Les outils de l’ennemi – Attaque https://attaque.noblogs.org Chronique de la guerre sociale en France Mon, 10 Aug 2026 16:13:31 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Les autoradios ont des oreilles https://attaque.noblogs.org/post/2026/08/01/les-autoradios-ont-des-oreilles/ Sat, 01 Aug 2026 17:29:46 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63466 Continuer la lecture ]]> Indymedia Nantes / samedi 1er août 2026

Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

Le dispositif a été découvert lors d’un changement d’autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cache plastique sous l’autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l’alim de l’autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l’auto-radio.

La musique a bien dû leur casser la tête !




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Mise à jour du 10 août 2026

Les autoradios ont des oreilles… et deux balises GPS !

Indymedia Nantes / samedi 8 août 2026

Mise à jour de la dernière trouvaille (https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/) : un fil qui n’a pas été suivi jusqu’au bout lors du premier démontage amenait à un boîtier aimanté fixé à une paroi entre l’arrière de l’autoradio et la boite à gants (il fallait démonter un autre cache en plastique). Il contenait une grosse batterie et une autre balise GPS (Taoglas, Quectel M66, Ublox MaxM10) avec carte SIM (voir photos). Vu la connectique et vu que le fil était branché au premier dispositif (voir photos), ce boîtier ne semble pas avoir été ajouté entre temps.



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Leipzig (Allemagne) : Leur infrastructure dans le viseur https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/26/leipzig-allemagne-leur-infrastructure-dans-le-viseur/ Sun, 26 Jul 2026 16:12:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63445 Continuer la lecture ]]> knack.news / lundi 13 juillet 2026

Leur infrastructure dans le viseur : la Direction immobilière et des constructions de Saxe privée de son parc automobile

Tout le monde n’est pas bloqué, lors de la période creuse de l’été. Pendant que le monde entier suit la Coupe du monde de football, subit les conséquences du changement climatique, au bord d’un lac, ou assiste à la mort pour des coups de chaleur de 5 000 Allemand.es, dans des appartements non climatisés, la CDU, en collaboration avec le SPD et le BSW* a mis sur les rails un nouveau projet global de loi sur la police. Cela ne devrait pas pouvoir se faire en cachette.
Comme cela a déjà été rapporté dans la presse, deux voitures ont brûlé dans la nuit de vendredi à samedi et une autre a été endommagée.

La cible de l’attaque était la Direction immobilière et des constructions de Saxe, dans le quartier Südvorstadt.
Il y a deux ans, elle a rendu possible, avec des millions d’euros, la rénovation du poste de police sur la Eisenbahnstraße.
Avec notre feu, nous voulons leur rendre plus difficile d’obtenir des nouveaux financements et, peut-être, de construire de nouveaux postes de police. Nous voulons montrer qu’aucune loi sur la police dans cette République fédérale ne nous empêchera de mettre leurs structures dans le viseur, jusqu’à ce que cet État soit réduit en cendres jusqu’à ses fondations.

Les nouveaux pouvoirs de la police

Après que la loi sur la police de 2020 [du Land de Saxe ; NdAtt.], contre laquelle il y avait encore eu beaucoup d’opposition (ou plutôt de campagnes de protestation), ait été critiquée par la Cour constitutionnelle, les amis du projet de démantèlement de l’État social et de la défense de l’ordre public ont profité de l’obligation de modifier certaines parties de la loi pour effectuer des ajouts importants.
L’une des nouvelles dispositions est la surveillance des télécommunications à la source**.

« De cette manière, la police peut intercepter des communications en cours, là où elles sont encore lisibles : sur un smartphone ou un ordinateur, avant qu’un message ne soit crypté ou après qu’il ait été décrypté. Cela concerne par exemple les logiciels de messagerie crypté de bout en bout. Cela est prévu pour la défense contre des dangers particulièrement graves, par exemple dans le cas de crimes de nature terroriste ou de menaces contre des biens particulièrement importants. » (1)

Comme nous le savons déjà, la définition typiquement saxonne des crimes de nature terroriste est la participation à des manifestations, le fait de lancer des pierres sur des maisons inhabitées et l’autodéfense contre les nazis.
Il y a aussi des nouvelles règles pour l’analyse automatisée des données, ainsi qu’une base juridique pour les systèmes informatiques capables d’apprentissage.

« Avec l’analyse vidéo intelligente, des logiciels peuvent analyser automatiquement des enregistrements provenant de zones déjà légalement surveillées. Par exemple, il s’agit de détecter des armes, des couteaux, des objets dangereux, des bagarres ou des modèles de mouvement tapageurs. »

Où mène ce genre d’enquêtes, on peut le voir aux États-Unis, où les outils d’IA œuvrent de manière ouvertement raciste et s’imaginent régulièrement que des personnes non blanches portent des armes. Combiné avec la surveillance permanente sur le poste de police de la Eisenbahnstraße, dans le centre-ville et, en partie, dans le quartier de Grünau, cela laisse entrevoir un nouveau niveau de répression policière.

« En plus, quand les circonstances l’exigent, il y a la possibilité d’une comparaison biométrique avec des données en libre accès sur Internet. De cette manière, dans des cas spécifiques, des images ou d’autres caractéristiques biométriques peuvent être comparées avec des informations en libre accès sur Internet. Cette disposition vise à empêcher que les personnes recherchées puissent utiliser l’anonymat d’Internet. Or, c’est précisément cette possibilité qui fait partie des éléments les plus controversés de cette réforme. Par ailleurs, à l’avenir la police sera aussi autorisée, sous certaines conditions, à enregistrer les plaques d’immatriculation de voitures, discrètement et de manière automatisée. Cela doit par exemple aider à retrouver des véhicules volés ou des groupes de criminels qui se déplacent. D’autres dispositions concernent les drones. La police obtient une base juridique explicite afin d’utiliser ses propres drones, par exemple dans le cadre de recherches de personnes disparues ou pour la reconnaissance lors de situations d’intervention dangereuses. »

Il n’y a pas besoin de faire preuve de beaucoup de créativité pour imaginer qui est visé par cette loi, en tant que personnes recherchées, groupes de criminels qui se déplacent ou situations d’intervention dangereuses – certainement pas les structures nazies qui se préparent au « Jour J » dans l’ombre de l’AfD.

L’État augmente la pression

Nous constatons donc que la pression exercée par la répression augmente encore. Contrairement à une opinion qui a été beaucoup discuté par le passé, cette escalade de persécutions n’est en aucun cas une réaction à la résurgence des activités de la gauche radicale. Ni la paralysie générale, ni le fait que notre soutien désespéré à nos prisonnier.es nous occupe complètement n’ont jusqu’ici poussé l’État à cesser ses attaques à notre encontre. Même des camarades déjà condamné.es dans l’affaire « Antifa-Ost » sont détenu.es avec des peines supplémentaires, bien qu’ils n’aient guère attiré l’attention, ni par de grandes déclarations combatives, ni par une résistance bruyante contre une justice utilisées à des finalités politiques***. Il semble presque que la pression visant à attaquer notre mouvement par tous les moyens soit en rapport plus avec les conditions et la logique interne du pouvoir étatique. Ils rêvent de vengeance pour chaque action réussie que nous avons pu mener malgré leur surveillance – des actions qui ont brisé leur image de toute-puissance. Ce désir de vengeance ne disparaît pas, même si nous nous faisons petit.es et essayons de paraître aussi inoffensif.ves que possible. Même si cela ne parait pas intuitif à première vue, il est nécessaire, à cause du fonctionnement de la répression – et surtout en période de peur – de ne pas arrêter notre propre lutte militante, mais de l’intensifier sous toutes les formes encore possibles. Plus nous refusons de nous cacher, plus nous montrons le bon exemple, plus nous développerons notre confiance en nous-même et notre foi en notre capacité à agir. Dans les années à venir, nous en aurons plus besoin que jamais.

Leipzig site de production d’armements – Targets that exist everywhere [Des cibles qui se trouvent partout]

Sur son site internet, la Direction immobilière et des constructions de Saxe décrit ses tâches de la manière suivante : « Cette entreprise publique prend en charge les tâches de maîtrise d’ouvrage pour le compte du Land de Saxe. Cela comprend la définition et le contrôle des objectifs principaux de la maîtrise d’ouvrage en ce qui concerne la qualité, la quantité, les coûts et les délais. La gestion des projets de construction de l’État fédéral et de tiers est aussi prise en charge. On réalise les analyses techniques des sites et les travaux de construction. »
Cela comprend des projets tels que le poste de police de l’Eisenbahnstraße, ouvertement raciste et méprisant à l’encontre des pauvres, mais aussi les projets prévus pour le site de production d’armements de Leipzig. Celui-ci doit stimuler l’économie locale, au cours des prochaines années, avec des fonds destinés à l’armement, qui ont été volé aux travailleur.euses.
Comme la presse l’a correctement relevé, des camarades qui partagent la même critique ont incendié plusieurs voitures de la ville de Leipzig, cette année, en guise d’avertissement (2). Nous prenons tout aussi clairement position contre l’établissement de nouvelles entreprises d’armements meurtrières, que nous l’avons fait ici contre la nouvelle loi sur la police. Si vous mettez ces projets à exécution, nous nous joindrons à nos camarades et, selon la devise Targets that exist everywhere (3), nous mettrons dans notre viseur vos structures vulnérables, disséminées à travers la ville. Flamme après flamme et malgré toutes les mesure répressives qui ne servent à rien.

À bas l’État !

Direkte-Aktionszelle
[Cellule d’action directe]

 

Notes [des auteur.es] :
1. https://www.diesachsen.de/politik/polizeigesetz-sachsen-was-polizei-jetzt-bei-whatsapp-ki-kameras-und-drohnen-dar-3152093
2. https://www.mdr.de/nachrichten/sachsen/leipzig/leipzig-leipzig-land/elektroauto-sib-,brand-anschlag-polizei-100.html
3. https://tension.noblogs.org/files/2021/11/FINALTARGETS-1-booklet.pdf [voir ici aussi ; NdAtt.]

 

Notes d’Attaque :
* la Christlich Demokratische Union, Union chrétienne-démocrate, et la Sozialdemokratische Partei Deutschlands, Parti social-démocrate d’Allemagne, les deux principaux partis allemands, forment la coalition qui soutient le gouvernement du Land de Saxe (ainsi que le gouvernement fédéral du chancelier Friedrich Merz). Le Bündnis Sahra Wagenknecht, Alliance Sarah Wagenknecht, du nom de sa leader, est un petit parti populiste.
** L’installation, dans les appareils des personnes faisant l’objet de surveillance policière, de spywares qui enregistrent les messages « en clair », avant que l’utilisateur.trice ne les crypte ou après qu’elle/il les ait décryptés.
*** Comme Lina, récemment incarcérée pour avoir refusé de témoigner dans le deuxième procès de cette affaire, où d’autres camarades sont jugés.

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Mattie (Italie) : Une caméra découverte devant une maison https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/17/mattie-italie-une-camera-decouverte-devant-une-maison/ Fri, 17 Jul 2026 16:18:06 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63411 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / vendredi 17 juillet 2026

Pendant la journée du 30 juin, deux personnes, habillées en ouvriers de l’ENEL [l’EDF-ENEDIS italienne ; NdAtt.], avec les leurs véhicules, une nacelle et une voiture de service, ont été vues pendant qu’elles installaient, à environ neuf mètres d’altitude, un boîtier électrique, sur un poteau électrique, devant une maison, à Mattie, dans la Val de Suse, l’un des lieux où ont eu lieu les arrestations du 16 juin contre sept personnes anarchistes, à travers toute l’Italie, en relation avec des attaques contre l’infrastructure ferroviaire à haute vitesse, à l’occasion de la bouffetance économique olympique.

À l’intérieur du boîtier, relié directement au réseau par le biais d’un simple câble à la gaine blanche, on a retrouvé une caméra, un transformateur AC-DC, un dispositif de contrôle à distance et une carte SIM.

On sait bien qu’au commissariat central, ils souffrent de la chaleur de Turin [le chef-lieu de ce département ; NdAtt.] ; le fait qu’ils profitent de chaque occasion pour une virée en montagne est compréhensible ; qu’il veuillent épier des gens et leur ruiner la vie, seulement parce qu’ils en ont le pouvoir, reste toujours inacceptable, de la part de celles/ceux qui aspirent à un monde diffèrent.

Tout en sachant qu’elle ne sera pas la dernière caméra qu’ils installeront, mais pas non plus la dernière qui tombera du poteau, nous continuons à revendiquer une vie de lutte contre un monde qui ne sait faire rien d’autre que contrôler, réprimer et exterminer toute différence par rapport au système capitaliste.

Solidarité avec Bibi, Micol, Giu, Luna, Nico, Pietro, Arnau, Stefano et Toni!

MILLES MANIÈRES, UN SEUL HORIZON : LIBERTÉ !

Cassa AntiRepressione delle Alpi Occidentali

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Vienne (Autriche) : Une caméra cachée découverte https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/17/vienne-autriche-une-camera-cachee-decouverte/ Fri, 17 Jul 2026 16:15:03 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63401 Continuer la lecture ]]> Emrawi / mercredi 15 juillet 2026

Le dimanche 12 juillet 2026, nous avons pu démasquer une caméra cachée des service de renseignement/des flics.

La caméra était cachée dans une voiture banalisée, garée devant l’entrée d’un événement public du collectif « Wien nimmt Platz »*.

Cette attaque contre une manifestation antifasciste montre une fois de plus de quel côté se trouvent les flics.

Les services de renseignements s’intéressent à nous. Soyez préparé.es pour des telles attaques de la part de l’État, élaborez des stratégies pour y faire face, nettoyez vos maisons. La répression peut frapper n’importe qui.

Note d’Attaque : il s’agissait d’une conférence, dans le cadre d’une large mobilisation, appelée Wien nimmt Platz (Vienne prend de la place), contre la manifestation des « Identitaires » néonazis, prévue dans la capitale autrichienne pour le 25 juillet.

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Rome (Italie) : Un micro caché découvert au NED https://attaque.noblogs.org/post/2026/07/12/rome-italie-un-micro-cache-decouvert-au-ned/ Sun, 12 Jul 2026 16:21:49 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=63321 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / samedi 11 juillet 2026

Le mercredi 1er juillet, lors de la journée collective de nettoyage d’été, nous avons trouvé un micro caché à l’intérieur du NED, à Rome.

Le dispositif était branché directement à un câble de l’installation électrique du lieu et caché dans un trou dans le faux plafond.

Le mouchard pouvait être activé par le bruit ambiant ou à distance, par SMS, grâce à un chip SIERRA WIRELESS WP7502 (aujourd’hui SEMTECH), qui permettait d’envoyer le son volé via les réseaux 2G, 3G et 4G (en utilisant une carte SIM de l’opérateur TIM). En plus du corps principal, le dispositif était composé de deux antennes, d’un transformateur électrique et d’un microphone.

Selon les information aujourd’hui en notre possession, le mouchard a été actif depuis le 28 février dernier.

Quelques compagnonnes et compagnons qui se rencontrent au NED

 

Voici des images du dispositif et de son emplacement :

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Nouvelle-Aquitaine : Les destructeurs des forêts en lien direct avec les flics https://attaque.noblogs.org/post/2026/05/05/nouvelle-aquitaine-les-destructeurs-des-forets-en-lien-direct-avec-les-flics/ Tue, 05 May 2026 16:40:02 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62777 Continuer la lecture ]]> France Info / lundi 4 mai 2026

Lors de coupes rases ou d’éclaircies, les entreprises d’exploitation forestière sont victimes d’incivilités ou d’agressions de militants hostiles. Un phénomène qui prend de l’ampleur ces dernières années. Du simple tag au sabotage, près de 200 incidents ont été dénombrés en Nouvelle-Aquitaine depuis 2020.

Au cœur de la forêt de Vicq-sur-Breuilh (Haute-Vienne), un engin arrache et découpe les résineux malades. Le chantier va durer quatre jours, alors pour surveiller la machine quand la nuit tombe, Éric Paillot, gérant de Mecafor, prend des précautions. « Il y a trois caméras de surveillance qui sont installées sur la machine, qui surveillent les alentours sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Et elles sont connectées à un système de télésurveillance« , indique-t-il.

Afin d’équiper ses quarante véhicules, Éric Paillot a déboursé 400 000 euros. Un investissement qu’il ne regrette pas. « On a pu faire intervenir les forces de l’ordre. Ça nous a permis d’entamer des procédures contre des personnes qui avaient commis des sabotages, et ces personnes ont été condamnées« , affirme le gérant.

Ces actes de malveillance à l’encontre des entreprises forestières prennent parfois une ampleur dramatique pour leur activité. Il y a 8 ans, un incendie volontaire avait détruit en grande partie une entreprise, à Ussel.

« On est confronté à des tags, des insultes, souvent aussi des interventions sur les chantiers où les gens travaillent et c’est extrêmement dangereux. Il y a des gens qui rentrent, qui sont cagoulés. Les professionnels souvent ils hésitent à porter plainte parce qu’ils y perdent facilement une journée de travail. Et aussi ils ne veulent pas dire qu’ils ont déposé plainte parce qu’après ils ont des représailles« , décrit Michel Sarr, référent Fibois en Limousin.

Face à la recrudescence d’actes de vandalisme et d’incivilités en forêt, la filière bois en Nouvelle-Aquitaine (Fibois) a mis en place en 2021 un outil de saisie en ligne de ces événements. Depuis, 195 dégradations ont été déclarées dans les 12 départements de la région.

Afin d’endiguer le fléau, un partenariat vient d’être conclu en préfecture. Grâce à une adresse mail dédiée, la filière communiquera directement avec les gendarmes. « Connaître l’emplacement précis de tous les chantiers, ça va nous permettre d’orienter les patrouilles de gendarmerie, les différentes brigades compétentes sur le territoire, qui pourront venir s’assurer que tout se passe bien. Et à partir du moment où on va être mieux informés via cette adresse dédiée, on pourra aussi mieux agir sur le plan judiciaire« , précise Julien Gossement, colonel à la Gendarmerie de Corrèze.

Souvent le fait de militants, les actes dénoncés visent principalement les coupes rases opérées par les forestiers. 77% des incidents dénombrés dans la région ont lieu en Corrèze et en Dordogne.

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Bandung (Indonésie) : Des nouvelles du procès des prisonniers anarchistes https://attaque.noblogs.org/post/2026/04/20/bandung-indonesie-des-nouvelles-du-proces-des-prisonniers-anarchistes/ Mon, 20 Apr 2026 16:41:45 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62638 Continuer la lecture ]]> Dark Nights / samedi 18 avril 2026

Le 16 avril, le tribunal de district de Bandung a rendu ses verdicts pour cinq de nos compagnons. Voici les détails :

– Albi : condamné à six mois de prison, pour les troubles qui ont eu lieu à Bandung en août-septembre 2026.
– Pem : condamné à neuf mois de prison, pour l’attaque incendiaire contre le poste de police de Gentong, dans la province de Java occidental.
– Herdi : condamné à neuf mois de prison, pour l’attaque incendiaire contre le poste de police de Gentong, dans la province de Java occidental.
– Nopal : condamné à un an de prison, pour l’attaque incendiaire contre le poste de police de Gentong, dans la province de Java occidental.
– Adit : condamné à un an de prison, pour l’attaque incendiaire contre le poste de police de Gentong, dans la province de Java occidental.

Par ailleurs, le premier procès de notre compagnon Dena, connu aussi comme Apip ou Scoobydoomz, a été reporté et est maintenant prévu pour le 24 avril 2026.

Ce procès marquera le début des poursuites contre les compas impliqué.es dans l’incendie de la banque Hana Bank, pendant les manifestations contre le projet de loi sur l’armée indonésienne, en mars 2025 [voir ici ; NdAtt.]. Adit, Nopal et Jalus pourraient faire face à d’autres procès, avec des nouvelles accusations.

Notes :
Adit et Nopal ont déjà fait face à deux procès avec des chefs d’accusation différents et la somme des peines auxquelles ils sont actuellement condamnés est de trois ans de prison, sans compter les verdicts à venir pour l’incendie de l’agence Hana Bank à Bandung.

Gregorius Hugo, connu aussi comme Bake ou Bex (un informateur), a reçu une peine de seulement sept mois et quinze jours – une peine qui peut être virtuellement considérée comme une libération, à cause du temps déjà passé en garde à vue et en détention préventive. Cette peine légère, malgré son implication importante dans l’affaire de Gentong, confirme son rôle d’informateur/de foutu mouchard, ainsi que sa coopération avec les autorités ! Nous conseillons aux réseaux internationaux de rompre tout lien avec lui.

Pour l’anarchie et l’internationale noire !

Going Underground

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Haute-Vienne : Soutien aux personnes inculpées pour le sabotage de mâts de mesure éoliens https://attaque.noblogs.org/post/2026/04/01/haute-vienne-soutien-aux-personnes-inculpees-pour-le-sabotage-de-mats-de-mesure-eoliens/ Wed, 01 Apr 2026 16:47:23 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62482 Continuer la lecture ]]> La Bogue / mercredi 1er avril 2026

Destruction de mâts de mesure éoliens en Haute-Vienne

Le 18 janvier 2023, quatre personnes sont arrêtées et accusées de destruction de plusieurs mâts de mesure du vent implantés en Haute-Vienne sur des sites prévus pour l’installation d’éoliennes industrielles.
Depuis cette date, les personnes sont toujours sous contrôle judiciaire et attendent une date de procès.

Nous sommes un collectif qui dénonçons les nuisances sans bornes des installations des éoliennes industrielles. Nous avons les yeux ouverts – et refusons de les fermer – sur le cauchemar technologique qui se propage dans le monde entier. Sur l’avènement du pouvoir des machines et l’omniprésence des objets connectées sur nos vies avec la promesse illusoire d’une amélioration de notre quotidien. Nous voyons les humain·es se faire berner par l’attrait de la fée électricité qui alimente nos chaînes. Ces machines qui nous retirent petit à petit nos facultés, notre autonomie, ces intrusions et contrôles de nos vies.

