Nique la justice – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Tue, 25 Aug 2026 16:29:22 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Allemagne : Sur les perquisitions effectuées à Berlin le 12 août https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/25/allemagne-sur-les-perquisitions-effectuees-a-berlin-le-12-aout/ Tue, 25 Aug 2026 16:17:09 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63653 Continuer la lecture ]]> Renversé / samedi 22 août 2026

Le mercredi 12 août, dès 6 heures du matin, trois perquisitions ont été menées à Berlin et dans ses environs : dans les quartiers de Neukölln et de Kreuzberg, ainsi que dans la région de Brandenbourg.

L’enquête porte sur un braquage de banque commis en 2013 dans la ville allemande d’Aix-la-Chapelle (Aachen). Ce braquage est lié au vol de la Paxbank d’Aix-la-Chapelle en 2014, pour lequel plusieurs anarchistes ont été inculpés en 2017 et Lisa a été condamnée [voir ici ; NdAtt.]. À l’époque déjà, le parquet avait tenté d’établir un lien entre le braquage de 2014 et celui de 2013, mais l’enquête n’avait pas réussi à apporter de preuves permettant d’étayer ces faits.

Le 24 juillet dernier, une personne a été arrêtée en Espagne puis extradée vers Aix-la-Chapelle. Elle se trouve actuellement en détention provisoire. Elle est accusée d’avoir participé à un braquage de banque survenu en 2013.

Le mandat de perquisition visait Lisa, en tant que prévenue, ainsi que sa compagnonne et colocataire, en tant que témoin. Les enquêteurs recherchaient des supports de stockage de données et des documents manuscrits. Cette mesure a concerné les colocataires de la prévenue : les parties communes et les caves des appartements ont été perquisitionnées, ainsi qu’un lieu où, d’après les données de localisation de son téléphone portable, Lisa se serait rendue à plusieurs reprises.

La perquisition a été menée par l’Office régional d’enquête criminelle (LKA) de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et le LKA de Berlin ; la procureure elle-même, mme Breuer, du tribunal régional d’Aix-la-Chapelle, qui avait déjà, à l’époque du procès de 2017, agi avec fermeté contre les camarades, était également présente. Un chien renifleur a en outre été utilisé. Les perquisitions ont duré entre 6 et 7 heures.

Lisa a été conduite au commissariat, où les formalités d’identification (photos et empreintes digitales) ont été effectuées, puis elle a été remise en liberté. Des photos spécifiques ont été prises dans le cadre d’un rapport anthropométrique d’identification. Dans l’ensemble, toutes les personnes qui se trouvaient dans les appartements vont bien.

Merci pour votre solidarité et votre soutien. Et, comme toujours : ne vous perdez pas en hypothèses, ça n’aide personne.

Solidarité avec les personnes concernées et avec l’accusé qui se trouve actuellement en détention !

Avec force, calme, amour et colère.

 

Texte original en allemand : https://de.indymedia.org/node/858128

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Paris : La cour d’appel ordonne l’extradition de Gino en Allemagne https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/19/paris-la-cour-dappel-ordonne-lextradition-de-gino-en-allemagne/ Wed, 19 Aug 2026 16:35:19 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63641 Continuer la lecture ]]> Le Monde / mercredi 19 août 2026

La cour d’appel de Paris a ordonné, mercredi 19 août, la remise à l’Allemagne du militant antifasciste albanais surnommé « Gino », que la France avait refusé précédemment de remettre à la Hongrie par crainte pour ses droits fondamentaux.

Rexhino Abazaj, alias « Gino », « se pourvoit en cassation », a annoncé à la sortie de l’audience Youri Krassoulia, son avocat, dénonçant une décision « scandaleuse ». Le trentenaire est accusé par la Hongrie de violences contre des néonazis qui défilaient à Budapest en février 2023. Il encourt une peine allant jusqu’à 24 ans de prison dans ce pays et jusqu’à 10 ans en Allemagne, des victimes présumées étant de nationalité allemande.

En avril 2025, la France avait refusé de le remettre à Budapest, invoquant des « risques » d’un « traitement inhumain » en prison et l’incertitude de lui garantir un procès équitable dans ce pays membre de l’Union européenne.

Le militant antifasciste était donc depuis au cœur d’une autre procédure, enclenchée depuis 2025, l’Allemagne le réclamant pour les mêmes faits. « Gino » est libre – il doit être remis à l’Allemagne dans dix jours et avait trois jours pour se pourvoir en cassation – et vit à Paris.

Lors d’une précédente audience en juin, Laurent Pasquet-Marinacce, autre avocat de « Gino », avait soulevé un « risque » : « Nous n’avons pas les moyens de savoir si la Hongrie a condamné en son absence notre client : si la France le remet à l’Allemagne, est-ce que la Hongrie ne va pas le réclamer pour qu’il exécute sa peine là-bas ? »

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Italie – Opération répressive du 16 juin : La détention de Pietro confirmée https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/05/italie-operation-repressive-du-16-juin-la-detention-de-pietro-confirmee/ Wed, 05 Aug 2026 16:52:24 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63521 Continuer la lecture ]]> Piccoli fuochi vagabondi / vendredi 24 juillet 2026

Le juge des libertés et de la détention, appelé à s’exprimer le 23 juillet, a confirmé la détention de Pietro, arrêté dans le cadre de l’opération anti-anarchiste du 16 juin dernier [voir ici ; NdAtt.].
Nous sommes resté.es sans voix.

Alors que toutes les autres personnes arrêtées ont déjà été relâchées, par le JLD de Rome, celui de Bologne (responsable géographiquement) a décidé de garder notre compagnon enfermé !

Nous rappelons que Pietro avait été arrêté avec le chef d’inculpation de « terrorisme de la parole » (art. 270 quinquies, troisième paragraphe, du Code pénal), une infraction crée avec l’avant-dernière loi-cadre sur la sécurité, à cause de quelques brochures saisies pendant la perquisition.

Toni, emprisonné avec le même chef d’inculpation, a été libéré de prison il y a quelques jours [voir ici ; NdAtt.], par le JLD de Rome. Au contraire, Pietro reste encore enfermé, en régime Haute sécurité, à la prison de Terni.

Maintenant, les avocats vont faire recours en Cassation et entre-temps, quand on aura les motivations de cette décision, ils adresseront aussi une requête au juge d’instruction, pour qu’il modifie cette mesure. Mais, dès tout de suite, il faut continuer à lui exprimer notre proximité et notre solidarité !

Écrivons-lui et restons attentif.ves aux prochaines mobilisations.

Pietro Rosetti
C.C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Solidaires de la Romagne

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Bandung (Indonésie) : Des nouvelles des anarchistes emprisonnés Mpe, Dilan et Pablo https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/03/bandung-indonesie-des-nouvelles-des-anarchistes-emprisonnes-mpe-dilan-et-pablo/ Mon, 03 Aug 2026 16:25:49 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63496 Continuer la lecture ]]> Dark Nights / mercredi 22 juillet 2026

Des nouvelles des anarchistes Mpe, Dilan et Pablo, emprisonnés suite au Premier mai 2026

Les anarchistes emprisonné.es ont été arrêté.es dans les jours qui ont suivi la manifestation du Premier mai à Bandung [voir ici et ici ; NdAttt.]. Ils/elles sont accusé.es d’avoir participe à une émeute et de la destruction volontaire d’équipements publiques, à la suite d’un affrontement qui a eu lieu le 1er mai 2026 sur le Jalan Cikapayang (au carrefour entre Cikapayang et Pasupati), dans la ville de Bandung, au cours duquel la police a été attaquée.

Ces graves accusations portent sur des infractions comme le fait de provoquer des incendies ou des explosions mettant en danger la sécurité publique, le fait de commettre des actes de violence collective contre des personnes ou des biens, en public, ainsi que d’association de malfaiteurs. De plus, les compas sont accusé.es d’avoir préparé et utilisé des cocktails Molotov. Mpe est accusé d’être le « leader », ce qui, pour un anarchiste, est absurde. Les compas arrêté.es ont été tabassé.es et maltraité.es par les flics, au cours de leurs interrogatoires, pendant une période de trois semaines, en l’absence d’un bon avocat. Une pression psychologique intense et de la violence physique ont été utilisées à l’encontre des détenu.es, pour essayer de leur faire faire de fausses déclarations.

Au total, treize (13) personnes ont été arrêtées et emprisonnées au cours de l’enquête sur les émeutes.

– Trois (3) d’entre elles étaient des mineurs et ont ensuite été libérés, avec l’obligation de pointer à la police.
– Les dix (10) prisonniers restants sont :

1. Ripan Ripandi
2. Muhamad Rafly
3. Ismail
4. Dani Maulana
5. Rangga
6. Cikal
7. Haikal
8. Fadel
9. Fadil
10. Hadi Isan

Liberté pour les prisonniers – Renversons l’État

Mise à jour : le jeudi 23 juillet 2026, le procès des compagnons inculpés dans l’affaire de la manifestation du Premier mai 2026 à Bandung, c’est à dire Mpe, Dilan et Pablo, [a commencé] au tribunal du district de Bandung.

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Bandung (Indonésie) : Les dates de libération des anarchistes emprisonné.es approchent https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/03/bandung-indonesie-les-dates-de-liberation-des-anarchistes-emprisonnees-approchent/ Mon, 03 Aug 2026 16:25:45 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63499 Continuer la lecture ]]> Act for freedom now! / samedi 1er août 2026

On a établi un calendrier des prochaines dates de libération des anarchistes emprisonné.es car pris.es pour cible lors des mesures de répression prises par l’État, suite à la mobilisation d’août–septembre 2025, à Bandung. Ces compas ont été poursuivis.es pour des actions directes, y compris les incendies qui ont visé la banque Hana [voir ici ; NdAtt.] et le bâtiment de la Chambre provinciale des représentants (DPRD) de Java occidental, ainsi qu’à cause des persécutions contre les administrateurs de la plateforme « Black Bloc Zone » – une affaire largement présentée par les médias grand public comme affaire « Chaos Star ».

Prochaines libérations dans les affaires d’actions directe « Chaos Star »

Plusieurs compas emprisonné.es dans le cadre des affaires liées à des actions directes approchent de la date prévue pour leur libération :
– Rhexcy : il est censé [être sorti] le 29 juillet 2026
– Tebe et Iyong : censés [être sortis] le 31 juillet 2026
– Jalus : censé [être sorti] le 3 août 2026
– Apip : censé sortir en septembre 2026

La situation d’autres compas emprisonné.es

Au-delà des affaires principales, pour des incendies, d’autres compas capturé.es dans le cadre de luttes connexes font face à des conditions variables, dans les prisons de l’État :

Affaire de la bombe de propane au poste de police de Gentong [voir ici ; NdAtt.] :
– Adit et Nopal : ils sont censés sortir l’année prochaine (2027).
– Pem et Herdy : sortis il y a plusieurs mois.

Administrateurs de « Black Bloc Zone » :
– Dana et Abul : déjà libérés des prisons de l’État.
– Komar : actuellement incarcéré une nouvelle fois par les forces de l’État, à Surabaya, avec une date de sortie prévue pour septembre prochain.

Solidarité avec tou.tes les prisonnier.es anarchistes.
Pour l’Internationale noire.

Going Underground
juillet 2026

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Indonésie : Des nouvelles des prisonnier.es https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/03/indonesie-des-nouvelles-des-prisonnier-es/ Mon, 03 Aug 2026 16:19:04 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63502 Continuer la lecture ]]> Dark Nights / samedi 18 juillet 2026

Ces dernières semaines, nous avons été plongé.es dans les tranchées du soutien juridique. Accompagner les personnes enlevées par la Densus (ndt : Densus 88, l’unité spéciale antiterroriste de la police indonésienne) n’est pas seulement une question tactique – c’est la manière dont nous cartographions leurs méthodes de répression pour les démanteler. Par-dessus tout, nous refusons d’abandonner qui que ce soit à la merci de l’appareil d’État.

Nous sommes en train de diminuer le soutien à Komar, car il est déjà assisté par le ST (ndt : Setapol, Union des prisonniers politiques) et d’autres. Notre priorité continuent à être les prisonnier.es restant.es du Premier mai 2026 et tou.tes celles/ceux qui doivent encore affronter les tribunaux sans solidarité. Bien entendu, cela inclut Adit, qui restera en prison jusqu’à l’année prochaine.

Les fonds qu’on nous avait initialement refusés, de la part du ST, ont été redirigés vers la famille de Dani. Leur appareil bureaucratique a déjà refusé d’apporter son soutien à Mpe, nous ne comptons donc plus sur eux. La famille de Dani vit en dessous du seuil de pauvreté et il était son seul soutien financier. C’est pourquoi les dons et les ventes de t-shirts continuent à être urgents : ils empêchent que sa famille sombre et soutiennent le travail de solidarité plus large.

Aujourd’hui, un nombre important de jeunes anarchistes pourrissent encore, détenu.es par la police. Beaucoup ont été arrêté.es après le 1er mai 2026. La plupart n’a reçu aucune assistance juridique – en particulier dans les villes les plus petites, où il n’existent même pas de structures d’assistance juridique. Nous continuons à chercher tous les canaux possibles pour les contacter et les soutenir.

Des comptes-rendus provenant de différentes sources confirment que la LBH (ndt : Organisation d’aide juridique de Jakarta) et la plupart des organisations institutionnelles d’aide juridique ont refusé de les assister. La raison est claire : leurs actions ont été trop destructrices, trop conflictuelles et ils/elles refusent de se soumettre à la chaîne de commandement bureaucratique imposée par ces organisations. C’est la raison pour laquelle la plupart de ceux/celles qui sont encore emprisonné.es continuent sans soutien juridique.

Prisonnier.es actuel.les :

Surabaya : +20-25 personnes
Cilacap/Purwokerto : 7 personnes
Makassar : 5 personnes
Ciamis : un nombre encore indéterminé
Bandung : 5 personnes (sans compter Mpe et ses compas)

Palang Hitam

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Indonésie : Compte-rendu du Palang Hitam / ABC sur la répression https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/03/indonesie-compte-rendu-du-palang-hitam-abc-sur-la-repression/ Mon, 03 Aug 2026 16:15:17 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63504 Continuer la lecture ]]> Dark Nights / samedi 18 juillet 2026

Compte-rendu du Palang Hitam / ABC sur les chiffres des détentions et de la répression

Le compte-rendu des emprisonnements
Palang Hitam, 10 juillet 2026

Ce document montre, en détail, le nombre d’affaires actuellement traitées par le Palang Hitam. Si nous avions plus de fonds à notre disposition, nous pourrions fournir plus de soutien aux autres affaires dont nous continuons d’être mis.es au courant. Veuillez nous contacter à l’adresse palanghitam(no scums) riseup (acab) net, si vous pouvez nous aider à aider les compas en prison.

Il est nécessaire de fournir aux prisonnier.es des fonds pour leurs dépenses, le cas échéant pour leurs familles, et pour ceux/celles qui ont besoin d’avocats, car les avocats commis d’office travaillent avec les flics et les procureurs pour baiser les accusé.es. Quand nous sommes en mesure d’employer des avocats professionnels, la torture et les abus peuvent être arrêtés. Cela est important car de nombreux.ses accusé.es sont maltraité.es et menacé.es, jusqu’à ce qu’ils/elles donnent des faux témoignages. Dans un cas, à Surabaya, un jeune homme est mort des blessures dues à la torture.
L’unité antiterroriste Densus 88 cartographie le mouvement anarchiste et ses relations internes, en utilisant la menace et la torture. Cette unité utilise une surveillance généralisée des données, ainsi que des logiciels espions, qu’ils envoient à des blogs et à des comptes des réseaux sociaux, pour infiltrer les téléphones et les appareils des compas. Nous recommandons l’utilisation de moyens de sécurité informatique et téléphonique, tout en étant conscient.es de leurs limites.
Des responsables officiels indonésiens auraient participé au sommet organisé par l’administration américaine contre le « terrorisme d’extrême-gauche » et nous rappelons à tout le monde, dans la rue et dans le cyberespace, qu’il faut rester attentif.ves face à la forte possibilité d’une répression supplémentaire. Quand les révolutions ne sont faites qu’à moitié, nous creusons nos propres tombes.

Palang Hitam International

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Grèce : À propos des compas pris.es pour cible et arrêté.es ces derniers jours https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/27/grece-a-propos-des-compas-pris-es-pour-cible-et-arrete-es-ces-derniers-jours/ Mon, 27 Jul 2026 16:47:13 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63455 Continuer la lecture ]]> Act for freedom now! / dimanche 12 juillet 2026

Bas les pattes de nos […] compas

Ces derniers jours, nous vivons une situation d’alarmisme, créé par le gouvernement et encouragée par les médias, à l’occasion des attaques incendiaires de Thessalonique*, de l’instrumentalisation de la mort d’une femme et de la réouverture, après seize ans, de l’affaire de la banque Marfin**. La cible, c’est le milieu anarchiste, avec des récits du genre « les types commencent par des petits trucs et de la peinture, passent aux pierres et aux cocktails Molotov, pour finir avec des bombes et des pistolets ».

Seize ans plus tard, l’État remet l’affaire de la banque Marfin sous les feux des projecteurs médiatiques et répressifs. Une histoire que ND [Néa Dimokratía, Nouvelle Démocratie, le parti du Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis ; NdAtt.] ne cesse de ressortir, dans la tentative de criminaliser les mobilisations massives et extrêmement conflictuelles qui ont eu lieu à l’époque, contre les mesures d’austérité qui essayaient de faire porter le poids de la crise économique à celles/ceux d’en bas.

Seize ans plus tard, la cible confortable, vers laquelle le gouvernement essaye de diriger son ordre du jour pré-électoral, un terrain qui lui est bien utile, est, encore une fois, le milieu anarchiste et plus précisément quatre compas dont les maisons ont été perquisitionnées, deux d’entre eux/elles ayant été arrêté.es. Les « preuves » qui sont apparues dans les médias jusqu’à présent battent tous les records de ridicule. Des appels téléphoniques anonymes, auxquels nous nous sommes – malheureusement – habitué.es, on est passé.es aux mails anonymes, qui s’adaptent à l’époque. Un logiciel d’IA a été utilisé, seize ans après, pour comparer des photos de… vacances, sur lesquelles il y a des vêtements similaires.

Seize ans plus tard, les problèmes restent les mêmes. Faces aux politiques meurtrières de l’État, qui ont rendu la vie quotidienne invivable, à la tentative d’exécution d’un homme qui a fui un barrage routier, aux travailleur.euses assassiné.es dans des camps de travail à travers le pays et aux opérations de guerre qui trempent des populations du monde entier dans le sang, la réponse est la lutte, la persévérance, le conflit. Et le milieu anarchiste a été et sera une partie de tout cela, avec tous les moyens.

Solidarité avec celles/ceux persécuté.es dans l’affaire de la banque Marfin.

Anarchistes et compas des personnes inculpées dans l’énième coup monté de l’État

 

[…]

PS : le 11 juillet 2026, le Service anti-terrorisme et la Direction de la lutte contre le crime organisé ont mené, presque simultanément, des opérations à Athènes, Thessalonique et à La Canée en Crète, au cours desquelles cinq compas ont été arrêté.es, tandis qu’un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre d’une autre personne. Les deux personnes arrêtées à Athènes ont été accusées de l’incendie de la banque Marfin, en 2010, et les trois autres de l’attaque incendiaire contre la maison de la femme politique de Néa Dimokratía Aphroditi Nestora, à Thessalonique, le 1er juillet 2026, l’une de trois attaques coordonnées.

L’hystérie terroriste frappe à nouveau et des e-mails anonymes sont envoyés aux adresses électroniques du GADA (le siège de la police), au moment où un homme de vingt ans meurt sous les balles des flics. Il s’agit peut-être de coïncidences diaboliques, qui ne font que montrer le modus operandi de M. Michalis, ministre de la Protection du citoyen, et de sa bande. Peut-être que le Parti de l’Antiterrorisme convoquera maintenant des élections, afin que le Premier ministre ne se fatigue à faire des déclarations.

Les compas ont notre solidarité sans faille. Dressons-nous comme une barrière contre le pogroms [sic ; NdAtt.] menés par les flics contre le milieu anarchiste et anti-autoritaire.

