice à proximité de la taule pour apporter de la solidarité aux 525 personnes détenues dans le centre. Des personnes taguent des voitures de gardiens sur le parking et une guérite, les pneus de véhicules gouvernementaux sont crevés et des caméras de vidéosurveillances éclatées. Un flic arrive sur scène et met en joue le groupe de personne et reçoit une balle dans l’épaule d’un manifestant planqué un peu plus loin dans les bois.

Huit personnes ont été condamnées à des peines allant jusqu’à 100 ans de prison ce mardi 23 juin 2026, un an après les faits. Une dernière inculpée devrait connaître sa condamnation plus tard dans l’été.

Pour l’administration Trump, le procès du « mouvement antifa »

Outre-Atlantique, le procès fait grand bruit notamment parce qu’il a été fortement médiatisé par l’administration Trump comme le procès du « mouvement antifa », classé comme organisation terroriste intérieure depuis septembre 2025, après l’assassinat du fasciste Charlie Kirk (par un autre néo-nazi) [1]. Depuis cette date, les services de sécurité du pays on renforcé de manière inédite leur appareil de répression politique à l’égard des mouvements antifascistes et associés. La désignation de l’antifascisme comme nouvel ennemi intérieur du régime fasciste trumpien a été bien pratique dans sa répression de la grande mobilisation sociale contre le plan de déportation de masse organisé par la police de l’immigration (ICE) à l’automne 2025. Les personnes mobilisées en solidarité avec les personnes menacées de rafles se sont vues désignées comme terroristes par le gouvernement, à l’instar des huit inculpé-es de Prairieland.

D’entrée de jeu, le ton du procès a été donné par le juge du district du Nord du Texas Reed O’Connor (avocat prisé du parti Républicain ensuite nommé juge par George W. Bush en 2007) en disant que les inculpé-es n’avaient pas pas participé à une manifestation mais avaient commis « un assaut contre la démocratie » [2]. Dans la même veine, le procureur fédéral Todd Blanche, au moment de la condamnation, martèle que « l’extrémisme violent [des terroriste antifas] n’a pas sa place dans ce pays, [que] le Département de la Justice continuera à enquêter, déstabiliser et poursuivre en justice de manière énergique ceux qui menacent les officiers qui agissent dans le cadre de leur fonction ou qui portent atteinte à l’Etat de droit » [3].

Le militant responsable du tir sur le policier, qui se défend d’ailleurs très justement en rappelant que l’officier en question avait levé son arme le premier et s’apprêtait à abattre un-e des manifestant-es, a écopé de 100 de prison ferme. Ni plus ni moins qu’une peine de mort déguisée. Les sept autres inculpé-es ont quant à elleux écopés de peines allant de 50 à 70 ans de prison ferme. Des peines qui se rapprochent pour les plus longues elles aussi d’une forme de condamnation à mort, une élimination sociale pure et simple. Toustes ont été condamnées pour organisation d’une émeute, de détention de « matériel terroriste » et de charges explosives. Un des neufs inculpé-es, Daniel “Des” Sanchez Estrada, est inculpé sur le seul fait de posséder un infokiosque et des zines anarchistes et antifascistes. L’administration Trump et la justice à sa botte ayant déterminé que l’impression, la lecture et la prossetion de littérature politique pouvait servir de preuve dans la poursuite en justice des terroristes intérieurs [4].

Les ressorts d’une justice d’exception

Le procès des inculpé-es de Prairieland fait office de mise en application concrète d’une justice politique d’exception anti-terroriste contre des organisations et des mouvements politiques contestataires ou révolutionnaires. Pour rendre de tels objectifs réalisables et crédibles du point de vue judiciaire, et ainsi pouvoir faire tomber de telles sentences, la répression utilise notamment les « conspiracy charges » ou « accusation de complot ». Ce qui s’en rapprocherait le plus dans le contexte français serait l’association de malfaiteurs terroristes, qui suppose à la fois l’intention et l’organisation coordonnées d’action violentes. Ce sont ces outils judiciaires d’exception qui permettent à la justice américaine non seulement de condamner Benjamin Song, l’auteur du tir sur le flic, mais également les sept autres personnes, alors même qu’elles n’ont pas été prises en flagrant délit. De la même manière, les huit inculpé-es n’ont pas été jugé-es séparément mais en même temps, justifiant par le spectacle judiciaire d’accoler toutes les condamnations à la plus grave, afin de faire pleuvoir des décennies de prison ferme. Plus tôt dans le mois, des procureurs avaient déjà utilisé l’accusation de complot contre 15 militant-es anti-ICE s’étant mobilisés contre des rafles à Minneapolis et 3 autres à Spokane, dans l’Etat de Washington. Ces deux autres groupes d’inculpé-es avaient également été arrêtés après avoir réalisé des actions proches de centre de détention de l’ICE.