Des profits du vent

Les entreprises capitalistes n’existent que pour retirer du profit de tout. Avec la complicité et l’aide financière de l’État, elles investissent dans l’éolien car c’est une manne financière. Ni plus ni moins. Y compris quand il n’y a pas de vent pour les alimenter.
On veut faire croire au public-connecté, aux bonnes citoyen·nes qu’avec les aérogénérateurs industriels nous allons vers une transition énergétique. Il n’a jamais été dans l’intention de nos gouvernants de démanteler les centrales nucléaires. Il s’agit d’une addition énergétique. Ce qui semble durable dans tout cela n’est autre que la folie de la civilisation occidentale qui impose son modèle de développement coûte que coûte, son modèle de destruction de la vie et de notre pouvoir autodétermination.

Ici comme ailleurs, nous condamnons la déforestation, la pollution sous toutes ses formes, chimique, électromagnétique, sonore et visuelle, la perturbation des vols d’oiseaux et tant d’autres conséquences néfastes de l’implantation de ces aérogénérateurs industriels liées à l’installation d’éoliennes industrielles qui nécessite d’extraire des métaux. Pour nous, tout extractivisme est colonial, qu’il soit perpétué en France ou dans d’autres pays, car il est fait sans l’accord des populations locales. Cette industrie participe à l’exploitation des populations comme en Mongolie et en Amérique du Sud en les faisant travailler dans les mines pour extraire les ressources nécessaires à la production d’énergies dites renouvelables. Les énergies estampillées « vertes » ne sont toujours qu’une industrie néo-coloniale au service des entreprises qui en tirent profit.

Ce système mortifère augmente jour après jour le fossé entre les populations rurales (directement impactées par les implantations des éoliennes industrielles ou par l’extractivisme nécessaire à leur construction) et les populations urbaines qui « bénéficient » des objets hyper connectés. C’est ainsi que les modes de vie autonomes disparaissent au profit des mode de vie dépendants de l’énergie électrique et que s’étendent les mégapoles tentaculaires.

Les vraies victimes ne sont pas celles que la « justice » désigne.
Les vraies victimes sont celles de ces prédateurs que rien n’arrêtent.

Les prédateurs promoteurs :

SAS WPD ONSHORE FRANCE,
ENGIE GREEN S.A.(abandon du projet)
RPGLOBAL FRANCE

Le montant des dommages :

(même si, d’après leurs déclarations, ils n’ont pas la ferme intention de reconstruire ces mâts) est estimé par eux à 350 000 €.

Les chefs d’inculpations en résumé :

« Destruction de biens d’autrui », participation à « association de malfaiteurs en vue de préparation d’un délit puni d’au moins 5 ans d’emprisonnement, commis en réunion par une ou plusieurs personnes dissimulant volontairement leur visage afin de ne pas être identifiées » ; pour l’une d’entre-elles « refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques ».

Punition avant jugement :

Le contrôle judiciaire qui leur est imposé depuis maintenant plus de 3 ans :
Interdiction de sortir de la région ;
Pointage régulier à la gendarmerie ;
Interdiction de rentrer en contact avec les autres inculpées ;
Une caution pour rester en liberté : de 100 000 € pour l’une des inculpée. Les 3 autres inculpé·es se « partagent » 20 000 €

Tout ceci avant jugement !

Les outils répressifs judiciaires :

L’argent (caution)
Le prix de la liberté. Le deal est : si tu veux rester en liberté, paye 100 000 €.

Le contrôle judiciaire
Imposer des contrôles judiciaires qui limitent les déplacements, constituent une peine immédiate et à la durée non limitée. L’interdiction d’entrer en contact entre les inculpé·es limite d’autant plus la défense collective face à la justice.

Discrimination entre les inculpé·es
Avec l’inégalité des demandes de caution, qui est là aussi pour diviser.

La prison préventive
Une grande partie des détenues en France sont en préventive/en attente de jugement ; à l’heure où l’État construit en ce moment de nouvelles prisons.

Soutien

Si la destruction de quelques mâts de mesure est au regard de la loi un délit, c’est pour nous un acte de résistance commis sans violence sur des êtres vivants, c’est un acte symbolique qui ne fait qu’entamer l’assurance sans borne, la volonté de conquête de ces prédateurs cupides. Dans un contexte de guerre sociale, ces actes nous semblent de l’ordre de l’auto-défense.
Nous soutenons les personnes accusées de sabotages de mâts de mesure d’éoliennes, qu’elles soient coupables ou innocent·es, car ces actions sont un souffle de résistance contre l’absurdité de ce monde autoritaire et le capitalisme vert.

Les personnes accusées attendent toujours une date de procès.
Elles restent sous contrôle judiciaire.

Solidarité aux courageuses !

Pour être informée et proposer des actions de soutien, s’inscrire sur la liste à
sisme-request [at] lists.riseup.net
Pour connaître « toute » l’histoire, télécharger la brochure 48 pages.

Documents joints :
Brochure 4 pages à imprimer et diffuser (PDF – 191.5 ko)
Brochure 48 pages (PDF – 9.1 Mo)

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La Base de données d’infiltré·e·s traduite en français https://attaque.noblogs.org/post/2026/03/15/la-base-de-donnees-dinfiltre%c2%b7e%c2%b7s-traduite-en-francais/ Sun, 15 Mar 2026 17:36:13 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62339 Continuer la lecture ]]> No Trace Project / mardi 10 mars 2026

La Base de données d’infiltré·e·s, publiée par le No Trace Project, a été traduite en français. Elle recense actuellement 76 cas dans 13 pays. Pour y accéder :

https://notrace.how/infiltrators/fr

La Base de données d’infiltré·e·s est une base de données recensant les cas d’infiltré·e·s à long terme qui ont ciblé des groupes engagés dans des activités subversives au 21ème siècle. Son but est d’aider les anarchistes et autres rebelles à comprendre comment les infiltré·e·s opèrent.

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Marseille : « À mort Vassal » https://attaque.noblogs.org/post/2026/02/27/marseille-a-mort-vassal/ Fri, 27 Feb 2026 17:27:59 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=62149 Continuer la lecture ]]> extraits d’Actu Marseille / mardi 24 février 2026

[…] Dans la nuit de lundi à ce mardi 24 février 2026, les mots « À mort Vassal » ont été tagués sur les locaux de la candidate de la droite et du centre [Martine Vassal, LR, présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence et du Département des Bouches-du-Rhône ; NdAtt.] pour les élections municipales à Marseille, a-t-elle dénoncé.

L’élue, qui avait provoqué un tollé en reprenant comme ses valeurs « le mérite, le travail, la famille, la patrie », dont le dernier triptyque pétainiste, se dit victime de « l’ultra-gauche ». […]

Et selon le Figaro, même date : « Des tags traitant Martine Vassal de «facho» et de «corrompue» ont été inscrits à plusieurs reprises »

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Un jeune interpellé à cause des caméras de la ville

La Provence / vendredi 26 février 2026

Un peu plus de 24h après la découverte d’une inscription menaçant la candidate aux municipales (divers droite) Martine Vassal sur la façade de sa permanence de campagne, cours Pierre-Puget, dans le 6e arrondissement de Marseille, un suspect a été identifié et placé en garde à vue, ce soir du mercredi 25 février 2026.
Détail notable, dans le contexte très tendu de la campagne, ce sont des agents de la police municipale qui ont permis de retrouver la trace de ce jeune homme d’une vingtaine d’années, soupçonné d’avoir tagué  « À mort Vassal » à la bombe de peinture dans la nuit de lundi à mardi sur la devanture de la permanence.
C’est en effet une fonctionnaire de la brigade « environnement » de la ville qui a remonté la piste du suspect. D’ordinaire spécialisée dans la traque des dépôts sauvages, cette agente, réputée pour sa connaissance du réseau de vidéosurveillance, a passé plus de douze heures à recouper les images captées par les caméras, d’abord celles situées aux abords de la permanence, pour identifier un scooter et retracer son cheminement de rue en rue.
Car c’est finalement dans le quartier de Saint-Marcel, dans le 11e arrondissement de Marseille, que le deux-roues est réapparu. Des policiers municipaux ont alors été dépêchés sur place, avenue de la Rouguière, afin de ne pas perdre la trace de l’engin, en stationnement, jusqu’au retour de son propriétaire. Ce dernier, un jeune homme d’environ 22 ans, a été interpellé à sa sortie du travail, en début de soirée, par un équipage de la Bac Sud.
Placé en garde à vue, il aurait reconnu avoir agi de sa propre initiative. Au moins une bombe de peinture noire a par ailleurs été retrouvée sous la selle de son scooter.

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Mise à jour du 28 février : condamné à quatre mois

extraits du Figaro de samedi 28 février 2026

[…] Le tagueur suspecté d’avoir vandalisé la permanence de campagne de
Martine Vassal (DVD) a été condamné à quatre mois de prison assortis de
18 mois de sursis probatoire, a appris Le Figaro. […] a
reconnu avoir dégradé la façade du bâtiment dans la nuit de lundi à
mardi. Il a également écopé de 140 heures de travaux d’intérêt général
et d’une confiscation de son scooter, utilisé pour se rendre devant la
permanence, précise le parquet de Marseille.

Interpellé près de 48 heures après les faits grâce à la vidéosurveillance
municipale, il avait été placé en garde à vue avant de faire l’objet d’une
comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) ce
vendredi matin. Selon nos confrères de La Provence, le jeune homme a
expliqué auprès des enquêteurs avoir agi «spontanément» alors qu’il
circulait au guidon de son deux-roues devant la permanence de l’élue. […]

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Ukraine : Big Brother en zone de guerre https://attaque.noblogs.org/post/2026/01/28/ukraine-big-brother-en-zone-de-guerre/ Wed, 28 Jan 2026 17:16:08 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61974 Continuer la lecture ]]> Freedom / dimanche 25 janvier 2026

Alors que les premières balles sifflent et que des obus explosent, nous commençons à apprendre les noms des machines de guerre et des entreprises qui les fabriquent. Nous apprenons quelles armes sont les plus létales et causent le plus de préjudice.

Cependant, lors de ce processus d’apprentissage, souvent l’autre aspect de la guerre nous échappe. Les entreprises plus petites, qui travaillent dans le domaine de l’information, sont négligées. Des logiciels de traitement de vos données personnelles jusqu’à l’IA qui aide dans les bombardements, les technologies invasives ont du mal à passer, aux yeux de la société civile, en temps de paix. Cependant, quand la violence éclate et nous regardons tou.tes le ciel, en espérant qu’il n’y aura plus de frappes de drones dans notre quartier, nous sommes content.es qu’il y ait ces yeux qui regardent dans toutes les directions, essayant de trouver l’ennemi.

Les conflits en Ukraine et à Gaza ont été parmi les plus avancés technologiquement sur cette planète. Mais, en dehors du cadre traditionnel de la guerre – où les chars d’assaut et les armes à feu tuent et détruisent – ces guerres technologiques poussent la surveillance vers de nouveaux sommets.

Quatre mois après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, le PDG de Palantir Technologies, Alex Karp, a visité en personne le pays, pour offrir ses services au gouvernement Zelensky. Gratuitement.

La plupart des militant.es qui s’intéressent au secteur de la surveillance connaissent bien Palantir, un géant de l’exploration de données, dont rêvent les forces de l’ordre de nombreux pays*. En Ukraine, cette entreprise a trouvé une zone sans réglementations, où elle peut tester son logiciel sur les données en temps réel de millions de personnes. Selon le magazine Time, « le logiciel de Palantir utilise l’IA pour analyser des images satellites, des données open-source, des images prises par des drones et des rapports de terrain, pour présenter aux commandants des options militaires. Il est responsable de la plupart des ciblages en Ukraine ».

Et non seulement des ciblages. Time a aussi constaté que Palantir travaille avec une demi-douzaine de ministères du pays, y compris le ministère des Finances et celui de l’Éducation.

L’entreprise Palantir ne produit pas elle-même les données. Elle ne gère pas les satellites de surveillance ou les caméras de vidéosurveillance dans la rue – ils sont gérées par différentes entreprises. Palantir accumule et traite des données, aidant les humains dans la prise de décision. Dans un pays comme l’Ukraine, Palantir peut opérer avec très peu de contraintes. Pendant que la société ukrainienne lutte contre l’invasion russe, tout aide est acceptée, de partout. Le PDG de Palantir le comprend, comme la plupart du complexe militaro-industriel occidental.

Un autre rôle dans le traitement des données pour la guerre a été donné à la controversée Clearview AI, une entreprise américaine de technologie de reconnaissance faciale (FRT). Officiellement, son logiciel est utilisé pour identifier les cadavres des combattant.es et d’éventuels espions qui entrent en Ukraine. Les forces de police l’utilisent aussi pour identifier des criminels de guerre et les responsables d’enlèvements d’enfants ukrainiens – un champ d’opérations très large.

Un laboratoire de sécurité numérique ukrainien a commenté l’utilisation des logiciels de Clearview AI dans le pays : « Initialement développée à des fins d’application de la loi, la technologie de Clearview compare des images avec la base de données d’images publiques, extraites de sites web, y compris les plateformes de médias sociaux. Il convient de noter que, malgré le fait qu’elle n’a pas une législation unifiée sur l’utilisation de ces données, l’Ukraine continue à recourir à des mesures numériques, sans cadre juridique ni garanties… l’utilisation arbitraire des FRT par les autorités peut avoir une influence négative sur la vie privée des citoyen.nes, en continuant à être appliquée même quant l’urgence aura cessé d’exister ».

Alors que Clearview AI fait face à des défis juridiques aux États-Unis et dans l’UE, l’Ukraine offre, pour son travail, un espace sans aucun défi sérieux. D’après des conversations personnelles, seulement certains cercles de militant.es anti-autoritaires ukrainien.nes étaient au courant de l’existence de systèmes de reconnaissance faciale dans leurs villes. Cela est dû principalement au fait que les groupes qui habituellement lutteraient contre un État de surveillance sont actuellement occupés à résister à l’invasion russe, alors que la répression de l’État est encore très faible par rapport au reste de cette région.

Palantir et Clearview AI sont toutes deux des entreprises construites à partir du mouvement pro-technologie d’extrême droite, mobilisé par le milliardaire fasciste Peter Thiel. Il est difficile d’imaginer que le rôle de ces entreprises, ainsi que celui de nombreuses autres plus petites, qui essayent d’imposer un contrôle gouvernemental fort, puisse disparaître en cas de cessez-le-feu ou d’accord de paix. L’infrastructure est en place et les forces de sécurité de l’État ont vu son efficacité.

Il est plus probable que les alliés de Thiel continuent à aider certaines branches du gouvernement. Dans un pays avec un mouvement d’extrême droite qui grandit, cela peut poser une menace sérieuse non seulement pour les anarchistes, mais aussi pour les personnes appartenant à la gauche modérée et pour les libéraux.

Bien que nous sachions peu sur les processus de surveillance en Russie, même avant l’invasion le régime de Poutine a essayé de créer un réseau pour contrôler toute activité d’opposition. Il a été utilisé en 2022, pour arrêter ou contraindre à l’exil de nombreux.ses opposant.es politiques. Ces derniers temps, le contrôle, en particulier dans les territoires occupés, a atteint un nouveau niveau, alimenté par la peur des saboteur.euses.

Avec la crise écologique globale qui ne fait que s’aggraver et la possibilité d’une guerre à grande échelle en Europe, devant nous se trouve un avenir très sombre, fait d’expansion rapide de la surveillance et de traitement automatisé des données. Des algorithmes prendront des décisions sur la répression à l’encontre de certaines parties de la société. Ce sera certainement un avenir plein de défis, mais nous devons lutter pour arrêter le fascisme aujourd’hui, car demain il sera trop tard.

Nikita Ivansky

Cet article est paru initialement dans le numéro d’hiver 2025/2026 de Freedom Journal.
Image : Alex Ustinov CC-BY-NC

 

* Note d’Attaque : par exemple, Palantir Technologies a développé pour l’ICE, la police anti-migrant.es américaine, le logiciel ELITE (Enhanced Leads Identification and Targeting for Enforcement – Piste opérationnelle améliorée pour l’identification et le ciblage dans le but de l’application de la loi). Il s’agit grosso modo d’une carte interactive, avec des informations sur les personnes probablement sans-papiers qui se trouvent potentiellement dans un secteur donné à un moment donné. Les algorithmes derrière le logiciel tirent ces statistiques du traitement des données du système sanitaire et des services sociaux, ainsi que de la géolocalisation des portables des gens et des informations issues des systèmes de lecture automatisées de plaques d’immatriculation des voitures.

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Brême (Allemagne) : Une visite chez le directeur des Renseignements https://attaque.noblogs.org/post/2026/01/26/breme-allemagne-une-visite-chez-le-directeur-des-renseignements/ Mon, 26 Jan 2026 17:48:07 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61962 Continuer la lecture ]]> Tumulte / samedi 24 janvier 2026

La nuit dernière, nous avons rendu visite à Thorge Köhler, à son adresse privée : 28 Moselstraße, 28199 Brême.

Nous avons barbouillé la maison avec de la peinture et nous avons démoli les vitres et les pneus de sa voiture – une VW Golf, immatriculée HB EL 477.

Il y a peu, l’Interventionistische Linke de Brême a démasqué un indicateur dans ses rangs*. Pendant plus de huit ans, Dîlan S. a informé le service de renseignement** de tout ce qui se passait, au niveau politique et privé, dans son groupe. En plus de l’IL, il espionnait aussi d’autres groupes dans lesquels il était actif. Pour de l’argent, il a trahi tou.tes celles/ceux qui lui étaient proches et maintenant il doit se cacher de ses ancien.nes potes. Nous éprouvons surtout du mépris pour ce rat. Notre haine va aux services de de renseignement.

Dans sa déclaration, l’IL souligne l’illégalité du recours à Dîlan et cite plusieurs lois qui ont été enfreintes. Cela ne nous intéresse pas. Nous voulons abolir les services de renseignement, qu’ils respectent ou non leurs propres règles. Au plus tard depuis l’affaire NSU***, il doit être clair pour tout le monde que les services de renseignement sont en soi le problème. Ils ne protègent ni les valeurs démocratiques ni les personnes. Ils protègent les rapports capitalistes. C’est pourquoi ils espionnent les structures antifascistes, communistes et anarchistes et surveillent les gens jusque dans les recoins les plus intimes de leur vie. Köhler travaille depuis 2018 au service de renseignement de Brême et dirige ce service depuis 2023. Il porte la responsabilité des actuelles activités d’espionnage.
Köhler, tu n’es pas le seul à avoir beaucoup d’informations. Ne te sens jamais en sécurité.

Entreprise de déménagement Landlust

Notes d’Atatque :
* une organisation gauchiste, prônant des larges alliances dans la société civile. Pour l’indic démasqué, voir (en allemand) ici
** Le Verfassungschutz (littéralement, la « défense de la constitution ») est l’équivalent de la DGSI française, mais organisé de manière fédérale, chaque Land (comme la ville-État de Brême) ayant son service autonome (LfV). L’Office fédéral (BfV) coordonne le tout ou intervient de son propre chef.
*** Nationalsozialistischer Untergrund, un groupe terroriste néonazi, qui a tué dix personnes, surtout des immigré.es, dans les années 2010. Ses trois membres ont très probablement bénéficié de la couverture des services de renseignement allemands.

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Milan (Italie) : Un logiciel espion retrouvé dans le téléphone d’un.e compa https://attaque.noblogs.org/post/2026/01/14/milan-italie-un-logiciel-espion-retrouve-dans-le-telephone-dun-e-compa/ Wed, 14 Jan 2026 17:34:23 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61844 Continuer la lecture ]]> Brughiere / lundi 12 janvier 2026

Pendant les vacances de Noël, on le sait, on récupère un peu des lectures laissées de côté. Parmi celles-ci, heureusement, nous sommes tombé.es sur https://arachidi.noblogs.org/ qui, dans le texte Occhi indiscreti [Yeux indiscrets] parle des nouveaux instruments de contrôle utilisés par la police de notre pays.

En particulier, l’épisode de l’installation d’un logiciel espion dans un portable, dans le cadre de l’opération Sismi, a fait un déclic à quelqu’un.e.

Plus précisent, il s’agit d’une attaque de phishing, qui, normalement, a lieu par le biais de l’installation d’une application via un lien : à la suite de l’interruption de la connexion internet et téléphonique, l’utilisateur appelle le service assistance et cet appel et transféré à un service technique, qui s’occupe d’installer le logiciel espion, en envoyant à la personne en question un lien pour installer une application.

Voilà. En mai de l’année dernière, quelque chose de semblable est arrivé à l’un.e de nos compas, qui, après s’être aperçu.e d’un blocage de la connexion internet de son téléphone, a été contacté.e par un « service d’assistance », afin de rétablir la connexion internet.

Ce service assistance, prétendument celui de Fastweb [opérateur internet et téléphonique italien ; NdAtt.], a fait installer une application, en envoyant par SMS un lien qui ouvrait une page internet, au lieu du Playstore. Dans un premier temps, tout semblait ok, internet est revenu, en laissant penser que le service clients de Fastweb avait effectivement contacté la personne et résolu le problème.
Et voilà qu’on arrive en janvier, quand, comme on l’a dit, la personne concernée a eu des soupçons. En faisant une vérification collective, on a trouvé des incongruences remarquables dans cette histoire :
– ce jour-là il n’y a pas eu de pannes du réseau internet (contrairement à ce que disait l’opérateur au téléphone) ;
– les numéros qui ont appelé le/la compa ne sont pas attribués à l’assistance de Fastweb ;
– quand on ouvre l’application, sur le téléphone, elle ne semble avoir aucune fonction : elle montre seulement le logo de Fastweb et la version ;
– en cherchant sur le Playstore, on n’a trouvé aucune application semblable.

Toutes ces choses ensemble nous ont mis.es en alerte et, en analysant de manière plus approfondie le téléphone et cette application, nous avons eu la certitude que, en ce jour de mai, notre compa a été amené.e à installer un logiciel espion qui, selon les premières analyses, semble être en mesure de :
– avoir accès à la position en temps réel, via le GPS (même si celui-ci avait été désactivé) ;
– avoir accès à la liste des appels ;
– avoir accès à la liste des contacts ;
– enregistrer des audios, ce qui transforme le téléphone en un microphone qui capte tout ce qui l’entoure ;
– relier un dispositif à Whatsapp, en contournant l’authentification à deux facteurs ;
– contrôler si le téléphone est allumé ou éteint et quand il est verrouillé ou déverrouillé ;
– faire des prises d’écran.