SOLIDARITÉ AVEC LES ANARCHISTES PERSÉCUTÉS POUR L’AFFAIRE DE KATO TITHORÉA

SOLIDARITÉ AVEC LES PERSONNES ARRÊTÉES LORS DES OPÉRATIONS D’AUJOURD’HUI [11 juillet ; NdAtt.] À THESSALONIQUE, LA CANÉE ET ATHÈNES

LE SANG COULE, LA VENGEANCE EST UNE EXIGEANCE

FEU À TOUTES LES CELLULES

SOLIDARITÉ AVEC LES COMPAGNONNES ANARCHISTES EMPRISONNÉS MARIANNA ET DIMITRA

VICTOIRE POUR LA LUTTE DE LA COMMUNAUTÉ DE PROSFIGIKA – SOLIDARITÉ AVEC ARISTOS ET SUZON

KYRIAKOS TOUJOURS PRÉSENT

Anarchistes

 

Notes d’Attaque :
* Dans les premières heures de mercredi 1er juillet, trois attaques incendiaires, non revendiquées, sont menées près des domiciles de représentants de Néa Dimokratía, à Thessalonique. L’incendie de véhicules en bas de celui d’Aphroditi Nestora, déjà candidate au parlement grec, s’étend à l’apparemment et sa mère meurt.
** Le 5 mai 2010, il y a eu en Grèce une grève générale contre le vote au Parlement, le lendemain, du plan d’austérité voulu par la « Troika » (UE, BCE,  FMI). Deux-cent mille personnes ont manifesté à Athènes, d’autres à Thessalonique et dans d’autres villes. Dans la capitale, trois bâtiments ont été incendiés, dont une filiale de la banque Marfin. À l’intérieur il y avait vingt personnes, qui sont restées bloquées. Trois y ont trouvé la mort. On trouvera ici un texte de réflexion à ce sujet.

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USA : « No Way Home » https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/24/usa-no-way-home/ Fri, 24 Jul 2026 16:15:44 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63435 Continuer la lecture ]]> La Grappe / mercredi 22 juillet 2026 [on a corrigé quelques coquilles – Attaque]

« No Way Home » : la réponse d’un ancien détenu anarchiste à Fire Ant Movement Defense

Traduction d’un article paru sur Crimethinc, dont la portée semble aller au delà de l’affaire en question et propose un texte témoignage d’intérêt sur les balances.

Nous avons choisi de traduire ce texte initialement publié par Crimethinc même si nous n’avons pas forcément de traduction relative aux événements qui précédent son écriture (voir en anglais pour le contexte, le texte de Fire Ant Defense Movement [1] et l’affaire Prairieland [2]) en effet au delà d’une affaire précise, cette lettre d’Eric King nous semble éclairante sur les conduites à tenir dans nos milieux, et pour mettre sur la table une question qui est toujours trop peu évoquée chez nous avant que le problème apparaisse concrètement. Les balances ça n’arrive pas qu’aux autres, et des groupes sont déjà tombés prés de chez vous à cause de balances, qui elles sont restées libres. Nous proposons ce texte pour que la question se pose dans vos discussions avant d’en avoir besoin.

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En réponse au communiqué que nous avons publié de la part du Fire Ant Movement Defense, nous avons reçu cette contribution de la part d’Eric King, un anarchiste et ancien prisonnier politique qui à passé presque une décennie derrière les barreaux [voir ici ; NdAtt.].

Donner sans consentements des informations à la police, procureurs ou autres personnes qui font partie de l’industrie de la justice est une des choses les plus dommageable que peux faire une personne car elle expose des gens au danger d’une vaste structure qui existe dans le but d’infliger systématiquement des violences.

Ceux qui ont produits des aveux incriminant d’autres gens ne doivent plus jamais être considérés de confiance à propos d’informations qui pourraient faire courir des risques à quelqu’un. Et à cause du fait qu’il n’est pas possible de savoir quelles informations font partie de cette catégorie, cela veut donc dire qu’il faut les garder en dehors d’une grandes parties des espaces et des relations.

Questionné par la police ou les juges, la seule décision éthique est le refus d’incriminer les autres. Quand tout le monde fait ça, les dommages que peut commettre l’état sont limités. Ceux qui pensent à donner des infos sur d’autres doivent comprendre qu’en faisant ainsi ils passent un point de non retour.
De la même façon, aucun accusé ne devrait être obligé de dépendre d’un comité de défense qui défend également quelqu’un qui l’a dénoncé.

Dans le même temps nous devons faire confiance aux accusés non-coopérants pour décider quel est la meilleure façon de les défendre et comment gérer ceux qui ont témoigné contre eux. Les agences fédérales essaie d’utiliser les affaires Prairieland pour criminaliser et diviser toutes celleux qui résistent. La répression d’état est faite pour infliger des dommages autant en termes d’impacts immédiats qu’en créant des fragilités a long termes.

La polémique sur les décision du comité de soutient dans l’affaire Prairieland ne dois pas décourager les gens dans le soutient aux accusés non-coopératifs. S’il vous plaît donnez aux caisses de soutient, écrivez [aux prisonnier.es] et communiquez au sujet de leur situation difficile.

Ce qui suit est la contribution d’Eric King :


No Way Home

J’écris ceci en réponse au récent communiqué du Fire Ant Movement Defense – « Manufactured Betrayal », pas comme une confrontation mais dans l’idée d’ouvrir un dialogue et de clarifier les valeurs que nous défendons. Ce n’est pas une attaque. Je partages mon point de vue basé sur mes expériences personnelles. Je ne suis pas expert ou arbitre en révolution, je suis simplement quelqu’un qui fut directement impacté par une petite merde à la langue pendue et qui ai vu des gens qu’il aime subir la même chose.

La prison est vraiment un endroit horrible. C’est un endroit ou les gens peuvent mourir, brutalement. C’est un endroit qui vous impose la violence à chaque secondes de la journée. C’est un endroit qui active votre réaction combat/fuite jusqu’au point ou elle est n’est jamais que combat. C’est un endroit qui vous change, dans votre façon de voir le monde, comment vous gérez le stress, etc. La prison vous fait faire des choses que vous ne pouvez oublier et avec lesquelles vous devez vivre. Elle prends le cœur de vos familles et les écrase encore et encore, tout les jours, ils s’inquiètent de savoir si vous allez bien, si vous êtes toujours là. Je suis libre depuis 2 ans et demi et je repense encore aux conditions dans les lesquelles j’ai était forcé de vivres et aux traumas qui vivent encore en moi à ce jour.

Le communiqué de Fire Ant au sujet de Meagan Morris* sonne comme une insulte à toutes les personnes qui ont jamais était impactées par le système carcéral. Ce texte provoquait de la confusion, était enrageant et douloureux. Fire Ant à fait du bon travail auprès des prisonniers, c’est pourquoi ce communiqué a ajouté à ma propre confusion et m’a fait mal aussi profondément.

Je ne comprendrais jamais, et je ne veux jamais comprendre le besoin d’être un défenseur des poucaves. Que Meagan Morris ait des regrets, ou que qui que ce soit qui collabore avec les flics exprime des regrets ne signifie rien face aux vies qu’elle a aidé à détruire. Le fait que Meagan ait finalement choisi de se rétracter ne veux rien dire. Elle a donné à l’état les munitions à utiliser contre nous, pas seulement les prisonniers de Prairieland, mais nous tous. Dans chaque affaire contre des gauchistes dans le futur, l’état pourra utiliser ses mots pour décrire nos amis, nos camarades comme des terroristes violent. Elle fait le travail de l’état à sa place. Elle à donné des informations à l’état pendant des HEURES. Qu’est ce qu’on branle ?

Comme l’as dit Fire Ant, beaucoup de nouveaux radicaux vont rejoindre la lutte après l’horrible répression d’état dont nous sommes témoins. Et les conversations que nous sommes en train d’avoir sont celles que nous devons avoir — mais il faut les avoir AVANT.

Quel risques sommes-nous prêt à prendre ? Quelles sont les pires conséquences possibles, même si vous vous croyez safe et peu importe la légalité des risques pris sur le moment ? Que feriez-vous si vous vous faites arrêter ? Qui sont les plus vulnérables ? Qui sont les plus prêts ?
Ce sont des conversations qu’il faut avoir. Mais jamais nous ne devons planifier de réintégrer les poucaves dans nos communautés, jamais on ne doit s’aventurer à les comprendre, jamais on ne doit justifier et dire qu’ils ont payé le prix et que leurs remords suffisent.
Honnêtement, nique ça.

En tant qu’abolitionniste, je ne veux pas voir les poucaves ou n’importe qui d’autres en prison. Je veux pas qu’elles soit blessées, harcelées, attaquée en ligne, ou ce genre de merde. Je n’ai pas le temps pour ça. Mais je ne comprendrais jamais l’idée qu’il faudrait les autoriser à réintégrer les communautés radicales. Pour quelles raisons on prendrais des risques pour la sécurité de QUI QUE CE SOIT juste pour apaiser la trahison et la culpabilité de quelqu’un d’autre ? Quel est le but ? C’est la ligne à laquelle je me tiens. Si mon meilleur ami devient ami avec une poucave parce que la poucave s’est excusée, je ne parlerais plus jamais à cet ami.

Créer des espaces de réintégration ça veux dire cracher aux visages de chaque détenu et aussi de sa famille. Ça veut dire regarder en face des gens qui ont dédié leurs VIES ENTIÈRES au mouvement et leur dire « Je sais que quelqu’un.e à égoïstement détruit ta vie et trahi tout ses engagements, mais iel s’en veut ».

Demandez-vous si Kuwasi Balagoon [3] serait OK avec cet état d’esprit ? Ou Emma Goldman [4] ou autre ? Nous vivons dans une époques ou les gens établis et bien vu dans le mouvement créent un espaces pour les traîtres. Ceux qui balancent sont des flics. Ce sont des gardiens de prisons. Des juges et des procureurs. Ils ont pris les vies d’autres dans leurs mains et les ont réduits en pièces. Ils n’y a pas de place dans les mouvements et les orgas que j’aime pour des gens comme ça. C’est inconcevable. Est ce que Fire Ant Defense Movement pourrais regarder dans les yeux ma famille et leur dire que la personne qui a aidé à ce que je sois torturé, agressé sexuellement et hospitalisé a assez souffert ? Que ce n’est pas juste pour eux d’être exclus pour ma sécurité et celle des autres ? Que les émotions sont plus importantes que les brutalité qu’ils ont permis sur nous tous ?

Imaginez que le FBI ait lu le communiqué (nous devons présumer qu’ils les ont littéralement tous lus), seraient-ils heureux de nous voir considérer le retour des collabos au bercail ? Ils seraient ravis. 1). Ils saurais déjà que ceux qui ont parlé sont vulnérables à la pression et pourrais recommencer mais aussi 2). Ils pourraient facilement voir ça comme une porte ouverte en continue, sans aucune peur des conséquences. Comment cela doit être plus facile de convaincre quelqu’un de « faire le bon choix », quand ils peuvent prouver aux gens qu’il n’y a pas de conséquences durables à leur trahison. La confiance au sein du mouvement s’érodera aussi complémentent. Comment imaginer que je pourrais faire confiance à un camarade qui a une ligne aussi molle sur un truc si dangereux ? Ce sont des questions de vie ou de mort. Ce n’est pas un petit débat idéologiques, c’est mettre l’ensemble de la communauté en péril. Les portes du retour, même après la plus petites des collaborations, doivent rester fermées et les gens doivent le savoir. C’est le strict minimum qui doit arriver à ceux qui aident la police à détruire nos vies et maintenir le statu quo fasciste.

Je ne comprends pas le chemin de pensée derrière votre communiqué. Le « pourquoi de tout ça » ne fait pas sens pour moi. Ça ne fait même pas deux mois depuis les condamnations de Prairieland et on a déjà des déclarations de soutiens pour les poucaves ? Les gens peuvent avoir leurs propres pensées et vivre leur vie et j’ai le droit de ne pas être en accord avec. Cependant ça m’a presque triggé de voir les gens qui ont dit au flics ou je me cachais et de m’imaginer qu’un camarade que j’aimais et en qui j’avais confiance me demanderait de redevenir ami avec la taupe. Les cicatrices sur ma tête, le sang dans ma bouche, la douleurs dans mon cœur ne laisseront jamais cela advenir. Car j’ai de l’empathie pour ceux dont la vie à était ruiné par les balances, je ne serais jamais ami avec une balance. Balancer c’est décider que la vie de vos camarades vaut moins que la votre.

Ce sont mes idées. J’espère que je les transmette avec respect. Mais je suis blessé. J’ai envie de crier « C’EST QUOI CE MONDE ? » Certains de mes amis les plus proches et des gens que j’admire et soutient se sont fait balancer, et j’espère que je ne verrais ou n’entendrais plus parler de leurs poucaves à nouveau. À mon avis, il ne doit pas y avoir d’espace pour ça. C’est une trahison de tout ce en quoi je crois de leurs donner un centimètre quand ils ont arrachés des décennies.

Amour et respect à tout.es celleux qui supportent les prisonnier.es.
Je te couvre le dos si tu couvre le mien.

Jusqu’à la Libération.

EK

 

 

Voir en ligne [l’original en anglais ; NdAtt.] : No Way Home

 

Notes [du/de la traducteur.e] :
[1] https://en.crimethinc.com/2026/07/07/manufactured-betrayal-a-statement-from-fire-ant-movement-defense-on-solidarity-and-betrayal-in-the-prairieland-trials
[2] https://en.crimethinc.com/2026/02/13/la-route-vers-prairieland-la-repression-contre-les-militantes-anti-ice-au-texas-reflete-une-tendance-a-lintensification-de-la-repressionn [Note d’Attaque : on trouvera d’autres informations, en français, sur cette affaire ici].
[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Kuwasi_Balagoon
[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma_Goldman

* Note d’Attaque : on trouvera des informations sur cette personne ici.

 

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Paris : Arrestation en lien avec le 1er mai 2022 https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/23/paris-arrestation-en-lien-avec-le-1er-mai-2022/ Thu, 23 Jul 2026 16:45:53 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63432 Continuer la lecture ]]> Indymedia Nantes / mercredi 22 juillet 2026

Le jeudi 16 juillet 2026, à 17h30, G. a été arrêté sur son lieu de travail. Six flics en civil sont venus le chercher et l’ont immédiatement placé en garde-à-vue. G. ne travaillait pas ce jour-là, il était là par hasard, les renseignements ont bien bossé !

Les motifs de la garde-à-vue : dégradations lors de la manifestation du premier mai 2022, violence sur PDAP et participation à groupement en vue de…

Lors de la garde-à-vue, G. a refusé de donner ses empreintes et son ADN. Les auditions ont duré une heure environ et les flics ont montré une dizaines de photos et quelques vidéos des manifestations du premier mai 2022 et 2023.

On ne sait pas exactement depuis quand les flics enquêtent sur G. A priori, au moins depuis 2024, aux dires de l’OPJ, qui lui a signifié qu’elle avait essayé de le joindre par téléphone un an plus tôt.

G. est sorti après 24h de GAV avec une convocation pour une audience le 22 octobre 2027 à 9h à la chambre 24 du tribunal correctionnel, au TJ de Paris, pour les motifs de refus de signalétique, refus d’ADN et pour avoir « volontairement dégradé des vitrines ainsi que l’intérieur de ces dernières » (sic).

Si d’autres personnes se trouvent dans une même situation, poursuivies pour des faits similaires, ont été appelées ou se sont rendues à des convocations, n’hésitez pas à nous contacter.

Face à la répression et à la justice, ne restons pas seuls. C’est pourquoi nous appelons à venir collectivement au procès d’octobre 2027 en solidarité avec l’inculpé.

Solidarité avec celles et ceux qui s’attaquent à ce monde !

linterieurdesvitrines@proton.me

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Rouslan Sidiki – Anarchiste et partisan, condamné à 29 ans de prison en Russie https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/16/rouslan-sidiki-anarchiste-et-partisan-condamne-a-29-ans-de-prison-en-russie/ Thu, 16 Jul 2026 16:25:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63343 Continuer la lecture ]]> La Grappe / jeudi 9 juillet 2026

Citoyen russe et italien, électricien de la ville de Riazan, explorateur des sites industriels, cycliste itinérant, anarchiste et partisan dans la résistance à la guerre russe en Ukraine. Tous ces mots peuvent servir à décrire Rouslan Sidiki, âgé de 36 ans.
Il a été condamné en Russie le 23 mai 2025, à 29 ans de prison [Note d’Attaque : le 1er juillet 2026, la Cour d’appel militaire de Vlashih a confirmé cette condamnation]. Selon le verdict, le camarade passera les 9 premières années de sa peine en prison, avant d’être transféré dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité.

Riazan

Dès mon plus jeune âge, j’ai été fasciné par les mécanismes et l’électronique. J’ai donc reçu des livres de sciences et des jeux de construction.

J’ai eu une enfance typique de jeune dans une zone industrielle des années 90. J’ai passé beaucoup de temps dans la rue, car il n’y avait rien à faire à la maison. C’était beaucoup plus marrant de fuir le vigile du chantier, lancer des bonbonnes de gaz dans le feu en attendant l’explosion, fouiller dans les sous-sols, construire des cabanes dans le bois.

Syracuse

Vers l’âge de 12 ans, il rejoint sa mère lors des vacances d’été. Dès lors, il vivra et étudiera en Italie. Il ne retournera à Riazan que pour les étés et y retrouver sa grand-mère.

Je me souviens parfois de ma vie en Italie avec nostalgie. J’y ai plutôt bien vécu : la mer, les montagnes et un volcan sont à proximité. Un endroit idéal pour ceux qui aiment la tranquillité. Mais, comme je l’ai dit plus tôt, la perspective d’une vie plus longue en Europe me semblait trop ennuyeuse. Eh bien, 2023 s’est avérée être l’année la moins ennuyeuse de ma vie, surtout la période du 29 novembre au 2 décembre.

Tchernobyl

J’ai vécu et travaillé en Italie, mais alors que j’étais retourné une nouvelle fois en Russie, j’ai décidé de rester lorsqu’on m’a proposé un emploi d’électricien à Riazan.

Avant les événements de 2014, je me rendais en Ukraine une fois par an pour faire de la randonnée dans la zone de Tchernobyl.

J’aime traverser des terrains difficiles, me cacher des patrouilles, utiliser du matériel militaire. Je me suis également fait des amis en Ukraine, dont certains ne retourneront malheureusement jamais camper.

Nouvelle voie

Un jour, en lisant une publication, je suis tombé sur une commune de la région de Léningrad, dont la description correspondait à ma vision d’une communauté autonome. De plus, à « Nouvelle Voie », il y avait un besoin de nouveaux habitants.

Mon projet incluait la construction d’une petite centrale hydroélectrique sur la rivière, permettant d’alimenter la colonie en électricité. Je travaillais à Riazan en dédiant quelques mois par an à « La Nouvelle Voie », où je m’occupais du jardinage et du bricolage. Tous les ans, j’espérais qu’on pourrait créer une forme de production auto-suffisante qui permettrait à la commune d’exister sans dépendre de l’extérieur.
Malgré nos désaccords, je valorise l’expérience que j’y ai vécue et j’espère que la maison que j’ai construite servira un jour à quelqu’un d’autre.

Anarchisme

Je ne suis pas devenu anarchiste d’un seul coup. À l’époque où je ne connaissais pas encore ce mot-là, j’avais déjà une conception d’un monde juste : sans États, avec des communes autogouvernées.
L’un de mes amis m’a dit qu’il s’agissait là de l’idéal anarchiste.
Je n’aime pas la rigidité idéologique de certains anarchistes et communistes qui me rappellent parfois des fanatiques religieux.

Je peux dire une seule chose : mon rejet du totalitarisme et du fascisme reste inébranlable.
Des idées issues de divers courants de pensée peuvent m’être proches. Le monde change et ce qui était pertinent et actuel il y a un siècle peut ne plus l’être aujourd’hui.

Maïdan

La guerre de 2014 commence avec l’invasion de Sloviansk par Igor Guirkine, officier des renseignements de l’armée russe, aussi responsable de l’annexion de la Crimée, même si un nombre non négligeable de mineurs a effectivement pu rejoindre des formations armées qui se sont montées par la suite.

Je suivais la situation en Ukraine depuis fin 2013. À cette époque, je pensais prendre part aux manifestations, mais finalement je n’ai pas réussi à économiser assez pour prendre des congés à mes frais. Je ne m’attendais pas à ce que la Russie fasse un pas aussi minable, profitant de la période de transition politique dans le pays pour annexer la Crimée et envahir le Donbass.
Je pense qu’aujourd’hui, personne n’est dupe quant à ceux qui ont occupé la Crimée, abattu l’avion de Malaysia Airlines, ou encore ceux qui se sont battus autour de Donetsk et Louhansk en prétendant être « des mineurs du Donbass en colère ».