De la même manière que dans le système judiciaire français, l’accusation de terrorisme est purement performative et ne demande aucune justification de la part de l’accusation portée par le Département de la Justice. Est terroriste toute personne désignée comme telle par le gouvernement fédéral à travers une note écrite sur une page A4. Pour autant, le Département de la Justice s’est donné la peine de relier les points et les accusations des différent-es inculpé-es pour essayer de trouver une cohérence et un schéma d’action permettant de prouver que « Antifa » était bien une organisation terroriste. Autre élément de preuve utilisé pour prouver l’existence d’une telle organisation : la possession commune de nombreux livres, brochures et zines par les inculpé-es. Cet élément a par ailleurs fait réagir les observateurs du procès comme une atteinte évidente à la liberté d’expression et de conscience. Que les inculpé-es ne se connaissent pas et ne se fréquentent pas antérieurement à la manifestation n’a également aucun importance aux yeux de l’anti-terrorisme, l’action coordonnée et préméditée, le fait de porter un « uniforme noir » atteste l’existence d’une « cellule antifa terroriste » active (les vrais termes de l’accusation) dans le Nord du Texas.

Dans les journaux américains et anglais qui écrivent sur l’affaire, l’ensemble des personnes intérrogées (avocat-es, militant-es) sont toustes abasourdies par la violence des condamnations qui se sont abattues sur les huit inculpé-es et dénoncent une justice-propagande du gouvernement trumpiste. À titre de comparaison, les peines de prisons requises contre les neufs de Prairieland dépassent très largement celles distribuées pour la tentative de coup d’Etat fasciste contre le Capitole le 6 janvier 2021. Le chef des Proud Boys qui avait été condamné pour complot et sédition avait pris 22 ans de prison, et le chef des Oath Keepers avait été condamné à 18 ans de prison. Les deux ont bien sûr été graciés par Donald Trump après son investiture pour son second mandat.
De partout, la contre-insurrection s’organise

L’exemple des neufs inculpé-es de Prairieland est certes effrayant, mais il s’intègre dans une normalité répressive qui tend à s’installer dans le temps et dans de plus en plus de pays. La répression internationale contre le camp des luttes sociales et contre les organisations antifasciste a largement dépassé les frontières. Que l’on pense à l’Union-Européenne et la chasse à l’homme organisée dans le cadre du « Complexe de Budapest » depuis 2023, aux anarchistes italiens persécutés sous le régime d’isolement carcéral du 41bis ou le déploiement des outils antiterroristes depuis le mise en place d’un Etat d’urgence permanent en France à partir de 2015 et des affaires comme celles du 8 décembre 2020 ou les nombreux antifacistes lyonnais incarcérés en 2021 et en 2026, on ne compte plus l’accumulation d’affaires et le renforcement de la contre-insurrection par lois sécuritaires successives. Il est urgent de continuer à s’organiser contre la vague sécuritaire et le développement toujours accru d’outils anti-terroristes qui viennent étouffer les luttes sociales et révolutionnaires.

Solidarité avec les inculpé-es de Prairieland !

 

Notes :

[1] Plus largement, l’ordre exécutif signé par Trump le 22 septembre 2025 et la note NSPM-7 (National Securitry Presidential Memorandum) à destination des agences fédérales et de la sécurité intérieure vise les activités « anti-capitalistes », « anti-fascistes » et « anti-américaines »
[2] Prairieland ICE Protesters Sentenced to Decades in Prison, Mother Jones : https://www.motherjones.com/politics/2026/06/prairieland-ice-dhs-protest-conspiracy-prison-judge-texas-immigration-sentence/
[3] Texas anti-ICE protesters convicted of terrorism charges sentenced to at least 50 years in prison, The Guardian : https://www.theguardian.com/us-news/2026/jun/23/prairieland-ice-protesters-texas-sentenced
[4] Free Des ! : https://freedes.net/

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