Nous n’allons pas nous attarder ici sur des aspects techniques, que, peut-être, nous ne comprenons même pas trop bien. Ce qui nous semble important est de partager cette information, et pour prévenir d’autres compas des modalité d’utilisation de ces dispositifs et parce que, peut-être, cela fera un déclic à quelqu’un.e d’autre, comme il a été le cas pour nous.

Aux espions, larbins de l’État, qu’ils soient des experts en paperasse ou en programmation informatique, nous renouvelons notre haine et notre dégoût les plus sincères, aussi pour cette nouvelle année 2026.

Plus d’informations sur l’utilisation d’un logiciel espion ici.

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Indonésie : Des nouvelles https://attaque.noblogs.org/post/2025/12/02/indonesie-des-nouvelles/ Tue, 02 Dec 2025 17:29:47 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61514 Continuer la lecture ]]> Dark Nights / samedi 29 novembre 2025

Des nouvelles d’Indonésie, au 29 novembre 2025

Les conditions en détention préventive :

– Depuis le tout début, cette affaire n’a pas été traitée seulement par la police normale et l’unité de cybercriminalité, mais aussi par l’unité Densus 88 (l’équipe spéciale anti-terrorisme/anti-makar – « makar » est un terme indonésien pour « incitation à une action ou planification en vue de renverser le gouvernement »).

– La plupart des anarchistes arrêté.es ont déjà commencé à passer en jugement et ont été transféré.es à la prison de Kebon Waru.

– Eat (Reyhard Rumbayan) n’a toujours pas d’informations sur la date de son procès. C’est le seul qui a été interrogé par l’unité Densus 88 – ils le considèrent comme le « cerveau » derrière tout ce qui concerne les anarchistes.

– En gros, il y a trois types d’accusations qui sont portées contre les détenu.es : 1. les cerveaux dans les coulisses, 2. les instigateur.trices, 3. ceux/celles qui ont été instigué.es. Bien entendu, c’est parce que l’État ne peut pas concevoir l’idée que des actions spontanées puissent se produire sans aucun leader – ce concept n’existe tout simplement pas dans la logique de l’État.

– Les détenus anarchistes n’ont pas accès à des avocat.es. Certain.es d’entre elles/eux ont été placé.es directement à l’isolement pour un mois ou même plus. Selon la loi indonésienne, un.e avocat.e doit être nommé.e par les membres de la famille. Le problème est que bon nombre de ces anarchistes n’ont pas une famille disposée à les aider. Quelques un.es qui ont enfin obtenu le soutien de leurs familles commencent maintenant à travailler avec des avocat.es. On est déjà en train de prévoir des avocat.es pour ceux/celles qui ne sont pas encore passé.es en jugement.

– Les conditions de santé de plusieurs détenu.es se détériorent. Deux personnes ont été salement torturées physiquement, une a été torturée psychologiquement, au point de souffrir d’une dépression sévère, si grave qu’il peut à peine parler, une est dans un état critique et a été emmenée dans un hôpital militaire et la santé d’Eat se détériore parce qu’ils ne lui permettent pas de recevoir les médicaments dont il a besoin de manière régulière pour sa situation sanitaire.

– Jusqu’à présent, l’argent initialement donné a été utilisé principalement pour couvrir les frais médicaux.

– Dernières nouvelles : douze anarchistes ont été arrêté.es à Bali et transféré.es au centre de détention de la police de Java occidental.

La situation générale en Indonésie :

– L’unité Densus 88 a commencé à infiltrer les cercles anarchistes, y compris des milieux considérés comme proches des anarchistes, comme le milieu punk.

– Ces infiltrés utilisent des images et des symboles que les anarchistes (surtout les insurrectionalistes) utilisent habituellement, du coup d’autres pensent qu’ils sont des vrais. Ils poussent activement pour des émeutes comme celles qui ont eu lieu en août dernier, dans l’espoir de ramasser les jeunes anarchistes qui y participent.

– Une mauvaise nouvelle : au fait, certains de ces infiltrés ont réussi dans leur tâche.

– Cela va se transformer en une chasse aux sorcières massive, dans toute l’Indonésie, contre les anarchistes.

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Italie : Ça pourrait être mauvais ! https://attaque.noblogs.org/post/2025/11/16/italie-ca-pourrait-etre-mauvais/ Sun, 16 Nov 2025 17:32:37 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=61391 Continuer la lecture ]]> Brughiere / mercredi 12 novembre 2025

Ces derniers temps, on a vu augmenter l’utilisation de logiciels espions contre des politiciens, des entreprises, des avocats et des activistes. Nous avons des raisons de croire que de tels dispositifs sont en train de se répandre aussi lors d’enquêtes menées contre des individus associés à des secteurs précis du mouvement. Probablement, il est de plus en plus facile pour les parquets de faire appel à des start-up, afin se doter de logiciels, pas forcement sophistiqués et coûteux comme les bien connus Pegasus, Predator, Graphite ou Triangulation (qui utilisent des code d’exploitation de type zero-day, avec fonctionnalité zero-click), mais qui font quand même leur travail de merde de collecte d’informations sur l’activité de quelque malheureux, sans son consentement.

Récemment, des compagnons ont subi une intrusion dans leurs dispositifs mobiles. Avant tout, ils se sont, de manière soudaine et inexpliquée, retrouvés face à une absence de connexion internet et téléphonique. En même temps, tous les appels en sortie étaient redirigés vers le service client de l’opérateur téléphonique (ou celui-ci était contacté volontairement, pour avoir des explications). En tout cas, après l’appel avec l’opérateur de l’assistance, qui, ignare ou s’en fichant, signalait des probables problèmes de couverture, ils ont été immédiatement rappelés par le même numéro, mais avec, à l’autre bout, une personne différente, soi-disant un technicien de l’opérateur téléphonique. Celui-ci signalait, au contraire, un défaut de mise à jour de l’appareil téléphonique et dictait, avec gentillesse et précision, toutes les opérations à effectuer pour rétablir les fonctionnalités disparues, en faisant installer une application avec le nom et le logo de l’opérateur téléphonique associé à la ligne.

Nous citons les passages de l’installation, d’où on peut déduire le caractère intrusif de l’application installée :
– avant tout, on nous demande de désactiver, dans Playstore, l’analyse des applications de Play Protect, qui sert à protéger le téléphone face à des applications possiblement dangereuses et à garantir que les applications installées sont sûres et fiables.
– On reçoit un SMS avec le lien d’une page semblable à celle du site internet de l’opérateur téléphonique. Maintenant, on nous dit de cliquer sur un bouton graphiquement semblable à celui de Google Play, pour télécharger la « mise à jour ».
– En réalité, ce ficher est téléchargé en contournant le Playstore et ouvert malgré tous les avertissements de danger du téléphone, qu’on nous dit d’ignorer. Pour compléter l’installation, on nous fait modifier les paramètres du téléphone, pour permettre l’installation d’applications à partir de cette source.
– Dans les paramètres du téléphone, on donne à l’application l’accès au réseau mobile, ce qui lui permet d’utiliser la connexion aux données mobiles pour recevoir ou envoyer de informations.
– On donne l’accord à l’utilisation de l’application comme tâche de fond, de façon qu’elle puisse continuer à fonctionner même quand elle n’est pas active sur l’écran, qu’elle puisse marcher en arrière-plan, ainsi qu’à son activation automatique, de façon qu’elle puisse se lancer au moment du démarrage du téléphone, sans nécessiter une ouverture manuelle.
– On nous fait donner à cette application toutes les permissions : vraisemblablement, l’accès à la caméra, au micro, à la liste des contacts, au téléphone, aux SMS, au calendrier, à la position, à l’archive etc.
– Toujours dans les paramètres du téléphone, on nous fait désactiver le mode « économie d’énergie » pour cette application, de manière que son activité ne soit pas limitée dans le but d’économiser l’énergie.
– On nous fait redémarrer le téléphone et, au redémarrage, la petite icône verte du micro apparaît immédiatement, en haut à gauche, pour devenir ensuite un point vert et, enfin, disparaître.
– Pour finir en beauté, on a reçoit un SMS demandant « Es-tu satisfait de ma gestion ? ».

Vraisemblablement, avec ces opérations, toutes les données contenues dans le téléphone (fichiers, médias, contacts, messages, etc.) ont pu être envoyées à un serveur distant, par le biais de l’application (un logiciel espion) qu’on nous a fait installer par la ruse, en transformant ainsi le téléphone en vrai espion mobile, avec la possibilité d’activer le micro, la caméra, la géolocalisation, de faire des prises d’écran, etc.
Il n’est pas difficile d’imaginer l’origine de ces intrusions, en considérant l’identité des personnes frappées et les possibilités de ceux qui les ont attaquées. Nous vous invitons donc à faire attention à d’épisodes de ce type, même si tous les logiciels malveillants n’ont pas besoin d’être installés manuellement par le propriétaire du téléphone, comme cela a été le cas cette fois.

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Bélarus : Les partisan.es du renseignement https://attaque.noblogs.org/post/2025/10/22/belarus-les-partisan-es-du-renseignement/ Wed, 22 Oct 2025 16:09:38 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60869 Continuer la lecture ]]> Freedom / mardi 7 octobre 2025

En septembre 2025, les médias d’opposition du Bélarus ont estimé qu’un millier de civils – dont beaucoup inconnu.es des défenseur.euses des droits humains – ont été poursuivis pour avoir diffusé via Telegram des renseignements sur les mouvements des troupes russes, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en 2022.

Des préparatifs pour l’invasion ont été effectués au Bélarus, sous couvert d’un entraînement militaire. Quand les Biélorusses se sont retrouvé.es du côté du Kremlin de la guerre, il existait un mouvement de partisan.es qui sabotait le système ferroviaire, pour paralyser le transport des troupes, tandis qu’une grande partie de la société rejoignait la résistance silencieuse, en prenant des photos et des vidéos du personnel militaire russe dans des bases ou en transit. Elles/ils ont envoyé ces images et vidéos à différents canaux Telegram, pour fournir à la résistance ukrainienne des informations cruciales sur le mouvement de l’aviation ou les lancements de roquettes/drones, qui ciblaient souvent des infrastructures civiles.

L’un des plus grands projets de collecte d’informations issu de cela s’appelait Belarusian Hajun, un canal Telegram avec un bot, auquel les gens pouvaient envoyer des photos directement. En quelques semaines, le projet a eu un très grand succès, avec plus de 30 000 notes d’information envoyées au cours des 45 premiers jours de l’invasion.

Alors que le projet était un énorme succès du renseignement ouvert pour contrer la guerre russe, l’État biélorusse a commencé dès le début à traquer ceux/celles qui fournissaient de telles informations. Parmi elles/eux, il y avait l’antifasciste Anna Pyshnik, qui a été condamnée à trois ans de prison pour avoir envoyé sur Telegram des photos de matériel militaire. Elle a purgé toute sa peine et a été libérée en 2024, elle a dû quitter le Bélarus par crainte de nouvelles persécutions politiques.

« Quand la guerre a commencé, c’était difficile à comprendre », a dit Pyshnik après sa libération. « Juste le lendemain, j’ai entendu quelque chose comme une explosion ; même notre immeuble a tremblé. J’ai couru dehors et j’ai vu la traînée d’une roquette. J’ai décidé de la filmer. Tu restes simplement là et tu réalises à quel point la guerre est proche, tu réalises à quel point les autorités mentent quand elles disent que rien n’arrivera jamais à l’Ukraine depuis le territoire biélorusse. J’ai compris que les gens avaient besoin de savoir ce qui se passait. J’ai donc envoyé la vidéo que j’avais filmée à des médias indépendants. Deux jours plus tard, j’ai filmé des hélicoptères militaires au-dessus de la ville et j’ai également envoyé cela aux médias. »

Au début de 2025, la police secrète biélorusse a infiltré un important chat Telegram de Belarusian Hajun, en obtenant des informations sur des milliers de comptes travaillant pour le projet. Beaucoup de ces comptes appartenaient à des personnes qui se trouvaient à l’intérieur du pays. Depuis, une vague répressive massive a commencé, contre toute personne ayant participé au projet en envoyant des rapports. Au moins 54 personnes ont été poursuivies pour avoir aidé ce projet, sous le chef d’inculpation d’« aide à une organisation extrémiste ».

L’attaque contre le projet Belarusian Hajun a été rendue possible par un ancien lien, trouvé sur le téléphone de quelqu’un.e qui a été arrêté.e avant février 2025. Ce lien, créé en 2022, leur a permis de rejoindre une chat privée contenant des informations critiques. Ce n’est pas la première fois que le KGB arrive à accéder à des chat privées et à recueillir des informations qui provoquent d’autres poursuites encore.

Nikita Ivansky

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Pratiques de surveillance et de répression connues à Bure https://attaque.noblogs.org/post/2025/10/05/pratiques-de-surveillance-et-de-repression-connues-a-bure/ Sun, 05 Oct 2025 16:40:12 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60836 Continuer la lecture ]]> Bure bure bure / dimanche 5 octobre 2025

Texte essayant de recenser des pratiques de surveillance connues à Bure.

A lire en téléchargeant le pdf page par page.

A imprimer en recto-verso avec le pdf en format livret ici.

Sommaire :

I) Méthode de surveillance connue déjà utilisée à Bure
Mission d’observation et de surveillance
Contrôles policiers, fichage, réquisitions, arrêtés préfectoraux
Usage d’hélicoptères et de drones
Enquête auprès des magasins du coin ou des administrations
Réquisition aux opérateurs téléphoniques
Usage des caméras de surveillance
Mises sous écoute téléphonique
Ouverture des courriers postiers
Perquisitions
Imsi catcher
Usage de flics infiltrés
Proposition de devenir indic, informateurs
Balise GPS
Sonorisation des lieux

II) Fonctionnement de leur surveillance
Cellule Bure
Cossen et Odiinuc
Fichiers de polices

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Portland (USA) : Une caméra cachée sur un poteau téléphonique https://attaque.noblogs.org/post/2025/09/20/portland-usa-une-camera-cachee-sur-un-poteau-telephonique/ Sat, 20 Sep 2025 16:25:58 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60696 Continuer la lecture ]]> Rose City Counter-Info / vendredi 19 septembre 2025

Un système de caméra de surveillance cachée a été repéré sur un poteau téléphonique, sur la 67e avenue SE, à Portland. La caméra est dissimulée à l’intérieur d’un boîtier fixé au sommet d’un poteau téléphonique. Le boîtier est conçu pour ressembler à une sorte d’équipement électrique. Sur le devant du boîtier il y a une inscription indiquant « Danger » et « Haute tension ». Le bas du boîtier a un câble qui sort et qui semble être relié à la ligne électrique. Au centre du boîtier et sur les côtés, il y a un carré noir rectangulaire. D’après d’appareils similaires, il s’agit probablement d’une fenêtre unidirectionnelle, pour que la caméra puisse voir dehors.

Il n’est pas clair quelle agence de police a installé la caméra, mais elle pointe directement sur la maison d’une agente de l’ICE, dont des informations personnelles ont été rendues publiques il y a quelques mois. Elle est fixée à un poteau téléphonique dans la partie est de la 67e avenue, entre les rues SE Raymond et SE Mitchell Ct. La caméra a une bonne vue d’ensemble de toute personne qui marche ou roule en voiture dans la rue.

Les flics utilisent régulièrement des caméras cachées pour surveiller des personnes ou des lieux qui leur intéressent. En 2015, 150 caméras cachées ont été installées sur des poteaux à Portland (90 par la police de Portland et 60 par d’autres agences). La police peut installer ces caméras sans mandat. Plus tôt cette année, les forces de l’ordre fédérales ont installé une caméra sur poteau pour surveiller un trafiquant de drogue présumé, dans l’Oregon. En 2022, le FBI a utilisé une caméra cachée sur un poteau pour surveiller une résidence dans le sud-est de Portland, dans le cadre d’une enquête inter-agences. Des caméras cachées sur des poteaux ont aussi été utilisées pour espionner des anarchistes. À Atlanta, plusieurs caméras ont été repérées à l’extérieur de maisons et d’un centre social liés à la lutte contre la Cop City.

Des boîtiers comme celui trouvé dans le sud-est de Portland sont une méthode courante pour dissimuler des caméras, mais ils ne sont pas la seule méthode utilisée par les forces de l’ordre. Des entreprises (dont Obsidian Integration, une société basée à Eugene, dans l’Oregon) fabriquent aussi des systèmes de caméras déguisés en transformateurs et des caméras qui ressemblent à des lampadaires, pour en citer quelques-unes. La plupart des caméras cachées sur des poteaux utilisées par les forces de l’ordre peuvent être repérées avec un œil attentif et une connaissance de base des infrastructures électriques et des télécommunications.

 

Note d’Attaque : la police française aussi cache des caméras de surveillance dans des boîtiers fixés sur des poteaux électriques ou de téléphonie. Cela a été le cas par exemple en octobre 2022, quand deux dispositifs de surveillance ont été découverts devant l’espace autogéré des Tanneries et le Quartier Libre des Lentillères, à Dijon.

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A propos de la poucave découverte https://attaque.noblogs.org/post/2025/09/11/a-propos-de-la-poucave-decouverte/ Thu, 11 Sep 2025 16:29:26 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60590 Continuer la lecture ]]> Indic de la dgsi 2022-2025 – rapport de camarades / mardi 9 septembre 2025

Nous venons d’apprendre l’existence d’un indic de la police actif depuis au moins mars 2022. Des camarades ont émis des doutes sur lui et ont choisi de le voir. De cette entrevue, il a été possible de consulter son téléphone et d’avoir accès à des conversations avec 5 flics et il a très vite avoué. Il se fait appeler « Momo » et existait sous différents blazes signal, « molo » « zer0 » « Mo », « Molooo » (liste non exhaustive). Il fait environ 1m70, cheveux bruns bouclés avec une barbe, de corpulence moyenne. Il est très à l’aise socialement, se fait facilement des potes. Il a gagné la confiance politique de ses camarades dans un cadre affinitaire et dans la rue. Sa participation déter à de nombreuses actions lui a permis de se forger une réputation crédible auprès d’eux.

D’après ses dires, il aurait commencé à bosser avec la police suite à une interpellation. Les flics lui auraient montré des vidéos de lui en train de faire de la casse. Ils ont menacé de le “faire tomber” avec pour conséquences qu’il finisse en prison/CRA car il n’avait pas de papiers français. Ils lui auraient promis un titre de séjour en l’échange de ses renseignements et par la suite lui ont fait miroiter un renouvellement de ce titre de séjour entre 2 et 5 ans. Nous avons constaté que les flics payaient en cash ses billets de train, son loyer (au moins partiellement), son école, ses médicaments etc. Dans les conversations, il était proche avec les flics (surtout en 2025), témoignant d’un vrai lien émotionnel avec eux qu’ils entretenaient en exploitant son isolement et sa situation. On sait qu’ils parlaient principalement sur Telegram mais aussi sur signal, whatsapp…

Nous joignons à ce texte une partie des photos qui témoignent de son activité de poucave depuis mars 2022. Une partie des images datent de mars 2022, d’autres de novembre et décembre 2023, d’autres de juillet 2025, les plus récentes datent de la semaine dernière (septembre 2025).

Il a pu fréquenter les milieux politiques avant mars 2022 (date à laquelle commencent les conversations (télégram). D’après les informations, il a participé à de nombreux espaces politiques depuis au moins cette date, partout en France et fait donc du renseignement depuis trois ans minimum. Il apparaît très clairement qu’il a pour mission de se concentrer sur les terrains de lutte écolo type Zad/lutte locale/SDT/Squat/anti JO/mouvements internationalistes/sans-papiers. Nous avons eu accès à différentes natures de renseignements fournis : des noms, des numéros de téléphone, des pseudos signal, des screens de conversations signal, des plaques d’immatriculation, des modèles de voiture, des photos de visage et d’AG, des lieux de vies ou collectif ou d’organisation, des lieux d’actions prévues. Il balance aussi des informations personnelles sur les situations administratives, nationalités, identités de genre… Il a par ailleurs proposé à certaines personnes, groupes ou collectifs de participer à des évènements ou actions, parfois dans le but de « coincer » certain.es militant.es mais aussi d’alimenter le fichage ou des dossiers.

De ce que l’on comprend, il se débrouillait pour intégrer les réunions liées aux actions mais ne prenait aucune responsabilités, venait de manière irrégulière dans les cadres militants et ne participait pas forcément aux actions par la suite. Il a coopéré de manière proactive avec les flics de deux façons : en exécutant avec zèle ce que les flics demandaient mais aussi de manière spontanée en les aiguillant sur toutes sortes d’événements politiques (appels publics trouvés sur Instagram, cantines, AGs de n’importe quelle lutte…). Son activité en Ile-de-France est dispersée sur de nombreuses luttes différentes (Palestine, AG antifa, friches, squats, AG autonomes, AG internationalistes, luttes écologiques … ). De cette manière, il a participé à un vrai travail de défrichage pour les flics partout en France.

La conversation principale s’appelle « Amigo » et est composée de 5 flics et lui. Ils parlaient aussi individuellement avec eux en privé. La majorité des requêtes en ligne passait dans ces canaux. Mais l’essentiel des informations était donné lors de rendez-vous dans des cafés et des lieux publics disséminés dans Paris ou sa proche banlieue (surtout nord ouest). Les rendez-vous étaient parfois très rapprochés dans le temps : cela pouvait aller de toutes les deux semaines sur certaines périodes et jusqu’à tous les 2-4 jours en moyenne en 2025. Leurs rendez-vous se passaient aussi avant et après des actions concrètes. Il aurait été très actif autour de Bure sur ces 6 derniers mois. Le gros du renseignement se passait sûrement lors des rendez-vous et il y a donc beaucoup d’informations qu’il a pu transmettre dont nous n’aurons jamais connaissance.

La conversation a été effacée sur toute la période novembre 2022 – novembre 2023: il est donc impossible de savoir si des renseignements ont été fournis sur la période du mouvement social contre la réforme des retraites de 2023. Mais il était particulièrement actif dans le bloc parisien et aurait aussi participé à au moins ces espaces : festival des luttes paysannes autour de Bure d’août 2023, Sainte-Soline week-end 2 et la semaine d’action contre Lafarge de décembre 2023 à Paris organisée par le soulèvements de la terre.