24-02-2022

« J’avais envie de ronger les canons des fusils avec mes dents, de désespoir. »

Un mois avant [la grande invasion], le flux d’informations était rempli de rapports manifestement faux sur des bombardements et d’autres provocations de la part de l’armée ukrainienne.
On peut établir un parallèle historique avec les fausses provocations qui ont précédé l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie ou l’invasion de la Finlande par l’URSS.
Ayant pris conscience du fait que la guerre allait durer, j’ai décidé d’agir militairement à la fin de l’année 2022. L’armée russe a délibérément attaqué les infrastructures énergétiques de l’Ukraine dans le but de priver les citoyens d’eau, de chauffage et de lumière afin de faire pression sur leurs dirigeants.
L’État russe nous a coupé tous les moyens d’agir sur la situation de manière pacifique : la personne qui manifeste contre la guerre devient traître à la patrie et subit la répression. Dans cette situation, il n’est pas étonnant que certains préfèrent quitter le pays, pendant que d’autres prennent des explosifs.

Aéroport militaire

Le bourdonnement des bombardiers TU-22 et TU-95 de l’ère soviétique que j’entendais par ma fenêtre annonçait les frappes sur l’Ukraine. J’habitais avec ma grand-mère âgée de 80 ans et je comprenais à quel point il est difficile pour les personnes âgées et malades de vivre sans chauffage ni éclairage l’hiver.
[Lors de l’été 2023] Cela m’a convaincu du choix de ma cible : l’aéroport militaire Diaguilevo, situé à 10 kilomètres de chez moi.
J’ai partagé mes plans concernant l’aéroport avec un camarade ukrainien, qui m’a mis en lien avec une personne expérimentée dans le domaine. Il n’y a eu aucun accord concernant une rémunération éventuelle, les relations se nouaient d’égal à égal, de façon amicale, personne ne m’a donné d’ordre.
Juste avant de partir, j’avais remarqué un renard qui fouillait aux alentours, mais sans y prêter une attention particulière. Plus tard, j’ai appris par les médias que seulement l’un des quatre drones est arrivé à destination : le renard a sans doute renversé les trois autres.

Stop the wagons

Chaque jour, Rouslan voit passer un train devant ses fenêtres, pour une « destination lointaine ». Son second geste aura une plus grande résonance et peut rappeler aux Italiens, l’histoire racontée dans la chanson de Francesco Guccini, « La locomotiva ». Cependant, R. Sidiki n’est pas dans les meilleures dispositions ; il est très affecté par le décès brutal de sa grand-mère.

La guerre suivait son cours, et j’ai alors décidé que si je n’y arrivais pas depuis le ciel, il fallait agir au sol. L’infrastructure ferroviaire, c’est le système sanguin d’un pays belligérant. J’ai partagé mes réflexions avec mon camarade ukrainien.
[Après les préparatifs terminés] Quand le jour s’est levé et que j’ai commencé à distinguer l’image transmise par la caméra, j’ai attendu le bon moment, vérifié qu’il ne s’agissait pas d’un train passager et déclenché l’explosion.
Je me suis échappé de l’endroit de l’action, j’ai dissimulé mon vélo, mes chaussures et mes vêtements à environ dix kilomètres. J’ai ensuite emprunté un autre itinéraire pour rentrer chez moi, sans vélo et habillé autrement.

Torture

L’explosion a eu lieu le 11 novembre 2023 et j’ai été arrêté le 29. Les tchékistes m’ont dit qu’ils n’avaient pas réussi à déterminer comment je suis arrivé sur le lieu du sabotage.
Le téléphone de campagne Ta-57 (appelé communément « Tapik ») leur a servi d’appareil de torture. Ils ont attaché des câbles électriques à mes jambes et quand l’un d’eux ordonnait de lancer l’appel, ils commençaient la torture à l’électricité.
Le lendemain matin, des gens masqués m’ont repris et ont commencé à me frapper dans la foulée et à me torturer à l’aide d’un Taser.
Le Taser n’a rien de flippant, mais il crame les tissus des fringues en laissant des traces de brûlure sur le corps. Ils ont même brûlé une partie de mon tatouage sur l’épaule.

Dans ce cas précis, un événement extraordinaire s’est produit. Après les tortures subies au poste de police, Rouslan a été emmené en prison, où le médecin traitant a documenté les blessures. L’avocat demande – et se voit généralement refuser – un rapport médical.
Dans le cas de Rouslan, l’administration pénitentiaire commet une « ­erreur » et délivre le document. Cela pourrait avoir son importance.
Pour une fois, les autorités elles-mêmes reconnaissent les blessures. Il est difficile de dire s’il s’agit d’une question d’incompétence ou d’un geste de défiance de l’intérieur du système.
« Le seul espoir pour Rouslan est de faire connaître son cas. Cela le protégera de nouvelles tortures et, peut-être, un jour, il pourra être inscrit sur la liste des prisonniers de guerre à échanger », explique son avocat.

Procès

La déclaration finale de Sidiki devant la cour

« Je regrette que mes actions aient mis en danger [Alexander] Bogatyrev, [Sergey] Tarabukin et [Dmitry] Unshakov. Ils n’étaient pas mes cibles et je suis heureux qu’aucun préjudice grave ne leur soit arrivé.
Mon objectif était le matériel militaire russe, ainsi que les chaînes logistiques utilisées pour transporter celui-ci et le carburant. Je voulais compliquer les opérations de combat contre l’Ukraine.
Bien sûr, toute explosion ou nouvelle sur des sabotages peut effrayer des gens. Mais c’est le cas aussi pour les survols de missiles et de début d’opérations militaires – ils sont destinés eux aussi à terroriser les populations civiles.

J’ai déclaré à plusieurs reprises que je n’avais pas l’intention d’intimider délibérément qui que ce soit. J’ai moi-même choisi mes cibles. J’ai attaqué la zone de stationnement des avions militaires pour détruire des avions de combat. J’ai fait sauter la ligne ferroviaire pour la mettre hors d’usage, après avoir confirmé que des transports militaires l’utilisaient.
Je me suis assuré qu’aucun train de voyageurs ne circulait sur la voie que j’ai sabotée et j’ai maintenu un contact visuel pour confirmer cela. Si je ne me souciais pas de la vie humaine, j’aurais pu faire dérailler un train sans être physiquement présent.

Je n’ai rien à voir avec la tentative supposée de fabriquer un nouvel engin explosif ou de faire sauter un autre train. Après l’explosion du 11 novembre 2023, j’ai su que la sécurité allait être resserrée. De plus, j’avais de nombreux problèmes personnels.
Je n’ai aucune rancune à l’encontre du peuple de Russie. Depuis [20]14, j’ai des désaccords sur ce qui se passe, mais ce n’est pas une raison pour haïr qui que ce soit.

Quand les moyens pacifiques d’influencer les décisions du gouvernement ne sont pas disponibles et la dissidence est criminalisée, certaines personnes émigrent, tandis que d’autres agissent. Peu importe la gravité du crime, la torture pendant un interrogatoire est inacceptable dans un État de droit. Électrocuter et frapper une personne arrêtée est quelque chose d’abject. La responsabilité incombe non seulement à ceux qui commettent de tels actes, mais aussi à ceux qui savent et ne font rien. »

Et, pour finir, je lirai une strophe de Nestor Makhno :
Même si, maintenant, ils nous enterrent,
Notre vérité ne sera pas balayée.
Elle surgira quand le moment viendra,
Et elle gagnera – je crois en ce jour !

 

Version BD à télécharger.

 

Sources

https://danslabrume.noblogs.org/post/2025/03/11/rouslan-sidiki-raconte/
Rouslan Sidiki raconte comment il a fait dérailler un train et attaqué un aéroport militaire
http://www.furfur.me/furfur/freedom/freedom/218979-new_path
Enquête sur Nouvelle Voie
https://attaque.noblogs.org/post/2025/05/25/riazan-russie-lanarchiste-ruslan-sidiki-condamne-a-29-ans/
Déclaration finale de Sidiki
https://sotavision.world/etot-srok-suchestvyet-poka-zhiv-ya-ili-zhivo-gosudarstvo/
Interview Sota Vision
https://desk-russie.eu/2025/05/29/lourde-peine-pour-un-resistant-russe.html
Desk

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Free All Antifa – Interview de Maja https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/16/free-all-antifa-interview-de-maja/ Thu, 16 Jul 2026 16:20:14 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63334 Continuer la lecture ]]> Renversé / jeudi 9 juillet 2026

Traduction spontanée de l’italien d’une interview d’une journaliste d’“il Manifesto”.
Interview, Marta Massa*

Je resiste dans la cage de l’isolement
Maja T.

Détenu.e dans une prison hongroise, Maja vit depuis deux ans dans une cellule sans aucun contact social. C’est un système inhumain qui empêche même les formes les plus élémentaires de soutien réciproque.
C’est une matinée ensoleillée à Budapest. À quelques mètres du parlement, Maja T. est en détention. Iel est en isolement depuis deux ans. Le gardien de prison attend notre arrivée, nous guide au travers du hall des visites et nous attendons son arrivée. Un garde armé, un interprète et un agent pénitentiaire s’asseyent sur le côté gauche de la pièce. Maja arrive menottée, un carnet lilas en main et vêtue d’un t-shirt aux couleurs pastels, un sourire délicat sur le visage.

  • Comment ça va ?
    Je suis vraiment très tendu.e. C’est étrange d’être ici maintenant, avec toi et toutes ces personnes alors qu’il y a à peine dix minutes j’étais dans ma cellule. Je n’ai parlé à personne depuis 25 heures. Mais je suis heureuse d’avoir un moment pour m’ouvrir et parler, même s’il m’est difficile d’exprimer comment je me sens et comment je vais.
  • Comment s’est passée la période entre février, moment où la peine de huit ans a été prononcée, et aujourd’hui ?
    Je savais que je n’aurais pas pu rentrer chez moi après le verdict, mais cette période a marqué la fin d’une étape. Être au tribunal ce jour-là a été un cauchemar, mais, en même temps, j’ai ressenti la force de ma famille et de mes amies et amis.
    C’était très beau de sentir le soutien et la solidarité des personnes. Par contre, j’étais plongée dans la réalité d’une profonde injustice orchestrée par un système dont la volonté est de détruire et réprimer.
    Je ne pouvais que rester assise là, menottée, avec tous ces regards posés sur moi. Je me suis sentie piégé.e, je n’avais pas la possibilité d’exister en tant qu’être humain, seulement comme un objet à observer sur lequel projeter des idées.
    Dans l’après-midi, j’étais à nouveau dans ma cellule, je cherchais à trouver la force et un nouvel espoir pour affronter la prochaine étape.
    Assis.e dans le Tribunal, je sentais proche de moi Gabriele, Ilaria et les autres coaccusé.e.s. C’était comme s’iels étaient là, à mes côtés. Je pensais à comment pouvaient se sentir Gabriele et Anna au moment de leur verdict.
    Cette proximité m’a donné force et espoir. Je sais que nous traversons une période difficile de notre vie, une période durant laquelle notre liberté nous est volée. Mais il y a toujours la conscience de combien il est important de lutter parce qu’il y a tant de choses à perdre et nous constatons cette perte partout.
    Après la dernière audience, j’ai réalisé que la prison n’est pas un cauchemar mais mon quotidien. Je me sens isolé.e, j’oscille entre deux réalités. J’aimerai rentrer chez moi mais je ne peux pas, je voudrais me sentir part de cette communauté mais je ne peux pas.
    Puis je perçois mes ressources, ma force, la solidarité dehors, et j’aimerai les partager avec les autres, mais il y a un mur devant moi et je ne sais que faire. Le système carcéral te prive de la possibilité d’exister en collectivité et de faire l’expérience de la solidarité. L’autre jour, j’ai entendu qu’un détenu dans une cellule voisine n’avait pas de pain, j’aurais voulu partager le mien mais je ne pouvais pas.
    Nous sommes contraint.e.s de subir des règles absurdes et cruelles qui n’engendrent que de la concurrence et de la solitude. J’essaie de lutter à ma petite échelle notamment en créant des moments de légèreté. Je refuse de cesser d’espérer en une vie heureuse.
    Après le verdict, je me suis senti.e désorienté.e et confus.e car je ne savais pas comment lutter. J’en ressens la nécessité mais en même temps j’en ai pas la possibilité.
    Maintenant, j’ai appris que la lutte n’est pas toujours hausser le ton. On peut se battre à travers de petites choses. Je continue d’écrire des lettres dans lesquelles je décris ce qui se passe ici, et j’essaye de comprendre le système carcéral et le système autoritaire en Hongrie. Pour moi, la lutte signifie trouver des moyens de partager mes ressources avec les autres détenus car je vois comment on nous vole notre humanité. C’est difficile, je me sens souvent sans espoir.
  • Tes conditions de détention ont-elles changé depuis le verdict ?
    Je suis toujours dans une cellule tout.e seul.e. J’ai été transféré.e dans une cellule au quatrième étage très semblable à la précédente mais il arrive que je croise parfois d’autres détenu.e.s quand je marche dans le couloir et je peux, à l’occasion, échanger un sourire.
    Puis j’entends leurs voix, je les entends discuter et je ne me sens plus si seul.e, malgré l’isolement.
    J’ai la possibilité de m’entretenir par téléphone avec un psychologue allemand du ministère des affaires étrangères. J’ai attendu ce rendez-vous près d’un an. Désormais, je peux parler à quelqu’un de ma situation en prison ainsi que de mes doutes et de mes émotions. Lorsque ma famille me rend visite ou que nous discutons au téléphone, je peux poser des questions et parler de choses belles sans les angoisser.
  • Que représentent pour toi l’arrivée du printemps et de l’été?
    J’ai ressenti la légèreté du printemps, le premier rayon de soleil en mars. Pendant au moins une heure par jour, lorsque je sors dans la cour intérieure, je peux voir le soleil. L’hiver a été long. La cour intérieur de dix mètres est le seul endroit où des plantes et des fleurs peuvent pousser, il y avait un arbre aussi mais ils l’ont coupé et maintenant il ne reste plus rien. Ce fut une journée triste pour nous.
    Mais maintenant, bien sûr, il y a déjà des nouvelles petites plantes entre les murs.
    Je perçois l’arrivée de la saison chaude à travers ma famille et mes ami.e.s, et leurs récits.
    Je m’asseye là avec ma famille, iels me parlent de notre jardin à la maison et des légumes qu’iels ont plantés au potager. C’est ainsi que je ressens le changement de saison.
  • Quelles sont tes attentes et espoirs à présent ?
    Je m’attends à un été très chaud fait d’attentes. Je sais que des mois doivent encore s’écouler jusqu’aux prochaines audiences qui débuteront en automne et je veux y être préparé.e.
    En attendant, j’écris beaucoup. J’ai reçu une machine à écrire. Il a fallu un an pour qu’ils acceptent cette demande. Je suis assis.e 23 heures dans la cellule, devant mon bureau.
    Je peux lire et écrire. Je suis très heureu.s.e de ce changement car j’ai quelque chose à faire. C’est le changement le plus important depuis le jour du verdict. J’espère toujours pouvoir rentrer chez moi. Je ressens une grand épuisement et une grande fatigue. Pas seulement en moi, mais aussi sur ma famille et mes ami.e.s.
    Je veux que cette situation prenne fin pour tout le monde et j’espère pouvoir entamer un nouveau chapitre auquel je pourrai contribuer activement. Car, ici, je ne le peux pas.
    Je sais que je suis important.e. pour ma famille et qu’iels sont impatient.e.s de me voir et d’être ensemble. C’est pour cela que c’est difficile pour moi ici, souvent, je ne ressens que de l’épuisement et il est donc difficile que germe alors l’espoir d’un changement.
  • Que signifie la résistance à notre époque ?
    Résister, c’est défendre notre volonté de vivre, notre volonté de partager et défendre nos espaces, même si nous échouons dans cette tentative.
    Résister, signifie avoir la possibilité d’aimer, car il nous est permis d’exister en liberté. Résister, c’est pouvoir agir ensemble, être capable de se soutenir à tour de rôle quand cela est nécessaire. Pour moi, la résistance signifie unir nos forces sans rien enlever aux autres, sans réprimer ni exploiter quiconque. Ca signifie ne pas perdre l’espoir et réaliser que même les situations les plus difficiles peuvent changer. Même si il n’y aura pas une fin heureuse, il y aura des jours meilleurs si nous continuons à lutter.
  • Le changement de gouvernement en Hongrie suscite-t-il un nouvel espoir ? Penses-tu que cela puisse changer quelque chose ?
    La nuit des élections je sentais une grande tension dans l’air, comme lors du premier orage d’été qui te pousse à sortir danser sous la pluie avec des inconnus. J’ai entendu la musique dans la nuit, la foule. Je ressentais la joie des gens et leur envie de faire la fête.
    Je nourris l’espoir qu’une période plus légère puisse arriver maintenant pour le peuple hongrois. Avec moins de répression mais je ne crois pas que ce nouveau gouvernement changera ma situation. Les conditions des personnes détenues ne changent pas avec les gouvernements.
    Peut-être que maintenant je ne suis plus l’ennemi.e. principal.e de ce gouvernement (comme je l’étais pour le Fidesz et Viktor Orbán). Peut-être que je suis descendu.e d’un échelon dans l’échelle des priorités.
    En réalité, ce que je vois ici, ce n’est pas la haine mais l’indifférence. C’est comme une tension constante et subtile.
    Jusqu’à présent, j’ai réussi à supporter la désillusion, à ressentir des moments de légèreté, à rire et à profiter des visites de ma famille.
    Je sais que la désillusion n’est pas tout ce qui m’entoure et, si il peut exister autre chose dans le monde, c’est juste juste et nécessaire de lutter.
    Durant les derniers mois, j’ai tenté de nourrir la confiance en moi, sachant n’être jamais seul.e. Même si je ressens beaucoup l’épuisement, je cherche à cultiver la force et le courage en moi. Et pour cela, la confiance est nécessaire.

Le temps imparti pour l’entretien est fini, l’officier et le gardien nous communiquent que nous devons conclure.
Maja T. nous souhaite de nous rencontrer bientôt à l’extérieur, en liberté.
Nous échangeons les derniers sourires avant que Maja ne disparaisse derrière la porte du parloir, franchissant le seuil d’un monde qui nous est inaccessible.
Un monde qui constitue le quotidien de Maja T. depuis la nuit du 27 au 28 juin 2024, date de son extradition illégale (en février 2025, la Cour constitutionnelle allemande a statué de manière définitive que l’extradition vers la Hongrie était dépourvue de tout fondement juridique).
Maja vit et résiste en complet isolement.

 

*extrait traduit au plus juste d’“il Manifesto“

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Allemagne : Les ministres de l’Intérieur lancent une chasse aux médias indépendants et aux « extrémistes de gauche » https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/16/allemagne-les-ministres-de-linterieur-lancent-une-chasse-aux-medias-independants-et-aux-extremistes-de-gauche/ Thu, 16 Jul 2026 16:18:15 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63329 Continuer la lecture ]]> Indymedia Nantes / vendredi 10 juillet 2026

Après l’interdiction du site web « Indymedia linksunten » par le ministère fédéral de l’Intérieur il y a quelques années et la répression massive dont ont été victimes ses responsables présumé⋅e⋅s, la plateforme  « indymedia » est désormais visée. Par ailleurs, des restrictions de voyage à l’encontre des « extrémistes de gauche » sont envisagées.

Les plans d’interdiction

Lors de leur récente Conférence des ministres de l’Intérieur ( IMK ) du 17 au 19 juin 2026 à Hambourg, les ministres ont adopté de nombreuses résolutions , dont les points 34 et 35 de l’ordre du jour.

Le point 34 de l’ordre du jour demande au ministère fédéral de l’Intérieur d’« examiner toutes les options légales pour une interdiction totale du portail d’extrême gauche « indymedia.org » » et de plaider en faveur d’une telle interdiction auprès du gouvernement fédéral. L’ordre du jour précise également que « le droit pénal et le droit de la sécurité publique offrent déjà le cadre juridique nécessaire pour une action décisive contre le portail « indymedia.org », notamment par la saisie de sites web, les demandes de suppression auprès des hébergeurs et le blocage des réseaux ». Il est donc temps d’« utiliser plus systématiquement ces options dans la pratique ».

En outre, « les bases juridiques actuellement existantes pour restreindre la liberté de circulation des extrémistes violents (de gauche) devraient être utilisées et la création de nouvelles possibilités de restriction de la liberté de circulation devrait être examinée », autrement dit, la liberté de voyager devrait être davantage restreinte pour « combattre les réseaux extrémistes de gauche transfrontaliers ».

En outre, l’IMK « constate avec inquiétude », au point 35, « le nombre croissant d’actes criminels et violents commis par l’extrême gauche » et appelle à « un échange d’informations intensifié entre les autorités de sécurité » afin de « renforcer les enquêtes et la lutte contre l’extrémisme violent de gauche, notamment pour prévenir et poursuivre les infractions pénales ».

Perspectives

Les mesures et les projets de la Conférence des ministres de l’Intérieur (IMK) s’inscrivent parfaitement dans le contexte des évolutions européennes et internationales de ces dernières années. Qu’il s’agisse des interdictions visant les militants antifascistes en Hongrie ou aux États-Unis, ou de projets similaires du canton suisse de Berne, sans oublier le recours croissant à la surveillance (NDT : cf le dernier en date dans l’hexagone, ou lors du contre-sommet d’Hendaye), aux lois allemenade sur l’espionnage ou aux interdictions professionnelles à l’encontre des militants de gauche en allemagne.

Cela correspond à la fascisation toujours plus rapide de la politique, de la justice et de la société dans la République fédérale ; cette « odeur de renfermé millénaire (*) » montre avec véhémence qu’elle n’a jamais été véritablement éradiquée.

Il est probable qu’aujourd’hui encore, les personnes soupçonnées d’être actives en tant que modérateurices chez Indymedia soient surveillées par des méthodes de renseignement, afin que, en cas d’interdiction, des mesures puissent être prises à l’échelle nationale ou européenne.

L’important est de ne pas se laisser intimider !
Résistez au processus de fascisation !
Solidarité avec tou⋅te⋅s celleux qui rendent Indymedia possible !
Solidarité avec Indymedia !

Traduit de https://de.indymedia.org/node/749687

Les points 34 et 35 de l’IMK (allemand) : IMK_Linksextremismus.pdf

 

* Slogan allemand anti-nazi des années 30 [NdAtt. : c’était plutôt le slogan utilisé, en 1967, pour critiquer l’université ouest-allemande, son autoritarisme et son manque d’autocritique vis-à-vis de son passé nazi]

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Italie – Opération répressive du 16 juin : tou.tes les compas sous enquête sont libres ! https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/12/italie-operation-repressive-du-16-juin-tou-tes-les-compas-sous-enquete-sont-libres/ Sun, 12 Jul 2026 16:18:50 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63319 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / jeudi 9 juillet 2026

Nous apprenons avec joie que Micol, Nico, Bibi, Arnau, Stefano, Luna et Giulia, les compagnons arrêtés en vertu de l’article 270 bis du code pénal [association subversive avec la finalité de terrorisme ; NdAtt.], lors de la rafle anti-anarchiste du 16 juin, ont été relâchés sur ordre du Juge des libertés, qui a considéré que le délit d’association n’existe pas.

On attend des nouvelles à propos de Toni et Pietro, dont la situation est différente, car ils ne faisaient pas l’objet de mandats d’arrêt, mais ils ont été interpellés avec l’accusation de « terrorisme de la parole » (art. 270 quinquies, troisième paragraphe), suite à la saisie de quelques brochures trouvées lors des perquisitions.

Entre-temps, fêtons le retour des sept compagnons et compagnonnes dans les rues !

Plus d’informations à suivre.

 

Note d’Attaque : et le Bencivenga, expulsé le 16 juin, a été repris dans la nuit du 11 au 12 juillet !

Mise à jour du 13 juillet : la police l’a expulsé une nouvelle fois, ce matin.

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Mise à jour du 16 juillet :

Opération du 16 juin. Toni est libre, Pietro est encore en prison

Il Rovescio / mercredi 15 juillet 2026

[…] Pour Toni aussi, qui avait été emprisonné le 16 juin avec le chef d’inculpation de « terrorisme de la parole » (en application de la nouvelle infraction définie par le paragraphe 270 quinquies, troisième paragraphe, du code pénal), la mesure de détention a été révoquée.

En ce qui concerne Pietro, poursuivi avec le même chef d’inculpation que Toni, à l’heure actuelle il se trouve encore enfermé dans la prison de Terni.

Pour lui écrire :

Pietro Rosetti
Casa Circondariale di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

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Dresde (Allemagne) : Lina emprisonné à nouveau, pour six mois https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/01/dresde-allemagne-lina-emprisonne-a-nouveau-pour-six-mois/ Wed, 01 Jul 2026 16:18:39 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63275 Continuer la lecture ]]> Antifa-Ost Komplex / mardi 30 juin 2026

Même on s’y attendait, cela nous pèse sur le cœur. Après cinq semaines de liberté, Lina* est de nouveau derrière les barreaux.

En mai, le président de la Cour supérieure de Dresde avait décidé une libération conditionnelle de Lina. Cinq semaine plus tard, il lui inflige une détention pour refus de témoigner, avec effet immédiat. Si cela n’était pas si triste, pourrait presque ressembler à une blague.

Lina s’est vu privée de son droit de garder le silence. Ni la Cour supérieure, ni le Parquet fédéral n’ont voulu admettre que toute déposition pourrait être utilisée pour ouvrir de nouvelles procédures.

Le président de la Cour supérieure a demandé à trois reprises à Lina si elle voulait témoigner. Lorsqu’il est devenu clair que le fait qu’elle garde le silence entraînerait une ordonnance de six mois de prison, Lina a répondu au président en ces termes : « Je maintient ma décision, même si le moyen utilisé pour faire pression sur moi est une détention pour refus de témoigner ».

La journée d’aujourd’hui nous montre une fois de plus que le procès contre les sept antifascistes est un procès politique, que la folie de persécution ne se laisse arrêter même pas par des arguments juridiques. Nous sommes aux côtés de nos camarades, qui, malgré la menace d’une détention pour refus de témoigner, ne se sont pas laissé intimider et n’ont pas témoigné.

Jusqu’à ce que tout le monde soit libre.

 

* Note d’Attaque : arrêtée en novembre 2020 et condamnée en 2023 à cinq ans et trois mois, dans le premier volet du procès pour l’affaire « Antifa-Ost », elle est maintenant appelée à témoigner dans le deuxième volets, en cours de jugement à Dresde. D’autres personnes aussi ont refusé de témoigner.

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Allemagne : L’antifasciste Paula est sortie de prison https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/01/allemagne-lantifasciste-paula-est-sortie-de-prison/ Wed, 01 Jul 2026 16:15:15 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63276 Continuer la lecture ]]> knack.news / mardi 30 juin 2026

Paula, originaire de Jena, est une des anti-fascistes poursuivi.es dans le grand procès contre des antifas, qui a lieu à la Cour supérieure de Düsseldorf. La semaine dernière, le 18 juin 2026, elle a été remise en liberté et est sortie de détention préventive de la Maison d’arrêt de Wuppertal-Ronsdorf.

Après trois ans et demi – dont un an et demi qu’elle a passé en prison [le reste en cavale ; NdAtt.] – nous avons enfin pu serrer Paula dans nos bras. Désormais, elle doit pointer deux fois par semaine à la police et continuer à participer, en tant qu’accusée, au procès en cours à la Cour supérieure de Düsseldorf.

Paula avait commencé sa détention provisoire en janvier 2025, à la prison de Wuppertal-Ronsdorf. Fin février 2025, elle avait été transférée à la prison de Chemnitz. En janvier 2026, elle a dû retourner à Wuppertal, à cause du début du procès devant la Cour supérieure de Düsseldorf.

Sa détention à Wuppertal a été une période difficile. Nele, coaccusée de Paula, qui a été incarcérée elle aussi à la prison de Wuppertal-Ronsdorf, de janvier jusqu’en avril 2026, a raconté, en mai 2026, les harcèlements et les mauvais traitements subis par une codétenue (voir ici).

Nous remercions de tout cœur les gens magnifiques de Chemnitz et de Wuppertal, qui ont soutenu Paula pendant sa détention, avec des feux d’artifice, des rassemblements, des événements et leur solidarité.

Groupe de soutien pour la détention préventive de Paula

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Forth Worth (USA) : L’antiterrorisme américain déclenché contre des miliant-es anti-ICE https://attaque.noblogs.org/post/2026/06/25/forth-worth-usa-lantiterrorisme-americain-declenche-contre-des-miliant-es-anti-ice/ Thu, 25 Jun 2026 16:17:01 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63246 Continuer la lecture ]]> Rebellyon.info / jeudi 25 juin 2026 

Mardi 23 juin, huit militant-es mobilisé-es contre la police de l’immigration américaine (ICE) et son plan de déportation massif enclenché en 2025 viennent d’être condamné-es jusqu’à 100 ans de prison pour une mobilisation devant un centre de rétention.

Le 4 juillet 2025 avait lieu une manifestation de soutien aux prisonnier-es migrant-es du centre de détention de Prairieland à Alvarado au Texas. L’objectif est d’allumer des feux d’artifice à proximité de la taule pour apporter de la solidarité aux 525 personnes détenues dans le centre. Des personnes taguent des voitures de gardiens sur le parking et une guérite, les pneus de véhicules gouvernementaux sont crevés et des caméras de vidéosurveillances éclatées. Un flic arrive sur scène et met en joue le groupe de personne et reçoit une balle dans l’épaule d’un manifestant planqué un peu plus loin dans les bois.

Huit personnes ont été condamnées à des peines allant jusqu’à 100 ans de prison ce mardi 23 juin 2026, un an après les faits. Une dernière inculpée devrait connaître sa condamnation plus tard dans l’été.

Pour l’administration Trump, le procès du « mouvement antifa »

Outre-Atlantique, le procès fait grand bruit notamment parce qu’il a été fortement médiatisé par l’administration Trump comme le procès du « mouvement antifa », classé comme organisation terroriste intérieure depuis septembre 2025, après l’assassinat du fasciste Charlie Kirk (par un autre néo-nazi) [1]. Depuis cette date, les services de sécurité du pays on renforcé de manière inédite leur appareil de répression politique à l’égard des mouvements antifascistes et associés. La désignation de l’antifascisme comme nouvel ennemi intérieur du régime fasciste trumpien a été bien pratique dans sa répression de la grande mobilisation sociale contre le plan de déportation de masse organisé par la police de l’immigration (ICE) à l’automne 2025. Les personnes mobilisées en solidarité avec les personnes menacées de rafles se sont vues désignées comme terroristes par le gouvernement, à l’instar des huit inculpé-es de Prairieland.

D’entrée de jeu, le ton du procès a été donné par le juge du district du Nord du Texas Reed O’Connor (avocat prisé du parti Républicain ensuite nommé juge par George W. Bush en 2007) en disant que les inculpé-es n’avaient pas pas participé à une manifestation mais avaient commis « un assaut contre la démocratie » [2]. Dans la même veine, le procureur fédéral Todd Blanche, au moment de la condamnation, martèle que « l’extrémisme violent [des terroriste antifas] n’a pas sa place dans ce pays, [que] le Département de la Justice continuera à enquêter, déstabiliser et poursuivre en justice de manière énergique ceux qui menacent les officiers qui agissent dans le cadre de leur fonction ou qui portent atteinte à l’Etat de droit » [3].

Le militant responsable du tir sur le policier, qui se défend d’ailleurs très justement en rappelant que l’officier en question avait levé son arme le premier et s’apprêtait à abattre un-e des manifestant-es, a écopé de 100 de prison ferme. Ni plus ni moins qu’une peine de mort déguisée. Les sept autres inculpé-es ont quant à elleux écopés de peines allant de 50 à 70 ans de prison ferme. Des peines qui se rapprochent pour les plus longues elles aussi d’une forme de condamnation à mort, une élimination sociale pure et simple. Toustes ont été condamnées pour organisation d’une émeute, de détention de « matériel terroriste » et de charges explosives. Un des neufs inculpé-es, Daniel “Des” Sanchez Estrada, est inculpé sur le seul fait de posséder un infokiosque et des zines anarchistes et antifascistes. L’administration Trump et la justice à sa botte ayant déterminé que l’impression, la lecture et la prossetion de littérature politique pouvait servir de preuve dans la poursuite en justice des terroristes intérieurs [4].

Les ressorts d’une justice d’exception

Le procès des inculpé-es de Prairieland fait office de mise en application concrète d’une justice politique d’exception anti-terroriste contre des organisations et des mouvements politiques contestataires ou révolutionnaires. Pour rendre de tels objectifs réalisables et crédibles du point de vue judiciaire, et ainsi pouvoir faire tomber de telles sentences, la répression utilise notamment les « conspiracy charges » ou « accusation de complot ». Ce qui s’en rapprocherait le plus dans le contexte français serait l’association de malfaiteurs terroristes, qui suppose à la fois l’intention et l’organisation coordonnées d’action violentes. Ce sont ces outils judiciaires d’exception qui permettent à la justice américaine non seulement de condamner Benjamin Song, l’auteur du tir sur le flic, mais également les sept autres personnes, alors même qu’elles n’ont pas été prises en flagrant délit. De la même manière, les huit inculpé-es n’ont pas été jugé-es séparément mais en même temps, justifiant par le spectacle judiciaire d’accoler toutes les condamnations à la plus grave, afin de faire pleuvoir des décennies de prison ferme. Plus tôt dans le mois, des procureurs avaient déjà utilisé l’accusation de complot contre 15 militant-es anti-ICE s’étant mobilisés contre des rafles à Minneapolis et 3 autres à Spokane, dans l’Etat de Washington. Ces deux autres groupes d’inculpé-es avaient également été arrêtés après avoir réalisé des actions proches de centre de détention de l’ICE.

De la même manière que dans le système judiciaire français, l’accusation de terrorisme est purement performative et ne demande aucune justification de la part de l’accusation portée par le Département de la Justice. Est terroriste toute personne désignée comme telle par le gouvernement fédéral à travers une note écrite sur une page A4. Pour autant, le Département de la Justice s’est donné la peine de relier les points et les accusations des différent-es inculpé-es pour essayer de trouver une cohérence et un schéma d’action permettant de prouver que « Antifa » était bien une organisation terroriste. Autre élément de preuve utilisé pour prouver l’existence d’une telle organisation : la possession commune de nombreux livres, brochures et zines par les inculpé-es. Cet élément a par ailleurs fait réagir les observateurs du procès comme une atteinte évidente à la liberté d’expression et de conscience. Que les inculpé-es ne se connaissent pas et ne se fréquentent pas antérieurement à la manifestation n’a également aucun importance aux yeux de l’anti-terrorisme, l’action coordonnée et préméditée, le fait de porter un « uniforme noir » atteste l’existence d’une « cellule antifa terroriste » active (les vrais termes de l’accusation) dans le Nord du Texas.

Dans les journaux américains et anglais qui écrivent sur l’affaire, l’ensemble des personnes intérrogées (avocat-es, militant-es) sont toustes abasourdies par la violence des condamnations qui se sont abattues sur les huit inculpé-es et dénoncent une justice-propagande du gouvernement trumpiste. À titre de comparaison, les peines de prisons requises contre les neufs de Prairieland dépassent très largement celles distribuées pour la tentative de coup d’Etat fasciste contre le Capitole le 6 janvier 2021. Le chef des Proud Boys qui avait été condamné pour complot et sédition avait pris 22 ans de prison, et le chef des Oath Keepers avait été condamné à 18 ans de prison. Les deux ont bien sûr été graciés par Donald Trump après son investiture pour son second mandat.
De partout, la contre-insurrection s’organise

L’exemple des neufs inculpé-es de Prairieland est certes effrayant, mais il s’intègre dans une normalité répressive qui tend à s’installer dans le temps et dans de plus en plus de pays. La répression internationale contre le camp des luttes sociales et contre les organisations antifasciste a largement dépassé les frontières. Que l’on pense à l’Union-Européenne et la chasse à l’homme organisée dans le cadre du « Complexe de Budapest » depuis 2023, aux anarchistes italiens persécutés sous le régime d’isolement carcéral du 41bis ou le déploiement des outils antiterroristes depuis le mise en place d’un Etat d’urgence permanent en France à partir de 2015 et des affaires comme celles du 8 décembre 2020 ou les nombreux antifacistes lyonnais incarcérés en 2021 et en 2026, on ne compte plus l’accumulation d’affaires et le renforcement de la contre-insurrection par lois sécuritaires successives. Il est urgent de continuer à s’organiser contre la vague sécuritaire et le développement toujours accru d’outils anti-terroristes qui viennent étouffer les luttes sociales et révolutionnaires.

Solidarité avec les inculpé-es de Prairieland !

 

Notes :

[1] Plus largement, l’ordre exécutif signé par Trump le 22 septembre 2025 et la note NSPM-7 (National Securitry Presidential Memorandum) à destination des agences fédérales et de la sécurité intérieure vise les activités « anti-capitalistes », « anti-fascistes » et « anti-américaines »
[2] Prairieland ICE Protesters Sentenced to Decades in Prison, Mother Jones : https://www.motherjones.com/politics/2026/06/prairieland-ice-dhs-protest-conspiracy-prison-judge-texas-immigration-sentence/
[3] Texas anti-ICE protesters convicted of terrorism charges sentenced to at least 50 years in prison, The Guardian : https://www.theguardian.com/us-news/2026/jun/23/prairieland-ice-protesters-texas-sentenced
[4] Free Des ! : https://freedes.net/

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Bruxelles (Belgique) : T. est dehors ! https://attaque.noblogs.org/post/2026/06/23/bruxelles-belgique-t-est-dehors/ Tue, 23 Jun 2026 16:42:11 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63229 Continuer la lecture ]]> Stuut.info / lundi 22 juin 2026

Après plus de 7 mois de détention préventive, T. est enfin sorti de la prison de Haren. Il a été condamné pour incendie volontaire de propriétés mobilières d’autrui avec circonstances aggravantes (faits commis la nuit) à 40 mois de prison assortis d’un sursis pour les mois suivant la première année et 1 600 € euros d’amende. Soit 1 an ferme et 28 mois de sursis. La peine ayant été effectuée pour plus d’un tiers, il est dehors sans aucune restriction. Le procureur comme la défense ont un mois pour faire appel.

À bas la justice, les flics et les prisons,
Liberté pour toustes !

[…]

Si vous voulez soutenir T. financièrement, il est possible de verser de l’argent sur le compte suivant.
Nom : Fondation Marius Jacob
IBAN : BE65 5230 8110 3896
BIC : TRIO BE BB
Communication : FAC T.

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Italie : Rafle d’anarchistes https://attaque.noblogs.org/post/2026/06/17/italie-rafle-danarchistes/ Wed, 17 Jun 2026 16:27:09 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63196 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / mardi 16 juin 2026

Rafle d’anarchistes à Rome et ailleurs. Les adresses des compagnons emprisonnés

À environ 5 heures du matin, le 16 juin, a été menée l’énième opération répressive, dirigée par le Parquet de Rome, qui a frappé des nombreux.ses compas anarchistes, à différents endroits d’Italie. Le crime dont ils/elles sont inculpé.es est l’association subversive avec finalité de terrorisme (art. 270 bis du Code pénal). L’association serait en lien avec des sabotages qui ont été menés à l’occasion de la dévastation des territoires de Milan et Cortina, connue aussi comme Jeux olympiques d’hiver.

Selon nos informations, la police exécuté cinq mandats de détention préventives en prison et deux d’arrestation domiciliaires, avec bracelet électronique. Cependant, suite aux perquisition, deux autres compagnons ont été emprisonnés (et son dans l’attente de la décision du Juge des libertés), accusés d’« auto-entrainement » ([en vue de commettre des actes de terrorisme ; NdAtt.], comme défini par l’article 270 quinquies du Code pénal).
À la suite de cette opération, le squat Bencivenga occupato a été expulsé.

Voici les adresses connus [en date du 17 juin] des compas emprisonné.es :

Nico Aurigemma
Arnau Vallet Casadevall
Stefano Marri
Andrea Toniolo
C.C. de Regina Coeli, via della Lungara 29, 00165, Roma

Micol Marino
C.C. Rebibbia femminile, via Bartolo Longo, 92, 00156 Roma

Francesco Benedetti
C.C. Lorusso e Cotugno, via Maria Adelaide Aglietta 35, 10151, Torino

Pietro Rosetti
C.C. di Forlì, via della Rocca 4, 47121, Forlì

Ces adresses sont provisoires et pourraient changer dans les prochains jours. Plus d’infos suivront.