Liste non exhaustive des lieux, mouvements, espaces d’organisation qu’il a pu intégrer ou traverser en surface :

-Mouvement social retraite 2023

-L’Ile-de-France (milieu autonome, squat, anti-raciste, AG anti CRA)

-Bure de manière régulière depuis au moins août 2023 notamment le 14 Mai 2024, mi Août 2024, 28 janvier 2025, juillet 2025

-La zad contre l’A69

-La Baudrière

-L’AERI

-Code rouge en Belgique

-Divers évènements des Soulèvements de la terre (Greendock, une réunion à propos de stop micro le 12/03/2025. Sainte-Soline 2, la semaine des SDT contre Lafarge à Paris en décembre 2023, Roue libre pour l’A69).

-Urgence Palestine

-L’assemblée internationaliste de Montreuil (2024)

-L’Ag antifa Paname

-L’AG contre le C9M

-Saccage paris et autres orga/évènements/actions anti JO, 2024

-Parloir sauvage de l’anti-CRA le 18 février 2024

-Riposte Collective

-Un toxic tour à Saint-Denis en 2024

-Il a été envoyé à la Kunda le 14 juillet et il y est aussi allé le 18 juillet 2025.

-Des collectifs de sans papiers de manière générale, notamment la marche des solidarités

-Des collectifs anti-racistes

-La fête du printemps 2025 aux Lentillères : on lui demande de noter des plaques et de prendre des noms

-L’évènement HARO ! contre la piscine nucléaire de la Hague du 18 au 20 juillet 2025

-Le week end anti extractivisme No mine’s land 2025 organisé par stop mine 03 dans l’Allier du 25 au 27 juillet

-L’Anarchist Barrilo du camp de Rhein Metal à Cologne fin août 2025

-Plusieurs AG pour le 10 septembre (Saint-denis, Montreuil) début septembre 2025

Le passage d’indic dans nos luttes et espaces est courant et doit nous alarmer mais pas nous faire paniquer. Faisons attention à nous et faisons preuve de rigueur. Ne participons pas à créer un climat de paranoïa généralisée à la veille d’un mouvement social. Plein de gestes existent pour se prémunir de ces choses là : commençons par faire attention à ce qu’on dit, à qui et où on le dit, nettoyons chez nous et nos tels/ordis, changeons les si on se dit que c’est nécessaire …

Apprendre cette nouvelle a été très dur pour ses proches. Merci de ne pas les solliciter.

Continuons de nous organiser, force à nous, feu aux poucaves !

 

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Italie : Des choses bonnes à savoir https://attaque.noblogs.org/post/2025/08/28/italie-des-choses-bonnes-a-savoir/ Thu, 28 Aug 2025 16:12:41 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60385 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / samedi 28 juin 2025

Des choses bonnes à savoir (tirées du dossier de l’opération « Diana »)

Dans le dossier de l’opération Diana [voir ici ; NdAtt.] sont reproduits, intégralement ou en partie, les dossiers de différentes procédures pénales. L’un d’entre elles est celle en vertu de l’article 270 bis [association subversive ; NdAtt.], contre plusieurs compagnons, compagnonnes et proches de notre ami et compagnon Stecco [arrêté le 20 octobre 2023 ; NdAtt.].
Ce que l’État a mis en œuvre pour l’interpeller est plutôt impressionnant. Si l’on garde à l’esprit que Stecco, quand il s’est mis au vert, devait purger une peine définitive de trois ans et six mois, la disproportion entre sa condamnation et l’acharnement des flics pour le trouver révèle à quel point l’État considère insupportable que l’on puisse se soustraire à ses prisons et à quel point le traitement réservé aux anarchistes est caractérisé, bien que dans le cadre d’un durcissement répressif général, par une nature sans doute spéciale.

Très souvent, c’est par la lecture des dossiers des enquêtes policières-judiciaires qu’on acquiert une connaissance actualisée des techniques utilisées par la police politique contre des compagnons et des compagnonnes. Il est donc important que les indications qu’on peut en tirer soient partagées.
Au moment de le faire, il est toujours nécessaire de garder à l’esprit deux aspects : le premier est qu’il s’agit là d’un matériel fourni par l’ennemi ; le deuxième est que le partage de ce matériel (bien entendu sélectionné et en enlevant les noms qui apparaissent dans le dossier) peut involontairement produire le sentiment d’une sorte de toute-puissance de l’ennemi, avec son accompagnement de paranoïa et de manque de confiance dans ses propres moyens. Il convient donc de rappeler que le déploiement d’hommes et de moyens pour chercher des personnes en cavale n’est pas le même qu’ils adoptent pour la surveillance/les enquêtes dans d’autres circonstances qui ont lieu pendant des mouvements et des luttes ; que, malgré le progrès policier-technologique, certains compagnons recherchés ont savouré la liberté pendant des mois ou des années ; qu’en ce moment même, en Europe et dans le monde, il y a des des compagnonnes et des compagnons en cavale.
Savoir comment l’adversaire agit est nécessaire pour adopter les contre-mesures les plus opportunes, en apprenant de erreurs et en tirant profit des expériences.

Commençons par quelques données quantitatives, pour donner une idée de l’extension de l’intervention policière :
– des caméras devant six habitations.
– Des sonorisations à l’intérieur de la maison d’une personne proche de Stecco, dans celle d’autres personnes en lien avec un individu qui faisait l’objet de leurs « attentions » spéciales et dans l’espace anarchiste « El Tavan ».
– Des écoutes téléphoniques sur les lignes de plus de quarante personnes : des compagnonnes et des compagnons, mais aussi des ami.es et des proches.
– Dans un cas, des sonorisations « ponctuelles », quand ils pensaient qu’une personne proche de Stecco aurait pu rencontrer une personne qui, selon la DIGOS [la police politique ; NdAtt.], aurait pu lui fournir des informations sur ce dernier.
– Une personne qui faisait l’objet de leurs « attentions » spéciales a été suivie au moins une fois par des agents du Renseignement (l’en-tête du PV est « Ministère de l’Intérieur », alors que toutes les autres sont celles des différentes Préfectures de police).
– L’analyse de l’historique des fadettes téléphoniques de 69 personnes et d’une cabine téléphonique (la durée maximale qu’on peut remonter en arrière est de 72 mois).
– Des GPS installés sur 12 voitures. Pour certains proches de Stecco, dans les voitures il y avait aussi des micros et des caméras-espionnes.
– Une « attention » spéciale prêtée aux plaques minéralogiques de 311 voitures.
– La requête des historique des comptes bancaires de 59 personnes, pour vérifier l’existence de mouvements « suspects », qu’on pourrait relier à un appui économique à sa fuite.
– L’installation d’un dispositif de suivi (plus précisément un dispositif GSM, donc non satellitaire mais de type téléphonique, nommé « Spora », un traceur miniature qui communique en temps réel à un téléphone utilisé par la police quelle cellule radio il utilise) sur un vélo qu’ils pensaient que Stecco pouvait utiliser, car identifié par une caméra de surveillance dans un village où il avait été filmé pendant sa cavale.
– Dans ce cas, comme dans le cas de la cavale d’un autre compagnon, les flics ont retrouvé des documents d’identité falsifiés, avec des états civils de personnes réellement existantes. Ils ont donc recherché et interrogé les personnes en question, dans le but de comparer leurs déplacements et les nuits passées dans des hôtels et de contrôler les mouvements de certains comptes bancaires (et aussi, au moins dans un cas, de contrôler une carte de fidélité Decathlon, où est mémorisée une chronologie des achats effectués), pour des périodes de plusieurs années (plus de dix) dans le passé.
– Ils ont mobilisé la police politique des provinces de Trévise, Padoue, Vérone, Brescia, Bergame, Milan, Trente, Trieste et Gênes. Du moment où ils ont commencé à « resserrer l’étau », la DIGOS de Trente a reçu du personnel supplémentaire en permanence, sûrement au moins un agent venant de Trieste.

Pour une analyse plus qualitative, par contre, il faut examiner le détail des techniques utilisées. Pour résumer, les enquêtes ont avancé selon deux lignes : l’analyse d’une quantité énorme de donnée téléphoniques et la surveillance presque constante de certaines personnes, avec une attention particulière à leurs absences de leurs lieux de résidence. Quand ces personnes sont repérées à nouveau, les flics reconstruisent à rebours, autant que possible, leurs déplacements. La collecte des données est effectuée avec calme et de manière systématique. Voici quelques exemples :
– deux compagnons qui font un voyage en train sont filés par quatre agents de la DIGOS, qui se placent, deux par deux, à chaque bout du train. Dans chacune des stations intermédiaires, il y a aussi deux policiers en civil, au cas où les compagnons descendent du train ; pour ce faire, c’est la police politique de sept provinces qui a été mise à contribution. En lisant le dossier, il semblerait que cette filature ait été décidé à la dernière minute, quand, la veille, la police a appris, par le biais des micros installés dans la maison de personnes proches de l’un des deux compagnons, que celui-ci serait parti en train le lendemain.
– En lisant le dossier, on apprend que les flics, en plus de demander à RFI [la société gestionnaire du réseau ferroviaire italien ; NdAtt.] d’avoir accès aux enregistrements des caméras des gares, ont demandé au juge d’instruction l’autorisation d’installer des caméras à eux dans la gare de Rovereto, pour pouvoir avoir un accès immédiat aux images, depuis le commissariat. Ils ont aussi pu voir quels tickets ont été émis par chacun des distributeurs automatiques de tickets, les recherches qui y ont été effectuées, même sans que des tickets aient été achetés, et avoir accès aux caméras qui, parfois, sont installées directement sur les distributeurs. Ces caméras conservent leurs vidéo pendant un maximum de dix jours (malgré le fait que la durée maximale générale, pour les « infrastructures nécessitant d’être particulièrement protégées », soit de sept jours, sauf cas exceptionnels, selon le décret de 2010 de l’Autorité de garantie de la vie privée).
– Étant donné que les flics ont vu qu’une personne qui faisait l’objet de leurs « attentions » spéciales avait cherché les horaires des trains pour une ville donnée, sur un distributeur automatique de tickets, quand cette personne est partie, ils ont visionné les vidéos des caméras de la gare de cette ville et d’au moins quatre autres gares. Il est probables qu’ils aient analysé les données [vidéos] de plusieurs gares qui se trouvent le long des lignes qui portent à la ville pour laquelle la recherche avait été effectuée. Étant donné que ces données sont effacées après sept jours, la DIGOS de Trente s’est précipitée aux bureaux de RFI Lombardia, à Milan, parce qu’ils pensaient avoir repéré la personne en question dans une gare (qui n’était ni celle recherchée sur le distributeur automatique, ni l’une de celles proches de son habitation) où elle était passée sept jours auparavant et il y avait le risque d’une réécriture des vidéos, avant qu’ils aient pu les télécharger.
– Dans la tentative de reconstruire le parcours d’une personne, les flics regardent les vidéos de surveillance d’un commerce situé à l’extérieur d’une gare où ils pensent l’avoir repérée, en plus des caméras du train dans lequel ils pensent qu’elle soit montée, en cette station. Étant donné que, grâce à ces dernières vidéos, ils voient que, pendant le voyage, la personne en question lit le dernier numéro d’une revue anarchiste sortie depuis peu, ils demandent aussi l’historique du compte bancaire de la revue.
– Pour reconstruire à rebours le parcours qui l’a amenée à cette gare, ils se concentrent au début sur les trains Intercity, puisque le ticket est obligatoirement nominatif. Dans la liste obtenue par FSI [la SNCF italienne ; NdAtt.], ils identifient un acronyme qu’il pensent relié à cette personne, alors ils vérifient où le ticket a été émis. Les vidéos de la gare où le ticket a été acheté ne sont plus disponibles, car la durée de leur conservation a été dépassée, alors ils essayent de reconstruire la manière dont la personne en question est arrivée dans la gare où elle a acheté le ticket.
Après avoir mis de côté les Intercity, parce qu’ils n’ont pas trouvé de noms possiblement liés aux personnes sous surveillance, ils se concentrent sur les trains régionaux et ils demandent à FSI de leur communiquer le nombre de tickets émis, pour chaque train, par les distributeurs automatiques des gares de départ, de celles intermédiaires et d’autres, proches des localité « habituellement fréquentées » par des anarchistes : les Chemin de fer leur transmettent 150 pages de listes. Ils vérifient aussi les ferrys et les bus. Étant donné qu’ils ne trouvent rien, ils demandent les mêmes informations à propos d’autres 69 gares, ainsi que la liste des amendes émises dans cinq trains régionaux. En même temps, ils demandent aux Chemins de fer la liste de tous les tickets achetés, au cours des mois précédents, au nom de l’acronyme qu’ils ont remarqué, ainsi que d’activer une « alerte de signalisation automatique » au cas où celui-ci devait être à nouveau utilisé lors de l’achat de billets.
– Pour reconstruire les déplacements de certaines voitures, ils regardent les vidéos des caméras de différents péages autoroutiers ; quand ils repèrent une voiture à un péage considéré comme suspect, ils vérifient aussi les caméras des villes, qui filment la voie publique.
– Quand elle a identifié le secteur où ils pensent que Stecco aurait pu se trouver, la DIGOS a demandé d’installer cinq caméras de type « vidéo à longue distance », avec reconnaissance faciale, et dix caméras pour « enregistrement vidéo intérieur/extérieur » aux alentour d’une gare donnée, y compris aux arrêts de bus (urbains et extra-urbains). Il n’y a aucune trace de la demande faite par le procureur au juge, du coup nous ne savons pas si elles ont été effectivement installées ou pas. Les flics analysent aussi les vidéos des caméras présentes dans les bus. Ils demandent l’autorisation de mettre sous surveillance le téléphone d’une personne et de sa mère et d’avoir accès à leurs fadettes, parce que, par le passée, ils avaient loué des maisons à des compagnons, dans ce secteur.
– Après avoir interpellé Stecco, ils montrent sa photo et posent des questions à des nombreux habitants du coin, jusqu’à quand ils trouvent la maison où il aurait vécu. Ils prélèvent des empreintes digitales et des traces d’ADN sur tout ce qu’ils saisissent dans la maison.
– En ce qui concerne les recherches sur la téléphonie, il faut signaler que ce ne sont pas seulement les numéros de téléphone qui sont mis sous surveillance, mais aussi les boîtiers dans lesquels certaine cartes SIM ont été insérées, par le biais de leurs numéros IMEI. Cela n’a pas lieu pour tous les numéros de téléphone, mais seulement pour ceux considérés comme plus « intéressants » et il paraît qu’il suffise que la carte SIM soit insérée une seule fois (et utilisée). De plus, comme on le sait déjà, la surveillance comporte aussi la géolocalisation du téléphone, même si ce n’est pas un smartphone (bien que, dans ce cas, ils puissent connaître seulement les cellules radios auxquelles il se connecte et non sa position exacte).
– En ce qui concerne l’analyse de la téléphonie, quand ils ont resserré l’étau sur une zone géographique donnée, ils cherchent dans les listes déjà obtenues d’éventuels numéros d’anarchistes qui y habitent (c’est à dire si l’une des 69 personnes dont ils ont les fadettes a appelé quelqu’un qui habitait dans ce secteur, au cours des six années précédentes), ensuite tous les appels effectués par Stecco, au cours des cinq années précédents (avant qu’il ne se mette au vert), à des numéros se trouvant dans cette zone.
– Ils cherchent dans les fadettes s’il y a eu des appels reçus de cabines téléphoniques. Ensuite, ils cherchent si, de la cabine dont ils ont les « fadettes », ont été passés des appels à des numéros de téléphone étrangers ; quand ils les ont trouvés, ils vérifient si ces numéros ont appelé les numéros apparaissant dans les fadettes. De plus, ils vérifient si, de cette cabine, ont été appelé des numéros de téléphone fixe ou mobile dans quatre régions italiennes données.
– Ils analysent les données du trafic téléphonique qui est passé par les cellules des opérateurs Tim, Wind, Vodafone et Iliad de neuf endroits, à des moments précis, quand ils pensent qu’il aurait pu y avoir des connexions avec un hypothétique téléphone utilisé par Stecco. Étant donné que leur quantité est énorme, ils essayent de les croiser avec les numéros qu’ils ont mis sous surveillance, ensuite avec tous les numéros qui ressortent des fadettes en leur possession. Cette typologie de recherche (les croisement des données issues de certaines cellules radio avec des numéros de téléphone repérés par l’analyse des fadettes) est répétée d’autres fois. En général, à plusieurs reprises on trouve l’analyse des fadettes téléphoniques, même très anciennes, et les tentatives de croiser les numéros ainsi obtenus avec les données qui sont progressivement collectées au cours de l’enquête.
– Malgré le fait qu’on ne les trouves pas dans le dossier, à des maintes reprises la DIGOS demande l’autorisation de télécharger les chats de Whatsapp et, dans un cas, aussi de Telegram.
– En ce qui concerne les enquêtes numériques, il faut signaler la tentative d’installer un logiciel espion (un virus informatique qui permet d’avoir un accès complet au dispositif « infecté ») « par procédure 1 clic », qui permet de transformer le smartphone d’un proche de Stecco en micro pour les écoutes de discussions (définition technique : « autoriser la surveillance numérique active, avec d’éventuelles écoutes de discussions, par l’activation du micro du mobile de type Android, sans root »). Concrètement, ils envoient à cette personne un SMS avec un lien, qui, si elle l’avait ouvert, aurait installé le virus. Étant donné que la personne n’a pas cliqué sur le lien, la DIGOS trouve le code PIN de son téléphone grâce à une caméra à haute définition installée à l’intérieur d’une voiture (ce qui leur permet de lire le code pendant qu’il est tapé sur le téléphone) et ils reçoivent l’autorisation à installer directement le virus quand ils auront momentanément le téléphone en leur possession. Il ne semble pas que cela ait eu lieu, parce que, entre-temps, les enquêtes ont pris une autre direction.
– En ce qui concerne les émails, il semble que seulement le fournisseur libero.it ait fourni les données sur les adresses émail (y compris les fichiers de Log), alors que d’autres fournisseurs n’auraient même pas répondu aux requêtes de la police (du moins, il n’y a pas de mention à ce sujet dans le dossier).
– En plus des émails, ils essayent d’obtenir toutes les données relatives aux services de Microsoft Account et de Google, y compris les achats effectués par le biais de ces plateformes.
À ce sujet, il est intéressant de noter l’analyse qu’ils font de l’ID GAIA (Google Account and Id Administration), pour lequel un numéro qu’ils pensent utilisé par Stecco reçoit un SMS. Quand on essaye d’accéder à une boite de messagerie électronique Gmail depuis un dispositif diffèrent de celui utilisé habituellement, Google demande une vérification additionnelle, en plus du mot de passe, en envoyant un SMS avec un code numérique au numéro de téléphone lié à l’adresse émail. Étant donné qu’un numéro lié à Stecco reçoit ce code, ils essayent de récupérer les données du compte Google en question. Pour ce faire, ils ont inséré ce numéro de téléphone dans la page d’accès de Gmail et, dans la page où on leur demande le mot de passe, ils ont cliqué avec la touche droite de la souris et choisi “Code source de la page”. Une page avec le code HTML s’est ouverte, ils ont tapé CTRL+F (recherche) et, dans l’espace pour la recherche, ils ont donné la commande pour obtenir les 21 chiffres qui constituent l’ID GAIA, c’est à dire ,[\” . Pour savoir à qui est associé cet ID, ils ont utilisé l’un des services de Google, c’est-à-dire Google maps (selon ce qu’ils disent, il semblerait qu’ils auraient pu utiliser n’importe quel service de Google, mais probablement Google maps est celui où l’on laisse le plus souvent des recensions ou d’autres contributions).
Concrètement, dans la barre de l’adresse ils ont tapé https://google.com/maps/contrib/ID GAIA pour visualiser toutes les recensions laissées par ce compte Google et identifier donc les autres adresses émail reliées. Ils ont donc demandé à Google toutes les données d’enregistrement des émails, les numéros de téléphone, la date à laquelle ceux-ci ont été associées aux adresses émail et aux données personnelles relatives à l’ID GAIA, ainsi que tous les fichiers de Log de toute connexion à ce compte. Il semble qu’ils n’aient pas reçu de réponse.
Pour essayer de faire une synthèse compréhensible : à chaque ID GAIA peuvent être liés plusieurs adresses émail et plusieurs numéros de téléphone et une fois que la police en connaît un, elle peut essayer de remonter aux autres.
– À la suite d’une écoute pendant laquelle une adresse émail est nommée, les flics demandent à Microsoft l’état civil, les données de facturation de ce compte, au cas où il y aurait eu des achats sur Microsoft Online Store, les Logs des connexions IP, toutes les adresses émail et les numéros de téléphone liés à cette adresse, ainsi que tous les clients qui se sont enregistrés avec un nom en lien avec cet émail. De plus, ils demandent au site subito.it [une espèce de « Le bon coin » italien ; NdAtt.] la liste des fichiers Log et des adresses IP utilisés par cette adresse émail.
– Dans un autre dossier, concernant la recherche d’un autre compagnon en cavale, nous avons trouvé ce passage à propos de la surveillance numérique, active et passive, d’un ordinateur : « Comme on le sait, au vu des technologies actuelles, il est assez difficile d’effectuer l’infection d’un ordinateur, puisque les variables qui déterminent le succès ou pas de ce service (système d’exploitation, antivirus, carte réseau) sont nombreuses. Il est donc, comme d’habitude, indispensable d’effectuer d’abord un étude de faisabilité, par une surveillance passive, pour établir la typologie du système d’exploitation utilisé et les éventuels antivirus actifs, et ensuite effectuer la surveillance numérique active. Le modalités pour effectuer l’inoculation du logiciel espion seront discutées ensuite avec les techniciens de l’entreprise chargée de l’inoculation du virus. Lors des filatures, on a remarqué que […] laisse parfois son ordinateur dans le coffre de sa voiture. […] quand il se rend au travail, à […]. Avec l’autorisation du magistrat, le technicien pourrait installer un fichier, avec l’ordinateur éteint (cela est faisable seulement en laissant une clef USB ou un autre support physique de mémoire inséré dans l’ordinateur), et une fois l’ordinateur démarré, ce fichier serait automatiquement exécuté par l’ordinateur et installera d’autres petits logiciels malveillants, nécessaires pour effectuer l’étude des logiciels présents sur l’ordinateur, de façon à optimiser, par la suite, le logiciel espion qui permettre la surveillance numérique demandée ».
– Après la saisie d’une clef Tails, ils essayent d’en trouver le mot de passe avec le logiciel « bruteforce-luks ». Ils précisent qu’il n’est pas possible de donner une estimation de la durée d’une telle opération.