Toute notre solidarité à elles/eux. Avec rage et amour, pour l’anarchie.

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Athènes (Grèce) : Attaque contre le palais de justice d’Evelpidon https://attaque.noblogs.org/post/2026/06/13/athenes-grece-attaque-contre-le-palais-de-justice-develpidon/ Sat, 13 Jun 2026 16:50:25 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63175 Continuer la lecture ]]> Dark Nights / samedi 6 juin 2026

Attaque avec des cocktails Molotov contre le palais de justice d’Evelpidon – Solidarité avec les personnes inculpé.es pour l’expropriation d’une banque de Kato Tithoréa

« L’avenir est le masque de la peur. Le courage et la force n’ont aucun avenir, pour la simple raison qu’ils sont eux-mêmes l’avenir qui se révolte contre le passé et le détruit.

La pureté de la vie avance seulement avec la noblesse du courage, qui est la philosophie de l’action.

Je fis cette observation : “La pureté de cette vie à toi me semble avoisiner le crime !”

Il répondit : “Le crime est la synthèse suprême de la liberté et de la vie.” »

Extrait de « L’Expropriateur », de Renzo Novatore
[on pourra trouver l’original en italien, d’où nous traduisons, ici ; NdAtt.]

 

Le matin du 11 mai, un groupe de compas a attaqué une banque à Kato Tithoréa. Quelques heures plus tard, huit compas ont été interpellé.es ; après leurs premières interrogatoires, six d’entre elles/eux ont été placé.es en détention préventive et transféré.es dans différentes prisons.

Comment quelqu’un.e peut se sentir humain, en niant la caractéristique fondamentale de l’être humain : prendre l’initiative, plutôt qu’attendre qu’on lui donne quelque chose ? Surtout quand il s’agit de récupérer ce qui nous revient de droit. Comment quelqu’un.e peut accepter le système existant, alors qu’il nous inflige chaque jour des violences ?

Avec la sombre réalité des saisies par les banques, avec les flics qui utilisent la force de la loi et inventent de toutes pièces des accusations, avec des journalistes véreux et délateurs, qui jettent de la boue sur nos compas, et enfin avec un système judiciaire pourri, qui envoie des révolutionnaires dans les cellules de la démocratie.

Dans de telles circonstances, les actes de résistance sont nécessaires pour reprendre notre souffle et favoriser un climat d’insurrection. Ils ne sont pas des crimes.

Avec ces pensées en tête, nous avons choisi les heures tardives du lundi 25 mai, pour attaquer le palais de justice de [la rue] Evelpidon [à Athènes ; NdAtt.] avec des cocktails Molotov. Cet incident a été passé complètement sous silence par la Direction générale de la police de l’Attique (GADA) et il n’a été relayé par aucun média, une attitude qui a déjà été tenue par le passée, lors d’attaques contre ce même palais de justice. Cette action a été menée dans le but de servir de premier geste minimal de solidarité – quelque chose de basique – avec les huit compas anarchistes sous procès.

Dans une variante de Nil Luce Obscurius [« rien n’est plus obscur que la lumière », c’est-à-dire plus inexplicable que celle-ci ; NdAtt.], nous pourrions dire que parfois il n’y a rien de plus lumineux que l’obscurité – qui jaillit des profondeurs de nos pulsions primaires, libératrices. Faisons donc place à la spontanéité instinctive. En cette époque de tiédeur réformiste, des mots « faciles » effacent tout aussi facilement l’imagination subversive. C’est quelque chose dont nous devons prendre conscience et sur laquelle nous devons réfléchir.

Nous lançons un appel à l’action, dans toutes les directions, en utilisant des moyens variés et inventifs, pour lutter pour la vie. En exprimant la lutte de manière unique, à travers l’individualité du moi, chacun.e de nous cesse d’être prisonnier.e, jour après jour, des événements de l’actualité de la métropole. En faisant place à son individualité, le sujet enrichit aussi les processus collectifs. Loin de l’engourdissement et de l’émoussement de notre vivacité d’esprit, portons nos préoccupations jusqu’à la porte de toute autorité.

EN ARRIÈRE, LES BALANCES – la solidarité, ce ne sont pas que des slogans… elle vous secouera jusqu’au plus profond de vous-même. Tant que des systèmes d’oppression existeront, la résistance prendra racine.

FORCE AUX HUIT COMPAS INCULPÉ.ES

LES MAINS DES TRAVAILLEUR.EUSES SONT TACHÉES DE LEUR SANG, IL EST TEMPS DE VOIR LES BANQUES PILLÉES.

SOLIDARITÉ AVEC LES RÉFUGIÉ.ES ET LES GRÉVISTES DE LA FAIM A. HANTZI ET S. DOPPAGNE

FORCE AUX SQUATS DE MATROZOU

KYRIAKOS X., SARA A. ET SANDRO M., À NOS CÔTÉS DANS TOUS LES RISQUES DE LA LUTTE

LIBÉRTE POUR MARIANNA M. ET DIMITRA Z.

LA GUERRE FAIT RAGE, LA LUTTE CONTINUE !

Εμπρηστική Αλληλεγγύη
[Solidarité incendiaire]

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Brochure : La parole à Alfredo ! https://attaque.noblogs.org/post/2026/06/04/brochure-la-parole-a-alfredo/ Thu, 04 Jun 2026 17:19:34 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63094 Continuer la lecture ]]> Brughiere [traduction française reçue par mail, un tout petit peu rétouchée] / jeudi 4 juin 2026

LA PAROLE À ALFREDO!
Transcription du témoignage Bologne, Italie, 18 mai 2026

Lors de la deuxième audience du procès contre six compagnon.ne.s inculpé.e.s pour des faits qui ont eu lieu pendant la mobilisation contre le 41-bis et la prison à perpétuité, parmi les témoin.e.s de la défense Alfredo a été interpellé en vidéoconférence depuis la prison de Bancali.
Pour rendre plus lisibles ses précieuses paroles et pouvoir les diffuser en dehors de cette salle de tribunal, on à réduit au minimum les interventions des autres interlocuteur.trices.

Anarchistes

 

Alfredo commence par demander que lui soit rendu le feuillet avec ses notes, qui lui ont été confisquées par les matons avant le début de la connexion. La juge, après avoir demandé au maton si l’enlèvement était dû à des dispositions internes liées à son traitement carcéral et ayant obtenu en réponse un silence embarrassant, accepte la demande d’Alfredo et demande au garde en question de lui rendre ça, étant des notes pour le témoignage. En fait, les notes ne lui seront pas restituées.

L’avocat des compagnons accusés explique à Alfredo qu’il a été désigné comme témoin de la défense dans ce procès, parce que ses conditions de détention et sa protestation ont créé un vif débat public et les faits reprochés aux accusés correspondent à des manifestations de proximité et de solidarité à son égard. Il lui posera donc quelques questions relatives précisément à sa condition de détention et à la grève de la faim qu’il a entreprise.

 

– Depuis combien de temps êtes-vous détenu et sous quel régime ?

Je suis détenu depuis 2011, mais cela fait quatre ans, juste maintenant, de 41 bis.
Disons que dans ma vie j’ai fait diverses formes de prison, de la prison normale à la Haute Sécurité. Le 41 bis est la « abjectisation » de la prison, ici j’en ai vu l’essence même, avec la tentative d’anéantir l’individu en coupant toute communication.
Dans la haute sécurité, j’ai été à Ferrare puis à Terni.
En 2022, je suis directement transféré ici à Sassari, en 41-bis.

 

– Décidez-vous en ce moment de commencer la grève de la faim ? Pour quelle raison ?

Oui, presque immédiatement.
Pour expliquer mes motivations, je voudrais tout d’abord dire quelque chose, concernant selon moi, la question que vous m’avez posée. En ce moment, pour moi c’est assez excitant d’être ici, parce que la dernière fois qu’on m’a enlevé mon bandeau pour les yeux, ma muselière, c’était il y a un an et demi, quand j’ai pu voir des visages amis de camarades, parce que l’isolement est constant ici. Il y a un an et demi, de ce côté-là, il y avait Sara et Sandrone, qui sont morts, et c’est justement cet isolement qui ne me permet pas non plus d’exprimer ma solidarité avec tous ces compagnons qui aimaient Sandrone et Sara, donc je donne toute ma solidarité à ces compagnons. C’est la seule façon, par exemple, que j’ai d’extérioriser cela, car ici l’isolement est total, absolument total. Par exemple dans le 41 bis il y a des sections de quatre personnes, de quatre cellules isolées. Il y a des gens qui sont condamnées à perpétuité ici qui, pendant des années et des années, ne voient plus l’herbe, un arbre, c’est vraiment quelque chose de traumatisant. Mais la chose qui m’a vraiment fait commencer la grève de la faim est que cette sorte d’état d’exception qu’est le 41bis est en train de devenir vraiment une règle… un instrument entre les mains de l’État. Pour comprendre pourquoi j’ai commencé la grève de la faim, il faut comprendre, avoir une idée de ce qu’est ce système pénitentiaire.
Pour vous donner une idée : en ce moment, juste pour venir dans cette cellule, j’ai dû traverser des couloirs, comme dans le film “La Ligne verte”, où il y a la garde qui crie « Homme mort qui marche ». La même chose est ici, alors que je marche dans le couloir qui est en creux, sous le niveau de la terre, les gardes qui sont à côté de toi crient « premier, deuxième. » parce que tu ne dois voir aucun être humain quand tu traverses le couloir, personne ne doit te parler. Il y a des sections d’isolement comme je n’ai jamais vues de ma vie, dans toute l’expérience carcérale que j’ai vécue. Chaque section ne compte que quatre cellules et vous ne pouvez avoir des rapports qu’avec quatre personnes pendant la promenade. La promenade est un bassin de béton avec des barreaux de fer que font si que vous ne voyez même pas le ciel. Habituellement les personnes qui sont au 41 bis après tant d’années sont des personnes aliénées, elles n’ont plus envie de parler, elles ne sortent même plus de la cellule. Ce qui m’a vraiment frappé et qui m’a poussé à faire la grève, c’est de voir les gens ici pour lesquels la réclusion à perpétuité est vraiment une réclusion à perpétuité. Ce sont des gens qui, depuis 20 ans, ici, n’ont vraiment jamais vu un arbre, ils n’ont jamais vu un brin d’herbe. C’est une sensation vraiment terrifiante, la censure est totale ; dans mon cas, la censure, le sens du 41 bis, c’est tout simplement de ne pas te faire parler, de ne pas te faire écrire et même de ne pas lire. Bien sûr, je dois faire des procès et des procès pour avoir un livre. Il m’a même fallu deux ans pour obtenir, grâce à des procès, la possibilité d’avoir un lecteur de CD pour écouter la musique. La musique que j’écoute, ils essaient de m’en empêcher parce qu’ils disent que c’est contre le patriarcat, que ce sont des chansons qui exaltent le féminisme, alors ils font recours et recours pour ne pas me faire écouter de la musique ou lire des livres.

 

– Combien de temps a duré votre grève de la faim ?

Je crois que ma grève de la faim a duré des mois, exactement cent soixante jours [en fait, elle a duré du 20 octobre 2022 au 19 avril 2023, soit environ cent quatre-vingts jours].
Après un certain temps, j’ai été emmené dans la prison d’ Opera [à Milan], en raison de mon état de santé, car il y a un service médical. C’est là que je me suis rendu compte de la situation. C’était plein de personnes âgées, presque toutes afféctée par l’Alzheimer qui ne se rappelaient même pas qui elles étaient ou où elles étaient, toutes en 41-bis, qui allaient en fauteuil roulant, avec le cathéter, se pissaient et chiaient dessus.
Mais comprenons-nous, si vous voulez vraiment savoir les raisons de la grève, j’avais sur moi la quasi-certitude de l’emprisonnement à perpétuité et grâce aux manifestations des camarades dehors et à leur mobilisation, ils ont été en quelque sorte contraints de me le retirer, parce que c’était vraiment absurde.
J’ai été condamné pour une série d’attentats démonstratifs.
La chose qui m’a le plus motivé et m’a fait risquer ma vie presque jusqu’à la fin, c’est qu’ils veulent étendre et faire de cet état d’exception une règle. La militarisation en cette période de guerre est vraiment visible ici et ils voulaient l’étendre plus loin. Il y a déjà des camarades des Brigades Rouges, trois compagnons au 41-bis, mais ils voulaient l’étendre au mouvement et ont commencé avec moi, avec l’anarchiste, parce qu’il est plus facile ensuite, une fois qu’ils m’ont mis, de commencer à élargir. Alors, je me suis dit, « C’est la survie », j’ai essayé de bloquer ce processus qui avait commencé et à ce moment-là il m’a semblé qu’il était bloqué, en effet il l’est.
Maintenant le 41-bis reste avec les restrictions qu’il a, mais dernièrement j’ai vu augmenter le nombre de personnes qui entrent ici même pour des raisons assez futiles, j’ai vu des gens entrer parce qu’ils avaient dans la Haute Sécurité le téléphone portable ou… il n’y a plus ces « boss » qui étaient là avant.

 

– Après la grève de la faim, avez-vous pu constater un nouveau durcissement des conditions carcérales ?

Il y a eu des représailles, à mon avis. Mais pendant la période de grève, ces représailles se sont atténuées. Les courriers m’arrivaient en masse, mais cela dépend de l’attention des médias.
Il y a eu tant de phénomènes à l’intérieur du 41 bis que j’ai remarqués, liés aussi à ma lutte.
La première chose dont je me suis rendu compte est l’influence que ce gouvernement, via Delmastro [ancien sous-secrétaire au ministère de la justice. Il à démissionné en mars suite à une enquête judiciaire pour liens avec la Camorra, la mafia calabraise], a eu à la fois sur la volonté du DAP [Département de l’administration pénitentiaire] et sur la direction de la prison. Par exemple, sachant que des parlementaires devaient venir me rencontrer [en février 2022, pendant sa grève de la faim], dans leur optique misérablement politique, pour utiliser le 41bis comme leur instrument, quelques jours avant que ces parlementaires n’arrivent ils m’ont transféré dans une autre section où il y avait des boss, comme ça ensuite ils pouvaient me reprocher ça, parce que là où j’étais avant il y avait des personnes qui avaient une envergure beaucoup, beaucoup plus petite.
Puis, grâce à avoir rencontré ces personnages – parmi les premiers à entrer dans le 41bis – je me suis rendu compte que le 41bis, au moins au début, n’a pas tant servi à empêcher les prisonniers de communiquer avec l’extérieur, mais plutôt à faire taire ceux qui ont eu des relations avec l’État italien par le passé, avec lequel ils ont passé des accords, des accords qui n’ont pas été respectés et maintenant ils les ont enterrés ici pour ne pas les faire parler [il fait référence aux accords “secrets” entre état et mafia des années ‘90].
J’ai commencé la grève de la faim quand je me suis rendu compte du mécanisme absurde dans lequel je me trouvais : en plus d’être liberticide, ils utilisent les gens comme des instruments politiques pour des luttes entre courant politiques… bref, c’est ça la raison.

 

– Je voudrais vous demander si vous recevez actuellement des lettres ou si vous pouvez en écrire.

En ce moment, je ne reçois plus de lettres. Autrefois, je recevait une notification, on les séquestrait et on ne les donnait pas ; maintenant, elles ne me sont même plus notifiées, elles disparaissent. Je suis sûr qu’elles arrivent mais non… hein, ça fait genre des mois que je n’en reçoit pas. Maintenant j’en ai eu une de l’année dernière, décembre 2025.

 

– En ce qui concerne la possibilité de lire, avez-vous fait des demandes et on vous a refusé des livres, même ceux indiqués dans la liste, dont vous pourriez vous servir ? C’est, disons, un fait que je connais parce qu’il a été rendu public.

Je ne savais pas ça, merci… parce que l’isolement ici est remarquable.
Oui, ces derniers temps, les livres me sont bloqués.
Alors je vous explique, ici il y a la possibilité d’avoir des livres de la bibliothèque, la petite bibliothèque de section du 41-bis, ceux-là me sont donnés.
Puis, après quelques années, j’ai pu avoir la possibilité d’utiliser la bibliothèque centrale de la prison. J’ai eu deux fois des livres de cette bibliothèque, après quoi mes demandes n’ont pas été satisfaites, elles ont été ignorées, du coup j’ai intenté un procès.

Quand j’achète des livres, de temps en temps ils sont bloqués, par exemple dernièrement on m’a bloqué un livre sur la mécanique quantique, un sur les sectes hérétiques du début du christianisme. On dirait des petits actes de vengeance, mais ils jouent à se rejeter la faute : le commandant dit que c’est la faute de la directrice, la directrice dira probablement que c’est le DAP, donc on ne sait pas. Je peux dire que, selon moi, ce sont clairement des représailles, je peux dire qu’ils n’ont pas envie de les acheter, mais en réalité les livres ici sont achetés. L’objectif est de te vider, de t’isoler totalement, ils ont commencé par m’interdire toute communication avec le monde extérieur et maintenant ils essaient même de t’empêcher de lire des livres. Vous devez rester là devant la télévision comme un idiot 24 heures sur 24 ou profiter des livres de la bibliothèque qui sont très peu nombreux. Même lorsque vous demandez quelque chose au tribunal de surveillance, que finalement après beaucoup de temps, un an ou deux vous pouvez obtenir, parfois les choses du tribunal ne sont même pas respectées. J’ai dû me battre quatre ans pour obtenir l’abonnement à « Le Scienze » [une revue “scientifique”]. Mais cela fait partie de ce mécanisme d’isolement qui, pour moi, est important, est fondamental par rapport à ce type d’incarcération qui a comme objectif la torture.
Ici, les gens sont placés simplement pour les faire parler et doivent donc être torturés de cette façon, ce qui est également reconnu par l’Union européenne apparemment [il fait référence au fait que la cour européenne des droits de l’homme a plusieurs fois condamné l’état italien pour le 41-bis].
Ce sont des lois spéciales faites dans une certaine période qui deviennent maintenant la règle. Et la raison est qu’à certains moments, une démocratie aura tendance à devenir plutôt une “démocrature” parce que ces lois commencent à être adoptées. Ils l’ont mise contre moi, ils l’ont mise dans le passé contre les camarades des BR, puis ils vont commencer à amener ceux de la Haute Sécurité ici, ils commencent à construire des prisons en Sardaigne, Sardaigne déjà militarisée, ils veulent en construire 41 autres. Donc c’est comme un cancer à l’intérieur. Même les juristes, je ne crois pas à ce genre de… mais même les juristes disent que le 41bis est une anomalie qui se propage. Et ma grève de la faim était une façon d’attirer l’attention. Je suis désolé que de nombreux camarades purgent maintenant leur peine et risquent des mois et des mois en prison, des années de prison. Mais je pense vraiment que cela vaut la peine par rapport à ce que fait l’État, c’est un point vraiment important car c’est une arme meurtrière dans les mains d’un État. Ici, par exemple, le cache-misère de la Constitution, de la démocratie de droit, n’existe pas. Ici, ce qu’est la démocratie, c’est clair, évident, c’est une question de force, le plus fort l’emporte sur le plus faible. Ici tu n’as pas de droits, tu as seulement des interdictions et même ces quelques droits que tu as ne sont pas respectés parce qu’ils s’accrochent à la bureaucratie…
Par exemple, maintenant pour m’interdire de lire des livres, ils inventent qu’ils doivent vérifier les livres, mais ce sont les livres qui achètent eux-mêmes, parce que ici on ne peut pas recevoir des livres par la poste, alors ils savent très bien que les livres qu’ils achètent eux-mêmes en librairie n’ont pas de messages cachés à l’intérieur, ça sert simplement à t’affaiblir. Puis il y a clairement un affrontement entre moi et l’institution, le DAP et aussi ce gouvernement qui fait évidemment en sorte qu’il y ait des représailles, des pressions… Ce gouvernement et sûrement celui qui vient après, parce que personne ne remet en question le 41-bis parce qu’il est fondamental.
Désolé pour la confusion, mais sans le papier… après un moment le 41-bis te rend con, parce que l’isolement après un certain temps… tu parles toujours des mêmes choses…

 

– Avez-vous senti que les manifestations de solidarité venant de l’extérieur ont aussi contribué d’une certaine manière à l’intérieur et à votre condition ?