Chose remarquable, la seule des onze côtes qui composent le dossier « Diana » qui est vide est celle avec le titre « Dépenses ». Il y a néanmoins quelques devis pour la location des dispositifs de surveillance, d’où, d’ailleurs, ressort que ceux pour la géolocalisation offrent souvent aussi l’« option écoute » ; il s’agit donc d’un seul objet, polyvalent. De plus, il semble que, depuis le Covid, on trouve aussi des postes d’écoute qu’ils peuvent utiliser depuis chez eux, en télétravail.
L’ouverture d’un dossier auprès du ministère de l’Intérieur et quelques notes qui en portent l’en-tête suggèrent l’implication des services secrets.
Dernière chose, mais non la moindre : pendant que l’enquête pour trouver Stecco était ouverte, les flics menaient au moins une autre enquête en vertu de l’article 270 bis, qui concernait aussi une partie des personnes sous enquête pour la cavale de Stecco. Juste pour donner une idée du caractère envahissant et quotidien du contrôle auquel certains compagnons sont soumis.

Il est utile de savoir que les flics peuvent passer même des semaines à regarder les vidéos des caméras de gares, de trains, de péages autoroutiers, d’autobus, à la recherche d’images qui puissent suggérer des parcours et des destinations. Il essayent de le faire aussi à rebours, quand il s’agit d’un voyage qu’ils considèrent comme suspect, en reconstruisant une bonne partie d’un parcours à partir de sa fin, en cherchant les coïncidences entre les moments de « disparition », les jours, les horaires, les moyens utilisés.
Chacun.e en tirera les conséquences.
Qu’on se mette de manière encore plus incisive à la critique pratique du monde de la vidéosurveillance et du contrôle numérique, en tant que camp d’intervention essentiel pour que des rêves et des projets de subversion et de liberté soient encore possibles.
Que la fortune soit avec ceux/celles qui sont en cavale, avec celles/ceux qui, dans la lutte pour la liberté, défient toute identification.

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Rome (Italie) : Un mouchard retrouvé dans une voiture https://attaque.noblogs.org/post/2025/08/10/rome-italie-un-mouchard-retrouve-dans-une-voiture/ Sun, 10 Aug 2025 16:45:39 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60218 Continuer la lecture ]]> Brughiere / samedi 9 août 2025

Un mouchard (composé de deux micros), avec une carte SIM de l’opérateur Vodafone, une carte SD de 32GB et un GPS, a été retrouvé dans une voiture, à Rome. Il semblerait qu’il ait commencé à enregistrer et à envoyer des données le 14 février 2025 et qu’il ait été mis en place, peut-être, fin janvier.

Le machin se trouvait côté conducteur, en bas, à côté du siège, sur la gauche. Il était alimenté par des câbles passant sous le volant et les micros étaient placés, l’un sous le siège du conducteur, l’autre près de la ceinture de sûreté, toujours du même côté.

Fin des transmissions, les merdes !





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Portland (USA) : Toutes les caméras sont des flics https://attaque.noblogs.org/post/2025/08/05/portland-etats-portland-usa-toutes-les-cameras-sont-des-flicsunis-toutes-les-cameras-sont-des-flics/ Tue, 05 Aug 2025 16:26:25 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=60195 Continuer la lecture ]]> Indymedia Nantes / mardi 5 août 2025

Rose City Counter-Info
3 août 2025

Le 25 juillet, le FBI a mené une descente matinale sur une maison à Portland et kidnappé une personne âgée de 24 ans sur des accusations fédérales reliées à une manifestation au bâtiment de l’ICE. Iel encourt 20 ans de prison prétendument pour avoir « agressé un agent » et des dégradations sur la façade du centre de l’ICE à SW Portland début juin. Le FBI l’a indentifié·e en faisant passer une photo (sur laquelle son visage est visible) dans un logiciel de recherche par reconnaissance faciale. La photo a été prise par Mark Graves, un photographe du Oregonian.

Chaque caméra est un atout pour l’État et une menace pour celleux qui résistent. Du journaliste professionnel « ne faisant que son travail » au livestreamer du mouvement qui est « de ton côté », au manifestant·e agitant son téléphone pour une publi de réseau social – toutes les caméras sont des flics. Cette affaire est juste l’exemple le plus récent, mais il y en a eu beaucoup plus auparavant. Alors que s’étend l’utilisation de l’IA et de logiciels de reconnaissance faciale, il est plus important que jamais de bloquer, peinturlurer, et péter des caméras aux manifs.

Spécialement dans les dernières semaines, alors qu’on a diminué en nombre et en intérêt, la « manif » qui reste est devenue une frénésie médiatique pour les trolls d’extrême droite cherchant à tirer de l’argent facile de clips vidéos viraux. Quasiment chaque nuit, une personne est chopée et arrêtée sur des accusations fédérales graves. Pendant tout ce temps, les opérations de l’ICE restent largement non interrompues – les déportations continuent, les véhicules et les employés entrent et sortent sans obstruction. Pourtant les gens restent et en appellent d’autres à les rejoindre, apparemment sans aucune considération ou réflexion sur la situation actuelle. C’est l’activisme à son meilleur : sacrifier sans fin des gens pour la « cause », piégé·e·s dans la même boucle relou d’action ritualisée sans retour.

D’autres personnages malvenus se sont également joints aux manifestations contre l’ICE. Mason Lake, une fière poukave qui a envoyé des gens en prison en 2020, était de sortie pour couvrir et profiter des manifestations contre l’ICE. Mason Lake s’est re-brandé avec « Channel Heed » et « Lake Vude Production Co. » DeAndre Bush AKA Sol Luna est aussi revenu à la prise de vue et au livestreaming. Ses livestreams étaient utilisés pour mettre des gens en prison en 2020 et 2021.

Il y a trop de noms à pister, et les noms ne sont pas particulièrement importants. Toute personne avec une caméra est une poukave en devenir.

Protégez-vous les un·e·s des autres en empêchant les caméras de venir.

 

Voici des liens vers des brochures pertinentes, à lire et diffuser :
Why are we still standing outside of precincts? (why are we still standing outside of ICE?)
Lessons from the 2020 Uprising: Snitches, Cameras, and Undercover Agents
Dialogue imaginaire avec un·e défenseur·euse de l’image photographique (2017)

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Leipzig (Allemagne) : Vengeance pour les avis publiques de recherche https://attaque.noblogs.org/post/2025/06/16/leipzig-allemagne-vengeance-pour-les-avis-publiques-de-recherche/ Mon, 16 Jun 2025 16:43:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59737 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / vendredi 13 juin 2025

(Leipzig) Vidéo : vengeance pour les avis publiques de recherche + solidarité avec Maja (Dégradations de panneaux publicitaires de Ströer)

Ces derniers jours, nous avons endommagé environ cinquante panneaux publicitaires du groupe Ströer, à Leipzig. Par cette action, nous nous joignons à la campagne militante de soutien à la grève de la faim de Maja et nous voudrions exprimer notre solidarité avec tou.tes les camarades en clandestinité et en prison.

La société de médias Ströer n’est pas seulement le leader du marché dans le secteur de la publicité et un des responsables du fait que nous soyons bombardé.es de publicité, chaque jour – mais elle a aussi mis ses panneaux publicitaires à la disposition de la Police judiciaire fédérale, pour les avis publiques de recherche contre nos camarades Johann, Daniela, Burkhard et Ernst-Volker*. On vous recommande un article à ce sujet.

Détruire des panneaux publicitaires est, avec un peu de préparation, facile, relativement peu risqué et remplit un but utile. De plus, c’est amusant et énerve les entreprises, dont les primes d’assurance augmentent et qui ne peuvent pas remplir les contrats publicitaires. Nous faisons donc appel à détruire en permanence des panneaux publicitaires de Ströer, lors d’une soirée ennuyante ou en rentrant chez soi. Chaque semaine, un panneau Ströer par personne ;)
Afin de montrer que les panneaux publicitaires peuvent être endommagés par différents moyens, nous avons également publié une vidéo.
Les lancers de pavés, les lance-pierres avec des billes en métal et les aérosols sont particulièrement simples et efficaces. Les marteaux arrache-clous, ainsi que les pots en verre et les extincteurs remplis de bitume font très bien l’affaire aussi.

Nous souhaitons tout le mal possible à la société Ströer. D’autres avis de recherche de nos camarades affichés sur vos panneaux publicitaires vous apporteront des destructions massives.

Liberté et bonheur pour tou.tes les antifas persécuté.es ! Le 14 juin, tout le monde à Iéna pour la manifestation nationale antifasciste** !

fckströer

 

Notes d’Attaque :
* Johann est un camarade antifasciste, inculpé dans l’affaire « Antifa-Ost ». Après une longue cavale, pendant laquelle la police fédérale a affiché sa photo à travers toute l’Allemagne, appelant la population à la délation, il a été arrêté en novembre 2024.
Daniela, Burkhard et Ernst-Volker sont des ancien.nes militant.es de la RAF. La première a été arrêtée en février 2024 (son procès a lieu ces jours-ci), tandis que les deux autres sont encore en cavale.
** La manifestation « L’antifascisme est nécessaire », contre la répression qui frappe les antifascistes en Allemagne ; voir l’appel (en anglais) ici.

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Naples (Italie) : Occupez-vous de vos fesses ! https://attaque.noblogs.org/post/2025/06/14/naples-italie-occupez-vous-de-vos-fesses/ Sat, 14 Jun 2025 16:25:13 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59703 Continuer la lecture ]]> Il Rovescio / jeudi 12 juin 2025

Occupez-vous de vos fesses ! Des mouchards trouvés dans les voitures de deux compagnonnes à Naples.

À Naples, dans les voitures de deux compagnonnes, on a trouvé deux dispositifs BO8CH, composés de 2 micros + GPS, connectés à une carte SIM de l’opérateur Tim, bien cachés sous la tapisserie des voitures, côté passager, et alimentés par un câble les reliant à la batterie de la voiture.

Aux oreilles fouineuses qui nous ont écoutées, nous ne pouvons que dire que ce qui nous embête le plus est de vous avoir prodigué nous excellents playlists musicales, en accordant des moments de joie à vos ennuyeuses, infâmes vies.

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Halle-sur-Saale (Allemagne) : Une caméra de surveillance démasquée https://attaque.noblogs.org/post/2025/05/27/halle-allemagne-une-camera-de-surveillance-demasquee/ Tue, 27 May 2025 16:30:53 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59427 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / lundi 26 mai 2025

Lundi 26 mai 2025, à Halle (dans le Land Saxe-Anhalt), des camarades engagé.es ont démasqué une unité mobile de surveillance des autorités répressives, ils/elles y ont collé quelque chose dessus et l’ont envoyée faire changer ses pneus.

La caméra se trouve dans un Mercedes Vito (voir photo) couleur gris mat avec des vitres fortement teintées (aussi entre la cabine et l’arrière). La voiture est un modèle ancien, mais repeinte à neuf.
Le véhicule de surveillance était stationné dans le parking du zoo de Halle. Il était stationné à l’étage, avec l’arrière près du mur extérieur, dirigé vers le carrefour (voir photo). De là, on a une vue d’ensemble sur le croisement des rues Reilstraße et Paracelsusstraße. Les plaques d’immatriculation ont changé, entre HAL HS 921 et SK AD 105. Sur la vignette écologique, l’indication de la plaque d’immatriculation est restée vide.

L’unité d’observation se trouvait là depuis au moins le début d’avril, toujours sur la même place de stationnement, près du mur extérieur. Pas de manière continue, mais à plusieurs reprises pendant quelques jours.
Les fenêtres latérales étaient recouvertes de l’intérieur. À travers la vitre arrière, teintée, on pouvait reconnaître une installation de support de caméra complexe, moderne et non camouflée, d’une dimension considérable. Elle est composée d’un cylindre monté verticalement (qui contient probablement la caméra et l’objectif), d’un diamètre d’environ 20 cm, sut lequel est fixée une articulation de miroir rotatif (voir photo). Cela était solidement fixés dans toute la surface intérieure, avec des entretoises. Il s’agit apparemment d’un système modulaire conçu pour différentes composantes et le véhicule a été spécialement modifié à cet effet.
On constate donc une nette différence avec les systèmes de caméras découverts ces dernières années. Ils étaient plus petits, donc plus mobiles.
C’est vraisemblablement les flics des renseignements qui sont derrière cet espionnage éhonté.

L’objet de cette surveillance éhontée, vraisemblablement mise n place par les renseignements, était apparemment le centre culturel « Reil78 », situé juste à côté. La caméra était dirigée dans cette direction, mais naturellement le carrefour, les habitations à côté et la friche devant le « Reil78 » devaient être concernées aussi. Ce ne sont donc pas seulement tou.tes celles/ceux qui participent à faire vivre ce projet culturel de gauche, qui sont concerné.es, mais aussi les personnes qui assistent aux concerts, qui ont lieu de manière régulière, ainsi que les riverain.es et les passant.es occasionnel.les.

À l’heure actuelle, le véhicule est encore sur place – probablement parce qu’il ne peut pas rouler – mais l’objectif de la caméra est recouvert avec un carton.

De telles mesures de surveillance indiquent naturellement que des enquêtes sont en cours. Soyez attentif.ves, gardez vos lieux propres et le numéro d’un avocat à portée de main !
Pas de ragots !

ACAB










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Toulouse : Surveillance policière https://attaque.noblogs.org/post/2025/05/10/toulouse-surveillance-policiere/ Sat, 10 May 2025 17:31:33 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59235 Continuer la lecture ]]> IAATA / samedi 10 mai 2025

Mercredi 7 mai, vers 10h30, des keufs en civil ont été vus autour d’une voiture garée dans la rue.
Le nom relié à ce véhicule est celui d’une des 8 personnes arrêtées mi-avril et condamnées pour « introduction dans un local d’habitation » (loi Kasbarian) et « refus de signalétique ».

Une camionnette blanche (3 flics à l’intérieur) était garée juste à côté du véhicule. 2 autre keufs étaient à pied, sur le trottoir.
Quand ils ont vu qu’ils avaient été repérés, ils ont communiqué par leurs oreillettes et sont rapidement partis.

Cette histoire n’a rien d’extraordinaire, mais on publie cette info parce qu’on trouve ça important de s’informer collectivement des pratiques de surveillance et de répression à Toulouse en ce moment.

Jamais leur répression n’arrêtera notre rage !

 

[in English]

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Opération contre Louna : quelques techniques policières utilisées https://attaque.noblogs.org/post/2025/04/19/operation-contre-louna-quelques-techniques-policieres-utilisees/ Sat, 19 Apr 2025 17:27:56 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=59078 Continuer la lecture ]]> No Trace Project / vendredi 18 avril 2025

Dans la nuit du 4 au 5 mai 2024, une pelleteuse a été incendiée sur le chantier de construction d’un projet d’autoroute.[1] Le 12 octobre 2024, Louna a été arrêtée et accusée d’avoir incendié la pelleteuse. Plusieurs autres personnes ont été arrêtées et relâchées peu après.

Les images de vidéosurveillance du lieu de l’incendie ont montré deux personnes mettre le feu à la pelleteuse, et l’une d’entre elles être victime d’un retour de flamme. Dans les heures qui ont suivi l’incendie, Louna a été amenée en voiture à un hôpital proche, où elle a été admise pour des brûlures prétendument compatibles avec celles visiblement subies par la personne victime d’un retour de flamme sur les images.

Après son arrestation, Louna a été détenue à l’isolement pendant quatre mois — elle était à l’isolement car elle était dans une prison pour hommes bien qu’elle soit une meuf (trans).[2] Après son arrestation, elle a revendiqué les dégradations contre la pelleteuse. Elle est actuellement sous contrôle judiciaire en attendant le procès.

 

Collaboration des fournisseurs de service

Autres

Les enquêteurs ont utilisé la collaboration de l’hôpital pour :
Apprendre qu’une personne (Louna) était hospitalisée pour des brûlures.[3]
Obtenir le dossier médical de Louna.
Saisir les vêtements de Louna pendant son hospitalisation.[1]
Obtenir le numéro de téléphone d’un·e proche de Louna, que Louna avait donné à l’hôpital.
Obtenir les images de vidéosurveillance de l’hôpital.
Obtenir des informations du système de paiement du parking de l’hôpital.
Apprendre l’horaire et le lieu d’un rendez-vous de Louna à l’hôpital quelques jours après l’incendie.

Les enquêteurs ont utilisé la collaboration de plusieurs institutions d’État :
L’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) a fourni des scans de documents d’identité et des dossiers de demandes de documents d’identité.
Des organismes d’assurance maladie et des mutuelles ont fourni les informations personnelles de personnes sous enquête et de leurs conjoints.
Le service des impôts a fourni les dossiers d’achat et de vente de maisons des parents et grand-parents de Louna.

Les enquêteurs ont utilisé la collaboration de plusieurs entreprises :
Des banques ont fourni :
Les informations bancaires de plusieurs personnes, y compris de nombreux membres de la famille de Louna.
Les adresses IP utilisées pour faire des virements bancaires en ligne.
Les emplacements où des personnes ont retiré des espèces.
Une société d’assurance a fourni l’adresse et la liste des colocataires d’une personne.
L’opérateur d’autoroutes Vinci a fourni les images de vidéosurveillance de péages d’autoroutes.
L’entreprise ferroviaire publique française (SNCF) a fourni des informations sur des personnes qui avaient réservé des sièges voisins de personnes sous enquête, y compris leurs photos et informations bancaires.
Le service de covoiturage BlaBlaCar a fourni des informations sur des personnes qui avaient utilisé le service, y compris leurs photos, informations bancaires, et les trajets effectués.
Le constructeur automobile Stellantis a fourni les numéros IMSI[4] et IMEI[5] du système de localisation intégré à une voiture. Cependant, les enquêteurs n’ont pas pu localiser la voiture car, pour une raison inconnue, celle-ci n’émettait pas sa localisation.

Les enquêteurs ont demandé à un bailleur social et une agence immobilière de leur fournir les badges d’accès à des résidences.

Opérateurs de téléphonie mobile

Les enquêteurs ont utilisé la collaboration des opérateurs de téléphonie mobile pour géolocaliser environ 30 téléphones et intercepter leurs appels, en temps réel.[3] Les enquêteurs ont notamment utilisé les appels interceptés pour :
Entendre parler d’un rendez-vous devant des immeubles résidentiels, mettre en place une surveillance physique de ces immeubles, et arrêter deux personnes s’étant rendues au rendez-vous.
Entendre Louna prendre rendez-vous avec un médecin, puis contacter le médecin pour obtenir des informations personnelles de Louna, y compris son adresse et son numéro de téléphone.

 

Dispositifs de surveillance cachés

Audio

Un microphone caché a été installé dans un véhicule.[3]

Localisation

Plusieurs balises GPS ont été installées sur des véhicules.[3]

Vidéo

Des caméras ont été installées pour filmer les entrées de plusieurs lieux où habitaient des personnes opposées au projet d’autoroute.[3]

 

Perquisition

Les enquêteurs ont perquisitionné :
Le domicile du propriétaire de la voiture qui a amené Louna à l’hôpital.[3] Lors de la perquisition, ils ont saisi la voiture.
Le domicile d’une personne suspectée d’être visible sur les images de vidéosurveillance de l’hôpital transportant un arrosoir, dans l’espoir de trouver l’arrosoir lors de la perquisition et de confirmer que la personne était bien à l’hôpital.[1]

 

Science forensique

ADN

Des traces ADN de Louna ont été prélevées sur :[3]
Un sac poubelle et un masque chirurgical partiellement brûlés, saisis près de la pelleteuse incendiée.
Un short, saisi dans sa chambre d’hôpital pendant son hospitalisation.
Un gobelet en carton saisi lors de son entrée en garde-à-vue.
Une cuillère et une serviette saisies pendant sa garde-à-vue, après un repas.

Des traces ADN d’une personne ayant été vue dans les couloirs de l’hôpital demandant des nouvelles de Louna ont été prélevées sur :
Un short, saisi dans la chambre d’hôpital de Louna pendant son hospitalisation.
Un masque chirurgical retrouvé dans le short.

Des traces ADN non exploitables ont été prélevées sur :
Un marteau partiellement brûlé retrouvé dans la cabine de la pelleteuse incendiée, dont la fenêtre avait été brisée.
Une torche — un bout de bois avec à son extrémité un tissu imbibé de liquide inflammable — retrouvée près de la pelleteuse incendiée.

Incendie volontaire

Un détecteur de gaz[6] a été utilisé, sans succès, pour détecter des traces d’accélérants dans la cabine de la pelleteuse incendiée.[3]

Des traces d’accélérants ont été prélevées :
Sur une torche — un bout de bois avec à son extrémité un tissu imbibé de liquide inflammable — retrouvée près de la pelleteuse incendiée.
À l’intérieur de la pelleteuse incendiée.

Des traces d’accélérants ont été recherchées, sans succès, sur les vêtements de Louna, saisis à l’hôpital pendant son hospitalisation.

 

Surveillance de masse

Mouchards civils

Plusieurs civils ont aidé les enquêteurs. Notamment :[3]
Après avoir entendu Louna prendre rendez-vous avec un médecin via une écoute téléphonique, les enquêteurs ont contacté le médecin qui a fourni des informations personnelles de Louna, y compris son adresse et son numéro de téléphone.
La pharmacienne d’une pharmacie où Louna obtenait des médicaments a fourni une description physique de Louna, a affirmé la reconnaître sur une photo, et a fourni des documents personnels de Louna, y compris des copies d’ordonnances.
Le chef d’établissement d’un établissement d’enseignement supérieur où étudiait une personne a fourni l’emploi du temps de la personne et des informations sur le moyen de transport qu’elle utilisait pour se rendre à l’établissement.