Oui, dans mon cas je peux dire tranquillement que ça m’a sauvé la vie. J’ai maintenant une fin de peine, que ce sera quand j’aurai 72 ans. S’il n’y avait pas toute cette pression à l’extérieur, ils m’auraient tranquillement confirmé la perpétuité, c’était une chose absolument certaine, l’attention a fait en sorte qu’ils ne puissent pas jouer aussi sale. La situation à l’intérieur de la prison est restée exactement la même, mais bon, je me plains pas, je veux dire, j’ai décidé de lutter aussi pour les autres qui sont ici à l’intérieur qui n’ont pas de voix, qui ne parviennent même pas à exprimer des concepts. La vie d’un prisonnier anarchiste est toujours de chercher à changer les choses pour les autres et je ne fais pas de distinction entre un mafieux ou un dealer… pour moi, un prisonnier est un prisonnier. Donc je pense que c’est un problème qui concerne tout le monde parce que, si cette chose s’étend, l’objectif est de l’utiliser quand il faudra, pour réprimer les mouvements sociaux, c’est tellement évident.
Et de toute façon, je salue tous les camarades qui sont près de moi.

 

– Le 41 bis vous a été récemment reconfirmé. Comment vous sentez-vous et quel type de communication à ce sujet avez-vous reçu et concernant les nouvelles que vous avez pu recevoir – y compris par le biais des journaux ou autre chose ?

Ce qui est étrange, c’est que le 41 m’a été reconfirmé avec un dossier de près de quatre-vingt-dix feuilles, même aux « super boss » ils le confirment généralement avec deux petites pages. Ici, tout le monde est surpris parce que c’est la plus grande reconfirmation de l’histoire du 41bis, même pas à Totò Riina ils ont fait quatre-vingts pages… Pratiquement l’État italien m’a mis à jour avec ces feuilles de toutes les luttes qui ont eu lieu dans le monde dont je ne savais rien. Parce que le but du 41bis est l’isolement, alors qu’au contraire grâce à Piantedosi, à Nordio [ministre de l’intérieur et ministre de la justice] il y a eu justement une mise à jour dense de toutes les actions qui se sont passées, en Indonésie, la solidarité donnée à moi… un peu tout, le camarade en Grèce qui est mort, auquel je donne la solidarité, comme à tous les compagnons grecs. Des choses dont je ne savais rien ici.
Ceci pour faire comprendre les contradictions de ce système. Dans mon cas, au lieu de m’isoler du contexte, ils m’ont en quelque sorte rendu encore plus dangereux, je crois, par rapport au système. Ils ont exalté ma figure, ils m’ont fait une caisse de résonance. Parce que quand j’étais en AS [haute sécurité], j’avais des contacts avec les camarades mais je n’avais pas une influence aussi forte. Mais depuis que je suis au 41bis… eh bien, c’est une bonne chose du 41, mes mots de toute façon ont tournés plus encore ensuite, donc dans mon cas il y a un peu ce paradoxe. Paradoxe qui est même écrit dans les feuilles que j’ai lues. La dernière fois qu’ils avaient discuté le 41-bis pour moi, ils avaient donné des avis positifs pour que je sors, puis il a été reconfirmé à mon avis comme une rétorsion et maintenant que mes mots tournent ils disent que j’ai plus d’influence, je ne sais pas ce qu’ils entendent par influence à l’égard des anarchistes puisque nous raisonnons individuellement… cependant ils disent que j’ai une influence plus grande donc même si avant je n’étais pas dangereux maintenant le 41-bis m’a rendu dangereux. Bref le serpent qui se mord la queue.

Quoi qu’il en soit, par rapport à tous ceux qui sont au 41-bis maintenant et même dans le passé, j’ai eu le plus grand dossier d’information jamais vu, c’est ce que m’ont dit ceux qui me l’ont remis, les autres détenus avec lesquels j’ai parlé, ainsi que les avocats. C’est une chose assez révélatrice de ce qu’est devenu le 41-bis, une sorte d’enveloppe vide qui ne sait même plus à quoi il sert… Elle sert, oui, elle sert d’arme disponible lorsque les conditions sociales changent et qu’ils pourront alors censurer toute forme de dissidence. Parce que dans mon cas, il est certain que je suis ici simplement pour ce que je dis, non pas pour ce que je fais, donc pour mes mots.

 

Pour télécharger cette déclaration mise en page, cliquer ici (et ici pour l’originale en italien).

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Grèce : Des nouvelles des transferts des compas de l’affaire de Kato Tithoréa https://attaque.noblogs.org/post/2026/06/02/grece-des-nouvelles-des-transferts-des-compas-de-laffaire-de-kato-tithorea/ Tue, 02 Jun 2026 16:15:19 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63085 Continuer la lecture ]]> Act for freedom now! / dimanche 31 mai 2026

Des nouvelles des transferts des compas impliqué.es dans l’affaire de l’expropriation de Kato Tithoréa

Après la fin de l’audition des huit compas poursuivi.es [voir ici ; NdAtt.], le vendredi 15 mai, dans la salle d’interrogatoire, et le placement en détention préventive de six d’entre eux/elles, la compagnonne placée en détention préventive a été conduite au Département des enquêtes criminelles d’Attique occidentale, à Áno Liósia, et les cinq compagnons ont été emmenés au GADA (le quartier général de la police). Le lundi 18 mai, la compagnonne a été transférée à la prison pour femmes de Korydallos, tandis que le lendemain (le mardi 19 mai), l’un des compagnons a été transféré à la prison pour hommes de Korydallos. Trois jours plus tard, le 22 mai, ont eu lieu les transferts simultanés de trois autres compagnons vers les prisons de Tríkala, Larissa et Malandrino. Ce matin, le 26 mai, il y a eu le transfert du dernier compagnon vers la prison de Nauplie, après plus de deux semaines de détention au GADA.

La dispersion, vengeresse mais attendue, des compas dans des prisons à travers tout le territoire grec, dans une tentative de limiter leurs communications et de les anéantir psychologiquement, ne nous surprend pas : après tout, nous sommes conscient.es des mécanismes de l’État et de ses complices.

« Nous ne luttons pas pour la libération des prisonniers politiques par charité ou par humanisme… En luttant pour leur libération, nous revendiquons l’histoire occultée et l’expérience militante. Mais surtout, nous revendiquons le concept de la légitimité (politique) de la non-violence » (Collectif des prisonniers d’Action Directe)

[…]

PERSONNE NE RESTERA SEUL.E ENTRE LES MAINS DE L’ÉTAT
FORCE AUX COMPAS EMPRISONNÉ.ES

Assemblée ouverte en solidarité avec les compas arrêté.es lors de l’affaire du 11 mai

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Bruxelles (Belgique) : Retour sur le procès de T. le 20 mai https://attaque.noblogs.org/post/2026/06/02/bruxelles-belgique-retour-sur-le-proces-de-t-le-20-mai/ Tue, 02 Jun 2026 16:10:07 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63070 Continuer la lecture ]]> Stuut.info / lundi 25 mai 2026

Ce mercredi 20 mai, un petite trentaine de personnes se sont rétrouvées devant le tribunal de Bruxelles, horrible bâtiment imposant, écrasant et sombre. Dehors, des policiers arrivent rapidement pour chercher un responsable. Face au refus de leur répondre, ils disent qu’ils savent qu’elles sont là pour le procès d’un anarchiste. Effectivement, elles viennent voir le procès de T., otage de l’état depuis maintenant plus de 6 mois, accusé d’avoir tenté d’incendier des vehicules de police devant le commissariat d’Ixelles le 10/11/2025.

La trentaine de personne rentre sans encombre dans le tribunal, et baladant les flics présents pour l’audience car ni eux, ni l’avocate, ne savent où se trouve la salle. Finalement on mange nos viennoiseries de récup dans la salle, en écoutant un juge rendre à la vitesse d’un commissaire priseur un rendu comprenant des années de prison, puis une affaire où l’avocate enfonce son client (absent) disant qu’il est « impardonnable », sous la pression de la juge Panou et de la procureure du roi. On apprend que T. est en chemin depuis la prison, sorti de sa cellule à 7h.

Pour T., ce sera la procureure fédérale qui sera présente.
Dix flics dans la salle plus une escorte de 3 flics debout autour de lui toute la séance. Autant dire que l’ambiance était tendue dans la salle.
L’audience commence par T., qui explique qu’il va user de son droit au silence car il n’a pas eu sufisamment accès au dossier. La procureure plaide ensuite, demandant 3 ans de prison ferme. L’avocate demande la relaxe, plaidant le doute raisonnable. Le rendu est mis en délibéré pour le 16 juin.

Soyons nombreu-x-ses à nous solidariser, en venant le 16 juin à 8h00 devant le tribunal, et de la manière que chacun-e trouve la plus adéquate, pour mettre à bas ce monde de flics, de prisons, et de juges.

Nique la justice, liberté pour toustes

Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

10/11/25 : https://stuut.info/Bruxelles-Arrestation-et-incarceration-de-T-8942

18/04/26 : https://stuut.info/Nouvelles-de-T-incarcere-a-Haren-Bruxelles-et-restrictions-de-visites-11466

16/05/26 : https://stuut.info/Solidarite-avec-notre-compagnon-Liberte-pour-tous-tes-11799

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Italie : La parole à Alfredo ! https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/29/italie-la-parole-a-alfredo/ Fri, 29 May 2026 16:27:12 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63038 Continuer la lecture ]]> Brughiere / mardi 19 mai 2026

Le 18 mai, au tribunal de Bologne, a eu lieu la deuxième audience du procès contre six compas, inculpé.es d’infractions liées à la mobilisation de 2022-23 aux côtés d’Alfredo, contre le 41-bis et la peine de perpétuité avec période de sûreté illimitée [il s’agit de l’incendie d’une antenne-relais, d’une banderole déployée sur une grue et de l’interruption d’une messe ; NdAtt.].

Lors de cette audience, plusieurs témoins ont été entendu.es et, parmi eux/elles, Alfredo aussi a pu prendre la parole, en visioconférence depuis la prison de Bancali.

Son émotion, en plus de celle de la trentaine de compas présent.es dans la salle, a été palpable dès tout de suite.

Alfredo a commencé par ces mots :

« En ce moment, il est émotionnant d’être ici, parce que la dernière fois que j’ai pu voir des visages amicaux a été il y a un an et demi et à cette époque-là il y avait Sara et Sandrone, qui maintenant sont morts et je n’ai pas pu leur apporter ma solidarité parce que, ici, l’isolement est total, ils t’interdisent d’exister ».

Il a continué en parlant des motivations qui, en 2022, peu après sont transfert dans le régime 41-bis, l’ont poussé à entreprendre une grève de la faim jusqu’au bout. Des motivations qui, comme il l’a rappelé lui-même, ont trouvé une large diffusion lors de la mobilisation internationale qui a soutenu sa lutte. Il a souligné que, sans le soutien reçu de l’extérieur, il aurait été condamné à la peine de perpétuité avec période de sûreté illimitée et que sa lutte a été motivée par la nécessité que sa détention en 41-bis ne constitue pas une précédent qui puisse être élargi au mouvement.

Après cela, Alfredo a raconté son état d’isolement actuel. Il a réaffirmé qu’il est soumis à un blocage presque total du courrier, qui, en ce moment (contrairement à la période avant la mobilisation) comprend aussi les notifications des courriers bloqués. Il ne reçoit plus de courrier depuis des mois, on lui a récemment remis une lettre de décembre 2025.

Il a ensuite parlé de la bien connue impossibilité d’accéder à des livre, que ce soit en les achetant par des catalogues ou en les demandant à la bibliothèque centrale de la prison. Il a raconté le paradoxe de son isolement, puisque il a eu connaissance d’une très grande partie des mobilisations anarchistes de ces dernières années, par le biais du très gros dossier qui motive le renouvellement de son 41-bis, défini par les matons qui le lui ont notifié comme « le plus gros de l’histoire du 41-bis ».

Élément ultérieur de son emprisonnement, il a décrit un 41-bis qui s’élargit toujours plus, à des personnes qui, avant, n’étaient pas touchées par ce régime pénitentiaire, dans un abaissement progressif du seuil d’accès ; il a cité l’exemple d’un détenu qui a été transféré de l’AS [Haute sécurité ; NdAtt.] parce que trouvé en possession d’un téléphone portable.

Cette occasion a d’ailleurs permis à Alfredo d’esquisser les passages de ses emprisonnements, de la prison militaire pour insoumission, aux sections pour détenus communs, aux sections Haute sécurité de Ferrara et de Terni, jusqu’à son atterrissage en 41-bis, défini comme un lieu d’isolement total. Sûrement, le regard d’Aldredo ne s’est pas arrêté à sa seule expérience personnelle et, cette fois aussi, il a profité de l’occasion pour condamner la brutalité de l’ensemble du régime 41-bis, en réaffirmant que pour lui il n’y a pas de différences entre les prisonniers qui se trouvent dans un tel système d’enfermement et d’annihilation. Il a décrit l’horreur de la section hospitalière de la prison d’Opera, où sont enfermées, pour la plupart, des personnes très âgées, dont nombreuses atteintes d’Alzheimer, en fauteuil roulant ou avec des limitations dans leurs autonomie, qui ne savent même plus pourquoi elle se trouvent là. Enfin, il n’a pas pu s’empêcher d’exprimer une évaluation sur le sens de ce régime pénitentiaire, voulu à l’origine pour éliminer des personnes avec lesquelles l’État a traité et qu’il a dû faire taire quand elles sont devenus inutiles à ses sales manœuvres [référence aux négociations entre l’État italien et la Mafia sicilienne, au début des années 90 ; NdAtt.].

À la suite à son témoignage dans la salle, il y a eu des inévitables, chaleureuses salutations, pleines d’amour, qui ont agacé la juge, qui a fait vider la salle. Au début de l’audience aussi, les compas présent.es ont réussi à saluer Alfredo, qui a répondu avec chaleur, en arrivant ainsi à rompre, même si seulement pour un instant, un isolement terrible. Cela a été une émotion très forte, partagée des deux côtés de ce maudit écran.

Nous sommes certain.es que l’occasion d’aujourd’hui a été précieuse pour Alfredo, mais encore plus pour nous, qui, dans ses mots et dans son ironie toujours présente, avons trouvé une fois encore une énorme détermination, une haine pour les oppresseurs et un grand amour pour ses compagnons, à commencer par ses premiers mots, pour Sara et Sandro. Et c’est avec leur souvenir que nous voulons, nous aussi, terminer ces lignes, pour ne pas oublier qui a donné sa vie pour lutter pour un monde diffèrent.

Avec Sara et Sandro dans le cœur.

Pour que de, de chaque prison, ne restent que des ruines.

Courage Alfredo !

Quelques compas de Bologne, inculpé.es et solidaires

La prochaine audience de ce procès aura lieu le 15 juin, à 9 heures. Y seront entendus les derniers témoins et probablement il y aura le début de la discussion.

*****

Note d’Attaque : on a reçu par mail une autre traduction de ce texte. Manque de bol, c’était une fois le travail fini, mais vivent toujours les traducteur.ices !
La voilà :

Des nouvelles sur un procès pour la mobilitation de 2022-2023 en solidarité à Alfredo en greve de la faim et contre 41 bis et emprisonnement à perpetuité

Le 18 mai, au tribunal de Bologne, italie, a eu lieu la deuxième audience contre 6 compagnon.ne.s, imputés pour des faits spécifiques inhérents à la mobilisation de 2022-23 aux côtés d’Alfredo contre le 41bis et l’emprisonnement à perpétuité.
Lors de cette audience, plusieurs témoins ont été entendus et, parmi eux, Alfredo lui-même a pu prendre la parole par vidéoconférence depuis la prison de Bancali, en sardaigne.
Son émotion, combinée à celle de la trentaine de camarades présents dans la salle, a été immédiatement palpable. Alfredo a commencé par ces mots:
En ce moment, c’est excitant d’être ici, parce que la dernière fois que j’ai pu voir des visages amis était il y a un an et demi et à l’époque il y avait Sara et Sandrone qui sont maintenant morts et je n’ai pas pu leur donner ma solidarité parce qu’ici mon isolement est total, ils t’interdisent d’exister.
Il a poursuivi en parlant des raisons qui, en 2022, après avoir été transféré au 41-bis, l’ont poussé à entreprendre une grève de la fin sans relâche. Motivations qui, comme il l’a rappelé lui-même, ont trouvé une large diffusion dans la mobilisation internationale qui a soutenu sa lutte. Il a souligné que, sans le soutien reçu de l’extérieur, il aurait été condamné à la réclusion à perpétuité et que sa lutte était motivée par la nécessité que son incarcération en 41 bis ne crée pas un précédent extensible au mouvement.
Suite à cela, Alfredo a raconté son état actuel d’isolement. Il a confirmé qu’il est soumis à un blocage quasi total du courrier qui, actuellement (contrairement à la période précédant la mobilisation), s’applique également aux notifications de courrier retenu. Il n’a pas reçu de courrier depuis des mois, une lettre de décembre 2025 lui a été récemment remise.
Il a ensuite parlé de l’impossibilité désormais connue d’accéder aux livres, que ce soit par achat à travers des catalogues ou par la bibliothèque centrale de la prison. Il a raconté le paradoxe de son isolement, ayant eu connaissance d’une grande partie des mobilisations anarchistes de ces dernières années à travers le très lourd dossier qui motive son renouvellement au 41 bis, pour 2 ans encore, défini par les mêmes gardes qui l’ont notifié « le plus corpulent de l’histoire du 41bis ».
Comme élément supplémentaire de son incarcération, il a décrit un 41bis qui s’étend de plus en plus à des personnes non touchées auparavant par ce régime, dans un abaissement progressif du seuil d’accès, citant l’exemple d’un détenu passé de l’AS (haute securité) au 41bis parce qu’il était en possession d’un téléphone portable.
Cette occasion a également permis à Alfredo de retracer les étapes de sa détention, depuis la prison militaire pour son opposition totale au service militaire, jusqu’aux sections communes, depuis les sections de haute sécurité de Ferrare et de Terni, jusqu’à l’atterrissage dans le 41bis, appelé lieu d’isolement total. Sûrement le regard d’Alfredo ne s’est pas arrêté à son expérience personnelle et, cette fois encore, il n’a pas manqué l’occasion de condamner la brutalité du 41bis tout entier, en réaffirmant que pour lui il n’y a pas de distinction entre prisonniers dans ce système d’enfermement et d’anéantissement. Il a raconté l’horreur du service hospitalier de 41 bis de la taule de Milan Opera, où sont détenues pour la plupart des personnes très âgées, plusieurs atteintes d’Alzheimer, en poussette ou avec différentes autonomie limitées, qui ne savent même plus pourquoi elles se trouvent là. Il n’a pas pu s’empêcher d’exprimer, enfin, une considération sur le sens de ce régime, voulu à l’origine pour éliminer les sujets avec lesquels l’État a traité et qu’il a dû faire taire une fois qu’ils se sont révélés inutiles à ses sales jeux.
À la suite de son témoignage, des salutations inévitables et chaleureuses, chargées d’affection, se sont élevées dans le tribunal, ce qui a contrarié la juge et a entraîné l’évacuation de la salle. Même au début de l’audience les compagnon.ne.s presentes ont réussi à saluer Alfredo qui a répondu avec affection, réussissant ainsi à briser, même pour une fraction de seconde, un isolement terrible. C’était une émotion très forte, partagée par les deux côtés de ce foutu écran.
Nous sommes certains que l’occasion d’aujourd’hui a été très précieuse pour Alfredo, mais encore plus pour nous, qui dans ses paroles et dans son ironie toujours présente, nous avons trouvé une fois de plus une détermination énorme, une haine pour les oppresseurs et un amour très fort pour ses compagnon.ne.s, à partir de ses premiers mots pour Sara et Sandro. Et c’est avec leur vif souvenir que nous voulons nous aussi conclure ces lignes, pour ne pas oublier celles et ceux qui ont donné leur vie pour lutter pour un monde différent.
Avec Sara et Sandro dans le cœur.
Pour qu’il ne reste de chaque prison que des décombres.
Courage, Alfredo !

Anarchistes de Bologne

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Brochure : Pour la défense de l’action anarchiste https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/28/brochure-pour-la-defense-de-laction-anarchiste/ Thu, 28 May 2026 16:42:43 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63016 Continuer la lecture ]]> dingueries / mercredi 27 mai 2026

Pour la défense de l’action anarchiste – Compte-rendu du procès de l’affaire d’Ambelokipi

Le 31 octobre 2024, une bombe explosait dans un appartement d’Athènes où se trouvaient deux compas anarchistes, tuant sur le coup Kyriakos et blessant gravement Marianna. La répression de l’Etat et de la police anti-terroriste a immédiatement suivi contre Marianna et des compas endeuillé.e.s, dont la compagnonne anarchiste Dimitra, enfermant 5 personnes en détention provisoire pendant dix huit mois. Le 24 avril 2026, les compagnonnes anarchistes Marianna et Dimitra ont été respectivement condamnées à 19 ans et 8 ans de prison, tandis que les trois autres inculpé.e.s ont été relaxé.e.s.

Cette brochure compile les compte-rendus au jour le jour du procès qui a eu lieu à Athènes en Avril 2026, incluant notamment des déclarations des compagnonnes, et les déclarations de témoins de la défense qui reviennent sur l’histoire de la lutte anarchiste, de l’action anarchiste, de la lutte armée et de la guérilla armée, et en font une défense, tout en chargeant par la même occasion la police anti-terroriste, la justice et l’Etat.

Kyriakos Xymitiris toujours présent !
Liberté pour Marianna et Dimitra !
Feu à toutes les prisons !

 

Brochure page par page ou imposée.

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Brochure : Chaos dans l’Archipel de Feu https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/28/brochure-chaos-dans-larchipel-de-feu/ Thu, 28 May 2026 16:40:40 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63008 Continuer la lecture ]]> dingueries / mercredi 27 mai 2026

Chaos dans l’Archipel de Feu – Sur l’insurrection d’août 2025 en Indonésie et sa répression

En août-septembre 2025, une insurrection a frappé l’archipel indonésien, emportant dans ses flammes de nombreux commissariats, véhicules de flics, bâtiments gouvernementaux nationaux et locaux, résidences de députés, commerces… Cette révolte a notamment impliqué de nombreux.ses anarchistes, les tendances insurrectionnelles et de l’action directe y étant particulièrement communes.

Pour se venger, l’Etat indonésien a lancé une grande chasse aux anarchistes dans tout le pays, suite à quoi plusieurs dizaines de compas anarchistes ont été arrêté.es et incarcéré.es. Deux affaires sont particulièrement au centre de l’attention : celle de 16 anarchistes suspecté.es d’attaques au cocktail molotov à Jakarta, et celle contre 44 anarchistes suspecté.es d’actions directes, de provocations à l’insurrection ou de « leadership » dans une organisation montée de toutes pièces par l’Etat, appelée « Etoile du Chaos » en référence à la forte tendance anarcho-nihiliste du pays.

Cette brochure tente de compiler de nombreux textes publiés en ligne sur la situation des prisonnier.es anarchistes ces derniers mois, afin de leur apporter toute notre solidarité depuis là où l’on se trouve. Diffusons l’information, écrivons-leur des lettres, organisons la solidarité financière.

Feu aux prisons !
Mort à l’Etat !
Longue vie à l’Anarchie !

 

La brochure mise à jour : indonesie ou indonesie-conv.
Une seconde partie avec des mises à jour de janvier à mai 2026 : indonesie p2 ou indonesie p2-conv.

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Rouen : Procès Lafarge en appel les 1 et 2 juin 2026 https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/26/rouen-proces-lafarge-en-appel-les-1-et-2-juin-2026/ Tue, 26 May 2026 16:55:53 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62989 Continuer la lecture ]]> Trognon.info / lundi 25 mai 2026

Après le procès d’Évreux où 4 personnes avaient été condamnées [voir aussi ici ; NdAtt.], celles-ci ont fait appel. Ce procès sera audiencé à Rouen les 1er et 2 juin 2026.

En première instance, 4 militant·es sont condamné·es à 6 mois de prison avec sursis pour 3 d’entre elles et 10 mois avec sursis pour une autre pendant que 5 autres sont relaxé.es.

Les 1er et 2 juin, c’est le procès en appel pour les 4 personnes condamné.es qui se déroulera à Rouen.

Cette affaire fait suite à une mobilisation de décembre 2023 quand, dans le cadre de la campagne d’actions contre Lafarge-Holcim, une centaine de militant·es s’étaient invité·es pendant une dizaine de minutes dans la centrale à béton de Val-de-Reuil, au sud de Rouen, pour la mettre à l’arrêt et défendre des centaines d’hectares de terres agricoles et forestières menacées d’être englouties sous le béton et le bitume du projet d’autoroute A133-134 [voir ici ; NdAtt.].

Au-delà du procès, c’est aussi un appel à mobilisation et solidarité pour les prévenu.es et contre la répression.

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Bandung (Indonésie) : Des nouvelles des prisonnier.es anarchistes du Premier mai https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/24/bandung-indonesie-des-nouvelles-des-prisonnier-es-anarchistes-du-premier-mai/ Sun, 24 May 2026 16:51:17 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62920 Continuer la lecture ]]> Palang Hitam International / vendredi 15 mai 2026

Depuis mercredi (le 13 mai 2026), la police a déclaré, par le biais des médias locaux, avoir arrêté treize personnes accusées d’être impliquées dans des actes de vandalisme, pendant les manifestations du Premier mai 2026, à Bandung. L’un des suspects, RR alias « Mpe », a été présenté comme le « chef des anarchistes du sud de Bandung » et est accusé d’avoir coordonné des actes d’incendie et de destruction de biens, ainsi que du financement des troubles.

Les autorités ont inculpé les anarchistes présumé.es en vertu de dispositions relatives à la sécurité publique, dont l’article 308 sur la mise en danger de la sécurité publique et l’article 309 sur l’association de malfaiteurs et la préparation d’infractions menaçant les personnes, les biens ou l’environnement ; en vertu de la loi n°1 du Code pénal (KUHP) de 2023, cela est passible d’une peine maximale de neuf ans de prison.

De plus, la police a allégué que les anarchistes étaient sous l’emprise de drogues, pendant les manifestations, présentant cet argument comme l’une des justifications morales de leur détention. Cette annonce a été interprétée comme un signe de panique au sein de l’appareil de sécurité, étant donné que les troubles du Premier mai auraient dépassé les attentes officielles et n’ont pas été anticipés par les autorités.

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Espagne et Italie : En nous préparant pour le pire https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/22/espagne-et-italie-en-nous-preparant-pour-le-pire/ Fri, 22 May 2026 16:25:24 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62950 Continuer la lecture ]]> Contra Info / samedi 9 mai 2026

En nous préparant pour le pire : une possible extradition vers l’Italie du compagnon Gabriel Pombo Da Silva

Nous rappelons qu’en décembre 2025, notre compagnon a été arrêté en vertu d’une commission rogatoire internationale (MAE, mandat d’arrêt européen, émis par l’Italie). Une détention qui a duré cinq heures, jusqu’à ce que le juge d’instruction Pedraz lui accorde la liberté provisoire avec l’obligation de pointer à un poste de police et l’interdiction de quitter le pays. Cette MAE est issue de l’une des nombreuses opérations répressives italiennes : l’opération « Scripta Manent », de 2016 [ici, un résumé de cette affaire ; NdAtt.], qui s’est terminée pour Gabriel en 2022, avec une condamnation à deux ans pour provocation aux crimes et délits. Fin novembre de l’année dernière, le tribunal de Turin a déclaré qu’il n’acceptait pas les mesures alternatives à la privation de liberté, demandées par l’avocate [de Gabriel], en raison de « l’absence d’autocritique de ses propres valeurs » (une belle métaphore pour souligner l’absence de repentir) [voir ici ; NdAtt.], ouvrant ainsi la voie à l’exécution de la peine. C’est pour cela que la MAE a été émise : le juge Pedraz a considéré ce délit comme un délit d’opinion et n’a donc pas ordonné son emprisonnement, mais a demandé certains documents aux deux parties.

Il y a quelques jours, est arrivée une ordonnance signée par ce même juge, qui, en donnant un peu raison à l’une des parties et un peu à l’autre, facilite une possible extradition de Gabriel vers l’Italie, si certaines conditions sont remplies.

Pour l’instant, cela ne nous intéresse pas de commenter les détails juridiques,même s’il est intéressant de voir comment les États utilisent leurs « vérités » labyrinthiques pour justifier la chasse aux sorcier.es. Il s’agit d’une ordonnance extrêmement contradictoire, où l’on écrit des mensonges et où les Italiens ont joué avec la psychologie de la propagande, en extrapolant des mots et des concepts de la condamnation de Gabriel pour justifier leur requête.

Cette ordonnance clôt la phase d’instruction, elle n’est pas définitive et l’avocat est en train de faire appel ; même si les extrêmes juridiques pour que Gabriel purge sa peine dans les prisons italiennes sont inexistants, il n’est pas difficile d’interpréter cette ordonnance comme l’une des nombreuses manœuvres que, depuis des années, l’État italien utilise pour continuer à collectionner ses trophées de guerre.

Dans quelques semaines, le procureur et l’avocat exposeront leurs arguments lors d’une audience devant l’Audiencia Nacional.

Nous savons depuis toujours que ce ne sont pas les raisons juridiques qui prévalent, mais plutôt la vengeance politique et personnelle. Les combattant.es dignes doivent être puni.es de manière exemplaire. C’est pourquoi il n’y a pas de surprise et nous nous préparons au pire, plus fort.es que jamais.

Des mises à jour suivront.

Gabriel et Elisa

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Paris – Rassemblement : fin du procès des inclupé-es du 8/12 https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/17/paris-rassemblement-fin-du-proces-des-inclupe-es-du-8-12/ Sun, 17 May 2026 17:00:32 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62881 Continuer la lecture ]]> Paris-Luttes.info / samedi 16 mai 2026

Les inculpé.es du 8 décembre sont jugé.es à la Cour d’Appel de Paris sur l’île de la cité du 4 au 22 mai 2026. Rassemblement le 22 mai à 18h face au tribunal de la Cour d’Appel (8 bd du Palais, Paris 1er).
Les comptes rendus journaliers des audiences c’est ici

Le 8 décembre 2020, neuf militant.es de divers courant politiques dit « de gauche » se font interpeller à l’aube par la DGSI pour « association de malfaiteurs terroriste dans l’intention de commettre des actions violentes contre les personnes dépositaire de l’autorité publique ».
Toustes ne se connaissaient pas, leur seul point commun étant un camarade, Libre Flot, parti au Rojava au côté des kurdes (YPG).
A l’issue d’une GAV de 96h, deux personnes sont placées sous contrôle judiciaire et cinq autres sont placés en détention provisoire, entre 5 et 11 mois, et jusqu’à presque 16 mois pour l’un d’eux qui reste à l’isolement tout au long de sa peine.
Il ne sort que grâce à une grève de la faim de 37 jours.

En 2023 après un mois de procès la justice à conclu qu’il n’y avait pas de groupe, pas de projet, pas de cible mais subsiste des « intentions supposées ». Les 7 inculpé.es sont condamné.es pour terrorisme avec des peines de prison ferme, fichage européen, interdictions de communication…
6 d’entre elleux font appel de cette décision.
Il est important de se mobiliser pour afficher notre soutien et empêcher que la justice et l’État nous invisibilisent !

Soutenir le 8/12 ce n’est pas seulement soutenir individuellement ces camarades-ci, c’est surtout lutter contre la répression de toustes. Si la caractérisation de terrorisme était validée au terme de l’appel, cela offrirait une jurisprudence inédite pour réprimer les opposant.es politiques. Finies les tentatives de dissolution de groupes politiques autonomes et des collectifs antiautoritaires, l’État pourrait envoyer les membres de ces groupes d’opposant.es directement en prison sous l’accusation d’association de malfaiteurs à caractère terroriste…

Les camarades sont jugé.es à la Cour d’Appel de Paris sur l’ile de la cité :

  • Du 4 au 7 mai 2026
  • Du 11 au 13 mai 2026
  • Du 20 au 22 mai 2026

Les audiences se dérouleront sur des journées entières à partir de 9h.

RASSEMBLEMENT le 22 MAI à 18H face au tribunal de la Cour d’Appel

Soyons nombreux.ses pour se soutenir face à un État et une justice qui cherche à broyer nos idées, nos modes d’organisation, nos liens, nos rêves révolutionnaires…

Cette affaire nous prouve que l’antiterrorisme n’est pas là pour nous protéger, mais pour créer des ennemi.es de l’intérieur et faire peur à toustes celleux qui souhaitent s’engager pour un monde plus juste. Cette condamnation ouvre la porte a une criminalisation normalisée du monde militant. Plus besoin d’appartenir à un même groupe, de se connaître ou voir même de faire une action quelconque pour subir l’accusation de terrorisme. L’État, via ses bras judiciaire et législatif, nous montre encore sa spécialité depuis la première association de malfaiteur : normaliser une situation dite d’exception. Il est de plus en plus récurrent de voir des condamnations pour “apologie du terrorisme” ou de voir les moyens de “l’antiterrorisme” appliqué au monde militant via la SDAT(sous direction anti-terro). Ainsi “l’antiterro” devient la nouvelle norme répressive.

Parce que demain ce sera vous, nous, les terroristes, aujourd’hui comme demain, ne nous laissons pas antiterroriser !

Les besoins :

Pour suivre l’actu et les compte rendus journaliers du procès sur le blog : https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/

Pour nous contacter :
812support@riseup.net
soutien-8dec@riseup.net
8.12communication@proton.me (contact médias)

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Caen : Collage d’affiches contre la taule et en soutien aux inculpé.es du 8/12 https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/17/caen-collage-daffiches-contre-la-taule-et-en-soutien-aux-inculpe-es-du-8-12/ Sun, 17 May 2026 16:56:23 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62894 Continuer la lecture ]]> Trognon.info / dimanche 17 mai 2026 

Actuellement, se tient à Paris le procès en appel de l’affaire en anti-terro dite du 8 décembre 2020. En réponse aux actions menées à Lyon la semaine dernière, en soutien aux inculpée-es du 8/12 et contre la loi Rodwell [1], des affiches ont également été collées dans les rues de Caen pour envoyer du soutien aux camarades de l’affaire qui subissent la répression de l’appareil anti-terroriste. Les affiches spécifiques à l’affaire ont été agrémentées de quelques affiches anti-carcérales.

Alors que se généralise de plus en plus la prise d’empreinte et de photos en garde-à-vue, la prise d’ADN, la surveillance ciblée et de masse via les moyens de communication numérique, ainsi que le chef d’accusation d’«association de malfaiteurs»; avec l’affaire du 8 décembre, un cap a été franchi dans la militarisation de la répression. Des personnes ont été emprisonnées pour leur affiliations – supposées – à une idéologie dite «d’ultra-gauche» ou de mouvances internationales. L’absence d’une solidarité d’ampleur a laissé les mains libres à Darmanin pour continuer sur cette voie de l’assimilation des opposant.es politiques à des terroristes. [2]

Pour rappel, l’affaire du 8 décembre 2020 est une opération antiterroriste commanditée par le Ministère de l’Intérieur contre des militant·es désigné·es par ce dernier comme des «activistes d’ultragauche» et mis·es en examen pour «association de malfaiteurs terroristes».
La DGSI, accompagnée d’unités de polices militarisées (GAO, RAID), a procédé à l’arrestation de neufs personnes aux quatre coins de la France – que nous réunissons sous la bannière «libertaires», aux engagements politiques divers, à Toulouse, Rennes, en région parisienne, en Dordogne,..

Ces neuf personnes ne se connaissent pas toutes. Certaines ne s’étaient côtoyées qu’une fois dans leur vie (pendant le confinement). Mais toutes avaient comme point commun une personne, ciblée par la DGSI depuis son retour du Rojava en 2018 où il était engagé auprès des forces de protection kurdes.

En 2023 les 7 inculpé-es restant de l’affaire du 8/12 étaient condamné.es pour terrorisme avec des peines de prison ferme, fichage européen, interdictions de communication… 6 d’entre elleux ont fait appel de cette décision. Les audiences en appel sont censé avoir lieu tout au long de ce mois de mai à Paris (du 4 au 7 mai 2026, du 11 au 13 mai 2026, du 20 au 22 mai 2026).

Les premiers compte-rendus d’audiences sont disponibles sur le blog des Comités du 8/12 :
- les dessins du procès en appel
- 4 mai 2026
- 5 mai 2026
- 6 mai 2026
- et la suite ici

Force et soutien aux inculpé-es du 8/12!
Feu aux prisons et aux tribunaux!

 

Fichiers des affiches collées :

- Nous sommes contre la prison
- Feu aux prisons !
- Qui terrorise qui ?
- Solidarité avec les inculpé-es du 8/12
- En prison pour de l’eau oxygénée, et vous vous en avez ?
- Pour que le monde ne devienne pas une prison

 

Notes :

[1] « Déjà voté à l’assemblée ce 5 mai, le projet de loi Rodwell prévoit entre autres :
- Que les personnes migrantes suspectées de terrorisme, qui ont déjà été condamnées pour atteinte à la personne ou tout simplement sous une raison floue de « troubles à l’ordre public » verront leur enfermement en CRA passer de 90 à 210 jours.
- De conditionner le changement de prénom à l’État civil à un casier judiciaire vierge
- D’obliger les personnes suspectées d’appartenir à une idéologie « terroriste » à passer un examen psychiatrique. Et que le préfet puisse prononcer une hospitalisation forcée sur cette base. » Une semaine d’action en soutien aux inculpé-es du 08/12 et contre la loi Rodwell (Rebellyon, 10/05/2026)

[2] Voir « Pourquoi ça vous concerne aussi ? » dans L’affaire du 8 décembre, c’est quoi ?

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Bandung (Indonésie) : Sept compas arrêté.es lors des affrontements pour le Premier mai https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/16/bandung-indonesie-sept-compas-arrete-es-lors-des-affrontements-pour-le-premier-mai/ Sat, 16 May 2026 16:16:20 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62840 Continuer la lecture ]]> Dark Nights / samedi 9 mai 2026

Bandung, le 7 mai 2026. La commémoration de la Journée internationale des travailleurs (Premier mai) de 2026, à Bandung (dans la province de Java occidental), s’est terminée par des troubles, qui ont éclaté en fin d’après-midi, autour du parc Dago Cikapayang. Environ 150 personnes s’étaient rassemblées sur place depuis 16h, heure locale.

À la tombée de la nuit, la situation s’est intensifiée. La foule a mis le feu à un écran géant, à un poste de police et à plusieurs banderoles. On a aussi vu des feux brûler dans les rues, envoyant d’épais panaches de fumée dans l’air.

Le groupe a aussi été impliqué dans des affrontements directs avec des membres de l’organisation communautaire Jaga Lembur et des agents de police, dans le secteur du carrefour Tamansari-Cikapayang. Plusieurs barricades ont été brûlées sur les routes, avant que la foule ne se disperse progressivement, vers 21h.

À ce jour, la police a arrêté sept individus, soupçonnés d’être impliqués dans les actes de vandalisme qui ont eu lieu pendant les troubles du Premier mai, à Bandung. Six d’entre eux ont été déclarés suspects ; ils sont identifiés par les initiales MRN, MRA, RS, MFNA, FAP et HIS.

Palang Hitam

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Indonésie : Des nouvelles des prisonnier.es de l’affaire Chaos Star https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/16/indonesie-des-nouvelles-des-prisonnier-es-de-laffaire-chaos-star/ Sat, 16 May 2026 16:12:03 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62865 Continuer la lecture ]]> Dark Nights / dimanche 10 mai 2026

Des nouvelles de certain.es des prisonnier.es de l’affaire Chaos Star, en plus de la nouvelle que Komar (de Black Block Zone) a écrit une lettre importante, qui est en cours de traduction et sera publiée dans les prochains jours [on la trouvera sur Dark Nights ; NdAtt.]. Komar est toujours incarcéré à Surabaya et les prisonnier.es de l’affaire Chaos Star se trouvent à la prison de Kebon Waru [dans la ville de Bandung ; NdAtt.].

Pem et Herdi devraient être libérés dans trente jours environ.

Jalus, Iyonk, Rexi et TB devraient être libéré.es en juillet.

Les détenus restants sont Nopal et Adit, tous deux condamnés à trois ans de prison.

Entre-temps, Dena est toujours sous procès ; la procédure est actuellement au stade des dépositions des témoins. Dena devrait avoir encore environs cinq audiences, avant la sentence, avec une condamnation estimée entre un et deux ans.

Chaos Star

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Bruxelles (Belgique) : Solidarité avec notre compagnon, Liberté pour tous.tes ! https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/16/bruxelles-belgique-solidarite-avec-notre-compagnon-liberte-pour-tous-tes/ Sat, 16 May 2026 16:09:56 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62873 Continuer la lecture ]]> Stuut.info / lundi 11 mai 2026

Un compagnon est incarcéré à la maxi prison de Haren depuis novembre [voir ici ; NdAtt.]. Ce mercredi 20 mai au matin, l’État entame son cirque dans le but de faire taire les idées anarchistes.