Vidéosurveillance

Les images de vidéosurveillance du lieu de l’incendie ont montré deux personnes mettre le feu à la pelleteuse, et l’une d’entre elles être victime d’un retour de flamme.[1]

Les images de vidéosurveillance de l’hôpital la nuit de l’incendie ont montré :
La plaque d’immatriculation de la voiture qui a amené Louna à l’hôpital.
Les visages des autres personnes de la voiture.
L’une des personnes de la voiture transportant un arrosoir. Les enquêteurs tenteront plus tard de trouver cet arrosoir dans une perquisition.

Les images de vidéosurveillance de caméras de plusieurs municipalités ont été utilisées pour essayer de reconstruire le trajet de la voiture qui a amené Louna à l’hôpital, et le trajet de Louna quand elle a quitté l’hôpital.[3]

 

Surveillance physique

Cachée

Suite à l’incendie dans la nuit du 4 au 5 mai 2024, les enquêteurs ont mené plusieurs opérations de surveillance physique :[3]
Le 5 mai, à l’hôpital, ils ont pris en photo des personnes demandant des nouvelles de Louna et écouté des conversations.
Les 6, 7, 11 et 14 mai, ils ont surveillé deux lieux où habitaient des personnes opposées au projet d’autoroute. Ils ont pris des photos et relevé des plaques d’immatriculation de véhicules.
Le 10 mai, ils ont surveillé l’entrée de l’hôpital, où Louna avait un rendez-vous.
En juillet, ils ont surveillé un évènement organisé par une personne opposée au projet d’autoroute.

Début octobre, Louna a fait l’objet d’un mandat de recherche. Jusqu’à son arrestation le 12 octobre 2024, les enquêteurs ont mené plusieurs opérations de surveillance physique :
Le 3 octobre, ils ont :
Surveillé pendant 6 heures les domiciles des parents et des grand-parents de Louna.
Effectué plusieurs passages en véhicule devant un autre domicile de la famille de Louna.
Suivi pendant 4 heures une personne qui avait été vue avec Louna à l’hôpital.
Le 8 octobre, ils ont :
De nouveau surveillé pendant 6 heures les domiciles des parents et des grand-parents de Louna.
Effectué plusieurs passages en véhicule devant les domiciles de plusieurs membres de la famille de Louna, et d’une personne l’ayant accompagné à l’hôpital.
De nouveau suivi pendant 6 heures une personne qui avait été vue avec Louna à l’hôpital.
Le 10 octobre, lors du procès d’une personne opposée au projet d’autoroute, ils ont surveillé l’intérieur et les abords du tribunal.
Le 12 octobre, après avoir entendu parlé d’un rendez-vous devant des immeubles résidentiels via une écoute téléphonique, ils ont surveillé ces immeubles et arrêté deux personnes s’étant rendues au rendez-vous, dont Louna.

Vigiles

Dans les jours précédant l’incendie, un vigile a vu des véhicules suspects circuler près du lieu de l’incendie, les a pris en photo, et, après l’incendie, a fourni les photos aux enquêteurs.[3]

 

Notes

1. https://soutienlouna.noblogs.org/post/2025/01/23/free-louna-des-nouvelles-de-laffaire-de-louna-meuf-trans-anar-incarceree-dans-le-cadre-de-la-lutte-contre-la69
2. https://soutienlouna.noblogs.org/post/2025/02/17/louna-est-sortie-de-prison-mais-nest-toujours-pas-libre
3. Source non publique.
4. Un numéro International Mobile Subscriber Identity (IMSI, identité internationale d’abonné mobile) est un numéro qui identifie une carte SIM de manière unique.
5. Un numéro International Mobile Equipment Identity (IMEI, identité internationale d’équipement mobile) est un numéro qui identifie un téléphone de manière unique.
6. https://en.wikipedia.org/wiki/Gas_detector

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Des nouvelles de l’affaire de Louna https://attaque.noblogs.org/post/2025/01/23/des-nouvelles-de-laffaire-de-louna/ Thu, 23 Jan 2025 17:27:52 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=58046 Continuer la lecture ]]> Blog du groupe de soutien à Louna / jeudi 23 janvier 2025

Free Louna ! Des nouvelles de l’affaire de Louna, meuf trans anar incarcérée dans le cadre de la lutte contre l’A69

Cela fait désormais plus de 3 mois que Louna, meuf trans anarchiste en lutte contre l’A69, est maintenue en détention provisoire au sein de la maison d’arrêt pour hommes de Tarbes, à l’isolement. Malgré cet enfermement qui commence à durer et les conditions d’une incarcération à l’isolement, elle garde le moral, et nous on garde la rage de la savoir enfermée. Louna est accusée d’avoir incendié un engin de chantier destiné à la construction de l’A69, projet d’autoroute aussi bien inutile que mortifère, entre Castres et Toulouse. Les demandes de libération, notamment sous contrôle judiciaire ou bracelet électronique, ont été refusées à ce jour.

On revient ici sur les raisons de son incarcération, avec les éléments qu’on a recueillis suite aux autres GAV et lors d’une audience publique, ou avec ce qu’on en interprète, mais aussi sur les moyens de la soutenir. La prochaine échéance importante pour la libération de Louna arrive mi-février : le juge des libertés et de la détention devra statuer sur un renouvellement ou non de la détention provisoire. Diffusons largement le slogan « Free Louna », demandons sa libération et que crèvent les taules, la répression, et la transphobie d’État !

Les éléments de l’enquête

La nuit du 4 au 5 mai 2024, un engin de chantier a été incendié non loin du tracé de l’A69. D’après les enquêteurs, des images de vidéosurveillance sur place montrent deux personnes mettre le feu à une pelleteuse, puis l’une d’entre elle être victime d’un retour de flamme. Or, cette même nuit, une personne a été admise aux urgences dans un des hôpitaux les plus proches du lieu de l’incendie, présentant des blessures qui pourraient être compatibles avec l’accident filmé. Il s’agit ici de Louna, effectivement hospitalisée cette nuit-là.

D’après les images de vidéosurveillance de l’hôpital, trois personnes semblaient l’accompagner. Les enquêteurs ont repéré la voiture dans laquelle Louna serait arrivée en compagnie de ces trois personnes, ils en ont relevé la plaque d’immatriculation et donc l’identité de son.sa propriétaire. De plus, Louna a indiqué un numéro de téléphone d’un.e proche dans un formulaire des urgences, numéro que les flics semblent avoir attribué à un.e des accompagnateurs.rices. Des keufs sont également venus saisir ses vêtements durant son hospitalisation, et ont trouvé de l’ADN sur un short ainsi que sur un masque covid contenu dans une poche. Cet ADN a été attribué à une des personnes suspectée d’avoir accompagné Louna à l’hôpital. Lors de leur passage, les flics ont aussi pris des photos des accompagnateur.rices, de meilleure qualité que les images de vidéosurveillances car prises avec un smartphone. C’était probablement pour tenter ensuite de faire de la reconnaissance faciale, par exemple en comparant avec les photos du TAJ [1] ou les photos de militant.es de l’A69 issues de leur fichage incessant. Après deux jours d’hospitalisation, Louna a décidé de partir d’elle-même.

Sur la base de ces éléments, quatre personnes ont été arrêtées mi-octobre : Louna, deux personnes soupçonnées de faire partie des accompagnateurs.rices, et le.a propriétaire de la voiture. Les gardes à vue ont duré jusqu’à 94 heures, les interrogatoires se sont enchaînés. Les enquêteurs ont également profité de cette garde à vue pour récupérer l’ADN de Louna sur un gobelet qu’elle a utilisé, en plus de l’avoir probablement déjà chopé sur ses vêtements à l’hôpital. Ils déclarent que cette même ADN a été retrouvée sur un masque covid resté sur le lieu de l’incendie. Suite à cela, Louna a été mise en examen dans le cadre de cette instruction et les trois autres personnes ont été relâchées. Les chefs d’inculpation retenus sont la destruction d’une pelleteuse par une substance explosive et la participation à une association de malfaiteur en vue d’une destruction par voie dangereuse.

Mi-novembre, les enquêteurs ont procédé à une nouvelle perquisition et interpellation au domicile d’un.e militant.e, toujours à la recherche d’au moins un.e des accompagnateur.rices de l’hôpital. Ils ont fouillé son appartement à la recherche d’un arrosoir, car les vidéosurveillances de l’hôpital montreraient une personne qui sort de la voiture avec un arrosoir (planquez vos arrosoirs haha). A priori, les keufs auraient visé cette personne par reconnaissance faciale, car elle serait connue par les services de police pour son activisme dans les milieux écolos de sa ville. Iel aussi a été relâché.e sans suites à ce jour.

Parmi les autres techniques que les keufs ont dit avoir utilisé ou que l’on suppose, ils auraient mis un.e ou plusieurs des suspect.es sur écoute pour les appels et SMS en clair et auraient suivi les déplacements d’un.e ou plusieurs personnes par bornage de son / leurs téléphones portables. Ils semblent aussi avoir demandé des relevés bancaires (y compris de proches des suspect.es), et puisqu’ils le font presque systématiquement, on peut imaginer qu’ils ont demandé les fadettes [2] du / des numéros qu’ils ont attribué à un.e / des suspect.es. Enfin, des parents de certain.es suspect.es ont été convoqué.es en audition pendant la garde à vue, dans le cas où iels avaient été désigné.es comme proche à prévenir par les gardé.es à vue.

Une autre enquête d’instruction a été ouverte mi-décembre dernier, avec la mise en garde à vue de trois personnes sur des interpellations ciblées allant jusqu’à 36h. L’enquête concernait plusieurs incendies d’engins de chantier, et les personnes interpellées ont été relâchées sans suite. Vu les nombreux incendies attribués aux militant.es contre l’A69, il y a très probablement encore d’autres instructions en cours sur d’autres faits. Pour se protéger collectivement contre la répression, il nous semble important de continuer de se former et se mettre à jour sur les techniques des keufs et les pratiques de défense collective :
Petit manuel de défense collective
Affaire « Lafarge » moyens d’enquêtes
Les chouettes hiboux face la répression
Site No trace project

Comment apporter du soutien

Louna est en taule depuis trois mois, à l’isolement dans une maison d’arrêt pour hommes, comme c’est courant pour les meufs trans incarcérées [3]. Elle a quelques visites, mais ses proches habitent à plusieurs centaines de kilomètres de Tarbes. Elle reçoit également de nombreuses lettres de soutien, qui lui font toujours très chaud au cœur. Pour obtenir les informations pour lui écrire, vous pouvez envoyer un mail à soutien-louna@riseup.net, car elle ne souhaite pas diffuser publiquement son état civil et numéro d’écrou.

Louna subit la répression d’un système judiciaire transphobe, qui protège les intérêts capitalistes des promoteurs de l’A69, projet d’autoroute dont l’aspect dévastateur est largement documenté [4]. Les magistrats lui reprochent également de ne pas être assez insérée socialement, motif que cette justice classiste trouve suffisant pour placer quelqu’un.e en détention provisoire plutôt que sous contrôle judiciaire. On invite toustes les militant.es anticapitalistes, queer, écolo etc, à demander sa libération immédiate et partager très largement le mot : « Free Louna ! » Vous pouvez repartager ce communiqué ainsi que celui de novembre, les imprimer et les differ dans les lieux militants de votre ville, lors de manifs, faire des prises de paroles lors d’événements, créer des banderoles… Vous pouvez également imprimer et sticker partout ce stickers Free Louna et en créer d’autres.

De manière générale, n’hésitez pas à prendre l’initiative de toute action de soutien qui vous parle. Nous rassemblons sur ce site toutes les informations liées à la situation de Louna : https://soutienlouna.noblogs.org. Vous pouvez mettre le lien sur les tracts, stickers, publications que vous diffusez et nous écrire suite à une action de soutien pour qu’on la partage sur le site si vous le souhaitez.

Enfin, vous pouvez apporter du soutien financier. Il y a déjà eu plusieurs événements de soutien à Louna (un énorme merci!!), grâce auxquels nous pouvons faire face aux frais de son incarcération pour le moment. Vous pouvez continuer d’en organiser, notamment si son incarcération se prolonge, ou également donner sur la cagnotte de l’antirep de l’A69, qui soutient Louna mais aussi de la centaine de procès en cours de militant.es de cette lutte, qui subissent une énorme répression.

Merci infiniment pour toute la solidarité qui est exprimée envers Louna, ça fait chaud au cœur ! Vous êtes incroyables !

On finit par quelques mots de Louna :

« Pour toutes les lettres de soutien à Louna, déjà merci pour la force <3 Y a une part de réconfort de voir autant de soutien entre mes mains. Comme dit une des lettres « les murs sont épais, mais la solidarité puissante ! » Tous ces petits et grands dessins, ces poèmes, ces anecdotes, ces mots d’amour, de tendresse, de rage, des câlins, des accolades, des clins d’œil… On est là ! Un merci particulier aux sœurs trans, on se sait, force !
Merci pour les soirées de soutien, les cantines et tout le reste.
Une pensée à celleux qui se deter ici et ailleurs, on est ensemble <3 Force à celleux qui construisent, qui soignent, qui restent <3 Amour et Rage
TranS RightS »

Free Louna !
No Macadam !
Crève la taule !

Collectif de soutien à Louna
soutien-louna@riseup.net
https://soutienlouna.noblogs.org

 

 

1. Le Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ) est un fichier de police judiciaire recensant des informations relatives aux victimes d’infractions et aux personnes mises en cause et prévenues dans le cadre d’enquêtes pénales. Outre l’infraction en cause, il contient des données en lien avec l’identité des personnes, mises en cause et victimes, notamment les informations sur leur état civil, leur adresse, leur profession ainsi que leur photographie.

2.Les factures détaillées (Fadettes) contiennent les métadonnées des échanges, sans leur contenu. Elles mentionnent notamment les numéros, dates, heures et durées de communication. Plus d’infos ici.

3. https://blogs.mediapart.fr/observatoire-international-des-prisons-section-francaise/blog/120117/personnes-trans-incarcerees-isolement-et-humiliations ou https://oip.org/analyse/femmes-trans-en-prison-ostracisees-et-discriminees/

4. https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/enquete-conflit-d-interet-opacite-financiere-dans-les-coulisses-du-projet-controverse-de-l-a69_6495839.html ou https://reporterre.net/A69-Toulouse-Castres-un-avis-negatif-du-Rapporteur-public-relance-le-debat-sur-le-projet

 

[auf Deutsch][en español]

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Affaire du 8/12 : Analyse d’une enquête préliminaire – PNAT & DGSI https://attaque.noblogs.org/post/2024/12/14/affaire-du-8-12-analyse-dune-enquete-preliminaire-pnat-dgsi/ Sat, 14 Dec 2024 17:39:16 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57637 Continuer la lecture ]]> Vallées en lutte / mercerdi 11 décembre 2024

Une analyse de l’enquête préliminaire dans l’ « Affaire du 8 Décembre », diligentée par le Parquet National Antiterroriste et menée par la DGSI.

Coucou ! Le document que vous avez entre les mains n’est pas un résumé ni une analyse politique de l’opération antiterroriste du 8 décembre 2020.

Ce document décrit les faits et gestes des acteurs répressifs, que ce soit les flics ou les magistrats. Nous souhaitons rendre intelligible et publique leurs méthodes de travail pour apprendre à s’en protéger.

Ce document est incomplet. Il manque encore à l’analyse la suite de l’information judiciaire, les arrestations/perquisitions, la détention, les exploitations de scellés, les contrôles judiciaire, le procès, le sursis probatoire, le jugement, etc.

On parlera essentiellement de l’enquête préliminaire qui s’étend sur plus de 2 mois (du 7 février 2020 au 20 avril 2022), même si on va parfois évoquer des éléments de procédure de ce qui précède (du renseignement opéré par la DGSI) et de ce qui suit (l’ouverture d’une information judiciaire, le procès, etc.).

Nous évoquerons des aspects de procédure (qui fait quoi quand) mais surtout des détails de la mise en place des moyens de surveillance et de renseignement et ce qu’ils en obtiennent. On ne s’attardera pas sur ce que les camarades visées par l’enquête auraient fait ou pas fait. Cela relève de la Défense des inculpé·es.

Face à la répression, notre solidarité se doit d’être sans faille.

Et en vue du procès en appel, qui est prévu pour novembre 2025, toute action de solidarité est la bienvenue.

Pour plus d’informations là dessus, rendez-vous sur les blogs de soutien sur lesquels vous trouverez : informations sur les prochaines mobilisations, brochures, articles, podcasts, tracts, affiches, témoignages, contacts, etc.

soutien812.net
solidaritytodecember8.wordpress.com
soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org

Ce qui nous intéresse par contre, c’est de décrire en détail les méthodes qu’utilise la DGSI pour constituer un dossier permettant l’arrestation et la mise en examen de personnes. Ces méthodes se succèdent et se chevauchent mais suivent une certaine logique. On a essayé au mieux de s’y tenir.

Pour comprendre la logique des acteurs répressifs, il sera cependant indispensable de donner quelques éléments de contexte. Nous avons choisi des pseudos pour les personnes ciblées, pour une meilleure compréhension de la logique policière.

A des fins journalistiques et démocratiques, nous avons décidé de retranscrire les noms complets des acteurs étatiques, afin de mettre en lumière aux yeux des citoyen·nes les activités précises des agents de l’État faites en nôtre nom à touxtes.

 

Cliquez pour télécharger le format brochure ou page par page. [Mise à jour du 15 décembre : la nouvelle version de la brochure]

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Affaire du 8/12, 4 ans de répression et l’appel à venir https://attaque.noblogs.org/post/2024/12/09/affaire-du-8-12-4-ans-de-repression-et-lappel-a-venir/ Mon, 09 Dec 2024 17:22:00 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57607 Continuer la lecture ]]> Paris-luttes.info / dimanche 8 décembre 2024

Le 8 décembre 2020, dans divers lieux à travers toute la fRance, se déployait une opération judiciaire et policière « antiterroriste ». À l’approche de la date anniversaire, on avait envie de faire rapidement le point et donner des news.

Cette opération fût déclenchée suite à la surveillance systématique par la DGSI de personnes rentrant d’un séjour dans une des zones considérées par les services secrets comme « dangereuses ». Un juge d’instruction du Parquet National Anti-Terroriste s’est alors saisit de ces notes blanches et a enquêté ​​par l’intermédiaire de la DGSI, sur des personnes entourant un camarade revenu justement d’un séjour au Rojava. Cette enquête, un dossier d’instruction de 1800 pages, se solde par une vague d’arrestations le 8/12/20, suivie de toutes les conséquences subies depuis 4 ans dont on fait un rappel non exhaustif ici.

À l’issue des arrestations, 14 lieux sont perquisitionnés. Après 96h de garde à vue dans les locaux de la DGSI, sous les pressions psychologiques, les interrogatoires sous médicaments, des pièces falsifiées ou hors contexte, 7 personnes sont inculpées. Elles sont alors déferrées devant le juge d’instruction et 5 d’entre elleux sont placées en détention provisoire.

L’affaire a également impacté de nombreuses personnes autour. 12 personnes en tout ont passé 4 jours en GAV à la DGSI, avec de nouvelles arrestations en février et septembre 2021. Un total de 29 convocations, dont la plupart ont été la menace pour obtenir un permis de visite en prison. Sans compter la quantité de matériel et de biens personnels ou informatique qui ont été saisis pendant les perquisitions et qui, à ce jour, n’ont pas été rendus.

Jusque-là les inculpé.es ont fait 47 mois de prison cumulés, une mise à l’isolement, des fouilles à nu, des interrogatoires interminables, des refus de soin, des galères d’accès aux colis, cantine, courrier, etc. pendant l’instruction.

Des remises en « liberté » au compte-goutte, le PNAT faisant appel de la libération de l’un d’entre eux, un autre réussi à sortir après une grève de la faim de 36 jours, passant d’une sortie de l’isolement carcéral à 6 mois de bracelet électronique dans le cadre de son CJ.
Pour l’ensemble, c’est 277 mois de CJ, comprenant le pointage, la limitation géographique des déplacements, l’obligation de résidence, de travail, les rdv avec « binôme de soutien » (éduc et psy) et le SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation)…

Pour finir, c’est un total de près de 150 000e de frais comprenant le paiement des avocat.es, la préparation des colis en prison (habits, revues, livres), la thune pour cantiner, puis tous les frais et les déplacements des soutiens. Et tout ce qui ne se quantifie pas : les séquelles physiques et psychologiques, le mépris, les menaces, les pressions, des relations durablement affectées, la surveillance continue…

Seize après-midi d’audience, soit 1 mois de procès, un rendu 2 mois plus tard et les arguments de la juge donnés 9 mois après le rendu ! Tous.tes sont reconnu.es coupables d’« association de malfaiteurs terroriste » et trois d’entre-elleux de « refus de communiquer ses conventions de déchiffrement ».
Iels ont été condamné.es en première instance à des peines allant de 2 à 5 ans de prison, dont 15 à 30 mois de sursis probatoire, impliquant un lourd contrôle médico-social : rdv SPIP, suivi addicto, psy, obligation de résidence, obligation de travail, et donc la menace de faire tomber le sursis en cas de manquement.

Pour 6 d’entre elleux une inscription au FIJAIT (Fichier des auteurs d’infraction terroriste) : contrôle des déplacements à l’étranger, pointage, justification de domicile tous les 3 mois et interdiction de travailler dans certains domaines (santé, fonctionnaire, animation…).

Et toujours l’interdiction de communiquer sauf pour 2 d’entre elleux.

Sur les 7 condamné.es, 6 ont choisi de faire appel du rendu du procès, l’audience aura lieu en novembre 2025.

Au-delà de la contestation de ce rendu pour les 6 inculpé.es, c’est aussi et surtout le choix de ne pas laisser s’ancrer cette décision comme une jurisprudence qui permettait à l’État de continuer de réprimer plus férocement encore nos luttes et modes de vie.

L’outil anti-terroriste, avec sa législation dite d’exception (qui l’est de moins en moins), reste un outil hyper utile pour l’État. Grâce à cette affaire, comme pour d’autres affaires précédentes, les moyens d’enquête déployés ont permis de faire un instantané de la géographie des relations au sein des groupes militants, anarchistes, anti-autoritaires. Peu importe la finalité, une culpabilité réelle ou non, d’un projet réel ou fantasmé, l’important pour la justice est de maintenir la peur, d’occuper les gens sur de l’antirep. Ainsi il lui est possible d’observer comment les groupes fonctionnent et d’affûter leurs outils de maintien de la paix, le tout grâce à des capacités de surveillance sans limite.

En attendant, l’épée de Damoclès judiciaire reste menaçante au-dessus de la tête des inculpé.es. On vous invite à aller jeter un oeil sur les blogs, qui contiennent l’historique de cette affaire, les actions mises en place, les comptes rendus du procès et les divers textes d’analyses publiés. On y mettra aussi la suite des évènements, stay tuned !

Nous encourageons toutes les personnes qui se sont retrouvées face à la justice à partager leurs expériences, via la rédaction de brochure ou autres. Parce que raconter comment la justice enquête nous apprend à mieux s’en sortir quand on se retrouve dans ses filets. Parce que réfléchir aux erreurs stratégiques de défense permettra à ce que d’autres puissent les éviter. Parce que discuter de nos expériences de procédures, de procès, de rapport aux avocat.es, de prison, de contrôle judiciaire, nous aide à mieux nous préparer à cette éventualité, pas comme une fatalité mais plutôt comme quelque chose qui peut arriver…

Se soutenir et s’aider dans ces situations nous rend plus fort.es ensemble et évite l’isolement face au rouleau compresseur de la justice.

Restons solidaires !

 

Les blogs des comités :
https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/
https://soutien812.blackblogs.org/

Cagnotte en ligne :
https://www.helloasso.com/associations/comite-vertigo/formulaires/9

Événement à venir :
Soirée anti-répression le vendredi 13/12 en Ardèche / Les Blayons – 07270 Nozières. Prix libre. En soutien à des luttes en cours qui subissent la répression policière et l’autoritarisme judiciaire et politique.
Infos / cantine / concerts / tombola !

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Brême (Allemagne) : Feu et flammes pour ceux qui profitent de la peur https://attaque.noblogs.org/post/2024/11/28/breme-allemagne-feu-et-flammes-pour-ceux-qui-profitent-de-la-peur/ Thu, 28 Nov 2024 17:44:24 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57524 Continuer la lecture ]]> tumulte / mercredi 27 novembre 2024

Brême (Allemagne) : Feu et flammes pour ceux qui profitent de la peur. OptoPrecision attaquée

Dans la nuit du 26 novembre 2024, nous avons attaqué avec des engins incendiaires le siège d’OptoPrecision, dans le quartier de Horn, à Brême. Nous avons mis le feu au bâtiment à deux endroits différents. Des pierres, des cocktails Molotov et plusieurs litres de mélange inflammable nous y ont aidés.

OptoPrecision GmbH est une société dont le siège est à Brême. Dans sa branche Security Systems, l’entreprise développe des technologies de surveillance pour la police, les services de sécurité et l’armée. Sa gamme de produits va de différentes sources lumineuses laser et LED à des systèmes complets, fabriqués sur mesure, pour des tâches d’observation et de surveillance complexes, sur terre et en mer.

Cette entreprise a attiré notre attention à cause de sa collaboration étroite avec les flics du Land de Saxe. En collaboration avec la direction de la police de Görlitz, OptoPrecision a développé un système mobile de caméras, pour des enregistrements vidéos fiables, indépendamment de la lumière du jour, dans le but d’identifier personnes et véhicules. L’utilisation du système d’identification de personnes PerIS a fait la une des journaux, cette année. Ce système a été testé en Saxe et aussi, par le biais d’une assistance administrative, au moins en Basse-Saxe, à Berlin, en Rhénanie du Nord-Westphalie, dans le Brandebourg et dans le Bade-Wurtemberg.

Une technique spéciale pour des enquêtes secrètes

Les flics fouinent et s’introduisent de plus en plus dans la vie privée de nous tou.tes. OptoPrecision fournit la technique pour cela. Ainsi, cette entreprise propose des systèmes d’éclairage laser infrarouge, spécialement conçus pour les enquêtes secrètes des autorités répressives, qui devraient permettre d’obtenir des images lisibles à des centaines de mètres de distance et dans de mauvaises conditions de visibilité. On entend de plus en plus dire que les flics surveillent des camarades pendant des mois, voire des années. OptoPrecision accueille avec plaisir les commandes des autorités répressives. Cette entreprise est donc coresponsable de la terreur psychologique, des nuits blanches, de l’isolement, de la peur des perquisitions et aussi du fait que des camarades sont en taule. Nous considérons donc notre attaque comme une contribution au travail pratique de lutte contre la répression. Par cette occasion, nous envoyons des salutations enflammées aux nôtres qui se trouvent en taule ou en cavale !

La technologie de surveillance a toujours été un outil important de l’appareil répressif. La numérisation de la société et les possibilités techniques toujours nouvelles aident l’État à
poursuivre, à l’avenir, l’amélioration de ses compétences en matière d’ordre public. Le mouvement radical de gauche, antiraciste et antiautoritaire est trop souvent, déjà, menacé par cette évolution. Une vision pessimiste de l’avenir doit partir du fait que les gouvernements et les autorités de droite de demain préparent leurs armes dès aujourd’hui. En fin de compte, cela n’affectera pas seulement ceux/celles qui résistent, mais toute personne qui s’écarte d’une norme étatique, qui a une « mauvaise » origine et/ou se trouve dans une situation économique précaire. Il n’est donc pas étonnant qu’OptoPrecision accepte non seulement les commandes des flic, mais participe aussi au business sanglant des frontières de l’Europe. Sur la page d’accueil du site de l’entreprise, on trouve des techniques pour l’ainsi-dite « protection des frontières ». La vision de l’humanité propre à cette entreprise est montrée, entre autre, par l’extrait suivant, issu de sa page d’accueil :
« Les tâches de la protection des frontières comprennent la surveillance des frontières nationales et des zones terrestres, maritimes et aériens proches de la frontière. Dans la protection des frontières, le défi consiste à surveiller des personnes et des objets sur de longues distances, dans des conditions météorologiques et de lumière variables. »
Avec la technologie d’OptoPrecision, des personnes sont contrôlées, pourchassées et finalement tuées.

L’anonymat plutôt que l’ordre public

OptoPrecision propose aussi des techniques de surveillance pour l’espace public et profite ainsi de la « smart city », où les gens sont complètement surveillés. Une évolution que nous devons arrêter. Dans la surveillance totale, tout doit être mesuré et de ce fait tout comportement déviant doit être immédiatement arrêté, ou prédit, afin de pouvoir le criminaliser directement. Même les dernières niches d’autodétermination doivent devenir une relique du passé. Au nom de la sécurité, le rues et les places de Brême sont équipées de toujours plus de caméras haute résolution, comme dans le quartier de la gare, à Hillmannplatz ou à Gröpelingen. Partout où la ville libérale de Brême soupçonne une vie gênante, les places sont surveillées. En même temps, des institutions sociales sont mises au rebut et les toxicomanes sont traités comme des bêtes de proie. Une vie anonyme et digne d’un être humain n’a pas sa place dans l’espace urbain.

Celui qui veut voler haut peut tomber bas

Le fondateur, directeur général et propriétaire d’OptoPrecision est le Dr. Martin Nägele. Il dirige l’entreprise presque comme un patriarche et il est responsable des décisions de cette firme. Par cette occasion, nos salutations militantes vont à tou.tes celles/ceux qui s’élèvent contre la violence patriarcale et pour lesquel.les le 25 novembre dure 365 jours par an. L’adresse personnelle de Nägele est, selon nos informations, une villa, au 15 H.C-Junge-Weg, dans le quartier de Oberneuland. Mais nous ne voulons pas nous limiter à Nägele et à OptoPrecision. Il y a beaucoup d’entreprises qui sont actives dans le même secteur. Par exemple T-Systems, qui a récemment été attaquée, à Berlin, avec des idées enflammées. Notre attaque est aussi un avertissement à tous les autres qui font des affaires avec la surveillance et la répression. Il sera difficile de les empêcher de faire de cette société une dystopie en marche, faite de profit et de surveillance. Mais il sera tout aussi difficile d’empêcher que leurs infrastructures smart ne brûlent, de temps en temps.

Cela dépend aussi de nous, que les choses restent ainsi ou pas. Prenons nos responsabilités, dans la lutte pour un monde anti-autoritaire. Mettons le feu au système de la surveillance, des frontières et du repli !

En souvenir de Kyriakos Xymitiris.

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Carrare (Italie) : Attaque incendiaire contre trois engins de chantier https://attaque.noblogs.org/post/2024/11/26/carrare-italie-attaque-incendiaire-contre-trois-engins-de-chantier/ Tue, 26 Nov 2024 17:25:48 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57515 Continuer la lecture ]]> La Nemesi / lundi 25 novembre 2024

Attaque incendiaire contre trois engins de chantier, dans une carrière de marbre, en localité Campocecina (Carrare, 3 novembre 2024)

Langues de feu

Dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 novembre, un incendie a éclairé une nuit sans lune, sur les Alpes apuanes, en détruisant trois engins de chantier, dans une carrière de marbre, en localité Campo di Cecina, près de Carrare.

En ces lieux où il est facile de passer inaperçus, des machines et des structures indispensables pour le systèmes industriel sont souvent laissées sans surveillance.

Que ce genre de brasiers se répande, contre les machines dévastatrices et leurs misérables propriétaires.

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Takakia #3. Brame de combat contre le Mordor industriel (automne-hiver 2024) https://attaque.noblogs.org/post/2024/11/24/takakia-3-brame-de-combat-contre-le-mordor-industriel-automne-hiver-2024/ Sun, 24 Nov 2024 19:52:01 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57487 Continuer la lecture ]]> reçu par mail / dimanche 24 novembre 2024

Takakia #3
Brame de combat contre le Mordor industriel

96 pages – automne/hiver 2024

prix libre (coût de fabrication 1,75 euros)
abonnement de soutien : 20 euros (3 numéros par an)
tirage 1000 exemplaires
Pour commander :
– via le formulaire sur takakia.blackblogs.org
– via le mail takakia@riseup.net

Messages de service
– Les numéros #1 et #2 sont épuisés, des PDF peuvent être téléchargés depuis notre site.
– Si vous voulez participer à la diffusion de cette revue, contactez-nous ! (et un grand merci à celles et ceux qui le font déjà)
– Si vous avez encore un petit pot avec du prix libre pour Takakia, merci de nous faire remonter les sous. !! Merci de nous écrire pour connaître les coordonnées de l’envoi !!
– Merci aux elfes sylvaines de Nandor, aux Piévelus, aux elfes Sinda de Doriath, aux Aigles du Nord, aux enfants de Dúnedain, aux Entures, aux Nains d’Erebor, aux Rohirrim, au peuple d’Haleth et à toutes les créatures libres. Votre résistance au Mordor industriel est une source inépuisable d’inspiration et d’encouragement.

Sommaire

ARTICLES ET RECITS
La Kanaky insurgée met à mal l’État… et l’industrie minière
Nouveaux OGM : grise mine dans les labos de la plaine du Pô
Chimie industrielle. Le règne ténébreux de l’artificiel
Sur la ligne de feu : interview avec des anarchistes en Grèce sur les feux de forêt et la résistance contre la société techno-industrielle
La magie et la machine. Technologie et animisme à l’ère de l’extermination écologique
Direct Action. Guerre au patriarcat, guerre à la technologie mortifère : une histoire de résistance armée au Canada

RUBRIQUES
Résistances
Freinage d’urgence dans le Sud-Ouest
Fragments de la résistance contre l’A69
Exploitation industrielle des forêts : la fronde monte
Mégabassines : à bout de souffle ?
En Sardaigne, le prix du capitalisme vert
Sápmi : un train qui va nulle part

Mauvaises herbes
Drainage

Aguerrissement
Le vent, le froid, la pluie, la neige

Recensions
La mort de la Nature : les femmes, l’écologie et la révolution scientifique
Sans dessous-dessus : apériodique pour chahuter l’extractivisme Vers l’écologie de guerre

 

Petite présentation de la revue :

Sur le plateau tibétain, au nord des géantes de l’Himalaya, une plante rare s’accroche aux falaises granitiques glacées, témoins robustes du Jurassique. Sur le toit de la planète, les pousses vertes de cette plante restent proches du sol, dépassant rarement l’épaisseur d’un doigt, et ses feuilles sont minuscules. Très rare, son vert vif et éclatant n’a été observé que par peu d’humains. Le nom vernaculaire en japonais, nanjamonja-goke, reflète bien la résilience hors commune dont fait preuve cette plante : la « mousse impossible ».
La mousse Takakia, est le plus vieux genre taxonomique de plantes connu. Elle a probablement 390 millions d’années, plus vieille que le supercontinent Pangée qui a commencé à se séparer il y a 200 millions d’années pour former les continents tels que nous les connaissons aujourd’hui. Si Takakia est particulièrement âgée, les mousses sont parmi les plantes les plus vielles sur terre. Leur résilience, leur capacité d’adaptation et d’évolution sont tout simplement uniques, ce qui les rendent capables de prospérer presque partout : dans les déserts les plus secs comme dans les forêts luxuriantes, sur les collines de l’Antarctique balayées par les vents et aux sommets des montagnes.
Dans le monde moderne, les mousses, pourtant si fondamentales pour le vivant, ont été relégués au décor. A proximité de la présence humaine, elles font souvent l’objet d’une impitoyable guerre chimique afin de les expulser du pavé et du béton, des cadres, des fenêtres et des seuils de portes. Est-ce que ce serait une coïncidence que dans les imaginaires de villes en décrépitude, dans des rêves de la chute de la société industrielle, les mousses – plantes porteuses de vie et résilientes face aux pires pollutions et radiations – sont parmi les premières à recouvrir les ruines des usines et des métropoles, des autoroutes et des déchetteries ? Dans la revanche de la nature, les mousses avancent. Et avec elles, la vie non-domptée, le sauvage, la farouche, le rudéral. Takakia a survécu à au moins quatre extinctions massives de la faune et de la flore, toutes dues à des changements climatiques. Ce n’est pas la première fois que les mousses voient les glaciers fondre. Mais aujourd’hui un défi autrement plus grand se dresse devant la mousse impossible. Désormais, sa résilience mythique est mise à rude épreuve par la crise écologique totale qu’est la société industrielle. C’est ce que Takakia sur le plateau tibétain raconte aux humains qui sont allés la trouver: d’année en année, son combat se durcit, mais sa résistance ne faiblit pas. Elle recule, mais elle se bat, inlassablement.
Takakia marque une ligne de démarcation : résistance et liberté ou soumission et agonie. Le souvenir des mousses qui ont verdi la planète et ont donné naissance à tout ce qui vit et croît à la sortie de chaque ère de cataclysmes n’a pas été effacé. Aasaakamek, celles qui couvrent la terre. Aujourd’hui, cette force viscérale vient nourrir le fabuleux rêve de les voir couvrir les ruines industrielles de l’Anthropocène. Chaque pousse de Takakia rappelle le défi actuel : œuvrer à la chute de la société industrielle ou périr avec elle ; résistance libre et sauvage ou soumission morbide.

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Halle-sur-Saale (Allemagne) : Vitres cassés chez Ströer ! La solidarité doit devenir pratique ! https://attaque.noblogs.org/post/2024/11/13/halle-sur-saale-allemagne-vitres-casses-chez-stroer-la-solidarite-doit-devenir-pratique/ Wed, 13 Nov 2024 17:27:35 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57373 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / dimanche 11 novembre 2024

La nuit dernière, nous avons attaqué avec des pierres les locaux de l’agence de publicité Ströer.

Vendredi, un camarade a été arrêté par les flics, en Thuringe, parce qu’il est accusé d’antifascisme conséquent.

Cette action est l’expression de notre solidarité avec Johann et tou.tes les antifas persécuté.es et emprisonné.es, ainsi que l’expression de notre colère contre l’État allemand et ses larbins !
Nous souhaitons à l’entreprise Ströer tout le mal possible et espérons avoir réduit, par le coût des réparations, les profits issus de la chasse à l’homme*.
Nous appelons à envoyer des signes de solidarité vers les prisons, de manière autonome et par différents moyens.

Soyez là les un.es pour les autres ! Organisez l’antifascisme !
Liberté pour Johann, Nanuk, Maja, Hanna, Tobi et tou.tes les autres !

 

* Note d’Attaque : le visage du camarade, accompagné par la promesse d’une forte récompense pour qui aurait fourni à la police des éléments susceptibles d’en provoquer l’arrestation, a été affiché sur des panneaux publicitaires à travers toute l’Allemagne.

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Prison de Garth (UK) : « Rien de surprenant » – une lettre du prisonnier anarchiste Toby Shone https://attaque.noblogs.org/post/2024/10/31/prison-de-garth-uk-rien-de-surprenant-une-lettre-du-prisonnier-anarchiste-toby-shone/ Thu, 31 Oct 2024 17:47:23 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57211 Continuer la lecture ]]> Anarchist Black Cross Brighton / jeudi 17 octobre 2024

Certaines choses ne nous surprennent pas et je trouve bien sûr que le recours aux options judiciaires est dégoûtant, mais efficace. L’anarchisme est illégal ou ce n’est pas de l’anarchisme, comme nous le rappelle notre cher compagnon Gustavo Rodriguez. Néanmoins, au cours des derniers mois, mes avocats ont pu obtenir un rapport de renseignement de sécurité (Security Intelligence Report – SIR), produit par les bureaucrates anti-terroristes de la prison. Cette divulgation a eu lieu dans le cadre d’une demande de libération conditionnelle, qui de toute façon a été rejetée. Le secrétaire d’État s’est opposé à ma libération et a fait une requête de non-divulgation [de ce document], pour des raisons de « sécurité nationale », afin de m’empêcher de voir les « preuves » utilisées à mon encontre ou d’y répondre. Le tribunal des libertés n’a pas donné son accord et m’a permis d’avoir accès à huit maigres pages de rapports de renseignement. Celles-ci couvrent la période de septembre 2023 à janvier 2024 et donnent un aperçu incomplet de la surveillance et de la censure de ma correspondance et des livres qui me sont envoyés, de la collecte d’informations sur les personnes avec lesquelles je suis en contact et des renseignements reçus au sujet du rassemblement solidaire, avec des feux d’artifice, à la prison de Bristol, l’année dernière, quand j’y étais détenu.

Le rapport a révélé la collecte de tous les noms, adresses et détails personnels de toutes les personnes qui communiquent avec moi. Par exemple, il est indiqué qu’un compagnon écrit qu’il travaille comme facteur, qu’un autre compagnon « a une fille en prison », etc. Parmi ces informations, ils répertorient aussi toutes les connexions personnelles et tous les détails relatifs aux affiliations à des groupes ou tendances. Une analyse géographique a été réalisée à l’aide de Google Maps pour visualiser leurs positions géographiques. Le cinéma Star and Shadow, à Newcastle upon Tyne, est désigné comme un « point de rencontre potentiel » et le centre social BASE, Bristol, est décrit comme « un possible squat ou commune, largement recouvert de tags ».

Le niveau de renseignement et d’analyse affiché est donc faible et grossier, mais on peut s’attendre à ce que les données soient transmis aux services de sécurité et à l’État policier.

Le régime de sécurité auquel je suis soumis est dirigé de l’extérieur de la prison, par un comité* composé de hauts responsables de la police, de la Counter Terror Unit, de la National Security Division et de l’administration gouvernementale, ainsi que de psychologues du service médico-légale.

Nous savons que l’État a peur et prend des mesures répressives, mais il est rare que nous voyions des preuves de son mode de fonctionnement, c’est pourquoi je donne ce compte-rendu comme réponse.

Je n’ai rien à justifier.

Dans cette situation, je savais déjà parfaitement, avant sa divulgation, en quoi consistait la « preuve » secrète : le fait que je maintiens mes idées et mes contacts avec le milieu anarchiste et avec le mouvement social. Le fait que je continue à écrire « et à essayer de recevoir » des lettres et que l’on m’envoie des livres et des publications au contenu critique.

Je n’aurai pas une seule phrase d’excuses pour cela.

J’envoie mes salutations à Alfredo, Anna, Juan et à tou.tes les prisonnier.es et le compas persécuté.es en Italie.

À Francisco, Mónica et tou.tes les compas emprisonné.es au Chili.

Aux compas emprisonné.es et à ceux/celles qui luttent en Grèce.

Force à Daniela Klette, en Allemagne.

De même, à tou.tes les compas détenu.es, partout, ainsi qu’aux groupes d’action : je vous envoie une accolade et ma complicité.

Une accolade chaleureuse à Claudio, qui est libre, désormais.

Pour l’application d’une théorie pratique.
Pour une internationale noire.

Toby Shone
13 octobre 2024
HMP Garth
Nord-Ouest [de l’Angleterre]

 

* MAPPA [Multi-Agency Public Protection Arrangement] : arrangement de protection publique multi-agences.

 

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Répercussions suite à la publication de « Rien de surprenant »

Anarchist Black Cross Brighton / mardi 22 octobre 2024

En raison de l’envoi, de la part de Toby Shone, du texte « Rien de surprenant » à l’ABC Brighton, dans la matinée du 21 octobre il a reçu la visite du duo composé par Ian Turner et Mick McCormack, du service de prévention antiterroriste. Il a reçu trois sanctions administratives et est maintenant sous le régime Basic du IEP [Incentives and Earned Privileges], ce qui signifie pas de télévision et seulement cinq livres à dépenser par semaine. Les sanctions étaient pour : avoir écrit une lettre ouverte à Joe Black, de l’ABC Brighton, le 13 octobre (« Rien de surprenant » a été dicté par téléphone) ; plusieurs appels téléphoniques à une amie, au cours desquels elle l’a mis en haut-parleur pour qu’il puisse parler aussi à d’autres personnes présentes dans la pièce et pour avoir parlé irrespectueusement du personnel, y compris de sa conseillère de probation, Clare Ashton, au cours d’une conversation avec un autre contact, en septembre. Les deux personnes avec qui il a parlé ont été retirées de sa liste de contacts téléphoniques.

NB : Toby doit être libéré le 13 novembre 2024, après avoir purgé la totalité de sa peine. Celui-ci n’est que le plus récent (et, espérons-le, le dernier) acte vindicatif des « bureaucrates anti-terroristes » de la prison de Garth, dans la tentative de le punir pendant les derniers jours où il se trouve [incarcéré] « selon le bon plaisir de Sa Majesté ».