Faisons de cette journée une occasion pour laisser libre court à nos désirs. Défendons la rébellion contre ce monde, brisons l’isolement de tous les compagnon.nes emprisonné.e.s.

Profitons de cette journée pour diffuser nos idées et nos pratiques anarchistes et ne laissons pas cette condamnation passer inaperçue. Expérimentons ensemble comment faire face à la répression et montrons que nos idées ne peuvent être effacées.

Ni dans la prison à ciel ouvert qu’est cette société, ni entre les murs de leur prison !

La question de la culpabilité et de l’innocence reviennent à celleux qui ont un code pénal à la place du cœur, alors que les sentiers qui réchauffent nos coeurs du feu de la révolte nous appartiennent !

Rendez-vous le 20 mai à 8h à la place poelaert, rue Ernest Allard.

Solidarité avec nos compagnon.nes et feu aux prisons.
Liberté pour tous.tes !

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Grèce : Un texte des huit compas arrêté.es pour l’affaire du 11 mai https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/14/grece-un-texte-des-huit-compas-arrete-es-pour-laffaire-du-11-mai/ Thu, 14 May 2026 16:55:10 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62869 Continuer la lecture ]]> Dark Nights / mercredi 13 mai 2026

Dans la matinée du 11 mai 2026, un groupe de compas a exproprié une banque, à Kato Tithoréa [dans la région de Grèce-Centrale ; NdAtt.]. Environ cinq heures plus tard, cinq d’entre eux/elles ont été arrêté.es par la police, après une opération répressive coordonnée et des perquisitions domiciliaires. Huit compas, des anarchistes, se sont retrouvé.s pris.es en otages aux mains de l’État.

Nous avons été mis.es en cause avec un acte d’accusation exagéré, qui comprend des expropriations de banque et la possession d’armes. Les compas sont détenu.es au GADA [le quartier général de la police, à Athènes] et certain.es d’entre eux/elles à la prison de Vyronas. Aujourd’hui, le 12 mai, nous sommes passé.es devant le procureur et on nous a donné une convocation pour comparaître devant l’enquêteur, le vendredi 15 mai à 9h au [Palais de Justice d’] Evelpidon, bâtiment 9.

VIVE L’ANARCHIE
SPYROS DRAVILAS PRÉSENT
HARRIS TEMPEREKIDIS PRÉSENT
SEBASTIAN OVERSLUIJ PRÉSENT

Les huit compas de l’affaire du 11 mai

Appel à un rassemblement de solidarité avec les huit compas accusé.es de l’expropriation d’une banque à Kato Tithoréa

Le matin du 11 mai, un braquage a lieu dans une agence bancaire, à Kato Tithoréa. Après une opération de police et une recherche dans les environs, quatre compagnons et une compagnonne sont arrêté.es. Un.e autre compa a été arrêté.e à Loutráki et deux compas à Athènes.

Les autorités chargées de l’enquête ont dressé un acte d’accusation exagéré, qui comprend des braquages, des prises d’otages, des explosions de distributeurs de billets, des vols de véhicules, la possession d’armes, etc. Les compas ont été transféré.es au GADA et, le 12 mai, à Evelpidon, où ils/elles auront une audience le vendredi 15 mai.

Dès le début, les médias ont tenté de dépolitiser les compas, en leur donnant mille et une caractéristiques, dans une tentative de détruire leur réputation. L’État et ses mécanismes répressifs triomphent du démantèlement de la « bande criminelle » qu’ils ont réussi à créer. Mais la réponse à tout cela est une seule et ils/elles l’ont écrite elles/eux-mêmes, depuis les cellules du GADA : VIVE L’ANARCHIE !

[…]
AUCUN.E COMPA NE SERA LAISSÉ.E SEUL.E AUX MAINS DE L’ÉTAT
JUSQU’À L’EFFONDREMENT DE LA DERNIÈRE PRISON

Caisse de solidarité avec les militants emprisonné.es et persécuté.es

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Mise à jour du 17 mai :

Act for Freedom now! / samedi 16 mai 2026

15 mai 2026
Cinq compagnons et une compagnonne ont été placées en détention préventive.
Des nouvelles suivront.

L’autre compagnonne a été relâchée, sous contrôle judiciaire (elle doit signer au poste de police trois fois par mois), ainsi qu’un autre compagnon, aussi relâché (il doit signer deux fois par mois).

Pendant que les compas étaiement amené.es au palais de justice, des petits affrontements ont éclaté entre les participant.es au rassemblement de solidarité et les flics.

RIEN NE RESTERA SANS RÉPONSE
LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME

Assemblée solidaire ouverte, avec les personnes arrêtées dans l’affaire du 11 mai

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Lyon : Une semaine d’action en soutien aux inculpé-es du 08/12 et contre la loi Rodwell https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/11/lyon-une-semaine-daction-en-soutien-aux-inculpe-es-du-08-12-et-contre-la-loi-rodwell/ Mon, 11 May 2026 16:47:25 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62801 Continuer la lecture ]]> Rebellyon / dimanche 10 mai 2026

Du 4 au 7 mai 2026, s’est tenue à Paris la première session d’audiences du procès en appel de l’affaire en anti-terro des inculpé-es du 08 décembre 2020. Au même moment, était voté à l’assemblée le projet de loi Rodwell visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat. Pour envoyer du soutien aux camarades qui subissent la répression de l’appareil anti-terroriste et pour s’opposer à cette nouvelle offensive sécuritaire, nous avons mené quelques actions de visibilisation.

Pour rappel l’affaire du 8 décembre 2020 est une opération antiterroriste commanditée par le Ministére de l’Intérieur contre des personnes désigné-es par ce dernier comme des « activistes d’ultragauche » et mis-es en examen pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme ». Il n’a jamais été précisé quel acte.

La DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), accompagnée d’unités de polices militarisées (GAO, RAID), a procédé a I’arrestation de neuf personnes — que nous réunissons sous la bannière « libertaires » — dont les engagements politiques étaient divers et dans des régions différentes : soutien aux familles réfugié-es, projets d’autonomie et de lieux collectifs a la campagne, soutien aux victimes de meurtres d’Etat, squat d’activités politiques et contre-culturelles, écologie et défense de la cause animale, implication dans des Zones A Défendre, activisme dans la scéne punk, féminisme, etc…

Ces neuf personnes ne se connaissent pas toutes. Certaines ne s’étaient cotoyées qu’une fois dans leur vie (pendant le confinement). Mais toutes avaient comme point commun une personne, Libre-Flot, ciblée par la DGSI depuis son retour du Rojava en 2018 ou il était allé soutenir la lutte contre DAESH.

En 2023 les 7 inculpé-es restant de l’affaire du 8/12 étaient condamné.es pour terrorisme avec des peines de prison ferme, fichage européen, interdictions de communication… 6 d’entre elleux ont fait appel de cette décision. Les audiences en appel sont censé avoir lieu tout au long de ce mois de mai à Paris (du 4 au 7 mai 2026, du 11 au 13 mai 2026, du 20 au 22 mai 2026).

Alors meme que des camarades passent en procés sur les bases de fantasme des services de renseignements et subissent de plein fout l’appareil anti-terroriste, le gourvenement est en train d’essayer de passer une nouvelle loi sécuritaire.

Déjà voté à l’assemblée ce 5 mai, le projet de loi Rodwell prévoit entre autres :

  • Que les personnes migrantes suspectées de terrorisme, qui ont déjà été condamnées pour atteinte à la personne ou tout simplement sous une raison floue de « troubles à l’ordre public » verront leur enfermement en CRA passer de 90 à 210 jours.
  • De conditionner le changement de prénom à l’État civil à un casier judiciaire vierge
  • D’obliger les personnes suspectées d’appartenir à une idéologie « terroriste » à passer un examen psychiatrique. Et que le préfet puisse prononcer une hospitalisation forcée sur cette base.

Pour monter notre soutien aux inculpé-es du 08/12 et s’opposer à la loi Rdowell nous avons recouvert la ville de message de solidraité :

 

Quelques tags autours de l’université Lyon 2 Porte des Alpes :

Affichage dans le quartier de la Guillotière :

Banderole de soutien place Mazagran lors de la soirée de solidarité du 7 mai :

Note d’Attaque : on trouvera ici les comptes_rendus journaliers des audiences.

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Italie : Le régime 41-bis renouvelé pour Alfredo Cospito https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/03/italie-le-regime-41-bis-renouvele-pour-alfredo-cospito/ Sun, 03 May 2026 17:10:57 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62759 Continuer la lecture ]]> La Nemesi / samedi 2 mai 2026

Le 30 avril 2026, le ministère de la Justice, dans la personne du ministre Carlo Nordio, a décidé le renouvellement du régime de torture et d’anéantissement 41-bis à l’encontre de l’anarchiste Alfredo Cospito. Cette décision était attendue avant le 4 mai, la date d’expiration des premiers quatre ans de cette mesure vindicative et infâme, dont le seul but est l’anéantissement du prisonnier, avec l’intention de le pousser à renier ses convictions révolutionnaires et à collaborer avec l’État. Une finalité qui, clairement, ne marche pas avec Alfredo Cospito. Le ministre Nordio prend donc la responsabilité de ce choix politique, dans un moment où, entre autre, il est au centre d’une tempête médiatique, à cause des continuels scandales le concernant.

Nous rappelons qu’Alfredo a été soumis au régime du 41-bis le 5 mai 2022 [voir ici ; NdAtt.]. Le 20 octobre 2022, il a commencé une longue grève de la faim, qui s’est terminée le 19 avril, après la sentence de la Cour constitutionnelle du 18 avril, qui a reconnu la prévalence des circonstances atténuantes par rapport à la récidive répétée, dans le cas de toutes les condamnations pour des crimes dont la peine fixe est la réclusion à perpétuité. Cela a empêché sa condamnation à la peine de réclusion à perpétuité avec période de sûreté illimitée, ainsi que la condamnation de l’anarchiste Anna Beniamino à 27 ans, avec l’accusation de « massacre politique », par rapport à la double attaque explosive contre la caserne des élèves du corps des Carabinieri, à Fossano, le 2 juin 2006.
Pendant ces mois intenses, allant du 20 octobre 2022 au 19 avril 2023, beaucoup de choses ont été dites et beaucoup de choses ont été faites. Dans une mesure sans précédent, l’image de ce système de torture et d’extorsion qu’est le 41-bis a été ébranlée, tout comme la fausse aura immaculée de ce cirque qui va de la Commission parlementaire anti-mafia (un grotesque oxymore !) à la Direction nationale anti-mafia et antiterrorisme. Pendant ces mois, alors qu’on parlait beaucoup des et contre les anarchistes, beaucoup de cœurs remplissaient les rues et beaucoup de flammes illuminaient les nuits de différentes parties du monde. De l’Italie à la Grèce, de l’Allemagne à la France, de l’Espagne au Chili, du Royaume-Uni à l’Indonésie. Pendant ces six mois, on a réussi à synchroniser nous souffles, en faisant de la solidarité, de la propagande anarchiste et de l’action une synergie incessante. Dans les prisons, les compagnons anarchistes et révolutionnaires ont lutté aux côtés d’Alfredo, par des grèves de la faim et des initiatives solidaires. Pendant ces mois, Alfredo a toujours affirmé qu’il ne se battait pas seulement pour lui-même, mais pour tous les détenus soumis au régime 41-bis.

Le 15 janvier 2025, à Pérouse, le procès qui a fait suite à l’ainsi-dite « opération Sibilla » s’est soldé avec un non-lieu [voir ici ; NdAtt.] ; un procès qui voyait Alfredo inculpé, avec onze autres anarchistes – dont la compagnonne Sara Ardizzone, dont la vie, ensemble avec celle du compagnon Alessandro Mercogliano, s’est brisée dans la nuit du 19 au 20 mars 2026 [voir ici ; NdAtt.], au cours de la phase de préparation d’une attaque explosive, en laissant une blessure profonde dans la lutte et dans l’anarchisme. La sentence du procès « Sibilla » a, dans les faits, marqué l’effondrement de l’un des éléments qui ont été déterminants pour le transfert d’Alfredo dans le régime 41-bis. Malgré cela, le compagnon devra rester enfermé dans cette maudite oubliette qu’ils appellent 41-bis, dans la prison « G. Bacchiddu », à Bancali, en Sardaigne, pendant au moins deux ans encore, jusqu’à la prochaine échéance du délai, quand ces messieurs seront à nouveau appelés à se prononcer sur une mesure qui peut potentiellement être prolongée à l’infini. Que les deux prochaines années pèsent comme du plomb sur tous ceux qui sont impliqués dans l’acharnement vindicatif contre notre compagnon.

Nous n’oublions pas les prisonniers de la guerre sociale et nous n’oublions pas ceux qui sont tombés dans la guerre sociale.
Alfredo hors du 41-bis !
Sara et Sandro, toujours avec nous.

 

Pour écrire à Alfredo :

Alfredo Cospito
C.C. « G.Bacchiddu »
Strada Provinciale 56, n°4
Località Bancali
07100 – Sassari (Italie)

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Allemagne : Nanuk est libre https://attaque.noblogs.org/post/2026/04/30/allemagne-nanuk-est-libre/ Thu, 30 Apr 2026 16:27:53 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62741 Continuer la lecture ]]> Freiheit für Nanuk / mardi 28 avril 2026

Nous relayons ici le communiqué de presse des avocat.es défenseur.es de Nanuk.

Dresde, le 28 avril 2026.
Aujourd’hui, le mandat d’arrêt contre Thomas J. a été levé par la chambre compétente de la Cour supérieure de Dresde.

Le tribunal a ainsi donné suite à la demande de la défense, du 21 avril 2026, d’une levée du mandat d’arrêt.

Thomas J. avait été arrêté le 21 octobre 2024 [voir ici ; NdAtt.], sur la base d’un mandat d’arrêt de la Cour fédérale de justice [Bundesgerichtshof] et a passé au total un an et demi en détention provisoire.

Le tribunal a motivé sa décision avec le fait que les soupçons urgents nécessaire à une détention provisoire sont tombés ; Thomas J. aurait participé à une agression préméditée contre le néonazi Leon Ringl, le 19 octobre 2019, au bistro Bulle’s Eye, à Eisenach (chef d’inculpation « Eisenach 1 »).

Les seuls fondements de cette accusation étaient les déclarations du témoin-clef Domhöver. Cependant, celui-ci avait aussi déjà clairement indiqué à la police que les informations sur la participation de Thomas J. ne représentaient que ses propres hypothèses et qu’il n’avait pas d’information directe sur le fait que Thomas J. aurait participé à ces actions.

Jusqu’ici, le témoin-clef a été entendu par le président et les assesseurs de la quatrième Chambre pénale, lors de trois journées d’audiences principales. Pendant l’interrogatoire, le témoin a confirmé à plusieurs reprises qu’il n’avait aucune information directe sur la participation de Thomas J. aux actions mentionnées, que ses déclarations à la police n’étaient que des simples déductions et que, à ce jour, il ne disposait toujours pas d’informations supplémentaires sur la participation de Thomas J. à ces actions.

Suite à la décision rendue aujourd’hui par la Cour supérieure, les avocat.es de la défense ont déclaré : « En tant que ses défenseur, nous saluons le fait que Thomas J. soit libre à partir d’aujourd’hui. Nous avons dit dès le début que ni le mandat d’arrêt ni l’acte d’accusation ne pouvaient se fonder sur les suppositions du témoin-clef Domhöver. »

Avocats
Antonia von der Behrens
Einar Aufurth

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Athènes (Grèce) : Les sentences du procès suite à l’affaire d’Ambelókipi https://attaque.noblogs.org/post/2026/04/25/athenes-grece-les-sentences-du-proces-suite-a-laffaire-dambelokipi/ Sat, 25 Apr 2026 16:12:51 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62686 Continuer la lecture ]]> Act for freedom now! / vendredi 24 avril 2026

De la douzième, et dernière, audience du procès suite à l’affaire d’Ambelókipi, 24 avril 2026

Dimitris P., Nikos Romanos et A.K. : innocents, pour manque de preuves, et tous libérés.

Pour les compagnonnes Dimitra Zarafeta et Marianna Manoura :

La compagnonne Dimitra a été reconnue coupable « pour sa prise de position au tribunal, pour ne pas avoir renoncé à ses idées et pour avoir développé ses pensées sans prendre en compte le fait que cela allait jouer contre elle ».

Pour Marianna, le tribunal n’a pas retenu les circonstances atténuantes.

Pour Dimitra, la majorité [du jury] a accepté le paragraphe concernant la bonne conduite seulement en ce qui concerne la période consécutive à l’acte, c’est-à-dire en prison.

Marianna M. et Dimitra Z. ont été reconnues coupables des chefs d’accusation suivants : organisation criminelle ; fabrication aggravée d’engins explosifs ; possession de matériaux explosifs, d’engins explosifs, de pistolets et de munitions ; fourniture et possession de matériaux explosifs ; explosion avec des matériaux explosifs ; dommages à la propriété d’autrui.

Les condamnations totales :
dix-neuf ans pour Marianna
huit ans pour Dimitra.

LE SEUL TERRORISTE EST L’ÉTAT
FEU AUX PRISONS
KYRIAKOS XIMITIRIS, PRÉSENT POUR TOUJOURS

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Athènes (Grèce) : Déclarations des compagnonnes Marianna et Dimitra https://attaque.noblogs.org/post/2026/04/25/athenes-grece-declarations-des-compagnonnes-marianna-et-dimitra/ Sat, 25 Apr 2026 16:10:52 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62666 Continuer la lecture ]]> Act for freedom now! / lundi 7 avril 2026

Déclarations des deux compagnonnes Marianna Manoura et Dimitra Zarafeta, au deuxième jour de leur procès

Marianna Manoura

Je voudrais déclarer aux résident.es de l’immeuble que l’explosion n’a pas été due à un plan prémédité. Elle a entraîné la mort de mon compagnon, Kyriakos Xymitiris, des graves blessures pour moi-même. Nous n’avons jamais voulu que des gens ordinaires souffrent, ni causer des dommages aux gens, alors que les conditions sociales sont déjà très graves. Quand notre mouvement politique veut attaquer, il évalue la situation et la logique des dommages collatéraux n’est nullement compatible avec ses valeurs. Nous utilisons nos moyens seulement contre le système.

Je remercie les deux personnes qui m’ont aidé immédiatement après l’explosion.

L’explosion a été exploitée par l’État dès le tout début.

Je ne prétendrai jamais qu’il s’agissait d’un projet organisé. J’assume la responsabilité politique de mes actions, mais je ne gaspillerai pas une seule minute de ma liberté pour des choses que je n’ai pas faites.

Mon compagnon, Kyriakos Xymitiris, a perdu sa vie pour un monde meilleur.

Sa mort a été instrumentalisée et vilipendée en lui attribuant l’explosion, la police anti-terroriste accusant Kyriakos d’être au courant de ce qui allait se passer.

Kyriakos, en tant que sujet politique, aimait la vie ; non seulement la sienne, mais aussi celle des autres. En tant qu’être humain, il est impossible qu’il ait voulu imposer à des gens ordinaires le fardeau de dégâts à leurs habitations.

Je ne suis responsable devant aucun tribunal, je suis responsable seulement envers mes compas.

La manière dont ce procès se déroulera est dans vos mains, selon si vous suivrez les ordres de l’anti-terrorisme ou si vous jugerez sur la base des faits réels.

Je peux assumer la responsabilité politique de ce qui est de ma responsabilité.

Je dédie chaque minute de ce procès à la mémoire de Kyriakos.

Kyriakos était un homme merveilleux et un révolutionnaire sensible.

Le 31 octobre [2025] est un point de rupture pour moi, à la fois pour le fardeau moral des dégâts provoqués à l’immeuble et pour la perte. Je le préserverai pour préserver le souvenir de Kyriakos, de ses choix et de ma place dans cela.

 

Dimitra Zarafeta

Je récuse toutes les accusations.

Je voudrais rendre hommage à la mémoire de mon compagnon, Kyriakos Xymitiris.

L’action politique, les amitiés et les relations politiques sont ici criminalisées.

Ma privation de la liberté est de la responsabilité du tribunal, qui autorise la poursuite de telles affaires.

Je m’excuse auprès de la famille qui possède l’appartement, car, sans le savoir, je les ai mis dans une situation désagréable, en raison à la fois des dégâts et de leur implication dans le mécanisme de la répression.

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