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Telegram : Attention danger public ! https://attaque.noblogs.org/post/2024/10/16/telegram-attention-danger-public/ Wed, 16 Oct 2024 16:29:24 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=57010 Continuer la lecture ]]> Paris-Luttes.info / dimanche 13 octobre 2024

Cela fait des années que l’application de messagerie Telegram est décriée sur des questions de sécurité numérique (contenu non chiffré, application propriétaire, fondateur s’octroyant des accès abusif aux contenus des utilisateur·ices). Malgré cela elle est de plus en plus utilisée par de nombreux collectifs militants de pleins de milieux, pour des arguments de praticité, de fonctionnalités communautaire (créer des fils d’information par exemple). Telegram entretient le flou depuis des années sur la sécurité des données (laissant croire à tout le monde que c’est une messagerie chiffrée alors qu’elle ne l’est pas par défaut et ne permet pas de faire des groupes de discussion chiffrés).

Et comme on pouvait s’y attendre la situation empire. En effet son fondateur et PDG Pavel Dourov a été arrêté par la police, la justice lui reprochant de ne pas répondre aux réquisitions judiciaires et d’héberger sur son site des groupes exerçant des activités illégales. On a donc appris lundi qu’a présent Telegram allait collaborer avec la justice, notamment que

« les adresses IP et les numéros de téléphones portables de ceux qui violent nos règles pourront être communiqués aux autorités en réponse aux requêtes judiciaires valides ».

De manière très concrète cela veut dire que la police pourra avoir accès aux adresses IP et numéro de téléphone (donc identité la plupart du temps) de toutes les personnes étant dans des groupes militants. Quand on sait que certains groupes sont composés de plusieurs dizaines de miliers de personnes, ou que d’autres regroupent des milieux très précis, c’est assez inquiétant.

Nos conseils face à ça :

continuer de se former sur les questions de sécurité numérique & d’antirep (c’est un travail continu et dont nos pratiques doivent changer régulièrement pour s’adapter à la repression)
ne pas utiliser Telegram
si besoin absolu d’avoir accès à des infos sur un fil télégram, y accéder sans compte depuis Tor (les liens en t.me/s sont consultables directement sur internet)
privilégier des solutions de communication numérique réellement sécurisée (Signal nous semble être le meilleur compromis aujourd’hui ; même s’il nous semble important d’avoir en tête ses limites et de réfléchir dès maintenant à des solutions plus robustes)

Pour quelques limites de Signal, nous vous conseillons la brochure « Signal fails ».
Il n’est pas non plus exclu que l’application soit un jour bloqué par les autorités ou qu’un changement de modèle économique, type BlaBlaCar, survienne si l’application gagne de grosses parts de marché (passer d’un service gratuit à la monétisation en profitant d’une situation de quasi-monopole). Il serait donc préférable que nos milieux ne se mettent pas en situation de dépendance d’une plateforme centralisée privée.

Si vous souhaitez discuter de ce sujet, n’hésitez pas à contacter des collectifs de sécurité numériques les plus proches de chez vous !

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38h aux mains du GLEV, entretien avec un dijonnais arrêté le 5 juin 2023 dans le cadre de l’affaire « Lafarge » https://attaque.noblogs.org/post/2024/09/22/38h-aux-mains-du-glev-entretien-avec-un-dijonnais-arrete-le-5-juin-2023-dans-le-cadre-de-laffaire-lafarge/ Sun, 22 Sep 2024 17:17:07 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=56846 Continuer la lecture ]]> Dijoncter.info / dimanche 22 septembre 2024

Le 5 juin 2023, un dijonnais se retrouvait interpellé à son domicile, perquisitionné et placé en garde-à-vue dans le cadre de l’enquête autour du « désarmement » de l’usine Lafarge de Bouc Bel Air ayant eu le 10 décembre 2022.

Est-ce que tu peux nous raconter ton interpellation ?

Il est environ 6h, je suis sorti du sommeil par un bruit de troupeau dans ma cage d’escalier puis quelqu’un qui tambourine à ma porte en m’appelant par mon nom. Le stress monte d’un coup, aussi parce qu’il y a ma fille qui me demande ce qu’il se passe d’une voie encore endormie. « Oui, qu’est-ce que c’est ? », « Gendarmerie nationale, ouvrez ! ». Ça défile dans ma tête pendant que je cherche de quoi m’habiller, « dépêchez-vous ! », ça tambourine plus fort. Je me demande ce qu’ils font là. Quand je finis par ouvrir, je fais une tentative pour les retenir sur le pas de la porte et qu’ils m’expliquent les raisons d’un tel débarquement matinal. Le gars qui est en face de moi me pousse dans l’appart et rit comme si je ne comprenais pas la situation. « On va vous expliquer ». Le type me dit : « on est de Marseille, on vient par rapport à la cimenterie Lafarge ». Il lâche ça comme si j’étais censé être au courant. Je suis placé en garde à vue à 6h05. S’ensuit une perquisition de 3h où ils épluchent l’appartement, se concentrant visiblement sur tout document qui pourrait avoir un rapport avec le béton, avec les soulèvements de la terre et plus généralement avec toute forme d’activité politique. Un autre enquêteur qui semblait être le collègue du type qui m’a placé en garde à vue prend en photo un petit abécédaire avec la tête de Marx sur la couverture. Toujours subversif à les en croire ! Ils m’interrogent sur des noms et des adresses qui apparaissent sur des vieux brouillons. Je demande 10 fois à aller aux toilettes, parce que je bois en continu à cause de l’angoisse qui me sèche la gorge comme jamais. Quand ils parlent trop fort, je leur rappelle qu’il faut chuchoter, croyant que ma fille s’est rendormie !

Est-ce qu’ils ont détaillé tout de suite pour quels motifs tu as été placé en garde-à-vue ?

Je crois oui, en tout cas sur les procès verbaux il en figurait trois : association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit entraînant au moins cinq ans d’emprisonnement ; dégradation et destruction de bien d’autrui avec deux circonstances aggravantes ; dégradation et destruction par un moyen pouvant entraîner un danger pour les personnes. Il y a aussi des « bandes organisées » et « en réunion », qui traînent ici et là. Plus tard, j’ai lu « peine criminelle » quelque part dans un des PV. Ils m’ont alors expliqué qu’un des motifs de poursuite relevait du « criminel », ce qui a justifié le fait que toutes les auditions, et parfois un peu plus, étaient intégralement filmées et enregistrées.

On peut dire que c’est de la « criminalisation » au sens littéral…

En tout cas, ce qui m’a marqué par contraste, c’est que l’homme du duo d’enquêteurs répétait : « non mais, la cause est légitime » pendant la perquisition, tout en fouillant le moindre des documents de mon appart’ à la recherche du mot « Lafarge » et tandis que j’étais entouré par trois autres policiers armés. C’était l’ambiance générale de la garde-à-vue : à la fois on me poursuit pour crime en bande organisée et en même temps on me répète que « la cause est légitime » !

Ils disaient ça pour te mettre à l’aise et que tu leur donnes des infos, non ?

Peut-être. En tout cas, l’avocat qui m’a assisté était assez clair sur le fait d’exercer le droit au silence. Pour lui, quelle que soit la prétendue « vérité » concernant l’innocence ou la culpabilité, il vaut mieux se taire en garde-à-vue. Selon lui, croire qu’on va réussir à atténuer les choses d’une manière ou d’une autre en répondant aux questions en GAV, c’est un piège. Exemple parmi d’autres, un des enquêteurs qui en avait marre que je me taise, m’a suggéré vers la fin de la GAV que j’aurais pu simplement leur dire : « ok, ok, je n’avais qu’un rôle mineur dans cette histoire de toute façon… ». En fait, l’avocat me disait qu’on risque surtout de s’enfoncer ou d’enfoncer les autres, même si on n’a rien à voir avec ce qui nous est reproché.

As-tu réussi à comprendre qui étaient les policiers qui t’ont arrêté puis interrogé? Ailleurs, on a pu lire que certain·es des arrêté·es du 5 et du 20 juin avaient été pris·es en charge par la SDAT.

Dans l’appartement, ils sont arrivés à 5 dont trois flics de Dijon qui n’étaient là que pour s’assurer que je ne me rebellais pas. Les deux autres se sont plutôt présentés comme des enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Marseille-PACA. Ils ont affirmé que d’habitude ils s’occupaient des meurtres, l’air de dire que les questions d’écologie ça n’était pas trop leur rayon. Mais plus tard, j’ai aperçu « Groupe de Lutte contre les Extrémismes Violents » (GLEV) sur l’en-tête d’un PV. J’ai demandé ce que c’était. Le gars m’a répondu d’un air un peu évasif, comme si c’était un truc lointain pour lui : « oh…ils ont créé ce truc à la base pour s’occuper des islamistes, et puis il y a aussi les extrémistes de droite, les fachos, et enfin ceux qu’ils appellent les ‘‘écos’’, ou je crois qu’on dit aussi dans les médias ‘‘écoterroristes’’ ». Là je me suis demandé si il n’était pas en train de m’enfumer à faire comme si il n’avait rien à voir avec tout ça.

Ça donne l’impression que ce « GLeV » considère qu’il n’y a pas une différence si grande entre s’en prendre à une cimenterie Lafarge au nom de la préservation de la vie et envisager de tuer des dizaines de gens. Peux-tu nous dire comment s’est déroulée la GAV pour toi ?

Je m’étais préparé à me prendre des coups de pression terribles, mais passé le côté bizarre de ne rien répondre quand on vous parle, c’est plutôt une espèce de tension permanente qui s’est installée. Je calculais chacun de mes gestes pour ne pas les braquer et maintenir le statu quo. J’étais un peu dans un état second. De temps en temps, il y avait des détails qui faisaient ressurgir une angoisse profonde. Mais c’est plus tard, une fois sorti, que j’ai vraiment réfléchi à l’horreur d’être privé de liberté durablement. Au final je suis sorti au bout de 38h sur les 96h possibles, durée que la juge pouvait s’autoriser au motif de l’association de malfaiteurs (comme on me l’a expliqué après). Gros soulagement. D’ailleurs, c’était mieux comme ça aussi pour l’OPJ-enquêteur qui gérait principalement les auditions et toute la paperasse sans avoir le temps de manger car il montrait ostensiblement qu’il en avait vraiment marre à partir du deuxième jour !

Quelles questions t’ont posé les enquêteurs ?

En gros, il y a eu deux auditions principales. Le premier jour ils m’ont posé tout un tas de questions personnelles d’abord très générales sur mon parcours scolaire, mon caractère, mes idées, puis plus précises en rapport avec l’écologie, par exemple sur ma sensibilité au désastre, est-ce que je me sens en danger à cause du réchauffement, quelle manière j’aurais de définir l’activisme écologique, le « désarmement », qu’est-ce que je pense des Soulèvements de la terre et quels liens j’ai avec ce mouvement, etc. La notion de « désarmement » a l’air de les intéresser particulièrement. Le deuxième jour, ils ont prolongé ces questions par quelques dingueries du genre : « que pensez-vous du partage nature/culture dont parle Philippe Descola ? Pensez-vous que l’Occident moderne est une force colonisatrice écocidaire ? Pensez-vous que nous devrions tisser des alliances interspécifiques ? » Ils ont dû tomber sur des textes d’écologie politique pendant la nuit !
La deuxième grosse audition portait sur les faits reprochés, c’est-à-dire sur les événements qui ont eu lieu sur la cimenterie Lafarge en décembre. Ils ont commencé par exposer pourquoi ils pensaient que j’avais participé à la manif avant de dérouler leurs questions. Ils voulaient connaître les détails de l’action et de sa planification. Ils m’ont aussi interrogé sur mes liens avec des lieux, des associations, des gens, ils voulaient savoir si j’étais à la tête d’un comité local des soulèvements de la terre.

Ont-ils aussi posé des questions en off ?

Oui, ils n’arrêtaient pas ! Le soir du premier jour, le flic qui m’interrogeait le plus souvent m’a installé dans la cuisine de la gendarmerie et pendant que je mangeais une barquette dégueu réchauffée au micro-ondes, il a engagé la conversation en commençant par un discours écologiste assez long où il partageait ses propres questionnements sur la situation catastrophique dans laquelle nous sommes. Il exprimait beaucoup de doutes et il est allé jusqu’à confesser que certains de ses amis pratiquaient la désobéissance civile. Il m’a aussi parlé de l’OCLAEPS, une office de la gendarmerie créée pour lutter contre la criminalité environnementale (pollutions, trafic d’espèces sauvages, etc.). À l’écouter, on aurait pu croire qu’il défendait la pertinence de l’action contre la cimenterie, même si c’était pas exactement la bonne méthode selon lui. Les deux flics m’ont dit qu’ils ne comprenaient pas pourquoi je gardais le silence, pourquoi j’étais si méfiant et que je ne me saisissais pas de cette occasion offerte – la garde-à-vue – pour m’exprimer. Ils se disaient sidérés par le fait que je ne profite pas de « cette tribune, ce forum » qui m’étaient « enfin ouverts pour défendre mes idées » ! Le fait que je garde le silence avait l’air de les obséder, ils sont revenus plusieurs fois à la charge, au point que l’avocat les a rabroués un peu : « attendez, vous êtes en train d’interroger mon client sur l’exercice d’un droit là ? ». Et l’enquêtrice m’a reposé la question alors qu’elle me reconduisait à la grille dehors et que j’étais libre : « c’est vraiment étrange de garder le silence comme vous l’avez fait, vous avez reçu des directives ? »

As-tu des remarques à transmettre issues de ton expérience ?

Je peux dire ce que j’ai trouvé comme petites techniques pour soulager un peu la pression mentale. D’abord, j’ai remarqué qu’ils tenaient leur récit et leurs manières de me catégoriser comme indiscutables : un militant « écoterroriste » ayant fait partie d’un genre de commando très organisé qui aurait pu tuer par inadvertance. Je me suis efforcé de ne pas me laisser toucher par leur référentiel, considérant que je n’avais rien à voir avec leurs propos. Ensuite, pour contrebalancer mon silence pendant les auditions, je me suis efforcé de rester poli malgré tout. Et j’ai aussi essayé de m’intéresser à eux : autant en profiter pour mieux les connaître ! Sinon, être accompagné·e par un·e bon·ne avocat·e et le·a voir tous les jours, c’est essentiel à mon avis. Et bien sûr, savoir qu’on est soutenu par des proches à l’extérieur encore plus !

Quelles vont être les suites ?

Le 11 juillet, deux personnes arrêtées pendant la deuxième vague ont été convoquées et mises en examen par la juge d’instruction. Elles ont écopé d’un contrôle judiciaire avec interdiction de se voir entre inculpé·es, interdiction de manifester aux abords d’un site Lafarge et interdiction des Bouches-du-Rhône. Pour ma part, j’attends de savoir à quelle sauce je vais être mangé, et c’est assez désagréable.

Merci et bon courage à toi !

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Brême (Allemagne) : Découverte d’une caméra cachée dans une voiture https://attaque.noblogs.org/post/2024/09/14/breme-allemagne-decouverte-dune-camera-cachee-dans-une-voiture/ Sat, 14 Sep 2024 17:01:16 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=56770 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / mardi 10 septembre 2024

Le week-end dernier, à Brême, ont eu lieu les Journées anarchistes. Sous le slogan « Perspectives insurrectionnelles sur la crise climatique », différents événements et ateliers ont été organisés, du 6 au 8 septembre, dans le Alte Sportamt.

Le vendredi, peu après le début des événements, une camionnette blanche avec les vitres teintées a été découverte dans les environs de l’Alte Sportamt. Elle était garée à environ 100 mètres, avec une bonne vue sur le secteur de l’entrée du lieu. Un coup d’œil à l’arrière de la voiture, avec une lampe de poche, a révélé une boîte dans laquelle était cachée une caméra. Déjà en 2023, une boite similaire avait été démasquée comme étant une cachette pour une caméra : elle aussi était cachée dans une camionnette blanche et utilisée pour l’observation de la Fête d’été de la Kämpfende Jugend.

Après la découverte du véhicule avec la caméra, le vendredi, ses vitres ont été recouvertes d’autocollants, pour empêcher toute surveillance ultérieure des Journées anarchistes. Environs deux heures plus tard, quelqu’un est venu chercher la camionnette.
Pour de futures découvertes de caméras cachées, il est intéressant de noter que, malgré les vitres teintées du véhicule et de la boîte, il était possible, pendant la journée, d’éclairer avec une lampe le véhicule et la boîte de poche et d’y reconnaître la caméra.

Nous considérons la surveillance des Journées anarchistes comme une mesure de plus dans la longue chaîne de mesures répressives contre les anarchistes et la gauche résistante. Nous ne nous laisserons pas intimider par leur surveillance et nous interviendrons là où nous le pourrons.


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À propos des perquisitions à Bruxelles et Amsterdam https://attaque.noblogs.org/post/2024/08/23/a-propos-des-perquisitions-a-bruxelles-et-amsterdam/ Fri, 23 Aug 2024 13:34:47 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=56544 Continuer la lecture ]]> de.indymedia.org / jeudi 22 août 2024

Tôt le matin du 23 mai 2024 , les flics ont perquisitionné en même temps trois appartements de compas, à Bruxelles et Amsterdam. Pour rappel, des supports de données (ordinateurs, téléphones, disques durs, clés USB, appareils photo), des outils et des publications anarchistes ont été saisis. Personne n’a été arrêté.e.

Selon les premiers documents, trois compas sont visé.es par une enquête menée par le parquet général de Munich, pour :
« constitution d’une organisation criminelle (art. 129), incendie volontaire, perturbation d’ activités publiques, sabotage avec finalité de subversion de l’ordre démocratique ».

Plus précisément, ils/elles sont soupçonné.es d’avoir formé un présumé « groupe anarchiste-extrémiste de gauche » qui « a commis les délits suivants, en Allemagne » :
– « le 25 juillet 20* : l’incendie d’enrouleurs de câbles, de camions et d’engins de chantier, à Munich » ;
– « le 25 juillet 2002* : l’incendie d’engins de chantier, à Schrobenhausen (Bavière) » ;
* Une recherche sur internet laisse supposer qu’il s’agit plutôt d’actes du 25.07.2022 et du 03.08.2022.

Plusieurs « arrêts européens d’enquête » indiquent une coopération du parquet général de Munich avec la justice néerlandaise, belge et française, qui a lieu depuis au moins septembre 2023.

Plus d’infos suivront, dès qu’il y aura des nouvelles.

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Bordeaux : Recense ta BAC ! https://attaque.noblogs.org/post/2024/07/28/bordeaux-recense-ta-bac/ Sun, 28 Jul 2024 20:01:49 +0000 https://attaque.noblogs.org/?p=56355 Continuer la lecture ]]> La Grappe / samedi 27 juillet 2024

Comment repérer la voiture de flics « en civil » ou de la BAC ?

C’est très simple ce sont souvent des berlines ou des combis de marques SKODA (octavia), FORD (mondéo, focus), RENAULT (mégane), grises ou noires, avec vitres teintées à l’arrière.

La particularité de la BAC est que vous ajoutez trois ou quatres gars, parfois une meuf, avec des têtes de milices fascistes dedans, qui roulent en mattant tout le monde (vitres baissées été comme hiver). Le taux de testostérone augmente particulièrement rapidement lorsqu’ils sont là et leur présence provoque à peu près la même chose qu’un groupe de détraqueurs.

En voici une liste sur Bordeaux, ou un recenssment non exaustif à été mené sur l’année 2023, 2024, sur les grandes places du centre, du matin au soir, en manifestations, ou par hasard lors de leurs interventions. Il faut savoir qu’ils changent de voitures, et qu’il y a plusieurs services de police qui sont en banalisés. Nous avons par exemple vu plusieurs fois une voiture style PEUGEOT 308 rouge, ou des petits fourgons blanc type renault trafic.

La liste risque de s’agrandire n’hésitez pas à nous envoyer les plaques, les modèles et les couleurs que vous voyez passer par chez vous lorsque vous êtes sur.e.s de vous.

GK 174 BJ immatriculée 33 : SKODA Octavia IV Berline grise ((NX3) 1.5 TSI 150 CH Essence 01.2020). Voiture de la BAC.

GF 318 VM immatriculée 33 : SKODA Octavia Berline grise ((NX3) 1.5 TSI e-TEC 150 CH Essence/électrique 11.2020). Voiture de la BAC.

EC 622 VA immatriculée 33 : Ford Mondeo V Break Noire ((CF) 1.5 EcoBoost 160 CH Essence 09.2014). Voiture de la BAC.

GQ 225 XW immatriculée 33 : PEUGEOT 308 III SW Hybrid 180 (F4DGXT) 181 CH Essence/électrique 07.2021. Vu en pérquisition.

CT 388 VL : FORD FOCUS III 1.0 EcoBoost 125 CH Essence 02.2012 (grise)

ER 116 MB : RENAULT Megane IV 1.5 dCi 110 CH Diesel 11.2015

FZ 514 VE Immatriculé 33 : PEUGEOT 5008 II 1.2, 131 CH Essence 12.2016 expert Blanc

EZ 155 VX : SKODA Octavia III 2.0 TDI 150 CH Diesel 11.2012 Octavia noir

 

Petit tas de toutes les plaques vues sur Bordeaux de flics en civil.

GS 671 ZM 33 : mercedes grise qui accompagne les manifs notamment
EA 103 EN : gris foncé, accompagne les manifs notamment
ER 120 MQ 33 : skoda octavia gris clair, BAC
GQ 440 NA 33 : gris clair
GG 534 MP 33 noir
FA 485 BW 33 gris ou FA 283 BW 33 : gris

DX 938 GR (308)
GF 768 WH (kadir)
GE 966 RQ (3008)
FJ 962 ZT (208)

EH 644 DY
CH 869 RH

Ensemble protégeons-nous de la police. Apprenons à les reconnaître, à nous en méfier, à nous en passer.

 

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Mise à jour du 23 août 2024 :

[MAJ]
GH 869 RH : ww grise fonce
Gh 128 BA : jumpy blanc
Gh 534 MP Peugeot 508 grise
Cy 992 JQ (lors d’un rassemblement)
DX 023 AJ
Ff 332 QJ (Jeux Olympiques)

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